Le rapport avec l'Allemagne est toujours trouble et maintenant on peut même dire qu'il est politisé : aimer l'Allemagne (ou ne pas l'aimer) devient une opinion politique.
Cette relation est toujours individuelle. Et nous allons partir de là pour généraliser après.
J'avais un oncle qui avait épousé celle qui allait devenir ma tante par alliance dont les parents résistants étaient morts en déportation. Son père, directeur de la prison de Tours, était chef d'un réseau de résistance. Ma tante par alliance avait aussi été déportée pendant deux ans et parfois elle nous montrait à mes frères et à moi encore enfants ses mains déformées par les coups que lui avaient donnés les gardiens S.S.
Lorsqu'elle nous parlait des "boches", c'était pour nous dire : « Si un jour je vois un "boche" me demander à boire, je le laisserai crever dans le caniveau ». Tout ceci pour dire que je n'ai pas été éduqué dans l'admiration de l'Allemagne ou ne serait-ce que dans un esprit de réconciliation.
Ma tante m'avait prêté des kilos de livres et de documentation sur les camps et encore très jeune je n'avais plus grand chose à apprendre sur ces questions. Je lui disais que les officiers S.S. avaient fière allure dans leur uniforme noir. Cela ne la choquait pas trop car elle disait souvent que les femmes S.S. étaient encore plus sadiques que les hommes.
Mon opinion sur l'Allemagne a commencé à changer lorsque j'ai vu le film et lu le livre Koenigsmark de Pierre Benoît. Je découvrais une Allemagne sans camps de concentration mais peuplée de châteaux et de belles princesses aux longs cheveux blonds qui leur recouvraient tout le dos.
Par la suite, étudiant à Paris, connaissant beaucoup de jeunes allemandes, j'ai pratiqué la réconciliation, j'ai beaucoup pardonné même si personnellement je n'avais rien à pardonner.
Toutes les opinions familiales ne m'empêchaient pas d'aller m'enquérir des avis des uns et des autres. Les aléas de la vie m'avaient fait connaître un ancien Waffen S.S. français qui avait donc accepté de risquer de se faire trouer la peau pour l'Allemagne, ce pays représentant l'Europe selon lui. Il avait appartenu non à la division Charlemagne mais à la Brandebourg, s'y trouvant le seul Français. Dans les commandos il avait fini aspirant S.S. à vingt ans (en 45). Il avait appris à ramper sous tous les chars et l'entraînement ne se faisait qu'à balles réelles. Il s'est retrouvé à combattre sur le front de l'Est les pieds gelés dans la neige ; blessé, en sortant de l'hôpital, il fut envoyé dans les commandos de Skorzeny pour participer à la contre-offensive des Ardennes contre les Anglais et les Américains. La guerre se termina pour lui en allant tirer ses dernières cartouches sur les Yougos en Italie du nord en donnant un coup de mains aux Italiens. Condamné à mort, bien qu'il n'ait pas fait couler le sang français, il s'engagea dans la Légion étrangère pour crapahuter dans les rizières durant toute la guerre d'Indochine. Il participa bien sûr à l'expédition de Suez pour ensuite faire toute la guerre d'Algérie comme commando ou paracommando dans les Aurès. Bref, un chien de guerre, vingt-cinq ans à vivre sous la guitoune, la mitraillette à portée de main. Il avait la réputation d'avoir fait pas mal de dégâts dans le camp adverse.
Doté d'un physique de chéri-bibi, on entendait parfois de sa bouche les propos racistes les plus durs pour ensuite défendre mordicus que les soldats de couleur qui avaient servi dans l'armée française étaient Français par le sang versé. Ce n'était pas les propos d'un nazi pur sucre pour qui l'armée française débarquant en Provence n'était qu'un amas « d'arabes et de nègres venus combattre l'homme blanc représenté par l'Allemagne ». Il avait terminé sa carrière comme officier supérieur de l'armée française.
Se trouvant en Allemagne à Ulm au moment des bombardements, toute la campagne alentour tremblait sous le déluge de bombes des forteresses volantes américaines. Cette ville qui a été un joyau médiéval est devenue un ensemble d'H.L.M. digne des banlieues nord de Paris.
Son engagement m'a "interpellé" pour écrire comme un vulgaire intellectuel d'arrière-cuisine de la rive gauche. L'Allemagne était plus que l'Allemagne et d'ailleurs toute l'Europe a été peuplée démographiquement en partie par les Germains. Les Anglais (Angles, Saxons, Jutes ... ) sont un sous-produit de la Germanie de même que les États Unis dans leur majorité. La diaspora germanique se trouve aussi en Amérique du Sud.
Être contre un pays qui a tant apporté au reste du monde sur le plan intellectuel et artistique me semblait être un contresens même s'il nous a fait momentanément souffrir. Vouloir le diminuer est se diminuer soi-même.
Un slogan soixante-huitard était éructé sur les pavés de Paris : « Nous sommes tous des juifs allemands » formule que je n'ai jamais vraiment ressentie au fond de moi-même.
Ce qui me semble maintenant une évidence, c'est que nous Français et Gaulois nous sommes tous un peu Germains.
Patrice GROS-SUAUDEAU sept 2003
Europe et Union européenne - Page 1136
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FAUT-IL AIMER L'ALLEMAGNE ?
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Belgique, où es-tu ?
Carrefour séculaire, la Belgique est devenue ce trou noir occidental, un trou noir plutôt rose, rose étasunien, rose comme ses ballets, rose comme la "gôche", le "pink-state" ex-gaulois s'est déguisé en folle et nous casse les biscottes.
Trou noir, parce que Bruxelles avale tout, elle avale toute la propagande accentuée "patate-dans-la-bouche" des aristocrates "Tex-mex", rêve de chapeau de cow-boy, d'ailleurs, dans le Hainaut (Wallonie), et plus particulièrement dans le "Borinage" (Mons), la culture résistante des charbonnages est assaillie d'Églises protestantes, de clubs de danse "Country", d'exhibitions de "Monster Trucks" et de galas de "Catch", non, ça n'est pas une mauvaise blague belge, c'est le quotidien bariolé de votre serviteur, 40 ans de PS et de "Culture jamming" , ça se paie en culture du nivellement par le bas Monsieur !
Bref, la Belgique, en tant que laboratoire du "Fétichisme de la marchandise" devrait produire son lot de "dissidence", mais cet équilibre nécessaire, ne nous leurrons pas, au bon fonctionnement de la matrice n'est même pas respecté au pays de Tintin, le logiciel est vicié, aucun nuage dans cette horizon bleu Magritte pour les dirigeants belges du "Vanillia sky" et les affairistes mondialistes de l' "Américan psycho" de passage dans les hôtels bruxellois... Pour un pays où la pluie est une coutume, c'est là encore un surréalisme belge. Ici devrait s'exprimer un orage de radicalité. Milou devrait se transformer en loup. Mais les revenus alcooliques aidant à l'asociabilité empêchent sans doute la révolte des Hobbits, devenus des golems individualistes... Finalement, la question de, explosion ou implosion de l'illusion ?, importe peu, car nous, nous percevons des failles dans le rideau du spectacle de la marchandise et nous y voyons la Nuit...
La dissidence du plat pays se limite aux discours de l'honorable universitaire Jean Bricmont et aux indignations du notable stalinien Michel Collon. Ni négligeables, ni méprisables, mais qui restent sur le terrain du "Que Faire ?" dans le cadre uniformisant de La disputation interne sur la gestion du Libéralisme triomphant entre progressistes, exit la radicalité et la Tradition.
Dissident, où es-tu ?En attendant la formation effective et opérative d'un Mouvement Eurasiste Belge - et plus largement francophone et européen -, j'exhorte et me permets de conseillers à mes compatriotes de se rapprocher - de préférence - de "La Dissidence Française" - "les résistants à l'empire" - où une antenne "Belgique" peut être fondée, l'antenne Nord-Pas-De-Calais pouvant être une option pour les frontaliers.
Nos camarades du "M.A.S" - qui "s’affirme comme un centre de radicalité dynamique composé d’hommes et de femmes libres, fiers de leurs racines, amoureux de leur terre et au service de leur peuple" - sont également actifs pour le Hainaut côté France.
Nous savons qu'une antenne d' "Égalité et Réconciliation" - "gauche du travail, droite des valeurs" - existe aussi pour le Nord-Pas-De-Calais.
Il ne vous est pas demandé de vous "encarter" mais de vous intéresser, de dialoguer avec ces mouvements, où un de ces mouvements selon vos sensibilités, et éventuellement de participer à leurs événements, leurs conférences; ainsi qu'il est possible de nous contacter pour nous aider à développer "L'Heure Asie"...
L' Eurasisme - ou De la construction philosophique d'une théorie politique autre que le communisme et le fascisme pour regarder le "Libéralisme triomphant" dans les yeux -, sujet d' "avant-garde" dans la dissidence elle-même, qui participe à la réflexion sur ce fameux "Que faire ?", n'interfère pas avec l'idée de dissidence mais l'enrichit, elle est une étape sans doute supérieure dans cette réflexion. Il s'agit donc de ne pas mettre la charia avant l'hébreu et de remplir des objectifs simples, modestes, mais respectables et abordables, et surtout, sur le terrain du réel...
Nous, Hobbits, avons un rôle à jouer puisque le grand œil sovietoïde de l'UE est sur notre terre, saurons-nous nous redresser, délaisser la bière et l' herbe-à-pipe un moment pour affronter notre destin ?
"La seule chose que l'on puisse décider est quoi faire du temps qui nous est imparti." JRR Tolkien - extrait du "Seigneur des anneaux"Source: L'Heure Asie
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« L’Europe ne veut plus de ses jeunes »
“Je n’ai plus d’espoir”. Qu’ils s’appellent Javier, Vasilis ou Sarah, qu’ils soient espagnols, grecs ou allemands, le sentiment de résignation est partout le même. Alors que le taux de chômage des jeunes Européens varie de 8,1 % en Allemagne à 59,2 % en Grèce, installant une moyenne de 22,6 % dans l’Union européenne, ce sont les mêmes mots qui reviennent.
“Le futur n’attend que toi : il est brillant, il t’appartient. Tu as un diplôme ! Tu auras un bon travail, une vie agréable, ironise le Grec Argyro Paraskeva, 29 ans, dans un appel à témoignages publié par le Guardian et relayé par Le Monde. Et puis là, tu te rends compte que ce n’est pas vrai.“Multiples diplômes, chômage long et pas de première expérience
Argyro dénonce une situation désespérée : titulaire d’un master en biologie moléculaire, il n’a pas trouvé d’emploi fixe cinq ans après l’obtention de son diplôme. Sans expérience, il ne bénéficie pas des aides de l’État et dépend ainsi des 30 euros que lui donnent ses parents chaque semaine. Et le cercle vicieux ne s’arrête pas là : sans premier emploi, au chômage de longue date, il lui est quasi impossible de trouver un travail dans le domaine qui l’intéresse. “J’accepterai n’importe quel travail maintenant, je n’ai plus le choix”, dit-il.>> Lire : Les jeunes, victimes surexposées du chômage
Même constat pour Javier, 28 ans, et Nerea, 21 ans, tous deux espagnols, qui dénoncent les attentes surréalistes des employeurs. Javier, bardé de deux masters et d’un doctorat spécialisé dans l’agriculture de précision, est trop diplômé pour travailler comme vendeur. Nerea manque d’expérience pour être embauchée comme infirmière.
“Créer des quotas de diplômés”
Alors, comme l’Italienne Gaia, 29 ans, au chômage depuis trois ans, ou le Français de 21 ans, Ed, au chômage depuis deux ans, ils enchaînent les stages non ou peu rémunérés et les jobs étudiants, dépendant encore largement de la solidarité familiale.
>> Lire : “Le dilemme cornélien des petits boulots”
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé ailleurs : Ed au Royaume-Uni, Gaia un peu partout dans l’UE. La seule chose qui retient encore Jesus, 26 ans, en Espagne, “c’est l’orgueil”. “L’Europe ne veut pas de ses jeunes”, lâche Gaia.
>> Lire : “Chômage des jeunes dans l’UE : diplômés du Sud cherchent emploi au Nord”
Il n’y a pas que la jeunesse méditerranéenne qui est pessimiste. “Chercher un travail en Allemagne est extrêmement frustrant parce que les médias n’arrêtent pas de dire à quel point notre économie est en bonne santé, raconte un jeune anonyme de 26 ans. Mais, en réalité, aucun de mes amis diplômés ne trouve de travail décent ni même de travail simplement rémunéré.” Rare témoignage positif, celui de la Danoise Jenny, 24 ans, qui espère que “quelque chose finira bien par arriver”.
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L’accord de libre-échange USA-Europe est peu probable
Alors que les négociations ont débuté entre Etats-Unis et Europe sur un accord de libre-échange, l’économiste Jean-Pierre Lehmann reste très prudent sur les chances d’aboutir et sur les opportunités pour la Suisse.
Quelques heures après la signature de l’accord de libre-échange entre Chine et Suisse, Européens et Américains viennent de se mettre à table pour discuter d’un accord du même type entre eux.
Plombé ces dernières semaines par les débats sur l’exception culturelle française, les enjeux des politiques agricoles américaines ou l’affaire Snowden, ces négociations auraient, selon l’économiste Jean-Pierre Lehmann, professeur à l’IMD Lausanne, très peu de chances d’aboutir à un accord ayant du sens.
Mais ces discussions bilatérales marquent surtout pour lui un nouveau constat d’échec et de renoncement à la voie des négociations multilatérales. Près de douze ans après la conférence interministérielle de Doha sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les négociations régionales ou de bloc à bloc semblent les seules à faire avancer la cause des échanges commerciaux.
Le Matin – Dans quel contexte s’inscrivent ces négociations entre Europe et Etats-Unis?
Jean-Pierre Lehmann – Il faut rappeler que depuis l’échec en 2003 de l’OMC à Cancun, le commerce international a vu fleurir nombre d’accords régionaux et bilatéraux. Ces derniers ont souvent mis aux prises des pays émergents entre eux, ou des pays émergents avec des pays industrialisés. Mais, avec l’exception du Canada et des Etats-Unis dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), il n’y a pas eu d’accord entre zones ou pays industrialisés.
Or, quand on observe le commerce mondial de 1947 à 2000, on se rend compte qu’il a été très largement dominé par le Japon, le Canada, les pays d’Europe occidentale et les Etats-Unis. Or, depuis une quinzaine d’années, de nouvelles économies ont rejoint ce cercle: Chine, Brésil, Mexique, Turquie, Indonésie…
Le round de négociations qui s’ouvre aujourd’hui contient une dimension discriminatoire, car il vise à garantir des échanges préférentiels en excluant les pays émergents, la Chine en particulier.
En cela, il marque une nouvelle étape dans cette nouvelle donne internationale: le commerce se définit désormais d’état à état ou de bloc à bloc, mais plus de façon multilatérale. Il est devenu extrêmement improbable d’assister, dans les prochaines années, à un nouvel accord global. D’ailleurs, les effectifs en poste à Genève diminuent: les états concentrent leurs forces sur les négociations bilatérales, plus sur l’OMC.
– Quelles sont les chances d’aboutir à un accord entre l’Europe et les Etats-Unis?
– Ces négociations vont sans doute occuper beaucoup de temps et d’énergie. Mais je doute que l’on aboutisse à un accord. Et si jamais accord il y avait, il serait sans nul doute vide de sens. Car les points d’achoppement sont bien trop nombreux.
Dans le détail, il y a évidemment l’exigence française d’exception culturelle qui va se trouver confrontée aux produits américains. Mais le dossier agricole sera sans nul doute au moins aussi ardu, avec des exigences a priori inconciliables de part et d’autre. Enfin, le dossier de la propriété intellectuelle devrait aussi constituer un point chaud.
Mais ce qui est plus grave, c’est que ces négociations s’inscrivent dans un contexte de méfiance réciproque. Après l’échec de Doha, le commerce international a continué, mais de nombreuses barrières mercantilistes et protectionnistes ont été érigées, qui ne facilitent pas les échanges.
Et l’affaire Snowden, avec les révélations sur l’espionnage à grande échelle mené par les Etats-Unis jusque dans les organes de l’Union européenne, ne va pas faciliter les choses. Bien au contraire. Je ne sais pas si cette affaire pourra être utilisée par les Européens pour obtenir des concessions américaines. Mais ce que je sais c’est que cela empoisonne le climat des négociations.
Tous ces obstacles pourraient être levés si l’on avait une véritable détermination politique. Mais qui pourrait la porter? Pas les gouvernements européens, englués dans leurs problèmes. La Commission européenne est attaquée et fragilisée depuis des mois. Et en face, l’administration Obama est très faible en ce moment.
– Dans ce jeu qui met aux prises les principaux partenaires commerciaux de la Suisse, notre pays a-t-il une carte à jouer?
– Je ne pense pas qu’il y ait une carte à jouer pour la simple et bonne raison que je ne crois pas à la signature d’un accord. Et même en cas d’accord, il sera tellement vide de sens que cela ne devrait pas perturber les échanges extérieurs de la Suisse.
Dans ce domaine des échanges commerciaux, quels domaines auraient à s’inquiéter en cas d’accord international? L’agriculture sans doute. Mais les chances d’aboutir sur ce point sont tellement faibles que, si j’étais un agriculteur suisse, cela ne m’empêcherait pas de dormir.
Personnellement, je ne suis pas en faveur de ces accords bilatéraux qui nuisent à la signature d’accords multilatéraux. Mais pour la Suisse, comme pour d’autres pays de taille modeste (Chili, Singapour), il y a tout intérêt à continuer dans cette voie bilatérale pour mettre en avant ses besoins. C’est ainsi que des négociations sont engagées avec l’Inde ou l’Australie.
Lancer par contre dès maintenant une offensive pour un accord avec les USA serait une erreur: les Américains sont engagés sur deux fronts majeurs que sont l’Union européenne et le Pacifique. Des négociations maintenant avec la Suisse reviendraient à laisser nos représentants à la porte des échanges les plus cruciaux.
Le Matin
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Du bâtiment aux champs, la reconversion de chômeurs espagnols
Pendant des années, Antonio Sanchez a fabriqué des meubles en bois destinés aux logements construits à tout-va sur la côté andalouse, en plein boom immobilier espagnol. Désormais, chômage oblige, l’ail et l’asperge occupent toute son attention.
“J’avais ma propre entreprise pendant 35 ans, mais comme la crise m’a tout pris, je suis allé travailler aux champs”, raconte cet ancien charpentier de 58 ans à la moustache grise, qui passe désormais ses journées à racler la terre rouge de sa ville natale, Alameda, pour enlever les mauvaises herbes autour des plants d’asperges et récolter les gousses d’ail.
“Le travail est très très différent, on est dehors, avec les moustiques… Un travail très dur, ce n’est pas comme dans une usine”, reconnaît-il.
Comme beaucoup d’Espagnols, Antonio a été ruiné par l’éclatement de la bulle immobilière en 2008. Son entreprise a fait faillite trois ans plus tard.
Le programme social lancé cette année par la mairie d’Alameda, pour un budget de 60.000 euros, aura été sa planche de salut : 16 hectares de terre loués par la municipalité, sur lesquels travaillent 35 chômeurs, payés pour cultiver de l’ail, des asperges et des melons, qui seront vendus.
Avec la chaleur de l’été, l’heure est à la récolte, synonyme de plusieurs semaines de travail rémunéré pour ces demandeurs d’emploi, sélectionnés par tirage au sort.
Une initiative bienvenue dans une région, l’Andalousie, qui est la plus peuplée d’Espagne… mais aussi la plus touchée par le chômage. Rien que dans la province de Malaga, dont fait partie Alameda, le taux approche les 37%, bien au-dessus de la moyenne nationale, déjà élevée (27%).
“Ce que nous essayons de faire, c’est de mettre en valeur les ressources dont nous disposons, et notre première ressource, c’est la terre agricole”, explique le maire Juan Lorenzo Pineda, du parti de gauche Izquierda Unida, espérant que le projet donne du travail à de plus en plus de chômeurs à l’avenir.
Retour aux villages
“Avant le boom immobilier, l’agriculture était une ressource importante ici, mais cela été d’une certaine manière abandonné car les gens ont misé sur la construction. Maintenant que la construction s’est effondrée, il faut retrouver cette ressource”, dit-il.
Ce retour au pays est un phénomène qui prend de l’ampleur, alors que l’Espagne est plongée en récession depuis bientôt deux ans.
“L’Espagne est un pays très agricole, donc les circonstances ont facilité le retour au village”, commente Sandalio Gomez, spécialiste du marché du travail à l’IESE Business School de Madrid.
“L’argent des indemnités de licenciement et même des allocations chômage a été utilisé, dans de nombreux cas, pour créer un petit potager et retrouver ce contact avec le milieu rural et agricole”, dit-il, saluant l’initiative d’Alameda comme “une bonne idée pour aider les gens à revenir à l’agriculture”.
Ce genre de projets “sont de plus en plus nombreux. C’est une bonne solution, qu’il faudrait encourager”.
“Beaucoup de gens sont revenus aux villages”, renchérit Lorenzo Ramos, secrétaire général de l’Union des petits agriculteurs, “mais cela ne veut pas dire que le secteur agricole crée de l’emploi”.
“Les agriculteurs ne s’en sortent pas, à cause des prix bas des produits”, rappelle-t-il.
Les initiatives pour employer des chômeurs dans les champs, “dans la situation difficile que nous vivons, c’est une alternative”, et “cela pourrait être une manière de faire vivre beaucoup de gens”.
Antonio Sanchez est ainsi payé 45 euros par jour pour son travail, pour une durée initiale de deux semaines, qu’il espère prolonger. Après la récolte, il retrouvera ses 800 euros mensuels d’allocation chômage.
Mais le bénéfice, selon lui, va au-delà: “Cela fait plaisir de travailler à quelque chose, de ne pas être inactif”, et “psychologiquement, c’est très important, cela donne envie de se battre un peu”.
Dh.be http://fortune.fdesouche.com -
Levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen : un scandale
La pétition mise en ligne sur le site du Front National dénonçant la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen rencontre un franc succès; comme l’illustre aussi la progression foudroyante du FN dans les dernières élections partielles, elle prouve la mobilisation des sympathisants frontistes contre l’injustice et les manœuvres indignes pour museler les défenseurs des identités nationales et de l’Europe des patries libres. Nous mettons en ligne ici deux interventions de Bruno Gollnisch réagissant à ce scandale dans l’hémicycle du Parlement européen, dont nous avions publié les textes lundi.
http://www.dailymotion.com/video/x11gnmf_levee-de-l-immunite-de-marine-le-pen-une-procedure-digne-du-soviet-supreme-de-l-union-sovietique-pou_news#from=embediframe
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=PoqMOqxI5AU
http://www.gollnisch.com -
Pierre Hillard - Autour de l'actualité
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=a_naD9zTYxY
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Irlande : plus de 35 000 marcheurs contre l’avortement
Plus de 35 000 personnes ont manifesté samedi à Dublin contre la légalisation de l’avortement, rapporte Associated Press. La presse indienne, elle, parle de « plus de 60 000 » marcheurs (chiffre des organisateurs). Pas mal pour une île qui compte 6,5 millions d’habitants !
De nombreuses pancartes disaient « Tuez le projet de loi ! Pas l’enfant » tandis qu’une majorité de participants ne cachaient pas leur foi chrétienne. La manifestation s’est achevée devant le Parlement où doit être votée cette semaine la « Protection of Life During Pregnancy Bill » qui permettra l’avortement en cas de danger pour la vie de la mère, en réaction au décès en couche d’une dentiste indienne l’année dernière. En pratique, l’exemple espagnol a montré qu’une telle autorisation amène à autoriser l’avortement dans tous les cas. Le projet de loi irlandais permet d’ailleurs l’avortement si la femme menace de se suicider et si un obstétricien et deux psychiatres jugent à l’unanimité qu’il ne s’agit pas d’une simulation. On imagine aisément les abus que ne manqueront pas d’entraîner cette mesure parfaitement hypocrite… Les manifestants « pro-vie » ont réclamé samedi la tenue d’un référendum, comme en 1986, scandant « Votons ! »
NdF
http://www.actionfrancaise.net -
Elections municipales et européennes de 2014 : la branlée qu'on va leur mettre...
( L'ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Fillon s'est inquiété des élections européennes de juin 2014, où les partis anti-européens «vont faire campagne de manière virulente» et pourraient faire un bon score. « Aujourd'hui, l'Europe est menacée de dislocation et pour moi c'est un enjeu essentiel », a-t-il dit, en estimant qu'il fallait «absolument se mobiliser» )(1).
Et bien sur, l'ancien premier ministre, au demeurant intellectuellement brillant, de ne pas se tromper.
A moins d'un an des échéances électorales, on peut déjà dresser un tableau de la situation telle qu'elle se présente aujourd'hui, mais aussi en extrapolant la conjoncture actuelle, en déduire ce que sera demain.
Tour d'horizon
L'extrême gauche : alors qu'elle avait le vent en poupe en 2002, ce au point d'obtenir 10% des suffrages lors du premier tour des élections présidentielles, elle a aujourd'hui presque disparu. Pourtant, ces marxistes de vocation, sont dans une situation optimale puisque justement le capitalisme est en crise. Paradoxalement, ils ont donc disparu des écrans radars et ce pour plusieurs raisons: la fin de la personnalisation du vote extrême gauche qui passait principalement par la sympathie naturelle qu'enfantaient les personnalités originales de Besancenot et Laguiller sont la conséquence de la disparition de ces deux acteurs politiques majeurs voici une dizaine d'années. On peut aussi ajouter à des fins d'explication de la quasi disparition de l'extrême gauche, la bêtise proverbiale des militants, par trop férus d'idéologie, ce qui répugne aux Français soucieux de résultats concrets. Lorsque à l'époque, la Lcr avait le vent en poupe, se transformant en Npa, ils furent nombreux et de bonne foi à le rejoindre, espérant la naissance d'un monde meilleur. Décontenancés par les discussions idéologiques et stériles des anciens de la Lcr, ils partirent...
La vraie gauche : Melenchon, qu'on l'aime ou pas, la représente. L'ancrage à gauche, avec toutes les caricatures idéologiques que cela présuppose, est ici marqué. Le problème du front de gauche, c'est qu'il repose uniquement sur la personnalité de son chef qui apparaît, malheureusement pour lui même s'il a sa part de responsabilité, comme fantasque aux yeux des Français. Plus grave, les études de sociologie politique montre que son électorat n'est nullement populaire alors que c'est justement celui-ci qui était de prime abord visé. Cela ne signifie nullement qu'il faille voir l'avenir de la structure en noir. Il faudra bien que l'électorat qui a porté François Hollande au pouvoir, suite aux désillusions qu'il est en train de connaître, se trouve une nouvelle auberge. Il ne faut pas sous-estimer un fait essentiel: bien des électeurs de gauche préfèrent voter pour le Front National plutôt que pour l'Ump. De même, et c'est évidemment encore plus flagrant, bien des électeurs Ump préfèrent voter pour le Front National plutôt que pour la gauche. Le Front National recueille ici les bénéfices de son refus de choisir entre droite et gauche, se déclarant français. Alors, cet électorat hollandiste, logiquement déçu ira ailleurs, dont une partie vers le front de gauche. C'est ainsi que François Hollande va être atteint du syndrome Jospin: à faire une politique considérée comme pas assez à gauche, son électorat va se déporter vers le front de gauche, les écolos et l'extrême gauche. L'idée que François Hollande, de nouveau candidat en 2017 puisse être absent du second tour est à prendre en considération.
« Nos amis les bêtes » : Parce que bêtes ils le sont vraiment... La candidature et la campagne d'Eva Joly sont ici éclairantes. Ce qu'eurent du faire les écologistes, c'est prôner le courant environnementaliste qui n'est ni de droite et de gauche, et ainsi ratisser très large. A titre d'exemple, c'est Nicolas Hulot qui eut du être choisi en 2012, parce que personnage humainement aimé par les Français, qui eut alors réalisé très probablement un bon score. Las, ce sont les idéologues qui ont triomphé, assez facilement d'ailleurs, idéologues dont les Français ne veulent justement plus, ce, quelle que soit leur tendance. A moins donc, d'une prise réelle de conscience, les écolos vont dans l'avenir végéter.
Le centre : il représente, et c'est là une constante en France, environ 15% de l'électorat. On comprend donc très bien pourquoi que depuis le début de la cinquième république, aucun candidat centriste n'ait été élu à la présidentielle. Comme de surcroît, il se partage désormais entre deux hommes, Bayrou et Borloo, l'avenir est assez sombre pour eux. Pour autant, l'élection européenne est pour eux majeure, européistes qu'ils sont. Encore faudrait-il savoir combien de listes seront constituées, ce que nous ne savons toujours pas à ce jour. Bayrou ne recueille nullement les bénéfices de son positionnement atypique préférant le Ps à l'Ump, démocrate chrétien d'origine qu'il est: je crains pour lui qu'il ne soit désormais politiquement fini, ne serait-ce qu'en raison de son trop important nombre de candidatures, vieux qu'il apparaît donc aujourd'hui...
L'Ump : elle n'est à l'évidence pas en joie actuellement. Les difficultés qu'elle connaît, aussi bien en matière de recrutement de candidats que de d'équilibre financier, sont à ce titre emblématiques. Le désamour des militants parisiens, ne renouvelant pas leur adhésion, aussi. La guerre entre Fillon et Copé semble avoir disqualifié les deux hommes, Sarkozy et Nkm tirant les marrons du feu. Et le choix viscéralement européen de l'Ump, comme du centre d'ailleurs, ne va pas les gratifier aux yeux des Français, de plus en plus opposés à Bruxelles, la dernière déclaration provocatrice de Barroso ne les ayant pas aidé.
Le Front : parti de 10% en 1984, il a désormais franchi la barre, à l'échelle nationale, des 20%. Par voie de conséquence, sa présence au second tour est désormais, bien davantage qu'une simple probabilité. Les derniers scrutins le montrent d'ailleurs. Le slogan de Coluche, « un pour tous, tous pourris » fait maintenant des ravages, de plus en plus de Français l'ayant adopté. A force de voir alterner des gouvernements de droite et de gauche pratiquant la même politique, les Français sont écoeurés. Et fatalement, le Front National, tant insulté et diffamé par la gauche comme par la droite, se trouve aujourd'hui de facto valorisé par réaction. A titre d'exemple la dernière élection de Villeneuve-sur-Lot est assez révélatrice. Les voix qui se sont reportées au second tour sur le candidat du Front National sont issues aussi bien des terroirs de droite et de gauche. Là encore, la stratégie «ni droite, ni gauche» du Front paie. Au sujet des européennes à venir par exemple, ils ne sont vraiment pas nombreux les partis à être viscéralement anti-européens et il y a matière à en déduire puisqu'il s'agit d'Europe, que le Front devienne la bouée de secours et le refuge de tous les eurosceptiques. Au sujet des municipales, le sujet est plus complexe, au motif des deux tours qui implique un report des voix. Si l'idée du splendide isolement est théoriquement séduisante, elle risque de différer la victoire du Front National, dont il faut bien admettre au motif de la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre pays – les problèmes majeurs sont en plus devant nous – qu'elle est désormais vitale pour notre pays. À titre d'exemple, le Front pourrait de facto sanctionner les candidats de droite comme de gauche, qui ont fait preuve d'une haine marquante à son encontre. À titre d'exemple, Nkm candidate à Paris, qui par haine du Front National, n'a pas hésité à commettre un livre, mensonger d'ailleurs, se doit à mon avis, d'être sanctionnée. Réciproquement, des alliances locales ponctuelles peuvent être nouées dans le cadre d'un second tour, aussi bien avec des candidats de gauche que de droite, à condition que ceux-ci aient fait preuve de respect envers le Front National et qu'ils aient de la gestion des villes une approche positive. D'ailleurs, ces alliances locales ponctuelles, dans la mesure où elles s'opéreront avec droite et gauche, renforceront chez les Français que le Front est honnête quant à son refus de la bipolarisation. Quant au candidats battus en raison du positionnement du Front, ils comprendront très vite la leçon.
L'essentiel n'est-il pas que cela soit la France qui gagne ?
Alain Rebours http://www.voxnr.com
notes :
(1) http://www.20minutes.fr/politique/1183589-20130703-juppe-candidat-ump-a-presidentielle-on-verra#xtor=EPR-182-[welcomemedia]--[article_politique]-- -
NSA, Snowden, Assange…: cette « lâcheté visqueuse » de l’UE
Explication de vote de Bruno Gollnisch ayant trait à la résolution sur le programme de surveillance de la NSA (4 juillet 2013)
J’entends mes collègues, M. Hanan, M. Tannock et d’autres, dire que tout cela n’est pas très grave parce que tous les pays, finalement, s’espionnent les uns les autres. Oui mes chers collègues. Mais le problème, c’est que tous les pays résistent.
Si cela se passait sur le territoire américain, quand cela se passe sur le territoire russe, nous avons une réaction sérieuse de la part des Russes et des Américains. Nous n‘avons pas cette espèce de lâcheté visqueuse que nous rencontrons aujourd’hui de la part des européens.
L’attitude, hier, du gouvernement du Portugal, de l’Italie et de la France est véritablement déshonorante. Ce Parlement, qui ne cesse de parler d’asile politique devrait évidemment en priorité l’accorder à Julian Assange et à Edward Snowden qui ont été dans cette affaire nos utiles informateurs.
Au lieu de cela, l’un est pratiquement reclus prisonnier, sous une menace d’extradition absurde, dans l’ambassade de l’Equateur à Londres. L’autre est toujours en transit à Moscou.
Véritablement, les gouvernements européens, par leur faiblesse, par leur lâcheté, et ce Parlement aussi, se sont déshonorés dans cette affaire.