Veronika Dorman est correspondante à Moscou
Le géopoliticien inonde les médias officiels de ses thèses ultranationalistes depuis le début de la crise en Ukraine.
«Imaginez que, dans un pays voisin de la France, la Belgique par exemple, peuplé de Français, ces derniers soient menacés de déportation et de génocide.» C’est ainsi que le géopoliticien-philosophe Alexandre Douguine explique pourquoi Vladimir Poutine n’a tout simplement pas le choix dans sa politique ukrainienne : tout comme il a été obligé de répondre à l’appel des habitants de Crimée, que la «junte de Kiev» s’apprêtait à «exterminer», de même il est forcé d’intervenir dans le sud-est de l’Ukraine pour protéger les russophones. «La manière dont les représentants de l’Ukraine de l’Ouest ont décidé de traiter les russophones de l’Est rappelle les pires moments du IIIe Reich, qui a été célébré sur le Maidan, avec des portraits de Hitler et des croix gammées. La Russie ne peut pas rester passive. Il s’agit de son peuple, près de chez elle», poursuit Douguine, qui ne s’embarrasse guère de la réalité des faits, parle neuf langues et porte fièrement une longue barbe de prophète.
Décadent. Longtemps marginal pour ses positions extrémistes, cet intellectuel a désormais le vent en poupe et a envahi les médias officiels. Pour ce théoricien du «néo-eurasisme», le jeu de la Russie en Ukraine, certes dicté par les circonstances, obéit surtout à des impératifs géopolitiques, historiques et eschatologiques, qui dépassent de loin le Maidan.
Intellectuel moscovite porté dans sa jeunesse sur l’ésotérisme et le mysticisme, Alexandre Douguine est le père de la version moderne et dépoussiérée de l’eurasisme, une idéologie formulée dans les années 20 par des penseurs russes en exil (Georges Florovsky, Nikolai Trubetskoï, Piotr Savitsky). Pour ces derniers, la géographie de la Russie - un «troisième continent» entre l’Occident et l’Asie - est sa destinée : tous ses dirigeants sont condamnés à conquérir puis assimiler les populations dangereuses limitrophes. Et surtout l’Etat doit être fort, centralisé, résistant aux velléités démocratiques et libérales délétères d’un Occident décadent. L’Eurasie de Douguine comprend tout l’espace postsoviétique et doit même étendre son influence sur l’Union européenne : «Le projet de réunifier la grande Russie est évidemment enclenché. Nous attirons ceux que nous pouvons par l’amitié et la paix, mais si nos intérêts sont menacés, alors l’intégration se fera par morceaux. Ceux qui sont hostiles à la Russie et à ses intérêts, comme l’avait été Saakachvili [ex-président de la Géorgie, qui a perdu des territoiresaprès l’intervention militaire russe de 2008, ndlr], ou comme aujourd’hui la junte de Kiev, doivent comprendre qu’ils ne pourront pas exister en tant qu’Etats antirusses. Tout Etat de l’espace postsoviétique, s’il décide de s’opposer violemment à la Russie, ne pourra exister que sous forme tronquée», prévient Douguine, qui précise que «l’intégrité territoriale de tous les Etats postsoviétiques sans exception dépend en premier lieu de Moscou. Ce qui ne veut pas dire que la Russie est prête à les démembrer. Mais sans accord avec Moscou (pas forcément une soumission totale au Kremlin ou à Poutine), l’intégrité territoriale ne peut être garantie.» A l’instar de ses maîtres à penser, Alexandre Douguine formule une idéologie anti-occidentale et antilibérale en prônant des valeurs sociales traditionalistes pour une Russie dont la mission est de dominer le monde, en luttant contre le «mal mondial» que représente l’Amérique. Dans cette perspective, «la crise ukrainienne n’est qu’un petit épisode d’une confrontation très complexe entre un monde unipolaire et multipolaire, entre la thalassocratie [civilisation de la mer, l’Amérique, ndlr] et la tellurocratie [la civilisation de la terre, la Russie]».
«Inéluctable». Endossant le discours officiel du Kremlin, Douguine explique que, pour Moscou, «ce qui se passe en Ukraine est une opération spéciale américaine. Les Etats-Unis veulent conserver leur hégémonie mondiale et utilisent les Ukrainiens pour provoquer un conflit militaire avec la Russie». En vertu des lois de la Grande Guerre des continents (titre d’un ouvrage clé de Douguine), la guerre entre la Russie et les Etats-Unis aura fatalement lieu, un jour ou l’autre. «Que Poutine, Obama, les Européens, les Ukrainiens le veuillent ou non, contre le gré de tous, et même contre les intérêts de tous, c’est inéluctable», prophétise-t-il, soulignant que «la Russie et les Etats-Unis sont condamnés à la confrontation. Il ne peut y avoir de coexistence pacifique». N’en déplaise aux Européens. «Je ne voudrais pas les vexer, mais l’Europe, elle, est hors jeu dans ce choc des civilisations», insiste Douguine. Du reste, la Russie ne lui est pas hostile, a priori : «Nous partageons l’espace et l’histoire. Nous pourrions nous entendre avec l’UE, l’Allemagne, la France.» Mais, là encore, les lois historiques ne le permettent pas, car c’est l’Amérique qui tire toutes les ficelles. «En vérité, l’Europe n’a pas besoin de l’Ukraine. Ce sont les Américains qui sont derrière toute cette affaire. A Bruxelles, une grande partie de la bureaucratie est atlantiste. Au lieu d’être un pont entre la Russie et l’Europe, tenter d’équilibrer ses intérêts entre les deux, l’Ukraine est devenue une pomme de discorde», analyse le géopoliticien. Et d’aviser : «D’ailleurs, les Européens devraient faire attention : les Américains ont libéré le génie de l’ultranationalisme, du nazisme, dans le but de transférer ensuite la situation en Europe.»
Si ses idées semblent correspondre au discours officiel et donner, du moins en apparence, quelques clés pour tenter de décrypter le jeu de Moscou depuis le début de la crise ukrainienne, le sentencieux Alexandre Douguine murmure-t-il pour autant à l’oreille de Vladimir Poutine ? Rien n’est moins sûr. En revanche, il a ses entrées dans les cercles du pouvoir. Depuis la fin des années 90, Douguine est introduit à la Douma, en tant que conseiller stratégique et politique. S’il ne remportera jamais de siège parlementaire, ses idées deviennent moins marginales à mesure que Poutine commence à formuler plus clairement sa vision d’une Russie qui n’est ni en Asie ni en Europe, mais qui doit suivre une «troisième voie». L’idéologie de Douguine offre un cadre théorique commode au conservatisme de plus en plus affirmé du maître du Kremlin, à son refus de recevoir des leçons de l’Occident, à ses penchants autoritaristes et ses ambitions expansionnistes.
Mainmise. Aujourd’hui, Douguine est étroitement lié à l’économiste Sergueï Glaziev, l’aiguilleur du président russe sur les affaires ukrainiennes et son conseiller sur l’intégration eurasiatique. Il conseille aussi le président de la Douma, Sergueï Narychkine, qui a soutenu agressivement l’intervention russe en Ukraine. Enfin, ses multiples apparitions ces derniers temps sur les chaînes de télé fédérales, caisses de résonance du discours officiel, indiquent que le néo-eurasiste est «accrédité», sinon mandaté, par le pouvoir pour promouvoir sa vision du monde. «La géographie, c’est le destin, elle détermine l’histoire. Il y a deux Ukraine, rive droite et rive gauche du Dniepr. La première revient à l’Occident, la seconde nous revient à nous. L’Ukraine de l’Est sera russe», martèle Douguine. «Ces frontières qui nous séparent ne sont pas des frontières historiques entre deux Etats, deux peuples, elles étaient purement conventionnelles au sein d’un même Etat, d’abord l’Empire russe, puis l’URSS. Les Russes et les Ukrainiens ont toujours vécu comme un peuple unifié. L’Ukraine n’est pas un pays autonome qui serait entré en tant que tel dans l’URSS, mais une région de l’URSS, et avant cela de l’Empire russe. Pour sortir, il faut d’abord être entré. L’Ukraine n’existait pas, elle a été créée à partir de fragments par Staline et Khrouchtchev», insiste-t-il, en écho à l’argumentation du Kremlin. Ainsi, la mainmise sur la Crimée n’est qu’un premier pas dans le «rassemblement des terres russes».
Le projet à long terme reste le retour au bercail de la Novorossiia(«nouvelle Russie», comme on désignait, du temps de l’empire, la partie orientale de l’Ukraine actuelle), mais dans l’immédiat il faut protéger «le peuple russe, les 20 millions menacés de génocide par la junte de Kiev». Dans ce sursaut patriotique, Douguine voit le renouveau de l’homme russe. «C’est le début du printemps russe, a-t-il expliqué sur le plateau de Pervy Kanal, principale télé fédérale. Nous commençons à ressentir de la fierté pour notre pays. Les Russes commencent à comprendre qu’ils ne sont pas que des objets passifs, mais des sujets de l’Histoire. Et plus nous nous soucions des Russes et des russophones au-delà de nos frontières, plus nous renforçons notre société.» Là-dessus, sans avoir besoin de se consulter, Alexandre Douguine et Vladimir Poutine sont absolument d’accord.
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Alexandre Douguine, chantre de l’eurasisme anti-américain en Russie
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RT. Poutine : Odessa, régime et occident ont du sang sur les mains S/T
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Etienne Chouard sur l'extrême droite et le fascisme (video d'environ 5 minutes)
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Les européistes bien dégonflés
Les Français, dans leur écrasante majorité, ne croient plus aux promesses de François Hollande et de son gouvernement. Dans le Journal du dimanche, le chef de l’Etat a encore tenté une prophétie en prédisant l’imminence d’«un bouleversement » bénéfique, assuré que «le retournement économique (tant attendu) arrive». Divine surprise d’une reprise économique qui aborderait enfin nos rivages dont les pontes socialistes eux-mêmes ne sont guère persuadés. Quant aux électeurs, selon l’enquête réalisée par l’institut CSA, réalisée du 22 au 24 avril pour le groupe Nice-Matin, il s’en trouverait même un sur trois (35%) ayant voté pour François Hollande à la présidentielle de 2012 pour affirmer qu’il ne referait plus le même choix. Il est aussi dans l’ordre des choses qu’un autre candidat du parti bruxellois comme Nicolas Sarkozy ne profite pas de cet affaiblissement du chef de l’Etat, puisque 58% des personnes interrogées estiment qu’il n’aurait pas fait mieuxs’il avait été réélu en 2012.
Les raisons de ce fossé qui ne cesse de se creuser entre les élites euromondialistes autistes et le peuple, ne sont d’ailleurs pas uniquement d’ordre économique. Elles sont aussi à chercher sur le terrain de notre identité nationale, de nos valeurs helléno-chrétiennes bafouées par les « progressistes », de l’antinomie existant entre la véritable civilisation européenne et sa contrefaçon bruxelloise qui en est souvent la radicale antithèse.
Manuel Valls qui intervenait samedi soir lors d’un meeting des jeunes socialistes à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), a pris la mesure du danger, de la vague nationale et populiste qui peut prendre l’allure d’une déferlante. Il a solennellement appelé à ne pas « laisser le terrain à ceux qui en veulent à l’Europe et qui l’accusent de tout pour (…) ébranler ses fondements ». « C’est à nous de porter le rêve européen », « l’Europe est notre destin commun ». « Il faut battre les extrêmes dans les urnes en envoyant dans trois semaines une majorité progressiste » a-t-il encore affirmé, fustigeant les patriotes, les souverainistes du FN, «qui n’aiment ni leur patrie ni l’Europe, car ils n’aiment pas l’avenir». « Argument dérisoire » a relevé Bruno Gollnisch.
Alors oui, en effet, les nationaux espèrent un autre avenir que le projet porté à bout de bras par l’UMPS. Depuis vingt-cinq ans, élections après élections, européistes socialo-libéraux ou libéraux-progressistes promettent du rêve , « une autre Europe », qui celle-là fonctionnerait enfin !
Oui, répétons-le, le cauchemar européiste, cette France rabougrie, ravalée au rang de petite colonie de l’Empire, encore visitée par les touristes mais dépouillée de sa grandeur, que veulent nous imposer Valls et les cénacles planétariens n’est pas une fatalité. Une autre voie est possible que l’inféodation à cette Europe mondialiste, envahie, sous domination atlantiste, mue par les idéologues d’un constructivisme bruxellois désincarné, sans âme, contraire aux intérêts de la France.
Selon le sondage Viavoice paru aujourd’hui dans Libération, il est clair que cette Europedéfendue par l’UMP et le PS n’est plus considérée, comme un modèle viable et performant par un nombre croissant de nos compatriotes. Si 59% des sondés estiment encore qu’il ne faut pas sortir de l’euro, 60% que la France doit rester dans l’Union européenne, 64%souhaitent que l’UE se recentre sur certains pays (les pays fondateurs).
Signe de la confusion existant encore dans l’esprit de nos compatriotes, résultat dedécennies de propagande intensive sur le thème « Hors Bruxelles point de salut », les réponses aux autres questions posées par cet institut peuvent apparaître contradictoires avec les précédentes. Ainsi, pour 49% des personnes interrogées, l’Union européenne évoque « quelque chose de négatif » (45% qui jugent le contraire). De même 52% considèrent que l’Europe de Bruxelles est « une contrainte politique, pénalisante pour la France », moins d’un Français sur trois (32%) y voit un « atout ».
Dans ce contexte délicat, pontes de l’UMP et du PS se relaient pour tirer à boulets rouges sur l’opposition nationale, n’hésitant pas, à défaut de bilan présentable, à mentir effrontément. A ce petit jeu là, le fédéraliste européen Alain Lamassoure, tête de liste de l’UMP en Ile-de-France, se montre très zélé. Il a ainsi accusé la semaine dernière les députés européens FN de faire n’importe quoi, en voulant pour preuve le fait que les députés FN Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch se soient abstenus de voter sur la révision de la directive sur les travailleurs détachés.
France info en a rajouté une louche en écrivant sur sont site au sujet de cette abstention que « Pour le coup, la présidente du Front National se comporte finalement comme beaucoup d’hommes politiques. Leurs votes ne sont pas toujours le reflet exact de leurs prises de positions ». En réalité, comme l’a expliqué Bruno Gollnisch sur France Inter le 2 mai, les élus FN se sont « abstenus sur ce texte parce qu’il avait le mérite d’organiser un minimum de contrôles. Donc nous ne voulions pas voter contre. En revanche, nous ne voulions pas voter pour parce que nous sommes contre le fait que l’on incite un certain nombre de travailleurs des pays de l’Est à venir travailler sur notre territoire à des conditions qui sont celles du droit social de leurs pays, c’est-à-dire à 50, 60 % de charges en moins que celles qui sont imposées aux ouvriers, aux artisans, aux commerçants français, que l’on ruine méthodiquement. »
Bruno a proposé à M. Lamassoure un débat pour faire justice des mensonges de cet acabit, colportés par lui ou d’autres…lequel a pris grand soin de ne pas relever le gant…
http://gollnisch.com/2014/05/05/les-europeistes-bien-degonfles/
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1er congrès européen de la dissidence - Partie 1 : dispositif policier
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Congrés de la dissidence : Le face à face avec la police - 4 mai 2014
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L’Europe punitive n’est plus supportable.
Dans Le Monde Diplomatique du mois de mai, Serge Halimi n’y va pas avec le dos de la cuillère et assène quelques vérités embarrassantes pour les croyants en l’Union européenne, en particulier ceux qui se veulent de gauche : « Qu’est devenu le rêve européen ? Une machine à punir.
A mesure que le fonctionnement de celle-ci se perfectionne, le sentiment s’installe que des élites interchangeables profitent de chaque crise pour durcir leurs politiques d’austérité et imposer leur chimère fédérale. (…) L’Union ne cesse de rabrouer les Etats qui n’ont pas pour souci prioritaire de réduire leur déficit budgétaire, y compris quand le chômage s’envole. (…) En revanche, quand un nombre croissant de patients européens doivent renoncer à se faire soigner faute de ressources, quand la mortalité infantile progresse et que le paludisme réapparaît, comme en Grèce, les gouvernements nationaux n’ont jamais à redouter les foudres de la Commission de Bruxelles. Inflexibles lorsqu’il s’agit de déficits et d’endettement, les « critères de convergence » n’existent pas en matière d’emploi, d’éducation et de santé. » [...]

Jean-Philippe Chauvin - La suite sur Nouvelle Chouannerie
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États-Unis : La plus importante faillite dans le domaine de l’énergie
Un petit « Enron » par l’ampleur. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la faillite de l’électricien texan Energy Future Holdings (EFH), qui détient 41 milliards de dollars (29,7 milliards d’euros) d’actifs.
Le groupe, qui dispose de plusieurs centrales thermiques et d’une centrale nucléaire dans le Texas, a demandé, mardi 29 avril, sa mise sous protection de la loi américaine sur les faillites (chapitre 11) à un tribunal du Delaware (côte est des États-Unis).
Il s’agit de la deuxième plus grosse faillite dans le secteur de l’énergie (derrière Enron, donc) et de la huitième tous secteurs confondus aux États-Unis, selon le cabinet spécialisé BankruptcyData.com.
EFH tombe, victime de son endettement et des gaz de schiste. Il s’agit, en effet, de la plus grosse acquisition par effet de levier (leveraged buy-out, LBO) de l’histoire, devant le rachat de RJR Nabisco en 1989 par le fonds KKR.
C’est ce même fonds qui s’est allié, en octobre 2007, avec TPG et le fonds de capital-investissement de la banque Goldman Sachs, GS Capital Partners, pour racheter le groupe – qui s’appelait alors TXU Corporation – pour 45 milliards de dollars, dont 13 milliards de dettes.
Un montant d’autant plus colossal que le timing s’est révélé catastrophique. Racheté à la veille de la crise financière, la société a été très vite asphyxiée par la chute des prix du gaz naturel, provoquant un effondrement du tarif de l’électricité et ruinant l’avantage compétitif de ses centrales à charbon.
Warren Buffett pris au piège
La ruée sur les gisements de gaz de schiste a provoqué un effondrement du marché. Le cours du million de BTU (British Thermal Units, l’unité de référence) était monté jusqu’à 13,50 dollars en 2008 avant de plonger à 3,60 dollars fin 2013. Les 8 milliards de dollars d’investissements qu’ont réalisés les nouveaux actionnaires n’ont pas pu changer la donne.
La société a commencé à accumuler les pertes, l’empêchant d’honorer les échéances fixées par les créanciers. Même le rusé Warren Buffett s’était laissé prendre au piège, qualifiant ses 2 milliards d’investissement dans la société de « grosse erreur ».
Un plan de restructuration de la dette est en cours de mise en œuvre. Certains créditeurs vont se voir proposer une partie du capital contre l’effacement d’une ardoise de 25 milliards de dollars. « Nous sommes heureux d’avoir le soutien de nos partenaires financiers clés dans le cadre d’une restructuration consensuelle », a assuré le patron de EFH, John Young.
Au terme du plan qui reste à être approuvé par le juge, le groupe devrait, en principe, conserver une ligne de crédit de 11 milliards de dollars pour continuer à fournir l’électricité à ses clients et payer les salaires des 9 000 salariés de l’entreprise.
Le Monde
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Réinformation sur la Russie
Par Yvan Blot, ancien député européen, ici. Extrait.
"Le deuxième mythe est celui de la continuité du totalitarisme depuis 1000 ans.
Le régime tsariste n’était certainement pas un régime totalitaire. L’histoire témoigne qu’il a beaucoup plus respecté les indigènes de Sibérie que ne l’ont fait les Etats-Unis avec les Amérindiens parqués dans des réserves. Il a connu le servage, c’est vrai, mais non l’esclavage fondé sur la race, à la différence des Etats-Unis. L’église était un contre- pouvoir important. Assimiler le pouvoir tsariste à celui des nomades mongols n’est pas sérieux. La Russie a même connu des expériences de démocratie directe comme en Suisse : républiques de Novgorod et de Pskov au moyen âge, démocratie « cosaque » dans le sud-est. Certes, le Tsarisme était formellement une autocratie. Mais en réalité, la société russe vivait aussi des contre-pouvoirs que formaient ses traditions et le tsar ne pouvait ni les ignorer, ni les déraciner : aurait-il pu détruire l’orthodoxie, la famille, l’autorité des grands-mères sur la jeunesse ? Non ! Ce n’était d’ailleurs nullement son projet. Et les bolcheviks, malgré leur violence, ont aussi échoué à étouffer les traditions : Comme de Gaulle l’avait prophétisé à l’encontre de tant de « soviétologues » incapables : « la Russie boira le communisme comme le buvard boit l’encre !
Le totalitarisme est venu de l’Occident : la matrice initiale a été le pouvoir de la Terreur jacobine sous Robespierre admiré par Marx et Lénine. Le marxisme est une invention occidentale comme Lénine l’a souligné à juste titre dans son livre « l’Etat et la Révolution » : une synthèse d’économie anglaise (Ricardo), d’idéologie politique française socialiste et de philosophie allemande (Hegel et Feuerbach). L’URSS a été une rupture avec la Russie traditionnelle comme le 3ème Reich en Allemagne avec l’Empire allemand.
La nouvelle Russie n’est pas plus totalitaire que ne l’est l’Allemagne actuelle depuis la chute d’Hitler. Cela aussi, on ne veut pas l’admettre car on a besoin d’un ennemi pour se réfugier sous le parapluie américain ! L’Europe officielle ne veut pas devenir adulte ! il faut donc construire un mythe d’un ennemi éternel, la Russie !"
Par ailleurs, Alexandre Latsa, installé en Russie, nous propose l’analyse de sept mythes sur la Russie.
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Des dizaines de fonctionnaires du FBI et de la CIA à Kiev
Le journal allemand Bild, citant des sources au sein des services de sécurité allemand, affirme que des dizaines de fonctionnaires de la CIA et du FBI sont actuellement à Kiev au nom du gouvernement américain.
Officiellement, ils ne sont pas impliqués dans les combats à l'est du pays. Néanmoins le journal écrit que "Au nom du gouvernement américain, les fonctionnaires doivent aider à ce que la rébellion cesse à l'est du pays et à établir une structure de sécurité qui fonctionne".
Les autres attributions, déjà connues, couvrent la lutte contre la criminalité organisée et une unité spéciale en charge de pister les actifs des anciens dirigeants du pays. Alors que le département d'état américain et la Maison Blanche ont soutenu le droit de Kiev à "rétablir" l'ordre, il était impensable que les services américains ne jouent pas un rôle en ce sens. Les médias russes et le ministère des affaires étrangères s'étaient fait écho du déclenchement de l'opération anti-terroriste le lendemain de la visite de John Brennan à Kiev.
Si cela ne confirme pas les dires de certains médias russes ou de députés de la Rada selon lesquels un étage entier du SBU (service de sécurité) serait inaccessible en raison de la présence des agents américains, on peut néanmoins affirmer avec une quasi-certitude que les services américains sont impliqués directement, ou indirectement (mais pas trop) dans les opérations à l'est et dans les choix de sécurité du gouvernement central.
Espérons néanmoins que ces agents américains conseillent le gouvernement de Kiev avec une vision moins naïve que leurs journalistes (Désolé je n'ai plus la source, mais un envoyé spécial de Fox, ou de CNN, se déclarait très surpris de l'hostilité que manifestaient les gens de l'est ukrainien envers les États-Unis)