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international - Page 1076

  • Sanctions made in USA. Qui donc est le dindon de la farce?

    Auteur : Françoise Compoint

    Le 10 décembre dernier, la Libre Belgique publiait un article reprenant les estimations de Dmitri Medvedev quant aux pertes qu’avait déjà et qu’allait inévitablement essuyer l’UE suite, de un, aux sanctions infligées à la Russie, de deux, à l’embargo qu’elle introduit en réponse.

    On se rappellera que lesdites sanctions avaient été présentées comme une réaction immédiate et nécessaire quoique regrettable à l’annexion de la Crimée et au soutien apporté à la rébellion du Donbass. Moins d’un an plus tard, on s’aperçoit que le dindon de cette éblouissante farce n’est pas vraiment celui que l’on croyait.

    Initialement, l’hystérie médiatique qui accompagna le retour de la Crimée en Russie n’avait d’autre raison objective que la déception des USA d’avoir perdu un point de pivot stratégique donnant accès aux mers chaudes. Trop occupée à traiter ses problèmes internes, l’UE était plutôt à la traîne avant que Washington ne la convainc, avec une maladresse réservée aux dupes, que le même sort – un référendum démocratique faudrait-il croire ( ?) – serait réservé aux pays plus faibles, intégrés ou non à l’UE (et/ou à l’OTAN) qu’importe. Les pays Baltes avaient notamment été mentionnés comme les « prochaines cibles » de Poutine l’impérialiste. Le temps de réchauffer les élites politiques européennes et l’opinion publique à coups de dénaturations factuelles et de mises en garde hypocrites, de réanimer cet alarmisme paranoïaque hérité de la Guerre Froide, les médias en rajoutèrent une couche suite au crash du MH-17 le 17 juillet qui devait montrer à la communauté internationale le vrai visage de cette insurrection dite « pro-russe ». Aucun observateur présent lors du référendum en Crimée ne put ni même n’eut jamais l’envie de prouver que celui-ci se fit sous la contrainte. L’enquête esquissée autour de la tragédie du Boeing ne conduit à rien. Autant dire qu’elle restera sans suite. Néanmoins, les sanctions non seulement n’ont pas été levées mais ont motivé une troisième vague dite sectorielle dont l’UE pâtit autant que la Russie si ce n’est plus.

    En effet, début décembre, les pertes avérées de l’UE s’élevaient à 40 milliards d’euros. Une perte plus importante de 50 milliards d’euros est prévue pour 2015 ce qui nous amène à 90 milliards d’euros de dommage pour cet organisme en crise profonde qu’est l’UE et la zone euro. Les pertes de la Russie sont estimées à quelques dizaines de milliards de dollars, constat qui sans être réjouissant montre toutefois que le sanctionnateur est à peu près dans la même posture fâcheuse que celui qu’il dit sanctionner. Remarquons bien que cela vaut pour l’UE !

    Comme à toute chose malheur est bon, le Kremlin a vite fait bien fait saisi l’occasion. Profitant de la dépréciation du rouble – encore une facette des sanctions que l’on préfère passer sous silence car il faudrait alors analyser les véritables raisons de la chute du baril – il a racheté la quasi-totalité de ses actifs gaziers et pétroliers pour une somme dérisoire récupérant de la sorte près de 20 milliards de dollars en l’espace d’à peine quelques jours.

    Mais il y a mieux ! Premiers promoteurs des sanctions antirusses, préoccupés par l’unité et la sécurité ô combien fragiles de l’UE, les USA ... ont augmenté de 23% leurs exportations vers la Russie alors donc que les exportations européennes ont chuté d’environ 10%.Quid des sanctions et des facteurs qui les auraient motivé ?

    CQFD : l’Amérique a joliment berné le Vieux Continent en le coupant autant que possible de la Russie. Laissant aboyer, passez-moi ce vulgarisme, les élites politiques unionistes, ils n’ont pas arrêté le mouvement de leur caravane en diversifiant leurs échanges au détriment de cette UE dont Mme Nuland avait dit dans un style aussi peu élégant que clair ce qu’il convenait d’en faire. Pour autant, ce fameux traité transatlantique sur le libre-échange, finira-t-il par passer ? C’est certainement l’effet recherché. Entre autres.

    En attendant, on s’aperçoit que la chaotisation de l’Ukraine n’est pas sans engendrer un processus similaire au coeur de l’UE. L’impact des sanctions est tel qu’il a contribué à diviser davantage encore eurosceptiques et euroconvaincus si bien que les contradictions déchirant initialement Kiev sont la tragique quintessence de celles qui déchirent à l’heure actuelle les élites politiques et les populations de l’UE.

    Il en ressort que l’espace européen n’est rien d’autre dans le cas présent qu’un immense terrain d’affrontement économique entre la Russie et les USA tout comme l’Ukraine est un terrain d’affrontement, dans un sens hélas plus strict, entre l’hégémonie otanienne et le souverainisme westphalien du continent eurasiatique. Il faut arrêter de raisonner en termes de sanctions. Celles-ci ne sont qu’un symptôme très secondaire d’une guerre sans merci dans laquelle l’Europe s’implique avec une maladresse suicidaire sans vraiment pouvoir définir son rôle.

     - SourceFrançoise Compoint

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2015/01/21/sanctions-made-in-usa-qui-donc-est-le-dindon-de-la-farce-5541296.html

  • [Lu sur Le Net] De retour du djihad, il vit des allocations handicapé

     PARIS (via l’Observatoire des gaspillages)
    Dans l’édition du « Point » du 16 janvier, un article intitulé « L’histoire funeste des trois tueurs » brossait le portrait du « réseau des Buttes-Chaumont » dont faisaient partie les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, les auteurs des récents attentats de « Charlie Hebdo », de Montrouge et du supermarché casher de la Porte de Vincennes à Paris. L’article mentionne le cas d’un comparse, Mohamed el-Ayouni, qui s’était rendu en Irak en juillet 2004. Dans les combats de Falloujah, il avait perdu son bras et son œil gauches. De retour en France, il avait demandé une allocation handicapé… et l’avait obtenue des services sociaux.

    Ce n’est que grâce à une allusion au détour de la deuxième page de l’article (p.44) que l’on découvre que Mohamed el-Ayouni a bénéficié d’une allocation handicapé à son retour d’Irak alors que les services sociaux ne pouvaient ignorer dans quelles circonstances il avait perdu son œil et son bras gauches :

    Mohamed-el-Ayouni-p44

    Une lectrice, membre de Contribuables Associés, s’est émue de cette information et en a saisi le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine. Cette dernière ne détenait certes pas ce portefeuille en juillet 2004 (à l’époque, c’était l’UMP Philippe Douste-Blazy), mais ce sont ses services qui ont attribué cette allocation handicapé. Vous pouvez lire ci-dessous la lettre de notre membre, ou la télécharger en cliquant ici (nous avons occulté son identité et son adresse pour des raisons évidentes).

    Lettre-Marisol-Touraine-Mohamed-el-Ayouni

    Si, comme cette lectrice, et comme nous-mêmes, vous trouvez choquant que les services sociaux aient pu attribuer une allocation handicapé à un terroriste qui revenait d’Irak avec des mutilations liées à la guerre qui y sévissait, merci de partager cet article par courriel, sur Facebook et sur Twitter. Vous pouvez également écrire au ministre de la Santé afin qu’il fasse toute la lumière sur ce véritable scandale.

    http://fr.novopress.info/181436/lu-net-retour-du-djihad-il-vit-allocations-handicape/

  • Affaire Chauprade: SOS Racisme porte plainte contre la vidéo de la discorde sur fond de réconciliation au FN

    Hier la nièce de Marine Le Pen s’est solidarisée avec la position de son grand-père Jean-Marie Le Pen, contre Marine en un tweet; Ce mardi 20 janvier, Marion Maréchal – Le Pen a relayé la vidéo d’Aymeric Chauprade, intitulée La France en guerre et publiée jeudi 15 janvier:

    « La France est en guerre », l’analyse d’@a_chauprade sur les attaques terroristes : http://youtu.be/aEUruaIUKqI 

    On allait vers le clash entre Aymeric Chauprade et Marine LP, mais les choses avancent très vite, et aux dernières nouvelles, le FN tente de clore l’incident Chauprade: Invité sur ITélé jeudi matin, Florian Philippot a dit qu’Aymeric Chauprade était « un expert brillant » à qui il manquait simplement quelques « réflexes politiques ». Pour lui la vidéo n’est « pas dramatique ». Le recadrage de Marine Le Pen?, « C’est de la cuisine interne! »  Et le tweet de Marion Maréchal-Le Pen ? « C’est un geste de sympathie. »

    SOS Racisme porte plainte contre Aymeric Chauprade

    Mais l’affaire rebondit par l’entremise de SOS Racisme qui a annoncé qu’elle allait déposer plainte contre l’eurodéputé. Dénonçant des « propos particulièrement inacceptables », l’association a demandé à son avocat d’engager une procédure« permettant la levée de son immunité » du parlementaire européen et de déposer une plainte contre des propos qui appellent « clairement à la haine et à la violence contre une partie de la communauté nationale à raison de sa religion ».

    Dans un communiqué, la présidente du Front National a précisé que le parti mettrait, quoi qu’il en soit, à disposition d’Aymeric Chauprade « l’ensemble de ses moyens juridiques afin de l’aider à organiser sa défense »

    Un bon moyen pour le Front de reprendre la main après les pasquinades républicaines suite aux attentats! Marine Le Pen Saura-t-elle saisir l’opportunité ?

    http://www.medias-presse.info/affaire-chauprade-sos-racisme-porte-plainte-contre-le-contenu-de-la-video-de-la-discorde-sur-fond-de-reconciliation-au-fn/23825

  • "Jour du dépassement" : l'humanité vit à crédit depuis le 19 août 2014

    Depuis le mardi 19 août, l'humanité vit à crédit sur sa dette écologique. Le Jour du dépassement est la date à partir de laquelle la consommation de l'humanité excède ce que la nature est capable de générer en un an. Il nous aura en effet fallu à peine huit mois en 2014 pour consommer plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en renouveler, selon les calculs du Footprint Network. 

    « Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Kenneth Boulding. 
    Si la terre a pu nous nourrir en abondance depuis l'aube de l'humanité, le "seuil critique" à partir duquel nos comptes avec Dame Nature se sont retrouvés à découvert a été franchi dans les années 1970. Cependant, le plus alarmant, c'est que la date du Jour du dépassement tombe de plus en plus tôt chaque année et progresse avec une vitesse et une régularité implacable. Nous avions franchi la barre fatidique en novembre au cours de l'année 1980, puis en octobre dans les années 1990, en septembre dans les années 2000... 
    Nous sommes de plus en plus nombreux sur terre, et nous vivons de manière de moins en moins soutenable. Notre dette ne cesse donc d'augmenter d'année en année... Pour combien de temps encore ? 
    Selon Footprint Network, il faudrait actuellement une planète et demie pour produire les ressources écologiques nécessaires pour soutenir l'empreinte de l'humanité. L'ONG tire la sonnette d'alarme et appelle au changement : "Même si les chiffres sont mauvais," assure-t-elle, "nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère, fondé sur l'utilisation durable des ressources. Mais il faut agir maintenant"
  • Les rigolos du réchauffement

    40 chefs d'État et environ 2500 chefs d'entreprise convergent vers Davos pour le Forum économique mondial qui se tient depuis mercredi et jusqu'à dimanche dans la très chic station de ski. Ces invités seront responsables d'un trafic aérien intense, avec 1 700 trajets en jet privé au-dessus de la région.

    Le forum est cette année consacré au climat et aux moyens d'enrayer le réchauffement climatique.

    Le prix du billet d'entrée est fixé à 19 000 dollars. Mais il faut ajouter 52 000 dollars pour la cotisation annuelle à la fondation organisatrice.

    Enfin, les pays émergents sont sous-représentés par rapport aux pays riches, Européens de l'Ouest (1 037) et Nord-Américains (833) en tête. Seuls 56 Chinois sont invités.

    C'est un peu comme si on invitait Bernard Madoff pour parler des règles bancaires.

    Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Apologie de terrorisme, entre liberté d’expression et malfaisance intellectuelle…

    Une répression accrue de l'apologie des attentats a été mise en œuvre au point que, le 15 janvier, on avait déjà procédé à 54 interpellations pour ce motif.

    Plus une démocratie est attaquée, plus les crimes sont odieux et répétitifs, plus l’émotion collective est intense et sincère, plus, la tempête sanglante à peine apaisée, surgissent dans l’espace public, et avec une ostentation signifiante, des déséquilibrés, des malades ou des irresponsables que les tragédies excitent, stimulent au lieu de les faire taire.

    Il y a aussi d’authentiques et résolues apologies du terrorisme qui peuvent être sanctionnées, si elles ont « utilisé un service de communication au public en ligne », par une peine maximale de 7 ans d’emprisonnement.

    Une répression accrue de l’apologie des attentats a été évidemment mise en œuvre au point que, le 15 janvier, on avait déjà procédé à 54 interpellations pour ce motif.

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  • Francis Cousin - Terrorisme, Système et Stratégie de la tension

    Extrait de l'émission de Méridien Zéro du 26 novembre 2012 dans laquelle PGL et Lieutenant Sturm interrogeaient le philosophe Francis Cousin, auteur de L'être contre l'avoir, au sujet de sa conception du terrorisme et de la stratégie de la tension.

    PGL – Vous avez écrit un nombre assez incalculable d'articles sous formes de publication de toutes formes. Et un des premiers ouvrages, qui n'est pas crédité à votre nom parce que vous pratiquez une forme d'impersonnalité active, est un ouvrage sorti en 2003, signé d'un certain Terror, que Emmanuel Ratier avait d'ailleurs recensé à l'époque dans sa lettre Faits et documents, s'intitulaitVéridique rapport sur les dernières nécessités de préservation et d'extension de la domination américaine sur le monde, sous-titré Du terrorisme et de l’État en leur contexte général ou comment Washington est à la genèse opérationnelle des attentats du 11 septembre 2001 et de tout ceux qui ont suivi dans le cadre d'une appropriation recherchée des ressources pétrolières mondiales et d'abord irakiennes, aux éditions Stanislav. C'est un titre et une formulation qui évoquait furieusement les écrits du situationniste italien Gian-Franco Sanguinetti qui avait écrit notamment Du Terrorisme et de l’État. Donc c'est un ouvrage, déjà, où vous rejoigniez les thèses et la sensibilité de notre ami italien Gabriele Adinolfi pour montrer qu'il y avait une sorte de stratégie de la tension mondiale qui était menée déjà depuis un certain temps par les élites oligarchiques, transnationales mais surtout américano-centrées, et que le 11 septembre était une vaste imposture. Pouvez-vous revenir sur ces questions-là, sur ce travail ?

    Francis Cousin – Une ligne de fracture radicale entre la philosophie de rupture et la philosophie de connivence, entre la pensée de l'authenticité et la pensée idéologique de toutes les falsifications passe notamment par le terrorisme. On pourra parler de l'immigration, on pourra parler de tas de sujets mais le terrorisme est une ligne de fracture. Le Capital organise des stratégies terroristes de diversion, de chaos systématiquement orchestré, afin de maintenir sa domination, à la fois pour empêcher l'émergence de lutte radicale et pour confisquer le regard du spectateur dans de fausses directions. Les attentats du 11 septembre, les attentats au moment de la stratégie de la tension, la mort d'Aldo Moro, l'attentat de la gare de Bologne. Tous les attentats... Ce qu'il faut comprendre c'est qu'il y a une matrice stratégique qui est substantielle. À l'époque de la totale domination du pouvoir de la marchandise sur le monde, hormis une bombinette que « moi » en tant que fou un mardi matin à 9h30 je vais mettre dans un escalier et qui peut venir de moi parce qu'elle n'aura pas d'intérêt et pas d'efficience, tout acte terroriste d'efficience réelle passe nécessairement par l'appareil d’État. Je me suis énormément intéressé aux mouvements anarchistes terroristes divers [du début du siècle dernier]. Si vous allez à la préfecture de police et que vous travaillez aux archives, vous savez que dès que trois anarchistes se réunissaient dans un grenier pour mettre en marche la bombinette Ravachol 1 ou la bombinette Ravachol 2, Clémenceau dans les deux jours était informé et avait un rapport. Donc si un État, dont les mécaniques de contrôle étaient encore relativement vétustes et artisanales, pouvait se permettre de faire, déjà, un acte de contrôle total sur ce qui était censé s'opposer à lui, on imagine bien qu'à l'âge technologique d'aujourd'hui... L'affaire Mérat par exemple est très intéressante, c'est une ligne de fracture qui montre là où est la révolution, là où est la contre-révolution. Tous ceux qui sont complices du système entérinent la thèse classique, c'est-à-dire la thèse de la DCRI, et tous ceux qui se posent quelques questions voient bien que Mérat ne pouvait par simple logique administrative et gestionnaire du quotidien être un autonome. Tout était programmé, tout était pensé, tout était ficelé. Et ce que les mouvements révolutionnaires radicaux des années 60-70 ont compris, dans la mouvance du situationnisme, de l'autonomie ouvrière et de toutes ses radicalités pratiques qui se sont mises en marche, c'est que l’État est le chef d'orchestre terroriste. Alors non pas par complotisme fou, mais parce qu'il y a une immanence de la marchandise. La marchandise dans sa phase actuelle de crise généralisée ne peut plus organiser son pouvoir despotique - sur les êtres et sur l'espace qu'elle contrôle - qu'à travers la manipulation chaotique.

    PGL – C'est ce qu'on peut retrouver dans le 1984 de Orwell entre autre, avec les guerres pseudo-fictives entre Estasia, Eurasia...

    FC – Ce qui est fantastique c'est qu'aujourd'hui, à l’apothéose du crétinisme universitaire et médiatique, tout le monde est orwellien. Mais tout le monde est orwellien pour ne pas l'être. Orwell a fait une critique radicale de l’État et du terrorisme. Dans 1984 il dit : « les bombes qui éclataient tous les jours à Londres étaient placées par l'appareil d’État pour contrôler la population ». En Italie dans les années 70 on avait des luttes de classe qui étaient extrêmement radicales. La gauche du Capital, les syndicats de la gauche du Capital, les partis de la gauche du Capital, étaient incapables de les contrôler, il y avait une autonomie ouvrière qui explosait, et dans le même temps l'OTAN avait besoin d'une restructuration impérialiste de la partie sud du continent européen. Donc la stratégie des Brigades rouges est très simple : vous avez quelques paumés qui circulent, et quelques paumés qui circulent c'est une manne infinie pour les services. Parce que n'oublions jamais qu'un service secret est un service de manipulation. S'il n'était pas un service de manipulation il ne s'appellerait pas service secret mais service public. Donc le service secret est secret parce qu'il manipule, parce que ce qu'il fait, il ne le dit pas, ce qu'il dit, il ne le fait pas.

    PGL – A cette époque on a vu une prise en charge des Brigades rouges, après la réclusion de Redatto Curcio...

    FC – À propos des Brigades Rouges, vous avez un très bon bouquin de Francesscini, l'un des fondateurs avec Curcio des Brigades Rouges, qui dit d'ailleurs : « un jour la réunion que nous avions, s'est faite dans le bureau de Branzio qui était membre de l'Otan ».

    PGL – À l'époque c'était Mario Moretti qui était sûrement l'un des infiltrés...

    FC – Donc, ce qu'il faut bien comprendre c'est que le fétichisme de la marchandise, le spectacle du faux qui est orchestré par le système aboutit à cette logique que Marx, que Debord ont compris et qui renvoie aux pré-socratiques : dans la sphère du pouvoir et de la mystification, tout ce qui est présenté comme vrai est faux, et tout ce qui est présenté comme faux est vrai. L'affaire Mérah, les attentats du 11 septembre etc., il y a la vérité officielle qui est la mystification du pouvoir en mouvement, et il y a la vérité réelle qui est à rebours de tous les dogmes. Mais le système quelque part l'avoue implicitement.

    PGL – On le voit avec l'Irak et ces histoires de centrales nucléaires à but militaire...

    FC – Bien sûr. Et le médiatisme spectaculaire, ces grandes émissions de vacuité absolue sont incapables de montrer à la télévision ou à la radio un débat contradictoire sur le 11 septembre, sur l'affaire Mérah, ou sur quoi que ce soit. C'est impossible. Il y a diabolisation. Vous avez Bigard qui avait fait des sketch qui étaient ce qu'ils étaient. Mais qui, quelque part, indiquaient, derrière l'aspect loufoque, l'aspect encore plus loufoque de la logique étatique. Il a été écrasé et étrillé.

    PGL – On se souvient aussi des personnalités du show business qui ont eu le malheur de montrer un peu de scepticisme - et pourtant cela n'allait pas très loin - sur ces questions là. Marion Cotillard qui avait aussi posé les mêmes questions sur le 11 septembre...

    FC – On mesure le faux à l'énergie que le système du fétichisme de la marchandise met en mouvement pour que ce faux reste sans discussion. L'ordre du système contemporain, c'est le faux sans discussion. Pas de discussion !

    PGL – C'est l'anathème, c'est la diabolisation. On est revenu presque à une religion révélée. C'est une sorte de blasphème en quelque sorte.

    FC – On est là dans des exemples de grandes stratégies mondiales. Mais on a aussi des éclopés individuels. On a Robert Boulin, on a François De Grossouvre. On a un jour comme cela, des gens qui disparaissent du monde des vivants parce que, bien qu'ils aient été au pouvoir, qui est une école de servilité, à un moment donné, ils ont eu une interrogation humaine, peut être trop innocente ou trop pure, et ils ont dit, ils ont vu, ce qu'il ne fallait pas qu'ils disent, ce qu'il ne fallait pas qu'ils voient. Et donc ils doivent disparaître.

    Maintenant, le problème est la critique du concept de désinformation. Marx l'avait déjà fait, les situationnistes l'ont fait, et ils convient d'aller au bout. Le concept de désinformation est insuffisant. Parce que le concept de désinformation nous donnerait à croire que le système matraque, que le système, par une technique de renversement, construit le faux. Or, le faux n'est pas une construction diabolique et complotiste d'états-major, petits, moyens ou grands. Le faux est la substance même du fétichisme de la marchandise. C'est une immanence. Alors bien évidemment, il y a des états-major dans les services qui organisent. Mais, il n'ont aucun pouvoir. Ils sont eux-mêmes dans la mystification du fétichisme. Ce ne sont pas les états-major qui organisent le fétichisme de la marchandise, c'est le fétichisme de la marchandise qui manipule et organise les états-major.

    Lieutenant Sturm – Concrètement pour nos auditeurs, des cas ? Sur cette organisation par le fétichisme de la marchandise du faux ?

    FC – Prenons par exemple, la [première guerre du golfe], et le moment où la fameuse ambassadrice américaine, qui a été liquidée ultérieurement dans un accident de voiture magique, laisse entendre à Saddam Hussein que, s'il va vers la zone koweïtienne - compte tenu des dettes koweïtienne – personne ne bougera...

    LS – On va même jusqu'à lui reconnaître que c'est la 19eme province de l'Irak !

    FC – ...si on a un regard étroit, et que le champ de vision est restreint, on peut se dire que : de cette première rencontre avec l'ambassadrice américaine, bien évidemment gérée par la CIA, par le NSA, et par l'appareil d'état, il y a une manipulation construite. Alors effectivement, il y a une manipulation construite mais qui n'est qu'un effet. Cette manipulation construite n'est qu'un effet parce qu'elle est prise dans la grande crise générale du système de la valorisation capitaliste. Les américains ont besoin de redéfinir tout l'espace euro-asiatique avec tout le problème des hydrocarbures. Il y a donc une logique immanente à la crise du Capital qui fait que compagnies pétrolières, services, sont tous dans un mouvement impersonnel « qui conduit à ». Et c'est d'ailleurs pour cela que Marx explique très bien qu'aujourd'hui il n'y a plus de bourgeoisie. Tous les couillons gauchistes qui vous disent : « La bourgeoisie ! La bourgeoisie ! La bourgeoisie ! », ils n'ont pas lu Marx. Marx explique très bien qu'au moment de la domination réelle de la marchandise qui se meten mouvement, la bourgeoisie est su pplantée, dirigée et annihilée par la classe capitaliste. La bourgeoisie, c'était des gens qui étaient propriétaires et qui géraient dans une phase intermédiaire les débuts de la marchandise.

    PGL – Aujourd'hui on est au centre de l'hyper-classe en quelque sorte, pour reprendre ce terme-là...

    FC – Au moment de la domination réelle de la marchandise Marx dit, une classe capitaliste salariée, anonyme, nomade, se met en mouvement et elle ne gère pas le Capital. C'est le Capital qui la gère. Vous voyez bien que les plus grands patrons du jour au lendemain sont débarqués. Ils ont un pouvoir à un moment donné mais il ne faut pas confondre la réalité du pouvoir de la marchandise avec la schizophrénie narcissique des mecs qui un jour dans un état-major regarde le pouvoir qu'ils exercent sur le monde en croyant que c'est eux qu'ils l'exercent. Il y a donc un système immanent qui organise le système de la marchandise et qui organise les campagnes terroristes. Les campagnes terroristes sont des réponses à la crise.                                                              

    Transcription : Aymeric

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2015/01/18/francis-cousin-terrorisme-systeme-et-strategie-de-la-tension-5536788.html

  • Terrorisme, violences: sont ils à la hauteur ?

    La tentative, théâtralisée, faite hier soir par le très démonétisé  Nicolas Sarkozy, invité du jt de France 2, de s’extraire du troupeau UMPS, de s’abstraire de ses fautes lourdes et de ses erreurs dramatiques, en reprenant certains propos développés notamment par nous sur ce blogue, peut-elle encore être audible ?  Nous le saurons bientôt comme nous constaterons aussi l’efficacité du  mot d’ordre, relayé avec un bel ensemble orwellien, par la plupart des journalistes, analystes, spécialistes, éditorialistes, des grands médias. Ces derniers martèlent ainsi que le FN se serait pris les pieds dans le tapis en apparaissant comme en retrait de la grande démonstration d’unité nationale qui a suivi les attentats des 7 et 9 janvier. Dire cela c’est insulter l’intelligence de nos compatriotes. C’est surtout oublier (volontairement) deux choses que les Français, même  réputés comme ayant « la mémoire courte », ont bien présent à l’esprit. D’abord que le FN a été interdit de manifestation à Paris. Et surtout qu’il aurait été incohérent pour l’ opposition nationale, qui a eu le grand tort aux yeux de ses adversaires d’avoir vu juste, de mêler sans objection  sa voix au concert hypocrite des pompiers-pyromanes du Système. Beaucoup de nos compatriotes l’ont compris et cela apparaîtra encore plus clairement quand le nuage de sidération qui s’est abattu sur le pays aura achevé de se dissiper…

     Un retour au réel redouté par une gauche au pouvoir exsangue mais aussi par les « humanistes » de droite. Président du Sénat et de l’amicale gaulliste au sein de cet auguste établissement, Gérard Larcher distribuait mardi sur l’antenne d’Europe 1 bons et mauvais points. «L’exécutif a été à la hauteur de la situation » (de la crise terroriste, NDLR). «François Hollande a assumé la fonction de président de la République. Et pour moi, en tant que Gaulliste (sic), c’est ça l’essentiel ». « Les institutions de la République ont été à la hauteur. L’opposition aussi a été responsable. Et il n’est pas impossible que Marine Le Pen soit troisième en 2017. Le FN ne peut pas profiter de cette situation, en tout cas il n’a pas été à la hauteur en temps que parti ».

     Un jugement militant qui ne surprendra pas dans la bouche de M. Larcher,  lui qui a déclaré qu’il voterait sans état d’âme  PS pour faire barrage au FN. Un homme qui appartient à ce courant défini par Denis Tillinac,  qui soutient «  le projet d’une droite modérée et d’un centre unis sous une même bannière libérale, européenne, accommodante avec la modernité sociétale et qui idéalement s’étirerait de Juppé à Bayrou en passant par Raffarin, Larcher, NKM, Le Maire, Pécresse, Baroin, Chatel et les orphelins de Borloo.. » Un projet, « une droite cool, bobo (qui)  peut faire monter le FN jusqu’à 40%»   pronostiquait-il il ya trois ans…

     Ce même ventre mou de centre-droit qui exhorte les Français à ne pas faire d’amalgame entre la politique d’immigration à haut débit initiée depuis le décret autorisant le  regroupement  familial, signé par MM. Giscard, Chirac et Poniatowski, et la manifestation de ses effets pervers, extrêmement problématiques,  dans toute une série de domaines.

     Ex directeur du Renseignement de la DGSE,  Alain Juillet le rappelait le 19 janvier sur le blogue Supersonique de Vincent Lamigeon, hébergé sur le site du magazine Challenges. « Par idéologie, on a laissé s’installer le communautarisme en France, à partir du moment où les constructeurs d’automobiles se sont mis à recruter de la main d’œuvre moins chère au Maghreb, en cantonnant ces nouveaux arrivants dans les cités quand le feu vert au regroupement familial a été donné. Le processus d’intégration, qui était permanent en France, s’est alors arrêté. Il faut casser le communautarisme, les zones de non-droit et ramener ces populations à la France ».

     Considéré par Michel Houellebecq comme l’un des grands talents  de demain, Laurent Obertone auteur de « La France Orange Mécanique », se moquait il y a quelques mois  sur Boulevard Voltaire  des Tartufe et autres  adeptes d’un angélisme suicidaire : « La criminalité ne dit absolument rien de notre société, c’est évident. En 1950, on ne brûlait pas de voitures pour fêter le réveillon. En 1950, on ne tabassait par les gens qui n’avaient pas de cigarette. En 1950, on ne violait pas collectivement les adolescentes en fugue. Mais tout ça ne veut rien dire, on ne va tout de même pas commencer à analyser les choses, à se servir de faits pour poser un diagnostic, ce serait empirique, tout à fait contre-utopiste. La criminalité s’est officiellement multipliée par 7 depuis le laxisme judiciaire et l’immigration massive, c’est le cas dans tous les pays d’Europe, mais tout ça relève du hasard le plus total. Allez, je le dis pour vous : faut pas généraliser .  Padamalgam… ».

    Il faut savoir, certes, raison garder et nous voulons (aimerions) croire le ministre de la Défense , Jean-Yves le Drian, quand , encore ce matin sur France Inter , il nous explique que la présence d’anciens militaires français dans les rangs des  brigades internationales islamistes sévissant en Irak et en Syrie, sont des cas excessivement « rares » et marginaux.

     Nous savons cependant que l’armée elle aussi n’est pas épargnée par les tensions générées par la montée en puissance du communautarisme musulman, du fait même de son recrutement.  Et dire cela ce n’est pas  remettre en cause la loyauté et le patriotisme irréprochables de beaucoup  de soldats français  issus de l’immigration.

     D’après le journal L’opinion, ces anciens soldats français présents dans les rangs de l’Etat Islamique (EI) ou de groupes apparentés,  seraient une dizaine tout au plus. Un ancien membre des forces spéciales serait avec eux, un autre dirigerait un dizaine de miliciens islamistes de nationalité française  formés par se soins au métier des armes, dans la région de Deir Ezzor (nord-est de la Syrie).

     Le général Vincent Desportes,  ancien directeur de l’École de guerre, professeur associé à Sciences-Po, connu pour son franc-parler et notamment pour avoir  vivement critiqué la paupérisation de notre  outil militaire,  a été interrogé sur ce sujet brûlant sur le site de BFM TV. « Ce sont peut-être dit-il,  des djihadistes qui avaient ce projet là avant de rentrer dans l’armée, qui sont rentrés dans l’armée pour être formés ». « C’est tout à fait possible. Ils représentent un certain danger, car ce sont des soldats qui connaissent le maniement des armes et des explosifs, et qui sont beaucoup plus dangereux que des jeunes qui partiraient sans aucune formation ».

     « D’autres soldats, plus jeunes, indique encore le site de BFM, combattraient également au sein de l’EI, notamment d’anciens membres de la Légion étrangère ou des parachutistes. Certains n’hésitent pas à s’afficher dans des vidéos de propagande postées par l’organisation terroriste sur Internet ».

     Rappelons, pour aller dans le sens du général Desportes, que les groupuscules  et mouvements d’extrême gauche (la LCR en France par exemple)  incitaient dans les années 70 leurs militants à faire leur service militaires dans des unités d’élites. Il s’agissait d’acquérir aux frais de « l’Etat bourgeois » à abattre, une formation gratuite et efficace. Il ne serait pas étonnant,  note Bruno Gollnisch, que des terroristes islamistes soient animés par la même logique.

     Cette potentielle perméabilité de certaines recrues à l’idéologie fondamentaliste, cette possible infiltration des armées, est en tout cas un sujet de préoccupation supplémentaire pour nos services de renseignement et antiterroriste. Il s’inscrit dans le cadre d’une inquiétude, plus générale, sur notre capacité opérationnelle à faire face aux menaces qui pèsent plus que jamais sur notre nation.  

     Jacques Bordes citait dernièrement sur son blogue l’éditorial de Guillaume Belan, dans un récent  numéro (2436)  d’Air & Cosmos : «Jamais elle (la France, NDLR) n’a eu une armée si réduite pour faire autant (…). L’exercice atteint ses limites. Les armées sont sous haute pression. Sursollicitées, elles arrivent en limite de régénération. Cela veut dire qu’elles ne pourront bientôt plus être capables de se préparer pour demain. De renouveler leur potentiel. Cela veut dire que l’outil de Défense français, bientôt, sera moins performant dans un monde dans un monde plus dangereux ».

     Un constat que nous partageons, d’autant que nous ne sommes pas forcés de croire Manuel Valls quand il  indique que notre pays est confronté sur son territoire à la menace que ferait courir seulement 3000 individus susceptibles de d’œuvrer, de  passer à l’acte dans le cadre du djihadisme. Même dans ce cas de figure,  et sachant qu’il faut entre 25 et 30 fonctionnaires pour surveiller H 24  un terroriste potentiel, cela nécessiterait de consacrer à leur surveillance un effectif d’environ  75 000 personnes…

    http://gollnisch.com/2015/01/22/terrorisme-violences-sont-ils-a-la-hauteur/