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culture et histoire - Page 1609

  • Le dieu unique de l'islam ne connaît pas l'amour

    Dans Chesterton face à l'islam, Philippe Maxence présente la vision chestertonienne de l’islam, bien utile à l'heure où l'islam se fait de plus en plus menaçant. En s'appuyant sur des extraits des ouvrages et articles du romancier et journaliste britannique, l'auteur décrit la nature profonde de cette religion. Chesterton fait notamment un rapprochement entre l'islam et l'hérésie unitarienne, qui consiste à nier la Trinité pour considérer que Dieu n'est qu'une seule personne. Cela rejoint l'affirmation de la foi musulmane Extrait :

    C"Ignorer cette fixation sur l'unicité de Dieu, Un, non seulement dans sa substance mais dans sa personne, c'est risquer de ne rien comprendre à l'islam et jusqu'à sa volonté conquérante également inscrite profondément en lui. Car la conquête est permise et si l'on peut dire, elle est naturelle pour les disciples d'un Dieu qui étant seul ne peut pas aimer et ne connaît dès lors que la loi de la soumission. Pour les chrétiens de bonne volonté, ignorer cette insistance sur l'unicité de la part des disciples de Mahomet, c'est risquer également de se fourvoyer dans un dialogue islamo-chrétien qui risque de se révéler un véritable marché de dupes. Le Dieu des chrétiens et des musulmans n'est pas le même ou, plus exactement, la manière dont chrétiens et musulmans présentent Dieu n'est pas la même et, de ce fait, les répercussions théologiques de cette différence sont abyssales et nombreuses."

    Michel Janva

  • 1800 : Cette année-là, Le roi et l'aventurier

    Louis XVIII, quarante-cinq ans, en exil à Mittau en Courlande (actuelle Lettonie), sur les terres du tsar Paul Ier, se prenait à espérer rentrer en France. L'ancien comte de Provence, d'un an plus jeune que son frère Louis XVI, n'avait pas dans sa jeunesse été toujours irréprochable, mais depuis que les malheurs de la famille royale avaient fait de lui d'abord le régent du royaume après le 21 janvier 1793, puis le roi de jure depuis la mort au Temple du jeune Louis XVII en juin 1795, ce prince jusqu'alors insouciant, voire velléitaire, avait acquis une très grande conscience de ses droits et de ses devoirs envers la France saccagée par dix ans de révolution.

    Il avait su qu'un certain général Napoléon Bonaparte, alors âgé de trente ans et déjà illustre par ses fulgurantes campagnes en Italie et en Égypte, était accouru le 9 novembre 1799 (18 brumaire, an VIII), pour renverser à Paris un Directoire tombant de plus en plus dans la débilité. Les Français aspiraient à l'ordre, et la dictature militaire qu'avait instituée Bonaparte en créant le Consulat et en promulguant une nouvelle constitution, dite de l'an VIII, semblait aller dans le bon sens. Certains royalistes croyaient leur heure arrivée : ce général d'origine noble, ancien officier du roi, qui n'avait fait guillotiner personne, n’avait-il pas la possibilité de rétablir la monarchie ? Louis XVIII recevait de France des nouvelles qui éveillaient en lui un certain intérêt pour ce jeune Corse encore pourtant énigmatique, mais qui peut-être pourrait être un Monck français... En février 1800, après de longs moments d'hésitation, il se décida à lui écrire :

    « Depuis longtemps, Général, vous devez savoir que mon estime vous est acquise. Si vous doutiez que je fusse susceptible de reconnaissance, marquez votre place ; fixez le sort de vos amis. Quant à mes principes, je suis Français ; clément par caractère, je le serais encore par raison [...] Nous pouvons assurer la gloire de la France. Je dis nous, parce que j'aurai besoin de Bonaparte pour cela et qu'il ne le pourrait pas sans moi. Général, l'Europe vous observe, la gloire attend et je suis impatient de rendre la paix à mon peuple. »

    Lettre certes prudente et savamment pesée, mais pleinement royale. Une grande courtoisie allait de pair avec la manifestation de la souveraineté monarchique. La séculaire volonté capétienne d'assurer la paix par la justice et l'unité entre les Français se lisait dans la promesse du pardon "par caractère" mais aussi "par raison". Même au sujet de la "gloire" dont il savait le général épris, le roi lui apprenait avec bonté qu'il ne fallait pas la chercher pour elle-même, qu'elle devait être mise au service de la France, donc de celui qui l'incarnait, lequel, comme tous les rois de jadis, savait avoir besoin pour y parvenir du concours du plus valeureux de ses sujets.

    Le drame de la France contemporaine

    La lettre, accompagnée d'une autre pour le troisième consul, Charles-François Lebrun, fut confiée à l'abbé de La Marre qui vint à Paris la remettre à l'abbé de Montesquiou, lequel, l'ayant fait parvenir en haut lieu, vint chercher les deux réponses le 8 septembre 1800 et les remit à l'abbé de La Marre qui regagna la Courlande. Celle de Bonaparte sentait le mufle et l'hypocrite :

    « Je vous remercie, Monsieur (sic), des choses honorables que vous me dites. Vous ne devez plus souhaiter votre retour en France. Il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres. L'histoire vous en tiendra compte. Je ne suis point insensible aux malheurs de votre famille. Je contribuerai avec plaisir à la douceur et à la tranquillité de votre retraite. »

    De son côté, Lebrun osait offrir à Louis XVIII la couronne cahotique... de Pologne, ce dont le roi fut indigné à juste raison. Quelques semaines plus tard, le tsar Paul Ier, se rapprochait de Bonaparte et expulsait le roi de France qui dut brader le mobilier du château de Mittau et s'enfuir dans la neige au bras de sa nièce, l'ancienne Madame Royale prisonnière du Temple, qui avait épousé l'année précédente son cousin le duc d'Angoulème (fils du comte d'Artois, futur Charles X). Il lui fallut alors quémander la protection du roi Frédéric- Guillaume de Prusse.

    Pour le malheur de la France, Bonaparte triomphait (ou semblait !), non sans avoir, avant de se sacrer lui-même empereur le 2 décembre 1804, créé l'irrémédiable entre lui et les Bourbons en faisant assassiner le duc d'Enghien (21 mars 1804).

    Dans cette correspondance de l'an 1800 tient tout le drame de la France contemporaine. Napoléon agissant selon son orgueil propre allait consolider les "acquis" les plus dissolvants de la Révolution et entraîner la France, non sans gloire, dans une aventure démesurée et sanguinaire qui la rendrait exsangue et qui sèmerait des foyers de guerre à travers toute l'Europe. Situation que la France ne parviendrait à surmonter tant bien que mal en 1814 que grâce à l'ancien exilé de Mittau, qui, après avoir dû quémander l'asile en Prusse, en Russie, en Angleterre, arriverait de Gand pour apaiser les querelles civiles et réaffirmer face à tous les États coalisés la souveraineté capétienne.

    Michel Fromentoux L’Action Française 2000 n° 2746 – du 17 au 29 avril 2008

  • Hommage à Jaurès : Hollande zélateur d’un antisémite ?

    Dans son hommage à Jean Jaurès pour le centenaire de sa mort, François Hollande a oublié un certain aspect du bonhomme.

    - Jean Jaurès, « La question juive en Algérie », 1er mai 1895, La Dépêche (quotidien de gauche de Toulouse, cité par Michel Winock,La France et les Juifs, Seuil, 2004) :
    « Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique. [...] En France, l’influence politique des Juifs est énorme, mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont,  en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. »

    - Jean Jaurès, Discours au Tivoli, en 1898 (cité par B. Poignant, « Ouest-France », 13 décembre 2005) :
    « Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion. »

    Tiré de Paul-Éric Blanrue, Le Monde contre soi, Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme, préface de Yann Moix, Éditions Blanche, 2007
    Source

    http://www.contre-info.com/

  • Poutine et Louis XIV

    Le président russe est-il un autocrate expansionniste obsédé par l'annexion des territoires limitrophes ou un nationaliste prudent désireux de protéger son pays ?

    La Russie géopolitique de 2014 est évidemment l'héritière de l'URSS. Frontières, alliances, place dans les institutions internationales, elle ne tient son rang actuel qu'en raison du rôle que l'Occident a bien voulu assigner au « bloc de l'Est ». Il faut en effet poser trois remarques : d'une part, l'Occident (c'est-à-dire les Etats-Unis) feint de découvrir aujourd'hui que Russie et URSS n'étaient qu'une même réalité, comme si brusquement se révélaient les intérêts nationalistes de la Russie à travers son instrumentalisation du communisme international; d'autre part, l'Occident a une volonté clairement impérialiste dans l'imposition d'une mondialisation libérale (la Russie n'étant pas vierge de toute influence, à cet égard) ; enfin, l'Occident tient à ce que la Russie continue de jouer le rôle de la menace immédiate : Zbigniew Brzezinski et son Grand échiquier est le promoteur de cette thèse américaine paranoïaque.

    Une caricature aux contours mal définis

    Aujourd'hui, il est donc coutumier et nécessaire que les commentateurs grossissent à plaisir les forces et les faiblesses de la Russie, mettent en avant autant la gabegie, la misère, la corruption que les richesses naturelles, la puissance militaire, etc., saluent l'intelligence de Poutine comme ils en déplorent la rouerie, bref dressent constamment un épouvantail, une caricature, un simulacre excitant à la fois la crainte tout en suggérant une victoire facile.

    Bizarrement, Poutine se sent menacé ; il réagit. Et depuis quelques semaines, les thèses s'affrontent: de quoi Poutine n'est-il pas le nom? On lui prête les plus noirs desseins et les pratiques les plus infâmes. Avec lui, jamais le droit des peuples, le droit des nations, le droit international et les consciences douloureuses n'ont été si violentés.

    À bien considérer les cartes, l'impérialisme russe a en effet quelques restes : présence militaire en dehors des frontières, communautés russo-phones, accords économiques déséquilibrés. Autrement dit, tout ce qui fait la politique étrangère des Etats-Unis ou de la France, ces deux pays ayant en plus la prétention messianique d'apporter la vérité démocratique au monde entier, si nécessaire par la force, qu'ils ne rechignent jamais à employer, le « fais-ce-que-je dis-pas-ce-que-je-fais » étant devenu la règle.

    Seul contre un libéralisme envahissant

    C'est précisément ce messianisme qui est en cause - et c'est le moment où le parallèle avec Louis XIV peut être fécond. Quand Louis lance sa grande série d'annexions diplomatiques ou guerrières, il a moins en tête un impérialisme français que la volonté de restaurer son pays continuellement grignoté sur ses marges et fragilisé par les guerres de religion. Il veut restaurer son pré carré et contrer l'appétit des Habsbourg.

    Exactement comme Poutine qui voit se dresser contre sa Russie toutes les démocraties libérales mondialistes : en 2004, en 2007, les élargissements européens poussent l'Europe vers l'Est ; la signature du Partenariat oriental de 2009 poursuit l'encerclement en gagnant l'Ukraine, mais aussi l'Arménie, la Géorgie, etc. ; les « nouveaux » Européens rejoignent l'OTAN. Bref, Poutine se sent étranglé : il multiplie les accords diplomatiques et économiques.

    Face à Louis XIV et à sa diplomatie tout à la fois tatillonne et musclée (Jean-Christian Petit-fils y consacre des pages très intéressantes), les Européens ont pris peur : que la France veulent regagner ses places fortes et mettre au pas la poussière de communautés, principautés, archevêchés, plus ou moins indépendants et vaguement inféodés à celui qui paye le plus, très bien ; mais jusqu'où irait le jeune roi ? Là où Louis se pose en garant de la paix de sa nation, les autres ne veulent voir qu'un belliqueux, la propagande française officielle renforçant le malaise. A l'arrivée, en soixante ans, la France aura poussé au Nord, absorbé la Franche-Comté et annexé l'Alsace : ça reste modeste.

    Protection ou expansion ?

    Il est fascinant que dans l'histoire de la Crimée (et bientôt de la Transnistrie, de l'Ossétie...) on prête à Poutine des volontés expansionnistes guerrières quand il ne fait que vouloir préserver les populations russes et son indépendance territoriale face à un plan avoué des États-Unis et de l'Europe de faire basculer des régions entières dans leur sphère d'influence politique et économique. C'est le camp du bien qui hurle à la guerre, parle de nécessaire et juste coalition - exactement ce que les princes protestants firent pour ne pas conclure de paix avec Louis XIV. La défense de la nation russe passe aussi par la promotion de la chrétienté : ce n'est pas sans arrière-pensées, certes, comme la visite d'Obama au pape François, comme la prétention des rois catholiques à maîtriser le spirituel. C'est aussi une autre façon de résister à un bonheur libéral qui se révèle comme une nouvelle religion et qui est brandi comme une arme d'influence, exactement comme les protestants luttaient politiquement contre le roi.

    Il faut considérer que Poutine est un nationaliste, pas un expansionniste, et qu'il a décidé derefuser la fatalité d'un encerclement économique,diplomatique, militaire et idéologique, de protéger les populations russophones et de lutter contrel'Islam. Un programme qui, malgré ses déficiences, fait rêver dans une France où une soumissionéconomique aux États-Unis et une soumissionfataliste à l'Islam tiennent désormais lieu de touteréflexion politique étrangère.

    Hubert Champrun monde & vie 9 avril 2014