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culture et histoire - Page 1579

  • Territoires, le proche et le lointain

    La figure de saint Louis est emblématique de la manière capétienne, qui consiste à construire obstinément la France, à l'inventer. Comme le souligne Jean-Christian Petitfils : « Pendant des siècles l'Etat royal a construit la nation, agrégeant patiemment autour de l'Ile-de-France des territoires périphériques n'ayant au départ nulle vocation à s'y intégrer. Ainsi est née la France, miracle de l'histoire plus que de la géographie » (Le Figaro, 14 mai 2014). Cette agrégation répond à plusieurs logiques.

    Une logique défensive du fief capétien, perpétuellement convoité par les grands féodaux, au premier rang desquels les Plantagenêt. Le traité de Paris, en 1259, met fin à cette guerre contre l'Angleterre sur la base de concessions territoriales réciproques. Si Louis IX est capable de prendre les armes, il entend surtout consolider une position et poursuit une diplomatie où le recours à la force n'est utilisé qu'en dernier recours. De 1242 (victoire de Saintes) à 1259, il rachète des droits (Blois et Chartres), impose son autorité aux Poitevins et ne combat pas, préférant abandonner le Roussillon pourvu que le roi d'Aragon renonce à la Provence, ou troquant la suzeraineté du Sud-Ouest pour conserver les pays de la Loire.

    L'extinction des guerres privées

    Une logique politique dans la promotion constante d'un modèle capétien qui unifie en permanence le royaume : unité monétaire, unité fiscale, unité judiciaire, bien sûr, mais aussi unité pacifique, avec la reconduction en 1245 de la Quarantaine-le-Roi, ordonnance de Philippe-le-Bel exigeant quarante jours de négociations avant que deux parties n'en viennent à la guerre, sous peine de crime de lèse-majesté.

    Une logique généreuse, enfin, qui induit une double diplomatie. D'une part, Louis IX s'efforce d'apaiser les conflits extérieurs : son statut de roi très puissant (la France est bien peuplée et sa chevalerie nombreuse et pas encore obsolète) l'autorise à être consulté comme à rester neutre, comme dans le conflit qui opposa l'empereur Frédéric II et le pape Innocent IV. De la même manière, et comme le rappelait Elie Hatem dans L'Action française (n° 2885), Louis IX accorde la nationalité française aux maronites. Le cas des Juifs est exemplaire : Louis IX mettra longtemps à appliquer les décrets romains, défendra les Juifs, répugnera à les bannir de France et d'ailleurs annulera ce décret. La souplesse du système permet une intégration progressive (jusqu'aux mesures de Louis XVI).

    D'autre part, il engage les septième et huitième croisades, pour la reconquête des lieux saints mais surtout pour la conversion des musulmans, dont le fascinant Saladin, saint Louis croyant fermement aux vertus civilisatrices de la chrétienté.

    Du temporel au spirituel

    Cette triple logique procède toujours du proche au lointain et s'efforce d'intégrer en permanence les territoires physiques comme les « territoires spirituels ». Le royaume de Louis IX est en équilibre dynamique perpétuel, en reconfiguration permanente, et cet état de fait sera maintenu jusqu'à nos jours, la reconfiguration pouvant être violente (Algérie et Alsace-Lorraine au XXe siècle) ou douce (Maroc et statut de Mayotte).

    La spécificité médiévale, qui prend aujourd'hui une résonnance toute particulière, est la souplesse du système. Car le monarque bénéficie d'un triple privilège : il hérite une situation, il a le temps, il peut se repentir.

    Un royaume dépassé

    Dans l'équilibre territorial physique, c'est la sédimentation des conflits qui permet leur résolution, et c'est le caractère personnel de la possession qui autorise des tractations aujourd'hui saugrenues : troquer une province contre une autre est devenu au fil du temps de plus en plus complexe. Un pouvoir désincarné n'a que deux solutions : l'abandon pur et simple, qui passe par une mise à mort symbolique du territoire, déchu de sa nationalité, ou la guerre à outrance, car aucune amputation n'est tolérable.

    Dans l'équilibre des territoires spirituels, le roi peut se permettre d'être à la fois un souveraintemporel et un sujet spirituel. La chrétientéinforme mais ne contraint pas (et la papauté perdinéluctablement tout pouvoir au fil des siècles),là où le droit international se prétend universel etse déshonore à chaque conflit. De même, saintLouis interdit l'ordalie et invente la supplicatio,c'est-à-dire l'adresse directe au roi: bel exemple d'intégration proche de la justice. Mais surtout, le roi a le loisir de se raviser : éloignées horsdes villes, les prostituées pourront se rapprocher.
    Cette dialectique d'un proche et d'un lointain constamment redéfinis mais toujours unifiés dans un même espace de pensée permet cemiracle français de la création continue duroyaume. Il ne jaillit pas d'un coup comme unconcept, il se développe comme un arbre gothique, poussant loin ses racines dans le sol ethaut son houppier dans le ciel.

    Hubert Champrun monde & vie 21 mai 2014 

  • Conférence Dextra : L'éducation que restera-t-il à nos enfants ?

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    Yseul Turan porte-parole des Antigones viendra nous parler de l’éducation et du devoir de transmission. Nous vous attendons nombreux au El Siete, 283 rue Saint Jacques à 19 h 30 !

    http://www.oragesdacier.info/

  • [Paris] Cercle du vendredi 06 juin

    Rendez-vous ce vendredi 6 juin à 18h30 aux locaux d’AF pour le cercle étudiant !

    "Vers quelle écologie ?, Critique de l’écologisme moderne."

    Au siège, 10 rue Croix des Petits Champs, 75001 Paris

     
  • Noyau mou = pépin ! Comment constituer des noyaux durs pour l’action ?

    Pour se former et agir, lecture, cours et conférences sont des moyens précieux mais qui malheureusement n’engagent pas de façon profonde l’intelligence, la volonté, la mémoire et les passions.

    Jean Ousset dans la troisième partie de son livrel’Action au Chapitre 5 : Se rencontrer explique pourquoi le fonctionnement en cercles d’étude et d’action est si efficace. Extraits :

    « La formule des cercles d’études manque de charme. Elle est pourtant celle des « rencontres » les plus authentiques, les plus personnelles, les plus souples, les plus polyvalentes. Formule du vrai dialogue ; lequel est d’abord « un entretien, une conversation entre deux ou plusieurs personnes »… Des personnes !

    Personnes qui peuvent être en désaccord sur mille points, mais en profonde union sur mille autres. Voisins grincheux, peut-être, mais dont les épouses sympathisent, dont les enfants sont inséparables.Ce qui fait que le dialogue est toujours possible entre de tels êtres, parce qu’à ce degré et dans ces conditions le chrétien et le juif, le communiste et le passionné des Encycliques se connaissent sous d’autres traits que ces seuls là. Ils peuvent donc converser d’une façon tout à la fois plus large et plus souple. Sans se trouver comme immédiatement réduits au « champ clos » des oppositions ou séparations suggérées par un étiquetage sommaire. Cela permet de comprendre à quel point les structures grégaires de nos sociétés de masses peuvent être contraires aux conditions d’un vrai dialogue. Parce que, sous le joug d’un totalitarisme, envahissant, les institutions ne sont plus à mesure humaine. Si donc, comme on le prétend, la Cité, pour s’épanouir, doit être une « cité du dialogue », il est indispensable qu’elle soit riche en corps intermédiaires. Parce qu’il n’est de dialogue pleinement humain que dans ces micro-groupes. Parce quec’est dans ces groupes que les hommes se connaissent vraiment, « personnellement », qu’ils parlent mieux de ce qu’ils sont autant que de ce qu’ils savent. C’est dans cet esprit que cercles, cellules, groupes doivent être conçus. Petit nombre de personnes… qui acceptent de donner à leur propos un certain ordre, un sens, un tour plus précis, au lieu de s’abandonner au caprice anarchique des bavardages habituels.

    Les cellules et cercles dont nous parlons ne veulent être qu’une certaine systématisation …d’une culture méthodique de bonnes fréquentations, de bons entretiens. Combien forment ainsi des cercles sans même s’en douter dont un grain de systématisation suffirait à décupler le rayonnement bienfaisant !

    La difficulté ne tient donc pas au principe du cercle. Elle ne peut venir que du travail qu’on se propose d’y accomplir, de l’étude qu’on lui demande. Mais, sincèrement, croit-on qu’il soit possible, sans étude, sans travail, sans un effort de formation sérieuse, de mener à bien le combat dont il est question dans cet ouvrage ? …

    S’il est donc nécessaire de travailler, comment refuser d’admettre que le cercle d’étude soit certainement la meilleure façon, la plus vivante, de s’adonner au travail qu’il faut absolument accomplir.

    Dès lors, « ... Il est facile de le constater, l’effort de la recherche grave la vérité profondément dans l’esprit ; la joie que procure sa découverte la fait aimer. Et c’est à quoi tend la méthode des cercles... Elle fait un appel constant au travail personnel de tous ses membres, tous actifs (...) Il s’adresse à toutes les facultés, utilise toutes les capacités (...) Dans ces intimes et fréquentes réunions se nouent des amitiés solides (...) S’il est assez fréquent, l’activité qu’il suscite n’est pas intermittente, mais constante. Le travail personnel qu’il exige maintient d’une réunion à l’autre l’esprit en haleine... »

    Ces quelques mots permettent de comprendre la richesse de la formule :

    • Possibilité de faire se rencontrer les gens selon une bonne harmonie psychologique, leurs intérêts, leurs soucis communs.
    • Possibilité d’une bonne fréquence et, par là-même, d’une excellente continuité d’influence.
    • Soutien mutuel quasi spontané. A cette réserve près que le caractère d’intimité de la formule réduit sa force expansive. Le fait de se retrouver toujours peu nombreux peut être une occasion de lassitude, si rien n’est conçu pour la résorber (tel un congrès annuel par exemple).
    • Plus grande facilité d’intelligence de la doctrine.
    • Mode de réunion le moins onéreux.
    • Quant à la sécurité, si l’on comprend l’extrême souplesse de la formule, elle peut être invulnérable.
    • Quant au perfectionnement continu, la formule n’a-t-elle point pour elle le témoignage de tout ce qui, au cours de l’histoire, s’est fait de plus durable, de plus profond ? Est-il mode de réunion où l’autocritique puisse être à la fois plus efficace et amicale. Le cercle, en outre, ne déracine pas. Chacun peut s’y montrer « au naturel », sans changement d’allure, avec son langage familier. Sans ces transformations d’attitude ou de ton, qui sont le lot habituel des réunions plus vastes. »

    Lire et télécharger dans son intégralité le Chapitre 5 : Se rencontrer dans l’Action de Jean Ousset. Pour rejoindre un cercle contacter Ichtus. Ce livre est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l'action culturelle, politique et sociale à la lumière de l'enseignement de l'Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l'encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l'amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l'amitié en est aussi le chemin.

    Michel Janva

  • Rébellion #64: "Abattre la théorie du genre"

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    EDITO : Survie du capitalisme ou du genre humain ?

    DOSSIER : Abattre la théorie du Genre

    Un combat spirituel ou un combat scientifique ? par David L'Epée. 

    Rencontre avec Farida Belghoul. 

    Pornographie. l'autre discours dominent par Terouga

    HISTOIRE : Harro-Shulze Boysen. Un national-bolchevik dans l'orchestre rouge

    ( partie 2) 

    Nationalisme russe à l'époque soviétique par  David l'Epée. 

    MUSIQUE : Assaut électronique et musique bruitiste par  Diaphane Polaris

    Sinweldi. la guerre comme hygiène du monde. 
    Disponible contre 4 euros à notre adresse : 

    Rébellion c/o BP 62124 - 31020 TOULOUSE cedex 02

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  • Eric Maulin : "De l'occidentalisation du monde à la provincialisation de l'Europe"


    Colloque de la revue Éléments

    Samedi 26 avril — "Europe-marché ou Europe-puissance ?"

    Le rêve européen s'est transformé en cauchemar. L'Union européenne traverse une crise de légitimité sans précédent. Et le spectacle qu'elle offre n'a rien pour enthousiasmer. Le sentiment le plus répandu est que l'Europe se construit désormais contre les Européens. Un sondage Ipsos a révélé que 70 % des Français souhaitent « limiter les pouvoirs de l'Europe ». Comment en est-on arrivé là ?

    Invités du colloque
    • Eric Maulin, professeur à l'université de Strasbourg et vice-président du Forum Carolus,
    • Gérard Dussouy, professeur de géopolitique à l'université de Bordeaux,
    • Magali Pernin, spécialiste en droit public, animatrice du site contrelacour.fr,
    • Françoise Bonardel, philosophe, professeur à l'université de Paris Panthéon-Sorbonne,
    • Paul-Marie Coûteaux, essayiste,
    • Pierre Le Vigan, écrivain et journaliste d'Éléments,
    • Alain de Benoist, essayiste et directeur de Krisis et Nouvelle Ecole.

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    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/

  • Pour les futurs enseignants, être européen, c’est être héritier des Juifs et des Arabes…

    Si vous aviez encore la moindre illusion sur l’Education nationale, il est temps de prendre connaissance du formatage dont sont l’objet les enseignants. Pour preuve, cet extrait d’un manuel de préparation au Concours 2014/2015 pour devenir Professeur des écoles…

    Qu’est-ce qu’être européen aujourd’hui ?

    C’est fondamentalement être des héritiers :

    - des Juifs, et de leur notion de liberté de choix, illustrée pour la première fois dans le mythe adamique,

    - des Grecs, dont nous tenons notre exigence de rationalité, au fondement de toute entreprise scientifique,

    - des Chrétiens, qui nous ont enseigné l’égalité essentielle de tous les êtres humains,

    - des Arabes enfin qui nous ont montré l’exemple de la solidarité communautaire.

    Ainsi seulement nos enfants sauront qui ils sont.

    Tout cela doit être transmis à travers l’enseignement de l’histoire et de l’histoire des arts, mais aussi bien entendu, à travers l’enseignement du français (le patrimoine littéraire) et celui des mathématiques et des sciences (notre tradition de rationalité).

    Tout est tellement hallucinant dans ces propos que tout commentaire serait superflu.

    http://medias-presse.info/pour-les-prochaines-fournees-denseignants-etre-europeen-cest-etre-des-heritiers-des-juifs-et-des-arabes/10725

  • Spinoza

    Spinoza fut avant tout un solitaire. Juif exclu de sa communauté, il ne devint pas chrétien pour autant. Cependant, son œuvre appartient totalement à la philosophie occidentale puisqu'il est dans le prolongement de la pensée platonicienne à la recherche de « La Vérité » et en identifiant le vrai et le bien. Ayant été nourri au cartésianisme, en restant un rationaliste et même en faisant l'apologie de la raison, il s'en distingue sur certains points. À la différence du Français, il a mis en place une doctrine morale et politique influencée par la société dans laquelle il vivait, c'est-à-dire la Hollande du XVIIeme siècle. Dans ce pays existait une cohabitation de religions différentes. Il n'y avait pas de religion officielle, si ce n'est dans les faits celle de l'argent et du commerce. À la différence de Pascal son contemporain, sa philosophie célébrera la joie.

    L'Ethique

    C'est le livre le plus important de Spinoza. Le livre est divisé en cinq parties.

    La première partie concerne Dieu. Celui-ci est substance qui est constituée par les attributs (propriétés perçues par l'entendement). Dieu est infini.

    « Tout ce qui est est en Dieu et rien ne peut sans Dieu être ni être conçu ». Dieu s'identifie à la Nature. « Deus sive Natura ». C'est-à-dire que Dieu est la Nature qui crée et tout ce qui existe vient de lui. « Natura naturans et natura naturata ».

    D'une façon similaire à Platon qui distingua la doxa et l'épistémè ou plus tard Hegel qui distinguera plusieurs étapes de la connaissance, Spinoza distingue trois sortes de connaissance :

    • l'opinion par ouï-dire ou l'imagination, qui engendrent des idées confuses,
    • la raison qui opère de façon déductive,
    • la science intuitive qui connaît à partir de l'idée de Dieu.

    Dans la troisième partie de l'Ethique, Spinoza traite des affects de façon iconoclaste comme le désir, la joie et la tristesse ...

    La conception du bien et du mal qui accroit ou diminue la puissance inspirera Nietzsche.

    La liberté consiste dans la connaissance de la nécessité. Connaître nous libère des affects. L'activité de l'homme doit donc être la connaissance vraie et même la connaissance de Dieu.

    La morale, la politique

    Rationaliste, Spinoza le sera aussi dans sa conception de la morale et de la politique. La conception du désir par exemple se différencie de Platon pour qui le désir était un manque. « Le désir est l'essence même de l'homme, en tant qu 'on la conçoit comme déterminée, par la suite d'une quelconque affectation d'elle-même, à faire quelque chose ». (Ethique)

    Nous désirons ce que nous sommes. Le désir nous réalise. Cette conception spinoziste s'oppose aussi à la vision chrétienne pour qui le désir était péché.

    Le désir chez Spinoza devient puissance.

    La liberté sera aussi réinterprétée d'une façon différente de Descartes. Chez le Français, l'âme était le siège d'une volonté, le « libre-arbitre ». Pour Spinoza, il n'y a là qu'illusion.

    Les hommes ignorent les causes qui les déterminent à agir. « Les hommes se trompent en ce qu 'ils se pensent libres, opinion qui consiste seulement en ceci, qu 'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes qui les déterminent. Donc cette idée qu 'ils ont de leur liberté

    vient de ce qu 'ils ne connaissent aucune cause de leurs actions. Car ce qu 'ils disent, que les actions humaines dépendent de leur volonté, ce sont des mots dont ils n 'ont aucune idée ». (Ethique)

    Lorsque les hommes sont indécis, c'est que des forces contraires les font hésiter.

    La conception spinoziste sur le mal influencera en partie Nietzsche. Aucune chose n'est mauvaise en soi. Elle sera interprétée comme mauvaise car elle nuira ou détruira une autre.

    De même, le bien est relatif ou subjectif. « La musique est bonne pour le mélancolique, mauvaise pour le désespéré et ni bonne ni mauvaise pour le sourd ».

    Comme le disaient déjà Socrate et Platon, le mal est lié à notre ignorance. L'ignorant peut croire au bien et au mal. « La connaissance du mal est une connaissance inadéquate ». (Ethique).

    Quant au mal absolu, la mort, Spinoza a une position similaire à celle que prendra Sartre. Philosopher ne consiste pas à méditer sur la mort. « L'homme libre ne pense à rien moins qu 'à la mort, et la sagesse est une méditation non de la mort, mais de la vie ». (Ethique).

    À la différence de Descartes, très prudent sur les questions politiques, Spinoza défendra la liberté et le refus de la tyrannie. Il prône la communauté des hommes libres : l'Etat doit organiser la sécurité et la liberté des individus. « La fin de l'Etat n'est pas de faire passer les hommes de la condition des êtres responsables à celle de bêtes brutes ou d'automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s'acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu'eux-mêmes usent d'une Raison libre ». (Traité théologico-politique).

    « L'homme est un Dieu pour l'homme ». Les hommes doivent vivre sous la conduite de la raison.

    On retrouve aussi chez Spinoza des idées qui seront reprises par les économistes classiques anglais. L'égoïsme de chacun est utile pour tous. « C'est quand chaque homme recherche au plus haut point ce qui lui est utile que les hommes sont le plus utiles les uns aux autres ». On rejoint à la fois à la fois le libéralisme et l'individualisme.

    De la même façon, plus on est joyeux, plus on transmet sa joie aux autres.

    Le philosophe prône donc la joie opposée à la tristesse qui ne nous apprend rien, et l'amour face à la haine.

    Une autre façon d'unir les hommes est la recherche de la Vérité puisqu'elle est commune à tous les hommes, à la différence des opinions qui les divisent.

    Spinoza condamnait l'Utopie, mais il y avait dans sa doctrine une « croyance » en la Raison.

    Pour lui, connaître ses passions permet de les maîtriser. Fidèle à la tradition philosophique, la connaissance libère l'homme et lui fait acquérir la sagesse.

    Patrice GROS-SUAUDEAU

  • [Vidéo] Colloque de l’Action Française - 10 Mai 2014 - Seconde Partie

    Seconde partie de la table ronde organisée par l’Action Française lors du week-end du 10 -11 Mars 2014. Nous avons eu l’honneur de revoir Paul-Marie Couteaux, Hilaire de Crémiers, Jean-Philippe Chauvain, Stéphane Blanchonet, Arnaud Guyot-Jeannin. Cette table ronde est animée par Philippe Mesnard. 

     

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Video-Colloque-de-l-Action,7535