
La politique étrangère ne détermine pas le vote des Américains. Ceux-ci sont plus sensibles à la courbe du chômage et à l’économie en général, comme l’avait à juste titre affirmé Clinton. Les troubles entraînés par la mort de George Floyd, amplifiés par le mouvement Black Lives Matter et les élus démocrates jusqu’à déclencher une hystérie racialiste à coups de génuflexions grotesques, de statues brisées et de rues débaptisées, que certains veulent importer en France, auraient pu être utilisés habilement par le président Trump suivant la logique d’un retour à l’ordre favorable à l’exécutif et souhaité par la majorité de la population. Cela s’était produit en France en 1968, et le calcul de Macron exploitant les excès des manifestations de Gilets Jaunes, provoqués par la présence opportune de casseurs “connus des service de police”, visait à récupérer “le parti de l’ordre”.



Par les accords de Munich de 1938, l’Allemagne de Hitler a négocié avec les puissances occidentales mais a exclu l’URSS de ces négociations. Pour les Allemands de l’époque, en pleine guerre d’Espagne, la question tchécoslovaque est une affaire ouest-européenne. Elle semble ne pas percevoir les intérêts traditionnels russes dans la région. Certes, Munich est une victoire diplomatique allemande, car elle élimine un État hostile à sa frontière orientale, bien armé et bien protégé par les chaînes des Monts Métallifères et dont le territoire s’enfonce comme un coin dans la masse territoriale compacte du Reich, permettant à une éventuelle action conjointe des troupes françaises, massées en Alsace et en Lorraine sur un ancien glacis du Reich, et des troupes tchèques, de neutraliser rapidement l’Allemagne, en tirant profit d’une profondeur territoriale assez réduite. De Wissembourg en Alsace à Karlsbad (Karlovy Vary), le Reich était le plus faible. À Munich, Hitler et Ribbentrop éliminent cette faiblesse. Résumons clairement, en six points, les atouts gagnés par les Allemands à Munich.
