Les classes populaires rurales françaises trouvent dans le catholicisme un marqueur civilationnel.
Comme le décrit bien le sociologue laïciste de gauche Laurent Bouvet (L'insécurité culturelle Fayard, 2015) nous sommes entrés dans un « âge identitaire ». Au-delà des questions de Foi, la religion peut elle-même devenir un réflexe identitaire. C'est le cas en France du judaïsme ou de l'islam, religions ritualistes. Ce pourrait bien le devenir également pour le christianisme en général et le catholicisme en particulier. Cela s’observe dans certains pays qui ont connu le joug communiste et où le christianisme fait figure de rempart identitaire contre le matérialisme et l'islamisme. C'est ainsi le cas en Hongrie où la faible pratique religieuse, inférieure même à celle que nous connaissons en France, va de pair avec un étendard chrétien brandi par Viktor Orban, premier ministre protestant issu de l'opposition démocrate-chrétienne aux communistes hongrois dans les années 1980. Ce petit pays de 10 millions d'habitants s’oppose farouchement dans les faits à toute entrée de réfugiés politiques ou économiques d’origine musulmane. N'oublions pas qu’aux XVIe et XVIIe siècles ce pays fut le lieu de la confrontation armée entre les Habsbourg et les Ottomans, entre la chrétienté occidentale et le califat. En Hongrie et chez certains de ses voisins, le christianisme est plus vécu comme un héritage civilisationnel que comme une foi vivante. C'est une réaction qui procède d'un questionnement historique, d'un appel aux racines plus que d'une démarche évangélique. Que le lecteur n'y voit aucun jugement moral cette situation est somme toute logique dans notre monde post-moderne.


Christopher Gérard : Dans votre Dictionnaire amoureux de la chasse (Plon, 2000), vous dévoilez les secrets d'une passion fort ancienne et vous décrivez à mots couverts les secrets d'une initiation. Que vous ont apporté ces heures de traques, en quoi vous ont-elles transformé, voire transfiguré ?
Spécialiste de la chasse et des armes, thèmes qui ont donné lieu à une impressionnante série d'ouvrages, Dominique Venner est aussi historien et directeur de la «Nouvelle revue d'histoire». Nous n'avons pas été toujours d'accord avec sa vision de l'histoire contemporaine. Raison de plus pour mieux le connaître ! Entre itinéraire spirituel et art cynégétique, l'entretien qu'il a accordé à Christopher Gérard dévoile une riche personnalité qui, n'en doutons pas, ne laissera aucun de nos lecteurs indifférent !
