La Manif pour tous, un cas d’école exemplaire.
Le mouvement de contestation du mariage homo a perdu la première manche de la bataille médiatique. Toutefois, des millions de Français, peu politisés et modérés par nature, ont probablement pris soudainement conscience de la violence des enjeux idéologiques de la France contemporaine et réalisé, du même coup, que le Système médiatique s’était constitué en machine de guerre contre leur engagement. L’ordre dominant les considère comme des ennemis dont le modèle identitaire a vocation à disparaître.
Quelles leçons tirer de ces affrontements des derniers mois qui ont eu l’immense mérite de mobiliser des foules immenses et de déniaiser nombre de nos compatriotes ?
Le texte de Didier Beauregrad se propose d’analyser dans une première partie le bilan du conflit médiatique qui s’est joué à grande échelle, avant de dégager, dans un deuxième temps, sur la base de ce cas d’école qu’est devenue la Manif pour tous, les éléments d’une stratégie de communication qui permettraient, enfin, d’investir la citadelle médiatique. La défaite ponctuelle et relative de ce vaste mouvement de contestation doit devenir le creuset des victoires à venir.
Polémia.
La montagne de la Manif pour tous a-t-elle accouché d’une souris politique ? La question mérite d’être posée tant les résultats apparents sont minces face à l’ampleur de la mobilisation déployée.
Sans présager de l’avenir à plus long terme (2 ou 3 ans), d’un mouvement qui a dessiné l’émergence d’une nouvelle sociologie de la contestation dans notre pays, un élément ressort avec force des péripéties des derniers mois : le rôle de la propagande et des médias dans le cadre global d’un affrontement politique.
Une arme de manipulation massive
Le Système médiatique reste la seule arme, le seul bouclier, d’un pouvoir dominant incapable d’assumer une confrontation démocratique avec des forces significatives de la société civile qui contestent ses principes idéologiques. Coupé du peuple, replié sur lui-même, il vit dans la crainte de l’opinion, avec la peur que tout mouvement de rue devienne un mouvement de révolte général.
L’arme de manipulation massive que forme le Système médiatique officiel enferme les masses dans une vision tronquée de leur environnement qui vise à annihiler leurs réactions de rejet.
L’affrontement autour du mariage homosexuel a tourné à l’avantage du gouvernement parce que celui-ci contrôlait les médias et que les leaders du mouvement de la Manif pour tous n’ont pu imposer leur système de représentation, faute d’une puissance de feu médiatique suffisante.
Ce rapport de forces est une donnée objective qui ne dépendait pas de la capacité d’action des contestataires. Comme dans le cadre d’un conflit armé, le poids des armes a parlé. Il était difficile de manœuvrer face à la mobilisation hostile de la grande majorité de la presse écrite et la totalité des médias audiovisuels grand public.
Les médias ont pieusement relayé les éléments de langage de la propagande gouvernementale, quand ils n’en étaient pas eux-mêmes à l’origine, tant les convergences de vue sont grandes entre le microcosme médiatique et le pouvoir socialiste. Chacun peut multiplier à l’envi les exemples de mauvaise foi, d’omission ou de contre-vérité étalés par les médias durant ces derniers mois, à commencer, bien sûr, par les controverses sur le nombre des manifestants.
Ce déséquilibre total des rapports de forces nous conduit à dégager certaines réflexions afin de mieux cerner les enjeux du pouvoir médiatique.
L’opinion publique au cœur du combat politique
La première remarque est d’ordre politique. Dans nos « démocraties » d’opinion, l’opinion publique est bien l’enjeu central du conflit politique. Il est difficile à un pouvoir, quel qu’il soit, de résister durablement à un mouvement d’opinion quand celui-ci réussit à imposer sa légitimité. Cette légitimité provient, pour l’essentiel, de la maîtrise des messages médiatiques. Celui qui impose sa grille de lecture de l’événement impose sa domination à son adversaire.
Les manifestations lycéennes de l’hiver 1986 sont à cet égard exemplaires. En dépit d’une domination politique écrasante, portée alors par la vague libérale des années 1980, la droite a capitulé face à une contestation de rue massivement relayée médiatiquement autour des thèmes de « l’antiracisme » et de la « génération morale ». La vague émotionnelle orchestrée autour de la mort de Malik Oussékine a été un des moments les plus intenses de ces dramaturgies médiatiques des années 1980 qui, avec Carpentras en point d’orgue, ont plongé la France dans des bains émotionnels intenses, chargés de réactiver les frontières du bien et du mal.
Précisons, et ce point est capital, qu’il n’est pas indispensable de convaincre l’opinion pour remporter la victoire médiatique. Imposer la suprématie de son système de représentation suffit à délégitimer l’adversaire afin de neutraliser l’opinion publique susceptible d’adhérer à ses messages. La neutralité passive de l’opinion suffit souvent à remporter la bataille médiatique.
L’exemple de l’affrontement qui s’est joué autour de la Manif pour tous est à cet égard particulièrement parlant. Le pouvoir socialiste n’a pas véritablement cherché à convaincre les Français de la justesse de son choix sociétal. Ses arguments de fait étaient largement connus. Ils se résumaient d’ailleurs à pas grand-chose, hormis l’invocation rituelle de grands principes creux autour de l’égalité et du progrès, et n’étaient donc pas susceptibles de mobiliser l’opinion publique en faveur du mariage gay. De la même façon, pour être tout à fait honnête, que les arguments des anti-mariage pour tous n’ont également pas véritablement fait bouger l’opinion des Français.
Le gouvernement a pour l’essentiel joué en contre, en délégitimant les hommes plutôt qu’en débattant des idées. Plus précisément même, la controverse des opinions sert à fixer et engluer l’adversaire, tandis que l’enjeu central de la bataille médiatique se joue dans la stratégie de pilonnage de son image afin de l’identifier à un modèle négatif qui dévalorise sa cause, au-delà de la pertinence des idées.
Le message doit être simple et combatif et son lien avec la réalité est secondaire si l’offensive peut s’appuyer sur un contrôle bien maîtrisé des outils médiatiques. À l’encontre des réalités les plus évidentes, le gouvernement a pu déployer durant des mois et en toute imputé une propagande virulente qui niait l’ampleur du mouvement de contestation et l’enfermait dans une image répulsive d’homophobie et d’extrémisme.
Que les Français aient cru on non cette propagande a, en définitive, peu d’importance puisqu’elle a permis de neutraliser les forces de l’adversaire en le plaçant sans cesse sur la défensive.
L’enjeu médiatique
La deuxième réflexion concerne plus spécifiquement le rôle des médias. En dépit de ce que l’on entend bien souvent sur la prédominance nouvelle du règne de l’Internet, la bonne vieille télévision et ses univers périphériques, c’est-à-dire la presse écrite et la radio, restent encore le cœur du système de communication actuel.
Plus exactement, il faut distinguer l’outil de mobilisation extrêmement efficace que sont devenus le Web et les réseaux sociaux, qui permettent une grande réactivité dans l’action, et l’outil de maîtrise des esprits à grande échelle que reste la télévision.
Seule la télévision permet toujours de divulguer un message qui touche dans un temps très court la quasi-totalité d’une population donnée en la soumettant à la fois à l’impact émotionnel de l’image et à l’effet de sidération de la répétition en boucle. Les nouveaux médias peuvent permettre une diffusion très rapide d’une information, mais la télévision et les médias traditionnels gardent encore le monopole de l’institutionnalisation d’une représentation (l’image et le sens qui lui est donné) en l’installant « officiellement » dans la vision du grand public. L’effet de concentration (« la grande messe du 20h » !) est décisif par rapport à l’éparpillement du message des nouveaux médias.
Pour preuve : dans l’affrontement asymétrique entre les grands médias traditionnels sous influence du pouvoir politique et les nouveaux médias utilisés avec virtuosité par les animateurs de la Manif pour tous, les premiers ont globalement réussi à neutraliser l’impact des seconds au-delà de l’univers de ses sympathisants.
Sur le champ de bataille de la propagande, la télévision a l’effet de l’artillerie lourde qui réduit les défenses adverses avant l’affrontement direct. Elle impose un cadre de lecture avec ses représentations codées qui, une fois installé en tant que système de représentation dominant, délimite de manière quasi irréversible la place des uns et des autres en tant que « méchants » ou « gentils », « ringards » ou « modernes ». Le positionnement sur les pôles négatif ou positif de la représentation forme l’enjeu essentiel de la confrontation.
Les organisateurs de la Manif pour tous pouvaient-ils échapper à ce processus organisé de délégitimation médiatique ? Cette question est essentielle car elle renvoie à l’enjeu capital du combat politique contemporain : Comment ceux qui contestent le Système peuvent-ils, face à un appareil médiatique totalement sous contrôle, faire entendre leur voix en évitant le double piège de l’aseptisation de leur message ou de la diabolisation qui leur donne le rôle de salauds – ou d’imbéciles – utile dans la scénographie médiatique ?
Fin de la première partie
Didier Beauregard http://www.polemia.com
24/06/2013
France et politique française - Page 4850
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De l’art de la guerre médiatique 1/2
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Face à la violence d'une fausse-loi, l'arme de la non-violence
Discours des Veilleurs (Madeleine et Jean-Baptiste) au Conseil de l'Europe le 26 juin 2013 sur "la Manif pour Tous et la répression policière" :
"Dans la nuit du 14 au 15 avril dernier, alors que le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe allait être adopté par le pouvoir législatif en France, au terme d’un processus parlementaire accéléré, 67 jeunes opposés au mariage homosexuel décidèrent de camper pacifiquement et sans bruit devant l’Assemblée nationale. La chose n’était pas inédite : entre autres exemples, des enfants de harkis avaient déjà choisi de camper sur ce lieu, en 2009, pendant 7 mois, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur leur condition, sans être ni inquiétés ni délogés.
Mais les 67 jeunes opposants n’eurent pas droit au même traitement de faveur. Vers 1h du matin, ils furent soudainement et violemment embarqués par les forces de police, puis retenus en garde à vue pendant plus de dix-huit heures dans des conditions extrêmement pénibles, pour ne pas dire déplorables.
Face à une telle disproportion des méthodes répressives, face à un pouvoir qui révélait de plus en plus manifestement son vrai visage, et cherchait la division et l’affrontement quand il aurait fallu favoriser l’apaisement, nous avons réfléchi toute la nuit au moyen de réagir. Fallait-il se soulever et se radicaliser ? Le choix d’une action violente semblait désormais nécessaire pour se faire entendre d’un gouvernement qui enchaînait provocation sur provocation, traitant avec le plus grand mépris plusieurs centaines de milliers de Français légitimement inquiets de leur avenir, de celui de leurs enfants et de leur pays.
Mais au fil de la nuit, nous avons compris que la violence ne mènerait à rien, et qu’on ne pouvait s’ériger en défenseurs de la dignité humaine sans être en même temps garant de la paix sociale. Nous avons compris que la violence première se trouvait du côté d’une loi qui priverait bientôt les enfants d’un père ou d’une mère. Nous avons compris que notre colère, si légitime et si noble fût-elle, pouvait tout aussi bien s’exprimer de manière pacifique. Nous avons compris enfin que nous ne pourrions désarmer ces violences policières qu’en étant nous-mêmes non-violents.
Lire la suite "Face à la violence d'une fausse-loi, l'arme de la non-violence"
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Le prêt miraculeux de Thomas Fabius
Seuls les lecteurs titulaires d’un BAC + 6 en combines et magouilles pourront peut-être aborder avec sérénité les circonvolutions du dossier Thomas Fabius. Combien de week-ends gâchés par la lecture de l’article du Parisien du samedi 22 juin consacré à cette affaire ?
Combien d’appels au secours, de migraines, de comptables retrouvés pendus, de fiscalistes admis aux urgences ? Dieu-Bercy seul le sait.
Le tout débute par une plainte pour faux et escroquerie. La routine. Tracfin, la cellule anti-blanchiment, découvre un million d’euros arrivé comme par enchantement de Macao sur le compte de Thomas Fabius. Gagné au poker, objecte l’intéressé. Diable ! Contre Humphrey Bogart ou OSS 117 ? Dimanche soir, cinéma de minuit, noir et blanc… on visualise. Puis notre champion du carré d’as crée avec une Néerlandaise – sans doute genre Lauren Bacall – une SCI qui acquiert, en 2012, un appartement de 285 m² boulevard St Germain pour la modique somme de 7,4 millions d’euros dont 3,4 sont apportés par notre héros qui, par ailleurs, ne déclare aucun revenu cette année-là. Oups. Aucune dotation familiale ou héritage n’étant à signaler, nous découvrons que la banque Monte dei Paschi a prêté quatre millions d’euros au fils de qui nous savons, remboursables à terme, sans aucune mensualité jusqu’en 2022. Le nirvana bancaire existe. Sur la base de quelles garanties ce prêt est-il accordé ? Se reporter à la rubrique magie noire de Boulevard Voltaire (rubrique en voie de création). [...]
Jany Leroy - La suite sur Boulevard Voltaire http://www.actionfrancaise.net
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Le révélateur "Nicolas"
« La République gouverne mal, mais elle se défend bien » : combien de fois ai-je écrit, crié, murmuré cette citation d'Anatole France, l'auteur d'un roman terrible sur la Terreur, « Les dieux ont soif » ? Mais, aujourd'hui, je la répète encore une fois et avec une sourde colère au regard des nombreuses interpellations, gardes à vue et procès qui frappent les opposants au mariage homosexuel, sanctions souvent sans grand discernement et dans l'injustice la plus certaine. Bien sûr, tout Etat doit se défendre et l'ordre public doit être préservé, au risque sinon de voir triompher la loi de la jungle qui n'est jamais que la loi des plus forts et des plus violents. Sans doute, toute contestation n'est pas bonne en soi... Mais l'on pourrait attendre d'un Etat comme la France, issu d'une longue et parfois douloureuse histoire, un plus grand sens de la mesure : mais la République, elle, surtout lorsqu'elle se pare de grands principes moraux, a tendance à cultiver l'hubris, cette outrance qui, en somme, détruit la légitimité de ce qu'elle est censée préserver !

Des manifestations qui se poursuivent : extension prochaine du domaine de la lutte ?
Ainsi, cette affaire « Nicolas », prénom d'un jeune manifestant hostile à la loi Taubira, désormais promulguée et appliquée avec quelques conséquences collatérales sur le Code civil comme, entre autres, la disparition des termes de « père » et « mère » de ce texte fondamental du Droit français.
Ce jeune, Nicolas Bernard-Buss, incarcéré depuis la semaine dernière à Fleury-Mérogis, en fait, est plus encore un révélateur qu'un exemple comme l'aurait voulu un gouvernement aux abois qui ne sait plus comment en finir avec une opposition qui n'est pas « encartée » ou parlementaire mais plus concrète et remuante, moins partisane (au sens politicien du terme) et plus doctrinale. En faisant condamner ce jeune de 23 ans à une peine de prison ferme, le gouvernement (qui se défausse avec une certaine hypocrisie sur « l'indépendance de la Justice »...) espérait effrayer ces opposants qui « ne lâchent rien » comme ils le clament fièrement... Dans ce cas, je doute fortement de la « pédagogie » d'une telle condamnation et de ses arguments ! Bien au contraire, cela a remobilisé des jeunes (et des moins jeunes) qui, décidément, ne veulent plus quitter un pavé auquel ils ont pris goût, comme j'ai pu concrètement le constater encore dimanche dernier, entre la place Dauphine et la rue de Rennes, dans cette immense partie de cache-cache dans les rues de Paris avec des forces de l'ordre visiblement désabusées.
Révélatrice, donc, cette incarcération : au moment même où les casseurs du Trocadéro, même condamnés à des peines de prison ferme, semblent échapper plus facilement aux geôles républicaines ; révélatrice aussi, par les raisons évoquées pour un tel traitement, en particulier le « refus de prélèvement d'ADN » qui, désormais, est criminalisé pour tout citoyen désireux de maintenir son « anonymat génétique » (tant que cela est possible, malgré ce risque de sanction...) ; révélatrice également par ce brusque légalisme forcené d'une Gauche qui, pourtant, n'a de cesse, lorsqu'elle n'est pas au pouvoir, de dénoncer les « atteintes aux Droits de l'Homme » que constitue l'usage de la force contre des manifestants parfois beaucoup moins pacifiques que ceux issus des « Veilleurs » ou de « La Manif pour Tous »... Révélatrice également d'une volonté de criminaliser ceux qui ne pensent pas selon les canons de « l'idéologie dominante », suivant une logique un peu inquiétante et qui poussent certains, a contrario, avec un brin d'exagération à évoquer une « dictature socialiste » quand il faudrait surtout y voir « la dictature du prêt-à-penser » (parfois nommée « pensée unique », sans doute un peu à tort), beaucoup plus prégnante et, de toute façon, commune à une grande partie du monde politique et économique, entre libéralisme, social-démocratie et individualisme consumériste...
En voulant faire un exemple, le gouvernement a surtout révélé sa faiblesse profonde, une faiblesse qui se crispe en autoritarisme, cette caricature de l'autorité quand « l'ordre et la loi » de la République sont celles de la justice et de la légitimité, voire leurs exacts opposés !
Il est des révélateurs et des révélations qui ne peuvent laisser insensibles ceux qui se targuent de réfléchir sur les conditions politiques les plus propices à l'équilibre des sociétés.

Quant à ce jeune homme qui sert, à son corps défendant, de « révélateur » des faiblesses et des outrances de cette République, il faut souhaiter sa libération la plus rapide possible et, mieux, travailler à l'accélérer.
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Les départements au bord de “l’asphyxie”
Le conseil général du Bas-Rhin proteste contre “l’asphyxie financière” au bord de laquelle se trouvent aujourd’hui les départements en France du fait d’une hausse des dépenses sociales et d’une baisse des dotations de l’Etat, dans une motion adoptée par les élus de tous bords.
Le texte, approuvé à l’unanimité lors d’une session lundi, souligne que la situation “atteint les limites du supportable“.”Aujourd’hui, les départements n’ont jamais été aussi proches de l’asphyxie financière. Non pas en raison d’un défaut de gestion dans l’exercice de leurs compétences mais parce qu’ils n’ont plus les moyens de les financer“, dit la motion.
En 2013, le Revenu de solidarité active (RSA) devrait progresser de 10% par rapport à 2012, à 130 millions d’euros dans le Bas-Rhin.
La décision du gouvernement d’augmenter le RSA de 10%, mais aussi les conséquences de la réforme des rythmes scolaires sur le transport scolaire, l’affiliation des élus à la sécurité sociale, l’afflux de mineurs isolés étrangers et les hausses de la TVA entraînent d’importants surcoûts, selon le texte. De quelque 3,2 millions en 2013, ils devraient s’élever à quelque 30 millions d’euros d’ici cinq ans.
Dans le même temps, la baisse des dotations d’Etat aux collectivités “se traduira par une baisse de 6,5 millions d’euros dès 2014“.
“Face à ces chiffres, le conseil général du Bas-Rhin n’est aujourd’hui plus en mesure d’assumer dans de bonnes conditions son rôle de garant de la solidarité” vis-à-vis des plus fragiles et des territoires, affirme le texte.
Pour le président du Conseil général du Bas-Rhin Guy-Dominique Kennel (UMP), “alors que la situation économique est en souffrance, nous allons être contraints à moins investir à l’avenir“. -
Blancs et pauvres : la catégorie sociale qui est devenue l’une des plus défavorisées et des moins aidées en France
Difficultés d’accès aux aides sociales, éloignement des grands centres d’activités, les natifs français issus des classes populaires semblent être encore plus pénalisés que d’autres catégories pauvres de la population. Peut-on parler d’une émergence des « white trash » ["déchets blancs"] à la française ?
[extraits] Tout un courant idéologique tend à faire passer pour invisible une partie non négligeable de notre population qui se paupérise et se dévalorise. Elle est formée de personnes, de familles originaires du cru, ouvriers ou employés à faible niveau de rémunération ou au chômage après un licenciement dans des zones à faible taux d’emploi, travaillant à temps partiel ou en contrat précaire, travailleurs pauvres par excellence.
Selon une enquête de l’INSEE de 2009, les employés et ouvriers non qualifiés ont un niveau de vie inférieur d’un quart à la moyenne des salariés.
Aujourd’hui, on évalue que le taux de pauvreté en France est de 13,5%, c’est-à-dire, 8,2 millions de personnes (La Documentation française), dont inévitablement une large majorité de Français de longue date.
L’immigré semble bien devenir le nouveau prisme des réponses publiques à la problématique de la pauvreté, indiquant combien s’est déjà réalisé l’abandon des autres pauvres, pourtant largement plus nombreux.
De plus, même du côté d’une certaine gauche radicale, l’immigré, nouveau damné de la terre, est venu remplacer avec la chute du communisme une classe ouvrière qui était vue jusque-là comme le moteur de l’histoire de la libération humaine
« On explique que dans les ZUS les familles immigrées représentent près d’un quart de la population, 23,6 %, contre 4% hors ZUS. Mais pourquoi alors n’entend-t-on pas pas parler des 76,4 % des enfants issus des autres familles »
Lire l’article intégral sur Atlantico
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Gaël Sliman (BVA) : « François Hollande n’a jamais été aussi impopulaire »
INTERVIEW - Selon un sondage BVA-Orange pour L’Express, la presse régionale et France Inter, la courbe de popularité de François Hollande décroche à nouveau. Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion, décrypte pour Le Figaro les résultats de ce sondage.
François Hollande perd 4 points de bonnes opinions en juin par rapport au mois précédent et chute à 31%, selon un sondage BVA-Orange pour L’Express, la presse régionale et France Inter. Il avait enregistré 35% d’opinions positives en mai. Pour BVA, le président connaît là son plus bas niveau de popularité depuis son élection. Ce sondage a été réalisé les 19 et 20 juin, auprès d’un échantillon de 1060 personnes de 18 ans et plus, représentatif de la population française, selon la méthode des quotas.
LE FIGARO - Selon votre Observatoire de la politique nationale BVA-Orange pour L’Express, la presse régionale et France Inter, la courbe de popularité de François Hollande décroche à nouveau…
Gaël SLIMAN - Oui. Seulement 31% de Français se disent satisfaits du chef de l’État en juin. François Hollande tombe à son plus bas niveau depuis son élection. Il n’a jamais été aussi impopulaire. Un président qui souhaite réformer est jugé sur deux critères : la justice et l’efficacité. Nicolas Sarkozy était jugé injuste et inefficace. François Hollande est jugé de la même façon par les Français. La remontée de mai n’était donc qu’une rémission.
Comment expliquez-vous ce nouveau décrochage, après la légère embellie ?
Un reproche était fait à François Hollande : ne pas avoir de cap clair. Tantôt, il donnait aux entreprises, tantôt il reprenait. Mais ces derniers mois, son cap paraissait s’être clarifié. Entre avril et mai, il y a eu une salve d’interventions présidentielles : sa conférence de presse à l’Élysée, le message qu’il a envoyé à l’occasion de l’anniversaire du SPD en Allemagne, au cours duquel il a vanté les réformes de Gerhard Schröder, ce qui était assez extraordinaire dans la bouche d’un socialiste français… François Hollande a aussi envoyé des messages aux entreprises pour leur dire qu’elles n’étaient pas des ennemies de la gauche au pouvoir. Il a donc tracé un cap clairement social-libéral et expliqué sa priorité : l’efficacité de l’économie. Le reproche qui lui était fait sur le cap a donc été momentanément levé. Mais les réformes qui s’annoncent seront difficiles. Le rapport Moreau sur les retraites inquiète les Français qui comprennent que les efforts à faire seront rudes. Par ailleurs, les fonctionnaires se sont inquiétés du débat sur le gel possible de leurs salaires ou sur une harmonisation des régimes de retraites entre public et privé. Tout cela a déplu à l’électorat de gauche, sans rassurer pour autant l’électorat de droite. Sans gagner un seul point à droite, François Hollande perd 9 points à gauche. Pour la première fois, l’électorat de la gauche de la gauche décroche. Les bonnes opinions de cette frange de l’électorat, qui avait massivement voté pour Hollande au deuxième tour de la présidentielle, sont passées en un mois de 57% à 42%, soit une baisse de 15 points.
Où en était Nicolas Sarkozy à la même époque ?
Nicolas Sarkozy recueillait 36% de bonnes opinions en juin 2008, un an après son arrivée au pouvoir. Il avait notamment dévissé après sa conférence de presse de janvier 2008 (« Carla et moi, c’est du sérieux »). Pendant son quinquennat, Sarkozy est tombé à 30% de bonnes opinions (en 2010) ; ce fut son record.
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28 juin : manifestation à Lille

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Attaquer là où cela fait mal : le budget
Lu sur H16 :
"Légalement, rien ne vous oblige à payer le montant exact de vos impôts en un chèque unique. N’hésitez pas : joignez un, deux, trois, huit chèques, qui couvrent bien l’intégralité de vos impôts. Refusez le prélèvement mensualisé, mécanisé, automatique, qui demande peu d’intervention manuelle. Oubliez internet. Pouah. Préférez-lui les bon gros chèques qui tachent. Et rien ne vous oblige à avoir des chèques lisibles en machine (une tache d’encre ou une bête rature dans les numéros de contrôle est si vite arrivée) : un traitement manuel est bien plus utile pour notre exercice.
Mieux : payez, systématiquement, douze, vingt-trois ou trente et un centimes de plus que nécessaire, pour chaque impôt, chaque taxe, chaque putain de paiement de merde que ce pays vous vole en l’échange d’un service public de plus en plus minable, en l’échange de tous ces répondeurs téléphoniques dans des administrations qui vous méprisent, en l’échange de tous ces « Je n’ai pas que ça à faire » de préposés syndiqués, en l’échange de ce mépris de plus en plus ouvert de la classe politique qui vous dirige.
Pour chaque trop perçu, demandez un remboursement. Il vous est dû.
Quel que soient les circonstances, que cela soit justifié ou non pour vous, demandez, tous et chacun, un échelonnement des impôts. Dans un courrier séparé, adressé à un autre service de votre centre des impôts, demandez une réduction. Toutes les raisons sont envisageables : la mort de votre chien, la dernière carie du petit, le renouvellement de l’eau de l’aquarium : n’hésitez pas. Bien sûr, si vous pouvez l’obtenir, c’est mieux. Mais l’important est ici de générer un dossier qui devra être traité par un des bouts de la machine infernale qui gangrène la France. Si vos courriers restent sans réponse, alertez votre maire. Alertez votre député. Faites pleurer dans les chaumières avec des raisons crédibles et tristes. Généralement, la réalité suffit. Et demandez poliment. Mais demandez systématiquement.
Pour les taxes foncières ou d’habitation, des exemptions temporaires sont possibles. Là encore, ça ne coûte pas grand-chose de les demander et je le rappelle, le but n’est pas, à proprement parler, de les obtenir, mais bien de créer un vaste mouvement de papier dans la machine.
On peut étendre la manœuvre à toutes les ponctions que l’État nous fait subir, depuis les amendes jusqu’aux taxes diverses et variées : dans beaucoup de cas, les trop-perçus sont traités automatiquement, et remboursés de même. Utilisez ces mécanismes contre l’Etat lui-même. Des milliers de plis postaux à renvoyer pour des remboursements de quelques centimes, à faire voyager, à manutentionner, à distribuer, ce sont rapidement des sommes colossales, irrécouvrables, qui seront mises en jeu.
Enfin, on peut s’amuser avec le système.
Après tout, les administrations sont si efficaces les unes avec les autres, et si efficaces en elles-mêmes pour égarer des dossiers, pour vous faire courir lorsqu’il s’agit de votre vie, qu’après tout, on peut utiliser cette capacité contre elles-mêmes.
Demandez à obtenir toutes les informations détenues de façon informatique aux administrations fiscales (loi 78-17 du 6 janvier 1978), ou, de façon générale, à toutes les administrations qui vous envoient des courriers. Envoyez dans tous les services que vous pouvez des informations qu’ils ne sauront pas traiter. Par exemple, vous pouvez envoyer des lettres informant de votre situation (familiale, par exemple) à l’URSSAF, à la CAF de quinze ou vingt départements où vous ne résidez pas. Envoyez des dossiers fantaisistes mais crédibles, sans aucune sollicitation, à des douzaines d’agences Pole Emploi, des centre d’impôts, des caisses différentes, des administrations diverses et variées, en leur posant des questions nécessitant une réponse de leur part (peu importe que la réponse soit possible ou intéressante, ici, on l’aura compris). N’hésitez pas à régulariser vos dossiers, tous, auprès de toutes ces administrations qui ne vous connaissent pas et ne sauront que faire de ces gentilles informations que vous leur envoyez. En somme, appliquez un magnifique Distributed Denial Of Service sur toutes les administrations françaises."
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J'ai discuté avec madame Taubira
Autre témoignage surréaliste :
"En sortant de ma journée de travail j'ai décidé de rejoindre les quelques jeunes place Vendôme qui témoignaient leur soutien à Nicolas Bernard-Buss. Après avoir essuyé un premier refus de pénétrer sur la place Vendôme côté Opéra, je coutourne pour tenter de pénétrer côté Tuileries. Arrivé à l'angle rue de la Paix - rue saint Honoré, j'avance d'un pas décidé, franchis le cordon des gendarmes mobiles en leur agitant mon badge de travail qui me sert alors de sésame et m'offre l'accès à la place quasi déserte ...
Pendant toute la durée de la manifestation qui se déroulait aux abords de la place, j'étais donc derrière les rangs des gendarmes mobiles, bénéficiant d'un terrain d'observation assez exceptionnel ! De façon assez incroyable, je suis resté au milieu des forces de l'ordre pendant toute la soirée et j'ai pu ainsi assister à l'arrestation de 2 jeunes gens, qui ont été trainés sans ménagement à l'intérieur du "dispositif" et sans raison apparente. Il apparaît assez clairement que ces 2 jeunes ont été arrêtés pour le principe et sans fondement. Alors que l'un d'entre eux téléphonait, son téléphone lui a été arraché des mains par un des responsables de forces de l'ordre, probablement sous-préfet à en juger sa casquette aux feuilles de chêne. Ils ont ensuite été chargés dans le "panier à salade". Un bus escorté par deux motards pour deux jeunes gens pacifiques ...
Une fois les 2 jeunes embarqués, j'ai été témoin d'une scène ahurissante. Grâce à mon badge autour du cou et mon air assuré, les forces de l'ordre ne semblaient aucunement se soucier de ma présence. Je me suis rapproché du commissaire et des chefs de section et j'ai alors entendu le commissaire donner des instructions à un gendarme mobile pour témoigner à charge contre les jeunes interpellés ! Quelques minutes après, alors qu'il s'apprêtait à monter en voiture, je suis allé à sa rencontre et lui ai demandé s'il avait donné des consignes claires pour "charger" le cas des deux manifestants, tout en donnant l'impression qu'il aurait eu raison de le faire. Il commença à répondre puis s'interrompit, suspicieux, en me demandant mon identité. Je me suis alors présenté comme membre du service de sécurité du Ministère de la Justice ... ce qu'il avala sans trop de problème avant de rentrer dans sa voiture sans rien vérifier.
Peu avant 22h, voyant que la manifestation touchait à sa fin, je décidai de rentrer vers l'Opéra en traversant la place encore bouclée. Quelle ne fut pas ma surprise d'apercevoir au loin, devant le porche du ministère, Christiane Taubira en personne ! Je me dis que jamais pareille occasion ne se représenterait. Je traverse la place vers le ministère d'un pas décidé, passe devant 2 gendarmes mobiles en agitant une fois de plus mon badge sésame, me rapproche de Mme Taubira l'air de rien, comme si je me joignais au rapport qui était en train d'être fait à le Garde des Sceaux par un petit chef qui essayait de se faire mousser auprès du Ministre ... Il se scandalisait de l'attitude du député Jen-Frédéric Poisson venu saluer les manifestants, "acte honteux qui déshonorait la République" !
Je me suis alors immiscé dans leur discussion, l'air de rien, comme si j'étais membre de l'équipe de sécurité, faisant un commentaire sur le dispositif policier. Nous étions très peu nombreux, 5 ou 6. S'en est alors suivi une discussion à battons rompus, un véritable débat avec Mme Taubira sur le sujet de la loi. De façon totalement surréaliste, elle et moi avons discuté pendant près de 15min sur le mariage homosexuel. Nous avons échangé de nombreux arguments sous l'oeil un peu ahuri des 3 gendarmes et du service de sécurité du Ministre. Il serait trop long de narrer tous les détails de cet échange. Toutefois un élément me semble particulièrement intéressant. Après quelques minutes, Mme Taubira me demande d'un air exaspéré, mélé d'une pointe d'inquiétude : "Quand allez-vous donc vous arrêter ? Dans 10 ans, dans 20 ans, vous manifesterez encore ?" Cela témoigne du côté totalement désemparé de ce gourvernement, pris de court par un mouvement qui ne semble pas se fatiguer, bien au contraire.
Au milieu de notre conversation, une des personnes, manifestement membre de la sécurité de la Ministre, me demande "Mais qui êtes-vous Monsieur ?" ce à quoi je réponds "Je suis citoyen français et discute avec Madame la Garde des Sceaux, ce qui n'est pas encore considéré comme répréhensible sur le territoire national". Au fur et à mesure, la tension montait mais nos échanges restaient parfaitement courtois. En me précisant que sa journée de travail n'était pas terminée, elle m'a finalement invité à la quitter ce que j'ai fait après l'avoir remerciée de cet échange.
On me fit raccompagner par deux gendarmes mobiles. Au bout de quelques mètres, l'un d'eux me demande mon identité. Je lui demande alors pour quel motif ; il me répond qu'il n'a pas à se justifier, ce que je conteste. Il réplique qu'il peut très bien procéder à un relevé d'identité si il a un mandat du procureur ou si il est avec un commissaire de police. Je lui demande alors de me montrer le mandat du procureur ... Il me demande de le suivre et m'emmène vers une fourgonnette où il me fait patienter sous solide escorte. Il m'annonce qu'ils sont allés chercher un commissaire de police. Je leur fait part de mon étonnement devant le ridicule de la situation : discuter courtoisement avec Madame la Garde des Sceaux serait un motif de contrôle d'identité ?! Après une bonne dizaine de minutes, ils finissent par me relâcher et me raccompagnent à l'extrémité de la place Vendôme."
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