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France et politique française - Page 3478

  • Le 53e Salon International de l’Agriculture ne changera rien à la grande faillite du monde paysan

    Loup Mautin, agriculteur en Normandie, écrit dans Nouvelles de France :

    "Le grand rendez-vous agrico-médiatique annuel vient de fermer ses portes au parc des expositions de Paris. A l’heure du bilan, c’est le sentiment d’une immense occasion ratée qui prédomine. Nous avons vu les banderoles et les t-shirts, nous avons entendus les sifflets et les invectives, nous avons assisté au chahut des éleveurs sur le stand du ministère de l’agriculture, nous avons attendu le commissaire Phil HOGAN à la porte de sa voiture fuyant les lieux, mais tout cela nous laisse sur notre faim.

    Vitrine artificielle d’un monde pourtant bien réel, le 53e Salon International de l’Agriculture ne changera rien à la grande faillite du monde paysan. 40% des exploitations françaises connaissent des difficultés financières et nombreuses sont celles qui disparaitront avant la fin de l’année… probablement sans bruit, mais avec leurs drames et leurs souffrances.

    Il s’agit là d’un monde que nous connaissons bien et que nous aimons.

    Ce sont les paysans du bout des chemins, ceux qui commencent tôt et finissent tard, les pieds dans la boue, les mains gelées et qui ne sont pas allés à Paris. D’ailleurs ils ne vont jamais à la capitale et en sont fiers. Ils ont bien le temps de s’arrêter quelques instants pour boire un café ou rendre un service mais leur travail les préoccupe. Les vêlages, la traite, les travaux des champs sont la priorité. Leur labeur les passionne même s’ils savent que tout cela ne rapporte rien en ce moment. Il faut pourtant tenir comme l’ont fait avant eux leurs parents et leurs grands-parents. Ils ne sont pas dépensiers et possèdent bien quelques économies accumulées lors des bonnes années, mais cette fois la crise est sérieuse. Ils ne le savent pas, mais ils ont été sacrifiés. Alors, ils disparaîtront car leur modèle a été jugé obsolète par l’UE. La lenteur des cycles naturels repoussera l’échéance et fera traîner la fin mais elle sera inéluctable. Contraints et forcés, ils éprouveront alors la honte car ils considèreront cette liquidation comme leur échec. Ils souffriront de la publicité qui en sera faite car à la campagne tout se voit et tout se sait, mais ils ne diront rien.

    Les raisons de cette faillite sont connues. Elles tiennent, surtout, à l’implosion du modèle agricole français qui a perdu toutes ses protections au profit de la concurrence libre et non faussée du grand marché mondial sans frontières, sans régulation, sans quotas, promue par la commission européenne. Son modèle? Les usines agricoles allemandes, avec main d’œuvre bulgare payée à la roumaine, dont les produits ont donné le coup de grâce à nos éleveurs à qui on avait pourtant assuré que les tarifs étaient imbattables.

    Il est encore temps d’éviter cet immense gâchis car la France est auto-suffisante dans de nombreuses productions et si nous protégions le marché français, que nous distribuions dans les restaurants et les cantines les produits de nos régions, nous arriverions à revaloriser nos produits.

    Protégez-nous, rendez-nous notre souveraineté !"

    Michel Janva

  • En remettant la Légion d’honneur, Hollande légitime les abominations de l’Arabie saoudite…

    Dans un communiqué publié le 4 mars par l’agence de presse saoudienne SPA, les autorités saoudiennes ont annoncé que le chef de l’Etat, François Hollande, avait remis la Légion d’honneur au prince héritier Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud, lors de sa visite à Paris.

    « François Hollande a souhaité la bienvenue au prince héritier et s’est félicité des fortes relations entre le royaume d’Arabie Saoudite et la France », explique le communiqué.

    « Au terme de leur entretien, le président français a remis vendredi 4 mars à son altesse la médaille de l’ordre national de la Légion d’honneur qui est la plus haute distinction française pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme », ajoute le communiqué.

    Déjà le lundi 21 septembre 2015, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait nommé l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite auprès des Nations unies, M. Faisal Trad, à la tête de son Comité consultatif, lequel est notamment chargé « de sélectionner les rapporteurs en charge de thématiques précises comme les camps de travail en Corée du Nord ou les violences faites aux femmes », ainsi que le rapporte l’ONG UN Watch. D’ailleurs, l’Académie saoudienne d’éducation prend son rôle très au sérieux puisqu’elle vient de lancer un cycle de conférences autour de la question « La femme est-elle un être humain ? ». Pour répondre aux nombreuses réactions enflammées sur les réseaux sociaux, l’Académie précise sur son compte Facebook que ce thème de conférence doit être interprété de la manière suivante : soit la femme est à un niveau élevé, soit à un niveau moyen, soit à un bas niveau. Malheureusement, beaucoup ont commencé à interpréter l’intitulé en limitant la compréhension au niveau bas de la femme — notre mère, épouse, sœur ou fille… alors que l’intitulé n’osait pas rabaisser le rôle de la femme. » Malgré ces explications et les efforts de l’Académie, les réseaux sociaux ont été inondés de divers slogans et appels sous le hashtag #femme_être_humain. La conférence, prévue le 1er mars 2016, a été annulée.

    Mais voilà, plutôt que de s’indigner devant cette tentative de l’Arabie de dénaturer et limiter la notion même des Droits de l’Homme, le président français a reçu en toute discrétion vendredi 4 mars le prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud, prince héritier d’Arabie saoudite, également vice-président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur. Le site internet de l’Elysée mentionne bien cet entretien, mais a semble-t-il « oublié » de préciser que suite à cet entretien, François Hollande a remis à son altesse la médaille de l’ordre national de la Légion d’honneur qui est la plus haute distinction française pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l’extrêmisme.

    C’est le moment de rappeler que l’Arabie Saoudite est l’un des premiers pays au monde par le nombre de peines de mort prononcées par la justice conforme à la Charia. La moitié des exécutions concerne des affaires de stupéfiants, mais outre les meurtres et les viols, la peine capitale s’applique également à l’adultère et à l’apostasie. Alors, il faut croire que Hollande a considéré que tout cela méritait bien une médaille… et vous ?

    Sources :

    https://infocomnet.wordpress.com/2016/03/06/en-remettant-la-legion-dhonneur-hollande-legitime-les-abominations-de-larabie-saoudite/

    https://francais.rt.com/

    http://www.atlantico.fr/

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/en-remettant-la-legion-d-honneur-178508

  • Vers l'AMGOT ?

    Nous sommes au bord du précipice dans tous les domaines, comme nous l'étions en 1940 dans le domaine militaire. Mais cette faillite militaire était aussi le symptôme de la faillite politique d'un pays qui n'arrivait pas à se reconstituer après le traumatisme de la Grande Guerre. La France aujourd'hui n'a même pas cette excuse puisque sa dernière grosse secousse globale a été la grande fête de 1968. Chacun sent bien qu'un jour ou l'autre il va y avoir un affrontement dans notre pays et ce ne sera pas simplement pour reprendre un territoire toujours confisqué par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes malgré plus de cent cinquante décisions de justice. Il faudra alors choisir entre la casse et la capitulation. Ces perspectives, encore aggravées par les attentats terroristes, ne sont pas réjouissantes et on comprend que la plupart préfère ne pas y penser... (Maître Soulez Larivière pour le Huffington Post en cliquant ici¹)

    La République d'Autruche vit ses dernières années. Elle navigue de capitulation en capitulation. A la moindre émeute, elle passe sous la table et négocie, sauf dans la révolte des poussettes de la Manif pour tous où il fut jugé sans danger par le Chef de la Police d'affronter avec toute la brutalité d'usage les familles et les vieux qui étaient venus marcher à Paris contre le pouvoir gay. Mais à Strasbourg contre l'OTAN, à Nantes contre l'aéroport du Grand Ouest, à Sivens contre l'étang, à Rennes contre Vinci et les banques, à Calais contre les No Borders, on enfume juste un peu et finalement on attrape trois boiteux faciles à agripper quand ce n'est pas un général en retraite au porte-voix, paumé au sein d'une manifestation statique à 150 pèlerins.
    Comme le suggère Me Soulez Larivière, chacun voit bien que la montée des périls en tout genre va déclencher une réaction populaire à défaut d'intervention définitive de l'Etat. De fait, on va passer de la colère rampante à la colère bruyante puis à l'ouverture du feu. C'est ainsi que meurent les régimes foireux, par les fourches et les faux jadis, par l'artillerie de chasse aujourd'hui. Revenons aux périls :
    - le premier est l'affaissement continu de l'école publique. Le seuil que les lycéens doivent franchir entre la sortie du secondaire et l'entrée à l'université ou aux grandes écoles est de plus en plus haut. Les dirigeants se gargarisent d'éléments de langage et de pédagogie tordue sous la direction aujourd'hui d'une jolie moukhère échappée du bled, qui succède à des agrégés sinon de grands professeurs ou chercheurs, parce qu'un prince républicain obsédé de "nouveauté" en a décidé ainsi. Voir ses enfants échouer sur les plages du chômage de masse ne va pas diminuer le ressentiment populaire quand on nous explique qu'il faut les mettre maintenant en formation après qu'ils aient passé une douzaine d'années à l'école !

    - le deuxième est la constitution de fiefs communautaires qui prospèrent au vu et au su de l'Etat sans réaction. Des territoires entiers de la république sont stérilisés des valeurs françaises et il n'est pas loin le jour où la règle démocratique les détachera juste avant que les étrangers n'y instaure leur loi. Si les pouvoirs s'en accommoderont probablement, les citoyens cernés ou en bordure pourraient bien se bunkériser et former des chaînes de résistance pour protéger simplement leurs biens et leurs ressources. Tuera-t-on un jour pour son potager ? Il nous faudrait un Jules Moch², nous avons monsieur Cazeneuve et son petit téléphone.
    - le troisième est la Dette abyssale de la République dont le service est à la merci d'une remontée des taux internationaux de prise en pension des bons du Trésor. Déjà premier poste budgétaire, ce service augmenté depuis l'étranger peut bouffer littéralement toutes les prestations sociales nécessaires comme les pensions de retraite (voir la Grèce, l'Espagne...). La faillite conduira le pouvoir, confronté à sa propre banqueroute, à séquestrer l'argent des ménages par la confiscation de l'assurance-vie, des livrets, et plus s'il en faut encore. Alors ce sera l'insurrection fiscale que promettait Raymond Barre sans l'avoir connue, et les petits épargnants en colère chercheront à qui la faute.
    S'il y a de nombreux motifs d'endettement dont le clientélisme démocratique latin, la faute décisive gît sur les députés qui ont voté les déficits budgétaires demandés par le gouvernement, année après année, pour régler le fonctionnement courant du pays. Dans une démocratie représentative, le souverain maître de la République est le législateur, le parlementaire. Il en a les honneurs... ET les responsabilités. Ceux qui auront tout perdu par leur faute risquent bien de les brancher en nombre !
    -le quatrième péril n'en est peut-être pas un s'il finit par consumer le déclin : c'est la perte complète de souveraineté de ce pays. L'affaissement économique et mental de la nation ne peut soutenir longtemps une souveraineté artificielle. La moitié des lois proviennent de Bruxelles et Strasbourg, la grande majorité des normes aussi, la monnaie est partie, nos armées ramenées au format d'un défilé ne sont plus autonomes en logistique et munitions, notre diplomatie est de l'eau tiède faute de gaz sous la marmite, notre économie est impactée en profondeur par les groupes mondiaux qui gèrent à leur profit les marchés de denrées et matières. Et pour couronner le tout, nos avis ne sont écoutés par personne, si encore on prend la peine de mettre l'écouteur de traduction au Forum de Davos quand parle un ministre français.
    Cette grande vulnérabilité laisse ouverte la porte d'une intervention extérieure en cas d'évolution politique non souhaitée par les enceintes décisionnaires qui comptent. L'étranger (mais un autre cette fois) viendra faire sa loi chez nous. Nouvel AMGOT³ ? Quelque soit le nom, il s'agira de curatelle internationale. Et il en sera fini du Coq de France.
    Alors, saura-t-on rebâtir en neuf sur des bases assainies en tenant compte une bonne fois pour toutes de l'impasse démocratique ?
    Je nous le demande.

    Note (1) : le lien en clair sur le Huff est [http://www.huffingtonpost.fr/daniel-soulez-lariviere/crise-pouvoir-greve_b_9374296.html]
    Par ailleurs Me Soulez Larivière a sa page dans la Wikipedia ici.

    Note (2) : Jules Moch, ministre à poigne de la Quatrième République ayant réprimé les grandes grèves de 1947 et 1948.

    Note (3) : Allied Military Government of Occupied Territories, gouvernement allié des territoires européens libérés de la Seconde Guerre mondiale pour y organiser le retour de la démocratie. Grâce au général De Gaulle la France en réchappa et put ainsi mettre des communistes à de nombreux postes-clés du Gouvernement provisoire et à la tête de grands groupes nationalisés comme les Charbonnages.

    http://royalartillerie.blogspot.fr/

  • Une France raciste ?

    « Un rapport européen accuse la France. » Selon des experts de la commission européenne, il y aurait lieu de s’inquiéter de l’accroissement des violences racistes, antisémites et islamophobes, en France, alors qu’on assisterait en même temps à une banalisation des discours racistes. J’avoue que ce genre d’accusations a le don de me hérisser le poil. Non que je mette en doute l’existence de pratiques condamnables, que je réprouve moi-même. Mais je suis indisposé par une propagande qui donne le sentiment que le peuple français serait sinon raciste, du moins tenté de succomber à certains travers. Les titres des journaux sont explicites. C’est bien la France qui est accusée. Et quand on parle de la France, on désigne forcément le peuple français en général. Et là, pardon, mais ça ne passe pas. Cette culpabilisation implicite d’un sujet collectif m’indigne, car elle pourrait bien être le reflet d’un racisme inversé.
    Le peuple français serait suspect, par principe. Et dès lors tous les maux possibles pourraient lui être imputés. Cela rejoint d’ailleurs un certain discours sociologique, lui-même uniformément accusateur. Toutes les difficultés du pays seraient dues à la mauvaise nature d’une population de Dupont-Lajoie forcément haineuse à l’égard d’autrui. Il y aurait donc une sorte de racisme en France, un racisme anti-immigré, un racisme blanc. L’imprécision d’analyse du rapport européen conforte cette impression dans la mesure ou aucune étude sérieuse n’est formulée sur l’origine des actes antisémites ou anti arabes. Je crains que ce genre de procès n’aggrave plutôt qu’il n’arrange nos problèmes, dont la nature est singulièrement complexe. Si l’on veut en avoir une idée un peu plus précise qu’on aille voir le dernier film de Cheyenne-Marie Caron intitulé Patries. On sera infiniment mieux instruit des difficultés de cohabitation qui ne sont pas unilatérales.
    Pour nos procureurs, il n’est qu’un moyen de combattre notre racisme indélébile, c’est l’aggravation de notre législation pour motifs racistes ou homophobes. La boucle est bouclée. On retrouve là ce que Philippe Muray appelait « l’envie du pénal ». Pour mettre le peuple au pas, il faut, disait-il, « le mettre au pas de loi ». L-o-i. Triste illusion, remède illusoire.

  • C’est nous, les gentils

    Source : Boulevard Voltaire
    Nous avons gagné la bataille des idées ; nous sommes en train de gagner celle de la morale. Restera à l’emporter dans les urnes.

    Éric Zemmour affrontait, la semaine dernière sur BFMTV, Jean-Christophe Cambadélis. Pour la première fois, l’ascendant moral était de notre côté. C’est Zemmour qui fait la leçon à un Cambadélis défait, presque honteux : « Mais de quoi parlez-vous, quand vous parlez de France fraternelle, quand des Français tuent des Français ? […] Quand, dans les écoles françaises de la Seine-Saint-Denis, il n’y a plus un seul enfant juif ? » Honteux que son vivre ensemble soit, en pratique, un mourir ensemble.

    Jusque-là, nous savions être dans le camp de la vérité, du réel, face à ceux qui le travestissent. Mais nous n’osions pas nous aventurer sur le terrain de la morale. Nous en laissions bien volontiers le monopole à nos adversaires.

    Nous étions encore intimidés par l’immuable certitude de nos adversaires d’incarner le camp du bien. Et nous doutions : et s’ils étaient, effectivement, les plus moraux ? Et si nos positions pleines de « bons sens » (cet ersatz de morale que notre camp osait s’accorder à lui-même) n’étaient pas fondamentalement immorales, antichrétiennes, relevant d’une crispation à courte vue et d’une petitesse bien inférieure à la patience et à la sagesse de ceux pour qui l’intégration et l’assimilation demandent du temps – quatre, voire cinq générations – avant de triompher ?

    En 2015, tout s’accélère. Le premier retournement s’opère en 2008-2009 : notre parole se libère, et nous le devons à des personnalités comme Zemmour et Sarkozy (quelles que soient ses arrière-pensées électoralistes). Le deuxième retournement survient en 2015 : nous le devons aux attentats du 13 novembre.
    Voilà qu’en plus d’être réalistes, nos positions sont les seules tenables sur le plan de la morale. De la « morale de responsabilité », celle qui se garde d’une générosité béate, pour mesurer toutes les conséquences d’une bienveillance excessive. L’enfer étant pavé de bonnes intentions, notre fermeté sur l’invasion migratoire devrait nous prémunir de faire l’œuvre du diable.

    Mieux : en 2015, les certitudes morales de nos adversaires vacillent ; le « camp des saints » doute de lui-même : ses postures morales n’ont pas disparu, mais elles n’ont plus la conviction d’antan. Pris de vertige, il réalise que ses quarante années de croisade pour la tolérance débouchent sur un paysage de défiances et de haines, avec un horizon chargé d’orages. Et Zemmour de donner le coup de grâce : « Il y a une justice divine […] ; tout ce que vous avez fait il y a trente ans vous tombe dessus aujourd’hui. »

    Nous avons gagné la bataille des idées ; nous sommes en train de gagner celle de la morale. Restera à l’emporter dans les urnes. Car si les Français sont largement acquis à nos idées, une majorité répugne à se salir les mains en votant pour elles.
    C’est pourquoi nous ne devons avoir nulle réticence à porter le fer sur les terres de la morale : persuader que la souillure morale, c’est le vote LRPS.

    http://fr.novopress.info/

  • Responsables et coupables

    Sur fond d’actualité chargée et d’horizons menaçants, se déroulait  ouvert hier  à Amiens le 34e sommet franco-britannique. L’Ukraine, les crises syrienne et libyenne, les accords, les projets économiques et militaires étaient  au menu des discussions. Rencontre qui se déroule à quelques mois de l’anniversaire du début de la Bataille de la Somme (juillet-novembre 1916) qui mit aux prises principalement Britanniques et Allemands. François Hollande et le Premier ministre David Cameron se sont retrouvés symboliquement hier matin au cimetière-mémorial britannique de Pozières. Cette bataille-boucherie de la Somme se solda par un bien maigre gain territorial pour les alliés, et fit environ de chaque côté 1 200 000 tués et blessés; au premier jour de l’offensive 19 000 soldats britanniques furent tués entre 7h30 et 8h00… Une occasion peut être pour les deux hommes de méditer non seulement sur les conséquences dramatiques de cette guerre civile européenne, mais aussi sur les catastrophes auxquelles conduisent les décisions erronées en matière militaire comme dans le domaine politique. 

    D’une invasion l’autre, d’un entêtement l’autre, la question de l’afflux de migrants désireux de passer en Angleterre depuis Calais était au menu des discussions, alors que la pression migratoire, les tensions et les violences qu’elle génère ne faiblissent pas, de la Mer Egée à la Mer du Nord.

    Hier, clin d’œil de l’histoire, c’est une figure du lobby immigrationniste des années 80, Harlem Désir, aujourd’hui recasé comme secrétaire d’Etat aux affaires européennes, qui a annoncé que la contribution britannique à la gestion de la crise (à Calais, NDLR), actuellement «de plus de 60 millions» sera complétée par « une vingtaine de millions supplémentaires», pour «la sécurisation de la zone d’accès au tunnel et de la zone du port de Calais», ainsi que «la lutte contre les réseaux de passeurs».

    Bien évidemment, même si cela officiellement ne fait pas partie des discussions, l’éventualité duBrexit, objet du référendum prévu en juin, sera certainement évoquée, d’autant qu’Emmanuel Macron n’a pas hésité à brandir (également) la menace migratoire pour dissuader les Britanniques de s’émanciper de l’Europe bruxelloise.

    Mercredi, dans le Financial Times, le ministre de l’Economie a prévenu que «Le jour où cette relation (entre la Grande Bretagne et l’UE) sera rompue (pour cause de Brexit), les migrants ne seront plus à Calais»…et donc passeront au Royaume-Uni.  Harlem Désir a enfoncé  le clou: « Il n’y a pas de chantage, ni de menace, mais c’est vrai que nous coopérons plus facilement en étant membres de l’UE que si le Royaume Uni ne l’était plus». Ni chantage, ni menace? Cela y ressemble pourtant diablement!

     Florian Philippot a relevé sur i-télé que cette saillie de M. Macron sonnait comme un « aveu. Cela veut donc dire que si la France les retient aujourd’hui c’est à cause de l’Union européenne. C’est donc à cause des règles de l’Union européenne que la France connaît la jungle de Calais. (…) Merci M. Macron pour cet aveu. Nous l’avons toujours dit, l’Union européenne est un facteur de vulnérabilité pour notre pays.»

    Vulnérabilité qui frappe tout l’édifice bruxellois qui tremble sur ses bases sous les coups de boutoir de l’immigration-invasion. Au moment ou des milliers d’ immigrés  sont toujours bloqués à la frontière de la Grèce avec la Macédoine, poussés en avant par le flux continu qui débarque sans cesse dans leur dos, le président du Conseil européen, Donald Tusk,  en est réduit à lancer des vœux pieux et à constater les dégâts.

    Présent hier jeudi à Athènes, au moment ou l’UE vient de promettre de débloquer 700 millions d’euros d’aide humanitaire d’urgence aux pays envahis par les migrants -dont environ 500 millions devraient tomber dans l’escarcelle du gouvernement Grec- M. Tusk s’est adressé aux immigrés: «Ne venez pas en Europe. Ne croyez pas les passeurs. Ne risquez pas vos vies et votre argent. Tout cela ne servira à rien», «Ni la Grèce, ni aucun autre pays européen ne pourront continuer à être des pays de transit. (…) Les réglementations de Schengen seront à nouveau appliquées», a-t-il encore déclaré.

    Un langage d’apparente fermeté qui ne l’a pas empêché de sermonner les pays qui, désireux de reprendre (un peu) leur situation en main, ont imposé des quotas à l’entrée de leurs territoires. «Des décisions unilatérales sans une coordination préalable, même si elles sont compréhensibles dans un contexte national, portent atteinte à l’esprit européen de solidarité», a affirmé le dirigeant européiste…Mais croit-il vraiment qu’il est encore audible et crédible alors que 130 000 migrants (chiffre officiel) ont d’ores et déjà déferlé sur l’Europe depuis le début de l’année?

    Dans un tout récent  entretien accordé à Breizh-Info, dans le cadre de la sortie de son livre«Immigration, la catastrophe – que faire ? », Jean-Yves Le Gallou citait le géopoliticien Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand qui «en juin 2015 lorsque l’invasion de l’Europe a commencé depuis les côtes libyennes avait déclaré:  Un jour le recours à la force sera inévitable ».

    Pourtant indique encore M. Le Gallou, les peuples européens sont victimes «des oligarchies européennes – à Bruxelles, Berlin ou Paris – sont à la remorque des oligarchies financières et médiatiques : elles sacrifient leur peuple à l’idéologie dominante, le mondialisme immigrationniste marchand, le MIM». Pourtant, «la responsabilité du politique est  de décider de mesures exceptionnelles face à des circonstances exceptionnelles. Or l’invasion que nous subissons nécessite des mesures exceptionnelles. Ne pas les prendre aujourd’hui, c’est préparer le chaos de demain. Agir sans faiblesse aujourd’hui est la seule manière d’éviter de grands malheurs demain !»

    Jean-Yves Le Gallou n’épargne pas le FN qu’il juge trop en retrait sur cette thématique (ce qui est peu ou prou aussi l’avis du maire de Béziers Robert Ménard) : «Il est assez étonnant de voir les dirigeants du FN s’embourber dedans les questions économiques, en vérité secondaires (par rapport à l’invasion migratoire, NDLR). Ceux qui discutent à perte de vue de l’euro me font penser à ces byzantins qui débattaient du sexe des anges quand les Turcs étaient aux portes. Ceci étant, quoi que pensent et disent ses principaux dirigeants, le FN reste de loin la meilleure offre électorale pour quiconque combat l’immigration. En politique, est ce qui paraît. Et c’est ainsi que le FN est perçu par les électeurs et les médias. Ainsi, dans la semaine qui a suivi les attentats de Paris, les intentions de vote pour le FN aux élections régionales ont progressé mécaniquement de 3 points ( de 25% à 28%). Florian Philippot et Marine Le Pen recueillent les rentes électorales de la ligne anti immigration constamment suivie par Jean-Pierre Stirbois, Bruno Megret, Bruno Gollnisch et bien sur Jean-Marie Le Pen.»

    Ce qui est en tout cas certain ajouterons-nous,  c’est que ce constat lucide sur les dangers de l’immigration non contrôlée est partagé par beaucoup, y compris par certain de nos adversaires, y compris dans les rouages du pouvoir.

    Héros de la Grande Guerre, engagé notamment dans la bataille de la Somme, grand écrivain allemand, grand européen francophile, Ersnt Jünger le notait: Le savoir aggrave la faute et avec elle la responsabilité. Mais tétanisés par le politiquement correct, la peur, la démission morale,politiciens, spécialistes et personnalités sont nombreux à se taire, à mentir, à détourner les yeux, à s’accrocher à des prébendes, des places, des  chimères. Responsables et coupables,  ils seront sévèrement jugés par l’histoire.

    http://gollnisch.com/2016/03/04/responsables-coupables-2/

  • Cette révolte qui vient... (partie 2) Les impasses à éviter.

    A lire la presse ces jours derniers, l'on pourrait croire que la contestation de la loi El Khomry est une exclusivité de la Gauche radicale ou frondeuse socialiste, et les articles sur les contestataires ne valorisent que les syndicats étudiants ou lycéens qui se vantent d'être de Gauche, de l'UNEF à la FIDL, proches pourtant des socialistes et pépinière des cabinets ministériels du PS... Les communistes cherchent aussi à mobiliser la jeunesse tout comme les trotskistes du NPA, tandis que des groupes improbables d'extrême-gauche en appellent à la « révolution » sans vraiment préparer autre chose qu'une révolte sans lendemain, faute de prospective viable. En regardant les forums et les réseaux sociaux qui s'enflamment, je suis frappé par le mélange de bêtise et d'intelligence, de naïveté et de sincérité (l'une n'excluant pas forcément l'autre), d'idéalisme et de machiavélisme, et par l'affirmation d'une certaine « impolitisation », à bien y regarder, des discours, ce qui ne signifie pas « dépolitisation » mais plutôt une méfiance à l'égard des partis ou des groupes déjà constitués et, plus largement, de l'engagement et de la réflexion politiques traditionnels : cela me rappelle l'époque, dans les années 1980-2000, des «coordinations » qui voulaient dépasser les partis habituels et leurs jeux classiques, avec parfois un certain succès, mais vite récupérées par les forces du « pays légal », seules susceptibles, disait-on, de leur assurer une « postérité » improbable...

    Et pourtant ! La contestation de la loi El Khomry, loi en définitive entièrement portée et revendiquée par le Premier ministre, ne se limite pas à la gauche de la Gauche, ni même aux syndicats de salariés, tous (mêmes ceux qui se trouvent qualifiés de « réformistes » par les médias, selon une définition qui n'est pas la plus crédible) ayant des critiques plus ou moins virulentes à formuler à l'égard de ce qui n'est, pour l'heure, qu'un projet inachevé ou encore amendable.

    Ce dernier n'est rien d'autre, en somme, que la mise en conformité du Droit du travail français avec la logique libérale de l'Union européenne, comme le rappelait ce dimanche sur France-Info l'ancien conseiller aux affaires sociales de Nicolas Sarkozy, M. Raymond Soubie, sans langue de bois et avec une honnêteté louable même si le fond du propos est, lui, plus critiquable. Que la France soit « le dernier pays » à, dit-on, refuser la vulgate libérale, pour de bonnes ou de mauvaises raisons d'ailleurs, n'est pas, à mon avis, un argument recevable car il fait peu de cas des abus et des principes mêmes de ce libéralisme plus anglo-saxon que véritablement ou historiquement européen, et il oublie l'autre tradition économique, non pas celle de l’État-providence (plutôt tardif au regard de l'histoire sociale française) mais celle, éminemment sociale à défaut d'être socialiste, qui plonge ses racines dans le désir et l'attachement à la justice sociale, et, plus profondément et moins visiblement désormais, dans la doctrine sociale de l’Église et ses déclinaisons d'une Gauche qui, pour anticléricale qu'elle se prétendait, n'en restait pas moins marquée (même sans le savoir et encore moins le vouloir) parl'héritage du christianisme, entre partage et charité rebaptisés solidarité, entre colère contre les marchands du temple et amour du prochain rebaptisé fraternité...

    Le ralliement de la Droite libérale au projet de loi El Khomry n'est pas la marque d'un dépassement des clivages mais bien au contraire de la profonde identité de vue entre les deux versants du libéralisme européen (voire européiste) : cela marque aussi la fin (provisoire ?) d'un héritage de la Droite sociale historique, d'ailleurs repris en son temps par de Gaulle avec l'idée de participation, qui se voulait plus politique et sociale que seulement économiste et gestionnaire. Nous voilà effectivement, avec MM. Juppé ou Le Maire, bien loin des formules gaulliennes, de « la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille », qui marquait le refus de voir la finance diriger le pays et son État, et qui reprenait la vieille antienne du duc d'Orléans (prétendant au trône des années 1890-1920) contre « la fortune anonyme et vagabonde », ou encore de cette remarque cinglante du fondateur de la Cinquième République déclarant « l'intendance suivra » rappelant, dans une logique toute capétienne et maurrassienne que, dans l'ordre des moyens, c'était (et cela devrait être encore...) « Politique d'abord » pour permettre une bonne économie et la pratique efficace de la justice sociale.

    Ainsi, nous allons assister au spectacle d'une Droite libérale qui vantera les mérites d'une loi qu'en ses temps de Pouvoir, elle n'aurait pas osé défendre, et d'une gauche de la Gauche qui, éternelle faire-valoir de la Gauche de gouvernement (et parfois sa mercenaire « face aux droites »), manifestera une colère, en soi légitime, qui permettra aussi, si l'on n'y prend garde, de détourner les coups les plus rudes qui devraient pourtant être portés au système politicien du pays légal, simple véhicule législatif des nouvelles féodalités financières et actionnaires. Pourtant, comme le disait un syndicaliste du début du XXe siècle : « Quand vous aurez sauvé la République, qu'aurez-vous fait pour le peuple ? » La question, iconoclaste sans doute, mérite néanmoins d'être à nouveau posée, et des réponses, concrètes et éminemment politiques, doivent y être apportées...

    (à suivre : pourquoi le 9 mars peut être une heureuse occasion politique ; le « Que faire » des royalistes en ce mois de mars 2016 ; les propositions royalistes pour le monde du travail ; le « tiers-pouvoir lycéen et étudiant » ; etc.)

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