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l'information nationaliste - Page 6550

  • Chronique de livre : Philippe Baillet "L'autre tiers-mondisme ; des origines à l'islamisme radical"

    4159368228.jpgPhilippe Baillet, L'autre tiers-mondisme; des origines à l'islamisme radical

    Fascistes, nationaux-socialistes, nationalistes-révolutionnaires entre « défense de la race » et « solidarité anti-impérialiste »

    (Akribéia, 2016)

    Qu'est-ce que l'autre tiers-mondisme ? Un tiers-mondisme différent de celui que l'on connaît, c'est à dire « classique, progressiste, qu'il soit chrétien, humanitaire et pacifiste, communiste orthodoxe, trotskiste ou encore d'ultragauche » ? Effectivement. L'autre tiers-mondisme est l'expression par laquelle Philippe Baillet désigne tous ceux que l'on pourrait considérer comme tenants d'un « tiers-mondisme de droite » ou plutôt d'extrême-droite (même quand ceux-ci viennent ou sont d'extrême-gauche, à l'image d'un Soral).

    L'autre tiers-mondisme est une sensibilité politique qui a, évidemment, évolué avec le temps mais qui s'appuie, dans son acceptation générale, sur certaines idées-clés. Le développement d'une Troisième Voie européenne hostile au communisme et à la démocratie parlementaire en est la base. En découlent logiquement le non-alignement sur les deux blocs (avant la chute de l'URSS) et l' « anti-impérialisme ». Sans surprise, l'incarnation de cette idée se fit donc, chez certains courants ou auteurs, à travers le fascisme ou le national-socialisme... Par ailleurs, « l'autre tiers-mondisme n'est jamais, même quand il s'enveloppe d'une sympathie sincère pour les cultures non occidentales, un internationalisme ». En effet, il « entend s'adresser à des peuples opprimés en respectant les spécificités de chacun ».

    Bien antérieur à la conférence de Bandoeng (1955) ou à l'apparition du terme « tiers-monde » dans les dictionnaires, l'autre tiers-mondisme a toujours présenté un double visage. Le premier est politique et stratégique. Il prône l'alliance avec des forces du monde non occidental afin de lutter contre l' « impérialisme ». Il n'implique pas forcément d'attirance particulière pour les peuples du tiers-monde (un cas emblématique: Jean Thiriart) à la différence du second qui est avant tout idéaliste et métapolitique. Ici, l'on a beaucoup plus affaire à des personnalités pouvant être subjuguées par des aspects culturels ou spirituels non-européens, en particulier l'islam. On y trouve ainsi des convertis qui sont des figures de première importance de l'autre tiers-mondisme : Johann von Leers ou Claudio Mutti. Les idées dont l'ouvrage traite se retrouvent avant tout chez les « nationaux-révolutionnaires » mais pas seulement car elles sont le fruit d'une « mouvance, bien plus qu(e d') un phénomène très structuré ».

    Sur ce sujet complexe mais ô combien instructif de l'histoire des idées, Philippe Baillet, connu pour être le traducteur français de nombres d'œuvres de Julius d'Evola et, plus récemment, l'auteur d'ouvrages remarqués (voyez ma chronique de son précédent livre : Le parti de la vie), a mené avec la rigueur qu'on lui connaît une étude en profondeur des acteurs, courants, réseaux et mouvements pouvant être rattachés à l'autre tiers-mondisme au sein de la droite radicale européen où celui-ci « a fait son chemin lentement mais sûrement ». Après avoir été longtemps minoritaire, il est devenu, de nos jours, un pan important des idées professées dans (ou autour de) nos mouvances. L'autre tiers-mondisme ne se limite cependant pas à cet aspect et se veut un livre militant qui, à partir de l'analyse des idées de l'autre tiers-mondisme, entend démontrer à quel point elles sont nocives dans le cadre du combat que nous, les nationalistes européens, menons. Le lecteur sera peut-être étonné par la longueur de cette chronique. Il y a deux raisons à cela : la grande richesse du livre que je ne fais ici qu'effleurer et l'importance de cette parution que j'estime fondamentale pour notre courant de pensée.

    Un siècle d'autre tiers-mondisme

    Baillet estime qu'on retrouve les premières traces de l'autre tiers-mondisme en Europe à Fiume, au lendemain de la Grande Guerre. Se voulant « l'épicentre de la révolution mondiale des peuples opprimés », y est créée La Ligue de Fiume qui dénonce le « trust mondial des Etats riches » qu'est la SDN. Assez peu présente au sein de l'Italie fasciste, c'est dans l'Allemagne des années vingt et trente que la tendance va poursuivre son chemin. On l'observe avant tout au sein de l'aile gauche du NSDAP et chez les nationaux-révolutionnaires (NR) qui en sont, souvent, proches. Deux personnages sont ici à mentionner : Johann von Leers et Friedrich Hielscher. Le premier se rallie au régime national-socialiste et y fera carrière « tout en conservant certaines caractéristiques typiques de l'aile gauche de la NSDAP » tandis que le second y est hostile et en viendra même à le combattre, ayant probablement mal supporté (comme beaucoup de ses camarades NR) de ne pas avoir réussi à faire plus de place à ses idées dans la nouvelle Allemagne... Il faut dire qu'Hielscher, qui avait publié en 1927 un appel aux peuples opprimés d'Asie et du monde arabe -vus comme alliés naturels du peuple allemand face au rationalisme et au culte de l'argent occidentaux- avait sans doute une différence d'appréciation dans la politique à mener envers les peuples non-européens par rapport à la doctrine nationale-socialiste. Si Hitler ou Rosenberg pouvaient, comme on le sait, professer des sentiments bienveillants envers telle culture étrangère ou tel peuple non-européen, la « défense de la race » étaient, pour eux, primordiale et passait bien avant toute considération « anti-impérialiste ». Ne lisait-on pas dans Mein Kampf l'affirmation suivante :

    « En raciste qui se base sur la race pour estimer la valeur du matériel humain, je n'ai pas le droit de lier le sort de mon peuple à celui des soi-disant « nations opprimées » connaissant déjà leur infériorité raciale »

    Rosenberg, quant à lui, « pressent(ait) qu'un jour le flot montant des peuples de couleur pourrait trouver une direction nette et une forme d'unité grâce à l'islam ». La citation suivant, relevée une fois encore par l'auteur, provient du Mythe du Xxe siècle:

    « Face à cette haine des races bâtardes de couleur, conduites par l'esprit fanatique de Mahomet, qui s'allieront peut-être un jour, les races blanches ont plus que jamais toutes les raisons de prendre garde. » Prophétique comme dit Baillet !

    Après 1945 et durant deux décennies, l'autre tiers-mondisme entre dans « le temps des réseaux ». Toujours ultra-minoritaire, cette tendance est portée par plusieurs personnages de la droite radicale européenne sur lesquels Philippe Baillet revient plus ou moins longuement : Johann von Leers à qui il consacre un long chapitre, François Genoud, aventurier et éditeur suisse haut en couleur, Maurice Bardèche et d'autres. A partir d'un examen détaillé de leurs écrits, l'auteur estime qu'ils faisaient « leur révolution par procuration à travers Nasser, le FLN algérien et un islam largement fantasmé » (il parle pour Bardèche d' « islam de salon fabriqué à Paris ») ; à l'instar de la gauche française qui, après 1968, a projeté « toutes ses attentes sur le Nouveau Monde latin » (de Guevara et Castro à Chavez). La critique de Baillet va plus loin : les personnages mentionnés oublient la dimension raciale du « fascisme du phénomène européen » et voient du fascisme là où il n'y en a pas (car le fascisme est européen martèle-t-il). Ils auront toutefois de nombreux continuateurs...

    Dans les années 1960, l'autre tiers-mondisme, dans sa version politique et laïque, va prendre un réel essor et se structurer théoriquement parlant par l'action du belge Jean Thiriart. Pionnier dans ce domaine, il va développer grâce à ses écrits (dont les journaux « Jeune Europe » puis « La Nation Européenne ») et au mouvement politique « Jeune Europe » l'idée d'une Europe puissance, unitaire et communautaire. S'il prône l' « anti-impérialisme » et l'alliance des militants NR européens avec ceux du tiers-monde, sa vision reste strictement eurocentrique : « il fut très certainement celui qui alla le plus loin dans l'affirmation d'un autre tiers-mondisme politique, mais il fut aussi celui qui se montra le plus incurieux et le plus méprisant envers les peuples et cultures du tiers-monde ».

    Thiriart et son mouvement eurent une influence non négligeables sur bien des militants (Christian Bouchet ou Claudio Mutti pour les plus réputés) et on retrouva cette postérité chez des organisations telles que 3ème Voie ou Nouvelle Résistance. En Italie, cette postérité fut un peu plus importante, favorisée par Claudio Mutti qui avait été l'un des principaux cadres de Jeune Europe dans ce pays ; citons par exemple le cas du quotidien « de gauche nationale » Rinascita (qui paraît toujours aujourd'hui). Quoi qu'il en soit, la haine des Etats-Unis (désignés comme « l'ennemi principal ») de Thiriart et ses thèses auront été une étape très importante du logiciel intellectuel et militant d'une certaine partie de la droite radicale européenne qui va désormais se désigner comme nationale-révolutionnaire (en Italie, ce terme s'appliquera justement à ceux ne se reconnaissant pas dans le MSI). Par ailleurs, il faut souligner que l'anti-américanisme de Thiriart était plutôt sommaire ; il sera par la suite fortement approfondi, en particulier au sein de la Nouvelle Droite...

    Les idées relevant de l'autre tiers-mondisme se retrouveront également dans le « traditionnalisme-révolutionnaire », sorte de synthèse d'idées d'Evola, de Thiriart et de la gauche fasciste dont le principal organe en France fut la revue « Totalité » (publiée chez Pardès) à partir de 1977. Le soutien à des formes d'islamisme radical y est clair dans plusieurs numéros (auxquels Baillet a lui-même contribué, ayant eu des optiques quelque peu différentes à cette époque)... N'oublions pas l'impact qu'eût alors la révolution iranienne sur les milieux NR! L'attrait envers l'islam devint prépondérant chez certains des acteurs de ce courant, en particulier Claudio Mutti qui « illustre à la perfection les ravages que peut exercer la passion antijuive, y compris chez les plus cultivés et les plus intelligents ». Mutti s'est ainsi converti à l'islam et a abandonné toute forme de racialisme pour se rallier à une vision du monde universaliste (y voyant même une continuité avec le combat national-socialiste!)... Les militants d'aujourd'hui auront bien du mal à le comprendre mais l'islam, il y a trois ou quatre décennies, paraissait à certains un allié de choix. Baillet cite ainsi Alain de Benoist qui écrivait dans Eléments en 1985 que : « Le réveil de l'islam n'est pas à nos yeux une menace mais bien plutôt un espoir. » La passion anti-américaine a fait elle aussi des ravages...

    L'auteur du Parti de la Vie examine également l'influence qu'a eu (et a encore) René Guénon. Souvent bien vu dans une partie de nos mouvances, ce converti, qui demanda même la nationalité égyptienne, n'en reste pas moins un auteur méprisant « l'Occident » (donc l'Europe) et idéalisant l'Orient. Aucun racialisme chez lui dont « bon nombre de vues (…) doivent être combattues sans modération ». Ayant contribué à l'entretien d'un climat islamophile en France et ailleurs, Guénon a eu beaucoup de continuateurs plus ou moins directs jusqu'à aujourd'hui. Baillet explore cet aspect culturel de l'autre tiers-mondisme en soulignant à quel point le « parti islamophile » en Europe est dangereux et difficile à combattre à cause de son « caractère polymorphe ». Ayant des ramifications partout (de la politique aux médiats en passant par l'administration et le monde universitaire), le « parti islamophile » voit l'immigration de peuplement comme inévitable et considère que l'implantation de l'islam est positive (quelles qu'en soient les modalités). L'islam a fasciné voire conquis plusieurs tenants de l'autre tiers-mondisme mais souvent pour de mauvaises raisons. Baillet, bon connaisseur de cette religion, revient sur ces errements dans un petit chapitre passionnant : il démonte l'idée de l'islam comme vecteur de virilité (argument souvent cité) et démontre que le double discours, le « mensonge par omission », la « tromperie active » sont des armes qui peuvent être couramment employées par les musulmans en accord avec leurs préceptes religieux et leur objectif de conquête...

    Ces dernières années, bien des positions islamophiles liées à tort ou à raison à la droite radicale sont devenues monnaie courante dans ce que Philippe Baillet appelle le « philo-islamisme radical ». Celui-ci est généralement lié à un « sous-marxisme rustique typiquement tiers-mondiste » ou est « emprunt de complotisme à la faveur du développement exponentiel de la « foire aux Illuminés » ». Bien différent du « fascisme comme phénomène européen », ses traits principaux sont : une indifférence plus ou moins marquée envers la « défense de la race blanche », une « véritable passion antijuive » et anti-américaine, une grande hostilité à la finance et au capitalisme, une sympathie pour toutes les causes « anti-impérialistes » et pour l'islam comme religion ou civilisation (l'Islam dans ce cas). Que nous partagions certaines idées de ce courant ne nous en rend pas forcément proche, et je rejoins en cela l'auteur. Celui-ci souligne la diversion effectuée par cette sensibilité chez un grand nombre de personnes qui oublient par ce biais «la priorité absolue» en ce « moment capital de l'histoire de la civilisation européenne »: la perpétuation des peuples européens (de leur partie saine tout du moins). De Roger Garaudy, « illuminé christo-islamo-marxiste » à Carlos et son internationalisme en passant par le chantre de la réconciliation Alain Soral qui « s'inscrit parfaitement (…) dans la vieille tradition des chefaillons et Führer d'opérette chers à la droite radicale française », nombre de figures chères à la frange la plus islamophile de nos mouvances sont ici égratignées par Baillet qui n'a pas son pareil pour souligner leurs contradictions (quand Soral se prétend "national-socialiste français" par exemple)... ou rappeler à notre bon souvenir certaines énormités ou actes pas reluisants. Il souligne ainsi les tentatives d' « islamisation » de la « mouvance nationale » en prenant le cas d'une association telle que celle des « Fils de France » qui se veut un « rassemblement de musulmans français patriotes » et qui a reçu, entre autre, le soutien d'Alain de Benoist. Le philo-islamisme de ce dernier se manifeste depuis bien longtemps. Baillet rapporte d'ailleurs plusieurs citations de celui qu'il qualifie de « toutologue » à ce sujet! Plus ou moins récentes, elles permettent de mieux comprendre le personnage (voir plus haut)... Autant dire qu'on ne peut qu'aller dans le sens de Baillet lorsqu'il argue de l'étendue et de la diversité du « parti islamophile » en France. « Ce n'est pas du tout rassurant », en effet ! Le « parti islamophile » est bien enraciné et doit être combattu « sans faiblesse » partout où il se trouve. Un peu d'espoir cependant :

    « Aujourd'hui, on peut penser que « l'autre tiers-mondisme » est voué à connaître, dans les milieux de la droite radicale européenne, un certain reflux, à cause des craintes légitimes engendrées par l'immigration de peuplement, l'installation durable de l'islam dans le paysage ouest-européen, le développement de l'islamisme radical, les crimes du terrorisme islamiste. »

    Les Européens et leur survie

    La dernière partie de l'autre tiers-mondisme a une dimension beaucoup plus militante. C'est un véritable appel à la résistance face à l'islamisation de notre continent et à son invasion. D'où la nécessité d'avoir étudié les différentes formes de l'autre tiers-mondisme et du « parti islamophile ». Philippe Baillet considère en effet que « la crainte ou la peur de l'islam (…) est parfaitement justifiée » mais le combat contre cette religion doit, avant tout, être mené dans une perspective identitaire, en démontrant toujours plus que l'islam est « incompatible avec l'héritage spirituel et culturel européen ». Il examine (et critique le cas échéant) pour cela les écrits de Guillaume Faye et de Renaud Camus, deux auteurs connus pour leur lutte contre l'immigration-invasion et le « grand remplacement ». Regrettant le rejet par le FN de ce dernier thème et donc le renoncement de fait à celui de la remigration, Baillet estime que ce parti ne peut parvenir au pouvoir légalement étant donné la part grandissante du poids représenté par le vote musulman en France (on peut illustrer la justesse de ce propos avec le cas récent de Londres ou celui, plus ancien, d'Anvers). Qu'a-t-on à attendre de la République française de toute façon ? Elle « n'est que l'affreux miroir grimaçant de la décadence ininterrompue et toujours aggravée du pays. » De plus :

    « C'est une illusion de croire que l'on pourra sauver la France de l'islamisation en défendant un régime qui, depuis plus de deux siècles, a tout fait pour détruire chez les Français jusqu'aux dernières traces de conscience raciale. »

    Face à l'uniformisation, à « l'effacement de toute humanité différenciée » et à « l'avènement définitif du métis planétaire », de « l'homme remplaçable, interchangeable, substituable à merci », qui sont en somme les « visées profondes du mondialisme », Baillet propose quelques pistes doctrinales, en premier lieu, il loue le « rôle socialement protecteur du préjugé » (thème qu'il explicite plus avant à partir des écrits des conservateurs anglo-américains, Burke en priorité) qui est l'un des « mécanismes de défense immunitaire collective », surtout en ce qui concerne la race. Sa défense est notre combat premier et même si le fait racial « fait de la résistance » par lui-même, le racialisme « ennemi absolu des mondialistes » doit être notre horizon.

    « En effet, parce qu'il est radicalement anti-universaliste, le racialisme est seul à même d'assurer dans l'avenir le maintien de la diversité des races, des cultures et des peuples contre le rouleau compresseur de l'uniformisation. »

    En France (mais le constat est le même dans le reste de l'Europe de l'Ouest), l'Etat est « illégitime, tyrannique et criminel », il étend en parallèle son emprise totale sur la vie des citoyens en usant en particulier de l'ingénierie sociale (l'auteur mentionne le très bon ouvrage Gouverner par le chaos), nous devons, en conséquence, absolument résister. En effet, « contre un pouvoir qui n'a plus pour lui que la légalité, l'insurrection s'impose », d'autant que « le pouvoir mondialiste ne renoncera à aucun de ses objectifs mortifères. » Il y met toute sa hargne comme sa propagande incessante et sa répression le démontrent. « La sous-humanité du petit bonheur » qu'il propose est un leurre mais les Européens fatigués, lassés « de vivre et de combattre » sauront-ils retrouver un mythe mobilisateur ? Je vous laisse découvrir l'avis de Baillet sur la question... Il ne vous laissera pas indifférent.

    Conclusion

    Ouvrage dont la double dimension -histoire des idées et optique militante- m'a fortement plu, je ne saurais trop conseiller la lecture attentive de l'autre tiers-mondisme. Ce livre éclaire, démythifie et dénonce bien des idées reçues (par exemple, le manque complet de reconnaissance que les musulmans ayant travaillé avec des membres de la droite radicale ont toujours professé à l'égard de ces derniers...). Il se fait fort de rappeler les fondements essentiels de notre combat et montre que bien des errements sont à corriger dans la "mouvance" (dans certaines de ses sensibilités tout du moins). Comment certains peuvent-ils encore vouloir frayer avec un islam qu'ils fantasment et qui est complètement contraire à ce que nous sommes? « Le Coran est parfaitement indifférent à la dimension raciale » rappelle Baillet. Certains n'avaient peut-être pas encore compris...

    J'imagine que l'autre tiers-mondisme fera réagir, ce qui est normal, mais il serait bien malhonnête de mettre en doute le travail de Philippe Baillet qui a épluché une variété de sources immense et n'omet jamais de citer ses références. Pas comme d'autres...

    Rüdiger / C.N.C.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/le-cercle-non-conforme/

  • L’été radical de toutes les droites…

    Sécurité-immigration-islam, immigration-islam-sécurité, islam-sécurité-immigration ! C’est peu dire que ce triptyque sert de viatique, cet été, aux droites françaises. Et pas seulement à son extrême. L’actualité dramatique des attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray l’a installé, durablement, au coeur du discours politique. En prévision de la primaire de novembre, puis de la campagne présidentielle elle-même.

    Le meurtre de masse (85 morts et des dizaines de blessés) perpétré à l’aide d’un « camion fou » sur la Promenade des Anglais, le 14-juillet à Nice, par un ressortissant tunisien inconnu des services de renseignements a, immédiatement, été l’occasion d’une polémique. Ouverte par Christian Estrosi, premier adjoint (LR) au maire chargé, entre autres nombreuses délégations, de la sécurité, elle a porté sur les effectifs et le positionnement de la police nationale le soir du feu d’artifice.

    Balayant l’unité nationale qu’un tel événement tragique aurait pu et dû susciter, cette polémique s’est rapidement polarisée autour du ministre de l’intérieur. Quelques rares personnalités du parti « Les Républicains », relayés en fanfare par le Front national, ont alors réclamé la démission de Bernard Cazeneuve. La sécurité en général et l’incapacité supposée du gouvernement a assurer celle des Français était au centre des « débats ».

    En l’espèce, les attaques récurrentes contre Cazeneuve avaient un côté surréaliste dans la mesure où Nice est une des villes les plus vidéo-surveillées de France. De plus, il se trouve que le camion conduit par le tueur – son appartenance à Daech a été revendiquée par l’organisation terroriste – avait circulé dans la ville, les 12 et 13 juillet, alors que cela lui était interdit. La vidéo-surveillance, dont la responsable a été la première à accuser le cabinet du ministre de l’intérieur, n’avait rien détecté, ni rien empêché.

    « Une juge rouge adepte de la politique de désarmement pénal »

    Douze jours plus tard, le 26 juillet, la France était à nouveau en état de sidération. Le père Jacques Hamel (85 ans) était égorgé par deux islamistes français alors qu’il célébrait une messe matinale devant quelques fidèles à Saint-Etienne-du-Rouvray, commune située à côté de Rouen. C’était la première fois, en Europe, que des terroristes assassinaient un homme d’église sur son lieu de culte en plein office. Là aussi, Daech était en cause.

    Alors qu’à Nice, la sécurité avait été mise en cause par la droite et son extrême, à Saint-Etienne-du-Rouvray, c’est la justice qui était montrée du doigt… par les mêmes. Le mise en liberté sous bracelet électronique d’un des deux tueurs était l’objet d’une nouvelle polémique. « C’est une juge rouge adepte de la politique de désarmement pénal de Christiane Taubira qui avait pris la décision de ne pas enfermer ce terroriste », assenait ainsi, au prix de raccourcis saisissants, le directeur du très droitier hebdomadaire Valeurs actuelles.

    Dans les deux cas, ces crimes ont déclenché une « guerre d’édition » sur les réseaux sociaux. Twitter, comme d’habitude, a été à la pointe des attaques où l’islamophobie le disputait aux poussées sécuritaires les moins contrôlées. Le courageux anonymat, largement développé sur ce réseau, favorisait le racisme, l’injure, la diffamation ou toutes autres sortes de débordements extrémistes.

    Une opération de communication de la droite ultra

    C’est dans ce contexte tendu et attisé de façon radicale qu’est intervenue, le 3 août , l’évacuation par la police, à l’heure du laitier, de Sainte-Rita, église du 15e arrondissement de Paris occupée illégalement par des intégristes depuis des mois. La date choisie – quelques jours après l’enterrement du père Hamel – n’était probablement pas la plus judicieuse mais n’importe quelle autre date aurait provoqué la même récupération par une partie de la droite et de l’extrême droite.

    Là encore, Twitter a montré sa capacité de mobilisation et de démultiplication de la polémique. C’est par ce réseau que les monarchistes de l’Action française ont rameuté quelques paroissiens d’occasion pour venir défendre Sainte-Rita « contre la République ». C’est aussi par ce canal que des élus (LR) du 15e se sont donnés le mot pour s’opposer physiquement à l’évacuation réclamée tant par l’ex-propriétaire des lieux – l’Association des chapelles catholiques et apostoliques – que par l’acquéreur – une société immobilière – et validée par le Conseil d’Etat.

    Cette intervention musclée a donné lieu à une opération de communication de la part de la « droite ultra » dans le genre « divine surprise ». Cette opération a été parfaitement décortiquée et analysée par le quotidien catholique La Croix, puis par le quotidien libéral Le Figaro. Volontairement ou involontairement – primaire pré-présidentielle oblige -, des élus de droite se sont prêtés à cette manipulation. Il est vrai que l’essentiel était de dénoncer « l’absence de discernement du pouvoir socialiste ». Comme dans les attentats du mois de juillet. Quitte à faire du buzz pendant quelques jours seulement !

    Francetvinfo

    http://www.voxnr.com/371/lete-radical-de-toutes-droites

  • Melania Trump : vers une mise en cause de sa nationalité américaine

    Le harcèlement ne fait que commencer… afin d’impliquer directement Donald Trump dans une fraude à l’immigration.

    Madame Trump était « catinisée » sur fond de photos osées datant de 1995. Les limiers « ensoldés » par les faussaires de la « reine de la corruption » (sic Trump) sont maintenant occupés à lui faire perdre sa nationalité américaine.

    Le New York Times (NYT) a fait preuve de professionnalisme cette semaine. Négligeant la futilité d’événements insignifiants comme la confirmation que madame Clinton est une menteuse en série (elle se permet de contredire deux fois le directeur du FBI dans l’affaire des courriels du département d’État), tout comme son mentor Obama (sur la rançon « qui n’est pas une rançon » de 400 millions de dollars payée aux Iraniens), le journal poursuit son attaque contre le trophée de Trump, créant une cascade de reprises sur les chaînes câblées.

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  • Croire ou ne pas croire en la rééducation des terroristes

    Bernard Plouvier 

    Depuis trois millénaires et demi - d’abord avec Akhenaton-Aménophis IV, 14 siècles avant notre ère, puis avec Zoroastre 7 siècles plus tard, enfin avec Jésus de Nazareth -, on nous assure que la création serait belle et bonne, puisqu’étant issue d’un dieu bon… même si un dieu mauvais ou des anges dévoyés devenus démoniaques l’auraient pervertie.

    En Europe occidentale, il fallut attendre le XVIIe siècle après J.-C. pour généraliser cette autre croyance absurde : l’agressivité humaine serait le fruit de la peur et de l’ignorance. En conséquence, depuis le milieu du XVIIIe siècle, une invraisemblable quantité de réformateurs optimistes se sont proposé d’éduquer les humains, puis de les rééduquer après un passage à la délinquance ou au crime.

    Pourtant, il existe à peu près autant d’observateurs du monde animal et de son soi-disant chef d’œuvre, l’Homo sapiens sapiens, qui, après de longues études et de saines réflexions, ont considéré que l’avidité, la jalousie et la joie de nuire à autrui étaient des facteurs bien plus puissants que la peur et l’ignorance pour expliquer la haine, les pulsions meurtrières, la méchanceté gratuite, toutes choses qui trouvent un moderne apogée dans le terrorisme islamique, actuel sommet de l’agressivité de la bête humaine, ayant détrôné le marxisme au hit-parade de la nuisance suprême.

    De fait, en dépit d’une alphabétisation générale (du moins en zones occidentales), malgré de fabuleux progrès scientifiques et techniques, le XXe siècle de l’ère si mal dénommée « chrétienne » fut sans conteste le plus sanglant et le plus inhumain de l’histoire humaine. On reconnaît volontiers que la préhistoire semble avoir été assez sordide, mais l’on connut, à compter de 1914, de nombreux exemples de cannibalisme et de tortures immondes, et l’on en vint même à redonner une actualité aux génocides bibliques. Le XXIe siècle, à peine entamé, s’avère pire encore, par l’agitation de millions de sous-doués qui veulent imposer à l’humanité la barbarie et l’obscurantisme musulmans.

    L’éthologie comparée nous enseigne que ni le rire ni la guerre intra-spécifique [au sein de la même espèce] ne sont le propre de l’homme… tant pis pour Aristote et une foule d’auteurs ignares. Anéantissant impitoyablement une multitude d’œuvres de profonds penseurs béats (philosophes, sociologues, économistes, éducateurs, psychologues, sans oublier les imposteurs de la psychanalyse), l’histoire humaine des deux derniers siècles nous apprend que la rééducation des grands criminels autant que celle des petits délinquants est statistiquement illusoire.

    Un terroriste n’est pas un « fou d’allah » ou de n’importe quels autres divinités ou cultes politiques. C’est soit un psychotique délirant (en langage populaire, un fou dangereux), soit un psychopathe, incapable d’agir efficacement dans une société, et d’autant plus avide de sentir sa toute-puissance s’exercer sur des proies, faciles parce que désarmées, soit un sociopathe, un tueur en série qui procure à sa haine sociale l’alibi d’une soi-disant noble cause, religieuse ou politique.  

    Le terrorisme est en soi un acte de guerre. C’est l’expression la plus achevée de la haine envers l’humanité dans son ensemble ou envers une société particulière. C’est le summum de la joie de nuire à un prochain anonyme, pour des fanatiques politiques ou religieux, mais aussi pour d’innombrables petites frappes incultes, passées de la délinquance et du crime de droit commun à la féérie activiste.

    Ne pas y répondre de façon appropriée est la pire erreur que l’on puisse commettre : c’est encourager à la récidive. Par leur faiblesse dans la réaction à la barbarie islamique, les adultes d’Europe occidentale et scandinave sont grandement fautifs, mettant en danger la jeune génération de souche européenne qu’ils ont pourtant le devoir de protéger. Il n’est qu’une réponse au terrorisme : l’élimination radicale des acteurs, des inspirateurs et des complices.

    En outre, comme l’unique cause actuelle de terrorisme en Europe est l’islam djihadiste, les Européens de souche doivent organiser le grand retour en terres de charî’â des musulmans. L’adage « Chacun chez soi » demeure le fondement d’une société saine. Le dogme « un continent  = une race » doit demeurer la règle, les amateurs de brassage racial ayant le très vaste continent des Trois Amériques pour assouvir leur penchant.

    Les européens doivent abandonner, sans regret ni esprit de retour, la dangereuse absurdité d’une amélioration des mentalités humaines, parallèle aux progrès scientifiques et techniques, ainsi que l’illusion grotesque de la rééducation possible des canailles et des crapules. L’homme, produit de sa génétique, demeure moralement inchangé depuis la préhistoire, comme demeurent immuables les comportements de toutes les autres espèces animales.

    Qui est génétiquement programmé pour être une canaille ou une crapule peut résister à la tentation du passage à l’acte, grâce à ses facultés de libre-arbitre et de transcendance, devenant un saint. Mais s’il cède une fois à la part pourrie de son programme génétique, il récidivera dès qu’il en aura la possibilité.

    Un saint est un personnage admirable, mais il n’en est pas moins une exception. L’assassin, le terroriste, le violeur, le trafiquant de drogues et d’armes sont les équivalents humains de la bête féroce, mais en pire, car l’homme (c’est un terme générique « qui embrasse la femme »… enfin pas tous et pas toutes) est doté d’une intelligence et d’une inventivité, donc d’une malfaisance, bien supérieures à celles des autres espèces animales.

    Une fois admises ces notions, il faut en tirer toutes les conséquences.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2016/08/02/croire-ou-ne-pas-croire-en-la-reeducation-des-terroristes-5832783.html

  • Les entreprises françaises sont les plus taxées d'Europe

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    Source

    Philippe Carhon

  • André Gérin : « La France est gangrenée par l’islamisme »

    « La France est gangrenée par l’islamisme » écrit André Gerin, ancien député-maire (PCF) de Vénissieux (Rhône), dans une lettre à François Hollande qu’il lui a expédiée le mardi 26 juillet, alors qu’un « nouvel attentat barbare de l’État islamique était en train d’avoir lieu à Saint-Etienne-du-Rouvray ». C’est cette lettre que nous publions ci-dessous dans son intégralité.

    Monsieur le Président de la République, Cher François,

    J’ai écouté attentivement vos interventions lors du soutien que vous avez exprimé en direction des familles des victimes de l’attentat de Nice et plus largement au peuple niçois. C’est en ma qualité de communiste et républicain que je me permets de réagir car je considère que l’heure est grave.

    Dans votre discours, vous avez appelé la France « à faire bloc », en leur assurant que « l’exécutif ne céderait pas face à une guerre que le terrorisme nous livre ». Cet appel ne sera entendu que si vous affichez votre détermination et votre fermeté pour lutter contre le terrorisme. Les Français veulent avoir la certitude que le gouvernement met tout en œuvre pour les protéger. Jusqu’à ce jour, le peuple a fait preuve d’une infinie patience, d’un remarquable sang-froid face à la barbarie et aux violences quotidiennes qui traversent notre pays. Mais jusqu’à quand cette patience va-t-elle durer ? Notre démocratie est en danger. Le délitement de la société que l’on a tous constaté, contient des germes de guerre civile. Il ne faut pas non plus exclure un séisme d’une ampleur inconnue que la crise politique et sociale peut provoquer.

    Un big-bang politique s’impose de toute urgence. C’est une initiative inédite qui vous appartient et dont vous pouvez avoir l’autorité. Elle doit être solide et durable sur cinq ans sur la question du terrorisme, avec la mise en commun d’un diagnostic partagé et l’apport de réponses politiques prépondérantes. Vous avez d’ailleurs franchi un premier pas lorsque vous avez remercié la gauche comme la droite d’avoir voté le prolongement de l’état d’urgence. Notre pays vit une terrible épreuve. C’est peut-être l’occasion pour vous, Président de la République, de réunir, sans a priori, toutes les forces politiques républicaines. Un geste fort qui permettrait de créer une réelle dynamique. Car un diagnostic vital de la situation de notre pays est obligatoire.

    Gauche comme droite doivent nécessairement changer leur logiciel et sortir de leur condition partisane tellement surannée et rejetée par la majorité des électeurs. Il ne faut pas que se reproduise le spectacle minable qu’une partie de la droite nous a servi au lendemain de l’attaque terroriste de Nice, tellement obnubilée par les élections de 2017. Le Parti socialiste avait eu des agissements analogues lors des attentats de Montauban et de Toulouse en 2012.

    Les Français, durement éprouvés, en ont plus qu’assez de la vie politique telle qu’elle fonctionne dans notre pays. Le moment est donc venu d’ébranler nos certitudes, nos dérisoires et ridicules querelles politiciennes.

    Nous le savons, l’ennemi est immergé au sein de la population et dans nos villes. Le terreau sur lequel les terroristes islamistes nourrissent leur violence est lié aux trafics de drogue, d’armes et à la misère endémique.

    Je l’affirme haut et fort : Oui la France est gangrenée par l’islamisme. Depuis les années 1990, nous savons où se loge la radicalisation qui s’est développée et n’a cessé de se renforcer. C’est dans les banlieues que les idéologies islamistes et salafistes se sont implantées. Cette période a connu l’arrivée en masse, d’anciens islamistes algériens du Front islamiste de salut, mais également celle du Groupe islamiste armé (GIA), époque où ils ont quitté l’Algérie en pleine guerre civile (Nice et ses environs sont apparus comme des destinations géographiques évidentes). Personne dans le Rhône, n’a oublié Khaled Kelkal, membre du GIA, impliqué dans plusieurs attentats meurtriers au cours de l’été 1995 dont celui du métro Saint-Michel – huit morts et 117 blessés.

    A partir de cette période, une véritable idéologie de rupture et de haine de la France s’est développée, pourrissant la tête de nos gamins et la vie de nos quartiers. Elle s’est insinuée tel un virus idéologique, communautariste, antisémite, complotiste, anti France et anti-blanc, diffusant en continu sa haine de la France. En 2004, j’ai fait expulser de France, l’imam Bouziane de Vénissieux, l’un des responsables salafistes au plan national. Rappelons-nous les trois semaines d’émeute en novembre 2005, sous influence des islamistes. Leur cible prioritaire : brûler des voitures et frapper les symboles de la République. 800 communes touchées. Des milliers de voitures incendiées et des centaines de symboles de la République visés.

    Reconnaissons-le honnêtement : Oui, il y a des territoires perdus de la République.

    Quand les ghettos sociaux deviennent des ghettos ethniques, le constat est clair : le quartier n’est plus black, blanc beur, c’est le communautarisme qui prédomine et la loi de la charia qui devient la norme dans l’espace public. Certes avec effroi, nous observons que ceux qui applaudissent les crimes et la barbarie à Charlie Hebdo, l’hyper casher et Nice, ont pour héros Kelkal ou Mérah.

    Certains de nos adolescents ne se considèrent pas comme étant français. Ils sont d’abord et avant tout musulmans. Ils l’affirment avec arrogance et nous distillent les discours préformatés et victimaires qui leur ont été inoculés. Ce sont les mêmes qui contestent violemment les cours d’histoire, de biologie ou de sciences naturelles. Dans de nombreux territoires de notre pays, sévissent enfermement et endoctrinement qui révèlent la dimension prégnante de l’islam politique.Cette emprise idéologique, culturelle et spirituelle est une entrave à l’intégration républicaine. Elle est toujours sous-estimée, voire ignorée et pèse lourdement sur la communauté musulmane.

    C’est cette chape de plomb idéologique qu’il faut faire sauter car elle nourrit l’amalgame. Avec l’islam instrumentalisé, sont mises en avant des revendications ethno-religieuses portées par des jeunes radicalisés, en voie de délinquance, qui deviennent la proie des salafistes.

    Monsieur le Président, nous ne pouvons plus tourner autour du pot quoi qu’il en coûte à notre confort personnel, intellectuel et politique avant que la société n’explose. Renforçons les mesures sécuritaires et militaires. Faisons-le sans état d’âme.

    Sortons de l’emprise de ceux qui opposent sécurité et liberté et de cet angélisme culpabilisant. Refusons sans ambages les postures désarmantes encore vivaces à gauche, relayées par des médias et des intellectuels, au nom de la culture de la tolérance et du doute, et condamnons les discours gauchistes anti-flics et anti-Etat qui écœurent les classes populaires, dégoûtées par ce catéchisme moral et anti raciste.

    Là-aussi, monsieur le Président de la République, le gouvernement ne doit pas transiger. Je pense que nous devons nous diriger vers une concorde nationale.

    Droite et gauche doivent s’unir face à cet impératif : assumer le diagnostic commun en définissant l’ennemi intérieur. C’est la seule manière de lutter contre la barbarie de l’idéologie islamiste. C’est ce qu’attend le peuple de France. De l’audace, du courage politique et de la fermeté.
    J’ai quelques propositions à vous soumettre :

    • Dans l’immédiat, le retour renforcé de l’autorité régalienne de l’Etat et la remise en cause du laxisme pénal. La hausse massive des budgets régaliens et de sécurité est prioritaire dès maintenant. Nous devons apprendre à vivre avec le risque terroriste pour renforcer la cohésion nationale.
    • Lorsque j’étais député, j’avais déposé le 11 mai 2005, la proposition de loi n° 2316 relative à la création d’un service civique national obligatoire, mixte, dès l’âge de 16 ans. C’est peut-être une idée à reprendre afin de renouer avec l’esprit du service militaire de conscription, en finir avec les cloisonnements et la ghettoïsation, recréer la cohésion autour de la Nation et faire revivre l’esprit patriotique.
    • La loi contre le port du voile intégral doit être appliquée. Il ne faut plus tergiverser sur ce sujet. Cela nécessite de véritables moyens dans les commissariats de police concernés mais aussi, d’impliquer directement les responsables du culte musulman dans leur coresponsabilité vis-à-vis de la loi républicaine.
    • Mettre hors d’état de nuire les terroristes potentiels, revoir la question des frontières nationales. Elles sont à réhabiliter en terme de protection. Par ailleurs, il y a obligation de retrouver la maîtrise des flux migratoires.

    J’ai la conviction qu’il nous faut franchir une étape sans précédent pour rétablir l’ordre républicain et redonner à l’État, son autorité et sa légitimité. Voyons ce qui se passe depuis le 14 juillet, voitures brûlées, caillassage, guet-apens, et ces jours-ci dans l’Oise, à Beaumont-sur-Oise et dans les environs. Pour moi il n’y a pas de hasard, tout se tient.

    Cette réalité enkystée dans la société depuis plusieurs décennies, entretient ce que j’ai coutume d’appeler une gangrène où tous les oiseaux de malheur, trafiquants et salafistes en profitent pour pourrir la vie et la République. Il faut en finir avec cette banalisation et appliquer la tolérance zéro. Cela va des incivilités, aux actes criminels, en passant par le non-respect de la loi, dans tous les lieux et pour tous les domaines.

    Voilà, monsieur le Président de la République, cher François, ce que je souhaitais vous exprimer suite à votre appel.

    Dites aux Français que vous avez confiance en eux, comme chef de guerre contre le terrorisme islamiste.

    Dites à nos concitoyens musulmans qu’ils doivent se mobiliser autour d’un islam spirituel compatible avec la République et contre ceux qui instrumentalisent leur foi, en dénonçant les intégristes, les idéologies salafistes et les frères musulmans.

    Affirmez votre détermination et votre fermeté. C’est un appel à la mobilisation de tous, de tous les instants afin de créer un grand mouvement populaire et citoyen pour un sursaut républicain et un réveil civique.

    Car nous avons tous mal à la France.

    Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, Cher François, l’expression de ma haute considération.

    André Gerin

    Texte repris du blog d’André Gerin

    http://fr.novopress.info/

  • Nicolas Sarkozy évoque le Grand remplacement

    Même s'il condamne officiellement Nadine Morano et ne veut plus entendre parler de Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy semble avoir compris que la primaire et les présidentielles se gagneront sur les questions identitaires. Le Lab d'Europe 1 souligne les similitudes entre les propos de Nicolas Sarkozy et ceux de Jean-Marie Le Pen :

    "Aujourd'hui, vous additionnez l'Europe et les États-Unis, on est moins de 800 millions dans un monde de 7 milliards de personnes. Forcément, la civilisation européenne, qui s'est toujours vécue comme dominante, réalise qu'elle ne pèse désormais qu'à peine 10 % de la population mondiale. La civilisation européenne se sent devenue minoritaire. La démographie fait l'Histoire, et non le contraire. Voici ce qui explique notamment les interrogations européennes. L'axe du monde est clairement passé vers l'Afrique et l'Asie. Il nous faut réagir, ou on disparaîtra". [Nicolas Sarkozy, interview au Point le 5 août 2016]

    "Si l’on compare le chiffre de population de l’Europe que j’appelle "boréale", de Brest à Vladivostok, il y a 750 millions d’habitants. En face, 7 milliards. Ils ont 45 ans de moyenne en Europe, ils ont 20 ans de moyenne d’âge dans le reste du monde. La différence ne cessera de progresser, la misère de grandir dans tous ces pays et la pauvreté dans les nôtres. Des conflits très violents vont intervenir déclenchant des torrents migratoires de gens qui essayeront de fuir le désastre et qui considèrent que l’Europe est le radeau de la méduse qu’il faut gagner à tout prix. [Jean-Marie Le Pen, avril 2014]

    S'ils ne veulent pas se faire dépasser sur leur droite comme en 2007, Marine Le Pen et le FN devraient réfléchir à ce tweet de Droite nationale, antérieur aux propos de Nicolas Sarkozy :  

    Philippot, Marine Le Pen et la stratégie "apaisée" : ils ont piégé Sarkozy et la droite http://a.msn.com/01/fr-fr/BBv1whR?ocid=st 

    Philippe Carhon

  • [Revue de presse] Questions internationales #79 et 80: Le réveil des frontières, des lignes en mouvement

    2897454109.gifLa revue Questions internationales, éditée par la Documentation française propose un double numéro pour les mois de mai à août 2016 autour d'un sujet aussi important qu'épineux : les frontières. C'est en tout cas un sujet essentiel, la planète comptant 252 000km de frontières internationales terrestres d'après Michel Foucher, géographe, ancien ambassadeur et titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d'étude mondiale.

    Le présent numéro est d'emblée à intégrer dans toute bonne bibliothèque tant il est vivifiant et loin de la propagande mainstream du petit milieu journalistique parisien et des réseaux qui financent les No Borders. Le dossier se structure autour de quatre grands thèmes : « De l'utilité des frontières », « Frontières et lignes liquides », « Quelques questions frontalières dans le monde » et « Définir et défendre les frontières en Europe ». A ces grands thèmes, la revue adjoint d'autres sujets dans sa rubrique « Question européenne », dont un article sur l'islam politique, une rubrique « Regards sur le monde » qui traite entre autre des défis sécuritaires et humanitaires en Jordanie et enfin une rubrique qui ne manquera pas d'intéresser certains de nos lecteurs avec « Les questions internationales à l'écran » autour de deux articles, « James Bond, géopolitique et cartographie » et « Franchir les frontières européennes au cinéma ».

    C'est donc un double numéro d'une très grande richesse et qui est marqué par un grand sérieux et une grande rigueur scientifique.

    A propos de l'islam politique, l'article « L'islam politique existe-t-il en Europe ? » (p.149 à 153), les auteurs, Samir Amghar et Khadiyatoulah Fall proposent une contribution autour des Frères Musulmans. Nous y apprenons par exemple la proximité de Marwan Muhammad, directeur exécutif du Collectif contre l'islamophobie en France, avec l'Open Society Institute de Georges Soros comme nous en avons parlé dans un précédent article.1 Ce qui pourrait accréditer la thèse d'une proximité entre l'entourage d'Hillary Clinton et les Frères Musulmans.

    Quant aux frontières, notion qui se distingue de celle de ligne, nous retiendrons quelques éléments  importants qui seront utiles à nos lecteurs.

    D'après le rédacteur en chef de la revue, Serge Sur qui est également docteur en droit et agrégé de droit public, auteur d'un très grand nombre d'ouvrages et d'articles traitant de questions d'actualité, des relations internationales et de géopolitique « le terme vise toute forme de séparation entre des espaces et, de façon métaphorique, tout type de coupure, spatiale ou non, y compris dans le royaume de l'imaginaire. » (p.4). Il ajoute dans cet article introductif intitulé « Lignes et frontières, tout bouge » : « Au sens plus restreint, celui du droit international, la frontière est une ligne, juridiquement construite, qui sépare deux ou plusieurs États souverains, ou un État d'un espace international ; ce qui est le cas de la mer territoriale. C'est dire qu'elle est intimement liée à l'existence de l’État et qu'il n'y a pas de frontière sans État. » (p.4). De fait que « Derrière la remise en cause de la frontière, sa cache celle de l’État et plus spécialement de l’État-nation. » (p.5). Remise en cause idéologique – l'auteur de l'article use du terme - appuyée par des constructions continentales (de type Union européenne), par la mondialisation et par la dynamique technologique (nous penserons spontanément au numérique).

    Pour Michel Foucher, dans son article « A quoi servent les frontières ? », « Les frontières internationales sont un périmètre de l'exercice de la souveraineté des Etats qui composent le système international et l'un des paramètres de l'identité des nations.[…] Un monde sans frontière ne serait pas vivable. » (p. 14)

    Quant à Paul Klötgen, maître de conférence à la faculté de droit, sciences économiques et gestion à l'université de Lorraine, il rappelle que « la notion de frontière est juridique. Le droit définit les frontières – lignes, zones, réseaux, groupes … - de manière souple et évolutive. […] elles [les frontières] délimitent – plus qu'un espace de souveraineté – un espace de juridiction au sein duquel pourra être dit – et imposé – ce qui est juste, droit et écarté ce qui ne l'est pas. » (p. 22).

    Autre approche intéressante, celle de Laetitia Perrier Bruslé, maître de conférences en géographie, membre du PRODIG (Pôle de recherche pour l'organisation et la diffusion de l'information géographique) à l'université de Lorraine. Son article, « La frontière comme construction sociale » motive son approche en précisant que « La frontière n'est pas une ligne intangible dans le temps et dans l'espace. Elle est aussi une construction sociale, modelée par les discours et les pratiques d'une pluralité d'acteurs, de l'Etat aux habitants de la frontière. » (p.51). Par exemple dans les discours qui définissent l'identité et l'altérité. « La frontière et l'identité sont dans une relation de co-production permanente, la première traçant les contours de la seconde, qui elle-même renforce la première. Elles sont reliées comme la poule l'est à l’œuf sans qu'on puisse dire laquelle précède l'autre. C'est dans le registre des représentations que se noue la symbiose, ce qui a été maintes fois souligné à propos de la construction de l'édifice Etat-nation-territoire. » (p. 52). Des éléments liés aux représentations, des barrières mentales, peuvent donc s'ajouter aux frontières juridiques des États. On reconnaît l'héritage de la géographie des représentations, en particulier la géographie des représentations mentales pour le cas présent, qui doit beaucoup à La région, espace vécu,d'Armand Frémont, paru en 1976.

    Les régions frontalières sont d'ailleurs particulièrement au cœur des enjeux liés aux frontières et comme le note Christophe Sohn, géographe, chercheur au Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER) dans son article « La frontière : un atout dans un monde globalisé », les frontières conduisent à « une intensification de l'urbanisation des régions frontalières et l'émergence de nouvelles formes de coopération et d'interaction transfrontalière. » (p.37). En un mot, la frontière est désormais une ressource. Une ressource dont peuvent tirer profit les États dans un contexte de mondialisation, ce dont ne se privent pas les deux grandes géants du capitalisme : les Etats-Unis et la Chine. Qqu'on songe au phénomène, désormais ancien, des maquiladoras à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Ces considérations appuient le propos de Michel Foucher page 15 : « Limite, la frontière est un lieu d'interaction ».

    C'est particulièrement l'article de ce dernier qui aura attiré mon attention, identifiant six lignes directrices dans la problématique frontalière contemporaine (la territorialisation des océans (ex : Arctique, Asie du sud-est), la persistance ou l'aggravation des tensions (Moyen-Orient, Afrique, …), le développement des pratiques de durcissement (Amérique du nord, Europe, Asie du sud), la poursuite de la délimitation (via par exemple la cour internationale de justice), la prégnance des questions migratoires et le désenclavement), quatre tendance à l’œuvre dans la longue durée (la réaffirmation des frontières internationales, terrestres et maritimes dans un monde d’États souverains, la permanence des enjeux de l'exercice des fonctions régaliennes de base, la remise en cause des statu quoterritoriaux par certains États et la multiplication des franchissements) ou encore quatre types de régimes de séparation frontalière (les barrières et murs installés dans les territoires disputés et ayant une fonction de sécurité et de délimitation pour mettre fin à une contentieux territorial (Line of control du Cachemire), les murs et barrières dans des territoires disputés être les États mais où persistent des tensions ethniques, démographiques ou politiques (Irlande du nord), les barrières issues d'un conflit militaire (ex : Chypre) et le durcissement d'un régime frontalier (exclaves de Ceuta et Melilla)).

    L'auteur conclut son article de la meilleure façon qu'il soit :

    « Objets géopolitiques par excellence – en tant que « du politique inscrit dans l'espace » -, les frontières servent à différencier le dedans du dehors et délimitent des appartenances. Le «  retour » des frontières – ouvertes mais maîtrisées – marque l'exigence du primat du politique et du symbolique sur le jeu déstructurant d'une globalisation économique sans limites.

    Et si un monde réputé sans frontières advenait, il deviendrait bien vite un monde borné. On peut se demander si la destruction des limites n'a pas pour résultat l'émergence d'une multitude de bornes nouvelles. Peut-être est-ce parce qu'il ne supporte plus les limites que l'homme moderne ne cesse de s'inventer des bornes. Auquel cas, il ferait l'échange de bonnes frontières contre les mauvaises. » (p. 21).

    Peut-on faire plus clair et plus limpide ? Michel Lussault avait déjà noté que la libre circulation des personnes avaient conduit à renforcer la gestion des flux dans certains lieux. La technique du queuing théorisée par les anglo-saxons dans les années 50 et le contrôle exercé sur les passagers aux aéroports en sont deux exemples2. En effet, comme l'indique Serge Sur dans son article introductif, la frontière apparaît souvent comme « contre-nature » alors que dans le même temps elle est un filtre avec une double dimension d'ouverture et de fermeture. La frontière est une protection (inviolabilité, intégrité et intangibilité – p. 9 et 10). La frontière est aussi gage de l'existence d'une identité, portant en elle l'image de l'enracinement, de la stabilité, de la pérennité de l’État. La disparition des frontières ne coïncide donc absolument pas avec une disparition des territoires, mais bien au contraire à la production de nouveaux territoires dont les limites peuvent échapper au droit. C'est aussi ce qui conduit à une dialectique entre la négation de la frontière et l'édification des murs. Le mur est un obstacle physique qui s'ajoute à un obstacle juridique, déjà existant, mais invisible. Face à une mondialisation productrice de territoires, les États peuvent avoir tendance à réaffirmer, par le mur, des territoires nationaux, aux frontières juridiquement reconnues par le droit international. État, nation et frontières vont ensemble comme on l'a dit. La France en est un parfait exemple puisque cette question de la frontière a pu conduire à la réalisation du pré-carré de Vauban, au mythe de l'hexagone ou à celui de la frontière rhénane.

    « En ces vases clos [dessinés par les frontières], la nation fermente »3 et comme le rappelle le dossier, même les pays issus de la décolonisation se sont appropriés les frontières et ont tous leur drapeau, leur hymne ou leur fête nationale. L'article de Vincent Hiribarren, maître de conférence en histoire de l'Afrique contemporaine au King's College de Londres, « Les frontières en Afrique subsaharienne » (p. 82 à 88) permet d'ailleurs de nuancer les approches partisanes et les clichés sur les frontières en Afrique.

    S'attachant aussi à traiter de nombreux autres sujets, dont le Donbass, la frontière russo-finlandaise, les frontières à l'heure d'internet, les frontières aériennes ou encore le nouveau découpage des océans, ce numéro est une très bonne remise à niveau et aussi une mise au point sur le sujet, loin des débats politiques et des clichés journalistiques.

    Jean / C.N.C.

    Notes :

    1 L’œcuménisme contre la nation et les Européens (http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2016/08/0... )

    2 L’Homme spatial. La construction sociale de l’espace humain (Seuil, 2007), De la lutte des classes à la lutte des places (Grasset, 2009) et L’Avènement du monde. Essai sur l’habitation humaine de la terre (Seuil, 2013).