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PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) - Le 28 juin 1973, il y a donc exactement 40 ans, le mouvement nationaliste Ordre Nouveau était dissous sur décret du gouvernement. Les circonstances de cette dissolution ne sont pas sans rappeler l’actuelle « affaire Méric », dont la mort a servi de prétexte à l’actuel gouvernement pour dissoudre un certain nombre d’organisations nationalistes, alors que les antifas sont les agresseurs.
Le 21 juin 1973, Ordre Nouveau tenait meeting au Palais de la Mutualité, ceinturé pour la circonstance par les forces de l’ordre. Les hommes de main de la Ligue communiste, une organisation paramilitaire dirigée par Alain Krivine, se lancèrent alors à l’assaut du Palais.
A la fin de la soirée, on releva plus de quatre-vingt blessés parmi les policiers. Bien qu’Ordre Nouveau ne fût strictement pour rien dans ces violences, le ministre de l’Intérieur de l’époque, le gaulliste Raymond Marcellin décida la dissolution de l’organisation. Dans ce cas, pour faire bonne mesure, Marcellin dissoudra également la Ligue communiste, laquelle se reconstituera très officiellement deux mois plus tard sous le nom de « Ligue communiste révolutionnaire » (LCR), avec toujours à sa tête les Krivine, Habel, Weber, Franck, Bensaïd…
De l’importance de s’émanciper des programmes scolaires
L’enseignement est sans aucun doute, avec les médias de masse, un des meilleurs relais de l’idéologie dominante. Les programmes scolaires, drapés dans l’objectivité républicaine, permettent de distiller dans les esprits les plus jeunes des « acquis » clôturant par avance certains débats, imposant certaines vérités.
L’actuel ministre de l’Éducation Vincent Peillon s’est parfaitement illustré dans cet exercice, avec sa proposition de « cours de morale laïque » (devenu depuis morale « civique » pour rendre la ficelle moins grosse) [1], ou encore avec l’arrivée discrète d’une documentation à l’attention des enseignants visant à promouvoir la théorie du genre, sous sa forme la plus absolue, en vue d’une adoption générale dans les programmes [2].
La géopolitique et la question de la gouvernance mondiale sont elles aussi des sujets à travers lesquels la pensée unique s’impose, pas à pas, via les postulats établis et le vocabulaire employé. Dans les documents servant de ressources pour l’enseignement [3], la mondialisation économique et l’accroissement des interactions géopolitiques sont présentés par des réalités factuelles et statistiques qu’on ne saurait certes contester. Cependant, en ce qui concerne les causes, la mondialisation et toutes ses caractéristiques sont présentées comme un phénomène endogène, une voie historique inévitable. Assez logiquement, la question de la gouvernance mondiale est alors approchée comme une « nécessité » indiscutable, pour assurer des relais au marché et le réguler.
Les auteurs cités, qu’ils soient des défenseurs du libéralisme ou inspirés par la tradition « interventionniste » (Stiglitz, Krugman, ou le fondateur d’ATTAC Liêm Hoang-Ngoc, aujourd’hui député européen PSE, etc.) auront en commun de considérer l’État-nation comme enterré, au profit du « laisser faire » ou de structures de régulation d’échelles supranationales.
L’avenir de la gouvernance se trouverait donc dans les firmes internationales, garantes de l’optimisation des ressources, les ONG, garantes d’une démocratie participative, le G20, garant d’un pouvoir multilatéral, ou l’Europe, garante des intérêts occidentaux…
En bref, tous les débats existant autour de la légitimité de la gouvernance mondiale et de son caractère irrémédiable sont ainsi évincés de l’enseignement. Ainsi, toute défense de l’intérêt national bien compris est reléguée au niveau de passéisme ringard. On notera d’ailleurs que l’apprentissage de l’histoire de France s’est vu récemment considérablement élagué, tout comme celui de la langue française [4]. Ces phénomènes trouveront sans aucun doute une continuité dans la politique de Vincent Peillon, qui déclare par exemple souhaiter « alléger » les programmes du primaire [5].
L’enseignement contemporain présente le monde comme les tenants du pouvoir souhaitent qu’il soit vu. Sur ces bases, il est primordial de s’intéresser aux travaux exclus par l’école de la République. Après quelques lectures réellement alternatives, la très « démocratique » gouvernance mondiale qui nous avait été promise prend alors un tout autre visage.
Léon Saint-Quay http://www.egaliteetreconciliation.fr
Notes
[1] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/22/01016-20130422ARTFIG00557-peillon-revoit-a-la-baisse-sa-morale-laique.php
[2] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/05/28/01016-20130528ARTFIG00664-la-theorie-du-genre-s-immisce-a-l-ecole.php.
[3] Comme par exemple ce document de ressource pour traiter la question de la gouvernance mondiale en terminale L : http://cache.media.eduscol.education.fr/file/DGEMC/33/8/DGEMC_Une_gouvernance_mondiale_Fiche_Eduscol_220338.pdf
[4] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/08/24/01016-20120824ARTFIG00298-qui-veut-casser-l-histoire-de-france.php
[5] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/02/14/01016-20130214ARTFIG00736-vincent-peillon-veut-alleger-les-programmes.php
(Photos)
Une quarantaine de véhicules ont défilé dans les rues de Marseille et sur le Vieux Port pour demander la libération de Nicolas, prisonnier politique embastillé « pour l’exemple ». Plusieurs milliers de tracts ont été distribués aux passants. Compte tenu du silence des media, beaucoup ignoraient qui était Nicolas et pourquoi il était en prison. Information reçue 5/5 par de nombreux marseillais qui ont manifesté leur solidarité.
Il y en a des choses qui se passent sous le radar médiatique. Tenez, par exemple, le mouvement des veilleurs. J’en ignorais tout, jusqu’à un matin de cette semaine, j’ai oublié lequel, où en traversant comme à mon habitude la Place Vendôme pour rejoindre mon bureau, j’ai observé une poignée d’hommes et de femmes debout devant la Chancellerie. Tous regardaient dans la même direction et semblaient attendre on ne sait trop quoi. Quelque chose d’indicible les unissait et pourtant ils étaient à distance les uns des autres et ne se parlaient pas. Etonnée, j’ai tapé "Place Vendôme" sur Twitter en arrivant au bureau et j’ai découvert que c’était des veilleurs. Si j’ai bien compris, ils s’inscrivent dans la lignée de la Manifestation pour tous, mais protestent également contre la condamnation de l’un des leurs, prénommé "Nicolas". Toujours sur Twitter, j’ai découvert que ce mouvement ne se se limitait pas à la Place Vendôme. Il y avait d’autres Veilleurs, devant le Palais de justice, sur le trottoir en face de l’Elysée, Place de la République…Mieux, les veilleurs s’organisaient aussi en province et même en Europe. J’ai donc cherché sur Google des articles. Il y en avait dans la presse quotidienne régionale, mais rien au niveau national, et rien donc, concernant Paris. Que les habitants des régions me pardonnent, je ne suis pas responsable de l’excessive centralisation de notre pays et ne m’y associe d’ailleurs aucunement. Mais c’est ainsi. Si la presse nationale ne relaie pas ce qui se passe à Paris, la capitale devient alors sourde et muette. Surtout si même le Parisien se tait.
20 veilleurs, 10 cars de police
Mercredi soir, j’ai entrainé avec moi un copain sur la place. Tu vas voir, lui dis-je, toi le subversif, le rebelle, l’insoumis, le provocateur, tu vas aimer. Il ignorait tout de l’affaire bien qu’il passe ses journées à s’informer sur Internet, au point qu’il en sait plus que moi sur l’actualité et sur tout d’ailleurs alors qu’il n’est pas journaliste. Nous étions en voiture. Un policier en mobylette nous a interdit l’accès à la place. Il faut dire qu’une colonne de cars de CRS (ou de gendarmes, je ne les différencie pas) commençait à l’investir et que notre minuscule véhicule s’était faufilé avec insolence dans le convoi. Nous faisions désordre. Surtout que mon subversif camarade faisait de grands gestes aux conducteurs des camions, tantôt pour les sommer de se pousser, tantôt pour se foutre ouvertement de leur gueule. L’animal est ingérable et je commençais à avoir des sueurs froides. "Je veux voir ça me lance-t-il, tout en se garant d’un coup de volant enthousiaste dans une place miraculeusement libre rue St Honoré. Et nous voici bondissant du véhicule pour nous jeter au coeur de l’événement. Les CRS commençaient à descendre des cars, équipés en robocop, certains étaient allongés sous un camion, visiblement embarrassés par une panne. Subversif Premier, remonté comme un coucou suisse par cette adrénaline de terrain de guerre, a commencé à interpeler les forces de l’ordre avec son ironie habituelle sur le thème classique "vous n’auriez pas mieux à faire ailleurs". Fort heureusement, avec sa queue de cheval et son look globalement étrange, ils l’ont pris pour un SDF aviné et ne lui ont opposé qu’un souverain mépris. "Ah ben il est en forme celui-là" ai-je même saisi au vol, ce qui ne m’a rassurée qu’à moitié sur l’issue de notre équipée sauvage. Il est vrai qu’ ils n’étaient pas venus pour lui, mais pour les Veilleurs, dont à l’évidence mon camarade agité ne pouvait faire partie. Ceux-là avaient investi la place. Ils se tenaient debout, espacés les uns des autres de quelques mètres. Bien alignés. Silencieux. Immobiles. Ils étaient à peine une vingtaine. Face à eux, dix cars de CRS. Quelques touristes italiens se sont approchés d’un CRS pour savoir de quoi il retournait. Je n’ai pas entendu sa réponse. Il régnait une ambiance étrange. Tant de policiers sur équipés pour si peu d’hommes et de femmes debout et silencieux. Et au nom de quelle loi ? Les réponses officielles ne sont guère convaincantes. J’ignore la suite. Attrapant mon provocateur ami par la manche, je l’ai sommé d’arrêter ses âneries et nous sommes partis. Doté d’un instinct très sûr du rapport de force, je crois qu’il avait compris tout seul qu’il ne fallait pas chauffer davantage les policiers.
Une marée silencieuse
Les veilleurs étaient encore là jeudi et vendredi Place Vendôme. C’est comme une marée. Ils sont quelques uns le matin, plus nombreux à midi, puis la vague reflue et ils reviennent le soir. Toujours debout, silencieux, immobiles. C’est incroyable comme leur attitude attire l’attention. Quand tout le monde marche du fameux pas pressé du parisien, ils s’arrêtent. Au milieu du bruit et de la fureur de la capitale, ils se taisent. Absolument. Non seulement ils ne parlent pas (et encore moins ne crient), mais ils n’arborent ni pancarte, ni tee shirt siglé, ni quelque message écrit que ce soit. C’est le silence absolu. Ils sont juste là, immobiles, troublants de détermination. Ne cherchez pas d’articles de presse sur les Veilleurs de la Place Vendôme ou d’ailleurs à Paris. Il n’y en a pas. La cause n’est pas juste, médiatiquement parlant. Le silence et l’immobilité ne font pas de bons sujets. Ils n’ont pas de leaders (en tout cas à ma connaissance) pour organiser des conférences de presse. Sans image et sans discours, il n’y a pas de sujet possible pour les journalistes. En ce sens, les veilleurs sont profondément subversifs. Si un artiste les croise, quelque part à Paris, je l’invite à s’arrêter et à regarder. C’est un spectacle fascinant. Il suffirait que leur cause soit à la mode pour que les médias du monde entier les observent avec émerveillement. Seulement voilà, on ne regarde jamais que ce que l’on veut bien voir.
Vous avez dit justice ? On est en droit, si j’ose dire, de poser la question quand on sait les résultats que peuvent offrir certains jugements. Pourtant celui qui vient d’être rendu ce jeudi 27 juin 2013 n’a pas été fait à la va-vite comme pour notre pauvre Nicolas. Non il s’agit d’un jugement avec convocation deux mois après les faits reprochés, puis avec un bon mois de réflexion pour les attendus.
Le prévenu n’en menait pas large, bien que son avocat ait été brillant pour défendre sa cause. Sans minimiser les talents de la défense, faut dire qu’à part les trois chefs d’accusation, le dossier du juge était bien vide. Alors ! pourquoi cette inquiétude ? Pensez, faisant foin des arguments opposés, le Procureur, dans son ire républicaine contre les affreux nervis de LMPT (traduisez La Manif Pour Tous) avait requis pas moins de six mois fermes. Il faut reconnaitre que les griefs sous-jacents contre l’ignoble inculpé de 26 ans ne manquent pas.
Car enfin, un homme marié à une femme, père de deux enfants fruit de leur amour, catholique croyant pratiquant, diplômé de philosophie à l’IPC, détenteur d’un Master II en sciences sociales, ne peut qu’être un Français de la pire espèce, suspect dès lors au regard des gens « normaux » comme le Président. Les séides de la force publique lui avaient donné un avant goût de l’attention qu’on lui portait. Menotté par quatre malabars de la BAC (forme nationalisée du SAC), passé à tabac entre deux cars, jeté sans ménagement dans une cellule d’où on ne le sort qu’au bout de quatre heures pour interrogatoire et lui signifier sa garde à vue. Tant de zèle déployé lui valait d’être inquiet de la suite. Elle est énorme !
Le jour « J » le juge a prononcé son verdict tant redouté :
Nullité de la garde à vue. Bon !
Aucune incidence sur le casier judiciaire. Fort bien !
Deux mois de prison avec sursis. Pardon ?
250 euros d’amende. Quoi ?
Comme dirait un des frères de l’acquitté-coupable-mais-pas-vraiment, « tu n’as rien fait, mais ne t’avise pas de recommencer !... »
Je fais mienne l’exclamation de Monsieur Sacha Guitry quand il fut jeté arbitrairement en prison « …. C’est cela la justice ? C’est ça la démocratie républicaine ? C’est ça l’intelligence Française…. ? »
Il serait temps que nous commencions à orner le mur des salauds, pour cela je propose qu’on prenne comme support la muraille de Chine dans un premier temps.
François Dejouy http://www.actionfrancaise.net
La démocratie, en France, en Europe, dans le monde arabe, a fait naitre de grands espoirs, dont celui d'une liberté d'opinion et d'expression. Mais le pouvoir reprend d'une main ce qu'il donne d'une autre : légitimé par le peuple, il prétend s'en affranchir, et toute ses décisions deviennent expression de la souveraineté du peuple – et donc incontestables : qui les conteste devient ennemi de la démocratie.
Le sophisme est énorme qui voit des institutions se réfugier derrière la lettre des codes légaux pour mieux nier l'esprit des lois, et ne pas hésiter à brimer les libertés qu'elles sont censées servir et défendre. En France, en Suède, en Turquie, le peuple se révolte et la réponse est la même : une police qui provoque, un pouvoir qui autorise un usage immodéré de la force. Le Conseil de l'Europe s'en émeut, et la France fait partie des pays où les droits de l'homme sont menacés. Le Parti socialiste se réjouit de la libération des Femen (http://www.parti-socialiste.fr/communiques/liberation-des-femen-europeennes) mais le PS entend bien garder Nicolas en prison. Il fait la leçon au Premier ministre Erdogan, qui "refuse d'écouter le peuple turc" et "fait le choix de l'épreuve de force" (http://www.parti-socialiste.fr/communiques/place-taksim-ergodan-choisit-la-crise) mais le PS appelle à réduire au silence les “groupuscules” qui ne veulent pas du mariage gay. Le PS "appelle au dialogue pour que les aspirations démocratiques qui s'expriment dans la rue soient entendues", mais c'est en Turquie : en France, l'ordre socialiste doit régner, la liberté d'expression peut aller prendre ses quartiers ailleurs et la rue ne sera pas écoutée. Le conseil de l'Europe appelle au respect de la démocratie, et demande que les gouvernements apaisent plus qu'ils n'attisent, défendent plus qu'ils n'attaquent. Nous ne pouvons que souscrire à des vœux si raisonnables, et espérer que le gouvernement et son parti entendront les voix européennes à défaut d'écouter les voix françaises.
ONLR !
Journaliste et écrivain, de formation maurrassienne, membre fondateur du Front National, jean Bourdier a été rédacteur en chef de « Minute », de « NationalHebdo » - dont il a été aussi éditorialiste - et membre fondateur du défunt mensuel « Le Choc du mois ». Nous l'avons rencontré pour nous entretenir avec lui de l'importance du combat culturel dans la prise du pouvoir politique.
Le "politique d'abord" cher à Maurras ne s'oppose-t-il pas au nécessaire combat culturel ?
J.B.: Je pense que, si le « politique d’abord » garde toute sa valeur et tout son sens, le combat culturel est inclus dans le combat politique. Maurras et L'Action française ont toujours d'ailleurs agi conformément à ce principe, ainsi qu'en témoignent, entre autres, leurs campagnes pour la reconquête de l'Université française et pour un enseignement de l'histoire plus conforme à la vérité que celui emprunté à Michelet par les « hussards noirs de la République ». Or, si l'on part du principe que le combat culturel représente une des formes obligées du combat politique, la question de la primauté cesse de se poser. Elle est simplement à remplacer par la question de la "priorité" et là, la réponse ne peut être dictée que par les circonstances ; on ne parle plus stratégie, mais tactique. Une remarque s'impose quand même : le monde culturel est beaucoup plus gangrené qu'il ne l'était avant la deuxième guerre mondiale - on voit, par exemple, des remises en cause qui n'auraient pu être envisagées dans les années vingt ou trente et l'on assiste souvent, de la part de prétendues élites politiques ou littéraires, à une capitulation en rase campagne consistant à accepter les postulats mis en place par les adversaires de la société et de la civilisation françaises. Cela suffit à nous confirmer que la bataille culturelle est un combat de première ligne.
Comment définissez-vous la notion de « pouvoir culturel » ?
J.B.: Je n'aime pas beaucoup ce terme de "pouvoir culturel" qui a, pour moi, une déplaisante consonance totalitaire, hitlérienne ou stalinienne, ce qui à mes yeux revient strictement au même. Il ne faut pas oublier que, pour nous, le combat culturel est avant tout une guerre de libération. Nous devons débarrasser la France de toutes les charges piégées déposées par l'adversaire, éliminer le conformisme freudo-marxiste qui s'est imposé dans notre pays et permettre aux voix françaises de s'exprimer librement dans la presse comme dans l'édition, au cinéma comme à la radio et à la télévision. Mais il ne s'agit pas de remplacer une dictature intellectuelle par une autre ou même un confort intellectuel par un autre. S'il est un domaine où le principe "le moins d'Etat possible" est valable, c'est bien celui de la culture. Si, par le plus grand des hasards, on me créditait du pouvoir absolu en France, l'un de mes premiers soins serait de supprimer le ministère de la Culture avec son cortège d'arbitraire, de copinage, de gabegie et subventions abusives. Les seuls devoirs de l'Etat en ce domaine sont l'entretien du patrimoine national - ce qui est déjà une lourde tâche si on veut l'accomplir sérieusement - et la défense de notre langue et de notre civilisation dans les organismes d'enseignement ou d'information dépendant de lui. Ainsi, par exemple, l'Etat pourrait et devrait obliger les journalistes des chaînes de télévision qui lui appartiennent à parler français. En revanche, il n'a pas à financer des pièces ou des troupes de théâtre "d'avant-garde", à avancer de l'argent - jamais remboursé - à des producteurs de cinéma sans spectateurs ou à subventionner de pseudo-organisations antiracistes. Au lieu d'un ministère de la Culture, les Britanniques ont un secrétariat à l'Héritage, titre que je trouve assez joli mais je crois qu'un service du ministère de l'Education nationale ferait aussi bien l'affaire. La France n'a pas besoin d'un Dr Goebbels. Le "pouvoir culturel", si l'on doit employer cette expression, ne peut être que le résultat d'un consensus. Si l'on débarrassait simplement le terrain des farceurs et des agents de propagande, il ne tarderait pas, le bon sens des Français aidant, à exister.
La prise du pouvoir politique peut donc se faire sans avoir préalablement repris le pouvoir culturel ?
J.B.: Bien sûr, Hitler, dont il ne faut pas oublier qu'il est arrivé initialement au pouvoir à travers des élections, en est un exemple frappant. Le pouvoir culturel était totalement entre les mains de la République de Weimar, et cela n'a strictement rien empêché.
Où en est notre camp dans la prise en compte du combat culturel ?
J.B.: S'il y avait une recette miracle, je serais ravi de vous la donner. On ne peut, à cet égard, que prêcher les vertus classiques que sont le courage et la persévérance. Mais il faudrait aussi qu'au sein du camp auquel nous appartenons - ce camp qui est simplement celui de la France - plus de gens se rendent compte de l'importance de l'action culturelle et lui apportent un beaucoup plus grand soutien, entre autres financier. il faut des journaux, des maisons d'édition, des radios et des écoles et, pour cela, il faut de l'argent, beaucoup d'argent.
On peut donc parler d'une guerre culturelle ?
J.B. : II s'agit moins hélas d'une guerre culturelle que d'un terrorisme intellectuel. Le but de l'adversaire était de nous interdire l'accès aux moyens d'expression capables de toucher le grand public, et force est de reconnaître que, la lâcheté ambiante aidant, il y est largement parvenu.
Comment va évoluer cette guerre culturelIe ?
IB. : Elle ne peut que s'intensifier et prendre l'aspect d'une guerre totale. La guerre totale est ce qui se produit habituellement lorsque ce ne sont pas non seulement deux Etats qui s'affrontent, mais deux visions du monde. Or, c'est bien ce qui se produit actuellement. L'affrontement de la pensée nationaliste et de la pensée mondialiste, de la pensée traditionnelle et de la pensée pseudo-progressiste se traduit immédiatement en termes de guerre culturelle.
Il n'y a donc aucune haine dans vos propos ?
J.B. : Bien sûr que non. Les autres cultures sont, au contraire, des alliées naturelles. Elles sont d'ailleurs comme la nôtre, menacées et en état de lutte pour leur survie. L'ennemi, ce ne sont pas les autres cultures, c'est ce qui tend à les détruire toutes, pour arriver à l'avènement d'un monde uniforme, sans relief, sans saveur et où l'on ne verra plus une idée dépasser.
Comment voyez-vous évoluer la situation ?
J.B. : Là encore, ce n'est pas l'Amérique qui est un adversaire. C'est une certaine mégalomanie dictatoriale américaine - et ce sont surtout les "américanolâtres" qui hantent nos vieux pays d'Europe, et voudraient nous transformer en caricature d'une société aux puissants moyens industriels mais à l'identité intellectuelle terriblement fragile. Sur le plan littéraire et artistique, par exemple, les Etats-Unis sont restés - avec des résultats parfois brillants une colonie anglaise jusqu'à l'orée du XXe siècle. ils ont ensuite connu un essor culturel qui leur était beaucoup plus propre. Puis, à partir des années soixante et soixante-dix, on a commencé à assister à une terrible régression traduite de façon frappante par une destruction du langage. il est amusant de constater que c'est au moment où des américanismes douteux, souvent relayés par des publicitaires analphabètes, menacent notre langue, que celle de notre agresseur est en passe de se dévoyer au point de disparaître. De même, c'est au moment où, de Bush à Clinton, les Etats-Unis tendent à se vouloir le gendarme du monde et l'incarnation du « nouvel ordre mondial » qu'ils se trouvent directement menacés de perdre leur identité nationale, après avoir perdu leur identité culturelle. L'Histoire a souvent de cruelles ironies.
Propos recueillis par François Delancourt : Français d'abord! - 2' quinzaine mai 2000
Alors qu’un visuel des Hommen critiquant Hervé Mariton crée la polémique sur Twitter, Nouvelles de France a interrogé Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps français. Extraits :
"Hervé Mariton a été le fer de lance politique de l’opposition au mariage gay. Il a donc une responsabilité très grande dans la suite de la mobilisation. En annonçant qu’il célébrera des mariages, il devait bien sûr s’attendre à des réactions. La déception que nous ressentons est proportionnelle à son engagement durant tout le débat. Il donne un signe fort d’abandon, et les Hommen le font remarquer. Notre devise est « On Ne Lâche Rien ». C’est exigeant mais c’est le prix à payer pour la victoire de nos idées. Dès lors qu’on lâche à moitié, c’est qu’on lâche tout. Je rends hommage aux Hommen d’appuyer là où cela fait mal. Ils lèvent les tabous. Ils savaient qu’ils susciteraient des réactions. Ils ont osé. Bravo. Je comprends que cela crée un débat, en revanche, je ne comprends pas la violence de certaines réactions. Décidément, notre pays est bien malade et le « politiquement correct » a fait bien des dégâts… et pas seulement chez nos opposants !
[...] Cette loi n’est pas légitime, il ne faut pas l’appliquer. La désobéissance civile s’impose. Nous demandons à nos hommes politiques d’être des modèles et d’aller au bout de leurs convictions. C’est la seule chose qui permettra que le peuple ait à nouveau confiance en ses élus. C’est aux actes que l’on peut juger celui pour qui l’on va voter, pas aux paroles. Ne soyons pas dans la compromission. [Lire la suite]"
"Papa, Maman, je suis Hommen !
Il y a maintenant un an et un mois, un homme a été élu Président de la République. Cet homme avait un programme. Notre erreur fut de ne pas avoir examiné ses propositions suffisamment attentivement et de n’avoir pas réagi lorsqu’il était encore temps. En effet, dans son programme, il s’engageait à légaliser le mariage pour personnes de même sexe ainsi que l’adoption pour les personnes de même sexe. Il annonçait un premier pas dans la destruction de la famille.
Cet homme, François Hollande a tenu parole. Il a tenu parole contre vents et marées, contre une opposition chaque jour croissante. Il s’est entêté dans cette proposition sans se douter qu’il réveillait une jeunesse qui s’était endormie, il s’est entêté sans se douter un seul instant que nos parents, eux mêmes endormis et silencieux depuis mai 68, malgré un sursaut en 1984 pour défendre l’école privée, allaient se lever fièrement, allaient nous être un soutiens précieux, afin que nous, la jeunesse nouvellement décomplexée de France, prenions notre avenir en main.
Alors certes, tous ne se fit pas en une semaine. Il fallut que M. Hollande nous ignore pendant des mois et des mois, qu’il envoie M. Valls nous réprimer, pour que ce réveil soit profondément encré en nous.
M. Hollande en méprisant plusieurs manifestations d’une importance jamais atteinte sous la gauche, en affichant un certain dédain face à une pétition signée par pas moins de 700 000 citoyens français, en accélérant un calendrier législatif afin de court-circuiter l’opposition et en multipliant les arrestations arbitraires, les gardes à vues, les gazages de femme, enfants, personnes âgées, a certes divisé la France mais a aussi réuni toutes les générations. Oui M. Hollande vous nous avez soudé face à votre projet de loi.
Dans cette union, chacun a du trouver sa place pour contester à sa manière votre projet de loi destructeur pour la famille. Mon choix a été celui de manifester sous l’apparence des Hommen. Ce choix vous a tout d’abord inquiétés. En effet, que peuvent faire quelques jeunes, torse nu, avec un pantalon de couleur, un masque et un slogan tagué sur le torse si ce n’est s’attirer des ennuis. Pour moi, ce choix se fit plutôt simplement. Ce code vestimentaire que l’on s’impose est nécessaire car il nous permet de parler en notre nom propre mais surtout au nom de chaque jeune, de chaque personne du peuple qui se reconnaît dans notre discours. Ce qui m’a attiré est cette universalité représentée. Mais on ne réalise vraiment ce que cela implique que lorsque l’on effectue sa première action, lorsque quelques minutes avant l’action le rythme cardiaque augmente, on pense à tout ce que l’on risque, tout ce pour quoi nous nous battons…
Cette motivation qu’est la défense de la famille, de l’enfant nous pousse alors à nous dépasser, à éteindre la petite voix qui survient et qui nous dit : « fuis ! Il est encore temps, tu risque gros, quelqu’un d’autre pourra bien s’en charger à ta place ».
Et c’est cette préoccupation de la famille, du plus petit que soit, qui nous pousse alors à nous jeter sur un terrain de tennis ou pour ma part à voltiger au bout d’une corde sous un pont afin d’accrocher une bannière symbolique de notre combat.
Le risque présent dans ces moments est alors dominé par un sentiment de justice. Et ce sentiment est renforcé à chaque nouvelle action, à chaque nouvel événement.
Alors certes, Papa, Maman, vous vous inquiétez et ca n’est pas forcément à tort, mais sachez que votre fils se bat pour une noble cause, et que petit à petit il se construit pour devenir un Homme solide pour la société française. Et son masque de Hommen est là pour vous rappeler qu’il n’est pas seul. Derrière ce masque se trouve chaque jeune qui s’est levé fièrement pour combattre cette loi injuste.
C’est pour cela que je vous dis aujourd’hui, Papa, Maman, je suis Hommen mais n’ayez pas peur, ayez confiance en cette génération nouvelle qui se lève et qui ne lâche rien. Cette jeunesse est belle, elle est solide et elle ira très loin dans la défense de ses idées.Elle est le fer de lance de l’espérance !!
Votre fils qui vous aime".