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géopolitique - Page 681

  • La meilleure armée de la planète ?

    Dans mon récent article, Les risques et les chances pour 2017, j’ai fait une déclaration qui a choqué de nombreux lecteurs. J’ai écrit :

    La Russie est maintenant le pays le plus puissant de la planète. [] l’Armée russe est probablement la plus puissante et la plus capable sur terre (bien qu’elle ne soit pas la plus grande) [] la Russie est le pays le plus puissant sur la terre pour deux raisons : elle rejette et dénonce ouvertement le système politique, économique et idéologique mondial, régnant dans le monde entier, que les États-Unis ont imposé à notre planète depuis la Seconde Guerre mondiale, et parce que Vladimir Poutine jouit d’un soutien solide comme le roc de quelques 80% de la population russe. La plus grande force de la Russie en 2017 est morale et politique ; c’est la force d’une civilisation qui refuse de jouer selon les règles que l’Occident a réussi à imposer au reste de l’humanité. Et maintenant que la Russie les a « rejetées » avec succès, d’autres suivront inévitablement (de nouveau, en particulier en Asie).

    Si certains ont rejeté ceci comme une hyperbole assez ridicule, d’autres m’ont demandé d’expliquer pourquoi j’arrive à cette conclusion. Je dois admettre que ce paragraphe est quelque peu ambigu : d’abord j’affirme quelque chose de spécifique sur les capacités de l’Armée russe puis les « preuves » que je présente sont de nature morale et politique ! Pas étonnant que certains aient exprimé des réserves.

    Effectivement, ce qui figure ci-dessus est un bon exemple de l’une de mes pires faiblesses : j’ai tendance à supposer que j’écris pour des gens qui feront les mêmes hypothèses que moi, considéreront les problèmes de la même manière que moi et comprendront ce qui est implicite. C’est ma faute. Donc aujourd’hui, je vais tenter de préciser ce que je voulait dire et clarifier mon point de vue sur cette question. Pour cela, cependant, un certain nombre de prémisses doivent, je pense, être énoncées explicitement.

    Tout d’abord, comment mesure-t-on la qualité d’une armée et comment les armées de divers pays peuvent-elles être comparées ?

    La première chose à écarter immédiatement est la pratique totalement inutile connue sous le nom de « décompte des haricots » : compter le nombre de chars, de véhicules blindés pour le transport des troupes, des véhicules blindés de combat d’infanterie, de pièces d’artillerie, d’avions, d’hélicoptères et de navires pour le pays A et le pays B et en déduire lequel des deux est le plus « fort ». Cela n’a absolument aucun sens. Ensuite, deux autres mythes doivent être détruits : que la haute technologie gagne les guerres et que l’argent gagne les guerres. Comme j’ai analysé ces deux mythes en détail ailleurs (ici), je ne le répéterai pas.

    Ensuite, je soutiens que le but d’une armée est d’atteindre un objectif politique spécifique. Personne n’entre en guerre uniquement au nom de la guerre, et la « victoire » n’est pas un concept militaire, mais politique. Donc oui, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Par exemple, réussir à dissuader un agresseur potentiel pourrait être compté comme une « victoire » ou, au moins, comme une réussite de votre armée si son but était la dissuasion. La définition de la « victoire » peut comprendre la destruction de l’armée de l’autre, bien sûr, mais ce n’est pas une obligation. Les Britanniques ont gagné la guerre des Malouines/Falklands même si les forces argentines étaient loin d’être détruites. Quelquefois, le but de la guerre est le génocide, et dans se cas se contenter de vaincre une armée ne suffit pas. Prenons un exemple récent : selon une déclaration officielle de Vladimir Poutine, les objectifs officiels des interventions de l’armée russe en Syrie étaient 1) stabiliser l’autorité légitime et 2) créer les conditions d’un compromis politique. Il est indéniable que les forces armées russes ont totalement atteint ces deux objectifs, mais elles l’ont fait sans que cela nécessite une « victoire » impliquant une destruction totale des forces ennemies. En fait, la Russie aurait pu utiliser des armes nucléaires et des tapis de bombes pour balayer Daech, mais cela aurait eu pour résultat une catastrophe politique pour la Russie. Est-ce que cela aurait été une « victoire militaire » ? Dites-le moi !

    Donc si le but de l’armée d’un pays est d’atteindre des objectifs politiques particuliers, cela implique directement qu’il est absurde de dire que l’armée d’un pays peut tout faire, partout et tout le temps. Vous ne pouvez pas avoir une armée indépendamment d’un ensemble de circonstances très spécifiques :

    1. Où : Espace/géographique.
    2. Quand : moment/durée.
    3. Quoi : objectif politique.

    Pourtant, ce que nous voyons, notamment aux États-Unis, est une approche diamétralement opposée. C’est quelque chose comme ça : nous avons l’armée la mieux formée, la mieux équipée et la mieux armée sur la terre ; aucun pays ne peut rivaliser avec nos bombardiers furtifs perfectionnés, nos sous-marins nucléaires, nos pilotes sont les mieux entraînés sur la planète, nous avons des capacités de guerre réseau-centrées sophistiquées, d’intervention globale, de reconnaissance et de renseignement basées dans l’espace, nous avons des porte-avions, notre Delta Force peut vaincre n’importe quelle force terroriste, nous dépensons plus d’argent que tout autre pays, nous avons plus de navires que toute autre nation, etc. etc. etc. Cela ne signifie absolument rien. La réalité est que l’armée étasunienne a joué un rôle secondaire dans la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen et qu’après cela, les seules « sortes de victoire » que les États-Unis ont remportées sont extrêmement embarrassantes : Grenade (à peine), Panama (presque sans opposition. Je vous accorderai que l’armée étasunienne a réussi à dissuader une attaque soviétique, mais je soulignerai immédiatement que les Soviétiques ont ensuite également dissuadé une attaque étasunienne. Est-ce une victoire ? La vérité est que la Chine non plus n’a pas subi d’attaque soviétique ou américaine ; cela signifie-t-il qu’elle a réussi à dissuader les Soviétiques ou les Américains ? Si vous répondez « oui », alors vous devrez admettre qu’elle l’a fait pour une fraction des coûts américains ; donc quelle armée était la plus efficace – celles des États-Unis ou celle de la Chine ? Ensuite, observez toutes les autres interventions militaires étasuniennes, il y en a une liste convenable, et ce que ces opérations militaires ont réellement atteint. Si je devais choisir la « moins mauvaise », je choisirais à contrecœur Tempête du Désert qui a libéré le Koweït des Irakiens, mais à quel prix et avec quelles conséquences ?

    Dans la grande majorité des cas, lorsqu’on évalue la qualité de l’armée russe, c’est toujours par comparaison avec les forces armées étasuniennes. Mais cela a-t-il un sens de comparer l’armée russe à une armée qui a une longue histoire d’échec à atteindre les objectifs politiques spécifiques qu’elle s’était fixés ? Oui, les forces armées américaines sont énormes, boursouflées, ce sont les plus chères de la planète, les plus technologiques, et leurs performances effectives assez médiocres sont systématiquement occultées par la machine de propagande la plus puissante de la planète. Mais tout cela les rend-elles efficaces ? Je soutiens que loin d’être efficaces, elles sont fantastiquement gaspilleuses et extraordinairement inefficaces, au moins d’un point de vue militaire.

    Vous doutez encore ?

    Okay. Prenons le « meilleur du meilleur » : les forces spéciales américaines. Nommez-moi s’il vous plaît trois opérations réussies exécutées par les forces spéciales américaines. Non, les petites escarmouches contre des insurgés du Tiers Monde peu entraînés et pauvrement équipés, tués dans une attaque surprise, ne comptent pas. Quel serait l’équivalent américain de, disons, Operation Chtorm-333, ou la libération de l’ensemble de la péninsule de Crimée sans qu’une seule personne soit tuée ? En fait, c’est une des raisons pour lesquelles la plupart des blockbusters de Hollywood sur les forces spéciales américaines sont basés sur de terribles défaites comme La Chute du faucon noir ou 13 Hours.

    Quant à la haute technologie américaine, je ne pense pas avoir besoin de me pencher trop à fond sur les cauchemars du F-35 ou du destroyer de classe Zumwalt, ou expliquer comment des tactiques bâclées ont permis à la défense aérienne serbe d’abattre un F-117A super furtif et censément « invisible » en 1999, en utilisant un ancien missile S-125 datant de l’ère soviétique déployé pour la première fois en 1961 !

    Il n’y a aucune Schadenfreude pour moi à me rappeler tous ces faits. Ce que je cherche, c’est briser le réflexe mental qui conditionne tant de gens à considérer l’armée américaine comme une sorte de mètre étalon permettant de mesurer ce que réalisent les autres armées dans le monde. Ce réflexe est le résultat de la propagande et de l’ignorance, pas d’une raison rationnelle. Il en va de même, d’ailleurs, pour les autres armées faisant l’objet d’une hyper-propagande : les FDI israéliennes dont les troupes blindées, les pilotes et les fantassins sont toujours présentés comme extraordinairement bien entraînés et compétents. La réalité est bien sûr qu’en 2006, les FDI n’ont même pas pu sécuriser la petite ville de Bint Jbeil située à seulement 2 km de la frontière israélienne. Pendant 28 jours, les FDI ont tenté d’arracher le contrôle de Bint Jbeil aux forces de second plan du Hezbollah (celui-ci gardait ses meilleures forces au nord de la rivière Litani pour protéger Beyrouth) et ont totalement échoué, en dépit de leur immense supériorité numérique et technologique.

    J’ai personnellement parlé à des officiers étasuniens qui se sont formés avec les FDI et je peux vous dire qu’ils n’étaient pas du tout impressionnés. Exactement comme les guérilleros afghans sont totalement unanimes lorsqu’ils disent que le soldat soviétique est bien meilleur que le soldat américain.

    Parlons de l’Afghanistan

    Vous souvenez-vous que la 40e Armée soviétique, qui était chargée de combattre les « combattants de la liberté » afghans, était généralement sous-équipée, sous-entraînée et peu soutenue en termes logistiques ? Alors lisez cet effroyable rapport sur les conditions sanitaires de la 40e Armée et comparez-le avec les 20 milliards de dollars par an que les États-Unis dépensent en air conditionné en Afghanistan et en Irak ! Ensuite comparez les occupations étasunienne et soviétique en termes de performances : non seulement les Soviétiques contrôlaient la totalité du pays le jour (la nuit, les Afghans contrôlaient la plus grande partie des campagnes et les routes), mais ils contrôlaient aussi toutes les grandes villes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En revanche, les États-Unis tiennent difficilement Kaboul et des provinces entières sont aux mains des insurgés. Les Soviétiques ont construit des hôpitaux, des barrages, des ponts, etc., alors que les Américains n’ont absolument rien construit. Et comme je l’ai déjà dit, dans toutes les interviews que j’ai vues, les Afghans sont unanimes : les Soviétiques étaient des ennemis beaucoup plus coriaces que les Américains.

    Je pourrais continuer sur des pages et des pages, mais arrêtons-nous là et acceptons simplement que l’image de relations publiques de l’armée étasunienne (et israélienne) n’a rien à voir avec leurs capacités et leurs performances effectives. Il y a des choses que l’armée américaine fait très bien (déploiement à longue distance, guerre sous-marine en eaux tempérées, opérations de transport, etc.), mais son efficacité et son efficience sont assez faibles.

    Donc qu’est-ce qui rend l’armée russe si bonne ?

    D’une part, sa mission, défendre la Russie, est proportionnée aux ressources de la Fédération de Russie. Même si Poutine le voulait, la Russie n’a pas les capacités de construire dix porte-avions, de déployer des centaines de bases outre-mer ou de dépenser plus pour la « défense » que le reste de l’humanité. L’objectif politique spécifique confié à l’armée russe est très simple : dissuader ou repousser toute attaque contre la Russie.

    D’autre part, pour accomplir cette mission, l’armée russe doit être capable d’attaquer et de l’emporter à une distance maximale de 1 000 km, ou moins, de la frontières russe. La doctrine militaire russe officielle fixe les limites d’une opération offensive stratégique un peu plus loin et inclut la défaite totale des forces ennemies et l’occupation de leur territoire à une profondeur de 1 200 à 1 500 km (Война и Мир в Терминах и Определениях, Дмитрий Рогозин, Москва, Вече, 2011, p.155), mais en réalité cette distance serait beaucoup plus courte, en particulier dans le cas d’une contre-attaque défensive. Ne vous y trompez pas, cela reste une tâche redoutable à cause de l’immense longueur de la frontière russe (plus de 20 000 km), qui traverse presque tous les types de géographie, depuis les déserts et les montagnes arides jusqu’à la région du pôle Nord. Et c’est là l’extraordinaire : l’armée russe est actuellement capable de vaincre n’importe quel ennemi imaginable tout le long de ce périmètre. Poutine lui-même l’a dit récemment lorsqu’il a déclaré que « nous pouvons le dire avec certitude : nous sommes maintenant plus forts que tout agresseur potentiel, quel qu’il soit ! » Je réalise que pour la plus grande partie du public américain, cela sonne comme le baratin typique que tout officier ou politicien étasunien doit dire à chaque occasion publique, mais dans le contexte russe, c’est assez nouveau : Poutine n’avait jamais dit quelque chose de semblable auparavant. Les Russes préfèrent se plaindre de la supériorité qu’ils prêtent à leurs adversaires (eh bien, ils le sont, en nombre – ce que tout analyste militaire russe sait ne rien vouloir dire).

    Numériquement, les forces russes sont en effet beaucoup plus modestes que celles de l’OTAN et de la Chine. En fait, on pourrait dire que par rapport à la taille de la Fédération de Russie, son armée est assez petite. C’est vrai. Mais elle est redoutable, bien équilibrée en termes de capacités et fait un usage maximum des caractéristiques géographiques uniques de la Russie.

    Aparté
    La Russie est un pays bien plus « nordique » que, disons, le Canada ou la Norvège. Voyez où se situent la grande majorité des villes et des villages au Canada ou en Scandinavie. Puis regardez une carte de la Russie et les latitudes où sont situées les villes russes. La différence est assez frappante. Prenez par exemple Novosibirsk, qui est considérée en Russie comme une ville méridionale de Sibérie. Elle est presque à la même latitude qu’Edimbourg en Écosse, Grande Prairie en Alberta ou Malmö en Suède.

    C’est pourquoi tout l’équipement utilisé par les Forces armées russes doit être opérationnel à des températures allant de -50° à +50°. La plupart des engins occidentaux ne peuvent pas opérer à des températures aussi extrêmes. Bien sûr, il en va de même pour le soldat russe, qui est aussi formé pour agir dans cette gamme de températures.

    Je ne pense pas qu’il y ait une autre armée qui puisse prétendre posséder de telles capacités, et très certainement pas les forces armées américaines.

    Un autre mythe qu’il faut détruire est celui de la supériorité de la technologie occidentale. Alors qu’il est vrai que dans certains domaines spécifiques, les Soviétiques n’ont jamais été capables de rattraper l’Occident, les micro-puces par exemple, cela ne les a pas empêchés d’être les premiers à développer une grande liste de technologies militaires telles que les radars à réseau en phase sur des intercepteurs, des viseurs montés sur des casques pour les pilotes, des missiles sous-marins à sous-cavitation, des chargeurs automatiques sur les chars, des véhicules blindés déployables en parachute, des sous-marins d’attaque à double coque, des missiles balistiques mobiles, etc. En général, les systèmes d’armement occidentaux tendent à avoir plus de haute technologie, c’est vrai, mais ce n’est pas dû au manque de capacités des Russes, mais à une différence fondamentale dans la conception. En Occident, les systèmes d’armement sont conçus par des ingénieurs qui bricolent ensemble les dernières technologies puis conçoivent une mission autour d’elles. En Russie, l’armée définit une mission puis cherche les technologies les plus simples et les meilleur marché susceptibles d’être utilisées pour l’accomplir. C’est pourquoi le MiG-29 russe (1982) n’avait pas de « commande de vol électrique » comme le F-16 américain (1978) mais pratiquait de « vieux » contrôles mécaniques du vol. J’ajouterai qu’un fuselage plus sophistiqué et deux moteurs au lieu d’un pour le F-16 ont donné au MiG-29 un domaine de vol supérieur. En cas de besoin, cependant, les Russes ont utilisé des commandes de vol électrique, par exemple sur le Su-27 (1985).

    Enfin, les forces nucléaires russes sont actuellement plus modernes et beaucoup plus performantes que la triade nucléaire américaine, vieillissante en comparaison. Même les Américains l’admettent.

    Donc qu’est-ce que tout cela signifie ?

    Cela signifie qu’en dépit d’une tâche immensément difficile, l’emporter contre n’importe quel ennemi le long des 20 000 km de la frontière russe et jusqu’à une profondeur de 1 000 km, l’armée russe a constamment démontré qu’elle est capable de dissuader ou de vaincre un ennemi potentiel, que ce soit une insurrection wahhabite (que les experts occidentaux qualifiaient d’« imbattable »), une armée géorgienne entraînée et équipée par l’Occident (en dépit d’un nombre de combattants inférieur pendant les heures cruciales de la guerre avec d’importants problèmes et la faiblesse du commandement et du contrôle), le désarmement de plus de 25 000 soldats ukrainiens (prétendument des cracks) en Crimée sans tirer un seul coup de feu et, bien sûr, l’intervention militaire russe dans la guerre en Syrie où une toute petite force russe a changé le cours de la guerre.

    Pour conclure, je veux revenir à ma déclaration sur la Russie comme étant le seul pays qui ose ouvertement rejeter le modèle de civilisation occidental et dont le dirigeant, Vladimir Poutine, jouit du soutien de plus de 80% de la population. Ces deux facteurs sont déterminants dans l’évaluation de l’armée russe. Pourquoi ? Parce qu’ils illustrent le fait que les soldats russes savent exactement pour quoi (ou contre quoi) ils combattent et que quand ils sont déployés quelque part, ils ne le sont pas comme des instruments de Gazprom, Norilsk Nickel, Sberbank ou toute autre entreprise russe : ils savent qu’ils combattent pour leur pays, leur peuple, pour leur liberté et leur sécurité. En outre, le soldat russe sait aussi que l’usage de la force armée n’est pas l’option première et préférée de son gouvernement, mais la dernière à laquelle celui-ci recourt lorsque toutes les autres ont été épuisées. Il sait que le Haut Commandement russe, le Kremlin et l’état-major général ne sont pas déterminés à trouver quelque petit pays à tabasser uniquement pour faire un exemple et faire peur aux autres. Enfin, le soldat russe est prêt à mourir pour son pays en exécutant tous les ordres.

    À la fin, le résultat de toute guerre est décidé par la volonté, je le crois fermement et je crois aussi que c’est le « simple » soldat d’infanterie qui est le facteur le plus important dans une guerre, non le superman super entraîné. En Russie, on les appelle parfois « makhra » – les jeunes gars de l’infanterie, qui ne sont pas beaux, pas particulièrement mâles, sans équipement ni formation spéciaux. Ce sont eux qui ont vaincu les wahhabites en Tchétchénie, à un coût élevé, mais ils l’ont fait. Ce sont eux qui fournissent un nombre impressionnant de héros, étonnant leurs camarades et leurs ennemis par leur ténacité et leur courage. Ils ne font pas bien dans les parades et ils sont souvent oubliés. Mais ce sont eux qui ont vaincu plus d’empires que quiconque et qui ont fait de la Russie le plus grand pays sur la terre.

    Donc oui, la Russie dispose aujourd’hui de l’armée la plus performante sur la planète. Il y a beaucoup de pays qui ont aussi d’excellentes armées. Mais ce qui rend celle de la Russie unique est la portée de ses capacités, qui vont des opérations anti-terroristes à la guerre nucléaire internationale, combinée avec la résilience et la volonté étonnantes du soldat russe. Il y a une masse de choses que l’armée russe ne peut pas faire, mais contrairement aux forces armées étasuniennes, l’armée russe n’a jamais été conçue pour faire tout, partout, tout le temps (c’est-à-dire « gagner deux guerres et demie » n’importe où sur la planète).

    Pour le moment, les Russes observent comment les États-Unis n’arrivent même pas à prendre une petite ville comme Mossoul, même s’ils ne font que renforcer les forces locales avec beaucoup de « soutien » étasunien et de l’OTAN, et ils ne sont pas impressionnés, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais Hollywood fera sûrement un grand blockbuster de cet échec embarrassant et il y aura plus de médailles décernées que de militaires impliqués (c’est ce qui est arrivé après le désastre de Grenade). Et la foule de téléspectateurs sera rassurée que « bien que les Russes aient fait quelques progrès, leurs forces sont encore très loin de celles de leurs homologues occidentaux ». Qui s’en soucie ?

    Traduit par Diane, vérifié par Wayan | Source

    http://www.voxnr.com/7995/la-meilleure-armee-de-la-planete

  • De Gaulle, la Russie de Poutine et le Front National

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    Soumise à Bruxelles et à Washington, la France n’a plus de politique internationale.

    On est soumis à l’atlantisme, à la bureaucratie bruxelloise, à son flot de lois ineptes, de réfugiés et de sanctions antirusses. On est soumis aussi à l’Otan et à ses provocations grotesques et belliqueuses en Europe.

    On a entendu récemment une courageuse (car quelle voilée de bois vert médiatique après!) Marine le Pen appeler à voter contre l’épouse oxydable de l’ex-président Clinton:

    « Pour l’intérêt de la France, c’est tout sauf Hillary Clinton, car je crois qu’Hillary Clinton c’est la guerre, c’est la dévastation, c’est le déséquilibre du monde, ce sont des choix économiques qui sont ravageurs pour le bien de mon peuple, ce sont des choix géostratégiques qui vont engager à des conflits mondiaux »

    Hillary Clinton ce sera la guerre voulue par la presse-système devenue démente (cf. the dumbing-down of NYT) et par ses oligarques possédés par l’ubris si bien décrite par Eric Zuesse ou Paul Craig Roberts.
    Par rapport à la Russie le FN a abjuré ses idéaux de jeunesse. Voici ce qu’on lit donc dans son programme. On sent une inspiration gaulliste dans tout cela, bien plus que « l’extrémisme » que dénonce la camarilla médiatique — celle qui évoque les droits de l’homme en Chine, le sort des opposants en Russie en oubliant Assange, Snowden et les trois millions de détenus en Amérique.

    On lit au chapitre défense, p.4:

    « Reconstituer les filières industrielles de la Défense, notamment en coopération avec certains partenaires européens, y compris la Russie. »

    Le programme du FN insiste aussi sur un nécessaire regain de notre souveraineté spatiale et technologique, regain qui devra être franco-russe.

    Toujours au chapitre Défense:

    « Sur le plan des matériels, les programmes en cours de modernisation des équipements seront poursuivis et de nouveaux programmes stratégiques seront lancés, en priorité dans le domaine spatial, où les compétences enviables que la France avait acquises dans les 25 premières années de la Vè République sont aujourd’hui en jachère, notamment la coopération franco-russe en ce domaine doit être relancée. »

    Dans la partie Analyse, plus courageusement et aussi plus lucidement encore, le Front ajoute que la menace contre la paix mondiale est aujourd’hui américaine (p.50):

    « Le monde qui se prépare est sous le péril de guerres de grande ampleur. D’abord parce que les Etats- Unis, n’acceptant pas de perdre la main sur l’histoire face à la Chine et la Russie, et confrontés au risque d’un effondrement économique consécutif à la perte du statut de monnaie de réserve pour le dollar, seront peut-être tentés par la guerre pour s’en sortir. »

    Et le FN propose à la fois une sortie de l’OTAN et un partenariat pragmatique et stratégique avec la Russie (Positions, p.51):

    1/ L’avènement d’une Europe des Nations, une sortie du commandement intégré de l’OTAN et l’offre faite à la Russie d’une alliance stratégique poussée, fondée sur un partenariat militaire et énergétique approfondi, le refus de la guerre d’ingérence et le soutien au droit international.

    2/ Conjointement, la proposition faite à l’Allemagne de s’associer pour former une alliance trilatérale Paris-Berlin-Moscou.

    On se souvient que cet axe du bien Paris-Berlin-Moscou fut atteint au moment où l’Europe tourna le dos à l’offensive contre l’Irak qui déboucha sur les déboires que l’on sait. Mais à ce moment une opportuniste inconnue prit la plume pour défendre la soumission à Bush. Elle dénonçait la France de Jacques Chirac, l’Allemagne de Schroeder, et s’appelait Angela Merkel. La gardienne de nursery (pour parler comme Chesterton qui voyait ce type de femme politique arriver au pouvoir) fut ensuite, comme d’autres avant elle, promue et non élue chancelière. On voit aujourd’hui les conséquences folles, invasion de l’Europe y compris, de cet alignement dont ne veulent même plus les Anglais.

    Le programme du FN ajoute:

    3/ La proposition de la formation d’une Union paneuropéenne (des Etats souverains) incluant la Russie et la Suisse et respectant le statut de neutralité, le droit national, la fiscalité nationale… La Turquie ne serait pas associée à ce projet.

    Je ne vote pas, ne lance donc pas de consignes, et laisse mes lecteurs russophiles (les autres n’ont qu’à aller voir d’autres sites) se faire leur idée à ce sujet. Vladimir Poutine est habitué à nager en eaux troubles, au milieu de piranhas hostiles, lui qui maintenant recrée un monde à sa mesure avec la Chine. Il est vraisemblable que Washington tentera de briser (mais que peut faire la déglinguée Amérique, avec un Juppé ou une Merkel à opposer?) l’unité eurasiatique qui se profile et que mon ami Jean Parvulesco avait prophétisée.

    Et pour finir, un peu de de Gaulle, qui se lâcha un beau jour de juin 1966, lors d’une amoureuse conférence de presse à Moscou:

    « La visite que j’achève de faire à votre pays c’est une visite que la France de toujours rend à la Russie de toujours… Aussi, en venant vous voir, il m’a semblé que ma démarche et votre réception étaient inspirées par une considération et une cordialité réciproques, que n’ont brisées, depuis des siècles, ni certains combats d’autrefois, ni des différences de régime, ni des oppositions récemment suscitées par la division du monde. »

    Une belle idée que cette amitié que rien ne peut briser!

    Encore une pincée pour les amateurs:

    « Il s’agit aussi de mettre en œuvre successivement: la détente, l’entente et la coopération dans notre Europe tout entière, afin qu’elle se donne à elle-même sa propre sécurité après tant de combats, de ruines et de déchirements. Il s’agit, par là, de faire en sorte que notre Ancien Continent, uni et non plus divisé, reprenne le rôle capital qui lui revient, pour l’équilibre, le progrès et la paix de l’univers. »

    Notes:

    • Programme du front national (à télécharger)
    • Washingtonpost.com Schroeder Doesn’t Speak for All Germans By Angela Merkel, February 20, 2003
    • Conférence, 30 juin 1966 à Moscou

    Nicolas Bonnal

    http://www.voxnr.com/7888/de-gaulle-la-russie-de-poutine-et-le-front-national

  • Trump, un discours d’intronisation historique, nationaliste, protectionniste et populiste

    Il est un sujet d'émerveillement permanent : l'impartialité de la presse. Nous l'avons vu une fois de plus ce 20 janvier à l'occasion de la prestation de serment du 45e président de l'Union américaine, Donald Trump. L'on aurait pu croire que les harpies médiatiques auraient mis un bémol à leurs invectives après le vote de la Nation le 8 novembre, puis après que les Grands électeurs l'eurent confirmé le 19 décembre eh bien non, il n'en a rien été. Au contraire, les coups ont redoublé. Le lundi précédent la cérémonie d'investiture, le service public hexagonal en la personne de Patrick Cohen sur France Inter, laissait une humoriste à la petite semaine et à l'esprit de pissotière, Sophie Aram, ironiser laborieusement sur de supposées parties fines, salacement arrosées et filmées, auxquelles le président américain aurait participé naguère en compagnie de prostituées moscovites. Ce faisant, la donzelle eût dû être débarquée dans l'heure car en France l'insulte à chef d'État étranger est encore punie par la loi(1). Quant à ceux qui tolèrent et encouragent de tels écarts, ils montrent quel noble usage ces gens font de la liberté de la presse et des deniers publics. Mais que dire à une époque où tout est dénigré, rabaissé, où plus rien n'est respecté ?

    Nous ne nous étendrons pas outre mesure sur les coups bas qui se sont multipliés avant l'installation de Donald Trump à la Maison-Blanche. Il s'agissait coûte que coûte de le délégitimer pour préparer le terrain à de futures manœuvres, l’impeachment par exemple. Ou à défaut il s'agirait de lui interdire de gouverner trop longtemps en préparant le terrain pour un cuisant échec aux élections de mi-mandat. Toutefois, pour la beauté de la chose, mentionnons la tentative d’accréditer l'idée que des hackers russes du FSB (l’ex-KGB) auraient fait pencher la balance électorale en faveur des Républicains sur fond de collusion entre Vladimir Poutine et le milliardaire américain. Cela au moment précis où Barack Obama effectuait un dernier tour de piste et mettait autant de bâtons que possible dans les roues de son successeur, par exemple en prolongeant les sanctions contre la Russie et expulsant en vingt-quatre heures le 29 décembre 35 diplomates russes et leurs familles(2).

    Il est assuré que plus le mensonge est énorme grossier, vil, plus il frappe les imaginations et sera cru par un plus grand nombre. Ici les ennemis du suffrage populaire (ceux qui ne veulent pas accepter le verdict des urnes), ont voulu faire accroire aux opinions crédules que l'explication de la volonté affichée de rapprochement de Donald Trump avec Moscou résidait dans le chantage qu'auraient exercé les Services russes sur le magnat américain grâce à des vidéos pornographiques. Une allégeance crapuleuse, puant le sexe et l'argent. Notons qu'à travers son président, c'est également la nation américaine qui se trouve rabaissée.

    Un dernier mot sur le traitement médiatique de l'arrivée au pouvoir d'une personnalité effectivement hors normes et dont personne ne prévoyait l'ascension hormis peut-être quelques initiés parce que son ambition n'est pas née en un jour). Certes il faudra attendre pour vérifier si Donald Trump tiendra, ou sera en mesure de tenir, ses promesses. Signalons pourtant à ce sujet la prise d'un arrêté, aussitôt le serment prononcé, remettant en cause le dispositif de protection sociale connu sous le nom d'Obamacare et qui n'était mirifique que vu de côté-ci de l’Atlantique (un système d'assurance ruineux, notamment pour les classes moyennes). Une bonne occasion de vitupérer pour les menteurs professionnels qui voudraient démontrer qu'il s’agit d'une mesure fondamentalement antipopulaire, autant dire fasciste... Ce qui serait pour le moins paradoxal de la part d’un homme taxé à tout bout de champs de populisme, c’est-à-dire de démagogie droitière. Mais la cohérence intellectuelle n'est pas le fort des diffamateurs et des hâbleurs de profession.

    Dans le même ordre d'idées, notons encore que, dans la foulée de la prestation de serment, le général James Mattis, ancien chef du corps des Marines âgé de 66 ans, était confirmé par le Sénat dans les fonctions de Secrétaire à la Défense. Or, sans connaître l'exacte chronologie des faits, cette nomination, la première de la nouvelle Administration, a coïncidé avec deux frappes américaines en Syrie éliminant coup sur coup une centaine de djihadistes dans la province d'Idlib à l'ouest d'Alep, et quarante al-Qaïdistes du Front Fateh al Cham, ex-Front al Nosra, les grands amis de M. Fabius. Un coup double totalement inédit depuis l'entrée en lice des forces aériennes des États-Unis en août 2014 à la tête d'une coalition internationale. Car jusqu'à maintenant en Syrie, le Pentagone apparemment retenait ses coups sans doute pour ne pas causer de préjudices à ses créatures(3)… Il aura fallu attendre le 30 septembre 2015 et l'intervention de la Fédération de Russie pour que la peur change de camp et que commence le reflux des troupes islamistes, révélant au passage le double jeu arabo-américain dont le seul et unique objectif était le renversement du régime de Damas. En quelques heures le nouveau président américain aura ainsi mis à bas l'édifice de manipulations et d'hypocrisie édifié patiemment par la CIA pour mener sa stratégie de balkanisation et de morcellement de l'aire géographique islamique.

    Évidemment notre bonne presse ne s'est pas le moins du monde préoccupée d'évaluer la foule massée au pied du Capitale. En revanche des équipes de tournages suivirent goulûment la centaine de casseurs manoeuvrant dans le style black-bloc pour nous accréditer l'idée que Washington, révulsée par son nouveau président, était en proie à l'émeute. Une courageuse invitée (qui ne le sera certainement jamais plus), Evelyne Joslain, osait proférer en direct à 14h25 sur la chaine BFMTV que « les Manifestants anti-Trump sont payés par Soros » à la journée et amené sur place en autocar. Cette analyste ayant également déclaré sur cette même chaîne pendant l'édition spéciale de l'investiture de Donald Trump que « Barack Obama était plus musulman dans son cœur que chrétien », elle a dû quitter le plateau. Le directeur général de BFMTV, Hervé Béroud, s'est ainsi exprimé dans un entretien accordé au site Buzzfeed : « Ce sont des propos scandaleux . On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Elle nous a été recommandée par les "Républicains Overseas" puisqu'on cherchait à avoir une sensibilité pro-Trump sur le plateau. C'était une erreur. Pour nous, ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement » Mais qu'attendre d'autre d'une chaîne ayant pour propriétaire un tenant de l'idéologie cosmopolite et libérale-libertaire, à savoir l’homme d'affaires franco-maroco-israélien Patrick Drahi ?

    De son côté, Madona qui aime à s'exhiber avec un troupeau de bipèdes cornus et arbore dans ses concerts, tatouée sur le dos, une formule cabalistique en lettres hébraïques, y est allée d'une harangue à voix cassée, ridicule autant que vaine. Laïus commercialo-hystéro-sataniste dans lequel la Madone du show-biz semble avoir perdu tout sens de la mesure en clamant qu'elle rêverait de « faire sauter la Maison Blanche ». Un dérapage verbal qui en dit long sur la cassure entre l'Amérique profonde et l'establishment mondialiste, lequel voit dans l'installation d'Hollywood à Pékin(4) le nec plus ultra de l'économie de marché. À contre-sens bien entendu de la grande confrontation géoéconomique que la nouvelle Administration de Washington veut contre les Tigres et les Dragons asiatiques en vue de rééquilibrer les échanges transpacifiques, la production et les emplois au profit immédiat du peuple américain.

    Le lendemain, le 21 janvier, nos médiacrates se rengorgeaient un peu plus en annonçant cinq cent mille manifestants sur le National Mail... Là où la veille s'en trouvaient trois fois plus. Les manifestantes, majoritairement quarantenaires, de la Marche des femmes affublées d'un bonnet rose à oreilles de chat (référence aux pussy riot) dénonçant le sexisme, le racisme, la xénophobie, la misogynie du nouveau locataire de la Maison-Blanche... Mais hélas pour les militantes féministes, comme partout ailleurs les femmes ne sont pas une minorité, mais la majorité ! Et comment nous faire croire que les femmes américaines craignent d'êtres opprimées durant la mandature de Donald Trump sachant que 53 % d'entre elles ont voté en sa faveur ?

    Précisons que si les démonstrations collectives contre l'investiture de Donald Trump ont pris une allure de contestation à l'échelle de la sphère occidentale (jusqu'au Japon), elles restèrent néanmoins partout marginales. « L’avertissement retentissant » selon BFMTV, s'est en vérité soldé aux États-Unis par deux petits millions de manifestants anti-Trump à travers le pays, soit 0,63 % des 320 millions d'Américains. Qu'à cela ne tienne, la presse virtuose sait à la perfection grossir des presque non-événements pour leur donner la dimension d'un séisme. Au reste, si une révolution est intervenue ce vendredi 20 janvier 2017, c'est avant tout celle du bon sens et du retour au réel et non le maintien de la tyrannie du politiquement correct à laquelle contribuent activement des actrices, talentueuses comme Meryl Streep ou indécentes, façon Isabelle Huppert, que l'on a pu voir cracher dans la soupe républicaine au cours de la 74e cérémonie des Golden Globes, le 8 janvier dernier.

    À 70 ans, sans expérience politique, diplomatique ou militaire notable, le grossium de l'immobilier s'apprête désormais à piloter la première puissance mondiale sous le regard inquiet de ses alliés(5). Des commensaux qui se déclarent, à l'instar de Tartuffe, inquiets de l'avenir prévisible en raison d'une supposée imprévisibilité du nouveau chef de l'Etat américain. Beaucoup de sophismes dans ces préventions car un chef vaut d'abord par ceux dont il sait s'entourer. Quant à son inexpérience, parlons-en. La pratique des affaires, du big bizness à l'international montre que Donald Trump maîtrise amplement les arcanes de la négociation. Maintenant ce qui est à craindre c'est qu'il ne parvienne pas à faire suffisamment prévaloir le bons sens, le réalisme face aux idéologies concoctées dans ces marmites de sorcières que sont les think-tanks washingtoniens, fondations et autres concentration de egg heads, têtes d'œufs, théorisant le « Nouveau siècle américain » et planifiant années après années des guerres de conquête impériales.

    Dans un discours d'intronisation proprement révolutionnaire, nationaliste, populiste, défendant ouvertement la préférence nationale (acheter et embaucher américain), le patriotisme, Donald Trump a commencé le 20 janvier dernière journée du Davos 2017 par rejeter catégoriquement devant les foules assemblées, Tordre mondial né de la victoire anglo-américaine de 1945 et de l'occupation alliée de l'Europe occidentale. Écoutons-le, cela débute par une accusation-dénonciation à peine déguisée de ces prédécesseurs : « La cérémonie d'aujourd'hui revêt un sens très particulier, car il ne s'agit pas seulement de transférer le pouvoir d'une administration à une autre ou d'un parti à un autre. Nous déplaçons le pouvoir de Washington pour vous le rendre à vous, le peuple des États-Unis.. L'establishment s'est protégé lui-même, mais il n'a pas protégé les citoyens de notre pays. Et pendant qu'il festoyait dans notre capitale, il n'y avait rien à fêter dans les familles en difficulté partout dans le pays ». Maintenant « ce qui compte vraiment, ce n'est pas qui exerce le pouvoir au gouvernement, mais le fait que le gouvernement soit entre les mains du peuple américain ».

    On comprend que de grands intellectuels tel Pierre Rosanvallon, titulaire de la "chaire d'histoire moderne et contemporaine du politique" au Collège de France - excusez du peu ! - frémissent et, tout en stigmatisant le populiste à cor et à cri, considère que nous assistons à un bouleversement équivalent à la chute du Reich allemand; Considérant sur France Culture le 21 janvier que celle de l'empire soviétique en 1991 n'a pas eu la même magnitude sur l'échelle catastrophique de l'histoire moderne il est certain qu'aucun de nos grands idéocrates n'imaginaient que l'Amérique pût, en seulement quelques mois, changer de paradigme et dévier de sa course. Les globalists se retrouvent désormais le bec dans l'eau et abandonnés au bord du chemin. C'est en effet tout aussi incroyable que le démantèlement du mur de Berlin en 1989, et pourtant ! Soit l'Amérique périssait écrasée sous le poids de sa dette (une dette fédérale de 19 000 milliards de dollars) et de ses dysfonctionnements, soit elle retrouvait un second souffle. Bien sûr rien n’est joué, reste que le grand chambardement américain à toutes chances d'annoncer, après le Brexit, une reconfiguration de la carte politique européenne. Seuls maintenant d'aveugles idéologues espérant contre toute raison se maintenir aux affaires, n'en sont pas encore convaincus. Et ce ne sont pas quelques gadgets qui leur sauveront la mise tel le revenu universel ou la libéralisation du cannabis prônés par l'aimable ectoplasme Benoît Hamon arrivé en tête dimanche soir du premier tour des primaires de la gauche devant l’ex-Premier ministre Manuel Valls dans un scrutin à la participation plutôt faible qui y changeront quelque chose.

    Alors assiste-t-on aux prémisses d'une révolution universelle ? 1917 et la Révolution internationaliste Judéo-bolchevique d'Octobre marquent le commencement d'un siècle de tyrannie marxiste (la Chine populaire, coqueluche des peoples américains, en en étant le dernier grand avatar étatique), de terrorisme intellectuel gauchiste et de gangrène ultralibérale (ce sont des banques new-yorkaises qui financèrent le coup d'État de Lénine et Trotski). 2017 se-ra-t-il ou non le début d'un retour contre-révolutionnaire à la tradition et au bon sens contre l'idéologie invertie du progrès et de la modernité dont le seul but est de déconstruire la civilisation au profit d'une termitière planétaire à visage inhumain ?

    Bref, le vieux système bipartisan, Républicains et Démocrates qui a, à la façon des figuiers étrangleurs (Ficus aurea), dissous l’arbre de la démocratie entre leurs racines aériennes, est peut-être en cours d'implosion sous les coups de boutoirs de Donald Trump. Au demeurant les mercantis du temple démocratique n'aiment pas se faire fustiger ni voir étalées leurs turpitudes sur la place publique. Il suffisait d'observer les visages cireux du couple Clinton lors de la prestation de serment, pour être certain que, si la cause du peuple (pas au sens maoïste !) a remporté une première manche, les mauvais perdants n'ont pas dit leur dernier mot. Au Forum économique mondial de Davos, le milliardaire George Soros, grand donateur de la campagne démocrate et père des révolutions colorées, a étrillé Trump qu'il a traité d'« apprenti dictateur » et craint que « l'influence positive des États-Unis dans le monde en faveur d'une société ouverte ne s'éteigne », ce qui, selon lui, « aura des effets profonds en Europe et dans d'autres parties du monde ». Mais Soros pense que les projets et visées de Trump seront bloqués par les contre-pouvoirs institutionnels américains (Congrès, Cour suprême, média...). Le Système n'a certes pas son pareil pour transformer des défaites en victoires et diaboliser, neutraliser, bloquer ou récupérer ses adversaires. La prudence s'impose donc.

    Revenons cependant à la remarquable adresse de Donald Trump prononcée sur la colline du Capitole : « Le 20 janvier 2017 demeurera dans les mémoires comme le jour où le peuple aura repris le pouvoir dans le pays. Les hommes et les femmes laissés-pour-compte de ce pays ne seront plus oubliés. Le monde vous écoute désormais. Et vous êtes venus par centaines de milliers pour vous joindre à un mouvement historique et inédit dans l'histoire du monde. Au centre de ce mouvement, il y a la conviction que la nation existe pour servir ses citoyens. Pour donner aux Américains ce.dont ils ont besoin : d'excellentes écoles pour leurs enfants, la sécurité dans leurs quartiers pour leurs familles et de bons emplois pour tous. Ce sont là les aspirations raisonnables d'un peuple épris de justice. »

    « Le drame américain [chômage et criminalité] s'arrête ici et maintenant. Nous sommes une seule et même nation, et la souffrance [du peuple américain] est la nôtre. Ses rêves sont les nôtres et ses succès seront les nôtres. Nous partageons le même cœur, la même maison et le même destin glorieux. Le serment que je prête aujourd'hui est un serment d'allégeance à tous les Américains ».

    « Une fierté nationale nouvelle nous étreint pour élargir nos horizons et surmonter nos divisions. Rappelez à votre mémoire cette sagesse ancestrale, que nos soldats n'oublieront jamais, selon laquelle, que nous soyons noirs, basanés ou blancs, nous avons le même sang rouge du patriotisme qui coule dans nos veines ».

    « À partir d'aujourd'hui, l'Amérique aura une nouvelle vision. À partir d’aujourd’hui, ce sera uniquement "les États-Unis d’abord". Toutes les décisions en matière de commerce, de taxes, d'immigration ou d'affaires étrangères seront prises au profit des travailleurs américains et des familles américaines... Nous chercherons à garder l'amitié et les bonnes grâces des autres pays du monde, mais ils doivent comprendre que chaque pays a le droit de faire passer ses intérêts avant ceux des autres. Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie à quiconque, mais nous voulons qu'il serve d'exemple aux autres... Nous allons renforcer nos anciennes alliances et en conclure d'autres afin d'unir le monde civilisé pour éradiquer le terrorisme de l'islam radical de la face de la Terre ».

    Tel fut le discours véritablement historique de ce président que les média français continuent de caricaturer et de vilipender. Les nabots de l'esprit haïssent d'instinct ce qui est plus haut que leurs bas appétits. Ce pourquoi Donald Trump fait peur. En premier lieu parce qu'il incarne la rupture avec un système dévoyé, qu'il n'appartient pas au sérail dans lequel le pouvoir des minorités et des lobbies se reconnaît, parce qu'il n'a pas fait allégeance à la tyrannie consensuelle, tout ce pourquoi il est un monstre aux yeux de l'élite ploutocratique des États-Unis.

    Cela parce que Donald Trump promet de rendre à la Nation américaine ce qui lui appartient : une parcelle de souveraineté quant à la maîtrise de son destin et à la défense prioritaire de ses intérêts nationaux. Tout autre commentaire serait superfétatoire. Ce recentrement (Trump a dénoncé avec bon sens le fait que les dirigeants des États-Unis avaient défendu les frontières des pays étrangers et non les frontières intérieures du pays) va assurément consacrer l'abandon de l'exportation du « modèle américain » et des délires transgenres que Condoleezza Rice (GW Bush) et Hillary Clinton (B. Obama) promouvaient en Afrique sub-saharienne et ailleurs. La planète repeinte aux couleurs Benetton ne sera plus à l'ordre du jour Chacun chez soi et les verrats seront bien gardés. La diplomatie armée (soft et hard power) dite "transformatrice" aura fait long feu. Les États-Unis n'essaieront plus de propager leurs "valeurs" messianiques et inverties aux quatre coins de l'horizon. Ouf ! Et c'est tant mieux. Déjà, dès le premier jour d'activité officielle, ont été supprimées toutes les aides publiques à l'avortement Peut-être un commencement de remise en cause du surplombant monopole du Planning familial, dont l’une des spécialités lucratives était hier la vente de foetus en pièces détachées à usage de l'industrie cosmétique(6).

    Cela se traduit au plan économique par une ordonnance signée le lundi 23 janvier afin de renégocier les Traités de libre échange, à commencer par le Partenariat Trans-Paciflque (TPP). L'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avec le Mexique et le Canada, faute d'un « accord équitable », devrait suivre. Disons en un mot que ces accords fonctionnent sur la délocalisation des industries à la recherche d'une main d'oeuvre à bas coûts, cela en contrepartie de l'importation de marchandises bon marché, ce qui sur le papier serait bon pour le pouvoir d'achat. La consommation contre l'emploi en quelque sorte. Un marché de dupe, parce que les seuls vrais gagnants du libre-échange mondialiste nous dit Marc Rousset, sont la Chine, les multinationales et les pays émergents. Les grands perdants sont les peuples européens et les Américains ! Retour donc à un protectionnisme approprié et pragmatique afin de produire le plus possible sur les marchés intérieurs, qu'ils soient américains ou européens. Par ailleurs, tout ce qui concernait le dogme du réchauffement climatique a été effacé du site de la présidence des États-Unis d'Amérique, preuve que dans ce domaine aussi Trump entend tenir ses promesses et rompre avec l'idéologie dominante.

    Le nouveau président a également évoqué dans son discours d'intronisation les ravages causés parla drogue contre laquelle il entend lutter vigoureusement. Par ailleurs, il entend créer des millions d'emplois grâce à une politique de grands travaux et une baisse de la pression fiscale, il veut lutter contre l'immigration illégale, construire un mur tout au long de la frontière avec le Mexique. Pendant ce temps en France l'on ouvre des salles de shoot, l'on accueille massivement des migrants et le candidat arrivé en tête des primaires de la gauche et qui a de bonnes chances de l'emporter dimanche prochain, si la logique arithmétique est respectée, a inscrit a son programme ultra-immigrationniste la légalisation du cannabis et l'adoption d'un revenu universel impliquant une hausse massive des impôts de nature à ruiner les classes moyennes et laborieuses, encourageant une société d'oisifs et de tire-au-flanc qui ne se donneront même pas la peine de chercher du travail et favorisant la venue dans notre pays de millions de futurs assistés. D'un côté un discours de bon sens mettant au centre Dieu, la famille, le travail, la patrie, le dépassement de soi, le patriotisme, la préférence nationale. De l'autre un programme utopiste et aberrant prônant une société sans religion, sans travail, sans famille, sans patrie.

    Qui donc nous donnera un Trump de ce côté de l'Atlantique ?

    Jérôme BOURBON et Léon CAMUS Rivarol du 26 janvier 2017

    1) Loi du 29 juillet 1881 sur ta liberté de la presse Article 48 modifié par la loi n°2007-297 du 5 mars 2007.

    2) Au lieu de procéder à des expulsions parallèles en mesure de rétorsion, le président Poutine s'est contenté de faire parvenir un message à l'ambassade américaine à Moscou : « J'invite tous les enfants des diplomates américains au Kremlin à fêter Noël et le Nouvel An ». Réaction inédite aussitôt saluée par un twitt de D. Trump à son homologue.

    3) Dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN, le général Wesley Clark, ancien commandant des forces armées de l'Otan, révélait froidement que « l'État islamique a été crée grâce au financement de nos amis et de nos alliés... dans le but de se battre jusqu'à la mort contre le Hezbollah ». Selon les aveux de ce haut gradé, la création de Daech par l'Occident n'a eu pour seul but que d’assurer la sécurité de l'État hébreu face au Hezbollah [afrique-asie.fr25mai16].

    4)Voir « La grande muraille » 2016. Superproduction sino-américaine de Zhang Yimou au budget de 135 millions de dollars.

    5) Propos emblématique : « Jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une transition entre deux présidents aux États-Unis n'aura autant stupéfait - et inquiété - le monde, tant les déclarations du futur occupant de la Maison-Blanche ont été contradictoires » nous assène Jacques Hubert-Rodier, pisse-copie aux Échos.

    6) Voir Les droits sexuels et la destruction de l'enfance et de la famille, Marion Sigaut, Sigest, janvier 2017.

  • Donald Trump révoque la ministre par intérim de la Justice opposée au décret anti-immigration – Analyse de la situation

    Donald Trump a limogé sans états d’âme, lundi, la ministre Sally Yates, qui refusait l’application du décret présidentiel limitant l’immigration aux États-Unis. Celle-ci exerçait le ministère par intérim dans l’attente de la confirmation de la nomination de Jeff Sessions.  

    « La ministre intérimaire, Sally Yates, a trahi le département de la Justice en refusant d’appliquer un décret destiné à protéger les citoyens des Etats-Unis », lisait-on lundi dans un communiqué de la Maison blanche. « Le président Trump a relevé Mme Yates de ses fonctions et a nommé Dana Boente ministre intérimaire dans l’attente de la confirmation par le Sénat de la nomination du sénateur Jeff Sessions ».

    Sally Yates est « faible sur les frontières et très faible sur l’immigration illégale ».

    Sally Yates était numéro deux du ministère de la Justice dans l’administration Obama, elle a mis en doute dans une note interne la légalité du décret anti-immigration et ordonné aux procureurs de ne pas le défendre.

    « Pendant toute la période durant laquelle je suis ministre par intérim de la Justice, le ministère de la Justice ne présentera pas d’arguments pour défendre le décret présidentiel, sauf si je finis par être convaincue qu’il est approprié de le faire », avait déclaré la démocrate Sally Yates.

    Ce texte du Président Trump interdit temporairement l’entrée aux USA de ressortissants de 7 pays de zone musulmane en conflit et de tous les réfugiés en raison des risques d’attentats islamiques qui ont endeuillé la plupart des pays occidentaux en dépit des efforts du Système pour en masquer l’ampleur.

    Plusieurs diplomates américains en dissidence ont protesté contre le décret. Mais sans se laisser intimider la Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump a averti: « Soit ils acceptent le programme, soit ils s’en vont ».

    Vers un « Printemps démocrate » ?

    Donald Trump étonnamment déterminé ne se laisse pas manipuler par le printemps démocrate à la Soros qui tente de se développer aux USA et dans le reste du monde où le Système médiatico-politique désinforme à tout va pour soulever des émeutes et interdire que d’autres schémas du style Brexit ou élection à la Trump ne gagnent d’autres pays, notamment la France. Ainsi hier à Londres, sur fond deprintemps anti-brexit, pétition et manifestation tentaient d’interdire à Térésa May de recevoir le Président américain dont la date de la visite officielle n’est pas encore fixée. Néanmoins le Premier ministre britannique a affirmé hier maintenir l’invitation.

    Des démonstrations d’hostilité qui sont très largement surestimées par les caisses de résonance médiatiques et qui ne trouvent de consensus qu’au niveau des autorités occidentales mises en place par le système mondialiste de destruction des peuples de civilisation chrétienne.

    La très étrange fusillade de la mosquée de Québec semble bien relever elle aussi, par un biais ou un autre, de cette tentative mondialiste de déstabilisation des souverainismes, tant elle tombe à pic pour conforter les autorités de ce pays qui appellent les personnes de pauys à risques, stoppées aux frontières US, à rejoindre le Canada. Présentée comme un attentat d’extrême droite suscité par des slogans de Marine Le Pen et de Donald Trump, dixit France Info ce matin, cet attentat serait une démonstration que les attentats ne relèvent pas tous de l’islamisme. En stigmatisant à point nommé les peuples occidentaux soucieux de défendre leur identité, il aurait été manipuler par quelque service secret, que cela aurait été mené à merveille. D’autant plus que sur les deux auteurs de cette fusillade le nom d’un seul, nommé Alexandre Bissonnette, est jetée en pâture à l’opinion publique. Qu’en est-il du second? 

    Étrangement encore, l’Iran jusque-là tellement décrié par le Système se découvre des alliés parmi les mondialistes dont les médias ne cessent de citer les déclarations outragées du président iranien, le décret anti-immigration frappant l’Iran. 

    Barack Obama qui avait favorisé l’immigration des « réfugiés » musulmans au détriment des chrétiens s’est déclaré encouragé par « le niveau de mobilisation » de ceprintemps démocrate. Son porte-parole, Kevin Lewis a dit de l’ancien président qu’il« est en désaccord fondamental avec la notion de discriminer des individus en raison de leur croyance ou de leur religion ». Angela Merkel y est allée elle aussi de son couplet pour la défense des Droits de l’Homme, de même que François Hollande, le président le plus honni de toute l’Histoire de France. Ne manque plus qu’Hillary Clinton pour compléter cette tentative de coup d’État en grand qui rappelle celui, plus petit, qui avait frappé l’Ukraine en 2014 et ouvert la guerre civile dont le pays est en train de se déchirer. 

    Le procès fait par les mondialistes au Président américain est l’accusation de racisme qui relève des nouvelles tablettes de la Loi que sont les droits de l’homme. Un procès qui ne repose sur rien: « Il ne s’agit pas d’une interdiction visant les musulmans, comme les médias le rapportent faussement », a précisé Donald Trump dimanche.« Cela n’a rien à voir avec la religion, il s’agit de terrorisme et de la sécurité de notre pays ». Le président américain rappelle qu’il y a des dizaines de pays musulmans dans le monde mais que son décret ne concerne que sept pays. Donald Trump peu impressionné par le raffut des mondialistes estime que « Tout se passe bien avec très peu de problèmes ».

    Après Vladimir Poutine, Donald Trump champion des peuples ? 

    Le renouvellement des cadres de l’administration Obama se poursuit, Donald Trump a également remplacé le chef intérimaire du service de l’immigration et des douanes (ICE), Daniel Ragsdale, lundi. C’est Thomas Homan qui a été nommé à sa place à la direction de l’ICE. Il « oeuvrera à l’application de nos lois sur l’immigration sur le territoire des Etats-Unis, en conformité avec notre intérêt national ».

    Sans se laisser manipuler, sans peur et sans reproche,  passant au-dessus de l’Establishment cosmopolite qui tient les gros médias occidentaux,  le président américain continue d’informer en direct ses concitoyens par tweets.

    Ce que se garde bien de dire le Système médiatique, c’est l’engouement inégalé que l’attitude puissante de ce président américain hors du commun suscite aux USA mais également partout dans le monde. Il a soulevé des espoirs anti-Système parmi les nations de civilisation chrétienne, que jusque-là seul Vladimir Poutine, le président de la fédération de Russie, portaient.

    emiliedefresne@medias-presse.info

    http://www.medias-presse.info/donald-trump-limoge-la-ministre-par-interim-de-la-justice-opposee-au-decret-anti-immigration-analyse-de-la-situation/68534/

  • L'arrivée de Trump change la politique étrangère des USA par Alain Benajam et Tepa - Meta TV 3/3

  • L'arrivée de Trump change la politique étrangère des USA par Alain Benajam et Tepa - Meta TV 2/3

  • L'arrivée de Trump change la politique étrangère des USA par Alain Benajam et Tepa - Meta TV 1/3

  • «Le système de la globalisation néolibérale craque de toute part»

    Interview de Natacha Polony accordée à Figarovox

    N.Polony.com_.Orwell-588x330.jpgA l’occasion de la sortie de l’essai collectif du Comité Orwell, Bienvenue dans le pire des mondes, sa présidente, Natacha Polony a accordé un entretien fleuve au Figarovox. Pour cette éditorialiste et essayiste française, il existe aujourd’hui une forme de totalitarisme soft.

     Figarovox : Vous publiez avec le Comité Orwell que vous présidez l’essai Bienvenue dans le pire des mondes. On pensait après 1991 être débarrassé des totalitarismes idéologiques. Sommes-nous plongés de nouveau dans les mondes de George Orwell et d’Aldous Huxley?

    Natacha Polony : Les concepts qu’ont mis en place Orwell [«1984»] et Huxley [«Le Meilleur des mondes»] permettent de penser un monde qui en apparence est totalement différent. Evidemment, notre monde n’a rien à voir avec celui de «1984». A la limite, avec toutes les manipulations de l’être humain permises par les avancées scientifiques, il a peut-être plus à voir avec celui d’Aldous Huxley dans «Le Meilleur des mondes». 

    En revanche, nous sommes bien dans des concepts forgés par Orwell utilisés à l’époque dans des contextes différents. Il ne s’agit pas de dire que le totalitarisme que nous vivons serait aussi violent et comparable aux véritables totalitarismes soviétique, maoïste ou nazi, bien sûr que non. C’est justement ce que nous appelons dans le livre le soft totalitarisme parce qu’il ne repose pas sur la coercition. Pour autant, il est tout aussi aliénant par certains côtés. Il faut absolument remettre en vigueur ces concepts marxistes d’aliénation et d’émancipation. Le système auquel nous faisons face remet en cause l’émancipation des peuples et des individus.

    Quel est ce système dont vous parlez?

    Nous avons cru être débarrassés des idéologies, mais nous avons aujourd’hui à l’œuvre quelque chose qui se présente sous les habits de l’évidence, parfois de la science économique, en tout cas du pragmatisme, mais qui relève bel et bien de l’idéologie. C’est celle du libre-échangisme qui s’est développée à partir des années 1970 et qui a remis en cause petit à petit tous les acquis sociaux non seulement des classes populaires mais aussi des classes moyennes, notamment en France les acquis sociaux du Conseil national de la résistance (CNR).

    Cette idéologie s’est mise en place à partir de Reagan et Thatcher mais elle a vécu son ère de toute-puissance lorsque des sociaux-démocrates sont arrivés au pouvoir, aux Etats-Unis avec Bill Clinton, en Angleterre avec Tony Blair, des élus qui ont libéralisé les flux de capitaux, ont remis en cause la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement, toutes ces mesures qui permettaient de protéger les citoyens contre le capitalisme prédateur.

    Le capitalisme est-il forcément prédateur?

     Pour le dire simplement, tout au long du XXe siècle, le capitalisme a été contenu par le fait qu’il avait un ennemi: le communisme. Il fallait alors que les classes dominantes nouent un contrat avec les classes populaires, c’est-à-dire qu’elles abandonnent une part de leur domination – ascenseur social, règles de protection, bref, modèles sociaux qui étaient ceux des pays occidentaux – pour que ces classes moyennes adhèrent à la démocratie libérale. A partir du moment où le capitalisme n’a plus eu d’ennemi quand le mur de Berlin est tombé en 1989, on a vu réapparaître le vrai visage d’un capitalisme déconnecté de l’économie réelle, qui n’existe plus que pour lui-même. Il ne sert plus à financer l’économie, mais il sert seulement à produire encore plus de capital. Ce système a abouti finalement à la crise de 2008. Avec le comité Orwell, nous disons qu’il s’agit d’un soft totalitarisme car il s’impose contre la volonté des peuples, tout en gardant les apparences de la démocratie. Nous rappelons dans le livre la phrase de David Rockefeller, fondateur du groupe Bilderberg et président de la Commission Trilatérale, deux groupes d’influences au service des multinationales, dans Newsweek en 1999: «Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’identité adéquate pour le faire.»

    On peut comprendre la logique d’un «capitaliste» à préserver un tel système… mais qu’est-ce qui fait que les citoyens l’acceptent bon gré mal gré? Pour reprendre le langage d’Huxley, quel est le somma qui peut endormir les citoyens?

     Il y a d’abord la société de consommation et son pendant, la société du bien-être. Elle agit à travers une idéologie du progrès qui est totalement détachée de l’idée de progrès moral de l’humanité, de progrès de la liberté, de progrès de l’émancipation. Cette idéologie s’est entièrement consacrée au progrès du bien-être. C’est ce droit des peuples à disposer d’un écran plat et d’un iPad qui permet l’assentiment.

    Et y a-t-il une «novlangue»?

     Oui, elle est efficace parce qu’à travers une forme de manipulation du langage, tout ceci est présenté sous les aspects de l’objectivité pure et s’est détaché de tous les attributs habituels de l’idéologie. Il suffit d’ailleurs de regarder comment sont présentés les débats idéologiques dans les médias. On ne dit pas «libre-échange» contre «protection». On dit «ouverture» contre «fermeture». Qui serait contre l’ouverture? Evidemment, dit ainsi, l’«ouverture», c’est bien, la «fermeture», c’est mal. Tout le langage est manipulé pour essayer de faire croire que les tenants de régulation de ce système veulent revenir à la nation, au renfermement des peuples sur eux-mêmes. Ils n’aimeraient pas l’Autre parce que – grande manipulation suprême – tout ça se fait finalement au nom de l’Autre, au nom du sympathique migrant. C’est une instrumentalisation du sort de malheureux qui fuient la misère, mais qui permet d’imposer aux classes moyennes et populaires des pays développés un système creusa les inégalités. Il suffit de voir comment a été reçu notre livre. Immédiatement, on nous a accolé des adjectifs comme «identitaire», «populiste» et même «complotiste»…

    Quel est le rôle des médias dans la transmission de cette novlangue? Dans les salles de rédaction, il n’y a pas de grand marionnettiste qui tire les ficelles et impose ce système libre-échangiste à tendance softement totalitaire!

    Il y a ce qui relève de ce que Pierre Bourdieu appelait un «procès sans sujet», c’est-à-dire que personne n’est coupable immédiatement. Chacun de leur côté, les journalistes tentent de faire leur travail au mieux, mais il se trouve que chacun, malgré lui, participe à ce processus sans sujet. Nous avons fondé le comité Orwell avec Jean-Michel Quatrepoint, Alexandre Devecchio, Emmanuel Lévy, Gérald Andrieu, des journalistes qui venons de différents médias et qui n’avons pas les mêmes opinions politiques et venons d’horizons différents (Le Monde, Marianne, Le Figaro, Causeur).

    Mais nous l’avons fondé parce qu’il nous semblait que certains sujets n’étaient jamais traités dans les médias ou étaient totalement sous-traités ou seulement selon un prisme qui était au service de cette seule idéologie libre-échangiste et qui ne laissait jamais apparaître les problématiques à l’œuvre en profondeur. Là aussi, revenons-en à Marx et à la différence qu’il établit entre infrastructure et superstructure. On nous vend toujours un débat quasiment moral, sur l’immigration, sur l’ouverture, sur le protectionnisme, et on ne va jamais voir les infrastructures, c’est-à-dire les questions économiques qui fâchent: à qui profite ce système? Le système profite évidemment aux grandes multinationales qui ont confisqué l’économie à leur seul profit, multinationales qui sont en grande majorité anglo-saxonnes et même américaines, en particulier ce que l’on appelle les «GAFA»: Google, Apple, Facebook, Amazon, dont la capitalisation boursière atteint les 600 milliards de dollars. Google dispose aujourd’hui d’à peu près 250 milliards de dollars en cash dans des paradis fiscaux.

    Ces problèmes ne sont absolument pas abordés dans les médias parce qu’il y a aujourd’hui une concentration des médias dans les mains de groupes capitalistes qui achètent de l’influence. Les journalistes sont aujourd’hui soumis à un pouvoir économique. Ils subissent une pression pour traiter leurs sujets trop rapidement, selon un rythme qui est celui des chaines d’information en continu, qui ne leur permet pas d’adopter un point de vue éclairé. On pourrait d’ailleurs multiplier les analyses sur le monde médiatique, parler ainsi de la déstructuration dans beaucoup de journaux des différents services. Auparavant, les journalistes étaient des spécialistes de leurs sujets, ils pouvaient parler d’égal à égal avec leurs interlocuteurs et avec leurs sources. Tout ceci a été démantelé au profit d’un journalisme qu’on a voulu axer dans les années 1990 vers ce que l’on appelle l’investigation, avec un roulement dans les services qui les empêche d’acquérir un recul historique.

    Traditionnellement, dans les totalitarismes, la propagande, les médias, sont importants, mais il y a aussi un autre levier qui est celui de l’éducation. Comment l’Education nationale par exemple, qui est encore un organisme étatique, peut-elle être imprégnée par cette globalisation idéologique libre-échangiste?

    On nous présente l’éducation comme l’un des derniers domaines régaliens, ce qui signifierait d’ailleurs que l’échec absolu de l’école française relèverait finalement de la défaillance de notre système étatique trop élitiste. C’est une idée fausse. Il y a depuis trente ans un mouvement d’uniformisation des systèmes éducatifs sous les conseils des grandes instances internationales qu’il s’agisse de l’Union européenne ou de l’OCDE, à travers notamment les textes qui accompagnent les fameuses études PISA.

    Ces textes dictent aux différents pays ce que devrait être un bon système éducatif. Ces recommandations vont toujours dans le sens d’un utilitarisme qui ferait de l’éducation – pour reprendre d’ailleurs une phrase d’un lobby européen – un «service rendu aux entreprises». On veut faire des élèves de futurs salariés, employables à volonté et pour cela adaptables. On oublie totalement la dimension culturelle, patrimoniale, civilisationnelle de l’éducation. Et évidemment la dimension essentielle de l’éducation qui est l’émancipation des individus. Les connaissances, le savoir sont vus dans cette idéologie seulement comme un capital que chaque individu va pouvoir faire fructifier pour participer à la croissance globale. On ne se rend pas compte qu’on détruit ainsi ce qui fait la richesse de l’école, sa capacité à transmettre des savoirs universels qui donnent cette capacité aux individus de lire le monde. C’est ce qui a fait autrefois la grandeur de l’école française et qui a permis de perpétuer l’histoire des nations, une certaine idée de la France, comme il y avait une certaine idée de l’Angleterre ou une certaine idée de l’Allemagne. Il y a bien une globalisation à l’œuvre dans l’éducation, au service de ce système économique.

    Qu’en est-il de l’hyper-individualisme? A la fin de l’ouvrage, la victoire du «minoritarisme» est évoquée. Comment cette propension à accorder des droits individuels participe à alimenter ce totalitarisme soft?

    Il ne s’agit évidemment pas de nier les avancées nécessaires des droits telles qu’on les a connues depuis la Révolution française. Nous sommes bien d’accord que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est une avancée majeure dans l’humanité – encore ne faut-il pas oublier le terme de citoyen … Mai 1968 a apporté des droits absolument fondamentaux pour les êtres humains. Il était nécessaire que cette avancée se fasse dans certains domaines, notamment en matière d’égalité homme-femme. Mais ce que l’on observe aujourd’hui est différent.

    C’est l’idée que la démocratie se réduirait au progrès indéfini des droits individuels. Ce faisant, on détourne la démocratie de son véritable rôle qui est de permettre l’expression de la souveraineté des peuples et, à travers cela, de la souveraineté de chaque individu en tant que citoyen, qui permet à ceux-ci de décider en commun de leur destin.

    Cette avancée des droits individuels se fait sous l’apparence du beau, du bien et du bon. Là encore, qui serait contre accorder davantage de droits? Si on le présente ainsi, bien sûr que ce processus apparaît comme la victoire du camp du bien. Sauf que là encore, c’est une façon très particulière de présenter les choses puisqu’il s’agit avant tout de découper la communauté nationale de chaque pays en tranches d’individus ou de petites communautés qui vont être traités comme un cœur de cible marketing. Les individus sont ainsi empêchés de se forger une volonté citoyenne nécessaire à la lutte contre les grands intérêts privés. En démantelant la pensée majoritaire qui est l’essence même de la démocratie, on tue la capacité à lutter contre l’appropriation de l’espace public par des intérêts privés.

    Donald Trump aux Etats-Unis, Brexit au Royaume-Uni, explosion des différents «populismes» en Europe … Ce monde du totalitarisme soft que vous décrivez n’est-il pas gravement secoué? N’y a-t-il pas dans tous ces phénomènes politiques récents un même rejet d’une globalisation néolibérale qui augmente les inégalités socio-économiques et qui uniformise culturellement le monde?

    Bien sûr! Il y a dans ces insurrections par le vote quelque chose qui ressemble à une fronde contre un système dont les citoyens de tous les pays occidentaux voient bien qu’on le leur a imposé. Ce n’est pas forcément pour le meilleur d’ailleurs… Car personne ne peut trouver formidable Donald Trump avec ses excès, avec tout ce qu’il peut dire d’absolument consternant. Mais justement, sortons des fausses alternatives! De même que ce n’est pas parce que nous sommes attaqués par un totalitarisme bien plus dangereux, frontal et brutal qu’est le totalitarisme islamiste qu’il faut refuser de voir ce soft totalitarisme dont nous parlons. Ne serait-ce que parce que ce soft totalitarisme fait le lit du totalitarisme islamiste. D’abord parce qu’il déstabilise les Etats-nations, ensuite parce qu’il détruit tous les anticorps des individus qui permettent de lutter contre la radicalisation. Encore parce que cette mondialisation financière et néolibérale s’appuie sur le consumérisme, sur l’abrutissement généralisé des populations et finalement sur leur enfermement dans la simple consommation et dans une misère sociale de plus en plus grande.

    Sous prétexte qu’il y a un danger islamiste, il ne faut pas refuser de remettre en cause le système tel qu’il est. C’est la raison pour laquelle l’insurrection par le vote que l’on observe un peu partout est une des formes de la colère des peuples. Il faudrait mieux que l’on prenne en compte cette colère, qu’on la comprenne et qu’on y réponde, plutôt que de laisser bouillir la marmite.

    Au lieu de cela, la réaction depuis quelques années consiste à transformer petit à petit nos institutions pour tenter de verrouiller le système démocratique. On voit très bien comment le système a exclu Bernie Sanders, comment l’establishment démocrate a d’ailleurs ouvertement triché pour favoriser Hillary Clinton. Ça leur a évidemment explosé à la figure, mais pour autant il y a bien là une forme de confiscation de la démocratie. De même en France, on voit comment le mécanisme des primaires essaie de contenir tout ce qui pourrait remettre en cause le système.

    N’y a-t-il pas lieu d’être optimiste puisque François Fillon par exemple n’était pas le candidat de l’establishment et a fait mentir les prévisions tant politico-médiatiques que sondagières?

    Oui, effectivement, on a François Fillon d’un côté. On a de l’autre Jean-Luc Mélenchon qui refuse d’entrer dans le cadre des primaires. On voit bien que ce système ne marche pas et qu’il craque de tous les côtés. Mais le tout est de savoir si l’on arrivera à remettre en cause ce qui est la base de ce soft totalitarisme, à savoir le pouvoir des multinationales à travers l’idéologie libre-échangiste.

    Les peuples peuvent s’exprimer par leur vote, mais encore faut-il ensuite que les élus puissent agir conformément à leur mandat. Dans un monde de plus en plus complexe, global, rapide, interconnecté, n’y a-t-il pas une impuissance naturelle du politique? Est-ce à l’échelon national que le politique peut être vraiment en prise avec le réel?

    Ce n’est pas à l’échelon national que les problèmes se règleront, mais l’échelon national sert prioritairement à exprimer la volonté des peuples. Pour le reste, nous avons laissé faire cette impuissance politique, elle a été organisée. Notre rôle de citoyen est d’imposer à nos politiques une obligation de puissance. Il s’agit pour nous de choisir les politiques qui auront la volonté de lutter contre ce système. Ça s’appelle la souveraineté. Lutter contre cette globalisation qui privatise la démocratie, cela peut se faire grâce à des politiques qui sauront refuser ce qui leur semble inacceptable, par exemple refuser les traités de libre-échange dans la mesure où ceux-ci sont une renonciation totale au modèle civilisationnel européen.

    Et pardon, ce n’est pas si compliqué de le refuser! J’ai le souvenir des propos du Général De Gaulle cité par Alain Peyrefitte dans «C’était De Gaulle». Ce dernier lui parlait du Traité de Rome et lui faisait remarquer que rien n’était prévu pour en sortir. De Gaulle répondait en substance: «C’est de la foutaise. Avez-vous déjà vu un grand pays être couillonné sous prétexte qu’il n’y a rien de prévu pour qu’il arrête d’être couillonné?». Il continuait en disant: «Quand on est couillonné, on dit «je suis couillonné, je m’en vais. C’est tout». C’est une question de volonté. Ça ne veut pas dire de se renfermer dans ses frontières comme on veut nous le faire dire. Mais ça veut dire réguler ce système. Il s’agit d’une juste régulation pour préserver les intérêts des citoyens.

    Votre ouvrage se conclut par un appel à passer d’une gestion globale des choses à une gestion locale. Le Small is beautiful publié en 1979 par l’économiste Ernst Schumacher est-il encore vraiment possible à l’heure des grandes ruptures technologiques que nous connaissons? N’est-ce pas utopique?

     C’est non seulement pas utopique, mais ce sont même les nouvelles technologies dans ce qu’elles ont de positif qui peuvent nous aider. C’est par là qu’on peut retrouver une pleine souveraineté sur notre façon de vivre, de consommer, de nous mouvoir, etc. Tout achat est un acte politique. Par ces choix de consommation, on choisit de soutenir un système ou un autre. C’est par le retour à une échelle locale que nous allons de nouveau pouvoir maitriser les flux économiques et retrouver un poids qui nous permettra de décider de notre avenir, de faire face à ce qui jusqu’à présent n’est qu’une concurrence déloyale. Reprendre une échelle locale permettra au citoyen d’avoir une prise et de répondre ensuite aux grands enjeux internationaux.

    Le système craque et l’on voit tout à coup l’Europe imposer à Apple une amende de 13 milliards d’euros pour tout ce dont elle a bénéficié comme largesses fiscales de la part de l’Irlande. Ça ne s’est fait que pour une raison: parce qu’il y a eu le Brexit et parce qu’il y a eu la remise en cause populaire des traités de libre-échange. C’est la voix des peuples qui a permis à l’Europe de retrouver son rôle. Il faut que l’Europe retrouve ce pour quoi elle a été fondée, à savoir la préférence communautaire. Au départ, il s’agissait de créer un marché intérieur, d’échanger entre pays qui auraient les mêmes conditions et qui œuvreraient ensemble parce qu’ils auraient la même vision et la même culture de ce que seraient les droits sociaux. Ceci a été complètement brisé en élargissant l’Europe de façon folle, en ouvrant les frontières au nom d’une idéologie libre-échangiste que ne pratiquent pas les autres grands ensembles du monde. Avec le Comité Orwell, nous avons voulu mettre des mots sur ce que les citoyens ressentent, parce qu’ils savent qu’on est en train de leur confisquer leur liberté, leur voix, leur souveraineté.

    Natacha Polony 25/11/2016

    Propos recueillis par Alexis Feertchak, www.lefigaro.fr, (25/11/16)

    Sources : Le Figaro.fr  et Horizons et Débats ( 23/01/2017)

    Voir aussi : Comité ORWELL, Natacha POLONY, Bienvenue dans le pire des mondes / Le triomphe du soft totalitarisme, Plon 17/11/2016, 216 pages.

    http://www.polemia.com/le-systeme-de-la-globalisation-neoliberale-craque-de-toute-part/

  • Envoyé spécial : « Otages d’Etat »

    Cette enquête apporte les preuves que la France a versé près de 40 millions d’euros à AQMI pour la libération des otages d’Arlit. Il met également en lumière les « guéguerres » entre services et le rôle trouble de certains « privés » dans les négociations qui ont conduit à la libération des otages et à l’assassinat de deux journalistes de RFI à Kidal en 2013. 

    Un an durant, Envoyé spécial a enquêté sur une affaire d’Etat : la question des négociations qui ont rendu possible la libération des otages d’Arlit, enlevés au Niger en septembre 2010. Signée Geoffrey Livolsi, Michel Despratx, Antoine Husser, Loup Krikorian et Marielle Krouk, cette investigation aux révélations explosives, explore les liens qui existent avec une seconde affaire : l’enlèvement et l’assassinat de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, au Mali.


    Envoyé spécial. Otages d'Etat

    http://www.contre-info.com/