
À la suite de la défection du prince allemand, Prim se tourne vers Amédée de Savoie, fils cadet de Victor-Emmanuel II d’Italie. Ce prince de vingt-cinq ans semble suffisamment âgé pour ne pas paraître tenir le rôle d’un enfant roi à la discrétion de la junte et cependant assez jeune pour laisser à celle-ci les coudées franches. Il présente également l’avantage d’être franc-maçon, comme la plupart des membres du gouvernement et des députés libéraux espagnols du moment. Enfin il incarne la modernité de la jeune Italie unifiée. Le 16 novembre 1870, les Cortès élisent donc Amédée par 191 voix, contre 60 à la République, 27 au duc de Montpensier, qui conserve encore quelques partisans, aucun à Don Carlos. Ses partisans ont voté blanc plutôt que de subir une défaite humiliante dans les urnes : un roi légitime ne concourt pas avec des rois de rencontre.




