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La Grèce sous la dictature de la Commission, de la BCE et du FMI - Nigel Farage
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Mondialisation et Développement durable
La mondialisation n’est pas une fatalité ou l’expression d’une loi naturelle irrépressible. Elle est résultat d’une conception du monde imaginée par les pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique - les “Pilgrim Fathers” - qui fuirent une Europe belliqueuse pendant le XVIIème siècle pour construire un monde de paix en Amérique. Depuis la Seconde guerre mondiale qui a permis aux Etats-Unis de s’imposer comme hyperpuissance, leurs héritiers appliquent cette politique dont la finalité est de créer le Paradis perdu sur terre. Jamais, il n’y a eu si peu de morts par guerre qu’aujourd’hui (1). Le monde est en paix. Ceci est le résultat de la politique américaine favorisant par tous les moyens l’interdépendance économique des régions du monde. Le libéralisme, association de la démocratie et du capitalisme, en est la philosophie politique de référence.
Mais, l’individualisme, pivot de la démocratie, et le développement économique comme horizon politique et moral ont une contrepartie : la crise écologique. La menace sur la civilisation libérale n’est plus exogène, mais endogène. Le concept permettant de surmonter cette menace est le Développement durable, dernier avatar de la philosophie politique dominante. Le modèle civilisationnel fondé sur le développement économique n’est, cependant, pas remis en question.Après avoir exposé les circonstances de l’apparition de la notion de Développement durable, ce texte évoquera les racines et les étapes aboutissant à l’hyperpuissance américaine pour conclure sur les conséquences géopolitiques.
Le développement économique comme seul horizon politique
L’offre politique dans les pays occidentaux, pour autant qu’elle paraisse diversifiée, n’en est pas moins très homogène. Toute la classe politique s’accorde sur la nécessité de soutenir le développement économique comme panacée à tous nos maux. Quelques dixièmes de prévision de croissance en moins et l’avenir s’assombrit. Chômage, pauvreté, déficits divers, intégration, délinquance, etc. sont solubles dans le développement. De nombreuses divergences existent sur les conditions de réalisation de cette croissance et sur son usage, mais nul aujourd’hui ne la remet en question. “Plus de croissance” est le ‘credo’ de tous.
C’est à l’issue de la Seconde guerre mondiale que l’Europe, puis le monde dans son ensemble, connaissent un développement démographique et économique sans précédent. Comme le souligne Lester R. Brown (1996), il est difficile aujourd'hui de bien mesurer le simple ordre de grandeur de la croissance démographique. Les personnes nées avant 1950 auront vu durant leur vie une croissance démographique plus forte que celle des 4 millions d'années passées depuis que nos premiers ancêtres se sont tenus debout. L'économie mondiale progresse encore plus vite. La valeur de la production totale est passée de 4 billions de dollars en 1950 à plus de 20 billions en 1995. En 10 ans, de 1985 à 1995, elle a augmenté de 4 billions de dollars, davantage que des débuts de la civilisation jusqu'en 1950. Entre 1900 et 2000, le Produit intérieur brut (PIB) mondial a été multiplié par plus de treize en monnaie constante, alors qu’au XIXème siècle il avait été multiplié par un peu moins de sept. De 1900 à 1950, le taux de croissance moyen fut d’environ 1,5 %, ne dépassant guère celui du siècle précédent. De 1950 à nos jours, il atteint 3,3 % en moyenne malgré un ralentissement sensible à partir de 1973. Les Etats-Unis assurent 40 % du PIB des dix-sept pays capitalistes les plus avancés.
Les pays qui sont maintenant en voie d'industrialisation se développent beaucoup plus rapidement que par le passé, car ils peuvent tirer parti de l'expérience et de la technologie de ceux qui les ont devancés. La croissance économique en Extrême-Orient a été en moyenne de 8 % au cours des dernières années. Entre 1991 et 1995, l'économie chinoise s'est développée au rythme ahurissant de 57 %, ce qui a relevé de plus de la moitié le revenu par tête de sa population. Tous les Chinois ne partagent pas pour autant cet engouement pour la croissance débridée. Ainsi Pan Yue, le vice-ministre chinois de l’environnement, a envisagé que "le miracle sera bientôt terminé", craignant qu’une catastrophe écologique induite par cette croissance ne brise cette belle envolée (2).
La crise écologique
Quelques chiffres, issus des travaux de L. Brown, permettent de mesurer l’impact du formidable développement économique et démographique sur les ressources naturelles et l’environnement en général. Comme la population a plus que doublé depuis le milieu du XXème siècle et que la taille de l'économie a presque quintuplé, la demande de ressources naturelles a augmenté à un rythme phénoménal.
Depuis 1950, les besoins en céréales ont triplé. La consommation de produits de la mer a plus que quadruplé, l'usage de l'eau a triplé de volume, de même que la demande de viande de bœuf et de mouton. La demande de bois de chauffage a triplé; celle de bois de construction a plus que doublé et celle de papier a été multipliée par six. L'emploi des combustibles fossiles est quatre fois plus important et les émissions de carbone ont augmenté en proportion.
Cet accroissement en spirale de la demande humaine de ressources commence à dépasser la capacité des systèmes naturels de notre planète et, à l'échelle du monde, l'économie attaque les fondations sur lesquelles elle repose. Les dommages causés à l'infrastructure écologique de la terre apparaissent sous la forme de zones poissonneuses qui se vident, de niveaux hydrostatiques qui s'abaissent, de forêts dont la superficie se réduit, sous la forme d'érosion des sols et d'assèchement des lacs, de vagues de chaleur qui diminuent les récoltes et de la disparition d’espèces animales.De plus, les bienfaits de cette rapide croissance mondiale n'ont pas été également répartis. Les conditions d'existence de près d'un cinquième de l'humanité sont restées pratiquement inchangées au niveau de la subsistance. En conséquence, le rapport entre le revenu du cinquième le plus riche et le cinquième le plus pauvre des différents pays est passé de 30 à 1 en 1960 à 61 à 1 en 1991. Cette crise de l’environnement est donc doublée d’une crise sociale car les transferts technologiques vers des pays à faible niveau de développement induisent des croissances démographiques phénoménales de personnes inintégrables dans le modèle qui a contribué à les générer. Les populations d’Afrique noire sont les premières concernées par ce constat. L’exclusion sociale devient une variable irréductible consubstantielle à un modèle reposant sur la compétitivité économique des individus et des collectivités.
Cette crise de l’environnement se caractérise par le constat de la finitude de l’écosphère, alors que les développements qu’elle supporte sont exponentiels depuis plusieurs décennies. L’effet ciseau est redouté, car le jour où ce développement se heurtera aux limites écosystémiques de la planète alors, commencerait une véritable crise écologique que les deux modèles qui ont structuré le monde moderne, - le libéral, le socialiste -, n’ont pas envisagée.
L’émergence du Développement durable
Face à la volonté de conforter le modèle actuel en y intégrant la dimension environnementale dans une première étape, puis sociale dans une seconde, la notion de développement, assimilée à la croissance du PIB, s’est transformée en Développement durable. Cette notion devenue incontournable est désormais inscrite dans les grands textes organisant nos sociétés. Ainsi, la Constitution européenne prévoit à son article I-3 alinéa 3: "L’Union œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée....". Plus proche de nous, les lois constitutionnelles du 1er mars 2005 ont adossé à la Constitution française une Charte de l’environnement dont l’art. 6 précise que: "Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social".
C’est avec les travaux de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement (Commission Brundtland) que le terme de Développement durable, lancé en 1980, fut popularisé en 1987 puis élevé au rang de mission planétaire par la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED) réunie à Rio de Janeiro en 1992. C’est un véritable bilan de l’état de la planète qui fut entrepris par ce groupe à partir des données fournies par les grandes institutions internationales. Le travail, rendu en 1987, fit l’objet d’une publication destinée au grand public éditée sous le titre "Our Common Future".
La Commission Brundtland définit le Développement durable comme celui "qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Elle a noté que sa définition contenait deux concepts clés: les besoins qui désignent "en particulier les besoins essentiels des populations démunies de la planète", et les limites qui désignent "celles imposées par l'état de la technique et l'organisation sociale, à l'aptitude de l'environnement à répondre aux besoins présents et futurs".
La définition de la Commission Brundtland ne porte donc pas seulement sur la durabilité aux différents sens du terme, mais aussi sur l'équité entre les habitants actuels de la planète et entre les générations successives. La Commission identifie comme principaux instruments: "une croissance économique plus rapide dans les pays industriels et en développement, une plus grande liberté d'accès au marché pour les produits des pays en développement, des taux d'intérêts moins élevés, un transfert technologique accru, et une augmentation significative des flux de capitaux, aussi bien à des conditions préférentielles qu'aux conditions du marché".Nécessité incontournable pour les uns, nouvelle utopie ou mode passagère pour les autres, il est désormais illusoire d’exprimer un propos sans se référer au “Développement durable”. Pour les pionniers de l’environnement, cette notion témoigne de la victoire de leurs idées, mais en constitue aussi une menace car, alors que la critique écologiste portait sur un modèle civilisationnel fondé sur la croissance économique, le Développement durable reprend à son compte cette ambition, mais en lui adjoignant les préoccupations qu’ils ont exprimées. Il est donc l’objet d’attaques de mouvements radicaux dénonçant la mystification de la notion de développement qui, en changeant de moyen d’expression, reste toutefois un développement dangereux pour l’environnement. Au Développement durable, ils opposent la décroissance soutenable, c’est à dire celle qui améliore l’environnement, mais ne dégrade pas le niveau de confort des personnes. Un auteur comme Gilbert Rist (2001) a été jusqu’à souligner la dimension quasi-religieuse de la politique actuelle menée par tous les pays et tous les courants politiques en la qualifiant de "mythe du développement". Pourquoi alors tout focaliser sur le développement par lequel nos maux seraient solubles ?
Malgré quelques voix isolées, le constat est sans appel. Le modèle qui domine la planète repose sur la démocratie et le développement, piliers de la Modernité. Francis Fukuyama dans "La fin de l’Histoire", a exprimé l’idée que l’effondrement de l’Union soviétique comme système politique antagoniste au capitalisme, fut l’événement marquant la fin de l’Histoire dans la mesure où rien ne serait désormais en mesure de s’opposer à un modèle libéral à vocation universelle. Les Etats-Unis en sont la référence absolue et le garant. Aujourd’hui, la mondialisation économique est l’ultime étape engagée par ces derniers pour étendre ce modèle à l’ensemble de la planète. La thèse avancée par ces lignes est que loin d’être l’expression d’une volonté dominatrice, cette politique repose sur la certitude que cette mondialisation permettra de réaliser sur terre le Paradis dont les hommes ont été chassés. La mondialisation économique est l’expression d’un messianisme politique. Le but est louable: créer les conditions d’une paix durable sur terre. Comment ? En disloquant les empires autarciques et en unissant les peuples et les personnes par des liens économiques indissolubles. Depuis 1945 et la victoire des Etats-Unis d’Amérique, ce modèle s’impose.
Le Mayflower et le messianisme américain
En 1620, des immigrants issus de l’Angleterre, transportés par le Mayflower, débarquent sur les côtes américaines. Là, loin d’une guerre de Trente ans qui s’achèvera en 1648 avec le Traité de Westphalie, ces réformés issus de l’élite commerçante veulent créer sur ce nouveau continent une civilisation en rupture avec l’ancien monde. Ils cherchent à réaliser l’ambition de l’ancien Testament inscrite dans la Genèse, 9: "Dieu bénit Noé et ses fils, il leur dit:“Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre. Vous serez craints et redoutés de toutes les bêtes de la terre et de tous les oiseaux du ciel. Tout ce qui remue sur le sol et tous les poissons de la mer sont livrés entre vos mains. Tout ce qui remue et qui vit vous servira de nourriture comme déjà l’herbe mûrissante, je vous donne tout (...). Soyez féconds et prolifiques, pullulez sur la terre (...)". Cette civilisation se construit contre une nature que Dieu a laissé subsister en Amérique pour permettre à ces héritiers du peuple élu de réaliser la volonté divine qu’une Eglise européenne compromise n’a pu faire. L’esprit de la Réforme est là: construire le Paradis sur terre, donc s’extraire d’un monde de violence, de maladie et d’une nature hostile.
Ces réformés fuient aussi un monde dominé par l’esprit guerrier. Bourgeois et commerçants, ils refusent cette éthique guerrière qui oblige les hommes à investir le métier des armes pour exister. S’il doit y avoir une aristocratie, elle sera commerçante et non plus guerrière. La réussite ne se mesurera plus à l’aune des conquêtes ou des batailles gagnées, mais à l’enrichissement des uns et des autres. Ils laissent en Europe une noblesse belliqueuse qui va continuer à guerroyer jusqu’au 8 mai 1945. Cette posture n’empêche pas de faire la guerre et d’utiliser la force, mais celle-ci n’est plus une fin, seulement un moyen.Les tractations menées par Benjamin Franklin (1706-1790) pendant la Guerre d’indépendance américaine (1777-1783) sont révélatrices de cet état d’esprit(3). Appelant les Canadiens français à se joindre aux insurgés américains contre les Anglais, avec l’appui de la Couronne de France, B. Franklin leur propose de devenir un Etat inclus dans la fédération naissante. Ceux-ci, satisfaits des droits accordés par la Couronne anglaise, refusent de s’engager dans ce conflit. Au lieu de faire une nouvelle guerre, B. Franklin, pragmatique, aurait envisagé de les acheter aux Anglais, comme James Monroe (1758-1831) le fera avec la Louisiane des Français en 1803.
L’isolement politique et l’acquisition de la puissance économique
Quelques années plus tard, la double menace d’une intervention européenne pour secourir l’Espagne menacée dans ses possessions américaines, et les progrès russes le long de la côte du Pacifique, donnent au Président James Monroe l’occasion d’affirmer les principes de sa politique. Dans son message au Congrès du 2 décembre 1823, il confirme la neutralité américaine mais en étend le champ d’application à l’ensemble du continent, Nord et Sud. Il rejette toute velléité d’intervention armée : “Nous ne voulons pas nous immiscer dans les querelles des puissances européennes, la neutralité nous paraît un devoir. En revanche, elles ne doivent pas intervenir aux dépens de colonies qui ont proclamé leur indépendance. Aux Européens le vieux continent, aux Américains le nouveau.”. Avant la formulation de la doctrine Monroe, une autre disposition avait été adoptée dans la Constitution du 17 septembre 1787 pour éviter qu’un Européen devienne Président des Etats-Unis. Une condition nécessaire pour prétendre à cette fonction est d’être né sur le territoire américain.
Protégée des séismes récurrents de l’Europe, l’Amérique va se concentrer sur son développement économique. Alors qu’en 1820, le Royaume-Uni et la France dominent l’économie mondiale représentant environ 40 % du PIB des pays les plus avancés, les Etats-Unis rattrapent et dépassent ces deux puissances pendant le XIXème siècle. En 1910, les 470 milliards de dollars de PIB (dollars 1990) des Etats-Unis sont à comparer aux 190 du Royaume-Uni. L’Allemagne, à la troisième place avec 120 milliards de dollars de PIB, dépasse de peu la France.
En devenant une puissance économique, les Etats-Unis sont aussi devenus une puissance politique unie. La Guerre de sécession (1861-1865) qui fit environ 700.000 morts participa à cette cohésion. Cette première guerre industrielle préfigure les conflits du XXème siècle. La conquête de l’Ouest achève l’unité de la nation.
L’utilisation de la puissance : de 1917 à 1991
En 1917, c’est conscient de sa force que l’Amérique réintègre le jeu européen pendant la Première guerre mondiale. Tout en fournissant aux Alliés l’aide matérielle, militaire et morale qu’ils réclament, le Président Thomas W. Wilson (1856-1924) s’efforce de s’emparer de la direction politique de la coalition. Son programme définit les termes d’une nouvelle diplomatie. Il l’impose et obtient la création d’une Société des Nations (S.D.N.). Celle-ci doit assurer la paix dans le monde. A l’issue de cette première étape, fort de la puissance économique de son pays qui a rendu les puissances victorieuses débitrices de l’Amérique, T. W. Wilson a imposé à l’Europe un droit des nationalités. Les empires austro-hongrois et turc disparaissent.
Mais les rancœurs européennes sont loin d’être apaisées. L’Angleterre craint une domination de la France sur le continent. L’Allemagne rumine une défaite qu’elle n’accepte pas. La Russie sombre dans une guerre civile qui ne cessera qu’avec la fin de la Seconde guerre mondiale. L’Italie n’accède pas au statut auquel elle aspire. Tout est réuni pour prolonger un état de guerre durable. L’Amérique ne soutient ni les uns, ni les autres. Après la Conférence internationale de Locarno de 1925, l’Allemagne rejoint la Société des Nations. Le plus important de ces traités établissait le maintien du statu quo concernant les frontières franco-allemande et belgo-allemande sous la garantie de l’Angleterre et de l’Italie. Les Français sont abandonnés par leurs anciens alliés face à une Allemagne qui a déjà commencé son réarmement.
Tout recommence en 1939
Les Etats-Unis vont alors profiter de cette nouvelle guerre européenne pour affaiblir définitivement les belligérants. Dans une première étape, l’aide, très limitée, dispensée à la France et à la Grande Bretagne aboutit à l’effondrement de la première qui sort du jeu des grandes puissances en juin 1940. La Grande Bretagne bénéficie d’un surcroît d’assistance ainsi que la Russie soviétique jusqu’au moment où cette dernière sera certaine de sa victoire finale sur les forces de l’Axe. Pour éviter que les Russes n’aillent jusqu’à Paris, comme Alexandre Ier le fit en 1814, les Américains interviennent au cœur du continent européen en envahissant la France et une partie de l’Europe centrale. En juin 1944, les Russes étaient déjà près de la Prusse orientale et savaient la guerre gagnée. Conscients du jeu américain, ces derniers craindront une alliance entre les Alliés et les forces de l’Axe, ce qui se produisit effectivement, mais après la capitulation de l’Allemagne nationale-socialiste.
Après la Seconde guerre mondiale, l’Amérique triomphe sur le sol européen et dans le Pacifique par sa contribution phénoménale à l’effort de guerre. Mais cet investissement est avant tout économique et industriel. Ses pertes humaines ont été relativement faibles - 350.000 morts- en comparaison des douze à trente millions (?) de Chinois, des vingt millions (?) de Soviétiques ou des 8 millions d’Allemands. Malgré l’incertitude sur le nombre des victimes, la guerre aurait fait au moins quarante millions de morts en Europe et 60 millions dans le monde. L’Europe meurt aussi de faim. Alors qu’un Américain dispose de 3.000 calories par jour, un Français n’en reçoit que 1.135 et un Italien, moins de 1.000.
A l’issue de ce conflit planétaire qui a opposé des empires (Royaume-Uni, URSS, Chine et France) à des états-nations (Allemagne, Italie, Japon), eux aussi à la recherche d’empire, le premier modèle triomphe, mais deux concurrents sont relégués au rang de puissances régionales, le Royaume-Uni et la France. Il ne reste en Europe qu’une Russie soviétique épuisée par quatre années de batailles, ayant supporté largement l’effort de guerre allemand. Subissant une guerre économique et diplomatique que lui imposèrent les Etats-Unis, - guerre qu’elle n’avait pas les moyens de mener-, celle-ci implosa en 1991. Il ne reste aujourd’hui que l’empire chinois. Les empires français et anglais ont disparu. Les velléités allemandes, italiennes ou japonaises à en acquérir un ont échoué.
En attendant l’effondrement de l’empire russe, l’Amérique réorganise les puissances vaincues: l’Allemagne, le Japon, l’Italie, la France, certaine que l’Angleterre et la Russie ne disposent plus des moyens pour imposer leurs volontés. Parmi les projets de l’Administration américaine: couper la France en deux comme l’Allemagne. Mais la perspective de la Guerre froide et l’opposition de Winston Churchill (1874-1965) qui ne souhaitait pas que le Royaume-Uni se retrouve seul face à la Russie soviétique, aboutissent à un abandon de cette idée.
L’économie comme facteur de paix
Après avoir empêché ou dépecé des empires, un autre aspect de la politique américaine fut d’imposer son modèle par un soutien financier indispensable aux Européens.
C’est en 1947 que le secrétaire d’État George C. Marshall propose un plan qui porte son nom. Annonçant que la politique américaine n’est dirigée «contre aucune doctrine ni aucun pays, mais contre la faim, la pauvreté, le désespoir et le chaos», le gouvernement américain propose de fournir aux Européens les ressources dont ils ont besoin. Cette proposition s’adresse à tous, y compris la Russie qui la refusera. Le 16 avril 1948 est instituée l’Organisation européenne de coopération économique (O.E.C.E.) dont l’une des tâches fut de distribuer l’aide prévue par le plan Marshall. En 1960, l’O.C.D.E. (Organisation de coopération et de développement économiques) lui succède.
Une autre action est de favoriser l’interdépendance économique des principaux facteurs de trouble en Europe par la création de la Communauté européenne Charbon-Acier (CECA) qui réunira la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
L’initiateur de cette fédération européenne fondée sur l’économie est Jean Monnet (1888-1979), haut fonctionnaire français très imprégné de culture américaine. Après avoir œuvré au sein de la S.D.N. qu’il quitta en 1923, il revint aux affaires privées et fonda notamment la Bank of America. Il participa aussi à l’organisation de l’économie de guerre des Etats-Unis. C’est lui qui rédige la déclaration faite par Robert Schuman, le 3 mai 1950, dont le but fut de placer la production française et allemande de charbon et d’acier « sous une haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe ». Par le traité du 18 avril 1951, la Communauté européenne du charbon et de l’acier (C.E.C.A.) naquit, catalyseur de ce qui deviendra l’Union européenne d’aujourd’hui. Cette dernière est donc d’inspiration américaine.Le but de ces ensembles économiques est de créer de telles interdépendances que la guerre devient une aberration, l’espérance de gain en cas de conflit étant inférieure à la certitude de perte. La défaite de l’URSS et la fin de la Guerre froide permettent l’extension du modèle à l’ensemble de la planète. Mais paradoxalement, alors qu’il est appliqué par l’Amérique, ce dernier s’inspire d’une philosophie politique conçue en Europe.
Le libéralisme
Tout a été dit, tout a été écrit sur l’émergence et la vocation du libéralisme. C’est avant tout une doctrine économique dont le marché est le lieu d’expression. Mais c’est aussi une philosophie politique dont la liberté de l’individu est la pierre angulaire. Le marché et la démocratie en sont les deux piliers. Une politique libérale a donc vocation à les consolider et à les développer. Elle s’appuie sur une dimension de la philosophie naturelle qui s’enracine dans la pensée occidentale au XVIIIème siècle: l’économie. La Révolution française qui conclut le siècle des Lumières marque le début de l’Ere moderne en s’opposant à l’ancienne conception du monde héritée de siècles d’histoire reposant sur le prince et le prêtre. Le commerçant remplace les deux.
Cette philosophie doctrinale et le messianisme américain vont s’associer car, il y a dans ces deux sphères la volonté de réaliser un monde harmonieux, à l’image du monde des cieux, domaine de Dieu. En 1683, Isaac Newton (1642 - 1727) énonce les lois de gravitation et synthétise les résultats et réflexions de Copernic, Galilée et Kepler. En dehors des aspects purement techniques à l’origine de ce que les épistémologues qualifient de Science moderne, le travail de Newton et de ses prédécesseurs impose l’idée d’un monde ordonné, harmonieux, fait à l’image et par un Dieu doté des mêmes vertus. Au contraire, le monde de hommes est fait de bruits, de cataclysmes, de guerres et de fureur. La philosophie naturelle se développe alors avec comme propositions fondamentales du paradigme qui s’élabore, l’ordre et l’harmonie.
Un extrait de l’œuvre de Carl Von Linné (1707-1778) montre à quel point la Science moderne a postulé cet ordre. Dans ses “Aménités académiques”, Linné écrit que "Par économie de la nature, on entend la très-sage disposition des Etres Naturels, instituée par le Souverain Créateur, selon laquelle ceux-ci tendent à des fins communes et ont des fonctions réciproques". La notion d'économie de la nature exprime un souci théo-téléologique qui domine toute la pensée scientifique moderne. La main du créateur a fait un monde ordonné, mais aux manifestations trompeuses. La science a pour vocation de dévoiler cet ordre caché. Le pouvoir politique a comme mission de respecter cet ordre; donc les hiérarchies naturelles entre et au sein des sociétés humaines. Le protestantisme redonne alors vigueur à la mission d’un peuple élu qui doit éclairer l’humanité moins favorisée. Ce projet politique se développe aux Etats-Unis.Toute la philosophie naturelle, qui devient science au XIXème siècle, se développe à partir de ce postulat que ce soit dans les sciences de la nature ou dans les sciences de l’homme. Rompant le pacte passé avec l’Eglise se réservant la conduite des affaires humaines en laissant aux philosophes l’étude de la nature, l’économie comme philosophie peut alors s’épanouir. C’est une philosophie de la nature appliquée à l’homme. L’idée fondamentale est la réalisation de l’harmonie à partir d’une rupture avec l’économie du Salut de l’ère chrétienne dont la pauvreté est la condition. Mais, force est de constater que les phénomènes observés sont rarement en accord avec la théorie. La faute à qui ? Pas à Dieu ou à la Nature, mais aux hommes qui méconnaissent les vraies lois qui devraient conduire leurs affaires. Le libéralisme va trouver dans le marché, le moyen de réaliser cette harmonie.
Deux auteurs sont incontournables pour en saisir l’esprit. Adam Smith (1723-1790), l’initiateur, va ouvrir le voie en s’appuyant sur les réflexions des physiocrates français. Alfred Marshall (1842-1924), réalisera la synthèse des réflexions des continuateurs d’A. Smith, synthèse sur laquelle s’appuie et se réfère toute l’économie moderne d’essence libérale. Mais en existe-t-il une autre qui puisse revendiquer ce statut depuis que la théorie socialiste a sombré dans le sillage de l’URSS ?
Dans son œuvre principale, "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations" publié en 1776, Adam Smith établit la doctrine du libéralisme économique. Il a comme objet d’étude la révolution industrielle anglaise qui conférera à cette nation une suprématie pendant les XVIIIème et XIXème siècle sur sa vieille rivale, la France. L’intérêt privé est le moteur de l’économie dont la finalité est l’harmonie. Il revient aux institutions politiques de garantir une libre concurrence s’exerçant dans le cadre du marché.
La propriété, consacrée par le Code civil de 1804 en France, est la garante de la démocratie et de la liberté. Notons qu’un Français, Léon Walras (1834-1910) est reconnu par ses pairs comme celui qui est l’origine de la notion d’équilibre général en économie. Il s’est voulu le Newton de l’économie, ce que Joseph A. Schumpeter (1883-1950) lui reconnut (Blaug, p. 728): "Pour ce qui est de la théorie pure, Walras est, à mon avis, le plus grand des économistes. Son système d’équilibre économique qui réunit la qualité de la création révolutionnaire avec la qualité de la synthèse classique est la seule œuvre d’un économiste qui puisse supporter la comparaison avec la physique théorique". Il est vrai que Léon Walras a couvert Newton d’éloges dans son ouvrage de référence “Eléments d’économie pure” (1874) montrant par des propos dithyrambiques que l’économie a comme références la mécanique céleste et l’analyse mathématique.
L’apport de Marshall intéresse les spécialistes et ne nécessite pas de développement dans ces lignes. Un auteur comme Joan V. Robinson (1903 - 1983) a reproché à ce dernier une défense béate du capitalisme s’épanouissant dans une Amérique protestante.
Le modèle américain : de l’éthique guerrière à l’éthique commerçante
Pour un Européen, un nouvel impérialisme a succédé aux impérialismes déclinants de l’Eurasie. C’est le jeu de l’histoire. Pour un Américain, puisant sa vision du monde dans l’esprit des puritains, il réalise le dessein de Dieu qui lui a confié un territoire et l’énergie pour le développer et ainsi pouvoir guider l’humanité vers un monde meilleur. L’espérance messianique du judaïsme se réalise avec les protestants américains que Dieu a élus pour conduire le monde selon des valeurs bourgeoises: le travail, la prospérité, la paix. Les producteurs doivent diriger et non plus être au service des castes guerrières; c’est l’esprit de la Révolution française dont le Code civil organise les rapports humains non plus sur la naissance ou la valeur guerrière, mais sur la propriété et les intérêts privés.
En 1945, sûre de sa victoire finale malgré la singularité de la Russie soviétique, l’Amérique peut enfin annoncer son projet. Cette politique va, depuis cette époque, être réalisée par toutes les Administrations, qu’elles soient démocrates ou républicaines. Dans son discours d’investiture du 20 janvier 1949, Harry Truman (1884-1972) expose le plan réservé à l’Europe, puis au monde, dont le Plan Marshall-OCDE et la CECA-Union européenne figurent parmi les réalisations les plus abouties. Ses propos sont sans équivoque :
“ Quatrièmement, il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l'amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. Leur nourriture est insatisfaisante. Ils sont victimes de maladies. Leur vie économique est primitive et stationnaire. Leur pauvreté constitue un handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. Pour la première fois de l'histoire, l'humanité détient les connaissances techniques et pratiques susceptibles de soulager la souffrance de ces gens.
Je crois que nous devrions mettre à la disposition des peuples pacifiques les avantages de notre réserve de connaissances techniques afin de les aider à réaliser la vie meilleure à laquelle ils aspirent. Et, en collaboration avec d'autres nations, nous devrions encourager l'investissement de capitaux dans les régions ou le développement fait défaut (...).
Notre but devrait être d'aider les peuples libres du monde à produire, par leurs propres efforts, plus de nourriture, plus de vêtements, plus de matériaux de construction, plus d'énergie mécanique afin d'alléger leurs fardeaux (...).
Avec la collaboration des milieux d'affaires, du capital privé, de l'agriculture et du monde du travail de ce pays, ce programme pourra accroître grandement l'activité industrielle des autres nations et élever substantiellement leur niveau de vie (...).
L'ancien impérialisme - l'exploitation au service du profit étranger- n'a rien à voir avec nos intentions. Ce que nous envisageons, c'est un programme de développement fondé sur les concepts d'une négociation équitable et démocratique (...).
Une production plus grande est la clef de la prospérité et de la paix. Et la clef d'une plus grande production, c'est une mise en oeuvre plus large et plus vigoureuse du savoir scientifique et technique moderne (...).
Seule la démocratie peut fournir la force vivifiante qui mobilisera les peuples du monde en vue d'une action qui leur permettra de triompher non seulement de leurs oppresseurs mais aussi de leurs ennemis de toujours: la faim, la misère et le désespoir.
C'est sur la base de ces quatre principaux trains de mesures que nous espérons contribuer à créer les conditions qui, finalement, conduiront toute l'humanité à la liberté et au bonheur personnels”.
Conclusion
L’Amérique, puissance dominante, a réussi à imposer son modèle, certaine que celui-ci est le seul à garantir la paix par l’imbrication des intérêts économiques. Souvent raillée avec condescendance par les élites françaises ou anglaises fières de leur antériorité, la diplomatie américaine, depuis 1917, a presque réalisé son ambition: casser les empires autarciques, éliminer l’éthique guerrière au profit d’une éthique commerçante.
La mondialisation est le prolongement de cette politique volontaire. Celle-ci et la croissance économique qui lui est associée ne sont donc pas des phénomènes naturels irrépressibles, mais le résultat d’une conception philosophico-religieuse du monde. Le Développement durable en est la dernière version susceptible de limiter les conséquences de la crise écologique et sociale comme facteurs endogènes de déstabilisation du modèle libéral.
La mondialisation n’est donc pas une fatalité contre laquelle on ne peut rien, contrairement au message des partis libéraux ou socialistes qui la soutiennent. Elle est le résultat d’une politique dont on peut accepter ou refuser les buts.
Frédéric Malaval
16/05/2005
© POLEMIA
Bibliographie :Bertier Guillaume de, “Les titans du capitalisme américain”, Plon, 1992
Blaug Mark, “La pensée économique”, Economica, 1999
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Vallaud Pierre, "La Seconde guerre mondiale", Ed. Acropole, 2002
Weber Max, "L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme", 1905Notes :
1: Rapport de l’OMS, octobre 2002, cité par « Le Monde » du 10/09/04, Lettre de Polémia, Automne 2004.
2 : Nouvel Observateur p.47, 7-13 avril 2005.
3 : cette anecdote est mentionnée dans le musée du Château Ramezay de Montréal. -
Alain Soral : Vers la 3ème guerre mondiale ???
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3000 SOLDATS AMERICAINS POUR L’AFRIQUE: Verrouiller le continent, limiter la Chine…
Michel Lhomme
Ex: http://metamag.fr/Le service de presse d’Army Times vient de rapporter que les Etats-Unis s’apprêtent à envoyer plus de 3 000 soldats un peu partout, en Afrique, pour 2013. Pour le Major Général, David R. Hogg, « En ce qui concerne notre mission, c’est un territoire vierge ». Menteur ! Depuis quelques années, de plus en plus de soldats américains stationnent sur le continent africain et même, si le Général Hogg ne le dit pas, le but de la mission américaine est claire : verrouiller au plus vite le continent africain.
Pour les Américains, il y a urgence face à l’avancée commerciale de la Chine sur tout le continent. En fait, l’armée américaine effectue annuellement à peu près une douzaine d’opérations importantes en Afrique et pour ces opérations, des troupes et du matériel, y compris sophistiqué, sont réellement engagées. Pour les Etats-Unis, avoir un pied, militairement, dans tous les coins du continent, limiterait le risque que leurs intérêts ne soient pas protégés dans des régions où de réelles menaces existent en ce qui concerne l’’accaparement de terres agricoles ou l’exploitation de minerais rares.
Le Mali dont on parle beaucoup, a été le site, récemment, d’un exercice militaire US du nom de « Atlas Accord 12 » qui a fourni aux militaires maliens une formation dans le domaine aérien. Quelques hauts-gradés maliens ont été formés ou ont suivis des stages à West Point. En fait, Paris a lâché l’Afrique depuis longtemps et les Etats-Unis préfèrent faire le travail eux-mêmes, en tout cas, diriger les opérations, superviser dans le pré-carré français, les armées nationales qui étaient pourtant traditionnellement en relation avec Paris ou avec nos écoles militaires.Opérations US en Afrique en 2012Pour illustrer cette ingérence américaine en Afrique, quoi de mieux que de dresser la liste des opérations américaines qui se sont déroulées, au cours de l’année 2012, en différents points du continent africain :- « Cutlass Express », un exercice naval visant ce qu’on appelle la «piraterie» dans la région du Bassin de Somalie.- « Africa Endeavor 2012 », basée au Cameroun, centrée sur la formation et la coordination en communications militaires. Tous les « renseignements » passant maintenant par le réseau américain Echelon. Nous avions d’ailleurs, déjà dit ici, qu’au Sahel, la France est obligée de passer par les services américains pour savoir ce qui s’y passe dans le « détail » !- « Obangame Express 2012 », exercice naval pour assurer une présence dans le golfe de Guinée, région au cœur d’opérations pétrolières en Afrique occidentale.- « Southern Accord 12 », basée au Botswana dont le but était d’établir des relations de travail entre les forces militaires d’Afrique australe et les Etats-Unis.- « Western Accord 2012 », exercice militaire au Sénégal, impliquant tous les types d’opération, des exercices de tirs à la collecte d’informations et au combat de tireurs d’élite.D’autres exercices de même nature aux noms tels que « African Lion », «Flintlock » et « Phoenix Express » ont aussi eu lieu. De plus, des unités de Gardes Nationaux US ont effectué des rotations dans des pays qui incluent entre autres, l’Afrique du sud, le Maroc, la Tunisie, le Nigéria, le Libéria et le Ghana. Des entreprises de sécurité privées américains se sont installées en Mauritanie et dans tout le Sahel.Les communiqués de presse du US Africa Command (AFRICOM) suggèrent que ces opérations sont bénéfiques tant pour les Etats-Unis que pour l’Afrique. Leur message central est que les militaires US et Africains sont des partenaires dans la guerre contre le terrorisme et d’autres formes de soulèvement. Mais ce n’est pas en réalité du partenariat, c’est de la défense classique d’intérêts économiques et stratégiques.25% des besoins américains en pétrole vers 2015 seront africainsUn rapport du Bureau de Recherche du Congrès sur les plans d’exploitation US a été publié par WikiLeaks. On y lit « en dépit des conflits dans le delta du Niger et d’autres régions productrices de pétrole, le potentiel pour des forages en profondeur dans le golfe de Guinée est élevé et les analystes estiment que l’Afrique pourra fournir près de 25% des besoins américains en pétrole vers 2015. »
Le document cite un officiel US du Département de la défense : « …la mission principale des forces US (en Afrique) est d’assurer que les champs pétrolifères du Nigéria …soient sûrs ». Au moins, le propos est-il clair. C’est pourquoi, les Etats-Unis seraient satisfaits que des actions militaires menées par des Africains visent les militants et les groupes mafieux qui sabotent les oléoducs et les opérations des compagnies pétrolières occidentales en Afrique occidentale. Parallèlement, en raison de l’accroissement de leurs importations de pétrole, les Américains s’opposent vigoureusement à toute velléité africaine d’exclure par la force les dites compagnies du Delta du Niger même si leurs pipelines qui fuient ont ruiné d’innombrables hectares de terres agricoles et d’eaux poissonneuses et ont provoqué un véritable désastre écologique de toute la région.
Les intérêts de l’Afrique sont, on le voit bien, en perpétuel conflit avec ceux des Etats-Unis comme avec ceux de la Chine. Les dirigeants africains continuent de leurrer leur peuple en s’attaquant souvent dans la presse africaine à la France ou aux Européens alors qu’ils se couchent honteusement, à tour de rôle, devant les Chinois ou les Américains.Curieusement, il n’y a pas eu de réaction africaine sérieuse à cette annonce du renforcement de la présence de soldats US sur leur sol. Si l’Europe était une puissance, si la France n’avait pas abandonné honteusement l’Afrique, le vrai partenariat, le seul partenariat possible, le partenariat euro-africain aurait pu préserver le continent africain de la politique des vautours et des chacals.On a mal à l’Afrique, on pleure l’Afrique américanisée ou chinisée. -
Poutine et la place de la Russie
La fin du monde n’a pas eu lieu.
Quoiqu’il ne faille pas exclure, qu’à terme, ne se produise la fin d’un monde, celui, américano-centré, unilatéral et formidablement dangereux pour la paix, que l’on voudrait, ici, en Occident, voir s’installer durablement.
Pourquoi pas pour mille ans !
La récente conférence de presse de Vladimir Poutine, s’adressant durant quatre heures trente à plus de mille journalistes de toutes nations, le jeudi 20 décembre, a rappelé cette vérité qui dérange : la Russie est toujours là. Mieux : elle incarne, par sa volonté de ne pas se plier à l’hégémonie étatsunienne, la perspective d’un monde multipolaire, pluri-civilisationnel, pour l’avènement duquel d’autres nations luttent, celles notamment représentées par le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, République Sud-africaine), mais aussi l’ALBA, en Amérique latine, ce qui démontre, à l’encontre de ce que la presse mainstreams prétend, que les Russes sont loin d’être « isolés ».
C’est une rengaine qui révèle, chez les journalistes liés à l’Otan, une réelle absence d’imagination. Il est vrai qu’en général, l’activité propagandiste ne demande comme aptitude que celle qui consiste à se répéter pour faire pénétrer dans le cerveau assoupi des masses des « vérités » infaillibles. Encore que l’imagination soit un ingrédient indispensable pour donner du sel aux scénarios susceptibles de remplacer la réalité. Il est vrai que le matraquage manichéen a réussi avec l’Irak, la Serbie, la Libye, et que la légende d’une démocratie militante et internationaliste éradiquant le Mal dictatorial de la planète a plutôt bien marché ; ce qui révèle, pour ceux qui croient encore aux lendemains qui chantent, combien les peuples occidentaux ont vendu leur liberté pour un plat de lentilles, qui s'avèrent, par ces temps de crise, plutôt passablement avariés. Et pour le coup, ils ont abandonné aussi leur droit d’aînesse.
Une chansonnette qui a les faveurs des salles de rédaction, en ce moment, est que la Russie serait sur le point d’abandonner « le régime de Bachar al Assad » (dixit). On s’appuie, pour étayer ce qui ressemble furieusement à des lubies arrosées d’après dîner (du Siècle ou du crif, comme vous voulez), sur de soi-disant déclarations, d’un sous-ministre ou d’un ambassadeur russes, voire de Poutine lui-même.
En vérité, la position russe n’a jamais changé : la Russie n’appuie pas un homme, mais un Etat légitime, la nature du régime et la composition du gouvernement syrien doivent résulter du choix du peuple syrien lui-même, une conférence de conciliation doit avoir lieu, et les forces étrangères n’ont pas à intervenir dans le conflit. Rien de nouveau sous le soleil, donc !
Contre toute évidence, nos braves Tintins de comptoirs (désirant sans doute redonner de l'espoir à des « rebelles » singulièrement étrillés) entonnent le refrain bien appris de l’armée syrienne qui perd du terrain, du régime qui s’effrite, avant de s’effondrer, de l’isolement de ses partisans, de son encerclement etc. Que les « rebelles », dont la majorité sont des membres d’Al-Qaeda, des salafistes takfriristes, des frères musulmans, des Talibans, des Tchétchènes, des Turcs, Irakiens, Libyens, Tunisiens, Marocains, des Yéménites djihadistes, qui n’ont rien à voir avec les Syriens de souche, et qui sont payés par le Qatar, soutenus pas les USA, Israël, l’Angleterre et la France, pays qui prétendent, par ailleurs, combattre le fléau islamiste, soient exterminés par la valeureuse armée républicaine syrienne, cela semble leur échapper. Ils en restent à une explication fort simple, digne d’une cour de récréation de collège : Bachar étant un méchant, les Russes, ayant une propension à la méchanceté, comme chacun sait, sont naturellement portés à lui porter leur aide. Mais, surtout, la Russie s’accrocherait à la base de Tartous, afin de maintenir sa présence en Méditerranée orientale, mais serait bien obligée de tenir compte du rapport de force défavorable.
Autrement dit, la presse raisonne comme si elle jouait aux dames avec un damier singulièrement étriqué, alors qu'il s’agit d’un jeu d’échecs à l’échelle asiatique, voire mondiale. Quand le sage montre la lune, dit un proverbe chinois, l’idiot regarde le doigt.
Au lieu de prendre des vessies pour des lanternes, la presse collaboratrice devrait plutôt abandonner ses vains espoirs. D’abord parce que le « régime » syrien tient, tout simplement pour des raisons faciles à comprendre : si les fanatiques islamistes l’emportent, ce sera un génocide, les minorités ethniques et confessionnelles seront exterminées, les femmes retourneront en esclavage, et une chape de plomb s’abattra sur un pays encore indépendant et libre. D’autre part, la Russie possède largement de quoi tenir tête aux puissances militaires locales et internationales, qui se mêlent de semer la zizanie dans cette région. Non, l’ours n’est pas affaibli !
Surtout, il est évident que si la Russie laisse le terrain à l’Occident, c’en est fini de ses rêves d’indépendance, et même de sa volonté de survie. L'ours joue ici sa peau, et il est prématuré de vouloir d’ores et déjà la vendre !
Pourquoi ? Il n’est qu’à regarder une carte pour comprendre. Qui contrôle cette région, où aboutissent, aboutiront, des terminaux gaziers et pétroliers, lesquels sont vitaux pour des pays comme l’Iran, partant la Chine, ceux d’Asie centrale, la Russie même, qui aurait voix au chapitre en Europe occidentale, région maritime où baignent des Etats déstabilisés ou stratégiquement essentiels, parfois surarmés, où l’on a trouvé des réserves immenses de gaz, cette énergie du XXIe siècle, qui la contrôle, donc, contrôle l’avenir. La Russie sait aussi que, comme dans un jeu de dominos, perdre la partie ici entraînerait un déplacement du conflit tout près de ses frontières, dans cette Asie centrale où s’agitent déjà des intégristes musulmans. Qui occupe l'Eurasie tient les rênes de la planète.
C’est pourquoi il est réjouissant de voir revenir, sur le théâtre international des nations, une Russie forte, fière et digne. La conférence de presse du président Poutine nous rappelle, nous, Français, celles du général de Gaulle, qui soutenait que la place de la France devait être au premier rang. La noblesse de notre histoire ne laissait pas d’autre alternative. C’était compter sans la trahison de nos « élites », qu’il pressentait néanmoins, lesquelles ont vendu notre indépendance, celle de l’Europe aussi, à ceux que Mitterrand, qui les avait portant bien installé dans notre culture, considéraient comme nos pires ennemis, les Etats-Unis d’Amérique.Claude Bourrinet http://www.voxnr.com -
Arabie saoudite: l’allié problématique de Washington
C’est avec un acharnement véritablement opiniâtre que l’Arabie saoudite défend ses intérêts stratégiques. Après les soulèvements d’Egypte et de Libye, où Ryad a chaque fois soutenu l’opposition islamiste, le royaume du désert arabique s’immisce désormais dans la guerre civile syrienne. Comme le rapportait le journal britannique “The Guardian”, le 22 juin 2012, les Saoudiens s’apprêtaient à financer les combattants de la dite “Armée Syrienne Libre”. Ensuite, des pourparlers étaient en cours entre les Saoudiens, d’une part, et des représentants des Etats-Unis et d’autres pays arabes afin de fournir des armes aux rebelles syriens, tant et si bien qu’on peut dire que l’Arabie saoudite et l’émirat du Qatar “entraient de plein pied sur le théâtre des affrontements syriens”.
C’est donc clair désormais qu’une sorte de “division du travail” a été décidée entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite pour favoriser en Syrie un “changement de régime”. La réputation de Washington est bien écornée dans le monde arabe: c’est pourquoi les Etats-Unis se tiennent en apparence en dehors du conflit et font faire le travail sur le terrain par leurs alliés de la région. Dans ce contexte, les Etats-Unis cherchent à lier plus étroitement à leur politique et à celle de l’OTAN leur allié problématique qu’est l’Arabie saoudite, qui finance partout dans le monde les mouvements islamistes. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen a déclaré, à l’occasion d’une visite au quartier général de l’Alliance Atlantique du ministre saoudien des affaires étrangères, Nizar Madani, à la mi-juin 2012, que l’Arabie saoudite était “un pays-clef dans la région et que l’OTAN serait ravi d’accueillir le royaume wahhabite comme partenaire lors de l’ “Istanbul Cooperation Initiative” (ICI)”. L’ICI a été créée en 2004 sous l’impulsion du Président américain George W. Bush, avec pour mission de lier les pays arabes à l’OTAN.
Dans le but de faire tomber le leader syrien Bachar el-Assad, les Etats-Unis parient, une fois de plus, sur un allié fort douteux. Les deux partenaires veulent certes affaiblir l’Iran, leur ennemi commun, en provoquant un changement de régime à Damas; mais, mis à part cet objectif précis et circonscrit, les intérêts des deux puissances se limitent à cela. Washington raisonne sur le court terme et veut protéger Israël du danger hypohétique d’une attaque nucléaire iranienne mais raisonne aussi à moyen terme en spéculant sur un écroulement du régime des mollahs pour s’emparer des réserves de pétrole et de gaz d’Iran. Les Saoudiens, eux, veulent devenir une puissance régionale incontestée sur les rives du Golfe Persique; ils veulent aussi devenir l’Etat arabe le plus influent et exporter leur forme d’islam, le wahhabisme, partout dans la région. Si l’Iran chiite s’affaiblit, l’Arabie saoudite en profitera pour barrer, sur son propre territoire, la route à Téhéran qui cherche à influencer les ±10% de la population saoudienne qui est d’obédience chiite.
Comme en d’autres points chauds du monde musulman, les Saoudiens soutiennent les djihadistes syriens, en liaison avec le réseau terroriste d’Al-Qaeda, ce qui contrarie fortement les projets américains pour une Syrie post-Assad. “Ces éléments (djihadistes) bénéficient du soutien de l’Arabie saoudite et du Qatar et joueront indubitablement un rôle en Syrie après la chute d’Assad”, écrit, sur le ton de l’avertissement, une étude publiée par le “Royal United Services Institute” (RUSI), une boîte à penser britannique qui entretient d’excellents contacts avec les ministères de la défense de Londres et de Washington.
Qui plus est, l’étude du RUSI retient que l’Arabie saoudite sait parfaitement bien utiliser les milliards de sa rente pétrolière pour téléguider à sa guise les bénéficiaires du “printemps arabe”. Ryad aurait essayé “avant que n’éclate la vague des soulèvements arabes de se réconcilier avec Assad”. Dans ce contexte, les Saoudiens auraient été prêts à “accepter que le Liban fasse partie de la zone d’influence syrienne”. Mais il est cependant sûr que “les Saoudiens soutiendront tout nouveau gouvernement, après la chute éventuelle d’Assad, qui travaillera pour les intérêts à long terme de l’Arabie saoudite”.
Néanmoins les Saoudiens peuvent toujours compter sur le soutien inconditionnel de Washington. Même si, dans leur pays, on ne trouve ni démocratie ni droits de l’Homme. On peut considérer, à première vue, que cette alliance est incongrue, mais elle est pourtant une donnée constante dans la région; dans ce cas, on peut aussi conclure que Washington, en dépit des discours répétés à satiété dans les médias, ne cherche nullement à “démocratiser” le Proche Orient mais uniquement à consolider ses intérêts économiques les plus évidents, quitte à faire de l’Arabie saoudite un “modèle”.
Fin décembre 2011, Washington et Ryad ont signé un accord quant à la livraison d’armes pour une valeur de 30 milliards de dollars. Les Saoudiens devraient recevoir notamment 84 avions de combat de type F15, un modèle américain. Cette coopération “en matières de sécurité” sert surtout à aider l’économie américaine qui est en train de battre de l’aile et à donner un coup de manivelle au “complexe militaro-industriel” des Etats-Unis.
Lors d’une conférence téléphonique, tenue le 14 juin 2012 et disponible en script sur le site du ministère américain des affaires étrangères, le sous-secrétaire d’Etat aux affaires politico-militaires, Andrew J. Shapiro, a évoqué les vraies raisons de la vente d’armes à l’Arabie saoudite. Selon Shapiro, cet accord entraîne “des effets considérables sur le développement de l’économie américaine”. Grâce à ce contrat, disent des spécialistes de l’industrie, 50.000 emplois se créeront aux Etats-Unis, impliquant 600 fournisseurs et sous-traitants dans 44 Etats de l’Union. Cela rapportera chaque année 3,5 milliards de dollars à l’économie américaine. Et Shapiro conclut: “Cela ne créera pas seulement des emplois dans le secteur de l’aéronautique mais aussi auprès de nos sous-traitants qui ont tous un rôle décisif à jouer dans le maintien de notre défense nationale”.
Par cette livraison d’armes aux Saoudiens, une course aux armements menace la région du Golfe Persique car on peut s’attendre à ce que l’Iran à son tour renforce son arsenal. On ne peut plus exclure l’éventualité d’une guerre irano-saoudienne à moyen terme dont le but serait d’asseoir l’hégémonie du vainqueur dans la région.
Bernhard TOMASCHITZ.
(article paru dans “zur Zeit”, n°33-34/2012; http://www.zurzeit.at/ ). -
N’en déplaise aux obsédés du désarmement citoyen
La cause est entendue : si la mère d’Adam Lanza n’avait pas possédé d’armes à feu, le massacre dans cette école du Connecticut dont le monde entier, horrifié, a découvert l’existence pour l’occasion, n’aurait jamais eu lieu. Ah bon !
Sans cette gorgone faite génitrice, Adam Lanza aurait été un jeune garçon comme les autres qui n’aurait jamais eu envie de zigouiller qui que ce soit. Rah bon !
Quel dommage fils si malheureux ait eu la très mauvaise idée de la trucider en premier… Si au moins elle avait survécue, elle aurait pu être clouée au pilori de l’infamie citoyenne… Faute de mère indigne, les tenants de l’interdiction de posséder des armes à feu en sont réduits à diaboliser des mentalités, un système, des traditions… On sent bien qu’ils enragent de ne pas tenir dans leurs serres médiatiques une victime expiatoire qu’ils pourraient charger de tous les péchés mortifères.
Rien ne vaut un Néron, un Napoléon, un Hitler en chair et en os… Même en jupon, ça fait l’affaire à merveille. Au diable le féminisme !
Alors, depuis la tragédie, ce ne sont qu’images de familles éplorées, suivies d’appels à interdire toute détention d’armes, de témoignages de témoins rescapés, suivi d’appels à abolir la loi autorisant l’achat d’armes, de photos de l’école envahie de policiers et même de militaires (bien que le tueur ait mis fin à ses jours, sans doute des fois qu’il la rejoue mort-vivant), de rappels dénonciatoires que les États-Unis autorisent les ventes d’armes, de la venue sur place du président Barack Obama, de condamnations obsessionnelles de la libre circulation des armes à feu, etc. etc. en boucle et toujours… La machine médiatique à formater les cerveaux est lancée à fond, brocardant méthodiquement des millions de tueurs en liberté, tous prêts à massacrer toute concentration humaine sans défense et de préférence enfantine…
Ces millions de tueurs sont les propriétaires d’armes à feu. Eux et eux seuls. Pas un commentaire, jamais, pour soumettre la possibilité, éventuellement, que les responsables d’une tuerie comme celle de cette école élémentaire de Sandy Hook soient d’abord ceux qui côtoyaient de près ou de loin Adam Lanza et qui ne se sont pas inquiétés plus que ça de ce garçon « (qu’)on remarquait parce qu’il ne parlait à personne et (qui) donnait l’impression d’avoir des difficultés à se connecter avec le monde extérieur. »(1)
Si sa mère porte une responsabilité dans le drame, c’est à l’évidence par une évidente inattention au comportement de son enfant… Qu’elle ait tenté de lui faire partager sa passion du tir n’a pas fait de lui un dingue, il l’était ! Et s’il n’y avait pas eu d’armes à feu chez lui, à sa portée, nul doute qu’il en aurait trouvé… ou trouvé d’autres moyens – ils sont innombrables ! – pour mener son sanglant rodéo dont on ne sait toujours pas, de la vengeance ou de l’acte existentiel, quelle en a été la véritable motivation.
Que l’on sache, la vente d’armes à feu n’est pas librement autorisée au royaume de Norvège… Cela n’a guère semblé gêner le sieur Anders Behring Breivik de faire un carton d’été assez spectaculaire sur l’île d’Utøya, en juillet 2011, à l’occasion d’un camp de la ligue des jeunes du Parti travailliste : 77 morts et 151 blessés…
La vente d’armes n’est pas non plus librement autorisée en France… mais 17 assassinats ont endeuillés la seule Île de Beauté en 2012 (l’année n’est pas terminée), ni ces quatre ou cinq dernières années, où une quinzaine de meurtres par an y ont été commis.(2)
En 2011, 20 règlements de comptes ont été recensés dans les Bouches-du-Rhône (29 victimes dont 16 morts), dont 15 à Marseille (23 victimes dont 13 morts)… Quant à La Kalachnikov « (elle) a quitté les terres de guérilla pour coloniser nos banlieues “sensibles”. Elle est devenue l’arme à posséder pour contrôler l’économie souterraine. Marseille n’est pas en reste, en témoigne le nombre de réglements de comptes avec ce type d’arme. »(3)
Mais bien sûr, il s’agit là de criminalité, diront les obsédés du désarmement citoyen ; pas d’acte terroriste sur fond de folie meurtrière… Dommage pour eux que le franco-algérien Mohammed Merah se soit illustré dans le genre : sept victimes dont trois enfants et six blessés…
De l’île d’Utøya à Toulouse jusqu’à Sandy Hook, quelles que soient les facilitées pour cela, les tarés trouvent toujours à acquérir ce dont ils ont besoin pour accomplir leurs pulsions meurtrières. Ils n’ont jamais besoin d’une maman apprentie armurière pour cela. De parents moins autistes, de proches plus attentifs, de médecins plus professionnels, de professeurs des écoles plus responsables, si !
De médias moins manipulateurs aussi.Philippe Randa http://www.voxnr.com
notes :
(1) Selon les déclarations de la chauffeuse du bus scolaire qui a conduit l’intéressé au collège pendant plusieurs années, Libération, 16 décembre 2012.
(2) « La violence nationaliste (est) en effet peu meurtrière, si on enlève certains épisodes de règlements de compte entre nationalistes. La nouveauté, c’est qu’on tue beaucoup plus. Il y a une sorte d’habitude, de “routinisation” des homicides, particulièrement en Corse-du-Sud et dans la ville d’Ajaccio » , explique Xavier Crettiez, professeur de sciences politiques, Le Figaro, 17 novembre 2012.
(3) « Meurtres à Marseille : la cité phocéenne est-elle devenue le nouveau Chicago ? », www.lexpress.fr, 4 septembre 2012.Lien permanent Catégories : actualité, anti-national, insécurité, international, lobby, magouille et compagnie 0 commentaire -
La détention d’armes à feu aux Etats-Unis
« Les fusillades sont très fréquentes aux États-Unis, où la détention d’armes à feu est un droit constitutionnel, même si des associations tentent en vain de changer la législation. »
Telle est la conclusion de la dépêche AFP, suite au drame récent à Newtown, dans le Connecticut, reprise en cœur par les sites d’informations des médias dominants.
On retrouve ainsi l’analyse habituelle concernant les très ébruitées fusillades ayant lieu outre-Atlantique. Comme dans le fameux documentaire Bowling For Columbine de Michael Moore, un lien direct – et quasi-exclusif – est présenté entre ces affreux faits divers et la détention partiellement libre d’armes à feu aux États-Unis.
Depuis plusieurs décennies, de nombreuses organisations, américaines ou « internationales », s’activent pour combattre les lois autorisant la détention d’armes aux États-Unis, par les voies légales et médiatiques. Comme le note le militant pro-guns Wayne LaPierre dans son ouvrage Guns Freedom and Terrorism (2003), tous les événements impliquant des armes à feu, fusillades, accidents, et même terrorisme, sont l’occasion pour les lobbies anti-armes de se manifester en puissance. De l’autre coté, de nombreuses associations américaines s’acharnent à combattre de manière souvent radicale toute réduction de l’accessibilité aux armes à feu, en utilisant des termes sans nuance, tels que « Liberté » ou « Tyrannie ».
Face à cette situation, il parait pertinent de s’interroger. Tout d’abord, pourquoi des organisations parfois extra-nationales (et donc peu concernées) s’engagent-elles dans ce débat de manière si obstinée ? Et de la même façon, pourquoi une résistance si obtuse, à base de millions de dollars, de réseaux d’action, de manifestations voire d’actions violentes de la part du peuple américain pour sauvegarder ce Droit, dans une nation normalement « sécurisée » par les forces publiques ? Cette résistance, que nous nous permettrons de qualifier de populaire, ne mériterait-elle pas d’être observée, comprise dans ses fondements ? Peut-être, par comparaison, pourrions-nous trouver dans ces actions un enseignement utile pour nous, citoyens européens, citoyens français ? C’est ce que nous nous proposons d’étudier.
En premier lieu, très rapidement, nous noterons la faiblesse des habituels arguments contre la détention d’armes aux États-Unis. Nous noterons ensuite que ce droit, défendu farouchement, va plus loin qu’une simple réaction de peur et de violence d’individus simples et paranoïaques voulant tirer à vue sur un intrus qui n’en est peut-être pas un. Ayant compris qu’il s’agit d’une volonté populaire de préservation de la Liberté et de l’authenticité culturelle, nous verrons en quoi ce combat, sur sa forme comme sur son fond, devrait être compris et « imité » – sur d’autres sujets – par les citoyens de la nation française.
En tant que Français, un des premiers sujets sur lequel on souhaite interroger un Américain de la campagne profonde, lorsqu’on le rencontre, c’est son étrange volonté de porter des armes. Nous avons donc ouvert le sujet avec Matt, Américain d’une quarantaine d’années, détenteur d’armes et proche de la NRA [1]. En bon Français provocateur, nous lui avons fait remarquer que les armes sont des engins de morts, dont la nature unique est de tuer nos semblables. Il répondit alors tranquillement qu’il « existe des événements malheureux, choquant l’opinion, où les armes ont pris des vies, mais aucune statistique n’existe sur les vies qu’elles ont préservées ».
Cette réponse nous laissa interdit, et approbateur. Plus tard, en nous documentant, nous avons découvert que notre ami n’avait tort que sur un point : il existe bien des statistiques illustrant son argument. L’étude de Lott et Mustard, Crime, Deterrence and Right-Carry Concealed Handguns, est connue pour avoir prouvé statistiquement que l’ouverture de la détention d’armes en Floride avait fait baisser la criminalité. L’étude cite différents travaux, montrant ainsi que, en fonction des critères et des méthodes de calculs, de 100 00 à 500 000 crimes seraient évités chaque année grâce au fait que la victime ait manifesté sa possession d’armes à feu.
Une législation ouverte sur la détention d’armes, en plus de « guérir », permet surtout de « prévenir » la criminalité et la délinquance, tout délinquant ayant à prendre en compte l’éventuelle capacité de feu de sa victime. Ainsi, toujours dans l’étude de Lott et Mustard, on apprend que les « hot burglaries » (cambriolages se produisant avec la présence des occupants, et donc souvent accompagnés de violences) ne représentent que 13 % des cambriolages aux États-Unis, où le port d’armes est facilement accessible, contre 50 % des cambriolages en Europe.
Quant aux statistiques élevées de morts par balle (le fameux chiffre des 11 000 présenté dans le documentaire de Michael Moore), nous proposons qu’une étude détaillée des circonstances de ces décès soit faite. La ghettoïsation des USA, pays ou la régulation sociale est parfois complètement abandonnée, génère de nombreux crimes « mafieux » dans des zones de non-droit, gonflant ainsi cette statistique. Ces crimes supposant l’usage illégal d’armes non déclarées n’ont cependant rien à voir avec le débat de la détention légale d’armes.
En effet, nous ferons remarquer qu’en France, malgré une législation de contrôle assez stricte, l’apparition de zones de non-droit et la multiplication de « règlements de compte » semblent être d’actualité, suivant ainsi la triste évolution des zones urbaines, déjà bien aboutie aux États-Unis, nation leader dans les horreurs socioculturelles et sociétales de notre modernité occidentale.
Pour aller plus loin sur les éléments statistiques au sujet du port d’armes, nous proposons au lecteur de se porter sur les ouvrages de LaPierre et l’étude de Lott et Mustard, véritables synthèses sur le sujet. Il s’agissait ici surtout dans un premier temps d’affirmer que la question de la détention d’armes est un faux débat. Si l’arme était la principale responsable d’un crime commis par un aliéné, comme récemment au Colorado, dans le Wisconsin ou celle trés récente de Newtown, les médias devraient alors s’interroger sur la facilité d’accès aux armes, illégales et légales, en Europe lors des « affaires » qui nous concernent, comme pour le massacre norvégien [2], l’affaire Merah, les règlements de compte de Grenoble ou de Marseille, ou encore l’affaire Dupont de Ligonnès à Nantes. (Rappelons-le d’ailleurs, les différences entre pays occidentaux ne marquent pas une barrière claire entre le droit d’être armé ou non, mais une palette de contraintes à l’accès et des larges variantes dans la légitimité de d’utilisation.) Ce manque de réciprocité dans l’analyse de sujets similaires en dit assez sur la validité de leurs conclusions.
Intéressons-nous à présent à cet acharnement d’une minorité populaire à maintenir absolument l’accès aux armes. L’opposition violente et durable des associations pro-guns contre le Brady Handgun Prevention Act de 1994 est un bon exemple de leur détermination. Cette loi visait simplement à réaliser quelques contrôles de casier judiciaire sur les citoyens demandant l’acquisition d’une arme. Rien de bien restrictif, et pourtant les associations se sont battues sans répit, au point d’ailleurs de réussir à faire modifier intégralement la proposition de loi.
L’argument premier avancé par les défenseurs du port d’armes est le maintien de la « liberté », garantie constitutionnellement (Deuxième Amendement). À première vue l’invocation de la liberté paraît étrange, mais elle est en réalité très sensée si l’on se souvient par exemple de l’apport de Hegel à ce sujet. La société permet d’accéder à la liberté véritable car ces règles de conduite, ses lois, régissent les rapports aux hommes et assure la sécurité des personnes et de leurs biens. On évite ainsi la situation inévitable d’une absence de règle : l’État de nature, qui est pour Hegel l’arbitraire pur [3] La société est donc la liberté par la sécurité au sens large.
Au regard de la conception initiale et traditionnelle des Américains concernant la société, où l’État est une notion abstraite ou secondaire [4] placée derrière l’initiative et la responsabilité individuelle, il est absolument cohérent qu’un Américain attaché à ses racines refuse d’accepter qu’un « gouvernement », potentielle tyrannie à ses yeux, soit en charge de la sécurité de sa famille à sa place. La sécurité des siens, c’est la liberté par la préservation de la vie, et ceci est du ressort de la responsabilité de chaque individu. Interdire à ces derniers la détention libre d’armes revient à « protéger les criminels et les despotes », nous dit Ron Paul.
En tant que Français, notre tradition et conception de la société est cependant différente. Notre nation porte l’idée d’un pouvoir étatique fort, centralisé, veillant à une population avec un esprit davantage collectiviste. Dans ces conditions, nous ne pensons pas que, sur le plan conceptuel, le port d’armes généralisé soit cohérent avec notre tradition nationale. Pour autant, l’entêtement populaire américain à conserver ce droit fondamental peut être pour nous une source de réflexion, sur le fond, mais aussi sur la forme.
Le rappel de la conception de Hegel au sujet de l’intérêt de vivre en société nous amène à un jugement sévère de notre situation actuelle en France. Il ne semble pas, dans le fait, que le gouvernement s’inquiète de la sécurité de ses concitoyens honnêtes, tant il laisse les armes proliférer au sein du petit banditisme. Il nous paraît inutile de nous étendre sur l’évidente gravité de la situation socio-économique française ; nous nous contenterons de noter que les Français se retrouvent aujourd’hui face à une double insécurité : l’évidente insécurité physique bien sûr, mais aussi une insécurité économique. Par la réorganisation du monde du travail, les travailleurs les moins qualifiés sont devenus des « outsiders », enchaînant emplois précaires et chômage, sans garantie de futur professionnel (et donc de structuration personnelle). Les lecteurs avertis sauront en quoi ces deux insécurités sont d’ailleurs intimement liées, à travers l’avancée du mondialisme.
Ceci amène certains citoyens Français à « quitter » quelque peu cette société qui n’assure plus à sa famille les fondamentaux inhérents au but même de la vie en collectivité, et à rechercher une certaine autonomie, une reprise en main individuelle, justement très caractéristique de l’esprit américain dans son authenticité populaire. Nombreux sont ceux qui s’intéressent à la possession d’armes (sans pour autant en faire une question politique) et l’accompagnent en toute logique d’autres réorientations comportementales : redécouverte des métiers manuels traditionnels, recherche d’un lieu de vie éloigné des milieux urbains, refus de l’endettement, consommation identitaire, alimentation plus saine et « désintermédiée »…
La démarche est souvent naturelle, comme faite par réflexe, mais chez de nombreuses personnes il s’agit d’une évolution voulue et construite. Dans la bouche de ces dernières apparaissent les termes « survivalisme », « retour aux sources », « ré-enracinement », « autonomie ». Ces dynamiques sont à la fois des réactions de protection face à un monde contemporain douteux tel que décrit plus haut, et des volontés profondes de rétablir des liens avec le réel et le passé que l’absurdité mondialiste et consumériste a détruits.
Pour le jeune cadre urbain d’aujourd’hui, toutes ces dynamiques sont « che-lou », « useless » et typiques des « beaufs » voire des « fachos ». Rechercher l’accomplissement de soi en dehors du plaisir immédiat de boites de nuit, c’est « relou », les armes sont un truc de « parano », la vie en dehors des grandes villes c’est « chiant » et réservé aux « bouseux ». Il est assez logique que le jeune branché d’aujourd’hui, aliéné par l’hédonisme égoïste caractéristique de son époque, n’arrive pas à comprendre ce qui pousse quelqu’un à faire de la sécurité de sa famille une priorité. Il ignore avec condescendance les projets de vie qui diffèrent du sien, comme il ignore la détresse de certains de ses compatriotes, qui ont vu leur sécurité physique et économique balayée par un mondialisme féroce et apatride. Loin du destin du « beauf » de Valenciennes, Roubaix ou autre ville ravagée, le jeune branché jouit matériellement d’un monde dans lequel il est momentanément gagnant, étant correctement payé par une grosse structure justement vecteur de l’avancée mondialiste, comme une grande banque par exemple, ou une entreprise œuvrant dans les « technologies de la nomade attitude », ou l’on ne sait quelle autre activité stérile.
Pourtant, la réalité pourrait lui rappeler un jour qu’il n’est que l’esclave heureux et déshonoré du système qu’il adule. La pérennité de son pouvoir d’achat dépend d’une structure monétaire au bord de l’agonie. Sa sécurité physique n’est que fébrilement garantie, par quelques agents de police que l’État arrive encore tout juste à payer pour surveiller le luxueux quartier où il s’est empressé d’emménager. L’absence de sens, sur tous les plans, de notre monde d’aujourd’hui, ne peut qu’aboutir un jour ou l’autre à une affreuse descente aux enfers, brutale, ou plutôt, comme le soutien Michel Drac, progressive, dans la continuation de la déliquescence actuelle [5] .
Les parties I et II de Survivre à l’effondrement économique de Piero San Giorgio donnent suffisamment d’éléments neutres et factuels pour considérer un écroulement de nos sociétés occidentales dans leur quasi intégralité comme fortement probable. À quel horizon ? « Je me mouille, ce sera entre 2012 et 2020 », nous dit, avec pertinence, Piero San Giorgio.
Auparavant aveugle aux malheurs des premières victimes directes du mondialisme et à l’abjection morale de nos sociétés, le jeune cadre branché, touché en plein « cœur », prendra alors peut-être conscience. Il se dira qu’il a eu tort de tout miser sur sa « coolitude » et les « applis » de son « Iphone ». Peut être sentira-t-il alors enfin ce désir naturel d’autonomie, ce réflexe qui finalement reste à l’esprit de la minorité américaine authentique, cette volonté de maîtrise du concret et de l’environnement immédiat typique de l’esprit pionnier. Seulement, il sera peut-être aussi trop tard. La porte du « beauf parano », à cet instant, sera peut-être fermée. Et bien gardée.
Pour quitter l’aspect purement pratique, intéressons-nous aussi au mouvement de résistance pro-guns américain sur la forme. Ce qui semble inspirer cette résistance est avant tout une volonté de conservation d’un droit inhérent à leur histoire nationale. Sa nature constitutionnelle en fait en substance un « principe fondateur », et une vraie particularité nationale. Peut-être devriez-nous nous aussi, du côté français, veiller à la conservation (ou la restauration ?) de certains de nos principes fondateurs, de nos particularités nationales qui ont fait la force et la survie de notre nation, à travers 1 500 ans d’existence [6]. Attention, nous ne faisons pas là un simple caprice de patriote, rêvant une France ancrée dans sa tradition et s’y appuyant pour préparer l’avenir (même si, finalement, il nous paraît assez évident que l’épanouissement d’un peuple suppose forcement cette démarche et que pourtant, le système médiatico-économique actuel insulte les passés européens et ne présente aucun projet pacifique d’avenir commun à l’échelle national).
Si nous en appelons à une réflexion sur notre nature nationale propre, c’est parce qu’il s’agit d’une nécessité cruciale dans le cas français. Comme le notait déjà Ernest Renan (dans Qu’est ce qu’une Nation ? , 1882) [7], la nation française ne repose pas sur une unicité d’ordre ethnique, géographique ou religieuse. La France est avant tout une volonté, un rassemblement par les valeurs, et nous en déduisons qu’elle nécessite un pouvoir populaire fort et centralisé, une approche juste et fédératrice de son histoire ainsi qu’un projet commun clairement défini. Dans ces conditions seulement, la pluralité de la France devient une force. À l’inverse, elle peut provoquer un éclatement singulièrement violent. Et ceci est d’autant plus vrai aujourd’hui, du fait de l’accroissement des diversités nationales. La redéfinition d’une France exaltant son identité profonde et authentique est donc une obligation, si l’on veut éviter demain un chaos national que subiront les générations futures.
La mort du pouvoir économique et politique national à travers l’Union européenne, l’insulte constante, économique ou symbolique [8] faite à la France des campagnes [9], les inutiles attaques perfides lancées contre l’Église et la foi catholiques, le déracinement du travailleur, la braderie de la Nationalité Française [10] la destruction de la cellule familiale, etc., sont autant d’exemples de l’émiettement de notre authenticité nationale, mais aussi du bon sens que nous enseigne notre histoire. Ces évolutions participent du modernisme mondialiste, elles nous sont vendues comme étant le « progrès » ultime et irrémédiable. Mais une question essentielle se présente : mènent-elles au bonheur de nos enfants ?
Finalement, quid de la détention d’armes aux USA ? Et bien laissons donc les Américains défendre leur authenticité comme ils l’entendent, et occupons nous de défendre la nôtre.
Léon Saint-Quay http://www.egaliteetreconciliation.fr
[1] National Rifle Association, principale association pro-guns américaine
[2] Jean-marie Le Pen avait indirectement posé cette question en jugeant irresponsable le fait qu’aucun policier ne fût armé pour mettre rapidement fin au massacre. Les medias s’était insurgés, sans pour autant apporter le moindre argument contradictoire valable.
[3] Éléments développés en particulier dans le cours que Hegel donnait au lycée de Nuremberg, Propédeutique Philosophique.
[4] Voir, entres autres, l’ouvrage The American Story de Garet Garrett.
[5] À retrouver dans les propos de M Drac, reçu le 13 Avril 2012 par l’Action Française et le Cercle Jacques Bainville : http://www.dailymotion.com/video/xq....
[6] Implicitement, nous proposons donc ici comme date de naissance de la nation francaise le baptême de Clovis. Nous avons bien conscience que cette considération peut faire l’objet de tout un débat qui est pour nous d’ailleurs ouvert.
[7] Renan donne en réalité cette définition pour le concept de Nation en général. Nous le jugeons cependant absolument conforme à la réalité française en particulier. Pour d’autres nations, comme par exemple le cas allemand, nous pensons que d’autres approches parfois avancées sont elle aussi recevables.
[8] Nous en profitons pour saluer l’excellent article paru dans le numéro de septembre 2012 de Salut public qui répondait à un billet nauséabond et méprisable sur les campagnes paru dans Technikart en mai 2012.
[9] On admettra que la France est une nation qui tire son identité et sa force de sa ruralité. Pour les aspects économiques, de nombreux éléments chiffrés sur la prédominance rurale dans le développement français se retrouvent dans La Révolution industrielle 1780-1880 de Jean-Pierre Rioux, 1971.
[10] Nous pensons ici, entre autres, au Droit du sol.
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Dangereuse escalade militaire : confrontation Russie-États-Unis en Syrie ?
Source : mondialisation.ca
Le 14 décembre le secrétaire à la Défense Leon Panetta a signé un décret autorisant l’envoi de 400 troupes opératrices de missiles en Turquie. Selon Washington, la sécurité de la Turquie, le poids lourd de l’OTAN, est menacée. Du personnel militaire étasunien sera déployé en Turquie dans les prochaines semaines afin de manœuvrer deux batteries de missiles étasuniennes Patriot.
Selon le porte-parole du Pentagone, George Little :
« Les États-Unis ont aidé la Turquie à se défendre [contre la Syrie].
Je ne pourrai pas être précis pour l’instant, a-t-il ajouté, mais je voulais vous aviser […] que nous avons signé ce décret et que nous sommes prêts à appuyer la défense de la Turquie sous les auspices de l’OTAN pour une période indéterminée.
Le but de ce déploiement est de signaler clairement que les États-Unis, en collaborant étroitement avec nos alliés de l’OTAN, défendront la Turquie, surtout en raison des menaces potentielles émanant de la Syrie. »
(US Air Force News, 14 décembre 2012.)
Les intercepteurs sol-air Patriot sont déployés pour faire face « aux menaces provenant de la Syrie ». D’après le secrétaire à la Défense des États-Unis Leon Panetta, ces menaces « comprennent des frappes syriennes en Turquie » et les combats entre le gouvernement et les rebelles s’étendant sur le territoire turc (CNN, 14 décembre 2012), « on ne peut pas perdre trop de temps à se demander si ça emmerde [pisses off] la Syrie », a déclaré Panetta après avoir signé le décret vendredi. (Ibid., c’est l’auteur qui souligne)
En plus du déploiement de missiles étasuniens, l’Allemagne et les Pays-Bas ont confirmé qu’ils déploieront également des missiles Patriot en Turquie visant la Syrie.
La déclaration officielle du Pentagone ne mentionne pas que cette accumulation de batteries de missiles Patriot ne cible pas uniquement la Syrie, elle vise aussi à confronter la présence militaire russe en Syrie et son appui au développement du système de défense aérien syrien.
L’insurrection menée par les États-Unis et l’OTAN
L’initiative du Pentagone en Turquie fait partie de l’insurrection menée par les États-Unis, l’OTAN et Israël contre la Syrie. Au cours des dernier mois, l’insurrection s’est développée en invasion alliée non officielle (quoique de facto) caractérisée par la présence en Syrie de Forces spéciales françaises, britanniques, turques et qataries.
Ces Forces spéciales sont « intégrées » aux rangs rebelles. Elles ne font pas que participer à l’entraînement des forces rebelles, elles sont dans les faits également impliqués dans le commandement paramilitaire et la coordination, en liaison avec l’OTAN.
Autrement dit, par le biais de leurs Forces spéciales et agents de renseignement sur le terrain, des États membres de l’Alliance atlantique déterminent largement la nature et les avancées des actions rebelles. Fait significatif, le Front Al-Nosra (voir l’image ci-dessous), une milice affiliée à Al-Qaïda et impliquée dans d’innombrables actes terroristes contre les civils, constitue la principale force combattante, directement recrutée et entraînée par les États-Unis, l’OTAN, l’Arabie Saoudite et le Qatar.

La guerre élargie du Moyen-Orient
Le déploiement de missiles Patriot étasuniens en Turquie fait partie d’un processus régional de militarisation comportant l’établissement de postes de commandement des États-Unis et le stationnement de troupes étasuniennes en Jordanie et en Israël. Ce déploiement militaire régional menace aussi l’Iran.
De plus, les préparatifs de guerre des États-Unis et de l’OTAN concernant la Syrie sont coordonnés à ceux reliés à l’Iran. Les postes de commandement en Israël, lesquels supervisent environ 1 000 troupes étasuniennes, en coordination avec les Forces de défense d’Israël (FDI), sont sous la juridiction du Commandement européen des États-Unis (Eucom).
Le chef d’état-major iranien a prévenu récemment que le stationnement de batteries antimissiles aux frontières entre la Turquie et la Syrie équivalait à « préparer le terrain pour une guerre mondiale ».
Il est important de signaler qu’en plus des missiles Patriot en Turquie, des batteries Patriot ciblant l’Iran ont aussi été déployées au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn (2010).
Missile Patriot étasunien
Les systèmes russes de défense antiaérienne en Syrie
En réaction au déploiement de missiles des États-Unis et de leurs alliés, la Russie a livré à la Syrie des missiles Iskander perfectionnés, désormais pleinement opérationnels, sans compter le système russe de défense sol-air Pechora 2M.
On décrit l’Iskander comme un système de missile surface-surface « qu’aucun système de défense antimissile ne peut suivre ou détruire ».
Le dernier Iskander peut voyager à une vitesse hypersonique dépassant 1,3 miles (2,09 km) par seconde (Mach 6-7) et sa portée d’une extrême précision excède 280 miles (450,62 km). Il détruit les cibles avec son ogive de 1500 livres (680 kg), un cauchemar pour n’importe quel système de défense antimissile.
Iskander Mach 6-7
Par ailleurs, la Syrie est équipée de du système de défense antiaérienne moderne Pechora-2M et des sources militaires étasuniennes ont admis qu’il constituerait « une menace », à savoir un obstacle advenant l’implantation d’une « zone d’exclusion aérienne » concernant la Syrie.
Le Pechora-2M est un système multicibles sophistiqué pouvant être utilisé également contre des missiles de croisière.
Description
Le Pechora-2M est un système de défense antiaérienne équipé de missiles sol-air à courte portée conçu pour détruire des avions, des missiles de croisière, des hélicoptères d’assaut et d’autres cibles au sol ou à basse et moyenne altitude.

Système de défense sol-air russe Pechora 2M déployé en Syrie
La Russie appuie fermement la Syrie
Contrairement à ce qu’affirment de récents reportages, la Russie appuie le gouvernement de Bachar Al-Assad.
Le 14 décembre, le ministère russe des Affaires étrangères a démenti les rumeurs, semées surtout par les agences de presse occidentales et le New York Times, et selon lesquelles Moscou avait changé sa position sur la Syrie. Le battage médiatique étalé à la une des journaux était basé sur une déclaration spontanée non officielle du ministre adjoint des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov : « Nous devons faire face à la réalité : la tendance actuelle démontre que le gouvernement perd progressivement le contrôle d’une partie accrue du territoire » a déclaré Bogdanov à la Chambre publique. « Une victoire de l’opposition ne peut pas être exclue. »
La déclaration n’avait rien à voir avec la position de la Russie envers la Syrie. C’est plutôt le contraire. Moscou a renforcé sa collaboration militaire avec Damas en réaction aux menaces occidentales.
« [N]ous n’avons jamais changé d’avis et ne le ferons jamais », a affirmé le porte-parole des Affaires étrangères Lukashevich lors d’une conférence de presse à Moscou.
Il convient de noter que le 5 décembre, le ministre adjoint des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a accusé des pays occidentaux de violer l’embargo des armes en transférant de vastes provisions d’armes à l’« opposition » syrienne, essentiellement composée de milices affiliées à Al-Qaïda,
Dangereux carrefour des relations entre la Russie et les États-Unis
Washington et ses alliés ont soutenu sans relâche les diverses entités terroristes formant les forces rebelles de l’« opposition ».
Récemment, l’Armée syrienne libre (ASL) a menacé d’exécuter une journaliste ukrainienne (voir la photo ci-dessous) et annoncé qu’elle « tuerait les Russes et les Ukrainiens » en Syrie.
Les membres de l’ASL sont les fantassins de l’alliance militaire occidentale. Sans l’appui de l’Occident, ils ne pourraient pas confronter les forces gouvernementales syriennes.
La décision de menacer et cibler des Russes n’émane pas des forces rebelles de l’« opposition », mais directement de Washington.
Ces menaces constituent des actes de provocation délibérés à l’endroit du gouvernement russe, lequel offre un soutien militaire à la Syrie. Les forces de l’« opposition » en consultation avec les États-Unis et l’OTAN menacent désormais la Russie, un allié de la Syrie.
Nous nous trouvons à un carrefour dangereux : alors que des missiles Patriot sont installés en Turquie, des missiles russes Iskander sont déployés en Syrie.
Des forces spéciales françaises, britanniques, turques et qataries sont impliquées dans le recrutement et la formation des rebelles de l’ASL, dont la plupart sont des mercenaires. L’ASL cible maintenant des citoyens russes en Syrie sur ordre de Washington, ce qui pourrait mener à l’effondrement de la diplomatie internationale.
Moscou considère ces menaces comme « des déclarations de guerre » en disant que « les insurgés armés en Syrie [appuyés par l’Occident] ont tellement été encouragés qu’ils ont atteint un stade où ils sont au-dessus des lois ».
La menace contre les Russes en Syrie est-elle le prélude d’un processus plus vaste de confrontation entre l’alliance États-Unis-OTAN et la Russie ?
Michel Chossudovsky
Article original en anglais : Military Escalation, Dangerous Crossroads : Russia-US Confrontation in Syria ?, publié le 15 décembre 2012.
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
http://www.egaliteetreconciliation.fr/D ... 15537.html -
L’accès aux armes diminue la criminalité !
Tuerie de Newtown. Après l’émotion, le débat. Après les larmes d’Obama, une loi interdisant la vente de certaines armes aux USA ? Mais quid du deuxième amendement qui prévoit le droit du peuple à se défendre ? En France, beaucoup ont du mal à comprendre l’attachement du citoyen américain à ses armes (comme à la peine de mort d’ailleurs). La National Rifle Association et ses 4,2 millions de membres seraient des barbares. Et Clint Eastwood, quasiment un facho. Pourtant, après chaque tuerie, les Américains sont davantage à se ruer dans les armureries qu’à réclamer un contrôle plus strict. Extraits du livre de notre contributeur Paul Lycurgues, « Aux armes citoyens ! Plaidoyer pour l’autodéfense » (éditions Mordicus). Seconde et dernière partie.
[…] Les auteurs américains, qui s’intéressent depuis longtemps à la question du rapport entre crime et armes à feu, n’ont jamais pu démontrer de corrélation positive entre les deux. Il y aurait au contraire, pour certains, une corrélation négative ; l’accès aux armes ferait ainsi diminuer la criminalité !
L’étude la plus complète à ce jour sur le lien entre les taux de criminalité et de possession d’armes à feu aux États-Unis a été réalisée par un économiste de renom, le Dr. John Lott. Le travail de Lott 1 est remarquable pour plusieurs raisons. D’abord, il a résisté à un féroce débat contradictoire depuis sa publication : de l’aveu même de certains de ses contradicteurs, sa méthodologie (trop complexe pour être détaillée ici) est scrupuleuse, et ses résultats sont généralement considérés comme solides. Ensuite, parce qu’il met en évidence une nette diminution de plusieurs catégories de crimes immédiatement après le vote, dans certains États, de législations autorisant le port d’arme dissimulée. L’effet dissuasif semble être la principale raison de ce phénomène : moins que la perspective d’une interpellation, c’est la possibilité que leurs victimes soient armées qui semble principalement décourager les criminels 2.
En effet, même le plus irréfléchi des délinquants effectue, plus ou moins consciemment, un calcul coût / bénéfice avant d’entreprendre une activité illicite. Plus le bénéfice escompté est important (produit du vol ou du trafic) et le coût potentiel bas (le risque d’une courte peine de prison, probablement non exécutable du fait de la surpopulation carcérale actuelle), plus son intérêt à opérer croît. En augmentant le coût potentiel des activités criminelles, on réduit aussi mécaniquement l’intérêt à violer la loi. C’est exactement le même principe qui a empêché jusqu’ici l’éclatement d’un troisième conflit mondial après l’entrée dans l’ère atomique : le coût potentiel d’un conflit est devenu si élevé que toute grande guerre d’agression entre puissances nucléaires est devenue impossible.
Ainsi, une évidence saute aux yeux : les armes ne « créent » pas de crime. Les pays dans lesquels circulent le plus d’armes à feu ne présentent pas de taux de criminalité particulièrement élevés. Plus ennuyeux pour nous autres, Français : le contrôle strict des armes à feu ne réduit pas la criminalité, pas plus qu’il n’empêche les criminels et psychopathes violents de se procurer les armes nécessaires à leurs forfaits. Le cas de Richard Durn qui, au conseil municipal de Nanterre, avait massacré 8 personnes et en avait blessé 19 autres, nous a tragiquement rappelé cette évidence. Les banlieues françaises les plus « chaudes », selon le criminologue Xavier Raufer, « grouillent d’armes lourdes » 3 ; de l’aveu même de la police, le niveau de violence des braquages s’est considérablement accru depuis 10 ans. En somme, si l’on peut donc reconnaître un effet aux législations sur les armes, c’est bien d’avoir réservé de facto le monopole des armes à la police et aux criminels. Les honnêtes gens, eux, sont plus désarmés que jamais, alors même que la police n’a jamais été aussi peu capable de les protéger.
1.Lott, John Jr, « More Guns, Less Crime: Understanding Crime and Gun Control Laws » – University of Chicago Press. ↩
2.Une conclusion que tirent également Rossi et Wright dans leur magistral « Armed and Considered Dangerous : A Survey of Felons and Their Firearms » (Aldine Transaction, 1986). De l’aveu même de milliers de criminels interrogés par les auteurs, une victime potentiellement armée est le principal facteur dissuasif dont les criminels admettent tenir compte. ↩
3.Interview, La Libre Belgique, 2001. ↩Paul Lycurgues, dans Boulevard Voltaire
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