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France et politique française - Page 4258

  • Les tares de l’opposition nationale

    L’action entreprise depuis l’échec d’avril 1961 a mis en œuvre des moyens nouveaux. Elle a mobilisé un nombre accru de partisans et s’est résolument engagée dans la voie de la violence et de la clandestinité. Cette transformation des formes de lutte n’a cependant pas affecté des données de la méthode antérieurement appliquée. Elle est restée conforme aux caractéristiques des luttes « nationales », jalonnées de courage et d’échecs lamentables. 

         Lénine, prenant en 1917 les risques d’une défaite militaire afin de créer les conditions de la révolution bolchévique, ou encore Franco, marquant sa prise de commandement insurrectionnelle en 1936 par l’exécution de son propre cousin qui refusait de le suivre, sont deux exemples d’un comportement inverse de celui des « nationaux ». 

         Par contre, le refus de porter réellement l’action en métropole le 22 avril 1961, comme la sanglante et inutile manifestation parisienne du 6 février 1934, sont typiques de la mentalité « nationale ». 

    DEFAUT DE CONCEPTION 

    Les « nationaux » qui utilisèrent le mot « révolution » sans en connaître la signification, croient au « sursaut national » spontané ! Ils croient également que « l’armée bougera »... Confiants dans ces deux rêves irréalisables, considérés comme des remèdes-miracles, ils ne conçoivent pas la nécessité d’éduquer des partisans au moyen d’une doctrine juste expliquant les causes de la décadence occidentale, proposant une solution et servant de gouvernail à la pensée dans l’action. C’est pourquoi, ils se complaisent dans une série de maladies politiques qui sont responsables de leurs échecs. 

    Confusion idéologique 

    Les « nationaux » s’attaquent aux effets du mal, pas à ses racines. Ils sont anticommunistes mais oublient que le capitalisme et les régimes libéraux sont les principaux artisans de la propagation du communisme. Ils étaient hostiles à la politique algérienne du gouvernement, mais oublient que cette politique était le produit d’un régime, de son idéologie, de ses intérêts, de ses maîtres réels financiers et technocrates, comme de ses structures politiques et économiques. Ils voulaient sauver l’Algérie française contre le régime, mais ils reprennent à leur compte ses principes et ses mythes. Imagine-t-on les premiers chrétiens adorant les idoles païennes et les communistes chantant les louanges du capitalisme ? 

    Conformisme 

    Tous les « nationaux » ont leur bon gaulliste, leur bon technocrate, leur bon ministre. Cédant à un vieux réflexe bourgeois, ils redoutent « l’aventure » et le « chaos ». Pour peu qu’un homme du régime agite le drapeau, ils lui donnent leur confiance. Ils préfèrent le confort de l’aveuglement à la lucidité. Le sentimentalisme et l’esprit de clocher prennent toujours le pas sur le raisonnement politique. Dans l’espoir niais de satisfaire tout le monde, ils se refusent à prendre parti et ne satisfont personne. 

    Archaïsme 

    Faute d’imagination, les « nationaux » continuent à emboucher le clairon de Déroulède qui n’ameute plus personne. Programme et slogans sont fixés dans le tricolore d’avant-guerre. De l’armée au pouvoir à l’anticommunisme négatif, en passant par la contre-révolution et le corporatisme, les « formules nationales » repoussent plus qu’elles ne séduisent. Cet arsenal politique date d’un demi-siècle. Il est sans prise sur notre peuple. 

    DEFAUT D’ORGANISATION 

    Les raisons qui poussent les « nationaux » à nier la nécessité des idées dans le combat politique, les poussent à nier la nécessité de l’organisation. Leur action est viciée par des tares qui expliquent tous leurs effondrements. 

    Opportunisme 

    Les notables « nationaux », parlementaires et autres, militaires et civils, sont opportunistes par ambition personnelle. Le prétexte généralement invoqué pour camoufler leur arrivisme est celui de « l’habileté ». C’est au nom de l’habileté que les « nationaux » ont cautionné... le référendum de 1958, les entreprises de politiciens depuis lors. Derrière chacune de ces positions se dessinait la perspective d’un ruban, d’une sinécure ou d’une élection. Ils sentent le vent et savent se faire violents, voire séditieux quand cela leur apparaît profitable. Leurs discours fracassants ne font peur à personne. Ils attaquent un homme, un gouvernement et se gardent bien de toucher à l’essentiel et de s’en prendre au régime lui-même. L’Algérie fut un bon tremplin et une occasion de faire fortune grâce aux subsides généreusement dispensés, tandis que les militants devaient combattre les mains nues. Si le vent tourne, ils n’hésitent pas à trahir le drapeau et leurs camarades. Le siège au parlement n’est pas un moyen mais une fin en soi ; il doit être conservé à tout prix. Les simples partisans, eux, sont opportunistes par défaut de doctrine et de formation. Ils se fient à la mine du beau parleur et aux impressions superficielles plutôt qu’à l’analyse politique des idées et des faits, ils sont voués à être dupes. 

    Mythomanie 

    La lecture des romans d’espionnage, les souvenirs de la résistance et autres services spéciaux, le récit des comploteurs, gaullistes et autres, plongent les « nationaux » dans une atmosphère de rêve permanent. Un bridge avec un général en retraite, un parlementaire ou un sergent de réserve devient une sombre et puissante conjuration. Pour peu que l’on recrute dix lycéens, on se prend pour Mussolini. Quand on se vante de commander à 5000 hommes structurés, c’est que l’on rassemble péniblement quelques centaines de fonds de tiroir. Si, par chance, ils reçoivent une circulaire d’une quelconque administration militaire, ils montrent l’enveloppe avec des airs de conspirateurs, des sourires et des silences lourds de sous-entendus. Ils sont partisans de l’union autour d’eux et se répandent en amers reproches de sectarisme à l’encontre des militants qui se refusent à les prendre au sérieux. Les mêmes « nationaux » dans une période de véritables clandestins, se font arrêter avec des listes d’adresses et de documents, se mettent à table dès que la police lève la voix. 

    Terrorisme 

    La fausse analyse d’une situation, l’absence de doctrine et de formation qui poussent les uns vers l’opportunisme, jettent les autres dans la violence négative et le terrorisme. La mauvaise digestion des études pas trop primaires, consacrées à certains aspects de la subversion communiste du F.L.N., a accru ce penchant. Les pétards sous les fenêtres des concierges n’ont pas apporté un seul partisan à l’Algérie française. Le terrorisme aveugle est le meilleur moyen pour se couper d’une population. C’est un acte désespéré. Autant l’action clandestine et l’utilisation calculée de la force peuvent être indispensables lorsqu’une nation n’a plus d’autres moyens pour rentrer dans son droit, et dans ce cas l’action vise à faire participer le peuple à la lutte, autant le terrorisme rejette celui qui l’emploie hors de la communauté populaire et le condamne à l’échec. 

    Anarchisme 

    Les « nationaux » qui admirent tant la discipline chez les autres sont, en pratique, de véritables anarchistes. Incapables de se situer à leur place dans la lutte, ils ont le goût de l’action désordonnée. Leur vanité les pousse aux actes individuels gratuits, leur cause dût-elle en pâtir. Ils ignorent la parole donnée et nul ne peut prévoir où les entraînera leur fantaisie. Ils suivent à la rigueur un chef de bande et s’épanouissent dans les petits clans. L’absence de référence idéologique commune accroît leur éparpillement et interdit leur unité. 

    Dominique Venner, Pour une critique positive

    http://www.oragesdacier.info/2014/06/les-tares-de-lopposition-nationale.html

  • L’unité par nos valeurs face à l’hystérie de leur système

    Nicolas Poincaré recevait Bruno Gollnisch à propos de la tempête politico-médiatique artificielle concernant le dernier Journal de bord de Jean-Marie Le Pen.


    Bruno Gollnisch : « Fournée est un terme anodin » par Europe1fr

  • Il faut prendre au mot tous ceux qui renient publiquement leur qualité de Français !

    Entretien avec Renaud Camus

    L’arrestation de Mehdi Nemmouche pose de façon brûlante la question des Français partis pour le djihad en Syrie et qui reviennent complètement “endoctrinés”. Que faut-il faire selon vous ?

    L’arrestation de Mehdi Nemmouche pose surtout de façon brûlante la question du sens, du sens des mots, et d’abord de ce mot de français, un Français, trois cents Français, sept cents Français, dont le pouvoir remplaciste se gargarise et dont l’absurdité dans cette acception n’est plus tolérable. Le dogme antiraciste expire. Il n’avait pour lui que la légitimité du “plus jamais ça” qui le fondait. Mais cette légitimité, que nul ne conteste, ne peut pas imposer plus longtemps l’extravagance des contenus, soumis à un nominalisme délirant qui prétend que n’importe qui ou n’importe quoi peut être appelé n’importe comment, sur un coup de tampon. Nemmouche et ses pareils sont français au sens où Germanicus était germain : parce qu’il avait conquis la Germanie. L’antiracisme est un roi légitime, mais dément. On n’a vu longtemps que sa légitimité, incontestable ; on ne distingue plus que son délire.

    Certains parlent de “déchéance de nationalité”. Un mal nécessaire ?

    Un mal ? Pourquoi un mal ? Il n’y a qu’à gagner pour tout le monde à rendre aux mots leur poids et leur épaisseur de sens, et à retirer aux choses, aux êtres, aux significations, les appellations abusives dont on les a revêtus. Il n’y a aucun mal, même pour eux, à exaucer les vœux des djihadistes “français”, et de tous ceux qui renient publiquement leur qualité de Français. Ceux-là, il faut les prendre au mot : la remigration est à ce prix. Le pénible Mundial de football, qui s’annonce, devrait offrir de belles occasions, avec tous les matches prévus de l’équipe d’Algérie, de faire un tri, de mieux connaître les appartenances et les souhaits des uns et des autres, et d’agir en conséquence, en respectant soigneusement les affiliations affichées.

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  • Une fournée de journalistes incultes

    De Minute à propos du pseudo dérapage de Jean-Marie Le Pen :

    F"Marie d’Herbais interroge Jean-Marie Le Pen sur l’attitude de tous ceux qui avaient menacé de quitter la France si le FN arrivait en tête à des élections et qui ne l’ont pas fait. « Ah oui, c’est Monsieur Noah ça», répond Le Pen, qui ajoute: « Cochon qui s’en dédit. » « Et Monsieur Bruel aussi », le relance Marie d’Herbais. « Ah oui, dit Le Pen,ça ne m’étonne pas. Ben écoutez, on fera une fournée la prochaine fois. » Le sens est évident: vendredi prochain, donnez-moi la liste de tous ces va-de-la-gueule et je vous livrerai un commentaire sur l’ensemble.

    Noah n’étant – à notre connaissance – ni musulman, ni juif, personne ne s’est in digné de l’expression porcine. Mais Patrick Bruel, né Maurice Benguigui, l’étant, Le Pen a été accusé de «dérapage antisémite »! Et dès les premiers feux médiatiques, le Front national a supprimé la vidéo de son site! Un site dont Marine Le Pen est responsable pénalement… Courage, fuyons devant le lynchage médiatique!

    Le Pen est peut-être âgé, il n’est pas encore gâteux. Il a même une qualité qu’aucun de ses rivaux ne possède (ni son successeur) :il maîtrise à la perfection la langue française. Ce qui n’est pas le cas d’une grande majorité de journalistes, dont le vocabulaire se réduit comme peau de chagrin à l’image de la culture historique qui a tendance, dans leur cerveau, à se limiter à deux catégories: l’histoire de l’humanité avant Hitler et Pétain, et l’histoire de l’humanité après Hitler et Pétain. Avant, c’était mal (à l’exception d’une brève période aux alentours de 1789). Après, c’est mieux mais il faut rester vigilant. Du coup, forcément, il y a des « bugs », comme ils disent, comme avec « fournée », mot créé au XIIe siècle (avant Hitler) de l’ancien français « forn » (voir Le Petit Robert, édition 2008) ou comme avec « détail », qui n’est rien d’autre que la partie d’un tout. [...]"

    Dans un autre article, Minute rappelle que nos valeureux républicains, amoureux des Lumières et de la liberté, ont été les premiers à mettre des personnes au four, dont des femmes et des enfants. En Vendée. On appelait ça « cuire le pain de la République. » L'assassin en chef s’appelait Pierre-François-Joseph Amey. Il a encore son nom sur l’Arc de Triomphe.

    Michel Janva

  • Les députés PS frondeurs montent au créneau !

    Non content de susciter la désaffection quasi totale des Français, le gouvernement affronte désormais la fronde d’une partie des députés de la majorité. Ce groupe « factieux » (selon le champ lexical consacré par Manuel Valls à l’égard de ses adversaires politiques) a dévoilé des propositions sociales et fiscales divergentes de celles comprises dans le budget rectificatif présenté par le gouvernement.

    Considérant que le budget rectificatif aggraverait les inégalités par un trompeur souci d’efficacité, ils remettent en cause la politique de rigueur et souhaitent réorienter la fiscalité vers plus de justice sociale. Ils estiment, en outre, que le problème majeur de la France contemporaine tient en une « insuffisance de la demande ». Pour corriger le tir, les frondeurs (comprenant notamment Christian Paul et Pouria Amirshahi) proposent un « rallumage de la consommation » en soutenant le pouvoir d’achat des ménages de 11,5 milliards d’euros supplémentaires tout en respectant les objectifs budgétaires. Ils s’inspirent directement du Premier ministre italien Matteo Renzi.

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  • Les 10 réformes essentielles de Charles Beigbeder

    Charles Beigbeder propose 10 réformes pour redresser la France :

    • 5 à prendre d’emblée par ordonnance en 2017 et qui concernent la vie économique ainsi que les flux migratoires (versement des allocations conditionnées à 5 années de travail légal dans le pays)
    • 5 réformes plus profondes sur des sujets de société :

    o   Abrogation de la loi Taubira

    o   Instauration du chèque éducation

    o   Réforme du code de la nationalité pour supprimer l’automaticité du droit du sol

    o   Rétablissement du service national

    o   Instauration d’un referendum populaire (sur le même modèle que l’initiative Pays Réels).

    Michel Janva

  • UMP : la guerre de l'intérim est déclarée

    Carole Barjon est Rédactrice en chef adjointe au service de politique intérieure. Spécialiste de la droite. A longtemps dirigé la rubrique « Téléphone Rouge ». Auteur de « Si on me cherche » avec François Chérèque (Albin Michel, 2008) et de « Le Coup monté » avec Bruno Jeudy (Plon, 2013). Etudes de droit et Centre de formation des Journalistes. Utilise Twitter avec modération, convaincue qu’il ne faut s’exprimer que lorsqu’on a vraiment quelque chose à apporter.
    Un bureau politique doit nommer mardi un président par intérim. Avec deux grains de sable pour le triumvirat Fillon-Juppé-Raffarin : la présidente de la Haute Autorité et le directeur général du parti.
    Face à la perspective d'un retour rapide de Nicolas Sarkozy, la résistance s'organise à l'UMP. Alain Juppé et François Fillon sont en effet décidés à ne rien lâcher, lors du bureau politique prévu mardi en fin de journée. A en juger par les conversations de la semaine passée entre les responsables du parti, Juppé et Fillon d'un côté, Raffarin et sarkozystes de l'autre, la réunion de mardi s'annonce un rien tendue.
    Mais d'autres débats, plus techniques, ont opposé les collaborateurs des premiers et la présidente de la Haute Autorité, Anne Levade. Cette agrégée de droit public, chargée d'organiser les primaires de 2016, est celle vers laquelle les regards vont converger dans les prochains jours.
    En début de semaine dernière en effet, Jean-François Copé ne s'est pas contenté d'écrire aux militants du parti. Il a aussi adressé une lettre à Anne Levade dans laquelle il lui dit son souhait de voir "l'élection du nouveau président et la période d'intérim qui le précédera" se dérouler "dans le respect des règles juridiques […] approuvées à 93% lors du congrès extraordinaire" du mois de juin 2013. En conséquence, il lui demande d'intervenir lors du prochain bureau politique "afin d'éclairer ses membres sur le cadre statutaire qui s'impose à lui".
    En clair, Copé, qui abandonnera officiellement ses fonctions le 15 juin, estime que la présidente de la Haute Autorité n'a pas comme seule mission d'organiser le futur congrès, de veiller à la régularité des opérations de vote et de proclamer les résultats de la future élection, mais qu'elle a également vocation à donner son point de vue sur l'organisation de la période d'intérim. Ce que contestent Juppé et Fillon.
    Anne Levade n'est en effet pas membre du bureau politique. 
    Ambiance…
    Vendredi dernier, la conversation entre François Fillon et Anne Levade a été "très crispée". L'ancien Premier ministre de Sarkozy estimerait s'être fait duper par Jean-François Copé qui lui avait présenté cette prof de droit en 2013 après la crise interne qui les avaient opposés : il fallait alors remplacer la fameuse Cocoe et son président Patrice Gélard.
    Aujourd'hui, le camp Fillon la voit comme "une copéiste enragée". Motif : la présidente de la Haute autorité, qui n'a pas souhaité répondre aux questions du "Nouvel Observateur", aurait argué que, d'après les statuts, c'est le vice-président délégué Luc Chatel qui devrait assurer l'intérim et non pas le triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin. Ce que contestent Juppé et Fillon. Pour eux, l'UMP fait face à une situation "inédite" puisque seul le cas de la démission du président a été prévu dans les statuts mais pas celui d'une démission collective de la direction comme celle qui est intervenue mardi 27 mai.
    Au-delà du cas de Chatel, la vraie question qui fâche est celle-ci : quel mandat, quelles attributions pour le triumvirat ? Réel pouvoir de gestion ou simples potiches ?
    Même son de cloche chez Fillon.
    Car le véritable enjeu de cette bataille au couteau, c'est le contrôle de la machine, et le sort d'Eric Cesari, actuel directeur général de l'UMP. Ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy au conseil général des Hauts-de-Seine, Cesari est surnommé "l'œil de Sarko" à l'UMP. Depuis la démission de Copé et le départ de Jérôme Lavrilleux, il est l'homme le plus puissant du parti. Il contrôle tout : les salariés… et les salaires, les avantages en nature, la machine administrative et financière… et les fichiers.
    Depuis que l'affaire Bygmalion a éclaté, on s'interroge en outre sur son rôle pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Compte tenu de sa fonction, Cesari travaillait au quotidien avec Jérôme Lavrilleux, ex-directeur de cabinet de Copé, qui a confessé avoir indûment facturé à l'UMP des dépenses de Bygmalion liées à la campagne présidentielle. Cesari pouvait-il l'ignorer ?
    En tout cas, ni Juppé, ni Fillon ne font mystère de vouloir le remplacer aussitôt après le départ effectif de Jean-François Copé le 15 juin. Nicolas Sarkozy, on s’en doute, ne l’entend pas de cette oreille. Perdre Eric Cesari, c’est perdre le contrôle sur le parti. Officiellement, pourtant l’ancien président "ne veut pas s’en mêler". En réalité, il a envisagé, en fin de semaine dernière, d’accélérer son retour et de se déclarer dimanche (hier) pour prendre tout le monde de vitesse avant le bureau politique, mais a finalement renoncé. Il souhaite "un consensus", dit-on dans son entourage et "voit d’un bon œil" l’installation du triumvirat à la tête de l’UMP qui est là comme "solution provisoire" pour "organiser l’élection de l’automne". Il regrette simplement qu’Alain Juppé n’ait pas pris la peine de lui téléphoner comme l’a fait Jean-Pierre Raffarin.

    Carole Barjon

    Le Nouvel Observateur :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/politique/EupkFuZZFlQGBNeBmf.shtml

  • Régions : guerre et « résistance »

    Le pêle-mêle régional : tout et n’importe quoi !

    « Il n’est pas exclu que le projet de réforme territoriale mécontente ceux qu’il intéresse, navre les indifférents et divise tout le monde »

    Après l’annonce de François Hollande, les élus expriment leur colère sur Twitter. Chaque jour, le meilleur (et le pire) du web.

    Faire bouger la France n’est pas chose aisée. François Hollande voulait réduire de moitié le nombre de régions de métropole. Sa nouvelle carte de France en comptera 14 au lieu de 22 finalement. Avant que le président ne tranche le cas de la Bretagne et des Pays de la Loire, la pression montait déjà sur Twitter après que Ouest-France révélait une possible fusion Pays de la Loire/Poitou-Charentes, schéma soutenu par Ségolène Royal [peut-on se demander pourquoi ?]. Lundi en fin de journée, Jean-Marc Ayrault montait au créneau sur le réseau social. L’ancien premier ministre et député PS de Loire-Atlantique, lançait : « Pour l’Ouest, l’intérêt des populations est la fusion Pays de la Loire-Bretagne autour des métropoles Nantes et Rennes ». « Où est l’intérêt général ? Mobilisons-nous pour une fusion Pays de la Loire/Bretagne », renchérissait Marie-Françoise Clergeau, députée socialiste de Loire-Atlantique.

    Une fois n’est pas coutume, François Fillon se rangeait du côté de l’ancien premier ministre : « Fusion des Pays de la Loire et Poitou-Charentes : absurde et irréalisable ». Idem du côté des Verts : « A force de nier les évidences et de refuser les solutions de bon sens comme la réunification de la Bretagne, les élites politico-technocratiques vont encore plus mériter le rejet populaire dont elles sont l’objet », a écrit François de Rugy, député EELV de Nantes.

    Finalement, la Bretagne et les Pays de la Loire ne fusionneront avec aucune autre région. Dans la soirée, Hollande a décidé de ne pas trancher, ce que lui reproche souvent l’opposition. Illustration avec Marc Le Fur : sur son blog, le député UMP des Côtes d’Armor a dénoncé le « manque de courage » du président. « Hollande confirme Vichy qui avait créé, en 1941, la région des Pays de la Loire, isolant ainsi Nantes du reste de la Bretagne ».

    Conséquence : la région Poitou-Charentes a été mariée avec les régions Centre et Limousin. Au grand dam de l’ancien ministre et député de la Charente-Maritime Dominique Bussereau. Celui-ci est entré lundi soir en résistance sur Twitter : « Poitou-Charentes veut s’allier avec l’Aquitaine et c’est Centre et Limousin ! Je refuse ce mariage forcé/Résistance ». Il dénonce « un arrangement entre copains » : « Poitou-Charentes Centre Limousin : n’importe quoi Non ! Petit arrangement entre 3 copains promotion Voltaire : FH SR MSap ». Le député UDI du Loir-et-Cher Maurice Leroy est sur la même ligne : « Région Centre + Poitou-Charentes et Limousin = tripatouillage politique ».

    Dans le Sud, le conseil régional du Languedoc-Roussillon a eu beau voter à l’unanimité fin mai le lancement d’un manifeste et d’une pétition en ligne sur son site contre la suppression de la région. Peine perdue, Languedoc-Roussillon fusionnera avec Midi-Pyrénées. Déçu, Christian Bourquin, président PS de Languedoc-Roussillon a dénoncé lui aussi « une carte de la France des copains ».

    Plus au Nord et à l’Est, le chef de l’Etat a également fait des mécontents. Des élus picards sont tombés des nues après l’annonce de la fusion des régions Picardie et Champagne-Ardenne. « Les ciseaux de Mr Hollande sont devenus fous ! La Picardie avec Champagne-Ardenne ! Et pourquoi pas la Guadeloupe ? », s’est emporté le maire adjoint de Beauvais et conseiller régional de Picardie Franck Pia. Message retweeté par la maire et sénatrice de Beauvais Caroline Cayeux. Dans la région voisine, c’est l’ancien ministre Luc Chatel qui s’est indigné mardi matin sur Twitter : « l’association de deux malades ne fait pas un bien portant ». « Quoi de commun entre la baie de Somme et le plateau de Langres ? La logique pour Champagne-Ardenne, c’est le grand Est ! » a ajouté le député UMP de Haute-Marne. Il en est un qui n’est pas contre. Eric Loiselet, conseiller régional EELV de Champagne-Ardenne, a fait remarquer que « Champagne Ardenne + Picardie : 1ère région éolienne terrestre de France : c’est déjà ça ! vive le vent ! ».

    En résumé, « il n’est pas exclu que le projet de réforme territoriale mécontente ceux qu’il intéresse, navre les indifférents et divise tout le monde », a conclu le député PS du Finistère, Richard Ferrand. (6Medias)

    6Medias, 03/06/2014

    http://www.polemia.com/regions-guerre-et-resistance/

  • Les causes profondes de la crise de feue la Droite française

    Pour comprendre la crise mortelle de feue la Droite française, il faut d'abord comprendre ce qu'elle était.   

    Tout un chacun peut observer les querelles de personne à l’UMP et s’indigner des turpitudes comptables de ce parti et de la campagne de Sarkozy en 2012. Mais ce n’est pas le problème le plus sérieux de l’UMP. Car la désagrégation socio-politique et donc électorale de feue la Droite française a des causes profondes, incontrôlables et irréversibles.

    Au XIXe siècle, la politique était polarisée entre républicanisme et royalisme. Au XXe s., cette polarisation a fait place à une opposition entre Droite et Gauche dans des termes différents, puisque le républicanisme a gagné par forfait en 1873, lorsque le comte de Chambord a sabordé la restauration royaliste, pourtant à deux doigts d’aboutir.

    Pour comprendre la crise mortelle de feue la Droite française, il faut d’abord comprendre ce qu’elle était, à savoir une synthèse entre une certaine idée de la France, les bonnes mœurs bourgeoises ou catholiques, l’attachement à la patrie et la défense de la propriété et de la libre entreprise. Cette synthèse fonctionnait bien à l’intérieur du cadre national. Elle a bien fonctionné tout au long du XXe siècle. Mais, avec la montée du mondialisme, elle ne fonctionne plus. Le nœud gordien de feue la Droite française et les convulsions pre-mortem de l’UMP gisent dans cette synthèse perdue.

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  • Europe : L’avenir de l’industrie se trouve sur la rive sud de la Méditerranée

    La crainte de nationalisations est tout à fait déplacée et aucun slogan des révoltes arabes de 2011 n’a montré d’hostilité au capital étranger, européen ou non européen. Il convient simplement de sortir progressivement de la logique des zones franches et des avantages fiscaux qui ne sont en rien corrélés avec des indicateurs de développement des capacités de maîtrise et d’innovation technologiques.

    Si l’on songe que la côte sud de la Méditerranée est la porte d’entrée vers le continent africain, d’un côté, et vers la riche péninsule Arabique, de l’autre, comment ne pas s’orienter vers de grands investissements industriels pour produire localement et exporter des biens d’équipement comme des biens de consommation, grâce à la valorisation des très vastes ressources humaines disponibles sur les deux rives de la Méditerranée ?

    En bref, il est temps de commencer à penser la complémentarité active et productive au bénéfice des deux rives, en lieu et place des situations rentières qui dominent trop souvent les relations économiques entre les deux rives de la Méditerranée.

    La coproduction peut, bien sûr, prendre également la forme de capitaux du sud de la Méditerranée, investis en Europe dans des entreprises de taille moyenne à la recherche de liquidités pour assurer leur développement et leur expansion.

    L’essoufflement des économies européennes et le blocage des économies du sud de la Méditerranée appellent un sursaut dans le cadre d’un ensemble euro-méditerranéen plus compétitif, aussi bien vis-à-vis de l’Extrême-Orient que de la zone économique nord-américaine (port de Marseille).

    La marche forcée vers toujours plus de mondialisation économique et de transferts d’activités d’Europe occidentale et des États-Unis vers les économies émergentes semble connaître une pause. La hausse des salaires en Chine et le développement de son gigantesque marché intérieur, la baisse du niveau des salaires ouvriers en Europe et aux États-Unis expliquent notamment ce ralentissement.

    Aux États-Unis, des frémissements se font sentir dans les industries textile et automobile. En Allemagne, des politiques appropriées ont permis de sauvegarder des pans entiers de l’industrie de biens d’équipement, toujours en forte demande sur le marché international du fait de la qualité de sa production.

    L’heure est peut-être venue, pour les économies européennes, de sortir de leur sommeil grâce à une renaissance industrielle. Si le redéploiement des industries des pays d’Europe de l’Ouest vers l’Europe de l’Est a vraisemblablement atteint ses limites, il n’en est pas de même en ce qui concerne les relations industrielles avec les pays au sud de la Méditerranée.

    Pour l’heure, les accords d’association et de libre-échange de l’Union européenne (UE) avec les pays tiers méditerranéens n’ont pas donné les bénéfices escomptés pour ces pays : le taux de chômage des jeunes – et notamment des jeunes diplômés – n’a pas diminué ; la part des exportations de ces pays vers l’UE n’a pas substantiellement augmenté.

    Ensemble euro-méditerranéen

    Dans le domaine industriel, les zones franches et les avantages fiscaux accordés à la sous-traitance des multinationales européennes vers les sociétés locales n’ont pas entraîné de dynamique d’industrialisation des pays arabes du pourtour méditerranéen.

    Cette sous-traitance a certes fourni de l’emploi local et des bénéfices défiscalisés, mais elle n’a guère poussé les entrepreneurs locaux à pratiquer une remontée progressive de filières technologiques.

    Sortir de la logique des zones franches

    Il est temps d’être plus ambitieux et de faire émerger un ensemble productif et compétitif euroméditerranéen, en passant de la sous-traitance à la coproduction. Dans une telle approche, la réindustrialisation de l’Europe devrait se déployer en tenant compte du potentiel dormant de consommation comme de production des économies du Sud.

    La politique d’assistance de l’UE à ces pays a permis une modernisation des institutions économiques et financières, voire une convergence institutionnelle. Elle n’a cependant pas réussi à dynamiser les structures de production restées chétives et incapables d’offrir les indispensables opportunités d’emploi, ce qui explique en partie les révoltes de 2011 sur la rive sud de la Méditerranée.

    Ces structures sont restées prisonnières de situations rentières et de concentration massive de l’activité économique aux mains de quelques groupes d’affaires oligopolistiques ayant l’appui des autorités politiques.

    Peut-on coproduire entre les deux rives de la Méditerranée aujourd’hui ? La situation est mûre pour cela. Au nord comme au sud de la Méditerranée, les politiques de modernisation et l’objectif de convergence des économies ont atteint leurs limites dans le cadre des structures de production actuelles.

    Pour cela, il faut que les réserves cachées de productivité soient enfin libérées de toutes les contraintes et pesanteurs qui leur font barrage depuis des décennies, en dépit des politiques de libéralisation mises en œuvre avec l’aide de l’UE et des institutions de financement internationales. Il faut d’ailleurs reconnaître que les économies au sud de la Méditerranée ont montré qu’elles sont favorables aux investissements privés des économies au nord.

    Le Monde

    http://fortune.fdesouche.com/343673-europe-lavenir-de-lindustrie-se-trouve-sur-la-rive-sud-de-la-mediterranee#more-343673