France et politique française - Page 3028
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Têtes à Clash n°9 : la fin d'une longue séquence politique...Les Français épuisés ?
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"La Monarchie pour une vraie démocratie". Partie 4 : La Monarchie libératrice et médiatrice.
Les royalistes sont des serviteurs exigeants des libertés locales et professionnelles, et ils développent une forme de « libertalisme » (la doctrine royaliste des libertés au pluriel, conjugué à l'esprit de liberté sans conformisme et au-delà du « désordre établi ») que la République, même en se proclamant démocratique, a bien du mal à accepter, craignant toujours sa remise en cause et la perte de ses « privilèges » parfois bien mal acquis. Au Banquet du Groupe d'Action Royaliste du 18 juin dernier, j'ai rappelé la nécessité, pour qui aime la liberté et souhaite celles qu'il qualifie de « démocratiques », d'une Monarchie qui aille beaucoup plus loin en ce sens « libertal » que ne pourra jamais le faire une République issue des jeux politiciens ou électoraux.
Nous, royalistes, voulons les démocraties locales (et c'est bien le pluriel qui s'impose), les « républiques françaises », celles qui donnent aux citoyens le pouvoir de décision pour ce qui leur est le plus proche : la région ou la province, la commune ou le quartier, l'usine, l'université, voire même le lycée. C'est d'ailleurs une constante du combat royaliste car, dans les années 1920-30, les étudiants monarchistes évoquaient la défense des libertés universitaires mises à mal par la République, tandis que, dans les années 1970, les lycéens d'Action Française lançaient l'étrange formule du « Tiers-Pouvoir lycéen » et le journal AF-Université titrait « Communes, libérez-vous ! ».
Ces communautés de proximité, aussi bien affectives que professionnelles, se trouvent, dans la conception royaliste qui est la nôtre, sous l'arbitrage et le contrôle de dernier recours de la magistrature suprême de l’État, de cet État royal qui ne cherche pas à imposer des règles décidées d'en haut, de Paris et de son Pouvoir jacobin ou centraliste, mais simplement à ordonner les pouvoirs à l'intérêt commun, à ceux des « pays réels » mais aussi à éviter les débordements et les atteintes dangereuses à l'unité profonde et nécessaire des « provinces-unies du royaume », selon l'expression de Maurras, et parfois à les réunir sous sa houlette sans les opposer entre eux... La Monarchie est libératrice, et elle est, essentiellement, médiatrice...
Référendum à initiative populaire ou locale (ou les deux à la fois) ; institutions et élites communales, provinciales et professionnelles renforcées ; autonomie de celles-ci tant qu'elles ne fracturent pas l'unité de la nation historique : en somme, la Monarchie, c'est la confiance de l’État royal central dans la responsabilité de chacun !
Tout cela peut prendre de multiples formes, mais ce n'est pas à l’État de décider celles que prendront les provinces : l'organisation de la Bretagne, celles de la Normandie ou de la Corse, de l'Alsace et de la Franche-Comté, seront ce que les régions en feront, librement et souverainement. Voilà la vraie subsidiarité, inscrite dans le traité européen de Maëstricht mais oubliée dans la réalité ! Et l’État royal n'est que le trait d'union entre les provinces, les communautés (au sens historique et enraciné du terme, pas au sens du repli sur soi propre au communautarisme, caricature parfois sinistre de la vie communautaire traditionnelle), les citoyens... Ce n'est pas la barre de fer du jacobinisme parisien ou son carcan kafkaïen !
Oui, pour rendre active la vie locale de nos « pays réels » et rendre leurs libertés et pouvoirs aux personnes dans leurs lieux de vie et de création, de production, il faut une royauté forte, politique, qui porte haut et loin les couleurs de notre pays et de son histoire, y compris dans ses aspects provinciaux et, parfois, antagoniques ; une royauté qui, comme le disait le Camelot du Roi Bébert de Maubert dans les années 1980, nous « lâche les baskets » pour que nous puissions bondir plus haut...
En somme, dans une Monarchie retrouvée, aujourd'hui de plus en plus nécessaire face à la mondialisation de la servitude économique et à la gouvernance oligarchique, dans le grand concert des libertés françaises, le Roi est, encore et toujours, le chef d'orchestre qui peut nous éviter la cacophonie... Il est ce « un », héréditaire et successible, qui autorise les « anarchies nécessaires », véritable foisonnement de libertés qui permettent la respiration démocratique de notre pays en tous ses coins et recoins.
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DIMANCHE 1ER OCTOBRE : 11E JOURNÉE DE SYNTHÈSE NATIONALE

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LYON, SAMEDI 15 JUILLET, MANIF DE SOUTIEN AU BASTION SOCIAL

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Amalgame macronien…et cohérence frontiste
Les médias relayent avec componction la thèse, la rumeur, le vœu pieu, l’éventualité, désignons la chose comme l’on veut, qui voudrait que nos voisins britanniques renoncent au Brexit, prenant enfin toute la dimension de leur folie, de leur crime de lèse majesté vis-à-vis de Bruxelles. C’est un propagandiste assumé de l’axe euro-atlantiste , le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui affirme aujourd’hui croire en une réversibilité de ce Brexit. Européisme qui est aussi (encore) le ciment du nouveau gouvernement d’Edouard Philippe après ce remaniement post élections législatives. Il installe dans le paysage français le modèle d’un gouvernement paritaire, progressiste, féminisé (dans tous le sens du terme), dit à la scandinave… par essence bien peu jupitérien. Les tenants des valeurs horizontales,les adeptes du bonheur couché sont comblés, les autres pointeront que ce n’est pas le meilleur moyen d’affronter les périls mortels qui montent à l’horizon… De périls, il était question dans l’entretien accordé hier par Emmanuel Macron et publié dans huit journaux européens (Le Figaro,Le Soir, The Guardian, El Pais, la Suddeutsche Zeitung, le Corriere della Serra, Le Temps et la Gazeta Wyborcza) , à la veille de son premier sommet européen à Bruxelles dans lequel réaffirmait hier sa vision de l’UE et de son devenir.
Le président de la république n’a pas brillé par l’originalité de son discours , réitérant les mêmes formules entendues déjà cent fois : il faut une « Europe qui protège » avec « une vraie politique de défense et de sécurité commune », réformer la protection aux frontières, la politique migratoire, le droit d’asile, lutter contre le terrorisme… Devant la montée des extrêmes, c’est-à-dire plus prosaïquement des demandes des peuples au sein de l’Europe à plus de respect des souverainetés et des identités nationales, « nous allons gagner cette bataille dont l’Europe porte la responsabilité » a-t-il ajouté car c’est « le seul endroit au monde où les libertés individuelles, l’esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point ». Les millions de Grecs qui ont plongé dans la pauvreté sous les coups de la Commission européenne, de la BCE, du FMI, sans même parler des millions de Français et d’Européens frappés eux aussi par le dénuement, la crise, les délocalisations, victimes de la mondialisation sans frein, de l’immigration massive, sans même parler des atteintes bien réelle à la liberté d’expression contre ceux qui ne pensent pas dans les clous, ne sont certes pas forcément du même avis.
Emmanuel Macron a plaidé également sans surprise pour que la France puisse avoir « une capacité motrice » au sein de l’UE…ce qui nécessiterait a-t-il précisé qu’elle elle se réforme d’abord, comprendre qu’il est impératif d’administrer aux Français les potions austéritaires prônées par la Commission européenne.
Les crises dans le monde « sont issues pour partie des inégalités profondes engendrées par l’ordre mondial (qu’entend-il par là? NDLR) , et du terrorisme islamiste. À ces déséquilibres s’ajoute celui du climat », a-t-il encore déclaré , critiquant « certains dirigeants européens qui tournent le dos à l’Europe », avec « une approche cynique de l’Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs ».« Les pays d’Europe qui ne respectent pas les règles doivent en tirer toutes les conséquences politiques », a-t-il insisté. « Je ne transigerai pas sur la solidarité et les valeurs démocratiques ».« L’Europe n’est pas un supermarché. L’Europe est un destin commun ». « La crise de l’imaginaire occidental est un défi immense, et ce n’est pas une personne qui le changera. Mais j’ai la volonté de retrouver le fil de l’Histoire et l’énergie du peuple européen », conclut-il.
Destin commun et valeurs ( ?) qui commandent un abandon accru de nos pouvoirs régaliens a-t-il précisé implicitement prônant comme « étape suivante », une accélération dan les faits des mécanismes d’une gouvernance supranationale. Il a ainsi réitéré son vœu d’ une « intégration plus forte » des pays de la zone euro, avec un budget et une « gouvernance démocratique » (sic) . Cette dissolution accrue dans le grand tout mondialiste et le magma eurofédéraste sous l’égide des valeurs progressistes, de l’idéologie droit-de l’hommiste comme moyen et méthode pour retrouver le fil de l’Histoire et l’énergie du peuple européen ? Un enterrement de première classe plutôt et certainement pas les conditions de la survie d’une civilisation européenne fidèle à ses valeurs
Une survie, répétons-le encore et toujours, qui passe prioritairement par une politique d’inversion des flux migratoires, condition première de la survie du peuple français et des peuples européens. Une France sans Français et une Europe sans Européens seraient-elles encore la France et l’Europe? A ce sujet, les médias en pleine méthode Coué relatent que le FN se déchire sur la question de l’Immigration! Ils en veulent pour preuve les propos du député européen Sophie Montel qui a estimé jeudi dans l’Opinion que «notre discours sur l’immigration (celui du FN, NDLR) peut être perçu comme anxiogène (…). Des gens sont encore effrayés par le FN en pensant qu’on va virer tous les étrangers si on arrive au pouvoir». «Ceux qui ont des positionnements trop réactionnaires se plantent ».
Il est certain qu’en politique la forme compte autant que le fond, que nous devons soigner la présentation de nos propositions, les expliquer plus avant , sur les questions migratoires comme sur d’autres, c’est une évidence. Il est vrai aussi que le député et vice-président du FN Louis Aliot est en droit de contester ce jugement assez frontal de Sophie, que le Secrétaire général Nicolas Bay peut légitimement rappeler sur Twitter que « d’après Opinionway le jour du vote au second tour de législatives 2017, l’immigration (fut le premier) motif de vote des électeurs FN à 71%»; que le président du groupe FN en en Bretagne, Gilles Pennelle, peut parfaitement souligner que « l’immigration massive est la principale menace pour notre identité, notre souveraineté et nos libertés ».
Pas de quoi fouetter un chat mais il s’agit ici pour un certain nombre d‘analystes et de politologues, d’opposer les deux lignes qui s’affronteraient au FN entre souverainistes d’un côté derrière Florian Philippot et le reste du FN campant sur une ligne plus identitaire. Bruno Gollnisch l’a dit à plusieurs reprises, il ne s’agit pas de choisir entre souveraineté et identité, entre refus de la dilution de la France par le haut dans le fédéralisme bruxellois, ou par le bas dans l’immigration de peuplement. Mais il est certainement tactiquement, stratégiquement louable de définir les thématiques qui doivent être mises en avant. Toutes choses qui peuvent, qui doivent faire l’objet d’une réflexion collective des instances frontistes.
Nous l’avons écrit ici , la cohérence, l’efficacité commandent de ne pas être hémiplégique. La défense de notre souveraineté nationale face à l’euro-atlantisme est éminemment complémentaire de la défense de notre identité, dans toutes ses dimensions, dans toute l’acception du terme. Ce refus de dissocier ces deux aspects est d’ailleurs consubstantiel au FN. C’est la raison de l’adhésion croissante de millions de nos compatriotes aux idées frontistes…notamment en premier lieu, c’est vrai, le refus de l’immigration-invasion qui n’est pas considéré comme le point le plus anxiogène, le plus clivant du programme frontiste par les électeurs . C’est cette volonté de restauration nationale pleine et entière qui confère au FN sa dimension révolutionnaire, au sens noble du terme, et partant son pouvoir d’attraction. Et a contrario qui explique principalement la diabolisation du Mouvement national par les élites progressistes, la violence du rejet dont il est l’objet de la part de la Caste qui règne sur notre démocratie confisquée.
https://gollnisch.com/2017/06/23/amalgame-macronien-coherence-frontiste/
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A-t-on le droit de falsifier l’Histoire en niant les faits ?
Il est courant, dans la sphère de la bien-pensance, de refaire l’Histoire à sa convenance.
On se souvient que, dans son roman 1984, Orwell décrit une société totalitaire où les archives sont manipulées par le régime en place pour forger la réalité officielle. Le Commissariat aux Archives travaille ainsi en collaboration avec le ministère de la Vérité pour qu’il n’y ait jamais de discordance entre les faits et la pensée de Big Brother.
Sans aller jusqu’à ces extrémités, c’est une détestable habitude, chez les bien-pensants de notre époque, que de chercher à imposer leur opinion, non par une argumentation rigoureuse, mais au mépris de la vérité, qu’ils déforment ou passent sous silence.
Je n’ai jamais éprouvé une sympathie immodérée pour Roselyne Bachelot, depuis sa calamiteuse gestion de l’épidémie de grippe H1N1 et sa reconversion comme chroniqueuse sur une chaîne de télévision privée. Mais l’une de ses interventions dans l’émission « C dans l’air » consacrée, vendredi soir, à Simone Veil m’a fait penser à cette tyrannie intellectuelle.
Cinquante-deux minutes et trente secondes après le début de l’émission, Bruce Toussaint, évoquant les prises de position de l’ancien ministre de la Santé, lance timidement : « La Manif pour tous, par exemple… »L’air irrité, Roselyne Bachelot, le coupe :
« Je ne veux pas en parler. Simone Veil était déjà très, très affectée au moment où elle est descendue sur le bord du trottoir pour la Manif pour tous. Je considère comme nulle et non avenue cette manifestation. »
Et le journaliste de ne pas insister et de passer à une autre question.
Ainsi donc, Roselyne Bachelot nie la réalité quand elle ne l’arrange pas. Se sentirait-elle, en prenant de l’âge, quelque attirance pour Big Brother et ses méthodes ? Si Simone Veil est venue saluer la manifestation – elle ne peut le nier puisque des photos ont été publiées –, c’est forcément parce qu’elle était gâteuse ! Et, sans doute, son mari avait-il lui aussi perdu la tête, puisqu’il n’a pas su la raisonner et l’accompagnait, tenant à la main un drapeau de la Manif pour tous ?
Notre chroniqueuse, que ne dirait-elle pas de Lionel Jospin ou de Sylviane Agacinski, qui ont osé – ces factieux, ces déviants ! – émettre de fortes réserves sur la loi Taubira ? Sont-ce des dégénérés mentaux qu’il faudrait interner dans un établissement psychiatrique ? L’ancien Premier ministre n’a-t-il pas déclaré sur le plateau de Canal+ : « Ce que je pense, c’est que l’idée fondamentale doit rester, pour le mariage, pour les couples et pour la vie en général, que l’humanité est structurée entre hommes et femmes » ? Il ne connaît même pas les théories du genre, ce vieux schnock !
Rien n’est plus malhonnête intellectuellement que de falsifier ainsi l’Histoire. Ceux qui se livrent à cet exercice ne s’honorent guère. Ils veulent imposer leur vérité au lieu de chercher à comprendre et à expliquer la complexité de chaque être. Le mensonge ou l’omission ont la prétention de définir le bien et le mal.
Malheureusement, il est courant, dans la sphère de la bien-pensance, d’user de tels procédés pour refaire l’Histoire à sa convenance. Chacun pourra en trouver des exemples dans le passé. Ainsi se forment des légendes qui sont autant une offense à la vérité qu’aux personnes qui en font l’objet.
D’où la nécessité de toujours aiguiser son esprit critique et de ne pas prendre pour argent comptant tout ce que racontent les médias, voire des historiens qui ont oublié les règles de leur métier et se laissent subjuguer par leurs passions et leur certitude d’avoir raison.
http://www.bvoltaire.fr/a-t-on-droit-de-falsifier-lhistoire-niant-faits/
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C'est la crise finale
L'air est connu. Le vieux refrain révolutionnaire pourrait ainsi servir de Requiem joyeux pour un parti socialiste déconfit. Manuel Valls quitte la maison après 37 ans de bons services, inégalement loyaux. Voilà donc une descente aux enfers qui nous ramène aux basses eaux qui avaient précédé le congrès d'Épinay de 1971.
L'hymne qui a fait le tour du monde, mis en musique par un ouvrier belge, Pierre De Geyter (1848-1932) a servi successivement en France, et dans d'innombrables pays, à de nombreuses organisations.
Il met en musique, empruntant ses quatre premières mesures à Offenbach, final de l'opérette Les Bavards, ce texte qu'on hésite à appeler poème, entaché d'une pompeuse niaiserie… "si ces corbeaux ces vautours, un de ces matins disparaissent le soleil brillera toujours".
C'est en 1888, en effet, 17 ans après la Commune de Paris, laquelle avait inspiré le parolier Eugène Pottiez que les partis ouvriers s'emparèrent du tout. Mais il faudra encore attendre des décennies pour que les organisations se réclamant du socialisme se rassemblent en fassent, à leur tour, leur instrument de rassemblement, quoi ne les empêcha pas de se diviser cruellement au congrès de Tours de 1920.
Mais l'hymne demeure ! Car, il fait fonction de symbole permanent de cette famille de partis, lesquels ont toujours échoué à "changer la vie" et réapparaissent toujours sous de nouvelles formes.
En quittant son dernier avatar qui remonte au congrès d'Épinay de 1971, Valls ne fait que révéler, à ceux qui croyaient possible de l'ignorer, une situation bien réelle.
Il y a donc quelque naïveté à professer que parti socialiste serait déjà mort. Le bon Dr Le Guen l'a prétendu le 11 juin. (1)⇓
À noter qu'en septembre 2016, secrétaire d’État en charge des Relations avec le Parlement, il l'annonçait déjà.
S'agit-il en effet d'une hécatombe généralisée en Europe ? Est-ce un éclatement entre sociaux-démocrates à la Valls, voire sociaux-"libéraux", – cet oxymore nègre blanc désignant les adeptes français de Tony Blair –, et, en face, néo-marxistes à la Mélenchon, qui se réclament d'un socialisme "du XXIe siècle", formule du Vénézuélien Chavez ?
Toutes ces questions appellent, bien sûr, autant de réponses disparates selon les points de vue. Ce qui semble faire l'unanimité des analystes et commentateurs attribue la responsabilité du désastre socialiste à Hollande, Hollande secrétaire du parti, Hollande gestionnaire des multi-tendances au sein de l'appareil, et enfin Hollande élu en 2012 sur un programme qu'il a trahi.
Sans nier le rôle personnel du président déchu, soulignons que cet homme néfaste et médiocre peut difficilement passer pour le bienfaiteur qui nous aurait débarrassé du socialisme par ses seules démarches. Ne le créditons donc ni de cet excès d'honneur ni de cette indignité.
Car, Vilfredo Pareto l'a démontré il y a bien longtemps : le péril socialiste peut autant résulter des interventions gouvernementales ne se réclamant pas du socialisme. (2)⇓
En cela, le péril socialiste demeure et demeurera, tant que les formules étatistes seront proposées comme autant de solutions, alors que, pour conclure avec Ronald Reagan, aujourd'hui comme hier, "l'État n'est pas la solution, l'État est le problème".
JG Malliarakis
Apostilles
- sur LCI. "Le PS est mort. déclarait-il, Le parti ne s'en relèvera pas. Nos électeurs n'ont pas disparu : ils ont voté pour En Marche!".⇑
- cf. son livre disponible sur la page catalogue des Éditions du Trident⇑
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Journal de bord de Jean-Marie Le Pen n°478
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C'est au pied du mur qu'on va voir le Macron
Les derniers préparatifs institutionnels sont en place, avec la désignation des présidents de groupes parlementaires. Plus aucun obstacle ne peut être invoqué pour proposer et légiférer. Le nouveau pouvoir va donc nous montrer, enfin, ce qu'il mijote en secret depuis des mois. Le pseudo Jupiter va pouvoir tenir les promesses de l'Évangile : "tout ce qui était voilé sera dévoilé".
Sans trop jouer aux devinettes, il nous a semblé entendre que pour le super-génie de l'Élysée, ce sont les problèmes économiques qui conditionnent le renouveau du pays tel qu'il prétend l'assurer.
Et l'on va s'attaquer à la réforme du Code du travail, énorme volume dont l'épaisseur même est couramment présentée comme l'une des causes de la paralysie industrielle. La caricature présentera ce projet comme la permission de renvoyer les ingénieurs quinquagénaires, décidément trop chers, aux conditions imposées aux domestiques du XIXe siècle, au profit exclusif des très méchants patrons. On verra comment cela sera proposé et surtout en combien de temps le pouvoir qui ne recule pas fera marche arrière. Dès le 12 septembre, la CGT mobilise.
Baisser la dépense publique semble une tâche moins accessible dans le cadre de la démocratie actuelle. Les assemblées votent en effet sur les lois de finances mais, d’une part elles ne contribuent que très formellement à leur élaboration ; d’autre part, elles ne représentent pas les contribuables mais des électeurs dont la moitié ne payent pas d'impôts.
La question globale portera donc sur ce qu'on appelle le modèle social français.
Le concept même de modèle national mérite cependant un examen attentif.
S’agit-il de dire qu’il existe des données sociologiques si particulières et si constantes que leur altération constituerait à la fois une gageure et une trahison ? Dans ce cas, il conviendrait de savoir où commence et où s’arrête la ligne jaune à ne pas dépasser. On gagnerait aussi à connaître les circonstances précises et non le récit mythique de leur fondation.
Quand on parle du modèle social français, on ne se réfère pas, en fait, aux années de création de la sécurité sociale et du fort secteur public : on prend pour référence les débats, ou plutôt l’absence de débat des années 1990.
C’est en effet le journal l’Humanité qui, en 1993, ressortit la référence au programme du CNR. C'était une époque où la gauche française semblait avoir sombré dans le coma éthylique de la libération de la Pologne, de la chute du mur de Berlin, de la dislocation de l’empire soviétique, et par ailleurs, en France des « affaires » putrides de l’ère Mitterrand finissante.
Pratiquement personne, certes, n’avait lu le texte du programme du CNR, tout le monde ou presque en avait oublié l’existence, environ depuis 1947-1948. Mais chacun devait s’incliner devant ce dogme supposé unir, désormais, dans une même foi, gaullisme et communisme.
Certes, la question historique de l’élaboration de ce texte ne peut pas être passée sous silence, et comme toujours ce qui vient du PCF appelle la plus vigilante suspicion. (1)⇓
Un peu plus tard, en septembre 1995, Jacques Chirac le célébrait en Sorbonne, par l'invocation de décrets signés en 1945. Le président qui venait d’être élu crut bon de se proclamer personnellement garant de cet acquis social – ceci sans nous parler des fonds qu'il mettait en gage. Il se permit alors de proclamer qu’il représentait une part fondatrice de l’identité française. L'année suivante la réforme constitutionnelle de 1996, ouvrant la route au funeste plan Juppé allait modifier de façon très substantielle le fonctionnement de l'assurance-maladie, allant, bien sûr, dans le sens d'une plus grande étatisation, d'une plus grave paupérisation, et d'un plus rigoureux monopole. La même année Marceau Long, consacrait son testament de vice-président du Conseil d’État de 1987 à 1995 à la célébration du mythe des entreprises nationales.
Vingt ans plus tard, tout le monde a oublié tout cela. On peut toujours faire pire, et la chose est d'autant plus facile quand on ignore délibérément les leçons du passé. Ne doutons pas que l'équipe macronienne va s'employer à nous le démontrer.
JG Malliarakis
Apostilles
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Pour une renaissance de la droite

Entretien avec Guillaume Bernard
La droite parlementaire est en piteux état... A-t-elle des chances de s'en sortir ?
La droite modérée éliminée du second tour d'une présidentielle, cela n'était jamais arrivé depuis le début de la Cinquième République. Elle va donc essayer de constituer un groupe parlementaire, le plus puissant possible. Mais elle aura du mal à gagner les Législatives, car, profondément divisée, elle souffre d'une double distorsion : la distorsion entre les caciques et les électeurs d'abord seuls 50 % des électeurs de François Fillon ont voté En Marche. 25 % ont voté blanc et 25 % pour Marine Le Pen, malgré les consignes de tous les hommes d'appareil à commencer par Fillon lui-même on s'en souvient. François Baroin nous avait annoncé sa volonté d'une cohabitation entre la droite modérée et le mouvement En Marche. Mais ce n'est pas de cohabitation qu'il faut parler, c'est d'une terrible proximité idéologique, d'une convergence sur un programme libéral.
Pourtant une grande partie de l'électorat de Fillon n'est pas libérale...
L'électorat de Fillon est un électoral conservateur. Mais on a longtemps entretenu l'idée que libéral et conservateur, cela allait ensemble. On est en train de se rendre compte que ce n'est pas du tout la même chose. Le libéralisme reprend sa place à gauche de l'échiquier politique. Cette divergence idéologique pourrait recouper la divergence stratégique que je viens de signaler entre droite d'en haut et droite d'en bas. La base, le peuple de droite n'est pas libéral. On peut imaginer que quelques élus, proches de leur base, puissent faire sécession à droite et peut-être même, lorsqu'Emmanuel Macron aura vampirisé ce qui reste des LR, que quelques dissidents en viennent à créer leur groupe à l’Assemblée nationale. Ni Fillon ni Marine Le Pen n'ont compris l'unité du mouvement conservateur qu'ils ont incarné chacun pour le meilleur ou pour le pire. Il est un fait que cette droite conservatrice n'a d'avenir qu'en construisant des ponts avec le Front national.
Est-ce qu'une crise n'est pas en gestation au FN justement ?
Le FN n'est pas en échec dans l'absolu. On peut même dire qu'il a progressé comme jamais. Mais il est resté très en dessous de ce que les sondages avaient estimé. La prestation de Marine Le Pen, lors du débat contradictoire avec Emmanuel Macron, n'y est pas étrangère. On peut dire qu'elle a fait ce soir-là une contre-performance. Mais cela resterait purement circonstanciel, si la question plus fondamentale de la stratégie Philippot (qui représente la ligne de Marine Le Pen) n'était pas mise en cause par ce relatif échec électoral. L'idée que l'on pourrait retrouver, sous les couleurs du Front national, la majorité anti-européenne qui s'était dégagée au référendum de 2005, ne s'est pas vérifiée. Là encore, il faut attendre les résultats électoraux, savoir si le Front national peut obtenir quinze députés et créer un groupe parlementaire. S'il n'y parvenait pas, Philippot serait vraiment en danger. Marine Le Pen, quant à elle, reste protégée par le côté dynastique du Front national et aussi sans doute parce que l'on ne voit pas bien par qui la remplacer.
Vous appelez de vos vœux la constitution d'un nouveau parti de droite ?Il faudrait créer quelque chose entre des dissidents de LR et les insoumis du FN. Mais une nouvelle force politique ne pourrait émerger qu'à deux conditions : il faudrait que convergent des forces militantes des deux rives et il faudrait que cette force nouvelle ait une véritable conscience des enjeux doctrinaux de la politique aujourd'hui, il s’agit de rejeter le libéralisme comme idéologie individualiste et subjectiviste, non pas pour lui opposer un socialisme étatique, mais quelque chose comme un nouveau subsidiarisme, si ce terme, issu du « principe de subsidiarité »(1) est exact. On pourrait aussi parler d'écologie humaine, en faisant attention de ne pas tout centrer sur l'homme et d'insister sur un ordre des choses objectif, sur une sociabilité naturelle qui a ses lois contre lesquelles l'individu ne peut rien.
Comment réaliser ce nouveau parti ?
Il faudrait plus modestement d'abord une réflexion sur le programme que porterait ce nouveau parti. Il s'agit de développer au préalable une conscience des enjeux idéologiques, qui pourrait prendre la tonne d'un programme commun. D'un point de vue pragmatique, il suffît de regarder les points de convergences entre les électeurs l'immigration l’insécurité, la liberté et la qualité scolaire, la définition des traditions sociales, la baisse des charges sur les familles et les entreprises. Au lieu de demander à cor et à cris une sortie de l'euro qui paraît bien aléatoire concrètement, il faut sur ces cinq points créer une nouvelle majorité de droite, car sur ces cinq points la droite est majoritaire dans le pays. Bien entendu, derrière tout cela, il faudrait exalter une pensée de la sociabilité naturelle, qui renvoie ultimement à Aristote et saint Thomas d'Aquin. Je veux dire nous ne devons pas nous contenter de faire du négatif, il ne faut pas s'en tenir à la critique, à la déploration, au déclinisme. Il y a vraiment quelque chose de nouveau à apporter à la France, qui ne tient pas à un ensemble de mesures administratives, mais qui constitue un esprit différent. Il est vrai que les générations plus âgées pourraient avoir une sorte de hantise à faire ce travail de renouvellement, mais les jeunes générations, au contraire en sont très demandeuses. Elles veulent savoir pourquoi elles se battent.
Au fond, vous êtes en train de souligner la nécessité d'un travail en amont de l'action politique elle-même. Vous en appelez aux intellectuels de droite ?
Le problème des intellectuels de droite, c'est un certain orgueil personnel, qui fait que chacun croit avoir raison de façon personnelle. Les dissensions entre intellectuels paralyseraient l'action, si on leur donnait trop de place. Évidemment, comme l'a fait Max Weber, on distingue toujours entre le savant et le politique. Les intellectuels ne sont pas forcément taillés pour la mise en oeuvre d'un programme. Mais à ce stade, étant donné l'échec de François Fillon et de Marine Le Pen, pour des raisons différentes, il est urgent de réfléchir et on n'en fera pas l'économie. La renaissance de la droite ne peut pas se contenter d'un pur pragmatisme politique, n faut désormais que les hommes politiques qui s'engagent dans cette recomposition ne soient pas de purs techniciens, qu'ils soient aussi des hommes cultivés, selon l'idéal platonicien du philosophe roi, avec une connaissance et une vision de l'histoire.
C'est en quelque sorte le portrait-robot d'Emmanuel Macron...
Je rejette absolument le libéralisme de Macron. Sa vision est celle d'un corps social pour lequel les seuls vrais intérêts sont matériels , c'est un homme de gauche, qui a réussi à réunifier le libéralisme économique et le libertarisme sociétal. Mais je reconnais que son succès actuel vient aussi de la « vision optimiste » qu'il a voulu donner et du discours qu'il tient, en tant qu'homme cultivé, qui tranche avec les recettes technocratiques de certains de ses concurrents.
Vous reprochez à Marine Le Pen de ne pas avoir cette dimension supérieure ?
Le problème de Marine Le Pen, avant tout, c'est son matérialisme. Elle aussi, ce qui l'intéresse, c'est de se battre pour le pouvoir d'achat des Français, dans une perspective « tout économique ». Le combat de la droite n'est pas là. C'est un combat noble, pour l'avenir, pour les générations futures. C'est un combat pour la défense du plus faible, c'est-à-dire aussi bien pour les classes populaires déracinées que pour les enfants à naître. Parmi les dimensions que l'on oublie, je pense aussi à l'écologie. Voilà un combat qui est essentiellement de droite. L'appropriation de l'écologie par l'extrême gauche est un hold-up intellectuel et politique qui doit cesser.
Vous avez fait passer dans le public l'expression d'Albert Thibaudet sur le mouvement sinistrogyre des idées. Ce critique des années 30 voyait une sorte de gauchisation fatale des idées en France. Mais vous avez parié, vous, pour aujourd'hui, d'un mouvement dextrogyre. Où voyez-vous ce mouvement vers la droite aujourd'hui ?
Le mouvement dextrogyre se traduit d'abord par un glissement des idées qui avaient niché à droite vers la gauche, dont au fond ces idées étaient issues. La droite avait admis toutes sortes d'idées de gauche depuis un siècle. Elle est en train, dans la douleur, de retrouver son identité de droite, elle s'affermit sur ses propres idées. Beaucoup de Français aujourd'hui sont classiques, beaucoup reviennent à des idées d'ordre naturel et d'ordre social, sans en avoir une conscience aiguë. On se remet à défendre l'ordre social comme existant en soi contre le multiculturalisme. On défend l'Europe comme espace de civilisation contre l'européisme. On défend la famille traditionnelle contre le nomadisme individualiste. On défend le respect de l'environnement et de la nature... Mais il y a un travail d'éclaircissement, j'allais dire un travail de réétiquetage à faire dans la confusion ambiante.
Propos recueillis par l'abbé G. de Tanoüarn monde&vie 8 juin 2017
1) Le principe de subsidiarité, développé par le pape Pie XI dans l'encyclique Quadragesimo anno (1931) est le principe selon lequel les corps sociaux doivent pouvoir être autonomes dans tout ce qu'ils peuvent faire par eux-mêmes.