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l'information nationaliste - Page 7120

  • Aymeric Chauprade et les évadés d' »Air Cocaïne »: une affaire rocambolesque – Les accusations de l’eurodéputé

    Aymeric Chauprade, eurodéputé FN pour les Français de l’étranger, a été « au plus près » de l’opération d’exfiltration des deux pilotes français, anciens pilotes de chasse qui ont fui la République dominicaine. Il n’a jamais caché son soutien aux deux Français, ce que ne disent pas les jt. Le 19 mai dernier, l’eurodéputé avait expliqué sur son blog, les raisons de son soutien aux deux pilotes, et pourquoi il était persuadé de leur innocence dans la vidéo ci-dessous où il accusait les autorités françaises pour leur incurie et leur lâcheté:

    Lorsqu’on connaît le sujet, il est plus facile de comprendre la suite:

    Lire la suite

  • Anthropologie politique. Une société anti-humaine. L'enracinement territorial

    Tout homme a des racines territoriales, en ce sens qu'il s'identifie à un territoire qui fait partie de son patrimoine moral. Il connaît les lieux de ce territoire, il est attaché à sa physionomie, son histoire et les personnes qui y habitent.

    Le déracinement n'est pas d'aujourd'hui et on a connu, depuis l'Antiquité, des migrations plus ou moins importantes, suivies d'un ré-enracinement, c'est-à-dire de l'appropriation d'un nouveau territoire par les déracinés qui ont donc fait muter leur identité en adoptant une nouvelle terre. Cette terre, avec le temps, pouvait devenir une patrie, c'est-à-dire la terre des pères. Ainsi, les Celtes quittant l'Europe orientale et l'Asie centrale pour l'Europe de l'Ouest se sont-ils déracinés pour s'installer dans des espaces nouveaux dont ils firent leur patrie. Ils les façonnèrent, mais aussi leur culture évolua selon les lieux. C'est pourquoi les Celtes ne sont pas les mêmes selon qu'ils aient vécu en Gaule, sur l'île de Bretagne, en Hispanie ou en Italie du Nord. Les hommes présents avant eux sur ces lieux et les particularités géographiques de leurs nouveaux États ont contribué à les façonner, autant qu'ils les façonnèrent.

    Un phénomène comparable, mais de plus grande ampleur, peut être observé avec la construction des Etats-Unis au XIXe siècle, État né très largement des migrations venues de toute l'Europe, en somme de déracinés qui se sont approprié la terre américaine et en sont devenus les patriotes.

    L'enracinement n'est pas réduit à l'image du clocher et des pâturages. On peut parler, en France ou en Belgique, de ré-enracinement pour les ouvriers du XIXe siècle qui, déracinés de leurs campagnes, jetés dans l'univers déshumanisé des centres industriels, se les sont appropriés, les ont justement humanisés en leur donnant une identité. Il y a, dans ces centres ou anciens centres ouvriers, encore aujourd'hui, une architecture, une culture spécifiques, fruit de la vie de ces hommes pour lesquels ces lieux sont devenus la patrie, la terre des pères.

    L'enracinement est une donnée de nature, en ce sens que l'on naît forcément quelque part et que l'on vit, soit dans ce lieu, soit dans un autre, avec le désir d'y faire souche. Si l'on veut quitter sa terre, ce n'est pas pour devenir un apatride, mais pour faire souche quelque part. En somme, on se sent toujours d'un lieu, ou l'on aspire à se sentir d'un lieu, en somme à avoir une pierre ou reposer notre tête… C'est pourquoi, outre le donné de nature, on peut dire que l'enracinement est un besoin vital. Il ne peut pas y avoir de communauté humaine solide sans la stabilisation du peuplement sur un territoire. Cette communauté ne s'exprime pas seulement par des rapports économiques, mais aussi par des échanges culturels, spirituels, amicaux ou matrimoniaux. Pour que ces échanges soient possibles il faut qu'il y ait, à un moment ou un autre cet enracinement qui façonne l'identité, c'est-à-dire qui contribue autant que ma famille, ma foi et mon métier à dire « qui je suis ».

    Aujourd'hui, en Europe et plus spécialement en France, il est permis de parler de déracinement perpétuel. Celui-ci est d'autant plus préoccupant. En effet, jusqu'au milieu du XXe siècle, les historiens ethnologues pouvaient écrire que les bassins de peuplement français et européens étaient demeurés sensiblement les mêmes depuis la préhistoire. Il n'y avait pas eu de bouleversement humain majeur malgré les invasions, les migrations ou les catastrophes demeurées marginales par rapport au total du peuple. Les hommes avaient changé mais ils étaient, majoritairement, toujours là où s'étaient installés leurs ancêtres dans la nuit des temps.

    Actuellement, la nécessité de quitter sa région ou son pays pour ses études ou pour sa carrière professionnelle entraîne un chamboulement de ces équilibres humains. La tendance s'est inversée et, du moins en France, les jeunes hommes ayant effectué toute leur vie sur un seul territoire sont devenus la minorité, tandis que les autres se sont déracinés pour leurs études ou leur métier. Ce ne serait pas bien grave dans les relations humaines si ce déracinement était suivi d'un ré-enracinement. Mais la multiplication des mouvements géographiques au cours de la vie rend plus difficile le ré-enracinement. En outre, souvent la nouvelle installation se fait dans un territoire déjà bâti et saturé de constructions correspondant à un patrimoine tout à fait étranger, comme les barres HLM où s'entassent des millions de pauvres, sans possibilité pour eux de s'approprier les lieux par la construction.

    Par ailleurs, l'affaiblissement de la structure familiale qui crée des bataillons d'orphelins sociaux, amoindrit encore plus les possibilités de ré-enracinement. En effet, il est plus difficile pour l'homme seul d'être identifié par ses semblables dans un territoire nouveau, et il lui est plus difficile d'y tisser ses liens sociaux. L'isolement social et familial diminue la capacité d'insertion territoriale et donc d'identification. L'orphelin, en somme, à l'échelle d'une région ou d'une ville, devient un apatride.

    Ce sentiment est encore renforcé par l'état actuel des lois de succession, où le partage équitable entre héritiers et le versement de droits à la puissance publique, rend souvent nécessaire la vente de la maison parentale, perçue comme la maison de l'enfance ou des ancêtres, sans qu'il y ait possibilité de racheter un bien dans le même lieu ou dans le voisinage, faute de réunir le capital suffisant à cause de l'éclatement du patrimoine hérité et de sa diminution par la fiscalité.

    On peut dire que tout est fait, dans notre monde, pour créer des générations entières d'apatrides déboussolés et donc d'autant plus fragiles devant l'oppression qu'ils ont moins de repères où se réfugier pour mieux résister.

    Comme pour la famille, ce mal frappe en premier lieu les populations socialement les plus fragilisées, car disposant du moins de ressources financières ou d'assise territoriale pour rester en un lieu sur plusieurs générations ou pour se l'approprier en cas de migration.

    Cet isolement territorial est doublé d'un isolement dans l'emploi.

    A suivre…

    Gabriel Privat

    Du même auteur :

    -          Publié le jeudi 17 septembre 2015 : Anthropologie politique. Une société anti humaine. La Famille

    http://www.vexilla-galliae.fr/points-de-vue/editoriaux/1573-anthropologie-politique-une-societe-anti-humaine-l-enracinement-territorial

  • 7 novembre à Nantes : Colloque Ca†holiques en Action

    « Il est triste de rencontrer des chrétiens qui ne sont plus le sel de la terre…parce qu’ils s’en sont remis à l’esprit du monde, c’est-à-dire qu’ils sont devenus mondains»
    Pape François – Angélus du 31 août 2014

    Agir en Catholique dans nos Engagements sociaux, culturels, et politiques ?

    Colloque des AFC 44 en partenariat avec :

    Sans-titre (2)   Sans-titre (3)Sans-titre (4)

    & l'Institut nantais historique et littéraire

    Affiche-Catho-Action-VDLe programme du colloque et les inscriptions : c'est ici.

    Marie Bethanie

  • Calais: « Oubliés du Gouvernement », les pompiers sont à bout de force

    Alors que nous ne sommes qu’au début de l’invasion migratoire, tous les services publics sollicités par les clandestins (Police, hôpitaux, CAF et maintenant pompiers) sont au bord de l’implosion…

    Pour une fois, ce sont eux qui appellent à l’aide. Une petite cinquantaine de pompiers ont manifesté, mercredi matin, dans les rues de Calais. Dénonçant une « sursollicitation » due à l’afflux de migrants, selon l’AFP, ils ont défilé à l’appel de SUD.

    Selon un représentant du syndicat, la crise actuelle provoque un surcroît d’interventions de l’ordre de 30 %, ce qui nécessiterait « quasiment une caserne en plus ».

    Pas de renfort, pas de déclarations de soutien

     

    Les manifestants font valoir qu’à la différence des autres services de sécurité, « les pompiers n’ont jamais bénéficié de renforts supplémentaires depuis le début de la crise migratoire, ni de déclarations de soutien » de la part des autorités.

    « On a l’impression d’être les oubliés du gouvernement », a regretté le patron du syndicat dans le Pas-de-Calais, Jean-Charles Tirmarche. « Il faut nous donner les moyens pour servir les migrants et les Calaisiens, leur assurer un service de qualité », indique le responsable.

    Par ailleurs, une grève illimitée a débuté mardi à l’appel de Sud, avec un débrayage des sapeurs-pompiers de 8h à 8h59 tous les jours. Le service minimum est toutefois assuré « pour garantir le bon fonctionnement du service public », a indiqué M. Tirmarche.

    Source20minutes

    http://www.contre-info.com/calais-oublies-du-gouvernement-les-pompiers-sont-a-bout-de-force#more-39700

  • Les élections polonaises mettent le parti conservateur dans la lumière

    Dimanche avaient lieu les élections législatives polonaises 
    Et c’est le parti conservateur de Jaroslaw Kaczynski (photo) qui en sort comme le grand vainqueur avec 37,58 % des voix. Avec 238 sièges de députés sur les 460 que compte l’assemblée polonaise, le Parti Droit et Justice, (PiS en polonais) pourrait gouverner seul ! Fait notable, la gauche ne sera pas représentée.

    Les autres partis sont loin derrière. À commencer par les deux partis au pouvoir
    Le premier, le PO, d’inclinaison sociale démocrate à fortes tendances libertaires, obtiendrait 23,6 % des voix. Son allié, le parti dit paysan lui, dépasse à peine les 5 %. Un dernier parti se mêle à la course. Il s’agit du parti de Pawel Kukiz, personnalité musicale polonaise qui dépasse les 8 %. Il avait fait la surprise à la présidentielle en atteignant 8 %. Malgré une ligne idéologique confuse, son côté patriotique et anti-système pourrait faire de lui un allié du parti Droit et Justice si besoin est… quoiqu’un allié compliqué à gérer.

    S’il arrive à gouverner seul, le PiS devrait mettre en place une politique comparable à celle de Viktor Orban et de la Fidezs en Hongrie
    À commencer par le rejet massif de la politique migratoire européenne. Pas d’accueil de clandestins et le refus absolu du système de quotas imposé par Bruxelles et Berlin. On retrouve aussi dans son programme les mesures suivantes : rejet des demandes de la coterie homosexualiste, augmentation des dépenses militaires, taxation des banques et de la grande distribution, politique nataliste.
    Le gros point de différence entre les deux nations de l’Europe centrale serait la posture diplomatique. En effet, le PiS est résolument atlantiste et farouchement opposé à toute influence russe.

    http://fr.novopress.info/

  • Racines de la géopolitique, géopolitique et fascisme, retour de la géopolitique

    Analyse : Claude Raffestin, Dario Lopreno, Yvan Pasteur, Géopolitique et histoire, Payot, 1995.

    Au cours des années 70, le déclin intellectuel du marxisme et les affrontements internes du monde communiste se sont conjugués pour rendre nécessaire le recours à la géopolitique. À l'évidence, la seule prise en compte des facteurs socio-économiques et idéologiques ne suffisaient à comprendre et interpréter litiges nationalitaires et territoriaux. Les problématiques espace et puissance ne pouvaient plus être ignorées d'où le recours à une géographie comprise comme “science des princes et chefs militaires” (Strabon). Professeur de géographie humaine à l'université de Genève, Claude Raffestin ne l'entend pas ainsi. Avec l'aide de 2 chercheurs en sciences sociales, il se fait fort de prouver que la géopolitique n'est pas une science ni même un savoir scientifique (1). « Production sociale marquée du sceau de l'historicité », la géopolitique ne serait qu'une superstructure idéologique légitimant le nationalisme et l'impérialisme de l'Allemagne du XXe siècle commençant. Pour en arriver à cette affirmation abrupte, C. Raffestin procède à une démonstration en 3 temps.

    Dans une première partie (“Racines de la géopolitique”), il décrit et explique le rôle d'intermédiaire joué par Friedrich Ratzel (1844-1904) entre une géographie allemande marquée par les philosophies de Herder et Hegel — la géographie est l'élément de base de l'histoire des peuples, des nations, de États — et l'œuvre de Rudolf Kjellen (1864-1922), professeur et parlementaire suédois, créateur du néologisme de “géopolitique” en 1916. Héritier de Humboldt et Ritter, F. Ratzel est à l'origine d'une géographie humaine fortement structurée par une vision darwinienne du monde (vision organiciste de l'État, individu géographique ; thème de la lutte de l'espèce-État pour l'espace). S'il n'est pas indifférent aux problèmes de son temps, l'ensemble de son travail est tourné vers la connaissance de la Terre et des connexions entre les sociétés humaines et leur milieu de vie. Cette géographie, que l'on peut qualifier d'académique, n'est donc pas de la géopolitique. C'est avec R. Kjellen que se développe une géographie active, applicable aux rapports de puissance du moment (cf. L'État comme forme de vie, publié en 1916 et traduit l'année suivante en Allemagne) alors même qu'en Grande-Bretagne Halford John Mackinder (1861-1947), en développant et affinant ses thèses exposée dans sa célèbre conférence de 1904, s'inscrit dans la postérité de l'Américain Alfred T. Mahan (1840-1914). La géopolitique naît donc avec la Première Guerre mondiale.

    La seconde partie, “Géopolitique et fascisme”, est construite autour de la personne et l'œuvre de Karl Haushofer (1869-1946). C'est à ce général bavarois qu'il revient de continuer la lignée Ratzel-Kjellen en faisant de la géopolitique une science appliquée et opérationnelle. Après avoir tenté de démonter le travail de réhabilitation de K. Haushofer, Raffestin montre le peu d'impact de ses efforts intellectuels sur le cours des choses (2). La “saisie du monde” qu'il assigne comme but à la géopolitique laisse place à la propagande. D'habiles constructions graphiques “mettent en carte” les ambitions expansionnistes du IIIe Reich et assurent l'endoctrinement des masses. La Zeitschrift für Geopolitik n'en inspire pas moins les géopolitiques franquiste et mussolinienne caractérisées par le décalage entre leur discours, global et impérial, et la réalité des États espagnol et italien.

    La troisième partie, “Le retour de la géopolitique”, porte sur les recompositions de ce discours dans l'après-Deuxième Guerre mondiale. Une partie beaucoup trop courte pour emporter la conviction du lecteur. Le pragmatisme anglo-saxon, dont font preuve Nicholas J. Spykman (1893-1943) et de ses successeurs, — Robert Strausz-Hupé est le seul qui soit cité ! — ne trouve pas grâce aux yeux de Raffestin. Il n'y voit qu'une resucée de la vieille et infâme Geopolitik. Idem pour les publications de l'Institut international de géopolitique, dirigé par Marie-France Garaud, pour les travaux de la revueHérodote, emmenée par Y. Lacoste, ou encore ceux de sa consœur italienne Limes, dirigée par Michel Korinman et Lucio Caracciolo. À ce stade du livre, on ne prouve plus quoi que ce soit, on anathémise ! Raffestin peut conclure : la géopolitique est le “masque” du nationalisme, de l'impérialisme, du racisme. Il en arrive même à renverser ces rapports de déterminant à déterminé puisqu'en visualisant divers litiges territoriaux, « la démarche de la géopolitique serait très proche de celle d'une prophétie autoréalisatrice » (p. 307-308).

    Cet ouvrage a le mérite d'adresser de justes critiques à ce que l'on appellera le géopolitisme : regard olympien négligeant les échelles infra-continentales, affirmations péremptoires, proclamation de lois, volonté de constituer la géopolitique en un savoir global couronnant l'ensemble des connaissances humaines. Scientiste et déterministe, cette géopolitique est datée. Elle a déjà fait place à une géopolitique définie non plus comme science mais comme savoir scientifique (cf. note n°1), prenant en compte les multiples dimensions d'une situation donnée et les différents niveaux d'analyse spatiale attentive aux “géopolitiques d'en bas” (celles des acteurs infra-étatiques). Modeste, cette géopolitique post-moderne est celle d'une planète caractérisée par la densité des interactions (flux massifs et divers), par l'hétérogénéité des acteurs dusystème-Monde (le système interétatique est doublé et contourné par un système transnational : firmes, maffias diverses, églises, sectes groupes terroristes...), et l'ambivalence des rapports entre unités politiques (relations de conflit-coopération, disparition des ennemis et par voie de conséquence des amis désignés). Cette géopolitique est celle d'un système-Monde hyper-complexe, multirisques et chaotique (3). Mais ces renouvellements sont tout simplement ignorés par Raffestin. Parce que son objectif est le suivant : disqualifier à nouveau la géopolitique en pratiquant la reductio ad Hitlerum.

    ► Louis Sorel, Nouvelles de Synergies Européennes n°20, 1996.

    Notes :

    (1) Selon le géopolitologue Y. Lacoste, directeur de la revue Hérodote, la géopolitique n'est pas une science ayant vocation à établir des lois mais un savoir scientifique qui combine des outils de connaissance produits par diverses sciences (sciences de matière, sciences du vivant, sciences humaines) en fonction de préoccupations stratégiques. Sur ces questions épistémologiques, cf. « Les géographes, l'action et le politique », Hérodote n° 33-34, 2°/3° trimestre 1984 (numéro double) ainsi que le Dictionnaire de géopolitique publié sous la direction d'Y. Lacoste chez Flammarion en 1993.

    (2) Cf. la préface de Jean Klein à Karl Haushofer, De la géopolitique, Fayard, 1986. Lire également les pages consacrées par Michel Korinman à K. Haushofer in Quand l'Allemagne pensait le monde, Fayard, 1990.

    (3) Cf. Lucien Poirier, La crise des fondements, Economica/Institut de stratégie comparée, 1994. 

    http://www.archiveseroe.eu/recent/15

  • LA SOCIETE DE SURVEILLANCE, par Alain de Benoist

    Les sociétés occidentales actuelles disposent de moyens de surveillance et de contrôle dont les anciens régimes totalitaires auraient seulement pu rêver. Elles en usent chaque jour un peu plus. Telle est la constatation que l’on peut faire dans les domaines les plus divers. 
    Un citoyen européen est aujourd’hui fiché en moyenne vingt fois par jour, et devrait l’être jusqu’à soixante fois d’ici dix ans. Le fichage intervient lors des épisodes les plus courants de la vie quotidienne : coups de téléphone, usage d’un portable, navigation sur Internet, passage devant une caméra de vidéosurveillance, entrée dans un parking, paiement par carte de crédit, utilisation d’une carte à puce ou d’un badge d’entreprise, passage dans une station-service, fréquentation d’un lieu public, repas dans un restaurant, visite d’un centre commercial, déplacement sur une autoroute, etc. 
    Le dépouillement des données ainsi recueillies permet de connaître nos déplacements, nos fréquentations, nos relations, notre emploi du temps, nos problèmes de santé, nos préférences alimentaires ou vestimentaires, les produits que nous achetons, les publications auxquelles nous sommes abonnés, les chaînes ou programmes de télévision que nous aimons regarder, les débits et crédits enregistrés sur nos comptes bancaires, le montant de notre salaire, les clubs ou associations dont nous faisons partie, etc. 
    A elles seules, les données dites de connection (téléphone fixe ou mobile, fax, Internet, messagerie, etc.) peuvent révéler l’essentiel de la vie d’un individu. Le téléphone portable, en particulier, est devenu un précieux auxiliaire de la police. Celle-ci peut obtenir rétrospectivement la liste de tous les appels passés et reçus par un appareil mobile, mais aussi connaître la localisation d’un abonné à n’importe quel moment de la journée. Lorsqu’un abonné se déplace, la puce de son appareil envoie régulièrement un signal aux antennes les plus proches de l’endroit où il se trouve, et ce signal est enregistré. La précision de la localisation est de 200 m en ville, d’environ 1 km en milieu rural. 
    Les écoutes téléphoniques clandestines sont évaluées à 100 000 par an. Elles s’ajoutent aux écoutes administratives (environ 5000), aujourd’hui placées sous le contrôle du Premier ministre. La loi Perben II prévoit qu’en plus de ces écoutes téléphoniques, les juges pourront faire installer chez les suspects des caméras et des micros-espions d’une portée supérieure à 100 mètres. Les renseignements ciblés concernent, là encore, la vie professionnelle, les déplacements, les relations, les comptes en banque, la vie privée. 
    Présenté à l’origine comme un moyen de communication totalement libre, Internet est aujourd’hui le premier lieu de flicage du monde. L’espionnage sur Internet est devenu florissant grâce à des logiciels permettant d’intercepter les courriels, de fouiller les corbeilles et les fichiers, d’enregistrer les codes sources, les mots de passe, les cookies, les historiques de navigation, le contenu des disques durs. Le Net est également espionné par des « sniffeurs » à la solde des sociétés commerciales, qui fouillent les forums et les blogs à l’affût de paroles d’internautes qui sont pour elles autant de cibles potentielles. 
    Aux Etats-Unis, le Congrès a voté en novembre 2003 un amendement au Patriot Act permettant au FBI d’exiger des fournisseurs d’accès et de services Internet qu’ils leur remettent toutes les informations personnelles sur les internautes se trouvant en leur possession. En France, où l’on compte 20 millions d’internautes, la Loi sur la sécurité quotidienne (LSQ), votée le 15 novembre 2001, a porté à un an la durée de conservation par les fournisseurs d’accès des archives relatives aux envois et aux réceptions de courriels de leurs clients. La Loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), définitivement adoptée en septembre 2004 par l’Assemblée nationale, a quant à elle purement et simplement supprimé le statut de « communication privée » dont jouissaient auparavant les courriels, ce qui leur a du même coup retiré tout droit à la confidentialité. 
    Entérinée par la loi en 1995, la vidéosurveillance s’est rapidement banalisée. Réservée à l’origine aux banques et à certains endroits publics, elle est désormais partout. On compte en France plus d’un million de caméras, dont 400 000 en région parisienne. Le pays le plus vidéosurveillé du monde est l’Angleterre : 85 % des municipalités sont équipées. Un Londonien moyen est aujourd’hui filmé plus de 300 fois par jour. Et, depuis quelques mois, la chaîne câblée Shoreditch YV propose à ses abonnés de connecter directement leur télévision aux caméras de surveillance de leur quartier. Afin qu’ils puissent mieux surveiller leurs voisins. 
    Outre-Atlantique, on estime à 14 millions le nombre d’employés surveillés en permanence par leur entreprise. Plus de 10 % des cadres sont en permanence placés sur écoute, 15 % voient leurs messageries surveillées, 16 % des salariés sont filmés. Au total, 77 % des grandes entreprises américaines contrôlent leur employés par des procédés électroniques, soit deux fois plus qu’en 1997. Les salariés doivent même parfois porter en permanence un badge électronique assez comparable aux bracelets électroniques dont le port est imposé aux détenus libérés. Ce badge permet de les localiser à tout moment, de savoir ce qu’ils font, ce qu’ils mangent à leurs repas et par quels moyens ils paient leur cantine. En France, plusieurs cabinets de détectives ont fait leur spécialité de ce type de surveillance. 
    Ajoutons que tous les photocopieurs de la nouvelle génération stockent les informations sur un disque dur avant de les imprimer. Des experts en informatique peuvent ensuite les récupérer. Même après effacement, il demeure une trace qui peut être décryptée en laboratoire par magnétisation de la surface du disque. 
    D’autres techniques, plus sophistiquées encore, sont mises au point chaque année. En février 2004, la société Toyota a déjà inventé une voiture qui, en cas d’infraction au stationnement ou de dépassement de la vitesse autorisée, signale automatiquement par radio cette infraction à la police et autorise le prélèvement de l’amende sur la carte de crédit du conducteur alors que celui-ci est encore en train de rouler. 
    Mais les communications sont également surveillées par de « grandes oreilles » internationales. C’est le cas notamment du célèbre réseau d’écoute et d’espionnage mondial Echelon, qui dépend directement de la National Security Agency (NSA), organisme créé aux Etats-Unis en 1952, qui emploie aujourd’hui 58 000 personnes dans le monde et dont le budget annuel, d’environ 10 milliards de dollars, est supérieur à celui de la CIA. 
    Grâce à ce système, appuyé par huit satellites-espions, quelque 4,3 milliards de communications (téléphone, fax, Internet) sont interceptées chaque jour par 54 stations d’écoute disséminées à l’étranger, soit près de la moitié des 10 milliards de conversation échangées quotidiennement dans le monde. Géré conjointement par les Etats-Unis, l’Angleterre, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le réseau Echelon peut analyser (sur la base d’un certain nombre de mots-clés) plus de 2 millions de conversations par minute, dont 15 000 font l’objet d’un rapport détaillé quotidien. Son existence n’a été révélée qu’en 1998 par les médias, à l’occasion d’un rapport du Parlement européen. 
    Fin mai 2000, sur intervention du juge Thierry Jean-Pierre, le Parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire, pour « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », sur ce qui est aujourd’hui le plus grand réseau d’espionnage officiel existant dans le monde. Il n’y eut aucune suite. 
    Depuis les attentats de septembre 2001, les mesures destinées à favoriser la sécurité aérienne n’ont cessé de se renforcer. En décembre 2004, un nouveau règlement a fait obligation à tous les pays de l’Union européenne de mettre en place une nouvelle génération de passeports biométriques équipés d’une puce lisible à distance. Depuis l’an dernier, les étrangers admis à entrer sans visa aux Etats-Unis doivent donner aux douaniers américains, outre leurs papiers, leurs empreintes digitales et une photo d’identité. Ces documents sont numérisés sur place, puis entrés dans une base de données du département américain de la Sécurité intérieure, la base ADIS, pour être comparés aux informations figurant dans différents fichiers de police. Ces identifiants biométriques seront ensuite conservés pendant plusieurs années. 
    En France, la future carte d’identité nationale électronique sécurisée (INES) contiendra deux éléments biométriques : la photographie numérisée et les empreintes digitales. Chaque carte sera dotée d’un code PIN (comme les cartes de crédit), d’une puce et d’une signature électronique. Pour la première fois en France depuis la Deuxième Guerre mondiale, cette carte sera en outre obligatoire. Les pouvoirs publics disposeront ainsi d’un vaste fichier de toute la population. De plus, la puce de la carte INES étant lisible à distance, à l’instar de la carte Navigo de la RATP, il deviendra techniquement possible de contrôler les personnes à leur insu. 
    Les puces à identifiant unique communiquant par ondes radio, dites puces à RFID (Radio- Frequency Identification), sont l’un des procédés de contrôle et de surveillance dont l’avenir est le plus prometteur. Permettant d’identifier un objet sans contact, elles comprennent un dispositif pour récupérer l’énergie de leur rayonnement par radiofréquence, un système d’interprétation et de stockage des données et une antenne émettrice. Leur utilisation est aujourd’hui totalement libre. 
    D’abord été incorporées dans un certain nombre de produits commerciaux pour mieux en assurer la « traçabilité », ces puces sont appelés à terme à remplacer l’actuel code-barre sur les produits de consommation courante. On en prévoit de très nombreux usages matériels. Les voitures équipées d’une puce RIFD, par exemple, peuvent être retrouvées plus facilement en cas de vol (mais quand la voiture n’est pas violée, c’est son conducteur que l’on peut suivre à la trace). Au Japon, les billets de banque à la valeur nominale la plus forte pourraient être « pucés » prochainement. 
    De l’inerte au vivant, le pas est vite franchi. Les premières implantations humaines de puces RFID ont été réalisées en 1998. En octobre 2004, l’Agence de sécurité sanitaire américaine (Food and Drug Administration) a autorisé l’usage de puces à identifiant radio dans le corps humain, notamment à des fins de suivi médical dans les hôpitaux. On envisage maintenant de « pucer » de la même façon les animaux, les grands malades, les détenus, les vieillards atteints de la maladie d’Alzheimer, les sportifs de haut niveau, les navigateurs solitaires, les personnes susceptibles d’être enlevées, etc. Au Mexique, plus de 1000 personnes se sont déjà fait implanter une puce RFID, implantée sous la peau du bras. 
    Cette puce se transforme aisément en outil de surveillance. Pour localiser son porteur, il suffit d’équiper les bâtiments ou les lieux publics de lecteurs placés dans les couloirs, les escaliers, les ascenseurs, etc. On peut ainsi suivre en temps réel tous les déplacements des « pucés » et garder en mémoire leurs itinéraires minutés. 
    La prochaine génération de puces implantables sera dotée d’une mémoire suffisante pour contenir un fichier, ce qui évitera d’avoir à se connecter à une base de données. Des biocapteurs pourront transmettre en continu la température du corps, la tension artérielle, le taux d’oxygène ou de glucose dans le sang. Demain, une balise GPS (Global Positioning Satellite) ajoutée à l’implant permettra de localiser en temps réel son porteur en n’importe quel point de la planète. Certains médecins souhaitent déjà que tous les nouveaux-nés soient greffés à la naissance avec une puce sous-cutanée. 
    Conçu lui aussi aux Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, le programme Total Information Awareness (TIA) s’était fixé pour but de réunir des informations sur la vie privée de l’ensemble des citoyens. Abandonné l’année suivante, il a été rebaptisé en 2003 Terrorism Information Awareness, sans qu’ait changé sa raison d’être : ficher la terre entière. 
    La méthode employée consiste à intégrer les données d’identité, les informations professionnelles, bancaires et médicales, ainsi que celles concernant les communications et les transports, en les croisant pour la première fois avec les renseignements des services secrets, les rapports des caméras de surveillance dans les aéroports, les transactions par cartes de crédit, les réservations d’avions, les enregistrements de communications téléphoniques, les abonnements aux médias, les consultations de sites Internet, les dossiers d’assurance, les informations de la sécurité sociale, les dossiers des hôpitaux et des établissements scolaires, etc. A terme, l’objectif avoué est de collecter une moyenne de 40 pages d’informations sur chacun des 6 milliards d’habitants de la planète. 
    « Demain, nous saurons tout de vous », déclarait récemment John L. Andersen, président du Arlington Institute. On pense invinciblement au célèbre Panoptique imaginé par Jeremy Bentham. 
    La surveillance totale n’est pas à proprement parler un thème orwellien. Liée au développement incessant des techniques, elle s’apparente plutôt à l’univers décrit par Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes. Mais elle s’accompagne aussi d’une évolution du langage qui, elle, évoque bel et bien l’œuvre d’Orwell. On le voit dans les moyens de justification couramment employés aujourd’hui pour justifier l’utilisation de ces techniques. Les prétextes sont toujours excellents : lutter contre la délinquance, veiller sur notre santé, protéger la jeunesse, etc. L’expérience montre cependant que les mesures adoptées au départ à l’encontre d’un petit nombre sont ensuite toujours étendues à l’ensemble des citoyens. Une fois le principe admis, il n’y a plus qu’à le généraliser. 
    Cette surveillance vient en effet s’ajouter au « politiquement correct », qui cherche à normer l’opinion par l’emploi de mots imposés à tous, à la « pensée unique », qui tend à remplacer le débat par le sermon, à l’hygiénisme envahissant, qui vise à réglementer les usages au nom du Bien, à la réglementation des préférences et des dilections, qui va directement à l’encontre de la liberté d’expression. 
    La privatisation grandissante de la société est allée de pair avec son invasion par l’« appareil thérapeutique » des techniciens et des experts, conseillers et psychologues. Cette « colonisation du monde vécu » sous prétexte de rationalisation de la vie quotidienne a renforcé tout à la fois la médicalisation de l’existence, la déresponsabilisation des adultes, et les capacités de surveillance et de contrôle de l’Etat. Dans une société considérée comme en dette perpétuelle vis-à-vis des individus, dans une république oscillant entre le mémoriel et le compassionnel, l’Etat-Providence, affairé à la gestion lacrymale des misères sociales par le biais d’une cléricature sanitaire et sécuritaire, s’est transformé en Etat maternel et maternant, hygiéniste, distributeur de messages de « soutien » à une société placée sous serre. La société, ainsi docilisée, devient ce «troupeau d’animaux timides et industrieux» dont parlait Tocqueville. 
    La sécurité est devenue ces dernières années une préoccupation politique essentielle. Elle l’est devenue d’autant plus que nous sommes passés, comme l’explique le sociologue Ulrich Beck, d’une société où les dangers étaient généralement localisables et parfaitement identifiables, à une société où le « risque » est omniprésent, mais invisible. Au sein de la « société du risque », l’insécurité réelle ou présumée engendre en outre un climat d’incertitude et de peur, que les pouvoirs publics peuvent utiliser pour placer la société sous contrôle. La prévention du risque peut ainsi se convertir en capital politique. Or, l’expérience historique a mille fois montré que les hommes ne sont que trop disposés à abandonner leurs libertés en échange d’une promesse de sécurité. 
    Hostiles à toute opacité sociale, les démocraties occidentales se sont donné un idéal de « transparence » qui ne peut se réaliser que par le quadrillage social. La société se transforme alors en bunker global protégé par des badges, des codes d’accès, des caméras de surveillance. La multiplication des espaces privatifs les soustrait au flux social et finit par faire disparaître la notion même d’espace commun, qui est celui de la citoyenneté. Les totalitarismes classiques ayant disparu, ce sont d’autres logiques de contrôle, plus subtiles, qui engendrent un nouveau Panoptique, autrement plus redoutable que celui prévu par Bentham, mais dont la fonction est la même : tout voir, tout entendre, tout contrôler. 
    « On essaie depuis quelques années, écrit le philosophe Giorgio Agamben, de nous convaincre d’accepter comme les dimensions humaines et normales de notre existence des pratiques de contrôle qui avaient toujours été considérées comme exceptionnelles et proprement inhumaines ». Le problème posé ici est évidement celui de la servitude volontaire, qui se nourrit de pessimisme, d’indifférence ou de distraction au sens pascalien du terme. 
    « Il n’y a bien entendu aucune raison, écrivait Aldous Huxley en 1946, dans sa nouvelle préface au Meilleur des mondes, pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens [...] Un Etat totalitaire vraiment “efficient” serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude. La leur faire aimer, telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d’aujourd’hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maîtres d’école ». 
    Quand les normes ont été intériorisées dans les corps et les esprits, il n’est même plus nécessaire de veiller à les faire appliquer. « Quand ce n’est pas le martyre physique, disait Péguy, ce sont les âmes qui n’arrivent plus à respirer ». 
    Alain de BENOIST

  • Régionales : front ripoublicain contre Front National

    Des « socialistes » aux « ripoublicains », la droite tremble face au FN, qui s’apprête à secouer le cocotier, quand ce qui reste de la gauche (la vraie) s’accroche à l’illusion de pouvoir résister ! Pourtant, ce qui devrait interpeller ce petit monde de politiciens déconnectés des réalités, c’est l’indifférence, qui se traduira par une abstention massive.

    Belle France, que la France d’aujourd’hui, massacrée par dix ans de sarkozysme effréné, qui a porté au pinacle la crétinerie avancée comme règle de vie. Le pays de Voltaire, Rousseau et des éclairés des siècles derniers, patauge dans une lamentable médiocrité, à cause d’une gouvernance totalement décalée des attentes du peuple, qui a inscrit, avec Sarkozy, puis entérinée avec Hollande la régression sociale comme seul programme pérenne. Hugo, Zola, réveillez-vous ! Nous marchons à reculons. 

    Oh ! les apparences, savamment entretenues par ceux qui y ont intérêt, plaident bien évidemment pour le contraire. Les apparences seulement, car à y regarder de près, tout ou presque, dans cette pseudo démocratie, n’est qu’apparence. Et lorsque l’apparence ne suffit pas à convaincre que nous vivons au Pays de Cocagne, on vous désigne, -pour nous rappeler notre chance inouïe d’être français-, l’enfer qui règne ailleurs, là-bas, chez les autres.

    Mince alors, les Français, tous les Français sont des gros chanceux qui l’ignorent ! A l’insu de leur plein gré, les vingt millions de bons bougres qui, chaque jour, tirent le diable par la queue, sont heureux. Imaginez un peu, ils baignent dans la joie et ne le savent pas !

    L'exploit : convaincre des votants… déjà convaincus

    Heureusement, les échéances électorales arrivent pour le leur rappeler, à ces idiots de Français aigris. Tirés à quatre épingles, l’allure faussement décontractée, le regard droit, et l’indispensable petit rictus aux coins des lèvres, pour l’ostentatoire côté sympa, les candidats battent la campagne.

    A les voir, effectivement, -en tout cas les représentants des « institutionnels »-, sortant de leur voiture dernier modèle de chez Peugeot ou Renault, macaron tricolore bien en vue derrière le pare-brise feuilleté, costumés dans un tissu sombre de rigueur, ils arborent le sourire commercial de circonstance. 

    Reflétant leur bonheur de devoir convaincre les ploucs formatés par les amis communicateurs de TF1 et France2 depuis des années, ils sont pénétrés de leur importance. Mais attention, point trop n’en faut. Quelques formules bien senties suffiront à faire mouche auprès d’une assistance de couards et de poltrons déjà acquise à leur cause : ceux qui votent. Les autres, on s'en fout !

     

    Le verbe est haut, pour affirmer sa détermination, et le tour est joué. Il n’est pas nécessaire d’en faire davantage. « Les Français veulent qu’on leur parle vrai, c’est ce que je fais ce soir, avec vous, chers compatriotes ».

    -Ah ! oui, çà c’est vrai çà, aurait dit la mère Denis. Il mérite notre confiance, notre vedette !

    Les « droites » affolées, la gauche en lambeaux

    De fait, les régionales affolent, comme jamais peut-être, l’ex-umps, à commencer par le Premier ministre Manuel Valls. La gauche se méfiant de lui et de son Macron adulé, le « Bilderberg » laisse d’ores et déjà entendre que le parti de droite, dont il est issu (futur ex-parti socialiste), devra faire front commun avec les ripoublicains de Sarkozy, pour faire barrage au Front National et à sa patronne Marie Le Pen, dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

    La gauche, la vraie, est pour l’heur en en lambeaux. Ce ne sont pas tant ses dirigeants qui dénotent que les troupes, parfois décourageantes de sectarisme, héritage d’un stalinisme qui a habité et imprime aujourd’hui encore les esprits. Même habillé d’humanisme, le message ne passe pas, ou mal, auprès des classes populaires qui devraient théoriquement emboîter le pas. Le talent de Mélenchon, plus audible, contrebalancera-t-il ce handicap ? 

    La messe des combines politicardes traditionnelles est dite. Il se pourrait, toutefois, que les manœuvres politiciennes ne suffisent pas, cette fois, à contenir la vague bleue marine. Qui peut être dupe de ces arrangements de dernière minute pour conserver, coûte que coûte, le pouvoir à l’umps ?

    Si Marine secoue le cocotier…

    Qui, du FN, la droite dure souverainiste, ou des Ripoublicains, le parti d’ultra-droite extrême antisocial, est le plus à craindre pour le citoyen lambda qui rame avec moins de 1000 à 1500 € par mois ? Hollande étant dans les choux, qui fait le plus peur ? Sarkozy ou Le Pen ? Voilà la question !

    La mascarade électorale habituelle va grossir, une fois encore, et le plus logiquement, les rangs des abstentionnistes. Car, pour nombre de Français, cocufiés depuis des décennies, il ne reste plus que le silence des urnes pour se faire entendre.

    Après coup, les politiciens continueront immuablement à faire la sourde oreille, sauf si, une certaine Marine Le Pen, secoue plus fort que de coutume le cocotier politique...

    Verdi

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/regionales-front-ripoublicain-173460