
Par Pierre Boisguilbert, journaliste spécialiste des médias et chroniqueur de politique étrangère ♦ « Elle ferait sans doute mieux de célébrer Napoléon que de flagorner de Gaulle. » Cette réflexion est assez révélatrice du dilemme de la présidente du Rassemblement national et de sa stratégie. Comment se dédiaboliser sans se confondre avec les autres ? Tout le monde étant devenu gaulliste, cela ne sert à rien de dire qu’on l’est aussi. Reconnaitre que Napoléon est le français le plus célèbre de l’histoire et un grand homme est devenu plus difficile face aux minorités dominantes. Quand on réfléchit sur la stratégie du RN, on pense bien sûr au syndrome italien et à la disparition de l’Alliance Nationale de Fini. A force de rejeter ses origines politiques, il a été avalé par les marais gluants de la partitocratie italienne accouchée sur les décombres du fascisme. Certes, l’époque a changé. Et l’on verra bien si Matteo Salvini va réussir là où Fini a échoué. Marine va sans doute surveiller de très près l’avenir du patron de La Ligue.







