Placardés sur les murs et parcours de tramway de leur ville, les bordelais découvrent cette affiche de la "marche des fiertés" (Gay Pride) promouvant cette année la "famille pour tous" ! Le plus choquant est que cette communication est soutenue par la municipalité (son logo apparaît clairement sur l'affiche) !
France et politique française - Page 4275
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La mairie de Bordeaux soutient la GayPride
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Pierre-Guillaume de Roux : « Le conservateur se défie de l'homme livré à lui-même »
Editeur, Pierre Guillaume de Roux a créé sa propre maison d'édition. Il a bien voulu répondre à notre enquête sur la droite.
Pierre-Guillaume de Roux, pensez-vous qu'en politique, la distinction entre gauche et droite ait encore une signification ?
Il me semble qu'à l'heure actuelle, républicains libéraux et sociaux-démocrates communient dans la même croyance au grand schéma progressiste de la modernité. De là vient la difficulté, pour la droite politique, de se dissocier véritablement de la gauche dans sa surenchère anti-conservatrice. Cette droite politique, qu'incarne l'UMP, n'a plus de vraie proposition à faire, et finalement la frontière qui la sépare des sociaux-démocrates est très poreuse, puisqu'elle a fini par s'aligner sur la plupart des dogmes imposés par la gauche.
J'opérerai donc plutôt une distinction entre conservateurs et progressistes. Il existe entre eux une différence capitale : le conservateur, dans la grande tradition qui va de Joseph de Maistre à Donoso Cortes, se défie de l'homme livré à lui-même; alors que les progressistes, que l'on retrouve à gauche comme à droite, sont fondamentalement rattachés à l'idée, issue des Lumières, que l'on peut faire émerger une humanité perfectible, et prônent en même temps un individualisme radical: d'où la culture du narcissisme, dénoncée par Michéa. La vision conservatrice suggère que l'homme est d'abord une créature avant d'être un sujet et qu'il ne peut accéder par ses seules forces à sa propre dignité. Nous sommes tous marqués par le péché originel.
Dans quelle mesure le « politiquement correct » règne-t-il au sein de l'édition? Est-il imputable à une hégémonie culturelle de la gauche ?
Nous subissons cette hégémonie culturelle de la gauche depuis le lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. La gauche s'est affirmée sur les ruines d'une droite qui ne s'est pas remise de 1945 et qu'elle est parvenue à culpabiliser. Par ailleurs, la droite est obsédée par l'économique et commet la faute de mépriser la culture, tandis que la gauche, au contraire, a compris depuis longtemps que la dimension culturelle était un élément capital de sa conquête du pouvoir et son hégémonie s'est ancrée depuis la guerre. Aujourd'hui, nous assistons, dans l'édition, à une formidable uniformisation qui se réalise par le biais de grands groupes qui ont avalé au cours des vingt ou trente dernières années les maisons de taille moyenne. C'est le cas de la Table ronde, fondée en 1945 par Roland Laudenbach, qui fut longtemps une maison de droite affichée comme telle, ouverte et libre, parfaitement intégrée au paysage éditorial. Rachetée par Gallimard, elle a été standardisée et uniformisée. On assiste ainsi à une homogénéisation du politiquement correct : la plupart des éditeurs offrent le même type de livres, proposent le même type d'essais, défendent le même type de valeurs et l'on a fait en sorte que, progressivement, tout ce qui pouvait apparaître comme différent s'efface. Il subsiste quelques petites maisons d'édition indépendantes, comme la mienne. Je tente d'en faire un lieu de débat, où des courants auxquels on ne donne plus la possibilité de s'exprimer puissent de nouveau le faire.
Vous avez édité Richard Millet, qui a été mis au pilori. Comment se crée le consensus qui aboutit à la condamnation des auteurs «incorrects »?
Il existe dans ce pays des sujets tabous, sur lesquels on n'a pas le droit de réfléchir, ni de s'interroger. On l'a encore vérifié lorsqu'Alain Finkielkraut a publié l'Identité malheureuse : ses réflexions n'étaient pas très éloignées de celles de Millet ou de Renaud Camus. Son essai a provoqué une levée de boucliers, comme en avaient suscité la parution du livre de Richard Millet Langue fantôme, suivi de Eloge littéraire d'Anders Breivik, ou les réflexions de Renaud Camus. Dès que l'on aborde les questions de l'immigration, du communautarisme, ou que l'on réfléchit en termes de nation, on n'a plus le droit de s'exprimer et l'on est marginalisé. Ces sujets sont tabous parce qu'ils remettent en cause l'unique principe du grand marché. Pour que celui-ci puisse se développer, il faut faire en sorte de réduire la nation à néant, mettre dans la tête des gens que les frontières n'ont plus d'importance et que toutes les notions de tradition, de coutumes, d'héritage, de religion, d'ordre social, qui, liées à une histoire commune, fondent notre identité à chacun au sein d'un peuple, doivent être rejetées. C'est l'ennemi absolu de la modernité telle qu'elle se définit et veut promouvoir sa vision du monde, celle que prône la gauche, avec la complicité de la droite politique. S'y ajoute la volonté de faire advenir l'Individu intégral, car nous sommes dans l'ère de l'individualisme qui doit déboucher sur une sorte d'homme universel, c'est-à-dire sur le règne de la « mêmeté » : tout ce qui est différent est banni.
Entre culture du marché et renouveau
Dans le cas de Richard Millet, l'objectif était de le contraindre à quitter un heu de pouvoir, à savoir le comité de lecture de la maison Gallimard, le saint des saints de l'édition française. D n'était même pas besoin de lire le livre, il a suffi de s'arrêter sur une partie du titre : Eloge littéraire d'Anders Breivik. On a eu vite fait d'oublier « littéraire » pour ne retenir qu' « Eloge d'Anders Breivik », alors que les crimes de celui-ci y étaient condamnés dès les premières lignes et à quatre reprises dans un texte de 17 pages !
Malgré ce climat délétère, il existe quand même un renouveau. Je pense que si l'affaire Millet a été si violente, c'est parce que les gens qui tiennent le pouvoir culturel savent qu'ils sont en train de le perdre et deviennent minoritaires, ce qui les rend d'autant plus méchants. C'est pourquoi il importe de casser cette ligne d'uniformisation où l'on ne nous propose que les mêmes livres, la même manière de penser, les mêmes dogmes, et que, chacun à notre place, par les livres que nous publions ou par les articles qui paraissent dans des journaux où l'on peut réfléchir et s'exprimer en toute tranquillité, nous puissions montrer à une nouvelle génération qu'il existe une autre manière de penser le monde, de réfléchir et surtout de débattre. Nous arrivons peut-être à un tournant, un moment complexe où la situation peut s'inverser.
Propos recueillis par Eric Letty monde&vie mai 2014
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Vote pour le Front National, les syndicalistes aussi ?
Le journal L’Humanité a publié un sondage Ifop montrant que 33% des sympathisants FO et 22% de ceux de la CGT avaient voté Front National aux européennes. Ces résultats ont déclenché une polémique, car ils sont basés sur la notion ambiguë de “sympathisants” et non sur celle “d’adhérents”.
C’est un sondage certes ambigu mais tout de même embarrassant pour les syndicats qu’a publié le 28 mai le quotidien L’Humanité. Et ses résultats ont produit quelques vagues dans les rangs des centrales syndicales.
Réalisé par l’Ifop le jour même des élections européennes, le 25 mai, le sondage montre qu’une forte minorité de sympathisants syndicaux sont attirés par les thèses du Front National.
33% des sympathisants de FO auraient voté FN
Ceux de FO ont été les plus nombreux à voter pour le parti de Marine Le Pen à hauteur de 33%. Ce qui n’est pas, à première vue, totalement étonnant. FO a toujours été “l’auberge espagnole” du syndicalisme, ses adhérents réunissant toute la palette du champ politique de l’extrême gauche trotskiste au… Front National. Viennent ensuite l’Union syndicale Solidaires (27%), la CGT (22%) et la CFDT (17%).
Les personnes se disant proches d’un autre syndicat (CFTC, Unsa, CFE-CGC) ont voté à 29% pour le FN.
L’abstention a été moins forte chez les sympathisants de la CGT (52%), de la CFDT (45%) et de Solidaires (57%) que la moyenne nationale (58%). Les proches de FO ont boudé les urnes à 61%.
16% des sympathisants de la CFDT ont été séduits par l’UDI et le Modem.
Les sympathisants de la CGT ont choisi en premier lieu le Front de gauche (30%), cinq fois plus que sa moyenne nationale (6%). Le Front de gauche a attiré 17% des proches de Solidaires, 11% de ceux de FO et seulement 3% de la CFDT.
Sans réelle surprise, c’est parmi les sympathisants de la CFDT que le PS a réalisé son meilleur score (29%, contre une moyenne nationale de 14%). Les proches de la CGT et de Solidaires ont voté PS à 19% et ceux de FO à 15%. De son côté, EELV a attiré les sympathisants de Solidaires (17%), suivis par FO (13%), la CFDT (9%) et la CGT (6%).
Enfin, 9% des sympathisants de la CFDT, 8% de FO, 3% de la CGT et 2% de Solidaires ont voté pour l’UMP.
Des résultats embarrassants pour les syndicats
La percée du Front National a de quoi ennuyer les leaders syndicaux. FO, CGT, Solidaires et CFDT ont a maintes reprises dénoncé les idées défendues par le parti de Marine Le Pen et les mirages qu’il fait miroiter à des salariés déboussolés. La CGT n’a pas hésité à exclure des militants ouvertement engagés au Front National. La CFTC, victime de “l’entrisme” du FN a tenté, pas toujours avec succès, de faire le ménage.
Mais il n’en reste pas moins que, a l’instar du quart des français qui ont voté dimanche 25 mai, une forte minorité de sympathisants syndicaux ont été également séduits par les thèses du FN, ou, du moins, ont adressé un message de protestation aux partis traditionnels, Parti Socialiste en tête.
Un sondage ambigu basé sur la notion de “sympathisants”
Cependant, ce sondage est ambigu. Il a été réalisé auprès de “sympathisants”, un terme vague. Il ne s’agit donc ni des “militants” ni, encore moins, des “adhérents”. On peut toujours se dire “sympathisant”… sans avoir aucun engagement. C’est vrai à l’égard d’un syndicat comme vis à vis de n’importe quelle autre organisation, parti, association
D’ailleurs, l’Union nationale Solidaires (qui regroupe notamment les syndicats SUD, plutôt classés comme “radicaux” dans les entreprises) a réagi : “ Notre Union syndicale, qui a toujours exprimé de fortes réserves de manière générale face aux sondages, a demandé auprès de l’IFOP et de l’Humanité des informations complémentaires sur une méthodologie qui à l’évidence est source de marges d’erreur phénoménales”.
Alors, certes, le Front National est arrivé en tête chez les employés et ouvriers, qui forment les gros rangs des “adhérents” syndicaux. Mais d’ici à déduire, comme pourrait faire croire ce sondage et certains commentaires qui en ont été faits, qu’un quart, voire un tiers des “adhérents” des organisations syndicales votent pour le Front National, il y a manifestement un pas à ne pas franchir. Il ne s’agit là que de personnes se déclarant “sympathisants”.
http://fortune.fdesouche.com/342023-vote-pour-le-front-national-les-syndicalistes-aussi#more-342023
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Vote pour le Front National, les syndicalistes aussi ?
Le journal L’Humanité a publié un sondage Ifop montrant que 33% des sympathisants FO et 22% de ceux de la CGT avaient voté Front National aux européennes. Ces résultats ont déclenché une polémique, car ils sont basés sur la notion ambiguë de “sympathisants” et non sur celle “d’adhérents”.
C’est un sondage certes ambigu mais tout de même embarrassant pour les syndicats qu’a publié le 28 mai le quotidien L’Humanité. Et ses résultats ont produit quelques vagues dans les rangs des centrales syndicales.
Réalisé par l’Ifop le jour même des élections européennes, le 25 mai, le sondage montre qu’une forte minorité de sympathisants syndicaux sont attirés par les thèses du Front National.
33% des sympathisants de FO auraient voté FN
Ceux de FO ont été les plus nombreux à voter pour le parti de Marine Le Pen à hauteur de 33%. Ce qui n’est pas, à première vue, totalement étonnant. FO a toujours été “l’auberge espagnole” du syndicalisme, ses adhérents réunissant toute la palette du champ politique de l’extrême gauche trotskiste au… Front National. Viennent ensuite l’Union syndicale Solidaires (27%), la CGT (22%) et la CFDT (17%).
Les personnes se disant proches d’un autre syndicat (CFTC, Unsa, CFE-CGC) ont voté à 29% pour le FN.
L’abstention a été moins forte chez les sympathisants de la CGT (52%), de la CFDT (45%) et de Solidaires (57%) que la moyenne nationale (58%). Les proches de FO ont boudé les urnes à 61%.
16% des sympathisants de la CFDT ont été séduits par l’UDI et le Modem.
Les sympathisants de la CGT ont choisi en premier lieu le Front de gauche (30%), cinq fois plus que sa moyenne nationale (6%). Le Front de gauche a attiré 17% des proches de Solidaires, 11% de ceux de FO et seulement 3% de la CFDT.
Sans réelle surprise, c’est parmi les sympathisants de la CFDT que le PS a réalisé son meilleur score (29%, contre une moyenne nationale de 14%). Les proches de la CGT et de Solidaires ont voté PS à 19% et ceux de FO à 15%. De son côté, EELV a attiré les sympathisants de Solidaires (17%), suivis par FO (13%), la CFDT (9%) et la CGT (6%).
Enfin, 9% des sympathisants de la CFDT, 8% de FO, 3% de la CGT et 2% de Solidaires ont voté pour l’UMP.
Des résultats embarrassants pour les syndicats
La percée du Front National a de quoi ennuyer les leaders syndicaux. FO, CGT, Solidaires et CFDT ont a maintes reprises dénoncé les idées défendues par le parti de Marine Le Pen et les mirages qu’il fait miroiter à des salariés déboussolés. La CGT n’a pas hésité à exclure des militants ouvertement engagés au Front National. La CFTC, victime de “l’entrisme” du FN a tenté, pas toujours avec succès, de faire le ménage.
Mais il n’en reste pas moins que, a l’instar du quart des français qui ont voté dimanche 25 mai, une forte minorité de sympathisants syndicaux ont été également séduits par les thèses du FN, ou, du moins, ont adressé un message de protestation aux partis traditionnels, Parti Socialiste en tête.
Un sondage ambigu basé sur la notion de “sympathisants”
Cependant, ce sondage est ambigu. Il a été réalisé auprès de “sympathisants”, un terme vague. Il ne s’agit donc ni des “militants” ni, encore moins, des “adhérents”. On peut toujours se dire “sympathisant”… sans avoir aucun engagement. C’est vrai à l’égard d’un syndicat comme vis à vis de n’importe quelle autre organisation, parti, association
D’ailleurs, l’Union nationale Solidaires (qui regroupe notamment les syndicats SUD, plutôt classés comme “radicaux” dans les entreprises) a réagi : “ Notre Union syndicale, qui a toujours exprimé de fortes réserves de manière générale face aux sondages, a demandé auprès de l’IFOP et de l’Humanité des informations complémentaires sur une méthodologie qui à l’évidence est source de marges d’erreur phénoménales”.
Alors, certes, le Front National est arrivé en tête chez les employés et ouvriers, qui forment les gros rangs des “adhérents” syndicaux. Mais d’ici à déduire, comme pourrait faire croire ce sondage et certains commentaires qui en ont été faits, qu’un quart, voire un tiers des “adhérents” des organisations syndicales votent pour le Front National, il y a manifestement un pas à ne pas franchir. Il ne s’agit là que de personnes se déclarant “sympathisants”.
http://fortune.fdesouche.com/342023-vote-pour-le-front-national-les-syndicalistes-aussi#more-342023
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Fronde à l'UMP contre le triumvirat
Lu ici :
"L'installation du triumvirat Fillon-Raffarin-Juppé à la tête de l'UMP, mardi 27 mai, n'a pas franchement respecté la "loi interne" du parti, et certains cadres de l'UMP s'apprêtent, selon les informations du Lab, à pousser un sérieux coup de gueule contre le non-respect des statuts du parti, votés il y a tout juste un an. Une explication qui pourrait intervenir mardi 3 juin, lors du prochain bureau politique du parti."
Quelque chose me dit que l'on n'a pas fini de s'amuser.
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60 ans après Dien-Bien-Phu et la Toussaint rouge, les armées vietnamiennes et algériennes sur les Champs-Elysées le 14 juillet?
La même rumeur avait été démentie en 2011 et 2012. Mais cette année, la nouvelle semble s'appuyer sur des faits crédibles comme le soulignent Boulevard Voltaire, Secours de France et cette lettre de Gilles Bonnier, chargé de mission aux relations publiques de la Fondation de Lattre.
Une vieille rumeur devenue réalité en 2014 et gardée bien secrète?
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Plus de pilote à bord de la Ve République…
Depuis quarante-huit heures, les événements se précipitent et le régime est entré dans une crise profonde qui atteint à la fois l’exécutif et les deux principaux partis du pays légal, si bien que les institutions de la Ve République ne semblent fonctionner que par habitude, à leur rythme de croisière mais sans plus aucun pilote à bord.
La majorité n’est plus majoritaire, l’opposition parlementaire explose sous l’effet de ses malversations au lendemain d’un résultat électoral décevant pour elle et le président de la République continue de faire semblant d’exister, coincé qu’il est entre un peuple français qui n’a plus confiance en lui et une Allemagne autoritaire qui codirige l’Europe avec Bruxelles et conduit donc, compte tenu des différents traités adoptés depuis 2008, la politique de la France.
Quant au Premier ministre, il semble, huit semaines seulement après avoir été désigné à ce poste, avoir atteint son niveau d’incompétence le soir même des résultats, dans une apostrophe aux Français aussi grandiloquente qu’inutile : il n’est pas question, pour lui, de changer de politique mais seulement de chercher à en accélérer les résultats alors qu’on sait d’ores et déjà qu’ils seront nuls pour la croissance et donc pour l’emploi. [...]
François Marcilhac - La suite sur Boulevard Voltaire
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Plus-de-pilote-a-bord-de-la-Ve
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Partout, l’Etat démissionne…
Quand un État renonce à exercer son autorité sur les crapules, alors cet État se destine lui aussi au désastre.
Que le football vous inspire ou vous afflige, peu importe. Dans deux semaines, et pour un mois, les capitales européennes vivront à l’heure brésilienne. Sur leurs plus grandes places, elles s’apprêtent à retransmettre les matches sur écrans géants, permettant à des milliers d’amoureux du ballon rond de communier autour de leurs équipes nationales. A chaque fois, se seront des joies, de l’exaltation, des embrassades, des flots de drapeaux en furie, mais aussi, selon l’évolution des scores, des sentiments et des ambiances strictement opposés.
Il y a toutefois une exception. Une capitale, une seule, sera privée d’écrans géants : Paris. En effet, la préfecture de police a décidé qu’il était prudent de ne pas prendre le risque de voir se reproduire les pillages commis l’an dernier au Trocadéro, lorsque le PSG y fêta son titre.
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Alain de Benoist : Pourquoi la gauche a perdu le peuple et pleure son hégémonie culturelle défunte
Trois jours après les résultats des élections européennes qui ont fait du Front national le premier parti politique de France. Alain de Benoist analyse la révolution silencieuse en cours.
Éléments : « Séisme », « tempête », « tremblement de terre », « ouragan », « tsunami », « éruption volcanique », etc. Les hommes politiques et les médias ont rivalisé d'hyperboles catastrophistes pour annoncer le score du Front national aux élections européennes.
Alain de Benoist: En matière de vocabulaire, notre époque pratique la montée aux extrêmes pour cause d’usure des mots. Vous vous souvenez sans doute qu’après la mort de Michael Jackson, Stéphane Heyssel ou Nelson Mandela (rayer la mention inutile), on nous expliquait déjà que « rien ne serait plus comme avant ». Le scrutin des élections européennes n’est évidemment pas un « choc à l’échelle du monde », mais il est à coup sûr un choc à l’échelle du microcosme politicien. C’est même une date historique : le Front national surclasse pour la première fois tous ses concurrents, tandis qu’à l’échelle de l’Europe on enregistre une poussée prévisible, mais néanmoins sans précédent, de populisme et d’euroscepticisme. Beaucoup s’en affolent ou s’en indignent. À l’indignation ou à l’affolement, ils devraient préférer l’analyse.
Éléments : Entre abstention et rejet, les Français ont dit non à l'Union européenne. Comment expliquez-vous l'inefficacité tous bords politiques des discours pro-européens (« L'Europe, c'est la paix », « La France puissance moyenne », etc. ), voire leurs effets répulsifs auprès des électeurs ?
Alain de Benoist: Parce que ces discours ne sont tout simplement plus crédibles. Quand ce qu’on dit aux gens contredit en permanence ce qu’ils peuvent constater par eux-mêmes, les discours ne passent plus. Ils sont usés, ils ne manifestent plus qu’un déni de réalité. On le voit tout aussi bien avec l’épuisement des rengaines et des mantras sur la « vigilance » et le « cordon sanitaire », les « heures les plus sombres » et le « retour aux années trente », tous refrains paresseux relevant d’un antifascisme fictif dont le seul effet a été d’installer durablement le FN au centre de la scène politique. Bel exemple d’hétérotélie !
Éléments : Malgré les souffrances des peuples et les scores des partis populistes, le système européen ne changera pas de trajectoire. Dès l'annonce des résultats, Jean-Claude Juncker a reconnu qu’il n’y avait pas d’autres solutions qu’une coalition entre le centre droit (PPE) et le centre gauche (S&D). L'Europe est-elle condamnée à choisir entre un social-démocrate allemand et un chrétien-social luxembourgeois ?
Alain de Benoist: Le système ne changera pas de trajectoire parce qu’il ne peut pas en changer. C’est précisément en cela qu’il constitue un système. Les débats que l’on a pu entendre au soir du scrutin témoignent qu’il en va de même de la Nouvelle Classe politico-médiatique. Au-delà de leur comique involontaire, ils montrent l’incapacité des élites à prendre en compte les demandes du peuple, tout simplement parce que cette notion de peuple ne correspond pour eux à rien. Ils voient bien qu’il y a des gens mécontents. Ils se demandent à qui la faute, ils se renvoient les responsabilités. Mais il n’y en a aucun pour s’interroger sur le bien-fondé de ces demandes, parce qu’ils ne peuvent pas imaginer qu’elles renvoient à autre chose qu’à de la bêtise franchouillarde ou de la malignité perverse. Mieux encore, tout ce qu’ils proposent c’est d’aller encore plus loin dans ce qui ne cesse depuis des années de provoquer leur rejet. Il faut réconcilier le centre droit et le centre gauche, dit Juncker. Il faut se rapprocher du centre pour faire nombre, disent les caciques de l’UMP. Il faut constituer un gouvernement d’union nationale – c’est-à-dire un gouvernement « UMPS » – hoquette le grand délirant Bernard-Henry Lévy. En d’autres termes : montrons plus encore que nous pensons fondamentalement la même chose, montrons plus encore que rien ne nous sépare et qu’aucun d’entre nous ne représente une alternative par rapport aux autres ! Et l’on s’étonne que le FN apparaisse, à tort ou à raison, comme l’ultime espoir de changement ?
Éléments : Au vu des résultats des élections européennes, quels messages les Français ont-ils voulu faire passer ? Pensez-vous comme Florian Filippot, le vice-président du Front National que les Français ont exprimé un « vote d'adhésion à la souveraineté nationale » ?
Alain de Benoist: Florian Filippot voit midi à sa fenêtre. Bien sûr que les Français sont attachés à la souveraineté de leur pays – c’est-à-dire à un souvenir –, mais leur protestation est beaucoup plus large, elle va beaucoup plus loin. C’est une défiance tous azimuts qui s’est exprimée dans leur vote. Ils se défient des politiciens, des journalistes, des médias, des institutions. Ils se défient du « monde d’en-haut », qui s’est définitivement déconnecté du monde d’en-bas dans lequel ils vivent. Ils se défient de tout, ils ne croient plus personne. C’est cela qui permet de prendre la pleine mesure du moment historique. Ceux qui sont en bas ne veulent plus, ceux qui sont en haut ne peuvent plus. C’est en de telles périodes que s’annoncent les grandes ruptures.
Éléments : Au cours de la soirée électorale, la présidente du Front national Marine Le Pen annonçait une « recomposition de la vie politique », pendant qu'au même moment François Bayrou déplorait, lui, une « décomposition de la vie politique française». Au détriment de qui ?
Alain de Benoist: Le système électoral français favorise, on le sait, un bipartisme qui a lui aussi atteint ses limites, puisqu’il ne reflète plus les rapports de force réels ni l’état de l’opinion. Le succès du FN aux européennes confirme ce qu’avaient laissé prévoir les municipales, à savoir que ce bipartisme est en place d’être remplacé par un tripartisme (FN-UMP-PS). Du moins en attendant les présidentielles de 2017, qui verront peut-être l’émergence d’un nouveau bipartisme si, comme il faut le souhaiter, le parti de l’infâme Sarkozy se discrédite définitivement.
Éléments : Avec moins de 14 % des suffrages exprimés (13,98 %), la faiblesse du score du parti socialiste est sans équivalent depuis un demi-siècle, d'autant qu'elle n'est pas compensée par un sursaut d'une autre liste de gauche. Désemparé, Jean-Luc Mélenchon a appelé les travailleurs à se ressaisir : « Va, la France. Va, ma belle patrie. Allez les travailleurs, ressaisissez-vous ». La gauche va-t-elle disparaître ?
Alain de Benoist: J’ai entendu l’intervention de Jean-Luc Mélenchon. Je l’ai trouvée respectable, et même émouvante. Mélenchon est le dernier grand orateur français. Il est excessif, il est emporté, mais tout ce qu’il dit n’est pas faux. Il lui reste à se demander pourquoi le Front de gauche, qui devrait être le premier à recueillir les voix de la désespérance sociale, ne parvient pas à marquer plus de points. Pourquoi est-ce l’autre Front qui mobilise les classes populaires (43 % du vote ouvrier), jusqu’à conquérir les uns après les autres tous les anciens bastions de l’électorat socialiste et communiste ? Pourquoi les classes populaires qui s’indignent de la dérive libérale du PS n’entendent-elles pas l’appel de Mélenchon ? Et comment le parti socialiste peut-il continuer à gouverner alors qu’il ne représente plus que 6 % de l’électorat ? La vérité est que la gauche a perdu le peuple. Et qu’après avoir perdu le peuple, elle est en passe de perdre aussi son hégémonie culturelle. C’est le fond même de la révolution silencieuse à laquelle nous sommes en train d’assister. Tout le reste découle de cela.http://blogelements.typepad.fr/blog/2014/05/alain-de-benoist-gauche-peuple-hegemonie-culturelle.html
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L’idée d’une démission de Hollande fait son chemin
Deux défaites électorales, à chaque fois plus sévères, et des sondages qui ne cessent de baisser, Hollande n’est plus l’homme réconciliateur incontournable. Selon le PS, les élections européennes étaient sauvées à 15%… Le PS a fait 13%, le tout avec un fort score du FN. Il y a de quoi provoquer un séisme politique au sein du parti et tous les regards se tournent vers Hollande. Le tout est accentué par la réponse inappropriée du président dans une allocution insipide où il a déclaré en filigrane qu’il avait compris la colère des Français mais qu’il ne changerait rien à sa politique. Ce n’est pas étonnant que certains, au sein du parti socialiste, se posent des questions sur la personne de Hollande. Cependant, ils n’iront pas jusqu’à demander sa démission car ce serait une catastrophe pour le parti et ils ne veulent pas en prendre le risque. Mais pour l’heure, plus personne ne le veut pour candidat en 2017 et selon un dernier sondage, c’est ainsi pour les Français en général (3% à peine souhaient sa candidature) mais aussi les sympathisants socialistes en particulier (15%).