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géopolitique - Page 680

  • Le Deep State dans tous ses états

    Ex: http://www.dedefensa.org

    16 février 2017 – Une fois de plus, je prends la plume pour interférer dans le travail du site (dedefensa.org) et donner un aperçu personnel et néanmoins général des événements washingtoniens après la démission de Flynn, le conseiller direct de Trump pour la sécurité nationale, et l’un de ses plus anciens compagnons d’armes sur la route menant à la Maison-Blanche. Par commodité, je citerais au minimum des extraits de mes “sources”, qui sont dans tous les bons articles de la presse-antiSystème. (Vous pouvez trouver une bonne synthèse de cette affaire, donnant elle-même toutes les sources qui importent, dans le texte de Virgil, de Breitbart.News, le 16 février. Plus loin, vous aurez d’autres références-URL)

    Bref, la transition est toute faite pour entrer dans le vif du sujet par un exposé préliminaire : la non-citation des sources est une habitude de la presseSystème, devenue habitude hystérique et spasmodique dans l’ère Trump. On peut donc sans véritable risque, vous pouvez m’en croire, inventer ses “sources” pour mieux accréditer les montages que passent impérativement les “non-sources” venues de l’IC (Intelligence Community) alias Deep State (État profond), ou faisant fonction. Jamais le trafic de “sources”, avec “fuites” organisées d’informations inventées pour la cause, n’a été aussi massif, sorte d’inondation diluvienne, de tsunami, etc. Plus que jamais par conséquent, il faut renoncer à la réalité qui n’existe plus, tenir apriori pour mensongères les “sources” les plus respectables selon le catéchisme-Système (NYT, WaPo, etc.), décrétées par nous coupables tant que leur innocence éventuelle n’a pas été sérieusement prouvée, etc. Dans le cas qui nous occupe, il faut admettre qu’il y a eu un simulacre de fuites massives, des informations-simulacres venant de sources-simulacres également, néanmoins implantées dans l’IC, devenant elle-même une IC-simulacre, le tout aboutissant à une liquidation de Flynn... Pourquoi ne croirait-on pas, ironiquement au sarcastiquement, qu’il s’agit d’une liquidation-simulacre ? Le plus fort c’est que certains l’affirment...

    Sur cet arrière-plan plein de faux-semblant et de fausses perspectives, j’en viens à un exposé succinct de cette affaire & conséquences, en quelques points remarquables :

    • La liquidation de Flynn est un montage de A jusqu’à Z, sans discussion possible. D’une façon générale, les analystes sérieux, hors-presseSystème hystérique, voient cet épisode comme un revers très important pour l’administration Trump, notamment pour compromettre sa politique de rapprochement avec la Russie. L’idée générale est qu’il s’agit du premier d’une liste significative de personnes, proches de Trump, à éliminer de la même façon (Bannon, Miller, Kellyanne Conwy, Priebus), et en final bien entendu, Trump lui-même, – par démission forcée, destitution, voire, pourquoi pas, quelque chose de plus expéditif, – See what I mean ?, dit un personnage des complots courants à Washington. L’idée est de rendre totalement inopérante l’administration Trump, jusqu’à la désintégration complète de la chose. Le moyen, comme vu ci-dessus, est celui de la guerre de la communication, menée quasiment à visage découvert par l’IC, qui a un compte à régler avec Trump.

    • Cette dernière remarque ci-dessus m’entraîne irrésistiblement vers le second point, qui me frappe particulièrement et sur lequel je revient plus loin parce que c’est le pivot du drame : l’action quasiment à découvert de l’IC, applaudie par des journalistes-Système dans des tweets particulièrement parlant. (La chose a déjà été dite et répétée depuis plusieurs sorties publiques ès qualité de Brennan, directeur de la CIA jusqu’à la fin janvier, contre Trump, dans des termes croquignolets : « Plus encore que la trace d’un Silent Coup qui n’en finit pas de faire un bruit assourdissant, c’est à cette implosion que nous pensons lorsque, par exemple, l’on assiste à ces échanges surréalistes entre l’actuel directeur de la CIA Brennan [directeur-sortant] et le président-élu, où le premier estime [sur FoxNews] que le président-élu parle beaucoup trop, qu’il ferait mieux de mesurer ses paroles, “to watch what he says” [“sinon...“, pense-t-on aussitôt comme l’on pense à Dallas-JFK]... ») Tout cela justifie, une fois de plus après les innombrables occasions rencontrées depuis le 8 novembre 2016, cette question lancinante : « A coup d'Etat underway? »

    • Pendant ce temps, la politique extérieure de Trump est ce qu’on sait qu’elle est, – étrange, inattendue, incertaine et improbable ; depuis l’article d’Alastair Crooke (du 10 février) auquel je fais référence, les choses ont encore empiré. Certains estiment d’ailleurs que Trump a complètement trahi ses engagements de campagne, qu’il a rallié les neocons, comme Eric Zuesse qui juge que « Trump a déclaré la guerre à la Russie » tandis que Wayne Madsen multiplie les textes où il démontre que Trump est allié à Soros, que les néo-nazis se trouvent aussi bien à la Maison-Blanche qu’à la Rada de Kiev et que comme leurs comparses de là-bas, ils ne jurent que par la destruction de la Russie (et de la Chine, et de l’Iran).

    • Dans ce cas, s’interroge-t-on, pourquoi le Deep State et la presseSystème toute acquise aux neocons continuent-ils à bombarder Trump comme ils font, lui qui paraît selon certains points de vue  plus en plus ressembler à un hyperneocon? A le haïr, à en faire leur ultime objectif, y compris selon les méthodes les plus expéditives ? Pourquoi, au fait, ont-ils liquidé Flynn qui voulait manifestement mener la meute de ceux qui entendent mettre l’Iran à genoux, ou bien la bombarder comme le souhaitait joyeusement le sénateur McCain, – lui qui ne cesse aujourd’hui d’insulter Trump, – il y a quelques années, en 2007, sur un air des Beach Boys qui nous rappelait notre folle jeunesse, à nous les plus vieux, – « Bomb, Bomb, Bomb Iran » ? La réponse est tellement simple : parce qu’ils (Deep State, presseSystème, McCain) les haïssent, toute cette bande-à-Trump, qu’ils ne peuvent pas les souffrir, qu’ils sont rendus fous par eux, par leur seule existence, par leur usurpation de la Maison-Blanche, vous comprenez ? Ce n’est pas une question de politique, c’est une question de neuroleptiques pris en quantité insuffisante ou exagérée c’est selon...

    • Par ailleurs, et ceci en passant, pour rappel si vous voulez car la source consultée ici coulait le 13 février, donc avant le départ de Flynn ; par ailleurs, dis-je, vous apprendrez que les Russes ne sont plus vraiment rassurés ni à la fête, mais pour des raisons variées, et notamment, selon Foreign Policy, parce qu’ils craignent que Trump soit politiquement abattu, ou même assassiné, et parce qu’ils se considèrent comme des “otages de la présence de Trump à la Maison-Blanche”. Le paradoxe est que l’arrivée d’un président prétendument plus ouvert à la coopération avec la Russie a un effet paralysant sur la diplomatie russe... C'est une ruse du Système, ça.

    « Ce que les Russes craignent le plus aujourd’hui, c’est que Trump soit chassé ou même tué. Son départ, disent des sources internes du Kremlin, amènerait une campagne bipartisane antirusse virulente à Washington. Par conséquent et étrangement, Poutine est devenu l’otage de la survie et du succès de Trump. Cela restreint sérieusement les options géopolitiques de la Russie. Les Russes savent parfaitement que les démocrates veulent utiliser l’épouvantail-russe pour discréditer et destituer Trump alors que les républicains veulent utiliser l’épouvantail-russe pour réduire et discipliner Trump. Le gouvernement russe craint non seulement la chute de Trump, bien entendu, mais aussi la possibilité qu’il puisse par opportunisme adopter une ligne antirusse dure de façon à faire la paix avec les dirigeants républicains ultra-faucons du Congrès. » 

    • Si l’on veut un autre point de vue, une autre chansonnette, sur un autre rythme endiablé, certainement plus exotique mais en vérité pas vraiment plus folle que le reste puisqu’on y est, allez voir l’interprétation de Sorcha Faal de WhatDoesItMeans, pour qui Trump est un Grand-Maître de la franc-maçonnerie engagé dans une bataille sans merci contre les globalistes. C’est dans son texte du 14 février qu’il est montré, avec un luxe de détails dont nombre se recoupent dans les faits d’ailleurs (oups), que la démission de Flynn est effectivement une démission-simulacre (ou “Fake-You’reFired”), avec l’active complicité russe, pour permettre au susdit Flynn de poursuivre dans la clandestinité sa riposte contre la CIA.

    Ce qui me paraît étrange, finalement, c’est de parvenir à seulement songer un instant à sortir un jugement de tout cela, et en plus à le présenter comme s’il s’agissait de l’oracle accompli. De fait je trouve, – alors là, une fois n’est pas coutume, – que la sagesse même est sortie de la bouche charmante de Federica Mogherini, Haute Représentante de l’UE qui vient de visiter Washington D.C. et de rencontrer notamment la bande à Trump. Federica nous dit ceci qui ne met aucun côté en cause pour mesurer justement l’essence même de la situation, d’ailleurs à l’intense insatisfaction et la colère rentrée de ses collègues de la direction-UE qui ne rêvent que d’une chose, de manger du Trump à chacun de leur petit-déjeuner, ou, dans le cas de Juncker, pour arroser chacune de ses chopes ...

    « Je n’ai jamais vu les États-Unis aussi polarisés et divisés, et déchirés par des conflits sans nombre, qu’ils ne sont aujourd’hui., nous dit Federica (à Die Welt). Quoi qu’il en soit, celui qui entend jouer un rôle global doit être intérieurement fort, structuré et assuré de sa stabilité intérieure. [...] Quand la plus grande démocratie du monde est confrontée à des tensions d’une telle puissance, elle peut devenir un facteur de déstabilisation pour le reste du monde. »

    Je ne sais pas qui est précisément ce mystérieux “État profond” (Virgil lui-même s’interroge), de même que j’ignore ce qui se trouve dans la tête de The-Donald, et s’y a seulement quelqu’un... Disons, pour faire court, bref et clair, oui disons que le bordel règne dans toute son impériale splendeur et sa sereine globalité, au cœur de Washington D.C. Pour le reste, c’est-à-dire le courant des choses qui courent si vite, entre une réflexion ou l’autre qui peut avoir quelque intérêt à être rapportée pour notre démarche générale, à nouveau je nous propose la philosophie-Alastair : « Well, peut-être est-il préférable de s’asseoir et d’observer, et de ne plus tenter de déchiffrer les runes. »

    ... S’il vous plaît, ne dites pas que je me répète car cela est bien assez vrai pour que j’en sois conscient sans discussion. Je ne peux ni ne veux, pour remplir mon contrat d’observateur, éviter d’écrire quelques phrases à propos de ces événements si considérables et sur la mécanique desquels nous ne pouvons rien, et d’autre part je me refuse à dire que je sais si je ne sais pas.

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Thierry Meyssan décrypte l'actualité internationale (Syrie / Trump/Poutine..) - Meta TV 3/3

  • Thierry Meyssan décrypte l'actualité internationale (Syrie / Trump/Poutine..) - Meta TV 2/3

  • Thierry Meyssan décrypte l'actualité internationale (Syrie / Trump/Poutine..) - Meta TV 1/3

  • C’est un scandale : Trump tient ses promesses !

    Soutien d’Emmanuel Macron après avoir  été celui d’Alain Juppé, Alain Minc présentait le Brexit comme « la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Invité en janvier sur le site du journal Les Echos, cette figure du Système expliquait pareillement en janvier que « Les Etats-Unis d’aujourd’hui ne sont pas les Etats-Unis dont nous avons rêvé et qui nous ont sauvé », fustigeait les tenants des frontières et du protectionnisme et vantait « la mondialisation heureuse » ; « d’abord celle des centaines de millions de gens, Chinois, désormais Indiens, des pays du monde en développement, qui sont sortis de la pauvreté et qui ont fabriqué une immense classe moyenne. La mondialisation heureuse, elle relève aussi chez nous de la schizophrénie, c’est-à-dire que l’ouvrier légitimement angoissé pour son job est le même qui, le samedi après-midi, va faire ses courses chez Carrefour, et qui est un bénéficiaire de la mondialisation ».

    Outre que notre personnel politique est a priori mandaté pour assurer la prospérité des Français avant  celles de Chinois ou des Indiens, M. Minc apparaît bien déconnecté du réel. Sans même parler de la flambée des prix consécutive au passage à l’euro, ouvriers et employés qui appartiennent aux catégories salariales les plus nombreuses ont un salaire moyen inférieur à 15 000 euros net par an. Alors non, M. Minc, les Français les plus modestes, pour ne rien dire des six millions de chômeurs et des huit millions de pauvres, ne bénissent pas la mondialisation heureuse quand ils doivent remplir leur caddy.

    Le procès fait aux contempteurs du laisser-faire laisser-passer  intégral est bien évidemment quasi généralisé dans les gros médias, les mêmes qui fustigent le programme « irréaliste », dangereux », « inconséquent » de Marine… Qualificatifs qui sont aussi utilisés pour dénoncer les premières mesures prises par Donald Trump aux Etats-Unis, notamment sa volonté de mieux réguler les flux migratoires en provenance de pays à risques. Une décision qui n’a rien d’aberrante rappelait dernièrement Bruno Gollnisch  et  approuvée  selon un récent sondage par 57 % des électeurs américains. L’enquête réalisée par le  cercle de réflexion britannique Royal Institute of International Affairs, auprès de 10 000 Européens,  sur la pertinence d’une mesure similaire, à savoir la suspension de l’immigration en provenance de pays musulmans, confirme également les inquiétudes au sein de l’UE. 41% des Espagnols, 47% des Britanniques, 53% des Allemands,  61% des Français, 64% des Belges et des Hongrois, 65% des Autrichiens et 71% des Polonais y seraient  ainsi favorables.  

    Le problème de l’immigration n’est pas réductible à la question du fondamentalisme islamique en Europe comme aux Etats-Unis. Le nouveau président américain est aussi violemment attaqué par ses opposants pour son souhait d’expulser les clandestins, notamment les criminels en provenance des pays d’Amérique centrale et  de  bâtir un mur le long de la frontière avec un pays très majoritairement chrétien comme le Mexique.

    M. Trump a signé le 25 janvier un décret actant le projet de construction de ce mur qu’il entend faire financer par le Mexique et idéalement par les cartels. Mexique qui est en proie à une violence assez terrifiante et qui exporte aussi  vers son voisin nord-américain sa drogue et ses racailles. Plusieurs milliers de mexicains se sont rassemblés hier pour protester contre ce projet de frontière (plus) étanche. Il est cependant  loisible de comprendre cette inquiétude des Américains quand on sait qu’un tiers du territoire mexicain est contrôlé par les cartels mafieux disposant de 100 000 membres armés. Une guerre à la drogue et entre narco-trafiquants qui selon diverses estimations à fait entre 50 000 et 100 000 morts sous le seule présidence de Felipe Calderón entre  fin 2006 et juin 2012.

    Alors ce projet de mur n’est certainement pas la seule réponse efficace pour protéger les Etats-Unis de la violence, de l’immigration clandestine et des trafics, mais ledit projet n’est pas une surprise en ce sens qu’il  avait été clairement  annoncé par le candidat Trump. Et surtout comment contester le droit à un pays de se doter d’une frontière jouant son rôle, c’est-à-dire de filtre entre ce que l’on accepte de faire entrer sur son territoire et ce qui n’est pas admissible ?

    https://gollnisch.com/2017/02/13/cest-scandale-trump-tient-promesses/

  • Du Trump bashing à la Réalité ! & si les Démocrates creusaient là leur propre tombe ? [1]

    Un à un, les Commissions sénatoriales valident les hommes & femmes choisis par le 45ème président des États-Unis, Donald J. Trump. Foulant aux pieds tous les usages de la Grande république étudiée par Tocqueville, les Démocrates multiplient les obstacles, alors que Intel, sentant le vent qui balaye l’America First lui chatouiller les oreilles, vient d’annoncer 7 Md$US d’investissements aux USA. À ce petit jeu du mauvais perdant, c’est à se demande si le parti des Clinton, Obama & Sanders n’est pas en train de creuser de ses propres mains sa tombe politique. 1ère Partie.

    « Les Démocrates ne représentent plus l’opposition mais l’obstruction. Ils vont bloquer le Sénat pendant 24 heures pour retarder la nomination de la Ministre de l’Éducation choisie par Trump. Ils auront été de bout en bout, non seulement de mauvais perdants, mais aussi des obstrucitonnistes qui ne veulent pas laisser le président actuel gouverner quitte à faire du mal au pays. Quelle différence avec les Républicains qui avaient voté pour la nomination de tous les Ministres d’Obama même les plus radicaux, pour jouer leur rôle, qui est celui prôné par la Constitution, « d’opposition loyale » ! Ils auront montré le véritable côté fascisant de la gauche pathétique dans toute sa splendeur ! »
    Eber Addad.

    Comment analysez-vous le fait que les Démocrates s’offusquent de la présence d’anciens de la Finance, et notamment de Goldman Sachs, dans l’équipe de Trump ! ?

    Jacques Borde. (Éclat de rire). Ça leur va bien ! Vous me rappelez le nom du bonhomme nommé par William J. Clinton au poste de US Secretary of the Treasury de 1995 à 1998 ? Robert Edward Bob Rubin. Cet ancien de… Goldman Sachs se retrouvera à la tête du Council on Foreign Relations (CFR). Depuis, ses (nombreux) détracteurs l’accusent de porter une responsabilité écrasante dans la quasi-faillite de la banque Citigroup. Un homme honorable, comme disait Marc-Antoine à propos des assassins de César, probablement…

    Pour vous la plupart des allégation formulées contre Trump sont des médiamensonges, c’est cela ?

    Jacques Borde. Oui. Et je vais vous donner un exemple.

    Selon un rapport – sorti d’où ne sait où, dont personnage ne connaît pas l’origine et dont le contenu n’a pas été vérifié mais qui, en revanche, a été communiqué par les Renseignements US, à la fois à Donald J. Trump et Barack H. Obama – l’avocat de Donald Trump, Me. Michael Cohen, aurait (sic) rencontré un envoyé de l’administration Poutine à Prague à la fin de l’été 2016. Toujours selon ce rapport, le Kremlin aurait alors « alimenté l’équipe de Trump de renseignements sur ses opposants, notamment la candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton ».

    Là où le bat blesse c’est que Michael Cohen n’est jamais allé de sa vie à Prague ! Ce qu’ont confirmé des informations (de presse, notamment) jamais contredites à ce jour.

    À Prague, le magazine Respekt admettra même n’avoir trouvé aucune trace du passage de Me. Cohen durant cette période. « Nous avons essayé de retrouver des preuves de sa venue depuis le mois de décembre. Mais rien, aucun élément. Il n’est en tout cas pas passé par l’aéroport », expliquait Ondrej Kundra, l’auteur de l’article.

    Et cette pluie d’accusations, même celles à connotation sexuelle, n’ont affecté ni Trump ni ses électeurs ?

    Jacques Borde. Non, le soufflé n’a tout simplement pas pris. Mais pourquoi cela aurait dû être le cas, lorsque même Leon E. Panetta, qui fut chef de cabinet de Bill Clinton(1994-1997), directeur de la CIA (2009-2013) puis US Secretary of Defense (2011-2013) dans l’administration Obama, faisait part de ses très sérieux doutes quant à la véracité des allégations en question ?

    Allégations, émanent, la plupart du temps de groupies d’HiLIARy R. Clinton qui n’ont jamais réussir à retenir l’attention d’une seule cour de justice.

    Vous parlez, là, de médiamensonge, mais comment cela se monte un médiamensonge ?

    Jacques Borde. Je vais vous faire une réponse d’historien, puisque je suis licencié de la chose (Sorbonne Paris IV). J’ai gardé en mémoire, ces paroles de Dumézil à propos de l’Histoire romaine de Tite-Live, dont il disait, en substance, qu’elle était « un mélange de faux, de faits et de fables ». En fait, le médiamensonge c’est un peu ça !

    Un exemple, cette ouverture d’un sujet sur la Syrie, par des confrères britanniques :

    « Bataille d’Alep : selon l’ONU, 82 civils ont été abattus sur place.Les forces pro-gouvernementales syriennes ont pénétré dans des maisons d’Alep-Est et ont tué ceux qui étaient à l’intérieur, y compris des femmes et des enfants, selon l’ONU. Le bureau des droits de l’Homme de l’ONU a affirmé avoir des preuves fiables que dans quatre zones 82 civils avaient été abattus à vue ».

    Fin de la citation. Qu’en est-il réellement ?

    1- il n’y a tout simplement pas de Bureau des droits de l’Homme de l’ONU. Existe bien en revanche un Bureau du Haut Commissaire des Nations-unies aux droits de l’Homme (HCDH). Son commissaire, SAR Zeid Ra’ad al-Hussein, est même parent du roi de Jordanie, Abdallâh II.

    2- le bureau qui n’existe pas n’a pas « dit » que « 82 civils avaient été abattus ». Il a simplement fait était « sources » qui ont « rapporté » que cela se serait (sic) produit.

    Voilà un extrait du texte du HCDH : « Selon de nombreuses sources, des dizaines de civils ont été abattus hier place al-Ahrar, dans le quartier d’Al-Kallaseh, ainsi qu’à Bustan al-Qasr, par les forces gouvernementales et leurs alliés, dont le groupe irakien al-Nujabaa ».

    Donc, en ne mentionnant pas le HCDH, qui pourrait démentir ou ne pas confirmer, mais un bureau plus virtuel que réel, les auteurs de la brève ne prennent pas de risque. Concrètement, par ce biais, c’est l’ONU elle- même qui devient l’origine de l’information (sic) et non des sources peu ou pas identifiables !

    À propos de déontologie, justement, que pensez-vous du débat qui a opposé la direction du FBI au camp républicain, au sujet des e-mails de Mme. Clinton ?

    Jacques Borde. C’est assez étrange, en fait. Par ses propos – Cf. « Nous avons revu toutes les communications qui venaient d’Hillary Clinton ou lui avaient été envoyées lorsqu’elle était Secrétaire d’état, et après cet examen, nous n’avons pas changé nos conclusions annoncées en juillet concernant Mme. Clinton » – le alors encore directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), James B. Comey, espérait visiblement faire glisser le dossier des Junk mails de Clinton sous le tapis du salon. Dans le genre : « on a regardé, mais y a rien, chef » !

    Tout le problème est que Comey est bien le seul à croire ce qu’il disait ! Et, au-delà, le tout sera de savoir combien de temps le muret qu’il a dressé autour du clan Clinton tiendra avec la nouvelle administration.

    Le FBI pourrait donc encore changer d’avis…

    Jacques Borde. Le FBI obéira aux ordres, c’est aussi simple que ça ! Et le dossier de ce pauvre Comey fait peine à voir ! Le Bureau [le FBI] est un machine plutôt lourde à mettre en branle et, ensuite, à manœuvrer. Là, engoncé dans le corset électoral, James B. Comey avait annoncé que tout avait été tiré au clair en à peine plus d’une semaine ! Un peu court jeune homme, avait-on envie de lui dire en plagiant Edmond Rostand1. Car, oui : l’affaire a plus d’ampleur qu’il n’y paraît.

    C’est d’ailleurs ce que nous avait affirmé, à sa manière Donald J. Trump candidat qui, estimant que l’affaire du serveur privé d’Hillary R. Clinton est le « pire scandale politique » américain depuis le Watergate, s’étonnait : « On ne peut pas analyser 650.000 courriels en huit jours. Ce n’est pas possible. Hillary Clinton est coupable. Elle le sait, le FBI le sait et le peuple le sait, il est donc temps de rétablir la justice en se rendant aux urnes le 8 novembre ».

    C’est désormais chose faite !

    Quid de James Comey lui-même ?

    Jacques Borde. Peu de choses à en dire. Sauf ceci : la seule chose qui semble finie, à court terme, c’est la carrière de James B. Comey à la tête du Bureau ! Aucune des deux possibles administration n’avait l’intention de le maintenir à son poste, de toute façon. Il en a soit trop fait ou pas assez. Dans les deux cas c’est un Lame duck2.

    À ce sujet, on notera l’avis de l’ancien Speaker de la House of Representatives, Newt L. Gingrich, qui soulignait à l’époque des faits que « Comey doit subir une pression politique énorme pour flancher comme cela ». On ne garde un type comme ça à un tel poste.

    Notes

    1 La tirade du nez, Cyrano de Bergerac, « Ah ! Non ! c’est un peu court, jeune homme ! On pouvait dire… Oh ! Dieu !… Bien des choses en somme. En variant le ton, -par exemple, tenez : Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez Il faudrait sur-le-champ que je l’amputasse ! »Descriptif : « C’est un roc!… C’est un pic !… C’est un cap !…Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! » » ; Etc.
    2 Littéralement canard boiteux, désigne, dans le monde anglo-saxon, un personnage public dont le mandat arrive à terme, d’une manière ou d’une autre.

    http://www.voxnr.com/8076/du-trump-bashing-a-la-realite-si-les-democrates-creusaient-la-leur-propre-tombe-1

  • Du Trump bashing à la Réalité ! & si les Démocrates creusaient là leur propre tombe ? [2]

    Un à un, les Commissions sénatoriales valident les hommes & femmes choisis par le 45ème président des États-Unis, Donald J. Trump. Foulant aux pieds tous les usages de la Grande république étudiée par Tocqueville, les Démocrates multiplient les obstacles, alors que Intel, sentant le vent qui balaye l’America First lui chatouiller les oreilles, vient d’annoncer 7 Md$US d’investissements aux USA. À ce petit jeu du mauvais perdant, c’est à se demande si le parti des Clinton, Obama & Sanders n’est pas en train de creuser de ses propres mains sa tombe politique. 2ème Partie.

    « Il est de tradition de ne prendre aucune décision stratégique la dernière année d’un deuxième mandat, encore moins le dernier et absolument rien la dernière semaine. On n’engage pas une politique qu’on ne ne peut plus suivre. Si le nouveau président a une stratégie différente il ne peut plus l’exercer. Il complique la tâche de son successeur à qui  il a ouvert plusieurs chantiers ces dernières semaines tant sur le plan intérieur qu’international. Jamais arrivé avant ».
    Eber Addad

    Les enquêtes autour des Clinton peuvent-elle redémarrer ?

    Jacques Borde. Oui, tout à fait. D’ailleurs, la directrice de la campagne présidentielle de Donald Trump, Kellyanne Conway, interrogée sur le sujet, n’avait pas exclu que Trump puisse, à un moment donné, désigner un procureur spécial pour enquêter sur le cloaca maxima des Clinton. Histoire de tirer ça au clair une fois pour toute.

    « Si je gagne, je vais donner l’ordre à mon ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour faire la lumière sur votre situation, parce qu’il n’y a jamais eu autant de mensonges, autant de choses cachées », avait d’ailleurs affirmé le candidat républicain lors du deuxième débat présidentiel.

    Le fera-t-il ? Est-ce même utile ? Ne suffit-il pas de laisser la machine judiciaire avancer motu proprio ? Les fameux « spectres d’Hillary » évoqués par Jacques Sapir lors de la campagne des présidentielles US.

    En tout cas, désormais le clan Clinton va devoir vivre avec une sacrée épée de Damoclès au-dessus de la tête. Juste retour des choses, car avec cette famille, les turpitudes, il y en a toujours une de plus qui vient s’ajouter aux précédentes, pavent leur vie politique…

    Et, à quoi pensez-vous au juste ?

    Jacques Borde. Oh, après la moiteur golfique, le frimas bernois, si je puis dire. C’est au tour du Schweiz am Sonntag de nous avoir rafraîchi lamémoire en rapportant comment la Direction du développement & de la coopération (DDC), soit l’organe du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) en charge de la coopération internationale, a versé en 2011 près de 500.000 francs suisse à la Fondation Clinton du temps, évidemment, où  Hillary R. Clinton était US Secretary of State.

    Or, toujours selon ce confrère suisse, Hillary R. Clinton était une partenaire des négociations autour différend fiscal opposant Suisse et États-Unis. Si tout ça ne relève pas du conflit d’intérêt, voir plus, cela y ressemble beaucoup. Un peu comme le débat qui agite Paris quant aux relations de François Fillon et le groupe AXA, même si comparaison n’est pas raison.

    Au-delà, je ne suis pas assez calé en droit pour vous dire comment les choses vont se passer. Mais comme l’avait écrit Jacques Sapir, « les spectres d’Hillary » existent bien et pourraient fort venir la hanter.

    Ces spectres, cela fait deux fois que vous les évoquez. Quels sont-ils au juste ?

    Jacques Borde. Ce, ou plutôt ceux dont nous avons déjà parlé :

    1- on pourrait tout à fait assister à « une procédure portant cette fois sur la Fondation Clinton sur la base du statut RICO, autrement dit le Racketeer Influenced & Corrupt Organizations Act un statut qui fut créé spécifiquement pour lutter contre le crime organisé »1. Les atermoiements de l’ex-directeur du FBI, James B. Comey, n’étant, en l’espèce, qu’un élément du dossier.

    2- Par ailleurs la machine judiciaire est déjà en marche sur d’autres affaires. Et sur ce point, la victoire de Trump ne fera probablement que permettre à la justice de passer plus vite. Jacques Sapir, s’interrogeant avant le 8 novembre 2016, avait noté qu’« Hillary Clinton devra répondre aux enquêteurs ou risquer une procédure, certes lourdes et très complexe, d’Impeachment . Elle sera donc nécessairement affaiblie durant au moins les deux premières années de sa présidence »2.

    Plus généralement, notait alors Jacques Sapir, « Si elle devait trébucher, et laisser la victoire à Donald Trump, elle ne le devrait qu’aux erreurs répétées qu’elle a commise depuis ces dernières semaines. Même si elle est élue, il se pourrait bien qu’elle se pose comme Lady Macbeth le question du sang, à la fois réel et métaphorique, qu’elle a sur les mains… »3. Fort heureusement le peuple américain en a décidé autrement.

    Laissons, sur ce point, le mort de la fin à Jacques Sapir qui conclut son propos en soulignant combien ce qui sortira de cette élection « …ne sera pas sans conséquences sur les relations internationales. L’émergence d’un polycentrisme mondial, ce que l’on appelle le  »monde multipolaire » est plus que jamais à l’ordre du jour »4.

    Donc pour vous c’est un manque de déontologie, à la fois judiciaire et médiatique ?

    Jacques Borde. Oui, criant même. Mais il y a d’autres manières de présenter les choses qui posent problème…

    Comment cela ?

    Jacques Borde. Comme lorsque le Figaro posait cette question, d’une lâcheté ahurissante, se savoir si « Après l’attentat de Berlin, faut-il interdire les marchés de Noël en France ? ». On reste sans voit devant cette veulerie ordinaire.

    Eber Addad, lui, soulignait à raison que « Supprimer ce qui est agressé, c’est ça que vous prônez au Figaro ? Se soumettre et se démettre, tout en même temps ! L’objectif des agresseurs et de terroriser pour détruire et faire abandonner ses valeurs à la société ! C’est ça que vous êtes prêts à accepter, bande de lâches et de traîtres ! Question ignoble et d’une révoltante lâcheté. Pourquoi ne pas proposer l’interdiction des camions aussi ? Déconcertants de conneries! ».

    Là encore, j’ai l’impression de remonter dans le temps. Munich et Daladier et son explication benoîte de l’infâme. Se coucher encore et toujours. on croirait lire Gringoire et quelques titres de ces temps de honte et de trahison !

    Autre élément : doit-on être si surpris que ça par un tueur infiltré ainsi dans la police turque ?

    Jacques Borde. Non, bien sûr. Ankara paye évidemment là l’ampleur de la pagaille causée par les purges incessantes de l’administration Erdoğan au sein de ses structures de force, comme disaient les Soviétiques. Entendez : la Défense, l’Intérieur, la Justice, etc. !

    Tout se paye un jour ou l’autre…

    Mais, là, l’Occident paye aussi pour ses décennies de laxisme, d’incompétence et de décadence. Y compris dans les rangs de police européennes et leurs supposément si efficaces groupes d’intervention dont le Bataclan et l’Hyper-Casher ne nous ont que trop montré les limites. Lisez à ce sujet ce qu’en a écrit Michel Goya.

    Vous n’êtes pas tendre ?

    Jacques Borde. Faut-il l’être ? À force de nous tresser des lauriers, nous avons régressé. Mais, surtout, c’est la gouvernance politique qui porte la responsabilité de ces choses. Comme dit le proverbe chinois : Le poisson pourrit toujours par la tête. Là nous approchons de la queue, j’en ai peur !

    Vous n’exagérez pas un peu ?

    Jacques Borde. Non, pas le moins. Un simple exemple :

    Tim Steffen, édile en charge de la Justice de Hambourg – membre des Grünen (Verts) – aurait retardé de plusieurs heures l’avis de recherche du terroriste tunisien de Berlin à diffuser sur les réseaux sociaux, handicapant la traque. Motif : ne pas déclencher le déchaînement de commentaires « haineux et racistes ».

    L’incompétence et la bassesse à de tels seuils, ça ne s’invente pas ! Les victimes apprécieront…

    Comme l’a souligné Slobodan Despot, dans un constat plus général, « La Russie intervient en Syrie à la demande du gouvernement légal. Les autres ingérences (USA, Turquie, OTAN) sont illégales. L’assassinat d’un ambassadeur américain ou turc lié à leurs opérations de flibuste n’en serait pas moins condamnable. Et je passe sur l’effarante disproportion entre les dégâts que peuvent commettre 70 avions russes depuis octobre 2015 en Syrie et ceux des armadas occidentales qui sévissent depuis les années 1990 au Moyen-Orient sans y avoir été invitées par personne. Mais l’essentiel est ailleurs. Nous connaissons, en particulier depuis la Bosnie ou l’affaire Merah-Squarcini, les relations très particulières entre les services spéciaux occidentaux et le milieu terroriste islamique. L’imprégnation de la police turque par les terroristes est-elle un avertissement pour d’autres pays ? ».

    Mais, ne rêvons pas : dans nos ploutocraties gangrenées jusqu’à l’os, ce ne sont pas les Munichois perfusés à l’or wahhabî qui vont remettre les choses à plats.

    Dernier exemple du merdier, excusez le terme mais, à ce stade, je n’en vois pas d’autre, Yves Chandelon, haut fonctionnaire de l’OTAN – rien de moins que l’auditeur général de l’OTAN – qui s’occupait des questions liées à la lutte contre le financement du terrorisme, a été retrouvé mort dans la ville d’Andenne en Belgique. Comme il l’avait évoqué à son entourage, il pensait avoir été suivi et avait reçu des appels « étranges ».

    Du coup, il se serait étrangement suicidé. Avec une arme ne lui appartenant pas, alors qu’il en possédait… quatre !

    L’enquête sur cette mort bien étrange est en cours. À savoir que la famille de Chandelon nie toute possibilité de suicide.

    Dans tout ce paysage de désolation géostratégique, seules deux administrations empruntent une voie plus assurée : la russe et l’étasunienne. La seconde suivie de près par le Royaume-Uni et l’Australie. Back to Basics !

    Notes

    1 Jacques Sapir.
    2 Jacques Sapir.
    3 Jacques Sapir.
    4 Jacques Sapir.

    RICO, DDC, OTAN, FBI, James B. Comey, Clinton

    http://www.voxnr.com/8078/du-trump-bashing-a-la-realite-si-les-democrates-creusaient-la-leur-propre-tombe-2

  • Illusions perdues et contradictions inextricables de la droite souverainiste !

    Nous avons lu avec beaucoup d’intérêt le dernier hors-série de la Nouvelle Revue d’Histoire, No 13 d’Automne-hiver 2016, ayant comme sujet de dossier « Terrorismes-Histoire et actualité ». Un tel sujet était effectivement, par les temps mouvementés et cruciaux pour l’avenir de notre civilisation qui courent, plus que d’actualité. Dans cette lecture édifiante, nous avons apprécié la qualité d’une série d’articles qui revisitaient l’histoire du terrorisme contemporain depuis ses débuts (royalistes ou jacobins) et à travers ses manifestations les plus emblématiques (anarchistes de la fin du XIXe, indépendantistes et terroristes d’extrême gauche du XXe etc). Parmi d’autres contributions, on a remarqué tout particulièrement celle de Gabriele Adinolfi (1) qui présentait les « années de plomb » sous un point de vue différent de celui des documentaires et des dossiers des médias systémiques ou des ouvrages des spécialistes attitrés des « droites extrêmes européennes ».

    La partie pourtant la plus intéressante du dossier, pour le temps présent, était celle consacrée au terrorisme islamique, nouvelle réalité à laquelle sont confrontés la plupart des peuples de l’Europe de l’ouest aujourd’hui. On pouvait donc s’attendre à ce que ce sujet de la plus grande importance fût le plus amplement traité. Après deux articles sur la question de savoir si le terrorisme est « consubstantiel à l’Islam » ainsi que sur les sources du financement du terrorisme, on tomba sur un article plus étendu signé par Yvan Blot et intitulé « Le terrorisme islamiste en France Histoire et perspectives ».

    L’auteur n’est pas un inconnu : ancien membre du GRECE, ainsi que cofondateur du Club de l’Horloge avec Henry de Lesquen, il est passé par la plupart des formations de la droite républicaine, nationale et/ou souverainiste (RPR, FN, UMP, RIF) pour être présenté aujourd’hui, au sein d’un milieu national et identitaire en pleine déroute idéologique, en tant que spécialiste bien averti de l’Islam radical ou comme il dit « révolutionnaire ». Il est également l’auteur, entre autres, du livre « Le terrorisme islamiste une menace révolutionnaire », publié aux éditions Apopsix ainsi que de « La Russie de Poutine », ouvrage dithyrambique (préfacé aussi par Philippe de Villiers) à classer dans la production littéraire du nouveau tropisme de la droite nationale et souverainiste.

    Dès le début de son article et jusqu’à la fin, Yvan Blot qualifie d’une manière très répétée l’islamisme radical de « mouvement révolutionnaire » ; son but avoué et assumé est de distinguer cet « islamisme révolutionnaire » de l’Islam ou de l’ensemble des musulmans afin de le placer dans la même catégorie anthropologique, « révolutionnaire » et a-morale que le nihilisme anarchiste, le communisme ou les fascismes. Il nous met bien sûr avant tout en garde en signalant que « cet islamisme révolutionnaire ne se confond pas avec l’Islam, pas plus que la terreur jacobine ne recouvre l’histoire de l’idéologie républicaine en France » et même s’il ne nie pas les liens entre radicalité et présence musulmane il évite d’établir clairement un rapport de cause à effet entre l’une et l’autre : « Toutefois, c’est également une erreur de croire qu’il faudrait établir une séparation parfaitement étanche entre l’Islam révolutionnaire extrémiste et l’ensemble des musulmans de France. […] il est aussi faux de prétendre qu’il n’y a aucun lien sociologique entre le terrorisme de l’Islam révolutionnaire et la population d’obédience musulmane, même si le constat scientifique conduit à des conclusions « politiquement incorrectes » ».

    Force est pourtant de constater que malgré les « constats scientifiques » et quelques allégations (très partiellement en réalité) « politiquement incorrectes », l’analyse de Monsieur Blot est dépourvue tant de clarté que de précision. Une approche sérieuse du terrorisme islamique ne peut commencer que par une définition de l’Islam en général, puisque même les analystes les plus modérés ou les plus partiaux du phénomène auraient la plus grande peine du monde à nier les liens entre la matrice religieuse et ses expressions théologico-politiques les plus radicales. L’auteur présente très justement les thèses du prédicateur islamiste Indo-pakistanais Al Mawdudi pour qui «l’islam  n’est pas du tout une religion au sens classique du mot » mais plutôt « une conception totale du monde, politique, religieuse, sociale, esthétique, morale etc. Ce n’est pas une construction intellectuelle mais une « interpellation », un appel à se mobiliser pour faire régner l’islam sur la terre entière. C’est donc un mouvement aussi affectif qu’intellectuel. ». Ce qu’il ne semble pas comprendre ou vouloir admettre en revanche c’est que cette définition, censée exprimer l’idéologie des seuls « islamistes révolutionnaires », décrit  magistralement la réalité de l’Islam en tant que culture (au sens spenglérien du terme) et Civilisation. Certes Monsieur Blot admet encore une fois que « La référence au Coran chez les djihadistes est en effet centrale. » mais pour lui l’élément le plus important qui façonne la physionomie du djihadisme islamiste est son aspect « révolutionnaire » : « Mais on oublie souvent l’autre terme essentiel : « révolutionnaire ». Cela veut dire qu’on a affaire à un mouvement totalitaire et d’une extrême violence […]. » Et à l’auteur de citer les Démons de F. Dostoïevski afin d’expliquer que le djihadiste partage la « psychologie » du révolutionnaire qui « libère ses pulsions agressives au point de pouvoir tuer sans le moindre remords […] justifie ses actions meurtrières par des raisonnements idéologico-religieux permanents […] » et « […] marginalise ses propres sentiments d’humanité et son sens moral dès lors qu’ils s’opposent à la cause révolutionnaire. ». L’Europe aurait déjà fait l’expérience de ce type de terrorisme avec les anarchistes du XIXe siècle, les bolcheviques et fascistes si bien que « l’islamisme révolutionnaire n’a de ce point de vue aucune originalité, sinon la motivation religieuse coranique. »

    En pourtant cette différence « minime », constitue précisément l’originalité la plus grande et la plus significative du terrorisme islamique… En effet celui-ci loin d’être le fruit de tensions ou de contradictions sociales et historiques internes des sociétés européennes, constitue un article d’importation, un phénomène issu d’autres références que celles des mouvements révolutionnaires européens (en l’occurrence la matrice idéologique rousseauiste dans ses différentes variantes et adaptations historiques pour l’anarchisme, le communisme et le fascisme) et de populations culturellement autres et n’ayant probablement pas le même sens de l’humanité, de la morale ou du raisonnement que nous. D’où cette nouvelle et tout à fait inédite pratique du terrorisme islamique qui consiste à provoquer des carnages par des attentats aveugles et à viser indistinctement le plus grand nombre possible de victimes, contrairement à la logique ciblée des divers terrorismes historiques européens (anarchistes, nationalistes, indépendantistes ou même gauchistes) et de la violence politique classique en général. Le comportement des djihadistes n’est pas en réalité celui de révolutionnaires qui cherchent à « libérer le peuple » ou à « défendre l’ordre national et social » mais celui d’envahisseurs sévissant en pays ennemi où tout est à détruire et/ou à prendre ; et puisque Monsieur Blot aime bien les références historiques on voudrait lui rappeler que le terrorisme aveugle fut précisément le procédé tactique par lequel furent ouvertes les hostilités de la guerre de l’Algérie (considérée au début soit comme une émeute, soit comme une guerre civile larvée comportant un certain danger de partition), conflit toujours actif sur le temps historique long, d’autant plus qu’il est transféré sur le sol de l’ancienne métropole. N’est-il alors jamais passé par l’esprit de certains que, dans des conditions d’invasion de l’Europe et de grand remplacement suicidaire, ce type de guerre asymétrique pourrait être les prémices ou du moins le signe avant-coureur d’une guerre ethnique larvée en passe de devenir ouverte et généralisée ?

    Un autre point sur lequel notre analyste n’est pas non plus d’une grande clarté ce sont les causes de l’apparition de cet « islamisme révolutionnaire » qui « ne serait sans doute pas apparu sans la mise en contact de la société occidentale moderne et d’un monde musulman sous-développé et s’estimant humilié par l’Occident. » Il en arrive même à considérer que finalement l’explosion de l’intégrisme musulman serait une réaction à la sécularisation de l’occident et au triomphe du matérialisme : « Le cœur du conflit n’est pas vraiment entre le christianisme et l’islamisme mais entre la société matérialiste déchristianisée occidentale (que le philosophe Heidegger appelle le Gestell utilitariste) et une interprétation puriste de l’islam (salafisme, wahhabisme). ». Cependant il serait très utile de rappeler également à Monsieur Blot que l’Europe chrétienne médiévale fut, malgré certaines périodes courtes, en guerre permanente avec le monde musulman (2), que le Wahabbisme est apparu dans un endroit qui n’a jamais connu d’emprise occidentale, que le salafisme s’appuie sur les plus grandes autorités de la théologie et de la jurisprudence musulmanes et que les populations chrétiennes d'Orient actuelles ont été réduites à l’état de minorités infimes bien avant leur tentative d’anéantissement total par l’État islamique et autres salafistes, ce qui constituait seulement le dernier acte d’un drame pluriséculaire dont le grand réalisateur fut l’islam et l’islam seul, dans toutes ses variantes ! D’autre part, sans vouloir nier l’impact négatif de l’emprise, des interventions ou de la colonisation occidentales au sein du monde musulman, il serait complètement absurde de prétendre que l’islamisme récent « ne serait sans doute pas apparu sans la mise en contact de la société occidentale moderne [...]» ou que « le modèle séculier individualiste occidental ne peut qu’entretenir l’islamisme et assurer sa résilience dans la mesure où il est à l’origine de l’apparition et de l’expansion de ce mouvement. », puisque l’histoire du monde islamique est une succession d’émergences de mouvements politico-religieux réformateurs et/ou messianiques prétendant redonner à l’islam sa vigueur et son éclat d’antan. Et sur ce point-là on pourrait encore consulter l’historien et politologue Nabil Mouline, qui semble être d’un avis assez différent de celui d’Yvan Blot : « À court terme, Daech peut apparaître comme le fils monstrueux de l’Arabie saoudite, et l’Arabie saoudite comme un Daech qui a réussi et s’est “routinisé”. Mais si l’on s’inscrit dans la longue histoire arabo-musulmane, on pourrait également y voir la banalité de l’exceptionnel. Aussi aberrant qu’il nous semble aujourd’hui, Daech est un mouvement messianique qui s’inspire des méthodes de conquête du pouvoir et des stratégies de légitimation d’une bonne partie des mouvements politico-religieux qui ont émergé en terre d’islam depuis le Moyen Âge. Des Daech, le monde musulman en a déjà connu beaucoup." (3)

    Mais il y a pourtant un pays qui, contrairement à l’Occident décrépit et matérialiste, a réussi à affronter victorieusement le phénomène islamiste et qui nous offre de plus le paradigme de la bonne gestion des communautés musulmanes : « Pour l’instant le seul système qui semble avoir éteint cette révolution islamiste est le système russe. » La recette de cette réussite qui gagna l’admiration de Monsieur Blot avait consisté en l’écrasement de la rébellion tchétchène avec une puissance de feu disproportionnelle, l’établissement d’une bonne entente avec un pouvoir local (fantoche) et un soutien technique et financier constant (méthode du bâton et de la carotte ou comment racheter la mafia tchétchène) à la reconstruction du pays : « la Russie a passé un accord avec le nouveau président tchétchène Ramzan Kadyrov sur la base suivante : aide financière considérable, notamment pour la reconstruction de la capitale Grozny, et liberté de culte totale pour les musulmans avec lois spécifiques dans l’État fédéré de Tchétchénie. En échange, soumission complète à l’autorité fédérale russe et enseignement du patriotisme russe à tous les niveaux ». Blot en arrive même à se féliciter du fait que « des Tchétchènes combattent à titre privé avec les armées des républiques autonomistes du Donbass en Ukraine. », preuve parmi d’autres, selon lui, de la grande réussite de la stratégie de Poutine. Ce monsieur n’a apparemment aucun doute sur les motivations réelles des mercenaires islamistes tchétchènes (ô pardon, volontaires musulmans, anciens islamistes repentis et patriotes grand-russiens fraîchement éclairés) que le pouvoir corrompu et mafieux de Kadyrov a mis à la disposition de ses partenaires de Moscou pour le sale boulot en Ukraine de l’est… Il a bien sûr le droit imprescriptible d’admirer le système de « pacification » russe en Tchétchénie et d’en penser tout le bien qu’il veut, mais l’acceptation inconditionnelle des versions médiatiques russes et leur exaltation quasi stalinienne est une preuve, quoi qu’il en soit, d’un manque de discernement gravissime ou d’une malhonnêteté intellectuelle et d’un parti pris trop flagrants. Ce qui est surtout très intéressant chez lui c'est l'exaltation inconditionnelle de la politique de Poutine avec la proposition simultanée d'un modèle intégrationniste "patriotique et spirituel" destiné aux populations musulmanes issues de l'immigration qui résident en France. Dans cet article consacré au terrorisme musulman et aux moyens de l’enrayer, la référence au cas russe a en fait valeur de paradigme puisque « La Russie n’a pas misé sur la « laïcité » mais sur la religion, islam en Tchétchénie et orthodoxie sur l’ensemble du territoire fédéral. » et qu’ « Elle a surtout misé sur le patriotisme comme force effective de rassemblement national et de promotion d’un idéal pour tous, et notamment pour la jeunesse. » M. Blot souhaiterait ainsi un projet similaire pour la France qui devrait proposer « un idéal patriotique et spirituel aux populations musulmanes déracinées. » « […] un idéal qui rassemble : c’est ce que fait aujourd’hui en Russie le patriotisme. »

    Dans son grand enthousiasme pour ce modèle ingénieux, dont les mérites, soit dit en passant, nous paraissent plus que douteux, Yvan Blot ne s’est évidemment pas aperçu de l’ampleur des différences entre la Russie et la France : les Tchétchènes sont un peuple autochtone, homogène, en nombre relativement limité, enraciné sur un territoire périphérique et participant en tant qu’entité territoriale à une structure fédérale, alors qu’en France nous avons des populations immigrées déracinées, aux origines multiples, en grand nombre, à une démographie galopante et résidant dans un État centralisateur et jacobin, allergique à toute idée de fédéralisation, ne serait-ce qu’à l’égard de ses propres régions et identités locales ! Ainsi la solution serait-elle la mise en place par l’État français d’un « patriotisme pour tous » (sic) et d’une identité spirituelle basé à la fois sur le catholicisme et l’islam (un islam modéré, « français », des Lumières ?) ? Cela paraît tout à fait impossible vu que les racines de la France ne sont pas « autant musulmanes que chrétiennes » et que celle-ci serait, normalement, peu disposée à permettre la création sur son sol (à moins de s’y voir forcée) d’éventuelles entités territoriales « avec lois spécifiques (lesquelles ? La charia appliquée au niveau local ?) dans l’État fédéré ». Le fédéralisme fut précisément rejeté tant par la France des Bourbons que par la France révolutionnaire, bonapartiste et/ou républicaine (qui par ailleurs n’a jamais fait preuve de tendresse particulière vis-à-vis des revendications culturelles des Bretons ou des Basques)…

    On doit pourtant reconnaître à Monsieur Blot le mérite de rester, malgré toutes ses contradictions, fidèle à lui-même : il croit toujours au vieux bon modèle intégrationniste ; mu par un vieux réflexe bourgeois, il préfère critiquer la « tentation révolutionnaire » plutôt que de se rendre à la réalité et envisager des solutions plus claires, réalistes et efficaces. Il croit que « les traditions sont toujours le meilleur rempart contre la tentation révolutionnaire » mais il omet de préciser de quelles traditions il s’agit et, dans le cas qui nous occupe, d’examiner si un « idéal patriotique et spirituel pour tous » est possible à fabriquer à partir de traditions complètement antithétiques et incompatibles. Son modèle, c’est en réalité le mème modèle assimilationniste et intégrationniste qui échoua dramatiquement en Algérie et dont l’échec en métropole risque d’amener le peuple français dans les heures véritablement les plus sombres de son histoire ! On conviendra, bien sûr, que « l’idéal occidental est purement formel et froid (laïcité, droits de l’homme) », et c’est justement pourquoi nous le désavouons et le combattons, mais on ne peut pas oublier non plus que le mot patrie signifie terre des ancêtres et qu’un peuple n’est jamais un agrégat d’individus unis entre eux seulement par des « idéaux » artificiels. Que devrait-on voir alors dans ce « patriotisme pour tous » ou ces « idéaux », sinon le recyclage d’un universalisme occidental éculé, dont les nouvelles versions « spirituelles et patriotiques » seraient à la vérité aussi « purement formelles et froides » que celles dans lesquelles il a déjà été appliqué ?

    Le cas d'Yvan Blot donne surtout raison à l'analyse qui considère le modèle russe comme une version alternative (folkloriquement patriotique et spirituelle) de l'universalisme occidental et l'influence politique russe comme un facteur nullement favorable à la stratégie de la remigration. La droite libérale-conservatrice et plus récemment souverainiste, contre laquelle Dominique Venner s'était inlassablement battu dans sa jeunesse, demeure aujourd'hui plus que jamais un leurre et un obstacle majeur face au combat radical pour une Europe libre et fidèle à ses racines et son identité profonde!

    Pour notre part, face aux solutions impossibles, nous soutenons plus que jamais celle de la remigration, comme la seule réaliste et la plus viable. Et en cela nous avons des sources puissantes d’inspiration et de clarté qui, hélas, sont actuellement en passe de glisser dans l’oubli ou d’être « édulcorées »:

    « Parmi tous ses enseignements elle [la guerre d’Algérie] montre aussi que l’impensable peut, contre toute atteinte, advenir. Vers 1960 et au-delà l’impensable, c’était l’expulsion du million de pieds-noirs d’Algérie. Personne ne l’avait imaginé, pas même le général De Gaulle. Pourtant cela eut lieu en application du précepte « la valise ou le cercueil ». L’impensable c’était aussi, dans les décennies qui ont suivi l’indépendance, l’arrivée de plusieurs millions d’Algériens en France. L’impensable, aujourd’hui, c’est, par exemple, le retour chez eux de ces Algériens et d’autres immigrés africains. Retenons du passé que l’impensable peut, un beau jour, devenir réalité. » Dominique Venner (4)

    Basile Cérialis / C.N.C.

    Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source

    (1) « Italie :’’Nos années de plomb’’ » pages 45-50 de la Nouvelle Revue d’Histoire, Hors-série No 13 Automne-Hiver 2016

    (2) Avant le déclenchement des Croisades, l’Empire gréco-romain de Constantinople avait vécu en situation de guerre quasi permanente avec le monde musulman, surtout dans ses thèmes (circonscriptions militaires et administratives) anatoliens où les conflits étaient sans répit.

    (3) Nabil Mouline L’Obs n° 2692 du 9 juin 2016

    (4) Nouvelle Revue d’Histoire, numéro 8, septembre-octobre 2003, « La guerre d’Algérie est-elle terminée ? »

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/le-cercle-non-conforme/