Le bataillon de Police spéciale Ivano-Frankovsk fut formé dans le printemps 2014 par le Ministère de l’Intérieur ukrainien pour aller participer aux répressions politiques dans l’Est de l’Ukraine. Cela aurait dû être une promenade de santé, similaire aux tueries dans les villes de Slaviansk, de Kharkov, Odessa ou Marioupol. Il n’en fut rien. Formé de policiers de la région d’Ivano-Frankovsk, de Berkuts (l’équivalent des CRS ou Gardes Mobiles), de policiers à la retraite ou de jeunes espérant éviter les concours pour entrer dans la Police Nationale, l’unité fut en réalité envoyée directement dans la fournaise du chaudron d’Ilovaïsk (août 2014). Après avoir échappé à l’anéantissement, le détachement fut ensuite stationné en garnison à Marioupol et sa région, avec pour missions, les contrôles routiers à des points de contrôles, la participation à des rafles d’opposants, l’interrogatoire de ces derniers, car une partie des cadres étaient également des agents du SBU, la police politique ukrainienne. De ce que nous savons des exécutions sommaires et tortures dans les caves des locaux et prisons du SBU, on imagine très bien à quelles taches sinistres furent employées cette unité, qui par ailleurs fut secouée de plusieurs scandales : trafics d’armes et de munitions, sans parler de la trahison des autorités vis-à-vis des volontaires. Voici l’histoire de cette unité peu connue de police supplétive dans l’Ukraine des répressions.






