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culture et histoire - Page 1335

  • Le torque celtique.

    Le torque est un collier rigide en métal (bronze, fer ou or), ouvert ou fermé, dont le type remonte à la fin de l'âge du Bronze européen, au début du Ier millénaire av. J.-C. Son nom vient du latin torquis, qui évoquait un motif torsadé.
    C'est pendant la période de Hallstatt (850 - 450 av. J.-C.), première grande période de la civilisation celtique, que le torque se diffuse comme parure et devient un objet accompagnant courament les défunts dans leur sépulture. Il est alors porté aussi bien par les hommes que par les femmes ; il était destiné à des usages divers, puisqu'au-delà de la parure, il servait de cadeau de prestige dans le cadre des échanges aristocratiques, mais aussi d'objet votif destiné à remercier une divinité pour son aide, ainsi qu'un élément très souvent associé à la tombe. Pour accompagner les morts, on fabrique alors des modèles en or spécialement destiné à cet usage.

    Par ailleurs, dès cette époque, les héros et les dieux sont souvent représentés portant le torque, signe de la grande valeur symbolique de l'objet. Sur le "Pilier des Nautes découvert à Paris", le dieu Cernunnos porte un torque autour du cou et un autre torque sur chacun de ses bois, ce qui montre le caractère sacré de cet élément de parure. 
    Pendant l'époque laténienne (450 - 50 av. J.-C.), l'usage du torque se modifie quelque peu : il devient beaucoup plus rare dans les sépultures masculines, mais reste un objet indissociable de la parure funéraire féminine, dans les couches aristocratiques de la population. Pourtant, il reste un objet de parure très courant, en particulier dans les milieux guerrier, comme l'attestent les très nombreuses représentations figurées de Celtes des IVème - IIème siècles av. J.-C., comme par exemple ceux du relief de Civitalbà, en Italie centrale, il en devient même, parmi les populations italiques et grecques, le signe d'identification par excellence du guerrier celte. 

    Le décor du torque, à l'époque laténienne, devient d'une grande richesse, intégrant entrelacs, motifs végétaux issus du monde italique et traditionnelles représentations de têtes celtiques. Il semble que chaque peuple ait développé un décor qui lui était propre, le torque devenant ainsi également un moyen de reconnaissance ethnique. Les dépôts votifs de torques ont toujours cours, souvent associés à des monnaies, qui ont fait leur apparition dans le monde celtique au IVème siècle av. J.-C., avec l'imitation des statères de Philippe de Macédoine. En Grande-Bretagne, mais aussi dans la Péninsule ibérique, ces dépôts sont parfois d'une richesse extraordinaire et la découverte de la région de Newark, si elle offre un exemplaire d'une valeur artistique exceptionnelle, vient confirmer l'importance de la pratique votive et du caractère hautement symbolique du torque de l'autre côté de la Manche.

    http://racinescharnelles.blogspot.fr/2010/09/le-torque-celtique.html

  • Nation et régions, un seul et même combat

    La réforme territoriale et l’annonce récente de François Hollande de faire ratifier prochainement la Charte européenne des langues régionales et minoritaires par la France a réveillé la vieille opposition entre jacobins et régionalistes. Une opposition parfois viscérale ne laissant guère de place pour le débat constructif. D’un côté on accuse les régionalistes de vouloir détruire la France en la divisant, de l’autre on accuse les jacobins de nier les identités régionales. Dans ce conflit qui n’avance guère, il faut bien reconnaître que les torts sont partagés et que tout cela résulte d’une incompréhension, voire d’une réelle volonté de ne pas chercher à entendre et comprendre les arguments de l’autre.

    Les jacobins, défenseurs de la France « une et indivisible », oublient bien souvent que ce pays qu’ils aiment tant n’a été pendant des siècles qu’une assemblée de provinces les plus diverses et variées avec des langues, des cultures et même des lois différentes, mais ayant fait allégeance au même roi. Ils oublient également que derrière les grands principes théoriques de la République jacobine, il y a une réalité parfois très différente sur le terrain, notamment dans les régions périphériques à forte identité. Cette réalité, c’est que les frontières, en France, sont des constructions qui reposent sur des critères politiques et non ethniques et culturels. C’est pour cela que l’on retrouve des peuples coupés en deux par une frontière (Catalans, Basques, Flamands, etc.). De même que certains territoires périphériques sont davantage tournés vers l’extérieur. Ainsi, l’Alsace est centrée vers l’axe rhénan alors que les jeunes de Perpignan vont plutôt chercher du travail à Barcelone qu’à Paris.

    Enfin, certains jacobins voient dans le régionalisme l’arme de l’Union européenne et des mondialistes contre les nations. Là encore, la réalité a démontré le contraire. Que ce soit en Catalogne comme en Écosse, Bruxelles a ouvertement apporté son soutien aux gouvernements nationaux de Londres et de Madrid face aux indépendantistes. Enfin, les mondialistes souhaitent l’uniformisation des individus et la disparition des peuples. Ce qui est quand même l’exact contraire de ce que souhaitent les régionalistes qui veulent affirmer leur identité.

    Pour autant, ces derniers ont également leur part de responsabilité dans ce conflit entre nation et régions. On ne peut nier que chez certains régionalistes, notamment à gauche, le combat est avant tout un combat indépendantiste contre la France. Or, la France n’est ni l’Espagne ni la Grande-Bretagne. L’État-nation est une réalité charnelle dont les Français sont imprégnés. Réclamer aujourd’hui, en France, l’indépendance d’une région est une erreur car elle se confrontera certes aux jacobins pur jus, mais également à une grande partie de la population, y compris ceux qui sont sensibles aux identités régionales.

    Alors, dans cette guerre de position qui ressemble sérieusement à une impasse, le compromis est plus que jamais nécessaire. Aujourd’hui, concevoir la nation et les régions comme des notions opposées est une erreur. Dans une démarche identitaire, nation et régions sont complémentaires pour ne pas dire fusionnelles. D’autant plus que les menaces, notamment démographiques et migratoires, qui pèsent sur la France et plus largement sur le continent européen donnent à ces luttes intestines un caractère très secondaire.

    Jordi Vives Boulevard Voltaire :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/dep_interieur/EuupEpklVAJfSTWFZP.shtml

  • Le bouclier gaulois/celtique (2/2)

     

    boucliergaulois5.jpgComme vu dans la première partie, l'essentiel du bouclier est connu par le biais de ses parties métalliques : umbo, rivets / clous, orles, manipule. On peut néanmoins imaginer, aidés en cela par certains indices archéologiques et des témoignages antiques, d'autres aspects intéressants. 
    D'une part, on imagine assez aisément un doublage de la planche du bouclier par une matière légère qui, imbibée de colle, offrira une résistance supplémentaire aux tranchants : peau, cuir, tissu / feutre en laine. A cet effet, voir le témoignage de Polybe sur le scutum recouvert de cuir dans ses "Histoires", celui de César dans la "Guerre des Gaules" au sujet d'insurgés gaulois, ou encore les récentes découvertes dans le Tessin suisse. 

    D'autre part, l'iconographie (par exemple, l'arc d'Orange) et la littérature parvenues jusqu'à nous suggèrent que le bouclier celtique pouvait être un support décoratif; idée confirmée par la découverte de peinture sur des boucliers à Vaedebro, au Danemark. On peut donc imaginer tout un panel décoratif, sans doute pas si gratuit que l'on voudrait bien le penser (à la fois représentation identitaire, mais éventuellement protection magique du guerrier), peut-être proche des décors gravés sur certains fourreaux d'épées celtiques ou des images présentes sur les représentations méditerranéennes. 
    Nous connaissons, par César, l'existence de boucliers constitués essentiellement d'osier tressé recouvert de peaux. Ces armes de secours permettaient aux Gaulois ayant rendu les armes de se rééquiper rapidement sans que l'ennemi ne se doute de rien. Nous pouvons supposer également des armes en cuir, comme à l'Âge du Bronze irlandais (Clonbrinn). Nous avons également connaissance de boucliers entièrement métalliques (en Angleterre, en Allemagne...), plutôt considérés comme étant des armes d'apparat, car somptueux et vierges de toutes traces d'utilisation.
    bouclier gaulois1.JPGIl faut garder à l'esprit que le bouclier gaulois était certainement un consommable pour le guerrier. En effet, une personne entrainée peut aisément, lorsque la planche est brisée, la remplacer en quelques minutes avec les mêmes pièces métalliques. Le bouclier gaulois nous donne une image précieuse et enrichissante quant aux techniques de combats développées dans son aire d'influence. Il semble être au centre de la manière de combattre des Celtes et a certainement contribué à façonner leur réputation de farouches mercenaires.

    Cette présentation, si elle ne visait pas à l'exhaustivité, tant il y aurait de choses à expliquer, de problèmes à soulever, de points à comprendre et à découvrir encore... a, je l'espère, permis de briser l'image d'Épinal du guerrier gaulois si fréquente chez nos contemporains, à cheval entre une version romantique développée aux XIXe et XXe siècles (un fanatique hirsute, nu...) et une représentation à la Astérix (un bonhomme jovial gavé de potion magique, fonçant dans le tas avec ses poings). 
    Bibliographie de base sur le sujet :
    FRANCK MATHIEU.Le guerrier gaulois du hallstatt à la conquête romaine.Errance 2008.
    BRUNAUX J.-L, LAMBOT B, Guerre et armement chez les Gaulois (450-52 av. J.-C.), Errance, Paris, 1987.
    BRUNAUX J.-L., RAPIN A., Gournay II, Boucliers et lances, dépôts et trophées, Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde et l'armement des Celtes de La Tène moyenne, Errance, Paris, 1988.

    http://racinescharnelles.blogspot.fr/2010/11/le-bouclier-gauloisceltique-22.html

  • Le bouclier gaulois/celtique (1/2).

    Il s'agit principalement d'une arme défensive, voire d'utilisation mixte. Défensive, car la fonction première du bouclier reste la protection dynamique du corps, en complément ou non de protections à même le corps (cuirasse en cuir, cotte de mailles, linothorax). Mixte, car les reconstitutions contemporaines de combats celtiques permettent d'intégrer peu à peu l'évident dynamisme de son utilisation : l'arme sert à parer les armes adverses, mais permet également de porter des coups.
    Le bouclier peut également être une arme d'apparat : à titre d'illustration de ce propos, le bouclier de Battersea en Angleterre. 

    Pièce essentielle du fourniment du guerrier gaulois, et en cela, nous sommes bien éloignés des clichés généralisés du barbare hirsute à l'assaut des lignes ennemies, nu, avec pour seule protection ses attributs virils et son torque en or, conformément à l'image offerte par Polybe des Gaisates, premières lignes de combattants fanatiques, le bouclier gaulois suit un schéma général globalement identique tout au long de la période laténienne (La Tène, du nom d'un site éponyme neuchâtellois, correspond au Second Âge du Fer, soit, grosso modo, la période s'étalant de 475 / 450 av. J.-C. environ jusqu'à 30 av. J.-C.), même si certaines de ses composantes varient
    Le bouclier fût décrit et représenté à la fois par la littérature antique, l'iconographie statuaire celtique (la statue du Glauberg, en Allemagne), méditerranéenne (la statue du guerrier de Vachères ou celle de Mondragon), représentations sur des objets, figurations monétaires, peintures ou bas-reliefs grecs ou romains (l'Arc d'Orange). L'archéologie permet d'en obtenir une image plus précise, même si elle doit généralement se limiter aux pièces métalliques constituant l'arme, pour des raisons évidentes de conservation des matériaux.

    Le bouclier gaulois est généralement composé d'une planche de bois ou d'un lamellé-collé de forme ovale. Cette partie, putrescible, est très rarement retrouvée en fouilles, même si, parfois, des conditions exceptionnelles de conservation permettent de s'en faire une idée : sites de La Tène en Suisse, de Hjortspring dans le Jutland danois. La planche, plate, différencie le bouclier gaulois du scutum romain ou de l'hoplon grec, qui cherchent à envelopper le corps du porteur ; tandis que le bouclier celtique favorise un "art martial", au sens premier du terme, propice au développement de stratégies de combat dynamiques de type "cavalerie rapide" ou "guérilla". 
    Cette planche ovale est parfois sertie, au-moins sur ses bords supérieurs et inférieurs, par ce que l'on nomme des orles métalliques, c'est-à-dire des gaines / bandes en fer destinées à préserver la planche, mais aussi, accessoirement, à donner des coups fatals et éviter le pourrissement du bois. Ces orles sont d'une grande utilité pour les protohistoriens, puisqu'ils permettent par la même occasion de connaître l'épaisseur extérieure du bouclier. Épaisseur souvent très réduite : dans les cinq millimètres. 

    Le guerrier tient de la main gauche son bouclier à l'aide d'une poignée horizontale, nommée "manipule". Ce manipule est placé au centre de gravité de ce bouclier de façon à favoriser son utilisation rapide et à minimiser son poids - léger, dans les quatre kilogrammes en moyenne, ce qui n'est rien en comparaison d'autres boucliers antiques contemporains. Le manipule, en bois, parfois doublé de fer, offre ainsi une préhension redoutable, pour peu que l'on en comprenne le fonctionnement. 

    La main du guerrier, entrée "en force" dans un trou au centre duquel passe le manipule, est protégée par une pièce en bois, nommée "spina". La spina, pièce fondamentale du bouclier au début de la période laténienne, tend à disparaitre avec l'apparition de l'umbo circulaire à la fin de l'époque laténienne. Sorte de saillie verticale en demi-fuseau, creusée pour accueillir la main, et placée sur la face extérieure du bouclier, la spina est maintenue principalement par la pièce essentielle du bouclier : l'umbo métallique.

    Bibliographie de base sur le sujet :

    BRUNAUX J.-L., LAMBOT B., Guerre et armement chez les Gaulois (450-52 av. J.-C.), Errance, Paris, 1987.

    BRUNAUX J.-L., RAPIN A., Gournay II, Boucliers et lances, dépôts et trophées, Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde et l'armement des Celtes de La Tène moyenne, Errance, Paris, 1988.

    http://racinescharnelles.blogspot.fr/2010/11/le-bouclier-gauloisceltique-12.html