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culture et histoire - Page 1120

  • Eric Zemmour : « Le livre de trop »

    « On comprend ce que la gauche ­reproche le plus à François Hollande : dire ouvertement ce qu'elle cache depuis des lustres et interdit aux autres de dire. » Figarovox libelle ainsi son introduction à cette chronique [28.10]. Mais Zemmour constate aussi « ce qu'est devenue la Ve République décadente : un régime d'impuissance ». Il pointe la soumission des hommes qui prétendent le diriger à « la force de l'idéologie dominante ». Sa conclusion - qui contredit quelque peu son « gaullo-bonapartisme » - est la suivante : « De Gaulle a perdu, qui croyait que les institutions s'imposaient aux hommes. Gramsci avait raison, qui pensait que l'action politique passe d'abord par la conquête idéologique et culturelle. » Dans l'actualité Zemmour a raison. D'ailleurs, sans rien vouloir enlever aux mérites novateurs de Gramsci, cette proposition était déjà formulée par Renan*  à la fin du XIXe siècle et reprise par Maurras au début du XXe dans sa préface à l'Avenir de l'Intelligence** : « Rien n'est possible sans la réforme intellectuelle et morale de quelques uns » Et c'était bel et bien pour que le Politique d'abord pût s'appliquer que l'A.F. voulait construire une contre-encyclopédie. Les deux options, nous semble-t-il, ne sont pas aussi opposées que Zemmour le marque ici. C'est affaire de circonstances et des réalités du moment. Ce qui nous paraît certain c'est que tôt ou tard, reconquête idéologique et culturelle ou pas, sans la restauration du Politique - des Institutions - dans son plein exercice, rien ou presque ne peut s'accomplir.  Lafautearousseau

    On nous dit : c'est le livre de trop ! On nous dit : c'est inamissible ! On nous dit : ce n'est pas un homme d'Etat ! On nous dit : un président ne devrait pas dire ça ! D'ailleurs, les auteurs de l'ouvrage ont repris la formule pour accrocher le lecteur. Et ça marche. Les magistrats protestent avec véhémence ; les ministres et les élus socialistes protestent mezza voce. Personne ne défend François Hollande. Mais on ne sait pas vraiment de quoi on l'accuse. De passer autant de temps avec les journalistes ? Mais il a bâti sa carrière en inspirant des articles aux journalistes, qui en retour, le mettaient en lumière. D'être sarcastique, cynique, méchant parfois. Mais il l'a toujours été, comme Chirac avant lui. Et Mitterrand ? D'être désinvolte, sans souci de sa fonction ? Mais Sarkozy avait déjà désacralisé ce qu'il appelait « le job ». D'avoir insulté les magistrats ? Mais les juges ont-ils le droit de répliquer aussi vertement sans outrager le chef de l'Etat ?

    Finalement, on comprend ce que la gauche reproche le plus à son ancien/futur candidat : dire ouvertement ce qu'elle cache depuis des lustres et interdit aux autres de dire : qu'il y a trop d'immigrés, que les profs ne peuvent s'en sortir face aux flux incessants, que l'islam pose un grave problème à la France, que tout cela finira par une « partition ». Que le pouvoir est une tragi-comédie, que la guerre est un jeu vidéo, où on tue des « terroristes » sans se salir les mains. Curieusement, on ne lui reproche pas l'essentiel : tout voir et ne rien dire publiquement ; tout savoir et ne rien faire. Hollande s'avère le meilleur commentateur de son impuissance.

    Un président ne devrait pas dire ça... (Stock) restera comme un remarquable témoignage de ce qu'est devenue la Ve République décadente : un régime d'impuissance. Comme la IVe, mais pour d'autres raisons. Pas à cause du Parlement, mais à cause de l'Europe, de la mondialisation, de la religion des droits de l'homme et de ses grands prêtres médiatiques et judiciaires. Il faut rattacher cet ouvrage à un autre livre, sorti quasi en même temps, et qui conte, sous la plume acérée et brillante de Patrick Buisson (La Cause du peuple, Perrin), le précédent quinquennat, celui de Nicolas Sarkozy.

    La coïncidence des temps est aussi une concordance des leçons. La même lucidité, le même cynisme, la même gouaille. Et finalement, la même impuissance. Chacun des deux derniers présidents dit exactement ce que son camp veut entendre ; mais aucun des deux n'agit vraiment. En lisant ces deux livres, on constate la force de l'idéologie dominante, qui inhibe deux hommes intelligents et lucides. De Gaulle a perdu, qui croyait que les institutions s'imposaient aux hommes. Gramsci avait raison, qui pensait que l'action politique passe d'abord par la conquête idéologique et culturelle. 

    Eric Zemmour  

    Un président ne devrait pas dire ça... (Stock)    

    La Cause du peuple (Perrin)

    *   Renan : la réforme intellectuelle et morale (1871)

    ** Maurras : L'avenir de l'Intelligence (1905)  

    Lire en ligne ...

    L'Avenir de l'intelligence - Charles Maurras 

    et sur Lafautearousseau ... 

    « En disant le réel, Hollande a appuyé sur le bouton, tout va sauter…»

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/index-1.html

  • Un « pivot américain vers l'Asie » de plus en plus problématique

    Ex: http://www.europesolidaire.eu

    Obama avait annoncé à grand bruit en 2009 le déplacement vers l'Asie du sud est et de la mer de Chine d'une partie des forces américaines stationnées en Europe et menaçant la Russie. L'objectif annoncé était officiellement de contenir une expansion militaire chinoise dans cette zone, expansion supposée mettre en danger les Etats de la région. Il s'agissait d'une opération appelée “pivot to Asia”.

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    Dans la suite, les Etats-Unis avaient obtenu l'accord de la plupart de ces Etats pour notamment conduire des manœuvres aéronavales communes. Il s'agissait en premier lieu des Philippines, du Japon, de l'Australie et de la Malaisie.

    Aujourd'hui, la spectaculaire visite d'Etat à Pékin du président philippin Rodrigo Duterte, faisant suite à diverses déclarations de ce dernier annonçant qu'il se séparera désormais des Etats-Unis et établira une nouvelle « relation spéciale » avec la Chine semble marquer le début de la fin du « pivot américain. vers l'Asie.

    Mais Obama est confronté à d'autres défections. La Thaïlande, alliée jusqu'ici docile des Etats-Unis, a décidé de se procurer des sous-marins chinois. De son côté le premier ministre malais Najib Razak cherche le soutien officiel de Pékin, notamment face aux allégations de corruption formulées par Washington à son égard. De même le premier ministre japonais Shinzo Abe vient d'annoncer qu'il mettrait désormais un terme aux conflits diplomatiques avec la Chine, faisant suite à la guerre russo-japonaise de la seconde guerre mondiale, notamment à propos des iles Kurile.

    Enfin, l'Australie, alliée fidèle entre les fidèles, refuse désormais de participer à des opérations militaires avec les Etats-Unis visant à assurer une prétendue « liberté de navigation » face aux revendications territoriales chinoises en mer de Chine Sud.

    Ces diverses défections semblent provoquées par la volonté des classes dirigeantes de ces Etats de ne pas compromettre des liens commerciaux avec la Chine, qui est désormais son plus grand partenaire économique. Ceci explique par ailleurs leurs réticences à se laisser engager dans le Trans-Pacific Partnership (TPP) présenté par Obama, aux Etats-Unis, comme assurant un avenir brillant aux entreprises américaines investissant dans la zone - et dont d'ailleurs semble-t-il ni Clinton ni Trump ne voudront compte tenu des ravages sur l'emploi américain en découlant. 

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    Malgré ces défections annoncées, en faisant augurer d'autres, Washington et le Pentagone n'ont pas renoncé à provoquer des conflits avec la Chine, notamment dans les iles Paracel. Ils viennent de décider l'entrée en mer de Chine de la Troisième Flotte américaine, comprenant 100 navires de guerre et 4 porte-avions. Au cas où l'ultra-militariste Hillary Clinton accédait à la Maison Blanche, ces moyens seraient mobilisés contre la Chine, provoquant des engagements militaires avec cette dernière, pouvant dégénérer en affrontements nucléaires au moins tactiques.

    Pékin vient d'annoncer cependant qu'il n'a aucunement la volonté de se laisser faire. Il a prévenu qu'il riposterait « par des moyens appropriés » aux agressions américaines, sans préciser évidemment ce que seraient ces moyens. Voir à ce sujet un article du journal chinois quasiment gouvernemental Global Times, accessible par le lien ci-dessous:

    http://www.globaltimes.cn/content/1013206.shtml

  • Politique & éco n° 109 : Adieu l’argent-roi place aux héros européens

  • On n'en a pas fini avec la guerre d'Algérie

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    Un sondage IFOP sera publié demain, 1er novembre, jour anniversaire des attentats commis par les terroristes du FLN, qui mèneront, avec la complicité du pouvoir gaulliste, à l'indépendance de l'Algérie et au massacre de milliers de Français d'Algérie ainsi que de harkis fidèles à la France.

    Evidemment, ce sondage est diffusé pour dire que l'indépendance de l'Algérie fut une bonne chose et ... pour faire pression pour que la France présente ses excuses.

    Si la France doit présenter des excuses, c'est pour avoir abandonné l'Algérie, qui sombre dans le chaos, pour avoir laissé des milliers d'Algériens se faire massacrer, pour avoir parqué des Algériens fidèles à la France, dans des camps de fortune, c'est pour aussi avoir fait la guerre à des Français. Ce silence d'Etat a déjà été dénoncé.

    Ces attentats du 1er novembre feront 10 morts : deux Français d'Algérie (un chauffeur de taxi de confession juive, Georges-Samuel Azoulay et Laurent François), l'agent forestier François Braun, l'agent de police Haroun Ahmed Ben Amar et quatre appelés : le soldat Pierre Audat et le brigadier-chef Eugène Cochet, André Marquet et le lieutenant Darneaud. Sont également tués le caïd Ben Hadj Sadok et Guy Monnerot, qui voyageaient ensemble. Ce dernier, jeune instituteur, était venu de la métropole avec son épouse pour instruire les enfants du bled...

    Dans un documentaire récent sur cette guerre cruelle, Patrick Buisson, évoquant la foi des combattants, ces Algériens qui ont perdu la guerre sur le champ de bataille mais qui l'ont finalement gagnée à Evian, a fait des rapprochements entre les égorgements récents et ceux de cette guerre passée :

    "Aujourd'hui, certains s'interrogent : la religion et le sentiment national ne seraient-ils pas le cœur battant de l'histoire ? Il n'est pas trop tard pour le comprendre." "On n'en a jamais fini avec la poussière des dieux morts."

    Michel Janva

  • Nouvelle Ecole N°65 : Les Lumières

    Depuis maintenant plus de deux siècles, la Révolution française n’a cessé de mobiliser des passions contraires (approbation inconditionnelle ou rejet sans nuances), mais également peu fécondes : bibliothèque rose ou série noire. (…) En dépit de l’historiographie traditionnelle, la Révolution ne se résume pas à l’effondrement des valeurs d’Ancien Régime ou à la suppression des « corps » traditionnels. Comme l’ont bien montré Tocqueville, Taine et Renan, la centralisation révolutionnaire n’a fait qu’accentuer et systématiser la constante volonté de la monarchie administrée de réduire, dans les « pays d’élection » comme dans les « pays d’état », les autonomies locales pour se donner davantage de ressources et de forces. Après 1789, les prérogatives attribuées auparavant au roi ne sont pas supprimées, mais transférées à la nation. Gobineau est allé jusqu’à dire que la Révolution « a seulement développé tout ce qui se faisait avant elle, elle a été l’un des fruits de l’arbre planté par les rois ». Elle a achevé l’État que les rois avaient commencé à bâtir. (…)

    photone31.jpgLa cause principale de la Révolution fut l’Ancien Régime, en l’occurrence une monarchie absolue devenue insupportable depuis au moins 1750, puis tombée entre les mains d’un souverain dépourvu de sens politique. Les Lumières et les sociétés de pensée n’eurent qu’à labourer un terreau déjà préparé. (…)

    La Révolution ne se réduit pas non plus à un seul courant de pensée. On y constate au contraire au moins trois grandes influences, et qui ne s’accordent pas spontanément entre elles : celle des Lumières (le progrès, l’économie), celle de Rousseau (le peuple, la volonté générale) et celle de l’Antiquité (le héros, la « vertu »). La pensée des Lumières, associée à l’idéologie du progrès et à son rejet des « superstitions », est l’héritière du rationalisme de Descartes. Elle a conduit à l’instauration d’un régime parlementaire représentatif plus que d’une démocratie, tandis que la pensée de Rousseau a inspiré le nationalisme jacobin. La raison des Lumières, comme outil permettant à la pensée de se dégager de l’emprise de la nature sensible sans pour autant céder à la force du mythe, était en fait une forme de réflexion propre à la modernité capitaliste. Les promesses qu’elle inspirait n’ont pas été tenues : on n’a pas forcément raison quand on parle au nom de la raison. (…)

    Au-delà de l’opposition artificielle entre le « moment 1789 » et le « moment 1793 », la Révolution française fut, tout comme la révolution américaine, à la fois une révolution idéologique et un extraordinaire condensé d’événements qui n’ont cessé de produire leurs effets par la suite. Sa nouveauté est à rechercher dans la restructuration volontaire de l’espace et du temps, dans la fête révolutionnaire par exemple, avec son transfert de sacralité (l’unanimisme de la Fête de la Fédération de 1790), dans le regain d’importance donnée à la notion de citoyenneté, dans la relative promotion du peuple. La patrie n’étant plus tant la terre des pères que la communauté politique des citoyens, c’est de la Révolution que nous avons hérité la notion politique de nation. Ce n’est pas à rejeter.

    Au sommaire du numéro 65 de Nouvelle Ecole

    • Attraction, sympathie et « doux commerce » dans la pensée des Lumières (Éric Maulin)
    • Les Lumières contre la guerre civile (Marc Muller)
    • L’historiographie des guerres de Vendée (Jean-Joël Brégeon)
    • L’héritage intellectuel de la Contre-Révolution (Pierre de Meuse)
    • Rousseau contre les Lumières (Alain de Benoist)
    • La doctrine kantienne de la peine de mort (Francis Moury)
    • Max Stirner, critique de la religion et des Lumières (Tanguy L’Aminot)

    Et aussi

    • Versailles, la grande synthèse de la culture occidentale (Yves Branca)
    • Homère dans la Baltique (Felice Vinci)
    • Les royaumes thraces – au-delà des légendes (Valeria Fol)
    • Deux livres d’Alexander Jacob (Jean Haudry)

    http://www.voxnr.com/5140/nouvelle-ecole-n65-les-lumieres

  • « Résister au capitalisme dans un système capitaliste »

    Il s’agit d’une version adaptée à la publication écrite. Cette allocution a été donnée, de façon sensiblement modifiée, le vendredi 21 août de 21h à 22h lors de l’université d’été d’Academia Christiana à Sées.

    Les références à l’Encyclique Papale Laudato Si’ qui complètent le propos sont indiquées entre crochets.

    L’intervention de ce soir tournera autour du thème suivant : Résister au capitalisme dans un système capitaliste ou les alternatives au capitalisme dans un système capitaliste.

    Deux façons d’aborder le sujet suivant, à savoir comment sortir de la matrice : on parlera plutôt d’opposition dynamique que d’alternative. Résister et opposer me semblent être les termes adéquats.

    Sur le groupe Facebook, sous le visuel de présentation il est écrit : « Consommation, individualisme, déracinement, peut-on guérir notre société de ces maux ? Peut-on échapper à ces phénomènes ? » Je vais effectivement donner des pistes.

    Débutons par un cadrage rapide. La France est un système hybride entre étatisme et capitalisme, notre propos doit donc prendre place dans le cadre national, quand bien même nous sommes dans une société marquée par la mondialisation. Mais on ne peut pas aborder en France une « résistance au capitalisme » sans aborder la résistance à l’Etat.

    Si l’omnipotence de l’Etat est pour beaucoup de « libéraux » le signe que la France n’est pas vraiment un pays libéral au sens où eux l’entendent : c’est à dire la liberté complète en matière économique, qui effectivement n’existe pas en France pour la majorité des citoyens, c’est en revanche l’Etat qui a permis au capitalisme de devenir dans notre pays un fait anthropologique total. L’Etat en France, c’est en grande partie l’administration et la bureaucratie. Exemple simple : c’est l’Etat qui a contribué au développement de l’agriculture productiviste, donc de l’industrie-agro-alimentaire, donc des grandes surfaces, donc des zones commerciales, donc de la mort de la paysannerie traditionnelle et des commerces de proximité, de la sociabilité locale au profit de territoires entièrement dédiés à la consommation (et de la vente des centres villes aux enseignes comme H&M, Zara, Starbucks, Subway, Carrefour contact, etc…). Cette consommation entraîne d’importantes mobilités, et ces mobilités sont donc un élément du déracinement et de l’atomisation des rapports sociaux (via la voiture individuelle).

    Par cet exemple simple, on comprend mieux le lien entre consommation, déracinement et individualisme. On comprend mieux aussi pourquoi on parlera de « fait anthropologique total ». Le rapport à l’Etat a aussi pour conséquence de renforcer l’individualisme : puisque l’État papa ou l’État maman est là (c.a.d : la version rassurante ou répressive de l’Etat), alors quel intérêt d’entretenir des liens de solidarité ? Nous sommes « seuls ensembles ». On devient un « sujet de l’Etat » et finalement tout le monde accepte tacitement le contrat : payer ses impôts pour avoir des « droits à » mais aussi le « droit de ». La loi prend la place de la coutume (locale) ou de la décence commune (pour replacer direct du Michéa).

    Le Leviathan étatique permet l’intégration de la quasi totalité de la population, d’une manière ou d’une autre, au système capitaliste : par la formation (école), par l’aménagement du territoire (routes, permis de construire, grands travaux, etc…), par la culture qui est diffusée (télé, théatre, pub, …), par (tout simplement) les modes de vie, par la consommation (on peut consommer grâce aux aides sociales) [Encyclique Laudato Si’ – VI – 203]. Personne n’échappe réellement à la matrice et l’Etat doit vérifier que rien n’échappe à la matrice. Mais cela n’est pas étonnant, puisque tout pays capitaliste a besoin de l’Etat, au moins pour deux institutions : l’armée et la police. L’armée qui sécurise l’approvisionnement, et la police qui protège la propriété privée et les appareils de production. Mais l’armée et la police ont aussi pour fonction de protéger les citoyens et donc de déplacer le rapport de force des communautés humaines vers les Etats (c’est à dire que les peuples n’entrent plus en confrontation que si l’Etat le décide).

    Par conséquent, je disais dès le début que résister au capitalisme c’était résister à l’Etat, mais résister à l’Etat c’est se mettre hors la loi. C’est donc la quadrature du cercle, comment résister au capitalisme de façon légale ? A la lumière de mon introduction, on pourrait s’imaginer que c’est contradictoire. En réalité, sauf sur quelques éléments, il est possible de se soustraire légalement à l’Etat sur un certain nombre de domaines, d’utiliser une partie du système contre lui. Toute sortie intégrale d’un quelconque système que ce soit est de toute façon chimérique. Citons en ce sens Serge Latouche : « Si la rigueur théorique exclut les compromissions de la pensée, le réalisme politique suppose des compromis pour l’action ». Même les moines ont besoin des touristes qui achètent leurs bières ou leurs confitures… car l’échange, même commercial, n’est pas forcément la recherche de l’enrichissement. Partons des moines pour poser notre plan : 1) comme le moine résister c’est donc d’une part une démarche individuelle (retourner le système c’est sûrement retourner l’individu contre l’individualisme), 2) résister au capitalisme c’est constituer une communauté sur des valeurs et d’une identité communes, 3) comme le moine, résister au capitalisme, c’est s’approprier un lieu, un territoire

     1) Résister c’est agir soi-même

    Démarrons par un extrait de Dominique Venner : « Etre un insoumis ne consiste pas à collectionner des livres impies, à rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Carpates. Cela signifie être à soi-même sa propre norme par fidélité à une norme supérieure. »

    Résister au capitalisme partira toujours d’une démarche individuelle. C’est bien l’intérêt d’une formation comme Academia Christiana, faire germer en chacun de vous un questionnement sur ce sujet pour qu’ensuite vous puissiez agir: seul, avec les autres et sur un territoire souvent en consommant différemment.

    Être sa propre norme par fidélité à une norme supérieure, dans un contexte chrétien, cette « norme supérieure » est évidemment religieuse et biblique.

    Retenons simplement ce passage de l’Evangile selon Saint Matthieu au Chapitre VI verset 24: « Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse. » (Mammon) [Encyclique Laudato Si’ – VI – 217]

    Pour résister au capitalisme il faut donc adopter une éthique. Éthique de la responsabilitééthique de la limite. Il faut être responsable dans l’actionet accepter la limite. Pour les chrétiens, comme pour la philosophie païenne greco-romaine, la limite est liée au divin, qu’il soit sous sa forme païenne ou sous sa forme chrétienne. On songera bien sur à l’orgueil. Chez les Grecs, l’hybris est suivi de la colère des dieux (c’est ainsi qu’Herodote explique la défaite des Perses du roi Xerxès). Dans le christianisme, l’orgueil sera rangé au rang des péchés. Mais dans une société où « Dieu est mort » pour reprendre Nietzsche, il n’y a plus de limite. Dans la religion du progrès, qui ne se limite pas au capitalisme mais aussi à certaines formes de socialisme, marquée par l’économisme et le fétichisme de la croissance, l’objectif est de toujours « repousser les limites ».

    La première étape de la résistance au capitalisme et ses corollaires consiste donc à adopter cette double éthique de la responsabilité et de la limite et à décoloniser son imaginaire (lire le papier de Serge Latouche dans le dernier numéro de La Décroissance). Cette décolonisation de l’imaginaire est une étape essentielle. Pour un catholique, la Bible devrait être un moyen de décoloniser l’imaginaire de la société capitaliste marquée par le matérialisme, l’accumulation et la soif d’enrichissement. Il ne faut pas accorder d’intérêt à tout ce qui nous pousse à consommer. Il faut résister à la séduction publicitaire (à la tentation). Il faut sans cesse se questionner : est-ce responsable ? Est-ce juste ? Est-ce bon ? Il n’y a pas de résistance au capitalisme sans recul sur le monde et la société et donc une prise de distance avec ces normes. La réussite, est-ce être un homme riche ou est-ce être un homme juste et bon ?

    Autre élément qu’on pourrait citer dans la décolonisation de l’imaginaire : le rapport au temps. Une des mutations anthropologique majeure induite par le progrès technique, c’est le changement de notre rapport au temps. On ne peut aller plus vite que le cheval que depuis la fin du XIXeme siècle. La « société de la vitesse » a donc émergée et aucun régime, y compris les régimes qui voulaient lutter contre l’homme libéral, n’a été contre la société de la vitesse. Il est nécessaire qu’il y ait une part prométhéenne mais on n’en maîtrise pas toujours les conséquences. La vitesse, si elle a contribué à la « grandeur des nations », a aussi favorisé une philosophie puis une pratique néo-nomadiste. Le déplacement fait parti de notre façon d’habiter le territoire. J’y reviendrai en troisième partie. Il faudrait donc repenser notre rapport au temps, prendre le temps, faire moins de « choses » mais mieux : la « philosophie de l’escargot » des décroissants.

    Une fois qu’on a entrepris cette démarche, elle peut se retranscrire dans un certain nombre de gestes quotidiens, qu’ils soient marchands ou non marchands. Dans les gestes marchands il y aura évidemment ce que nous achetons et ce que nous n’achetons pas. 1 euro qui ne part pas dans la matrice ou 1 euro qui part à soutenir un projet économique alternatif et c’est 1 euro que l’on retire du circuit économique classique. Il faudra donc viser peu à peu la désertion des grandes surfaces, le refus d’acheter certains produits (huile de palme, en raison des conditions de production, le propriétaire de telle ou telle entreprise comme Monsanto ou Coca-Cola) [Encyclique Laudato Si’ – VI – 208]. Dans les gestes non marchands, il y a tout ce qu’on peut faire au quotidien chez soi : par exemple utiliser des outils non électriques dans certaines tâches, se déplacer à pied ou à velo. [Encyclique Laudato Si’ – VI 211]. Prendre le temps pour écrire des lettres ou pour lire : la lecture demeure une activité de résistance au capitalisme (encore faut-il bien choisir ce qu’on lit et donc ne pas être sensible aux phénomènes de mode). Plus de télé (aliénation). Tendre vers la frugalité volontaire. « Un homme heureux consomme peu. » S. Latouche [Encyclique Laudato Si’ – VI – 204 et VI – 223]

    Continuer d’acheter des revues et journaux papier, aller pour certains ouvrages dans des librairies indépendantes (donc pas la FNAC). Aller chez les bouquinistes. Et c’est possible aussi dans d’autres domaines comme la musique ou l’habillement. Il est possible d’aller chez les revendeurs ou les friperies (exemple : Oxfam). Privilégier la réutilisation, le rapiéçage, la revente ou le don, à l’achat dans des magasins. Selon l’ADEME chaque habitant se débarrasse de 17 kilos de textile par an dont 9 kilos de vêtements. Agir en refusant de contribuer à la société du jetable, c’est forcément passer par des petits commerces (le bouquiniste, le cordonnier, la mercerie, …). Possibilité également d’acheter dans des magasins de qualité et français comme 1083 pour les jeans ou les chaussures.

    Là aussi, paradoxalement, accepter dans un premier temps ses limites : vous ne pourrez pas tout faire, tout de suite, et dans certains domaines ce sera plus compliqué que dans d’autres pour x raisons. Vous serez par exemple confrontés à des réalités financières, il est possible de se nourrir bien pour pas trop cher, mais il est difficile de s’habiller bien pour pas trop cher. Par ailleurs la problématique de l’habillement nous renvoie à un autre élément qui moi me paraît central dans la société actuelle : les gens sont souvent mal habillés, la culture « sportswear » y est extrêmement développée. Là aussi c’est un signe de l’influence de la société capitaliste : le bougisme, la culture urbaine moderne, encouragent à se vêtir avec des chaussures de sport ou des vêtements de sport. Mais cela contribue souvent à l’enlaidissement et à la vulgarité de la foule. (voir un ouvrier avant et après). S’habiller correctement en ville, c’est une façon de ne pas succomber à la médiocrité et à la facilité ambiante. C’est la « tenue » chère à Dominique Venner. C’est aussi l’esthétique.

    En définitive comme le dit André Gorz : « la critique de la croissance n’a de sens, et de portée révolutionnaire, qu’en référence à un changement social total. »

    A l’issue de cette première partie, nous aurons vu la quasi totalité des 8 R de Serge Latouche : réévaluer, reconceptualiser, réduire, réutiliser et recycler. Il nous resterai restructurer, redistribuer et relocaliser à traiter.

    2) Résister c’est agir avec les autres

    Restructurer et redistribuer c’est agir avec les autres. C’est adopter de nouvelles façons d’organiser la vie sociale et économique. Zentropa a publié un article intitulé « la communauté ou le cauchemar du système ». La communauté, ce n’est pas le communautarisme. La communauté c’est l’affirmation des liens qui unissent des individus, qui favorisent l’entraide et la coopération dans une perspective d’autonomie. L’entraide est un facteur d’évolution chez Kropotkine, par opposition au darwinisme social de la loi du plus fort. La foi par exemple, ne peut pas simplement se vivre seul, elle se vit aussi dans la messe. Qu’est-ce que l’Eglise si ce n’est l’Ecclesia grecque, l’assemblée. Même le moine (du grec monos, seul), vit dans une « communauté monastique ». Ce n’est ni un ermite, ni un anachorète. Dans l’histoire du christianisme, la communauté a été prépondérante et la force de la communauté d’autant plus. Lors des persécutions, la force de la communauté a empêché l’empire romain de vaincre le christianisme. [Encyclique Laudato Si’ – VI – 219]. Aujourd’hui, pour résister à l’empire de la marchandise il faut agir en communauté. Le troc, le don, les systèmes associatifs (AMAP), les coopératives, les SEL (systèmes d’échanges locaux), les monnaies locales, les microcrédits, le prêt au sein de la communauté, l’autogestion, etc… Le Mouvement d’Action Sociale est un exemple de réponse.

    Cela nous réapprend l’organisation collective, le partage, la confiance, etc… Il faut monter des ateliers : cuisine, couture, jardinage, lecture, … tout ce qui favorise le partage, la mutualisation. Il est important de prendre le temps de cuisiner, de partager un repas, sans avoir la télé qui hurle dans le salon. Faire des activités sportives ensemble: la marche, l’auto-défense. (on ne fait pas du sport simplement pour faire du sport, mais aussi pour être ensemble). Vous pouvez inventer vos propres formes de communauté. La communauté est également la garantie de maintenir vivante la norme (à laquelle sont attachés des valeurs et des principes) et de pouvoir trouver un « refuge » en cas de doute. On peut faire part de ses doutes à sa communauté. C’est aussi la nourrir, la réorienter, l’approfondir.

    Il est nécessaire de pouvoir exclure du groupe, et sanctionner (et non de punir, la sanction est éducative, pas la punition), la communauté a des règles, elle «pose le « NON ». Dans la société individualiste, c’est l’absence de règle qui devient la norme. D’où l’inversion des valeurs. L’argent permet de tout s’acheter, de tout transgresser, d’échapper à la loi, etc… La première communauté à faire vivre : c’est le couple, première sphère d’entraide, de coopération d’échange, de complémentarité, de prise de décision collective.

    Il ne s’agit pas ici d’une utopie (du grec u-topos qui signifie absence de lieu) mais bien au contraire de la mise en place de quelque chose de concret, de réel, de palpable, de sensible… la communauté est-elle même un « lieu », elle a en tout cas la capacité à s’inscrire et à sa manifester dans des lieux, sur un territoire.

     3) Résister c’est agir sur un territoire

    Tous les actes de la vie se déroulent dans des lieux : logement, travail, école, commerce, … Fréquenter d’autres lieux, c’est aussi résister aux « lieux du Capital ». Le choix de son logement, de son travail, de l’école de ses enfants, de là où on consomme, de là où on voyage, tout cela a une importance. Privilégier la densité du bâti à l’étalement urbain, le microfermage, l’agroforesterie, le bocage, la permaculture, etc… à l’openfield. C’est ce qu’on lit dans l’AT : « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, Et qui joignent champ à champ, Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace, Et qu’ils habitent seuls au milieu du pays » (Isaïe 5,8)

    La communauté devra s’enraciner sur un territoire dans lequel elle agit. La communauté aura donc d’autant plus de pertinence qu’elle peut agir localement. D’une façon générale le localisme est une façon de rompre peu à peu avec la matrice. La maîtrise de son propre territoire est fondamentale. Dans l’idéal il faudrait en connaître la faune ou la flore. Il faut donc se réapproprier le territoire par la marche (ou le vélo).

    Paradoxalement l’urbain maîtrise mieux son territoire que le néo-rural. Le territoire c’est l’enracinement (qui peut être incomplet / imparfait). S’enraciner, ce qui suppose donc un territoire, ce n’est pas refuser les mobilités, c’est se questionner sur la pertinence de nos mobilités et sur la façon donc nous nous déplaçons sur le territoire. Bien évidemment on adoptera pas la même « stratégie » si on est au centre-ville d’une métropole ou dans un petit village de la Creuse. Mais il y a pour tous les types de territoire des façons d’agir et des questionnements à avoir. L’Église elle même a constitué un maillage territorial au sein duquel elle agit.

    Dans l’histoire, toutes les communautés se sont appropriées un territoire. Au sein d’un territoire il est plus simple de définir des rôles, complémentaires. Chaque personne peut exprimer ses talents sur le territoire et trouver une place au sein de la communauté. On ne définit pas arbitrairement des rôles, on les définit en fonction des besoins, ou on agit en fonction des talents comme c’est le cas dans un réseau. Ce territoire n’est pas une forteresse bastionnée mais peut être un camp de base, un centre, un point de ralliement et un lieu à partir duquel on s’ouvre au monde. Par définition le territoire est marqué par la limite : il est délimité, et il est possible pour la communauté de définir, sur le plan géographique, ce qui peut ou non passer la limite. Par exemple, le touriste, parfois mal vu par l’autochtone, qui « transgresse son territoire quotidien ».

    Transgression des distances, des limites : on ne s’en rend même plus compte. On assiste à un retour au réel dans les banlieues : ces zones de non-droit sont en réalité des zones d’un autre-droit ce qui démontre l’importance du territoire. Quels sont nos espaces d’autonomie ? Où sont nos Républiques autonomes? Où est la souveraineté populaire ? C’est ce qu’on retrouve au sein des ZAD ou au sein des BAD, quant elles ne sont pas abordées sous l’angle du survivalisme anglo-saxon du seul contre tous, mais comme précisément une BASE, AUTONOME et DURABLE. Plutôt que durable, je préférerai le terme de « collective ». Ne cherchez pas plus loin la force du capitalisme, celle des gauchistes ou des « jeunes de banlieue »: c’est leur capacité à s’approprier le territoire qui fait leur force. Les premiers par les rapports de prédation marchande et de spéculation, les deuxièmes par des alternatives et les derniers par le contrôle social, l’économie souterraine et la violence (qui peut trouver une explication sur le plan anthropologique).

    Conclusion :

    1a) Décoloniser son imaginaire, éthique de la responsabilité et de la limite
    1b) Modifier ses habitudes quotidiennes (dé-consommation, frugalité volontaire)
    1c) Faire attention à sa Tenue et à l’esthétique (image)
    2a) Agir avec les autres (entraide, coopération)
    2b) Monter et soutenir des projets collectifs (autonomie)
    2c) Savoir dire NON (limite)
    3a) Fréquenter d’autres lieux
    3b) Agir sur un territoire (localisme, enracinement)
    3c) Constituer des lieux et s’approprier un territoire (ZAD, BAD)

    Jean / C.N.C.

    Première publication sur academiachristiana.wordpress.com

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    Bibliographie indicative:

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    DARDEL, Eric, L’homme et la Terre, Nature de la réalité géographique, Paris, Éditions CTHS, 1990

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