
Les romans de Raspail sont indémodables. Récemment, Albin Michel a eu la bonne idée de rééditer deux incontournables de son oeuvre : Les Pikkendorff et L’Anneau du pêcheur.
Avec Sylvain Tesson, Jean Raspail partage le goût des chemins de traverse. Ces deux écrivains de Marine aiment à sillonner ces « chemins noirs », pistes en pointillés sur les cartes d'état-major. À Tesson les flèches des cathédrales, l'immense Asie, le Baïkal, le retour de la Bérézina et les routes cachées de la France profonde. À Raspail, les vastes Amériques, d'un bout à l'autre, les rapides québécois et les glaces filégiennes, mais aussi les confins imaginaires d'une Europe chevaleresque.
On voudrait parfois faire de Raspail un écrivain à thèse, le réduisant au Camp des saints. Ce serait oublier qu'il est d'abord un explorateur le voyage précède la plume. Le premier inspire l'autre, la seconde accompagne le premier et le fait vivre pour toujours. Il est de multiples façons de voyager. Dans l'espace bien sûr, mais aussi dans le temps et dans l'imaginaire, au royaume des allégories, de la tenue, de l'attitude, du panache.







