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culture et histoire - Page 1611

  • Fête nationale de Jeanne d’Arc

    Jeanne d’Arc est l’incarnation sublimée de l’espérance française. Il est important que les Français qui aiment leur pays se tournent vers cette figure héroïque. Bien sûr, elle est l’exemple entre tous du patriotisme de bon aloi, sans haine et dans l’économie de violence.

    Mais pour les patriotes français elle est l’antidote du déclinisme et des postures désespérées que l’on trouve aussi de temps en temps chez des gens de droite plus ou moins mystiques qui attendent le chaos final avec fatalisme, résignation et parfois même une certaine et paradoxale délectation...

    Nous sommes conscients de la gravité de la situation de notre pays et il est vrai que n’importe quel Français de bonne volonté pourrait estimer la partie perdue d’avance. Ce serait sans voir qu’ici ou là surgissent des motifs sérieux d’espérer. L’affaire Taubira a montré la capacité de mobilisation de nombreux Français et aujourd’hui encore les veilleurs et les sentinelles continuent de nous démontrer que rien n’est fini. Le dernier scrutin des municipales a fait apparaître d’autre part que les électeurs sont de moins en moins dupes des mensonges du système.

    Autre motif d’espérer, l’Action française recrute, de nouvelles sections se créent chaque semaine. Partout en France, une nouvelle jeunesse impatiente et bagarreuse impose son style. Comme en 1429, nous devons sortir nos étendards et témoigner en plein Paris de notre espérance résolue dans le salut de la France.

    Alors plus que jamais l’Action française sera là, encore et toujours fidèle, le dimanche 11 mai à Paris (après qu’un fonctionnaire de la préfecture républicaine aura jeté négligemment sa gerbe au pied de la statue, d’où l’expression « gerber »), pour marcher de l’Opéra à la place des Pyramides, afin de rappeler aux Parisiens que c’est à notre Jeanne nationale que nous devons d’être français encore aujourd’hui, alors qu’il y avait (déjà) « grande pitié dans le royaume de France »

    D’autres groupes royalistes marcheront avec nous, et nous nous en réjouissons. Nous espérons même la présence de patriotes qui n’auraient pas (encore) opté pour la solution royale.

    Car l’Action française, si elle est bien royaliste, est d’école maurrassienne. Or l’ « empirisme organisateur » de Maurras est un concept opposé à celui d’« idéologie ». En effet, pour Maurras, il n’appartient pas à de « petits génies » de faire sortir « casqué et armé » de leur tête le système politique qui conviendra au peuple français. C’est l’Histoire qui commande : la première loi est d’observer et de retenir ses enseignements pour mettre en place les bonnes institutions, celles qui ont fait leurs preuves, et pour les faire évoluer en s’appuyant sur des principes simples, comme la préservation des libertés et la sauvegarde des communautés naturelles, dans le souci du bien commun. La nation étant l’écrin protecteur et solidaire de cet ensemble.

    Dès lors que des hommes et des femmes de notre pays sont conscients de la valeur de la nation et de la nécessité de la restaurer, ils sont proches de nous et il nous appartient de les amener à déduire par un cheminement cohérent et logique que seule la monarchie peut garantir, dans la durée, à la fois les libertés locales et professionnelles et assurer la cohésion du tout par l’exercice sans faiblesse des seuls pouvoirs régaliens.

    C’est pour cela qu’avant l’action — le cortège traditionnel —, il y aura la réflexion. Avant le cortège, très exactement la veille, l’AF invite les Français qui se revendiquent comme tels et qui refusent d’en avoir honte à une réunion publique autour de deux tables rondes, suivie bien sûr du fameux banquet royaliste.

    Nous appelons par conséquent tous les Français, tous les patriotes, toute la jeunesse à nous rejoindre et à partager avec nous ces deux jours, 10 et 11 mai, placés sous le patronage de Sainte Jeanne d’Arc.

    Olivier Perceval, secrétaire général de l’Action française - L’AF 2884

  • Les drapeaux noirs du mouvement paysan (1929-1931)

    Sur l’histoire du “Landvolkbewegung”

    Après la première guerre mondiale, la plupart des paysans allemands affrontaient d’énormes difficultés économiques. Afin de pouvoir vaille que vaille fournir en vivres la population, l’agriculture allemande, au début de la République de Weimar et jusqu’en 1922, avait été contrainte d’accepter de gré ou de force une politique dirigée, contraignante. Cette politique avait suscité un rejet général de la jeune République dans de larges strates de la paysannerie qui votait traditionnellement pour les formations conservatrices ou libérales.

    Cette tendance négative s’est encore accentuée pendant les années de la grande inflation (1922 et 1923). Dans un premier temps, les paysans, en tant que propriétaires de terrains et de biens tangibles, avaient profité de la dévaluation de la devise allemande; plus tard toutefois, avec l’introduction du “Rentenmark” en 1923, ils ont dû endurer de lourds sacrifices économiques. C’est surtout lorsqu’il a fallu couvrir la nouvelle devise par des hypothèques imposées par les autorités publiques sur les propriétés foncières dans le domaine agricole que le rejet s’est fait général: cette politique a été perçue comme une terrible injustice, comme un sacrifice spécial réclamé à la seule paysannerie.

    Vers le milieu des années 20, les paysans ont dû faire face à un dilemme: acheter des machines agricoles pour consolider leurs entreprises jusqu’alors peu mécanisées, afin de pouvoir produire davantage et de compenser les déficits dus à l’augmentation des prix des biens industriels. Pendant les années d’inflation, les paysans n’avaient pratiquement rien pu capitaliser: ils se virent contraints, par la suite, de prendre des crédits à des conditions très désavantageuses pour pouvoir financer les nouveaux investissements nécessaires. Mais, dès 1927, on pouvait prévoir la crise économique mondiale où les prix, sur les marchés agricoles, ont chuté à l’échelle internationale; de plus, les récoltes désastreuses de 1927, dues à des conditions climatiques déplorables, ont conduit de nombreux paysans à l’insolvabilité.

    C’est surtout dans le Slesvig-Holstein rural, avec un secteur largement dominé par le bétail et par les spéculations sur les produits de l’élevage, que de nombreux paysans étaient menacés. Ils ne pouvaient plus payer ni les impôts ni les intérêts. La faillite les guettait. Cette situation critique amène les paysans de la région à se rassembler dans un mouvement protestataire parce que les associations paysannes traditionnelles, le gouvernement du Reich (rendu incapable d’agir en 1928 vu sa composition politique hétérogène) ou les partis établis ne pouvaient les aider. Ce mouvement de protestation ne présentait pas de structures organisationnelles claires mais se caractérisait plutôt par une sorte de spontanéisme, où quelques paysans décidés parvenaient à mobiliser rapidement leurs homologues pour organiser de formidables manifestations de masse.

    En janvier 1928, le Slesvig-Holstein est le théâtre de très nombreuses manifestations de masse pacifiques, où, certains jours, plus de 100.000 paysans sont descendus dans les rues. Les représentants de la paysannerie demandent alors au gouvernement du Reich de mettre sur pied un programme d’aide urgente. Ils échouent dans leurs démarches. La paysannerie se radicalise et, en son sein, des voix, toujours plus nombreuses, s’élèvent pour réclamer la dissolution du “système de Weimar”. Les chefs de file du mouvement avaient toujours été modérés: ils s’étaient bornés à réclamer des mesures ponctuelles dans les seuls domaines de l’agriculture et de l’élevage. Face à l’incompréhension des autorités du Reich, ces hommes modérés sont vite remplacés par des activistes plus politisés qui exigent désormais que l’ensemble du “système de Weimar” soit aboli et détruit pour faire place à une forme d’Etat populaire (folciste), aux contours encore mal définis par ses protagonistes, mais que l’on peut qualifier d’essentiellement agrarien.

    A la fin de l’année 1928, le mouvement prend le nom de “Landvolkbewegung” (“Mouvement du peuple de la terre”), sous la direction de Claus Heim, du pays de Dithmarschen, et der Wilhelm Hamkens, d’Eiderstedt. Tous deux financeront et publieront un journal, “Das Landvolk”, ainsi que des “associations de garde” (“Wachvereiningungen”), sorte de troupes paramilitaires animées par d’anciens combattants des Corps Francs. Le mouvement acquiert ainsi une forme d’organisation qu’il ne possédait pas auparavant.

    En 1928, Heim lance un appel à boycotter les impôts. Du coup, les protestations publiques ne sont plus passives: elles sont suivies d’actions musclées voire d’attentats terroristes. Les huissiers qui viennent saisir les biens des paysans insolvables sont pris à partie et chassés avec violence. La petite ville de Neumünster est soumise à un boycott de la part des paysans qui refusent d’aller y acheter denrées et matériels. Les opposants au mouvement sont victimes d’attentats aux explosifs, destinés à les intimider. A la suite de ces attentats aux explosifs, les meneurs sont poursuivis par la justice et condamnés à la prison. Le mouvement est brisé.

    Jan Ackermeier

    Source : http://euro synergies.hautetfort.com/archive/2014/04/03/les-drapeaux-noirs-du-mouvement-paysan-1929-1931.html ; (article paru dans “zur Zeit”, Vienne, n°11/2014, http://www.zurzeit.at ).

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFAZyAuZuVSnOwNlNY.shtml

  • L'opinion des plus riches compterait 15 fois plus que celle des électeurs lambda dans l'adoption des politiques

    Qui gouverne vraiment dans une démocratie comme les Etats-Unis? Jusqu'à quel point le peuple est-il souverain? C'est le sujet d’un article à paraître (1) dans la revue Perspectives on Politics (2), par Martin Gilens (Princeton) et Benjamin Page (Northwestern university), dont les conclusions ne sont pas tout à fait suprenantes, mais certainement déprimantes.
    Dans le système démocratique américain, le citoyen moyen a peu ou pas du tout d’influence sur les décisions politiques, selon les deux chercheurs en science politique. Ils ont analysé le résultat de 1.779 politiques publiques menées ces vingt dernières années (3), détaille dans le Washington Post Larry Bartels, professeur de politiques publiques et de sciences sociales à l’université Vanderbilt, pour arriver à ce résultat: l’élite économique, constituée des 10% de citoyens situés au sommet de la distribution des revenus, et les groupes d’intérêt organisés qui défendent des intérêts économiques (par exemple les associations représentant des branches professionnelles) ont 15 fois plus d’influence sur les politiques menées que les citoyens moyens et les groupes d’intérêt de masse (comme les syndicats).
    Ce que résume le site Mother Jones par la formule: «tout le monde se fout de votre avis tant que vous n’êtes pas riche» (4), reproduisant deux graphiques de l’étude qui permettent de comparer l'impact d’une opinion des riches et groupes d’intérêts et lobbys d’une part, et l’impact des avis de la masse des citoyens d’autre part.

    Chateau

    La ligne rouge représente la probabilité qu'une politique soit adoptée. Les préférences des citoyens (à gauche) et des élites économiques (à droite) sont représentées par les colonnes grises. On voit que pour une même distribution des opinions, le destin des politiques publiques est différent selon qu'elles sont soutenues par la majorité ou seulement par les élites économiques. Via Mother Jones. 
    Comme le précise Mother Jones, le fait que l’opinion publique penche d’un côté ou de l’autre ne change pas la probabilité qu’une politique soit adoptée. Quand la majorité est pour, il y a 30% de probabilité qu’une politique passe et quand la majorité y est opposée il y a encore… 30% de probabilité que la politique soit adoptée.
    Quant aux groupes d’intérêts qui disposent d’une base populaire importante, ils ont une influence qui n’est que la moitié de celle des groupes d’intérêts d’affaires.
    Par quels moyens les riches maximisent-ils leur influence? Selon Larry Bartels dans le Washington Post, des études montrent que leur accès aux représentants du Congrès est par exemple bien plus aisé que celui d'un simple électeur. Ils disposent ainsi de plus d'attention de la part des décideurs.
    Gilen et Page font passer la théorie dominante, conclut Larry Bartels, celle selon laquelle la société américaine élabore sa politique en fonction d’un «pluralisme majoritaire», pour une mauvaise hypothèse scientifique, et semblent montrer que le cadre dans lequel s’élaborent les politiques publiques est plutôt celui d’une domination des élites économiques et d’un pluralisme biaisé par la prééminence de celles-ci dans les décisions politiques.

    Notes

    Source : http://www.slate.fr/monde/85943/opinion-riches-electeurs-lambda

    (1) http://www.princeton.edu/~mgilens/Gilens homepage materials/Gilens and Page/Gilens and Page 2014-Testing Theories 3-7-14.pdf

    (2) http://journals.cambridge.org/action/displayJournal?jid=PPS

    (3) http://www.washingtonpost.com/blogs/monkey-cage/wp/2014/04/08/rich-people-rule/

    (4) http://m.motherjones.com/kevin-drum/2014/04/nobody-cares-what-you-think-unless-youre-rich

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFAZVFApAlEZnhVWGc.shtml

  • TVL : Alexandre Del Valle sur le complexe occidental

  • Est-il encore possible d’enseigner la doctrine catholique dans un établissement catholique ?

    [EDUCATION] Polémique pro-vie au lycée Gerson : tempête dans un verre d’eau Sur un ton grave, Europe 1 et BFM TV s’en inquiètent : des « dérives intégristes » mineraient le lycée Gerson, établissement catholique sous contrat à Paris. 

    A l’origine de la polémique : lors de séances d’instruction religieuse, des intervenants extérieurs, membres de l’association pro-vie Vita ont mis en cause l’avortement de masse. Ainsi, les journalistes rapportent que l’avortement a été présenté comme « un homicide involontaire » par ces intervenants.

    Selon les media de l’oligarchie, des parents d’élèves et des professeurs (dont on ignore le nombre) se sont élevé contre cet enseignement, dénonçant l’ « imposition d’une vision des plus obscurantistes de notre société ». [...]

    La suite sur Le Rouge et le Noir

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Est-il-encore-possible-d-enseigner

  • Le 11 mai à Paris pour honorer Ste Jeanne d’Arc et St Louis, parce que « la résistance n’est pas que réaction »

    Un communiqué de Civitas appelle « toutes les forces de la résistance nationale » à participer le 11 mai prochain à 14h30 au défilé en hommage à Sainte Jeanne d’Arc et Saint Louis. Une belle occasion de rassemblement.

    Jeanne d'Arc 2014

    La résistance n’est pas que réaction !

    Dénoncer, combattre puis renverser un système tyrannique qui impose des lois iniques ; ce sont bien autant d’étapes nécessaires.

    Mais il faut aussi être en mesure de présenter une société alternative et offrir des modèles positifs de chefs, des références historiques à commémorer, des héros à vénérer, des saints à prier.

    Saint Louis et Sainte Jeanne d’Arc sont tout cela à la fois. Ils incarnent la force juste et vertueuse mise au service de Dieu et de la patrie française.

    Voilà pourquoi Civitas appelle toutes les forces de la résistance nationale à participer le 11 mai prochain au défilé en hommage à Sainte Jeanne d’Arc et Saint Louis.

    Rendez-vous à 14h30. Drapeaux nationaux, drapeaux locaux et drapeaux frappés du blason de Sainte Jeanne d’Arc seront à l’honneur.

    Venez nombreux honorer avec panache ces grandes figures de la vraie France aux antipodes de la république maçonnique et décadente, vassale d’un mondialisme destructeur.

    Alain Escada, président de Civitas

  • Les manifestations ou les laboratoires humains pour la police

    Depuis celui de Seattle en 1999, les sommets internationaux comme l’OTAN, le G8 ou le G20 font face à des nouvelles formes d’oppositions et de contre-attaques menées par des mouvements anticapitalistes et révolutionnaires majoritairement blancs et issus des couches favorisées des classes populaires. Les polices du monde occidental y expérimentent de nouvelles méthodes de contrôle des foules susceptibles de contrer ces attaques en provoquant des situations médiatiquement payantes. 

         A Strasbourg, à l’occasion du 21e sommet de l’Otan, en 2009, l’Etat français reprend officiellement sa place au commandement intégré de cette organisation interimpérialiste. Pour l’occasion, le ministère de l’Intérieur organise, selon ses mots, « la plus grande opération de sécurité menée sur le territoire français » – estimée à 110 millions d’euros, dont 60 millions sont investis par la France. Près de 9 000 policiers et gendarmes français sont mobilisés aux côtés de 14 000 policiers allemands. 

         Les 2 et 3 avril 2012, la police tente d’appliquer contre une manifestation de militants anti-impérialistes un dispositif de répression calqué sur le modèle antiémeute conçu pour les quartiers populaires. Elle bloque, deux jours de suite, des cortèges d’activistes anti-Otan au milieu du Neuhof, une cité particulièrement ségrégée en périphérie de la ville. La police ferme les routes et boucle le quartier pour y encager les manifestants. Elle tente de procéder à un contrôle d’identité général et retient le cortège et les habitants encerclés en déployant des gardes mobiles et des CRS. Lorsque la tension lui semble favorable, la police ordonne la dispersion, gaze et charge les activistes et les habitants réunis aux pieds des bâtiments. Elle lance des grenades lacrymogènes, des grenades de désencerclement et tire au flash-ball sur quiconque reste dans le quartier. Chaque jour, des habitants et des manifestants se solidarisent face à la brutalité policière. Tandis que des unités poursuivent les manifestants dans toute la zone bouclée, des habitants surveillent les mouvements de police, transportent des activistes en scooter, d’autres soutiennent les barricades improvisées, des familles ouvrent leurs portes pour abriter les anti-Otan pourchassés, d’autres apportent de l’eau. Le premier jour, l’antenne du commissariat local est saccagée. Les deux-roues réquisitionnés aux habitants par la police sont récupérés et redistribués. La police se lance ensuite dans une battue à travers la forêt pour traquer et capturer les activistes qui s’enfuient. Elle tire, gaze et tabasse ceux qu’elle réussit à rattraper, d’une façon très proche de ce qu’elle inflige d’ordinaire aux damnés intérieurs. Elle procède à 300 arrestations. 

         La police emploie des mécaniques de violence modulables et rationalisées selon le caractère plus ou moins sacrifiable des corps à soumettre. 

         C’est ce qu’explique en 2010 Hubert Weigel, directeur central des CRS : « Ces nouvelles tactiques ont aussi été imaginées par rapport aux importants services d’ordre qui seront mis en place dans certains points du territoire français, à l’occasion de manifestations telles que les réunions du G8 et du G20, en 2011. » Mais « cette formation est surtout destinée à contrer les éruptions de violences urbaines, comme celles par lesquelles nous nous sommes laissés surprendre, voire déborder, à Villiers-le-Bel (Val d’Oise), par exemple » confie un officier de CRS. 

         A travers le renforcement général de l’appareil policier, des formes de violence réservées aux indésirables, aux misérables et aux insoumis sont reconverties pour soumettre les couches supérieures et/ou non ségrégées des classes dominées. La garde à vue, par exemple, est désormais employée régulièrement pour des mauvais conducteurs. Elle implique un certain nombre de violences secondaires : serrer fort les menottes sur les os, cogner la tête de la proie qui s’est débattue contre le véhicule pour l’y faire entrer, attacher le gardé à vue au pied d’un banc, plié durant plusieurs heures, lui faire subir des agressions symboliques (menaces, injures, brimades), le livrer à des tortures blanches comme le refus de lui donner l’heure, lui interdire de parler, lui refuser l’accès aux toilettes, le priver de lumière ou au contraire braquer en permanence un projecteur dans la cellule ou qui que ce soit, plus fouilles et mises à nu en cas de transfert au dépôt. 

         La police conserve certaines techniques d’exception pour les indésirables. Emmanuel Blanchard repère ainsi un « répertoire d’actions de la rafle » opérationnel dans les années 1930, qui se perpétue dans les années 1950 et se maintient encore au début du XXIe siècle. Il est caractérisé par « un investissement massif de quartiers populaires par des agents en tenue, par leur apparence et leur indésirabilité politique et social, préalables à un enfermement sans décision judiciaire, voire à un éloignement selon des modalités administratives ou extra-légales. » 

         Depuis la fin des années 2000, des formes de rafles répondant à cette définition émergent pour soumettre les luttes radicales des couches non ségrégées. La loi sur les « bandes » de mars 2010 favorise ce processus. Le 28 mars 2010, une manifestation déposée en préfecture et autorisée à défiler aux abords de la prison de la Santé, est ciblée pour son caractère anticarcéral. La centaine de personnes présentes est arrêtée dans son ensemble, sans avoir commis aucun acte délictueux, sous prétexte qu’un participant était masqué. L’application du concept de décèlement précoce – forgé par l’idéologie sécuritaire pour justifier la répression de suspects sans qu’ils passent à l’acte – permet d’employer occasionnellement contre des militants appartenant aux franges supérieures des classes populaires certaines techniques infligées quotidiennement aux damnés de l’intérieur. Comme si la police réservée à ceux-ci influençait celle appliquée aux perquisitions avec fracas, aux rafles et aux incarcérations, aux techniques de contention et à l’emploi des armes sublétales, mais de manière exceptionnelle et contenue en comparaison de ce qui est devenu la règle dans les enclaves de ségrégation. A Tarnac, le 11 novembre 2008, la police débarque à grands renforts de journalistes embarqués pour mettre en scène la perquisition et l’arrestation de militants révolutionnaires issus des couches privilégiées. Une partie d’entre eux est incarcérée pendant plusieurs mois au prétexte qu’ils auraient tenté de faire ralentir un train, participé à l’écriture d’un ouvrage jugé subversif et à des luttes collectives mettant en cause radicalement l’ordre social, économique et politique. 

         A Toulouse, le 14 novembre 2012, des unités d’élite de la gendarmerie (unités de recherche et d’intervention) opèrent sept perquisitions avec fracas dans des lieux d’habitation. Ils défoncent les portes, mettent en joue les habitants, leur appliquent des techniques d’immobilisation au sol puis contrôlent les papiers d’identité et font disparaître sans explication une dizaine de personnes. Ils capturent aussi une famille privée de droits. Les personnes arrêtées sont accusées d’avoir jeté des excréments et d’avoir peint des slogans dans un établissement de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) à Labège au début de juillet 2011. Selon les tracts laissés sur les lieux de l’action, il s’agissait de dénoncer la participation de la PJJ à la répression policière des révoltes dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Lavaure en mai 2011. Des ERIS (unités commandos spécialisées pour soumettre les émeutes en prison) avaient alors été envoyées pour mater les adolescents incarcérés, essentiellement des damnés de l’intérieur. L’action collective menée contre la PJJ est traitée par les services antiterroristes. Suite à la rafle de novembre, quatre personnes sont mises en détention préventive pendant près de trois mois. A leur libération, des contrôles judiciaires sont appliqués aux présumés terroristes. Conjugués aux écoutes téléphoniques et aux surveillances politiques, ces dispositifs établissent un autre système de violence symbolique qui tente de paralyser la vie sociale. Cette extension de dispositifs d’exception sert à mettre en garde les fractions radicalisées des couches privilégiées en menaçant de les traiter comme l’Etat traite les damnés intérieurs. 

    Mathieu Rigouste, La domination policière

    http://www.oragesdacier.info/2014/04/les-manifestations-ou-les-laboratoires.html