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culture et histoire - Page 2068

  • Gérard Pince : « Nous assistons à la disparition d'un monde »

    Essayiste, économiste et démographe, Gérard Pince vient de publier « Qui a tué Mamadou ? », un roman qui a pour thème l'immigration.

    Monde et Vie : Gérard Pince, est-il possible d'estimer l'importance de la population immigrée en France aujourd'hui ?
    Gérard Pince : On trouve les chiffres exacts de [la présence étrangère dans les documents de l'Inisee, qui en a d'ailleurs récemment consacré un aux immigrés et à leurs descendants. Selon les chiffres que fournit ce document, les immigrés de 'la première génération se comptent actuellement à peu près 5,5 millions, et les descendants d'immigrés - qui sont nés en France et le plus souvent acquièrent la nationalité française par le droit du sol - sont 6,7 millions.
    Au total, la présence d'origine étrangère (personnes nées à l'étranger ou de parents nés à l'étranger) représente environ 12 millions de personnes sur une population de 65 millions. Sur ces 12 millions, la population d'origine extra-européenne, c'est-à-dire extérieure à l'Union européenne, représenterait d'après les statistiques de l'Insee - qu'il faut « décortiquer », car il n'est pas aisé de s'y retrouver - 6,9 millions de personnes.

    Ces chiffres de l'Insee sont-ils fiables ?
    Je l'ignore, mais ce sont les seuls dont nous disposons et ce sont donc sur eux que je me suis appuyé pour évaluer le déficit engendré par ces populations dans les finances publiques nationales, de manière à éviter les controverses et les polémiques en me fondant sur des bases reconnues par tout le monde.

    À combien ce déficit s'élève-t-il ?
    70 milliards d'euros en 2009. C'est compréhensible, puisque les taux de chômage sont extrêmement importants et les recettes fiscales faibles. Ces populations consomment énormément des prestations sociales et contribuent assez peu en retour, par leur fiscalité, aux finances publiques.

    Pour quelles raisons continue-t-on alors à faire appel à l'immigration ? Qui y trouve intérêt ?
    À l'échelle internationale, la plupart des grands médias qui représentent le patronat - je pense par exemple à l'hebdomadaire anglais The Economist - répètent sans cesse que l'immigration est indispensable. Manifestement, cette propagande a un but économique, que l'on peut comprendre d'une certaine manière du point de vue de l'entreprise et qui consiste à essayer de ramener les salaires au niveau de ceux des pays émergents. Or, pour les ramener à ce niveau, il faut davantage d'offres de travail, donc davantage de migrants. Voilà pourquoi, alors que le chômage augmente, on nous explique paradoxalement qu'il faut faire venir toujours davantage d'immigrés.

    S'il s'agit de réduire les salaires, une logique non moins cynique ne voudrait-elle pas que les entreprises délocalisent pour produire moins cher à l'étranger, plutôt que d'importer de la main d'oeuvre ?
    Les deux attitudes sont complémentaires. Toutes les entreprises ne peuvent pas se délocaliser. Certaines, en particulier des entreprises industrielles, se délocalisent aisément, mais d'autres pas : une entreprise de distribution qui est en France et vend à des consommateurs français, par exemple, ne se délocalisera pas. De même, beaucoup d'entreprises de services qui sont exclusivement tournées vers le marché intérieur ne le font pas non plus, ne serait-ce que pour d'évidentes raisons géographiques. Les deux démarches, délocalisations et immigration, sont donc complémentaires et s'épaulent l'une l'autre.

    Ces intérêts économiques ne rejoignent-ils pas des intérêts politiques ? L'immigration représente aujourd'hui un vivier électoral...
    En effet, et il deviendra encore plus important si l'on donne le droit de vote aux élections locales aux étrangers. Cela concerne d'ailleurs aussi les élections nationales, puisque les élus locaux participent à l'élection des sénateurs... Or, lors des dernières élections présidentielles, les quartiers musulmans ont voté pour la gauche pratiquement à hauteur de 90 %. Donc, plus elle fera venir d'étrangers en leur donnant le droit de vote, plus elle sera assurée de conserver indéfiniment le pouvoir. Dans ces conditions, la démocratie et le suffrage universel n'ont plus aucun sens, puisqu'il suffit de remplacer la population pour changer complètement les résultats des élections. L'élection d'Obama en fournit un exemple encore plus récent : 70 % des latinos et 90 % des noirs ont voté pour lui. Ainsi, dans les sociétés multiethniques ou multiculturelles, les électeurs ne se déterminent pas à partir de choix politiques, mais à partir de choix ethniques. On en revient ainsi au tribalisme.

    J'en viens à votre livre, Qui a tué Mamadou ?(1). Vous êtes parti d'un fait divers pour créer cette histoire de montage politico-policier, visant à transformer l'assassinat d'un trafiquant de drogue malien en crime raciste. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
    Il s'agit de mon troisième roman, après Le revenant de la forêt guyanaise, en 2010, et La proie du mal, en 2011(2). Compte tenu de l'actualité brûlante, j'ai voulu consacrer ce troisième roman au thème de l'immigration. Je me suis servi de l'ensemble des faits divers liés à l'immigration qui se sont récemment succédé - qu'il s'agisse de l'école, de l'hôpital, etc. - pour créer une intrigue qui montre ses conséquences sur la vie quotidienne des Français. Je raconte l'histoire d'une famille d'entrepreneurs, bourgeoise, qui, à la suite d'une série d'intrigues policières et politiques, se trouve entraînée dans une déchéance irrésistible. Cette déchéance préfigure celle de la France en général, c'est pourquoi j'ai intitulé les différentes parties de mon roman : la montée des périls, la drôle de guerre et la débâcle, afin de faire un rapprochement entre la situation que nous connaissons actuellement et la catastrophe survenue en 1940. Je montre que, finalement, nous assistons à la disparition d'un monde. Ce n'est certes pas un roman très optimiste, mais il est malheureusement lucide.
    Propos recueillis par Jean-Pierre Nomen monde & vie 10 novembre 2012
    1) Gérard Pince, Qui a tué Mamadou ? éd. Godefroy de Bouillon, 274 p, 29 €
    2 ) Ces deux titres, publiés aux éditions de L'Harmattan, peuvent être commandés sur Amazon.

  • Une association appelle les pays arabes à reconnaître leur passé esclavagiste

    La traite négrière orientale a été la plus meurtrière, un véritable génocide : 17 millions de morts, déportés, castrés par les musulmans. Tidiane N'Diaye, un musulman sénégalais, anthropologue et économiste, est l'auteur du livre « Le génocide voilé », une enquête historique.

    Clip de la campagne de la Fondation du Mémorial de la Traite des Noirs


    À quelques jours de la Journée Internationale de l'Abolition de l'Esclavage, le 2 décembre, la Fondation du Mémorial de la Traite des Noirs appelle les pays arabes à reconnaître leur rôle dans la traite des Noirs et l’esclavage.

    http://www.francepresseinfos.com/

  • “La Grande Récession (depuis 2005)”, de Jean-Luc Gréau

    Amateurs de discours lénifiants s’abstenir. Pour Jean-Luc Gréau, l’hypothèse d’une nouvelle dépression dans le sillage de la “grande récession” est “plausible“. Ce texte, en partie inédit, rassemble des articles parus dans la revue Le Débat entre 2008 et 2012. Economiste, ancien expert du Medef, M. Gréau est l’auteur, entre autres, de La Trahison des économistes (Gallimard, 2008). Il y plaidait notamment pour un protectionnisme raisonné aux frontières de l’Europe.

    Désordre et improvisation. Tels sont les mots qui, pour l’auteur, résument les actions volontaristes que les Occidentaux ont conduites, depuis la crise de 2008 (qui a commencé, selon lui, en 2005). D’où le sentiment que l’horizon est bouché. “Le fardeau total de la dette, écrit-il, atteint partout des montants excluant que l’on puisse les ramener à un niveau acceptable dans un futur prévisible (…). Il n’y a pas de problème plus crucial et apparemment moins soluble que celui de l’accumulation spontanée des dettes privées et publiques en Occident.“Comment en est-on arrivé là ? C’est la principale valeur ajoutée de ce livre que de parvenir à conceptualiser de façon particulièrement éclairante cette “bifurcation historique“, qui rend définitivement obsolète la régulation de papa.

    L’histoire des vingt dernières années, analyse Jean-Luc Gréau, est celle d’une expérience d’inclusion dans la concurrence mondialisée et d’autorégulation par les marchés financiers. La première conséquence en a été un endettement “voulu” ou “subi” par les Etats. Ensuite, on est passé du marché où le vendeur faisait la loi au “marché de l’acheteur“.


    Mais ce passage s’est fait si graduellement qu’il a été pendant longtemps presque invisible. De sorte que l’organisation néolibérale du marché tend à apparaître comme une création sui generis de l’évolution économique.

    Pour les entreprises françaises, ce basculement a généré trois handicaps : une faiblesse capitalistique (notamment des petites et moyennes entreprises), une subordination des fournisseurs vis-à-vis de la grande distribution, une protection insuffisante, enfin, contre la contrefaçon et le piratage. Ainsi, le dogme de la concurrence est-il fatal à l’industrie européenne, déplore l’auteur, pour qui “la politique industrielle a été bannie de l’agenda européen“.

    Aujourd’hui, trois risques menacent le système mondialisé : le déclin de l’investissement en Chine, la dette de l’Occident, la fragilité de l’euro. A tort ou à raison, écrit Jean-Luc Gréau, domine en Europe “le sentiment que la fin de l’euro signifierait la fin du projet européen qui a surdéterminé toute notre après-guerre sur le Vieux Continent“.

    Mais ni les Etats-Unis ni la Chine, au moins à court terme, n’ont intérêt à voir s’affaisser les économies européennes. Car dans le système mondialisé, la défaillance d’une région entière menacerait toutes les régions partenaires.

    La Grande Récession (depuis 2005), de Jean-Luc Gréau. Folio, 256 pages, 8,60 euros.

    Le Monde  http://fortune.fdesouche.com

    La suite=>

  • Seconde Guerre mondiale : La face cachée des GI's

    guerreCe documentaire de Patrick Cabouat interroge les derniers témoins de crimes commis par les soldats américains en Europe lors de la "Libération".

    17.000 femmes et enfants auraient été victimes des viols commis par les GI's en Angleterre, en France et en Allemagne. 


    Cliquer ICI pour commander l'ouvrage

    (405 pages, 11 euros)

     

     
     

     

     

    http://www.theatrum-belli.com

  • BARBEY D'AUREVILLY Un Stendhal catholique

    Monarchisme intransigeant, vivant en marge d'un siècle bourgeois. Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889) dépeint les ravages
    Les romanciers catholiques sont rares. Je parle de ceux qui le sont intégralement, irrémédiablement, et qui font du dogme l'instrument et l'armature de leur dramaturgie. Jules Barbey d'Aurevilly, qui eut pour maîtres Walter Scott et Balzac, fut à cet égard l'un des plus grands. Lamartine l'avait traité par manière de boutade de « Marat catholique qui peint l'inquisition et la guillotine en blanc ». Barbey renverse l'insulte et la tourne en compliment. D'ailleurs si l'Inquisition avait bien joué son rôle, elle nous eût peut-être épargné la Révolution et la guillotine.
    Toujours en guerre
    Ainsi était Barbey. Il avait des poses, des postures, des rodomontades, une manière de parler, de se vêtir avec des cravates de dentelle et des manchettes à la mousquetaire qui déplaisaient aux esprits communs et timorés et qui heurtaient les bourgeois et les bigots. Car il était toujours en guerre, ce diable que l'on accusait d'être et qu'il était de pied en cap et principalement dans son duel contre Satan et contre le siècle, qui parfois se confondaient, ce qui le faisait passer pour un chouan attardé ou un Lucifer blanc,certes, mais un Lucifer tout de même. Or qui croyait encore au diable et au surnaturel en ce XIXe siècle infatué de scientisme et de positivisme, à part quelques pauvres poètes comme Baudelaire, Huysmans, Bloy ou Verlaine, quelque sainte grenouille de bénitier comme Eugénie de Guérin ou Isabelle Rimbaud ou quelque jeune et novice curé de campagne ?
    Un roman n'est ni un traité de théologie ni un sermon, et un roman catholique moins qu'un autre. Car sa matière, c'est justement le Mal et le Péché, et l'un de ses personnages centraux est précisément ce diable dont les théologiens parlent assez peu et que sa tâche à lui est justement d'appréhender vivant et de débusquer du coeur de l'homme où il s'est niché, dans ses passions et ses révoltes, qu'il tord et secoue sous nos yeux épouvantés comme un noeud de reptiles. D'ailleurs le diable, Barbey, ce monarchiste ombrageux, ce légitimiste enragé, en disciple de Maistre qu'il était, l'avait déjà rencontré, non plus dans telle ou telle alcôve ou confessionnal, mais dans l'Histoire, dans la marche des sociétés et notamment dans la Révolution française. Certes, il avait, comme Bossuet ou de Maistre, une vue providentialiste de l'Histoire, et savait, comme dit saint Paul, que du mal Dieu peut tirer du bien, mais il savait aussi que les révolutions, comme les guerres, peuvent être des châtiments divins et que le diable peut être à l'oeuvre dans l'Histoire et justement dans le coeur de ceux de ses contemporains qui, tel Hugo, croyaient travailler au bonheur du genre humain.
    Car c'est peu dire que Barbey n'était pas démocrate. Il l'était si peu que pour lui une différence, non pas de condition, mais d'essence, séparait le noble du vilain. Sans doute y a-t-il quelque outrance dans certaines de ses attitudes et certains de ses mots lancés à la face de ses adversaires comme des balles de pistolet, mais ce n'en sont pas moins ceux et celles d'un homme qui a vu son drapeau, ses croyances, ses principes, ses moeurs et tout son monde craquer de part en part et qui, hormis Dieu, ne peut se raccrocher qu'à lui-même et à son aristocratisme exacerbé.
    La science du bien et du mal
    Anatole France qui goûtait la société de Barbey a parlé à son propos de « péché-sorbet ». C'était sa manière à lui de sceptique épicurien de traduire en le minimisant le pecca fortiter des héros aurevilliens. Barbey n'est pas janséniste. Il ne condamne pas l'art comme les Messieurs de Port-Royal. Il estime que le catholicisme est assez fort – qui pourrait l'être plus ? – pour supporter la peinture des passions. Cela suppose bien entendu que les hommes aient des passions (et pas seulement des pulsions, des désirs ou des velléités) et soient capables de pécher. Ce qui est une autre histoire. Le catholicisme est la science du bien et du mal. Aucun romancier n'a été plus que l'auteur d'Une vieille maîtresse et d'Un prêtre marié, le Torquemada de ses héros. L'art est assez moral quand il est tragique et qu'il inspire l'horreur des choses qu'il retrace.
    Enracinement
    Homme qui se souvenait d'un temps où les hommes étaient encore liés entre eux, surtout dans les provinces et dans les campagnes, par le lien de fidélité unissant le vassal à son suzerain et le sujet à son roi. À ce lien sanctifié par l'usage et la religion, à cet enracinement dans l'espace et le temps, à ce lien tout chevaleresque que l'Antiquité n'a pas connu et qu'on dirait presque inventé par le christianisme et pour lui, la Révolution, revenant au paganisme, substitua la loi et l'obéissance à l'État, le bulletin de vote et un contrat rédigé sur le modèle des contrats commerciaux. Un contrat écrit à la place de la parole donnée. C'est tout le sens du passage du monde chrétien et chevaleresque au monde commercial et moderne. Du même coup la Révolution abolissait le lien de filiation entre un homme et sa terre et la lignée de ses ancêtres.
    Gérard Joulié L’ACTION FRANÇAISE 2000Du 19 mai au 1er juin 2011
    3 Barbey d'Aurevilly, Une vieille maîtresse, L'Ensorcelée, Un prêtre marié, Les Diaboliques, Une page d'histoire, Robert Laffont, Bouquins, 1 079 p. 29 euros.

  • Soljenitsyne, le visionnaire qui exaspère

     

    Le Phénomène Soljenitsyne de Georges Nivat est un essai de référence sur le message spirituel et politique du géant russe.

    SoljénitsyneSoljenitsyne agace ceux qui voudraient bien se débarrasser du grand homme après l'avoir encensé. L'équation est connue : gardons le héros de L'Archipel du Goulag qui, par sa force d'âme, a ébranlé le mensonge soviétique, mais oublions le réactionnaire aux allures d'ayatollah slave qui annonce à l'Occident des lendemains qui déchantent. L'ennui est que le résistant au communisme et le critique du libéralisme ne font qu'un chez celui dont la rébellion fut autant spirituelle que politique. Telle est la thèse de Georges Nivat, slaviste renommé qui enseigne à l'université de Genève et dont le livre Le Phénomène Soljenitsyne a été lu et approuvé par l'intéressé avant sa mort.

    Vendu à 800.000 exemplaires lors de sa publication en Russie durant la perestroïka, cet ouvrage, qui paraît aujourd'hui en France dans une version enrichie, n'est pas une biographie de plus : c'est un essai qui, non seulement, embrasse tous les aspects de l'œuvre romanesque de Soljenitsyne, mais se veut, en outre, l'expression fidèle de la pensée ultime de l'écrivain, disparu le 8 août 2008. Admirateur de Soljenitsyne, Georges Nivat n'est pas un hagiographe. Il ne minimise pas les “défauts” du grand homme : une personnalité autocratique, qui est comme l'envers de son charisme. Il n'occulte pas ce qui peut paraître choquant chez un chrétien : un pessimisme culturel à la Oswald Spengler, l'auteur du Déclin de l'Occident, l'un des livres culte de la Révolution conservatrice allemande.

    Dégénérescence morale des Occidentaux

    Le fait est que Soljenitsyne, même s'il ne mit jamais sur le même plan le totalitarisme communiste et le libéralisme occidental, aura des mots très durs, depuis le discours de Harvard en 1977, pour ce qu'il a appelé la « dégénérescence morale des Occidentaux », leur « manque de caractère » et pour tout dire de « virilité ». « À relire toute l'œuvre de Soljenitsyne publiciste, on reste frappé par son extraordinaire cohérence  », écrit Nivat. « Tout est commandé par une vision historiographique précise : le mal vient de l'humanisme, de l'anthropocentrisme né à la Renaissance et importé en Russie depuis Pierre le Grand ». Selon Nivat, Soljenitsyne s'inscrit dans la lignée de ces Russes, d'Alexandre Herzen à Léon Tolstoï, pour lesquels il existe une “Russie éternelle” dont la vocation s'enracine moins dans la tradition grecque orthodoxe que dans une vieille Russie chrétienne du Nord et de l'Est sibérien fondée sur les communautés paysannes et l'amour mystique de la terre.

    Il faudra bien s'y faire, Soljenitsyne est un fieffé “antimoderne”. Son culte de l'honneur, son amour des traditions et son sens du sacrifice, explique Nivat, est d'un autre temps. Mais qui dit que la nostalgie est par principe impuissante ? N'est-ce pas au nom d'une Russie que les marxistes considéraient comme “dépassée”, que Soljenitsyne a vaincu ses persécuteurs ? « Ses grands rappels dans le domaine de l'éthique et de la politique ne font plus recette. Et pourtant, ils correspondent en grande partie aux tâtonnements des nouvelles générations : ne pas mentir, rester soi-même, créer une démocratie à la base, plutôt qu'au sommet, pratiquer l'autolimitation dans sa vie personnelle, comme dans la consommation de masse », écrit Georges Nivat, pour qui la force de Soljenitsyne est d'avoir toujours transfiguré le réel par la foi, loin du réalisme bourgeois ou socialiste. « Ce qui pèse en l'homme, c'est le rêve », — écrivait Bernanos. Qui peut nier que, grâce à Soljenitsyne, le rêve d'une Russie régénérée ait pesé dans la balance de l'histoire ?

    ♦ Le Phénomène Soljenitsyne, Georges Nivat Fayard, 449 p., 25 €.

    ► Paul François Paoli, Figaro, 19/03/2009. http://www.archiveseroe.eu

  • Victoire sémantique : 5 ans après Fabrice Robert, les médias utilisent de plus en plus le concept de « droite identitaire »

    PARIS (NOVOpress) — Si l’on peut le résumer grossièrement, le principe de base du « gramscisme » est que les victoires culturelles précèdent les victoires politiques. D’où l’importance de la sémantique comme vecteur de nouveaux paradigmes.

    C’est ainsi que les Identitaires, dans le droit fil de leur volonté d’être des éveilleurs de peuple, lancent des concepts repris (souvent avec déformation) par les politiques, les journalistes et les chercheurs. Dernier exemple en date : la droite identitaire.

    Concept mis en avant dès 2007 par Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, dans un texte exposant les différences entre les Identitaires et ce que l’on appelle communément la droite nationale. Intitulé « Orientations pour une droite identitaire », ce texte décrit un certain nombre de thèmes susceptibles de définir ce qui pourrait caractériser cette droite identitaire : Europe, social, identité. Ainsi que les méthodes et stratégies de cette droite identitaire. Méthodes et stratégies rappelées par Fabrice Robert  et Philippe Vardon dans leurs diverses interventions lors de la dernière Convention identitaire. Cinq ans plus tard, il semble que ce concept de droite identitaire soit de plus en plus repris par les politiques, les journalistes et les chercheurs.

    Précurseurs
    Précurseurs, les Identitaires le sont. D’une part, parce que Patrick Buisson a défendu pendant la campagne présidentielle cette exigence d’identité et de social pour obtenir les suffrages des classes populaires. Alliance qu’il a développée dernièrement dans un entretien au Figaro, reprenant qui plus est les travaux du géographe Christophe Guilluy sur les fractures françaises, fractures notamment identitaires. Un Patrick Buisson pertinent vu que ce sont ces thématiques qui ont permis à Nicolas Sarkozy d’être proche de la victoire lors de la dernière campagne présidentielle. Une réussite reconnue par  Christophe Guilluy lui-même.

    Cependant, les termes identitaires ont récemment mis sur le devant de la scène dans le cadre de l’élection pour la présidence de l’UMP. Ainsi dans un billet pour le site du Point, Philippe Tesson indique : « Du fait de la fracture qui la divise, fracture qui affecte même sa composante principale : l’UMP. On sait où passe cette ligne de fracture. Elle oppose une droite plus moderne, plus ouverte, à une droite plus conservatrice, plus identitaire. » Et ce pour expliquer la soi-disant fracture idéologique entre Jean-François Copé et François Fillon.

    Or, s’il est bien une droite qui peut sembler moderne et novatrice, c’est la droite identitaire, notamment parce que la démondialisation, le localisme sont de nouveaux paradigmes, bien plus pertinents que le « centrisme » dont François Fillon serait l’une des incarnations.

    La droite identitaire à la barre ?
    Mais ce n’est pas la première fois que Jean-François Copé serait censé incarner cette droite identitaire. Ainsi, lors du lancement de la campagne « Pas mon président », le journaliste de Marianne Joseph Macé-Scaron, sur twitter, tenta d’imposer le terme de #droiteidentitaire pour tout ce qui se situerait – à ses yeux –  «  trop à droite  »,  c’est-à-dire plus clairement dans une droite se voulant (ou se prétendant…) en rupture avec la « bienpensance multiculturaliste ».

    Ensuite, le politologue Gaël Brustier avait fait paraître le 21 novembre dernier une tribune dans le Monde titrée : « La droite identitaire à la barre ». Dans cette tribune, Gaël Brustier revient à la fois sur les thèmes mis en avant par Patrick Buisson mais aussi sur la stratégie suivie par Jean-François Copé.

    Puis, toujours pour le Monde, la blogueuse et journaliste Coralie Delaume, du collectif « gauche populaire », comparait droite identitaire et gauche « diversitaire » : « Droite identitaire et gauche “diversitaire” : mêmes armes, même combat ? »

    Cette « gauche populaire », très critique de la gauche « diversitaire » qu’est Terra Nova, prend au sérieux la dimension identitaire du combat politique et les nouveaux paradigmes qui en découlent. Ainsi, Laurent Bouvet, animateur de la « gauche populaire »,  est l’anti-Terra Nova par excellence et c’est en esprit libre qu’il avait répondu aux questions de Novopress sur son opposition au droit de vote des étrangers, voici quelques mois.

    Le 6 mai dernier (jour de la victoire de François Hollande), Laurent Bouvet livrait sur les réseaux sociaux son malaise quant aux drapeaux étrangers brandis un peu partout sur la Place de la Bastille, et plus encore sur l’absence manifeste de drapeaux tricolores. Un peu dur à avaler pour celui qui entend redonner à la gauche le sens de la Nation et de la République, et dénonce la dérive communautariste.

    Commentant la polémique, il s’effraie d’un affrontement entre « droite identitaire » et « gauche identitaire » (et l’on saisit bien que les deux ne défendraient pas la même identité…). Commentant l’émission de Frédéric Taddéi Ce soir ou jamais, il va même plus loin en affirmant que cet affrontement sera « l’un des clivages fondamentaux des temps à venir ».

    Trait d’union valabale et viable
    Si l’on constate que les éditorialistes et les chercheurs s’emparent aujourd’hui de ce concept – avec  leur propre définition qui ne prend pas complètement en compte la spécificité des Identitaires – l’utilisation de ces termes montre bien que la thématique identitaire est une thématique majeure de la politique. A tel point que l’on peut affirmer que si d’aventure une union des droites devait se réaliser entre une partie de l’UMP et le FN, le seul trait d’union viable et valable serait la droite identitaire.

    Arnaud Naudin, Novopress http://fr.novopress.info/

  • « L'Europe en dormition »

    Historien, directeur de La Nouvelle Revue d'Histoire, Dominique Venner publie un recueil d'entretiens, Le Choc de l'Histoire, dans lequel il fait le point sur son itinéraire et sa pensée, brossant notamment le tableau d'une Europe rongée par une crise morale.
    o L'Action Française 2000 – Vous vous définissez comme un « historien méditatif ». Qu'entendez-vous par cette formule ?
    o Dominique Venner – Ce qui m'étonne toujours, c'est à quel point on s'étonne peu. Surtout en matière historique. Et pourtant l'étonnement est la condition première de la pensée. Dans l'interprétation conventionnelle de l'Histoire, on décrit la succession des événements comme nécessaire ou évidente. Mais c'est faux. Il n'y a jamais rien de nécessaire ni d'évident. Tout est toujours suspendu à l'imprévu. Ni Richelieu, ni Mazarin, par exemple, ni César ou Octave, ni l'empereur chinois Shi Huangdi, le grand fondateur, n'étaient nécessaires ou programmés par la Providence. Les uns et les autres auraient pu ne pas exister ou disparaître avant l'oeuvre accomplie.
    Faits et imprévus
    Devant les faits et les imprévus historiques, je me pose les questions que l'histoire paresseuse ne pose pas, je médite. Exemple : Louis XIV était appelé le roi très chrétien. En dépit de quoi, il fit bâtir Versailles et son parc comme un hymne aux divinités du paganisme antique. Surprenant, non ? Et source de réflexions nouvelles sur les représentations du roi et sur la religion de son temps, sans rapport avec une histoire pieuse inventée au XIXe siècle. Restons un instant sur le Grand Roi, témoin de la révolution anglaise et de l'exécution de Charles Ier en janvier 1649. Etonnante révolution ! Au siècle suivant, Edmund Burke a pu opposer la Glorious Revolution de 1688 à la Révolution française de 1789. Pourquoi en Angleterre une « révolution conservatrice » et pourquoi en France une révolution destructrice ? Bonne question et cent réponses. Voilà de quoi méditer. Comme, par surcroît, je suis né dans une époque inquiétante pour un Français et un Européen, une époque qui a vu l'effondrement de notre ancienne puissance et la ruine de certitudes réputées éternelles, je médite en étudiant l'Histoire hors de toute convention. À l'exemple d'Ulysse, je crois que la pensée est un préalable à l'action. Je crois même qu'elle est action.
    o L'Europe est aujourd'hui « en dormition », écrivez-vous joliment. Pour quelles raisons ?
    o Quand je pense "Europe", je ne pense pas à des structures politiques ou technocratiques, je pense à notre civilisation multimillénaire, à notre identité, une certaine façon "européenne" de penser, de sentir et de vivre qui traverse le temps. Oui, l'Europe est entrée en "dormition" historique. Quand ? Dans la seconde moitié du XXe siècle, après les catastrophes que furent pour elle les deux guerres qui ont commencé en 1914 et se sont terminées en 1945. Quand s'ouvrit l'Exposition universelle de Paris, en 1900, l'Europe était le centre intellectuel et spirituel du monde. Elle dominait tout presque partout. Les États-Unis n'étaient encore qu'une puissance marginale.
    Un grand retournement
    Cinquante ans après, quel retournement ! Après Yalta, l'Europe exsangue était divisée entre les deux nouvelles puissances surgies du siècle de 1914, les États-Unis et l'URSS. Deux puissances messianiques qui voulaient imposer leur modèle : américanisme et communisme. J'ajoute que l'Europe n'a pas seulement perdu sa puissance et ses colonies, elle a plus encore perdu foi en elle-même, rongée par une crise morale et une culpabilisation dont il n'y a pas d'exemple. Elle est entrée en "dormition".
    o Vous vous montrez cependant optimiste quant à son réveil identitaire. Quelles sont donc, cette fois, les raisons d'espérer ?
    o Ces raisons tiennent d'abord au "choc de l'Histoire" que nous vivons sans le savoir. Ce "choc" annonce une rupture d'époque. Il a commencé avec l'implosion de l'URSS et du communisme en 1989. Simultanément, d'anciennes puissances et d'anciennes civilisations que l'on croyait mortes connaissaient une renaissance spectaculaire, la Chine, l'Inde, l'Islam (malgré ses divisions), l'Amérique du Sud, pour ne parler que de grandes entités. Au monde unipolaire voulu par la puissance du dollar, succède un monde multipolaire qui redonnera ses chances à l'Europe. Pourtant celle-ci est confrontée à un péril historique inédit et géant, l'immigration massive de populations portant en elles une autre civilisation. L'immigration de masse produit sur le sol européen un choc de civilisation qui pourrait être mortel. Mais, par un formidable imprévu historique, il pourrait aussi se révéler salvateur. De l'altérité représentée par les populations immigrées et leurs moeurs, leur traitement de la femme qui nous choque au plus profond, on voit naître une conscience nouvelle de l'identité que les Européens eurent rarement dans le passé. J'ajoute qu'en dépit de tous les périls, je crois aussi à la survie des qualités fondamentales d'énergie et d'innovation des Européens. Pour le moment, elles ne s'exercent pas en politique, c'est pourquoi on ne les voit pas.
    o En quoi les leçons de ces grands maîtres matinaux que furent Hésiode et Homère peuvent-elles être salutaires ?
    o Homère nous a légué à l'état pur les modèles d'une morphologie mentale spécifique, la nôtre, avant les corruptions d'influences contraires. Nous avons besoin de nous en imprégner pour renaître spirituellement, préalable aux autres formes de renaissance. Les conséquences du siècle de 1914 ont jeté les Français et les Européens dans un trouble immense. Rien n'y échappe. Ce trouble atteint aussi bien les Églises que les laïcs. C'est si vrai que l'on assiste à des tentatives de rapprochement apparemment stupéfiantes entre le sommet de l'Église et l'Islam immigré. Ces tentatives choquent à juste titre beaucoup de catholiques. Elles ne relèvent pas seulement du "devoir d'accueil" qu'invoque une pastorale de soumission, mais aussi d'une sorte de solidarité entre "croyants" monothéistes face à l'indifférence religieuse croissante de la société. C'est le sens explicite de rencontres comme celles d'Assise. Bref, quand le trouble est général, il faut en revenir au tout à fait pur, aux sources fondamentales de notre civilisation qui sont antérieures au christianisme, ainsi que l'a rappelé Benoît XVI à Ratisbonne. Il faut donc en revenir à Homère et aux fondements granitiques des poèmes fondateurs, la nature comme socle, l'excellence comme principe et la beauté comme horizon. C'est une vérité qu'avait fortement perçue Charles Maurras dès sa jeunesse.
    o Vous évoquez, non sans admiration, le « caractère intraitable » de Maurras. Le Martégal vous a-t-il influencé sur un plan intellectuel ?
    o Je n'ai jamais caché mon admiration pour le courage de Maurras face aux épreuves. Mais j'ai également été un lecteur attentif des ses écrits de jeunesse et un observateur de son évolution. J'ai lu encore récemment la correspondance entre Charles Maurras et l'abbé Penon (1883-1928), publiée chez Privat en 2008. Il s'agit d'un document de première main. On sait que l'abbé Penon, futur évêque de Moulins, avait été le précepteur puis le directeur de conscience du jeune Maurras. Il vit sa tâche compromise par l'évolution de son élève et l'autonomie inflexible de son esprit. L'abbé avait introduit le garçon à la connaissance des Lettres antiques, ce qui le détourna peu à peu du christianisme.
    Maurras et l'Église
    Le séjour du jeune Maurras à Athènes pour les premiers Jeux Olympiques de 1898 acheva cette évolution. Tout est résumé dans sa lettre du 28 juin 1896 que je peux vous citer : « Je reviens d'Athènes plus éloigné, plus ennemi du christianisme qu'auparavant. Croyez-moi, c'est là-bas qu'on vécu les hommes parfaits. » Après avoir évoqué Sophocle, Homère et Platon, le jeune Maurras conclut : « Je reviens d'Athènes en polythéiste tout pur. Ce qui était à l'état vague et confus dans ma pensée s'est précisé avec éclat. » Jusqu'à sa mort en 1928, l'abbé Penon tentera de faire revenir Maurras sur cette conversion. Il n'obtiendra que des concessions de pure forme mais aussi l'argument par lequel Maurras dira qu'à ses yeux l'Église catholique avait jadis corrigé par son principe d'ordre ce qu'il y avait de pernicieux dans le christianisme originel.
    o Vous êtes un adepte jüngerien du « recours aux forêts ». Y avez-vous trouvé la paix et-ou les moyens de préparer les guerres à venir ?
    o Avant de beaucoup écrire, Ernst Jünger avait commencé par vivre dans les tranchées de la Première Guerre mondiale certaines idées qu'il a émises par la suite. Jünger était authentifié par sa vie. Ce qui m'a fait prendre au sérieux ses écrits. J'ajoute que l'image du « recours aux forêts » éveille en moi un écho très fort. Je n'y vois pas une incitation à prendre le maquis, mais à découvrir la haute spiritualité portée par les arbres et la nature, ainsi que le disait Bernard de Clairvaux : « Tu trouveras plus dans les forêts que dans les livres. Les arbres t'enseigneront des choses qu'aucun maître ne te dira. » Preuve que vivait encore en lui la spiritualité de ses ancêtres francs et gaulois. C'est ce que j'appelle la tradition. Elle chemine en nous à notre insu.
    Propos recueillis par Louis Montarnal L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 3 au 16 novembre 2011
    ✓ D. Venner, Le Choc de l'Histoire, Via Romana, 179 pages, 20 euros.

  • L’UMP, l’huître et les plaideurs – par Yves-Marie Laulan

    Le bon Lafontaine l’avait déjà écrit bien avant nous.
    Un jour deux Pèlerins sur le sable rencontrent 
    Une Huître que le flot y venait d'apporter : 
    Ils l'avalent des yeux, du doigt ils se la montrent ; 
    À l'égard de la dent il fallut contester.
    L’huître, objet d’une convoitise acharnée, c’est évidemment  la présidence de l’UMP où les deux protagonistes voient, peut-être à tort d’ailleurs, l’antichambre de l’élection présidentielle. 
     Les plaideurs, chacun a reconnu les deux François, François Copé et François Fillon. On pourrait d’ailleurs appeler cet épisode charmant « la  guerre des deux François ».
    Quand à Georges Dandin, mon Dieu,  comment ne pas le distinguer  sous les traits  d’Alain Juppé, né malin, rusé, madré. Il espère  bien, en fin de compte, empocher, tout ou tard la mise, grâce à une affaire qui le place enfin, le destin est miséricordieux, après tant d’avanies, en position d’arbitre, de vieux Sage, de Gourou même au sein de l’UMP. 
    Pendant tout ce bel incident, 
    Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge. 
    Perrin fort gravement ouvre l'Huître, et la gruge.
    Il est loin le personnage d’il y a 15 ans, Monsieur « droit dans ses bottes », maigre et sec portant beau. Nourri  au bon vin de Bordeaux, sa taille s’est épaissie, son visage empâté. Il ressemble enfin, et pour notre  plus grand bonheur, à un radical socialiste  bien rassurant, natif de notre bonne vieille région d’Aquitaine (foie gras, magret de canard, et armagnac).
    À ceci  près qu’il a courageusement refusé de se présenter aux élections législatives, pour mieux préserver ses chances aux municipales, sans doute parce que les sondages ne le donnaient pas gagnant. Ce courage politique le désigne tout naturellement pour conduire l’UMP, enfin rassemblée sous sa houlette,  à la victoire en 2017. 
    Reste nos deux gaillards qui risquent fort de faire les frais de cette aventure et de rester piteusement sur le carreau.
    Ce repas fait, il dit d'un ton de Président : 
    Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille 
    Sans dépens, et qu'en paix chacun chez soi s'en aille. 
    Vous voyez: tout y est.
    Entre les deux plaideurs, mon cœur balance.  Entre Copé, teigneux, accrocheur et parfois arrogant et Fillon, doux, gentil, avenant, comment choisir ?
    En fait, il n’y a pas la moindre  divergence politique entre ces deux personnages. Simplement un conflit entre deux ambitions et deux tempéraments. Mais voilà. Faut-il, pour mener un jour l’UMP à la bataille,  un guerrier, un combattant,  parfois insupportable, mais n’hésitant jamais à prendre des coups, et à en donner ? 
    Ou faut-il préférer une personnalité  bien sympathique, mais un peu molle,  une sorte d’édredon politique en  quelque sorte, bien décidée en tous cas  à ne prendre aucun risque politique. On dit même qu’il aurait décidé de ne pas se présenter à la Mairie de Paris » de peur de se faire battre. Du Juppé tout cru ! Après tout, il a été pendant  5 ans le Sancho Pansa de Nicolas Sarkozy et avalé un nombre incalculable de couleuvres. Il  aurait quand même pu en avaler une de plus de bonne grâce.
    Ce qui surprend un peu est sa réaction un peu rageuse, capricieuse, quasi féminine  pourrait-on dire, à son échec aux primaires. Une fois il veut rafler la présidence ; le coup d’après, il n’en veut plus, mais à condition que son rival ne s’en empare pas. Un comportement de   « mauvais  perdant » qui augure mal de ce de ce qu’il  pourrait faire à la tête  d’un grand parti.
    Quand un grand quotidien du  soir s’attriste, la larme à l’œil, de voir l’UMP se déchirer à belle dents, il faut y voir, bien au contraire, une manifestation de la belle santé rageuse d’un grand parti qui ne veut pas mourir encore. Après tout, à quoi nous a conduit l’unanimité servile bien rangée derrière Nicolas Sarkozy ? À l’échec. De cette furieuse empoignade sortiront, peut-être, les germes d’une belle victoire de la droite dans 5 ans.

    Quant aux « cicatrices » dont on parle tant, dans quelque mois, une année au plus, on n’y pensera plus. « Une nuit de Paris aura effacé tout cela ». C’est ça la politique.

    http://www.francepresseinfos.com/

  • Les conséquences de la loi Taubira, par Bernard Lugan

     L’on croyait avoir tout vu à propos de la repentance ! Or, au moment où, à Gorée, François Hollande se couvrait la tête de cendres (voir mon communiqué du 12 octobre), le cabinet du Premier ministre français reconnaissait qu’il avait été demandé à un « collectif » d’associations de « faire des propositions sur ce qui peut être fait en termes de réparations ». Rien de moins ! Français, à vos portefeuilles…

    Peut-être pourrait-on suggérer à Monsieur le Premier ministre de mettre particulièrement à contribution les habitants de sa bonne ville de Nantes, elle qui fut une capitale de la Traite et dont les électeurs apportent régulièrement leurs suffrages au parti socialiste…

    La question des réparations est régulièrement posée depuis que, sous un Président de « droite » et un Premier ministre de gauche, les députés votèrent à l’unanimité et en première lecture, la loi dite « Taubira », loi qui fut définitivement adoptée le 10 mai 2001.

    Jacques Chirac décida ensuite que ce même 10 mai, serait désormais célébrée la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Cette décision plus qu’insolite rompait avec une sage pratique voulant, sauf exception, que des dates du passé soient toujours choisies pour célébrer les évènements historiques. Or, avec le 10 mai, ce fut une date du présent qui allait permettre de commémorer des évènements du passé.

    Pourquoi ne pas avoir choisi le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France (27 avril 1848) pour célébrer cette « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » ? L’air du temps y fut naturellement pour quelque chose…

    Il est d’ailleurs proprement stupéfiant de devoir constater que, littéralement couchés devant le politiquement correct, tous les députés de « droite », je dis bien TOUS, votèrent cette loi qui ne dénonce pourtant qu’une seule Traite esclavagiste, celle qui fut pratiquée par les seuls Européens, loi qui passe sous silence le rôle des royaumes esclavagistes africains et la traite arabo-musulmane. L’ethno-masochisme de nos « élites » semble sans limites !

    Quelques années plus tard, Christiane Taubira a osé déclarer qu’il ne fallait pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes » (L’Express du 4 mai 2006) !

    L’énormité de la demande concernant les réparations est telle que le gouvernement va nécessairement devoir clarifier sa position. Il est même condamné à le faire devant l’impopularité et l’incongruité d’une telle démarche. Mais, harcelé par les groupes de pression qui constituent son noyau électoral, il va devoir donner des compensations « morales » aux « associations » concernées. Nous pouvons donc nous attendre à une nouvelle rafale de mesures de repentance.

    Voilà comment l’histoire est violée et comment le totalitarisme liberticide se met en place. Lentement, insidieusement, mais sûrement.

    Bernard Lugan 14/10/12 via http://www.reseau-identites.org/