
L’establishment est ébranlé : de crise sanitaire en menace sécuritaire, de montée du chômage en paupérisation, le système et son socle idéologique sont soumis à rude épreuve.
Dans un tel contexte peut paraitre dérisoire la réflexion sur un phénomène daté et contemporain d’une société que modernité et post modernité semblaient avoir définitivement enterré : le poujadisme. Et pourtant !
Le Mouvement des gilets jaunes a été qualifié de « poujadiste » , terme commode pour désigner tout mouvement des classes moyennes inférieures trop liées au « système » pour basculer dans un gaucho/syndicalisme post marxiste mais suffisamment marginalisé par le « système » pour basculer dans une contestation violente. Une révolte « petite bourgeoise » pour reprendre la terminologie léniniste, située à l’intersection des artisans/commerçants, des laissés pour compte de la société d’abondance et, pour l’avoir constaté sur les ronds-points « des petits blancs déclassés » avec en prime une dominante rurale.





Hémicycles quasiment vides, lois votées en présence de peu d’élus, mesures décisives prises par l’exécutif : on savait que la politique désintéressait les citoyens, mais là, ce sont les élus qui s’en détachent. Analyse d’un phénomène inquiétant où l’apathie des masses est maintenant relayée par celle des élites.



