culture et histoire - Page 938
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L'ombre d'un doute - Le Louvre, palais du pouvoir
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Deux aéroports pour la réunification bretonne ?
L'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes pourrait bien avoir des conséquences inattendues sur l'organisation territoriale de l'Ouest de la France et en finir avec une injustice historique pour la Bretagne, et il n'est pas impossible que le président actuel et son gouvernement y aient aussi pensé, dans une perspective de long terme et pour, là aussi, refermer un dossier vieux de... plus de deux siècles !
En effet, l'annonce de l'aménagement de l'aéroport de Nantes-Atlantique couplé avec celui de Rennes-Saint-Jacques de la Lande peut aussi être interprétée comme la nécessité reconnue par le gouvernement de former une sorte de duopole aéroportuaire avec les deux villes « capitales » de la Bretagne historique, ducale et parlementaire. Et si cela pouvait constituer l'ébauche d'une politique véritablement conjointe des deux grandes villes, concernée l'une et l'autre par une augmentation similaire et continue de la population avec l'arrivée de personnes, souvent jeunes et appartenant aux classes moyennes, issues de la Région parisienne, et participant de la même logique socio-culturelle, et par des enjeux communs d'aménagement du territoire ?

Resserrer les liens entre les deux villes (et avec l'appoint des autres cités de Bretagne, qui ne doivent pas être négligées), elles-mêmes reliées au cœur actif de la France par les lignes ferroviaires à grande vitesse (ce qui fait de la Bretagne une sorte de « banlieue » de Paris, sans la mauvaise réputation qui colle parfois à ce terme...), est le meilleur moyen de recréer une forte communauté d'intérêts et, pourquoi pas, de renforcer la notion d'appartenance à un même ensemble « régional » d'origine historique, ce que certains nomment « la nation bretonne », forte et belle formule qui ne fait pas peur au royaliste fédéraliste que je suis. L'occasion est belle de réactiver une forme d'identité bretonne autour du patrimoine commun et complémentaire des deux grandes cités, et, en somme, de préparer, pour les années prochaines, une « logique » réunification bretonne. Encore faudra-t-il que les « barons » nantais, défenseurs des artificiels Pays de la Loire, comprennent et acceptent cette opportunité dont certains craindront les conséquences pour leurs pouvoirs féodaux... La République a plus renforcé les féodalités depuis les années Defferre et ses lois de décentralisation que les provinces et leurs libertés légitimes, et cela constitue, il est vrai, un risque politique à ne pas méconnaître ou sous-estimer !
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Lu dans Boulevard Voltaire • 21 janvier 1793 : Louis XVI avait raison

Une petite plaque apposée sur un immeuble du 52, rue Beauregard, dans le deuxième arrondissement de Paris vient rappeler que, le matin du 21 janvier 1793, le baron Jean-Pierre de Batz, aidé de quelques amis proches, a tenté de faire évader, sans succès, le roi Louis XVI condamné à mort, quelques jours auparavant (15 janvier) par la majorité des 749 députés de la Convention. Ce jour-là, après un procès d’une quinzaine de jours, du 10 au 26 décembre 1792, les représentants du peuple de la République naissante votent en quelques heures la mort de « Louis Capet ». Quatre questions leur sont posées :– Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d’attentats contre la sûreté générale de l’État ?
– Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-il soumis à la ratification du peuple ?
– Quelle peine sera infligée à Louis ?
– Y aura-t-il un sursis à l’exécution du jugement de Louis Capet ?
À la première question, les 673 députés présents répondent oui. À la deuxième, 286 ont voté oui et 423 non sur 710 présents. À la troisième, sur 722 présents, 361 ont voté la mort sans condition tandis que les autres se sont prononcés pour d’autres peines : détention pendant la guerre et bannissement à la paix, réclusion à perpétuité, déportation, etc. À la quatrième, une autre majorité se dégage : 380 non pour 310 oui. Le sort en est jeté. Louis XVI va mourir sous les bois de justice.
Le dimanche 21 janvier 1793, le monarque se lève vers 5 heures. Il se confesse une dernière fois vers 7 heures auprès de l’abbé Edgeworth de Firmont (1745-1807) et entend l’installation bruyante du détachement de la Garde nationale.
Le dispositif est renforcé depuis l’assassinat, la veille, de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau (1760-1793). Ce dernier, ancêtre commun de Jean d’Ormesson et du député Charles de Courson, avait voté la mort du roi. Il meurt le 20 janvier sous le sabre d’un ancien garde du roi : Philippe de Pâris. C’est cet impressionnant dispositif qui contrarie les plans du baron de Batz. Seule une poignée de royalistes tente d’enlever le roi sur la route de l’échafaud *, dans le quartier Bonne-Nouvelle, vers la rue de Cléry. Plusieurs tombent. Jean-Pierre de Batz (1754-1822) parvient à s’échapper. Le sinistre cortège poursuit sa route.
Sur l’échafaud, le courage du roi impressionne la foule : « Messieurs, je suis innocent de tout ce dont on m’inculpe ; je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Français », parvient à lancer Louis XVI. A 10 h 22, le roi de France expire sous le couperet de la guillotine. Robespierre peut jubiler : « Louis doit mourir parce qu’il faut que la patrie vive », avait-il dit. Le bourreau, Charles-Henri Sanson, dans un témoignage écrit de février 1793, relate : « Je reste très convaincu qu’il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion, dont personne ne paraissait plus pénétré et plus persuadé que lui. »
En ce 225e anniversaire de sa disparition, laissons les derniers mots au monarque martyr : « Je mourrai sans crainte. Je voudrais que ma mort fît le bonheur des Français et pût écarter les malheurs que je prévois, le peuple livré à l’anarchie, devenu la victime de toutes les factions, les crimes se succédant, de longues dissensions déchirant la France. »
* Les historiens restent dubitatifs sur la réalité de cette opération car ils ne retrouvent aucun procès-verbal sur cette tentative. Reste que quelques royalistes ont été tués sur le parcours entre la prison du Temple et la place de la Révolution, aujourd’hui appelée place de la Concorde. -
Sortie d'un nouveau journal de droite : Recomposition (à droite ?)
Mediapart annonce la sortie d'un semestriel :
"Recomposition. Le titre du semestriel que s’apprête à lancer Alexandre Devecchio, le journaliste du très droitier FigaroVox, pouvait difficilement être plus explicite. Six mois après l’élection d’Emmanuel Macron, alors que les partis traditionnels sont au tapis, les grandes manœuvres de recomposition à droite, encore embryonnaires dans les formations traditionnelles, commencent à prendre corps dans le paysage médiatique.« Après les cuisantes défaites électorales fillonistes et frontistes, il est évident que personne n’a d'espoir politique à court terme de ce côté-là. Tout le monde essaie donc de travailler sur des idées et sur le fond, à travers les médias notamment », analyse Jacques de Guillebon, directeur de la rédaction de L’Incorrect, le mensuel « des droites » lancé à la rentrée par des proches de Marion Maréchal-Le Pen. « Le renouvellement ne passe plus par les partis, ça se joue ailleurs », estime pour sa part le fondateur de TV Libertés, Martial Bild. Un certain paysage médiatique semble revigoré par l’éclatement des lignes partisanes habituelles.
[...] Au Centre de formation des journalistes (CFJ), Alexandre Devecchio affirme avoir côtoyé « des étudiants qui avaient une vision avant tout technique du métier, pas franchement passionnés par le débat d’idées. D’ailleurs, il y avait une totale uniformité idéologique », assène-t-il. [...]
À Recomposition, Alexandre Devecchio espère faire vivre un débat d’idées forcément bousculé par la nouvelle ère Macron. « L’idée est de faire une version du Débat au XXIe siècle avec des longs formats, plus arides aussi peut-être que dans le FigaroVox. » Ce semestriel qui devrait sortir son premier numéro au mois de mai, pour le premier anniversaire de la présidence Macron, souhaite accueillir dans ses colonnes des intellectuels étrangers. « Il se passe des choses intéressantes en Europe centrale, aux États-Unis. On voit que tout bouge et que les repères sont en train d’évoluer », explique le jeune journaliste. L’ultra-droitier sociologue canadien Mathieu Bock-Côté, pourfendeur du multiculturalisme, assurera la rédaction en chef de la revue. Preuve que « tout bouge», le vallsiste Laurent Bouvet, figure du Printemps républicain et probable membre du « Conseil des sages de la laïcité », sera l’un des contributeurs de la revue aux côtés du politologue Jérôme Sainte-Marie et du journaliste de France Culture Brice Couturier. [...]
Martial Bild est beaucoup plus optimiste. « Je crois que c’est fait. La bataille culturelle serait gagnée par la droite si on arrêtait les soins palliatifs pour la gauche. » Autrement dit, si les mécènes cessaient de maintenir sous respirateur artificiel les grands groupes de l'audiovisuel public ou Canal+. « On est en train de clore Mai-68 », se félicite le chef de TV Libertés. 2018, année de la révolution conservatrice ?"
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Zoom : Polémique sur TVL avec les Guerres de Vendée
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Secrets d'histoire - Talleyrand : le diable boiteux (intégrale)
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Olivier Levasseur - La Buse
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Règlement de conte
Georges Feltin-Tracol
A-t-on atteint les limites de la sottise humaine ou bien celle-ci est-elle illimitée ? L’affaire Harvey Weinstein n’a fait qu’accélérer la diffusion du venin gynocratique dans toutes les sociétés occidentales ultra-modernes, en particulier chez les Anglo-Saxons. Ses répercussions quotidiennes auraient ravi Pierre Gripari qui publiait en 1982 une Patrouille du conte. L’histoire raconte le travail d’agents qui rectifient les contes dans un sens politiquement correct. L’Ogre du Petit Poucet devient ainsi végétarien.
À la fin du mois de novembre 2017, une mère de famille, Sarah Hall, de Newcastle en Grande-Bretagne s’indigne de la scolarité de son fils de 6 ans. Y a-t-il trop de professeurs absents ? Sont-ils trop sévères ou bien trop laxistes ? La nourriture est-elle mauvaise à la cantine ? Non, ses griefs sont bien plus graves. Cette Sarah Hall se scandalise que son fils apprenne en classe le conte de La Belle au bois dormant, un bel exemple selon elle de harcèlement sexuel. En effet, le baiser que donne le Prince charmant à la belle endormie afin de la réveiller soulève le problème du consentement.
Plus généralement, des féministes hystériques condamnent maintenant les héroïnes de conte parce qu’elles sont blanches, passives (sic), minces et hétérosexuelles. Ces malades préféreraient que Blanche-Neige se mette en couple avec Gretel et aient plein d’enfants grâce à la GPA. Ce délire atteint aussi l’opéra. En Italie, la fin tragique de Carmen vient d’être modifiée. Elle ne meurt plus (triste exemple de « féminicide »), mais tue Don José, ce qui est une apologie de la violence faite aux hommes et par conséquent une incitation à commettre un homicide ! Mais bon ! passons, voulez-vous ? On attend avec impatience d’autres changements. La Grand-Mère du Petit Poucet n’est plus avalée par le Loup, horrible acte de spécisme, mais se marie avec lui !
Un révisionnisme sordide s’insinue dans nos esprits. Il importe de le rejeter par toutes nos forces. Il est inacceptable que le patrimoine littéraire de notre civilisation européenne soit ainsi édulcoré, violé, profané. Sinon pourquoi ne pas inciter le Prince charmant à épouser la Belle au bois dormant, Blanche-Neige et Cendrillon en même temps ?
Bonjour chez vous !
• « Chronique hebdomadaire du Village planétaire », n°62, diffusée sur Radio-Libertés, le 19 janvier 2018.
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Jean-Philippe Chauvin : Retour sur l’insurrection royaliste à Paris.
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Le Pen, les Mémoires : l'entretien avec Guillaume de Thieulloy, son éditeur, publié dans Présent
C’est aux éditions Muller que Jean-Marie Le Pen publie ses Mémoires à paraître le 1er mars, extrêmement attendus et juste avant un congrès où le Front national changera peut-être de nom. A la tête de Muller, quelqu’un que l’on ne présente plus : Guillaume de Thieulloy, le directeur de publication du Salon beige, de Nouvelles de France, de l’Observatoire de la christianophobie et des 4 Vérités. Il a fallu le torturer car le secret est bien gardé, mais nous sommes arrivés à en savoir un peu plus.
Comment avez-vous réussi ce gros coup d’édition ? Tous les éditeurs parisiens devaient être sur les rangs ?
C’est aussi ce que j’aurais pensé spontanément. Mais manifestement, ce n’était pas le cas. Autant que je sache, Jean-Marie Le Pen et son entourage se sont heurtés à plusieurs refus. Ce qui est certain, c’est que ce gros coup m’est « tombé dessus », sans que je l’aie cherché. Mais je ne vais pas jouer les saintes nitouches, j’avoue que cela m’a bien plu de faire un peu la nique à des confrères plus prestigieux que moi.
Quand doit sortir le premier tome ? A combien d’exemplaires doit-il être diffusé ? Combien prévoyez-vous de volumes et concernant quelles époques ?
Le premier tome doit sortir début mars. A priori, la mise en place en librairie devrait être de l’ordre de 40 000 exemplaires. Ce premier tome couvre la période qui va jusqu’en 1972, date de la fondation du Front national (NDLR : Marine Le Pen avait quatre ans). Je n’ai pas encore vu le deuxième tome, mais je dois avouer que ce premier m’a semblé presque plus intéressant que les récits de combats politiques qui vont suivre : l’enfance d’un pupille de la nation, la Résistance, la décolonisation, la Corpo de droit et le poujadisme, les combats pour l’Algérie française, la campagne de Tixier-Vignancour, Mai 68… Tout cela fait un demi-siècle de vie française contemporaine vue par un acteur de premier plan. Franchement, je ne comprends pas qu’il ne se soit pas trouvé un seul « grand éditeur » pour publier ce livre.
Quelle anecdote vous a le plus marqué ?
Je ne voudrais pas déflorer le contenu, mais, pour moi, la plus grande surprise a été de lire le récit de l’enfance d’un fils, puis d’un orphelin de marin pêcheur. On a peine à imaginer qu’il y a 80 ans, des Français vivaient dans de telles conditions. Je ne dis pas cela pour faire pleurer dans les chaumières, mais cela relativise un tantinet l’image, complaisamment colportée par certains médias, du milliardaire exploitant cyniquement la misère du « populo »… Je ne suis pas sûr qu’il y ait beaucoup d’hommes politiques qui aient une telle expérience de la vie dudit « populo ».
On sait que la parole de Jean-Marie Le Pen est très libre. Avez-vous posé certaines limites en tant qu’éditeur ?
Non, les seules limites que j’avais fixées – mais qui n’ont posé aucun problème – étaient les limites de la loi. Pour le reste, je suis suffisamment attaché à ma liberté pour laisser aux autres leur propre liberté et, naturellement, la responsabilité de ce qu’ils écrivent !
Avec le recul du temps, est-ce que Jean-Marie Le Pen a pris des distances avec ces « bons mots » qui ont parfois été contre-productifs pour le combat de ses idées ?Nous n’en avons pas parlé. Et ce premier volume s’arrête précisément à la fondation du FN, donc bien avant les fameux « bons mots ». Comme beaucoup d’amis de Présent (je pense, en particulier, à Bernard Antony), je ne suis pas de ceux qui trouvaient que ces mots étaient particulièrement bons. Quant à savoir quel rôle ils ont joué dans la progression des idées de Jean-Marie Le Pen, j’avoue que je serais bien incapable de le dire, même s’il est bien évident qu’ils ont été utilisés pour « diaboliser » et pour installer ce « cordon sanitaire » qui permet à la gauche – alliée, rappelons-le, aux communistes aux cent millions de morts depuis 1917 ! – de gouverner la France, alors que cette dernière est majoritairement à droite. Ceci étant, j’ai l’impression qu’avec ou sans « bons mots », le machiavélique Mitterrand aurait trouvé le moyen de mettre ce coin entre la « droite parlementaire » et la « droite nationale ».
Est-ce que la mémoire de Jean-Marie Le Pen est aussi performante que celle de Trump selon ses derniers examens médicaux ?
Je ne saurais mieux vous répondre qu’en vous invitant à lire ce premier tome : vous verrez un homme politique qui a traversé des décennies de combats de toute sorte et qui en parle avec force détails, et dans une langue magnifique. J’imagine qu’il s’est aidé de notes et sans doute du souvenir de ses proches, mais le résultat fait honneur à sa mémoire ! Je laisse les médecins faire un bilan de santé comparé de Trump et Le Pen ; moi, je me contente de lire les deux – bien que leurs styles respectifs soient aussi différents que l’imparfait du subjonctif est éloigné du langage des « twittonautes » – avec l’admiration d’un simple observateur pour des acteurs à la carrière si bien remplie…
Propos recueillis par Caroline Parmentier
Article paru dans Présent daté du samedi 20 janvier 2018

