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l'information nationaliste - Page 8035

  • Des bikers hollandais partent en Irak se battre contre les djihadistes

    Troquant leur veste en cuir pour le treillis camouflé, trois courageux membres d’un “gang” de bikersaux Pays-Bas ont rejoint des combattants Kurdes en Irak pour les aider armes à la main dans leur combat contre l’État Islamique.

    Un de leur ami resté au pays, Otto Klaas, a annoncé aux médias hollandais que les trois motards, anciens militaires, se sont décidés à partir en Irak pour rejoindre les kurdes après avoir vu les atrocités commises par les islamistes.

    Originaires de Rotterdam, Amsterdam et Breda, ils font partie des No Surrender, qui est censé être le plus grand groupe de bikers dans le pays.

    Les autorités hollandaises ont confirmé que rejoindre les forces Kurdes n’était pas considéré comme illégal, à l’opposé de tout départ vers les terroristes musulmans de l’EI.

    SourceTime magazine

    http://fr.novopress.info/176854/bikers-hollandais-partent-en-irak-se-battre-contre-les-djihadistes/

  • L’usage de termes de l’idéologie gay fait du mal aux homosexuels

    Joseph Sciambra, né en 1969, quitta une vie de gay extrême à San Francisco, qu’il a eu de 1988 à 1999, et se remit entre les mains de Dieu pour pratiquer la chasteté ; il critique le langage de la ‘relatio’ du Synode parce qu’au-delà du langage en apparence ‘accueillant’ est acceptée l’idéologie gay qui dans la vie réelle meurtrit les personnes homosexuelles.

    Joseph Sciambra a connu les aspects les plus obscurs du monde gay, il fut acteur porno amateur, guide sexuel professionnel et eut des relations avec plus de mille homosexuels. C’est après une violente orgie qui se termina à l’hôpital qu’il expérimenta une vision de la condamnation et de la présence proche de Dieu, et avec l’aide de sa mère et de l’Eglise et il changea sa vie.

    Il est convaincu que l’Eglise doit être accueillante et aimable pour les personnes attirées par le même sexe, mais qu’elle doit être en même temps claire sur la nécessité d’abandonner les pratiques homosexuelles.

    Accueillir et écouter ? oui, c’est le principe.

    ‘J’ai vu un grand nombre de personnes gays malheureuses et loin de la foi à cause d’un excès de jalousie chrétienne les accablant de condamnation mais pas d’amour. Je découvris plus tard que lorsqu’une personne souhaite quitter le monde gay, il n’a souvent besoin que d’un ami désintéressé qui l’écoute. Elle n’a pas besoin à ce moment là de dogme ou de catéchisme, mais d’être reconnue. Une fois la relation établie, viendra le moment de décider quand et comment transmettre la vérité de Jésus Christ. Il faut se souvenir que ces personnes sont profondément blessées, elles souffrent et ont soif de sympathie, de compassion et de prières.’

    Ils veulent changer l’Eglise.

    Sciambra critique le langage de la ‘relatio’ qui n’aide pas les homosexuels à changer et à sortir de l’idéologie gay. Au contraire, les activistes gays au sein du monde catholique se réjouissent de la ‘relatio’, comme Francis de Bernardo du lobby Bew Ways Ministry, condamné par la doctrine de la foi en 1999, qui dit : ‘un changement dans le langage déclenche une réaction en chaîne, il entraînera un changement dans la pratique pastorale puis dans l’enseignement.’ Les gays militants ne veulent pas se changer eux-mêmes, ils veulent changer l’Eglise pour qu’elle accepte leur style de vie malsain.

    Sciambra explique la base psychologique de ce phénomène.

    ‘Le peu de gens en dehors du monde gay qui comprennent la mentalité gay, sont très sensibles à la manipulation et à certaines pensées de groupes. L’immense majorité des homosexuels furent abîmés petits, par l’absence du père, ou l’abus d’une figure d’autorité. Sans thérapie nous traînons cela jusqu’à la vie adulte. Pour cette raison les hommes gays se méfient des figures paternelles, tout en désirant leur amour et leur approbation. L’Eglise Catholique, avec sa hiérarchie masculine et son leader (le Pape) agitera toujours et fascinera les hommes gays. Nous voulons que l’Eglise, qui tient lieu de notre père naturel, nous accepte… mais avec nos conditions.’

    Sciambra, qui depuis de nombreuses années annonce l’Evangile en missionnaire, fait promotion de la chasteté et de la transformation auprès des homosexuels, dit que du moins aux USA il y a une multitude de groupes, ‘pasteurs, missions, communautés de foi, organisations’ proposant aux gays une spiritualité sans chasteté, sans les encourager à changer de vie, ‘peu importe combien cette vie est nocive pour leur corps, leur esprit et leur âme.’ Pour cette raison l’Eglise Catholique ne doit pas imiter ces groupes et se doit d’annoncer la vérité.

    Ce que Sciambra a vu en tant que missionnaire est que les gays sont justement attirés par sa chasteté et son renoncement aux relations sexuelles. L’Eglise, pour attirer et aider les gays, doit maintenir sa position radicale et exigeante. ‘C’est la vérité crue du catholicisme qui captive, elle ne doit pas être emballée’, insiste-t-il.

    Le Salon Beige

  • Allemagne : les hooligans veulent « chasser les djihadistes »

    En Allemagne, le phénomène inquiète : des hooligans de plusieurs clubs enterrent leurs différences pour «combattre» ensemble les islamistes radicaux.

    Nombre de ces hooligans sont affiliés à des partis d’extrême droite, qui soutiennent leur rhétorique islamophobe depuis longtemps. Mais récemment, c’est le mode d’action qui a changé, relate le journal allemandDie Zeit.

    D’habitude peu organisés, les hooligans cherchent désormais de nouvelles formes de protestation. Pour Erich Rettinghaus, chef du syndicat de la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie cité par le journal Kölner Stadt-Anzeiger: «Les fans de foot capitalisent sur la fenêtre d’opportunité et se font passer pour des gens bien afin de rallier plus de monde à leur causes», par le biais, notamment, de manifestations.

    «Hooligans Contre Salafistes»

    Le mouvement «Hooligans Contres les Salafistes» (HoGeSa) est entre autre porté par Dominik Horst Roseseler, un membre du parti d’extrême droite Pro-NRW (ndlr: les initiales du land Nordrhein-Westfalen). Son mot d’ordre: «Séparés par les couleurs, unis pour la cause», explique Die Welt.

    Les forces de l’ordre s’intéressent de près à une manifestation prévue à Cologne le 26 octobre prochain. Trois cents participants sont prévus, mais ils pourraient être beaucoup plus nombreux compte tenu de la popularité du hashtag #HoGeSa sur les réseaux sociaux. Une contre-manifestation «anti-fasciste» s’organise actuellement sur Twitter.

    Les combats de rue entre hooligans et islamistes radicaux sont d’ores et déjà redoutés par la police, qui est en état d’alerte – A Hambourg, une manifestation pro-kurde avait déjà tourné à l’émeute le 8 octobre suite à un face à face avec des islamistes radicaux.

    Source : lematin.ch

    http://www.contre-info.com/allemagne-les-hooligans-veulent-chasser-les-djihadistes

  • "Les imams qui portaient plainte contre Asia Bibi ont promis des sucreries aux musulmans"

    Marc fromager, directeur de l'AED en France, s'émeut de la condamnation à mort, confirmée en appel, de la Pakistanaise Asia Bibi, poursuivie pour blasphème :

    "Depuis 5 ans, nous avons essayé d’aider Asia Bibi, nous avons pensé à elle, prié pour elle. Nous avons collecté plus de 11.000 signatures pour demander sa libération que nous avons apportées au Quai d’Orsay, nous avons soutenu la Commission Justice et Paix de la Conférence des Evêques au Pakistan qui s’occupait concrètement d’elle. Dans un second temps, nous avons cessé d’en parler car elle était devenue une « icône » et que la meilleure manière de l’aider à ce stade était de la faire oublier mais au final, sa condamnation à mort est confirmée.

    Les imams qui portaient plainte contre elle ont promis de distribuer des sucreries aux musulmans car selon eux, c’est une grande victoire de l’islam. On a parfois un peu de mal à comprendre. D’un autre côté, nous souhaitons rappeler le témoignage de Salman Taseer. Gouverneur musulman du Pendjab, il avait publiquement défendu Asia Bibi et avait été assassiné pour cela. Conformément aux Béatitudes, le Royaume des Cieux est à lui car il a été persécuté pour la justice, une justice qui, nous le voyons, a encore du chemin à faire dans ce pays."

    Louise Tudy

  • Affaire Bygmalion : Le livre qui fait trembler la droite

    C’est un livre qui va faire du bruit. “Bigmagouilles”, qui sort le 22 octobre chez Stock, regorge de détails croustillants et de témoignages inédits sur l’affaire Bygmalion, du nom de la société de communication qui a organisé les meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

    La justice a déjà mis en examen trois responsables de l’entreprise (dont deux proches de Jean-François Copé) et trois cadres de l’UMP. Cette enquête est signée Violette Lazard, la journaliste qui avait révélé, en mai, dans “Libération”, le système de fausses factures mis en place à l’UMP, lançant l’un des plus gros scandales politico-financiers de la Ve République. Extraits.
    Ce vendredi 20 avril, Nicolas Sarkozy se rend en meeting sur des terres favorables, à Nice [...]. Dans les coulisses du palais Nikaia, c’est un buffet de victoire qui attend le candidat et les VIP invités à trinquer avec le président à l’issue de son discours. Deux grandes tables ont été installées, l’une dans les coulisses et une autre dans la grande loge du candidat.

    Un ingrédient a été agrémenté à toutes les sauces : la truffe. Tous les privilégiés invités ce soir-là à cette after de luxe s’en souviennent, car l’une des particularités de ce champignon hors de prix, même ceux qui n’en ont jamais mangé le savent, c’est son odeur entêtante et capiteuse. 

    Ça sentait la truffe dans tous les couloirs, se souvient un des membres de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. Je me suis senti très gêné… Je me suis même demandé si l’odeur n’allait pas jusque dans la salle, et quelle image ça allait donner de nous.” 

    Des dizaines d’invités déambulent entre les bouchées de brouillade d’oeufs et de spaghettis à la truffe. Les personnalités du parti et plusieurs membres du gouvernement, François Fillon, Jean-François Copé, Brice Hortefeux sont présents. Bernadette Chirac a fait le déplacement. Quelques people, Enrico Macias ou encore Didier Barbelivien, ont également répondu présent. Du champagne, du Ruinart blanc, a été débouché pour arroser ce cocktail de luxe. 

    Nous sommes nombreux à avoir halluciné ce soir-là, nous mangions de la truffe et buvions du champagne alors que nous n’avions pas gagné…”, commente, amer, un membre de l’équipe de campagne.

    Coût de cette petite sauterie, qui a duré le temps d’un cocktail ? 5.460,90 euros, soit plus de 50 euros par tête pour un grignotage. [...] 

    Ce jour-là, personne n’a rien dit, personne n’a moufté, commente Jérôme Lavrilleux, se rappelant ce buffet somptueux. Tous ceux qui aujourd’hui jurent haut et fort qu’ils ne savaient rien sur les dépassements des comptes de campagne, qu’ils n’ont pas compris que le train des dépenses s’était emballé, ils ont tous bouffé des pâtes à la truffe et bu du champagne. Ce soir-là, ils ne se sentaient pas gênés du tout.“ [...]

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  • Dissolution du groupe dirigé par Nigel Farage au Parlement européen

    Un groupe dirigé par Marine Le Pen pourrait voir le jour

     Le groupe eurosceptique « Europe de la liberté et de la démocratie directe », créé à l’initiative du président du parti britannique UKIP, a été dissous.

    Formé en juin 2014 à la suite des élections européennes, il regroupait 48 députés de 6 partis, issus de 7 pays :

    24 de l’UKIP (Royaume-Uni) 
    17 du Mouvement 5 étoiles (Italie) 
    2 Démocrates suédois (Suède) 
    1 de l’Union des paysans de Lettonie (Lettonie) 
    1 du Parti des citoyens libres (République tchèque) 
    1 indépendant (Joëlle Bergeron, ex-FN) 
    2 de Ordre et justice (Lituanie)

    La défection d’un seul de ces membres, la lettone Iveta Grigule de l’Union des paysans de Lettonie, a suffit à la désintégration du groupe (la règle d’avoir des représentants venant de 7 pays différents n’étant plus respectée).

    Europe de la liberté et de la démocratie directe accuse le président du groupe PPE, Manfred Weber, et le président du Parlement européen, Martin Schulz, d’avoir proposé un arrangement à Mme Grigule : son départ du groupe eurosceptique en échangé de la présidence de la délégation parlementaire pour l’Asie mineure (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan et Mongolie).

    Nigel Farage n’a pas tardé à faire connaître son mécontentement :

    « Mme Gridule a signé sa lettre de démission ce matin dans le bureau de M. Schulz. Si nous comprenons bien ce qui s’est passé, M. Schulz serait plus à sa place comme président d’un Parlement dans une République bananière ! »

    Le dirigeant du UKIP et Beppe Grillo, le chef du Mouvement 5 Étoiles, avaient réussi leur pari de constituer un groupe au Parlement européen, contrairement au Front national avec lequel ils avaient refuser de négocier. Désormais M. Farage et les autres membres de son groupe devront siéger aux côtés de Marine le Pen et des 23 eurodéputés frontistes au sein des non-inscrits (100 élus), devront partager le temps de parole avec eux et dire adieu à 4 millions d’euros de budget.

    Le PPE (dont fait partie notamment l’UMP et l’UDI) s’est rejoui du succès de sa petite manipulation en tweetant :

    « Première défaite pour les Eurosceptiques ! Le groupe EFDD disparaît avec le départ de la lettone Iveta Grigule »

    Dans ce contexte et afin que leur présence ne relève pas du témoignage, certains éléments du groupe dissout pourraient être tentés de rejoindre une alliance composée du Vlaams Belang belge, de la Ligue du Nord italienne, du FPÖ autrichien, du Parti de la liberté néerlandais et du Front national français. Ainsi, les conditions pour la création d’un groupe seraient respectées et ce nouveau groupe, probablement dirigé par Marine Le Pen, confirmerait le pronostic de l’eurodéputé et vice-président du FN, Florian Philippot, qui ne donnait pas longtemps au groupe de M. Farage pour disparaître car « fait dans la précipitation » et « ne tenant pas à grand-chose ». Il avait également assuré : « Nous aurons un groupe avant la fin de l’année. »

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    Le Parlement européen avant le départ d’Iveta Grigule

     

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    Le Parlement européen après le départ d’Iveta Grigule
  • Ne parlez pas du Coran, lisez-le !

    Magistral article en accès libre de notre confrère Politique Magazine :

    "Notre Premier Ministre a récemment déclaré que l’islam était une « religion de tolérance, de respect, de lumière et d’avenir. » Puisqu’il est apparemment versé en théologie, nous aimerions obtenir de Manuel Valls un petit commentaire des versets suivants du Coran :

    • XLVII, 4 : Lorsque vous rencontrez ceux qui ont mécru, frappez-les à la gorge.
    • IX, 5 : Quand les mois sacrés seront expirés, tuez les infidèles où que vous les trouviez !
    • VIII, 39 : Combattez-les jusqu’à ce que la religion soit entièrement à Allah !
    • VIII, 67 : Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d’avoir prévalu sur la terre.
    • IX, 73 : Ô Prophète, mène le combat (jihâd) contre les infidèles et les hypocrites, et sois dur à leur égard.
    • IX, 30 : Les chrétiens disent : « le Christ est le fils d’Allah » –qu’Allah les anéantisse !

    Normalement, à ce moment précis de l’exposé, je suis interrompu par une voix qui dit : « Oui, mais si tu veux aller par là, dans toutes les religions on trouve des appels au meurtre ! » Je lance donc un grand jeu-concours : trois kilos de cochonnaille à celui qui trouve un seul verset de l’Évangile qui invite les chrétiens à tuer les incroyants pour accélérer l’expansion du christianisme. Derrière l’objection de la petite voix, on trouve le préjugé contemporain typique selon lequel toutes les religions sont également bonnes sauf quand elles sont appliquées à fond (version G.L.F.), ou toutes également mauvaises mais tolérables quand elles sont peu appliquées (version G.O.F.). Le problème est que la religion chrétienne appliquée à fond consiste à imiter Jésus-Christ, qui est mort crucifié en pardonnant à ses bourreaux, tandis qu’appliquer l’islam consiste à imiter Mahomet, chef de guerre qui, entre autres choses, égorgeait les infidèles de ses propres mains. Les religions ne se ressemblent pas. C’est ainsi. Que la plupart des musulmans vaillent infiniment mieux que leur religion (qu’ils ignorent bien souvent, et appliquent assez mollement), nous n’en doutons pas. Mais c’est une autre question. Notre problème, ce sont ceux qui l’appliquent sérieusement.

    Avant de se jeter dans la consultation fébrile des évangiles pour y chercher des versets homicides, mon objecteur tentera sans doute une parade : « Bon d’accord, mais tu extrais trois versets du Coran, qui est un livre de 600 pages, c’est un peu facile. » Ici, pas de jeu-concours, je donne la réponse d’entrée : sur les 6236 versets que compte le Coran, 800 sont des injures et des malédictions contre les Juifs, les Chrétiens, les infidèles en général, ou encore des appels à la guerre, au meurtre, à la mutilation. Faites l’expérience : ouvrez le Coran à n’importe quelle page, vous trouverez une malédiction et une ou deux menaces de « châtiment humiliant » et de « punition avilissante » (crucifixion, amputation, eau bouillante, coups de fouet). Cela représente donc environ 13% du texte total ! Pour trouver un tel degré d’agressivité dans un livre, il faut se tourner vers la propagande politique. Et encore.

    Et maintenant, venons-en au cœur du problème.

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    Paula Corbulon

  • Droit du sol, droit du sang : l’exemple de l’Empire romain

    Un essai de Pierre Milloz, juriste et économiste

    « Que partout ceux à qui la naissance, leur vertu ou la richesse donnent le second rang soient incorporés aux chevaliers ; il faut leur donner à tous le droit de cité, afin qu’ayant une part égale ils soient des alliés fidèles. » (Mécène à Auguste)

    Pierre Milloz est d’abord connu par le nom qu’il a donné au premier rapport chiffrant le coût de l’immigration. Il a aussi publié récemment un ouvrage de référence Le Cosmopolitisme ou la France (*). Il nous livre ici sa réflexion sur les règles d’accès à la citoyenneté à Rome.
    Polémia


    Droit du sol, droit du sang, intégration, assimilation, etc., autant de sujets dont on débat très souvent, un sujet que je vais aborder à partir de l’Empire romain. En effet les détenteurs du pouvoir à Rome se trouvèrent constamment aux prises avec ce type de problème. Et il est intéressant de voir non seulement la solution qu’ils retinrent mais aussi la manière orientée dont, dans bien des cas, leur solution est aujourd’hui présentée.

    L’idée générale est souvent avancée qui se résume dans cette phrase d’un historien de la Gaule : « La loi divine de Rome, depuis son origine, était de faire de tous les peuples une seule patrie ». Et cette loi aurait trouvé son application : « Une tendance particulièrement frappante de l’organisation civique des Romains est ce qu’on peut appeler son œcuménisme », écrit tel autre historien ; ou voici encore cette autre notation très cosmopolite : « Rome se voulait puissance civilisatrice, capable de s’ouvrir aux vaincus, de les assimiler et de les faire participer au gouvernement du monde ».

    Voyons cela de plus près. Du point de vue qui nous occupe, nous pouvons, pour la commodité et quitte à ne retenir qu’un schéma, découper l’histoire de Rome en trois périodes.

    De la fondation de l’Urbs à Auguste : la loi du sang

    La première part de la fondation mythique de l’Urbs (753 a.J.C.) englobe la République et au moins le règne d’Auguste (mort en 14 p.J.C.). Au cours de cette période, la citoyenneté romaine en principe relève du droit du sang. Sont citoyens romains les descendants des peuples qui, selon la légende, fondèrent la ville. La règle est alors strictement observée (sauf exceptions particulières notamment pour récompenser tel ou tel vaincu), mais deux mesures d’importance y dérogèrent :

     – D’abord celle qui conclut la « guerre sociale » : elle est comme une illustration de la volonté de Rome de s’en tenir au droit du sang. Le conflit était venu d’une revendication des cités italiques situées à proximité de Rome. Elles réclamaient la citoyenneté romaine en faisant valoir qu’elles étaient des alliées fidèles et qu’elles avaient aidé Rome dans ses conquêtes. Or le Sénat s’y refusait obstinément et il fallut une guerre parfois atroce (95 à 89 a.J.C.) pour que, bien que vainqueur, Rome donnât satisfaction à ces alliées. La citoyenneté romaine s’étendit finalement à tous les hommes libres sur toute l’Italie au sud du Pô.

    – L’autre exception fut due à César qui, en 49 a.J.C, octroya la citoyenneté romaine à toute l’Italie transpadane. Cette décision était marquante car elle s’adressait cette fois non plus à des voisins mais à une ethnie différente, celle des Celtes. Désormais l’Italie entière, « reculée jusqu’aux Alpes», bénéficiait de la citoyenneté romaine.

    Auguste (-27/14) succédait à la République avec la même position restrictive. Certes il pouvait lui aussi accorder la citoyenneté à telle ou telle cité ou à tel ou tel étranger qu’il voulait récompenser, mais sur le principe il était « persuadé qu’il était important de conserver le peuple romain pur de tout mélange de sang étranger » (1) (Suétone) et son testament recommandait à Tibère « de ne pas prodiguer le droit de cité, afin que la différence fût tranchée entre les Romains et leurs sujets » (Dion Cassius).

    Si donc on fait le point à l’aube de notre ère, on constate que, sauf exceptions particulières, il n’y a de citoyens romains qu’en Italie, c’est-à-dire en une fraction minime de l’immense empire alors proche de son apogée. Rome n’a donc pour le moment pas la moindre intention de « faire de tous les peuples une seule patrie ». Voyons maintenant ce qu’il en est dans les deux siècles suivants.

    D’Auguste à Caracalla : un assouplissement de la politique de citoyenneté

    Dans le Haut Empire (par convention on le situera de la mort d’Auguste, en 14, à celle de Septime Sévère, en 211, auquel succède Caracalla), deux traits caractérisent le sujet :

     – D’abord, il faut souligner une constante de la politique impériale. Pendant deux siècles, en effet, aucun des empereurs ne mit ses pas dans ceux de César. Alors que le dictateur, témoignant de son « génie cosmopolite » (Michelet), avait décidé de « naturaliser » une province entière : la Transpadane, pas un seul des 21 empereurs qui se succédèrent jusqu’en 211 ne prit une mesure du même genre en faveur d’une autre province. Cette abstention évidemment délibérée prouve sans conteste la volonté romaine de ne pas répandre la citoyenneté.

    – Ensuite, dans le cadre restrictif ainsi défini, il faut relever un assouplissement de la politique de la citoyenneté et insister sur une initiative de Claude (41-54), représentative du sujet sous le Haut Empire. Intervenant devant le Sénat en 48, Claude prononça en effet un discours qui rompait avec la doctrine liant la citoyenneté à la filiation et qui conduisit à prendre des mesures en ce sens.

    Son thème général était qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de leur origine pour accueillir et promouvoir les hommes. Il exhortait « à ne pas repousser les vaincus comme des étrangers », rappelait que « des étrangers ont régné sur Rome » (parmi lesquels Tarquin « en dépit de l’impureté de son sang »), faisait allusion à telle« famille venue d’Espagne dont les descendants sont parmi nous et dont l’amour pour cette patrie ne le cède point au nôtre ». Il ajoutait qu’ « il ne faut pas rejeter les gens des provinces s’ils peuvent faire honneur au Sénat », soulignait la réussite obtenue en Transpadane.

    En dépit de l’évocation d’une « impureté du sang », certains de nos contemporains ne tarissent ici pas d’éloges. Un biographe de Claude voit dans cet empereur, pourtant tenu pour un imbécile par ses contemporains, « un esprit supérieur devançant son époque ». Tel historien de la Gaule, lyrique, présente le discours comme ayant été prononcé « dans le noble intérêt de l’humanité tout entière » avant d’ajouter qu‘ « après les règnes d’Auguste et Tibère, si avares du titre de citoyen, les portes de la cité se rouvrirent brusquement à tous les peuples ». A l’usage du grand public, on amplifie sur Internet en écrivant que Claude« étendit la citoyenneté romaine à de nombreuses cités dans les provinces » ou encore que « Claude fit beaucoup pour les siens en intégrant les étrangers à son peuple » (le recours au vocabulaire polémique contemporain montre qu’on ne s’efforce même pas de masquer l’arrière-pensée). Tout aussi politique mais plus pratique, ce romaniste juge que ce discours « pourrait figurer au fronton de nos mairies au même titre que la devise républicaine ».

    Un examen de ce texte (dont on a trouvé une partie gravée sur une table de bronze et dont Tacite a donné sa propre version) en ramène la portée à de plus modestes ambitions.

    L’initiative de l’empereur avait pour objet de répondre à une sollicitation de certains notables gaulois de la Gaule chevelue (il s’agit seulement, soulignons-le, de notables et non des Gaulois en général : l’empereur parle des « principaux habitants »). Ces derniers bénéficiaient, comme beaucoup d’autres, d’une citoyenneté incomplète qui ne leur permettait pas d’accéder au cursus honorum. Ils la détenaient soit au titre d’un traité passé par Rome avec une nation fédérée (les Eduens, par exemple) soit avec leur cité au titre du droit latin.

    Ils demandaient que, comme cela avait été accordé en 14 à la Gaule narbonnaise, leurs élites se vissent accorder la citoyenneté complète.

    Claude était partisan de leur donner satisfaction, mais ceux auxquels il pensait ne feraient pas masse : il évoquait « l’élite des colonies et municipes »« une élite d’hommes de valeur et fortunés », les « membres de familles illustres », les « meilleurs guerriers ». Il se référait à des exemples sans doute connus de ses auditeurs : les « Balbus, une famille illustre » d’Espagne, « Persicus, un Allobroge de haut lignage ». En un mot, il voulait « transporter ici tout ce qu’il y a d’éminent dans les autres pays ». On voit que la promotion du peuple des pérégrins ne figurait pas au premier rang de ses soucis… et les opposants à la mesure proposée ne s’y trompaient pas qui protestaient : « Ils vont tout envahir, ces riches », et à juste titre puisque Claude exhortait les Gaulois « à apporter ici leur or et leurs richesses au lieu d’en jouir seuls »…

    Ainsi se dessine l’idée sous-jacente, politique. Elle avait été exprimée à l’intention d’Auguste par Mécène :« Que partout ceux à qui la naissance, leur vertu ou la richesse donnent le second rang soient incorporés aux chevaliers ; il faut leur donner à tous le droit de cité, afin qu’ayant une part égale ils soient des alliés fidèles »(Dion Cassius).

    La citoyenneté romaine : un moyen de domestiquer la superclasse des provinces

    On touche là au cœur de la politique romaine. Il s’agit de rallier une élite de nobles et de possédants dont la situation sociale et de fortune les portera à la fidélité envers l’ordre romain et qui, jouissant d’une certaine autorité dans leur province, la mettront au service de Rome. Leur accorder la citoyenneté romaine et du même coup la possibilité d’entrer dans le cursus honorum, c’était leur permettre d’entrer dans la hiérarchie politico-administrative, de s’y élever, d’approcher les cercles du pouvoir, d’y participer et peut-être d’obtenir un jour la récompense suprême, inaccessible à la plupart : l’accès au Sénat. C’était en un mot les rallier à l’Empire.

    Les écrivains romains ne pensaient pas toujours du bien de ceux qui s’engageaient dans cette voie. Voici Tite-Live :

    « Les habitants des villes (il s’agit des Grecs) étaient de trois espèces. Les deux premières, en flattant le pouvoir des Romains … fondaient leur fortune particulière sur l’oppression de leur patrie … Les partisans de Rome étaient seuls en possession des magistratures et des ambassades » (2).

    Tacite parle de domination culturelle :

    « On en vint même à priser notre costume et souvent à porter la toge … dans leur inexpérience, ils appelaient civilisation ce qui contribuait à leur asservissement. »

    Un rhéteur grec du milieu du IIe siècle, Aelius Aristide, a résumé la situation ainsi créée dans un ouvrage célèbre : Eloge de Rome.

    « Vous avez partout donné la citoyenneté et comme un droit de parenté à tous ceux qui représentent les élites du talent, du courage et de l’influence, le reste vous étant soumis comme des sujets » et plus loin : « Il n’est nul besoin de garnisons qui tiennent les acropoles. Les habitants les plus importants et les plus puissants de chaque endroit gardent pour vous leur propre patrie. »

    Doit-on comprendre qu’une super-classe inter-cités de notables et de possédants avait, avec l’aval et sous l’autorité de Rome, le contrôle des cités de l’Empire ? L’histoire est un éternel recommencement. Celle de Rome est pleine d’enseignements qu’il n’est pas indiqué de porter au fronton de nos mairies.

    L’édit de Caracalla : traduction de l’affaiblissement de l’esprit romain

    Avec la promulgation, en 212, de l’édit de Caracalla étendant la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire se clôt une évolution historique. Comme l’écrit l’éminent romaniste que fut François Jacques :

     « La décision de Caracalla était bien révolutionnaire : elle rompait avec une politique qui avait réservé la citoyenneté hors d’Italie à une minorité, en général une élite sociale, et que les Empereurs avaient maintenue par delà les nuances depuis Auguste. »

     Une révolution ne surgit jamais inopinément. Un affaiblissement de l’esprit romain l’avait préparée, dont l’origine remontait au IIe siècle. L’élan expansionniste de Rome commençait à se tarir : au lieu d’étendre l’empire – en Ecosse Hadrien (117-138) construisait un mur de défense, les Barbares réussissaient sous Marc-Aurèle (161-180) à pénétrer en Italie, Marc-Aurèle lui-même faisait profession de cosmopolitisme – on assistait à un foisonnement religieux profitant aux cultes orientaux (Cybèle, Mythra, Isis).

    Cette évolution allait s’accentuer sous les règnes de Septime Sévère (193-211) et de son fils Caracalla (211-217).

    Septime Sévère était né à Leptis Magna en Libye, dans une famille romanisée qui depuis un siècle avait fourni nombre de cadres supérieurs à l’Empire (3). Un point est important : il était le premier empereur de l’histoire de Rome à n’être pas de souche italienne. Malgré cette origine ou peut-être à cause de cette origine, il se révéla très soucieux d’affirmer sa romanité, son attachement au passé glorieux et à la grandeur de Rome et il est tenu par maints historiens comme l’un des meilleurs empereurs. Néanmoins son règne fut marqué par un recul accru de l’esprit romain et parallèlement un renforcement de l’influence orientale.

    Celle-ci s’affirma notamment autour de l’impératrice Julia Domna (Syrienne, elle avait 17 ans quand Septime Sévère alors âgé de 41 ans l’épousa). Elle tenait salon, s’entourait d’artistes, de philosophes, de juristes tous orientaux qui affichaient une idéologie plus tournée vers le cosmopolitisme que vers la romanité. L’esprit cosmopolite se répandait donc, fruit du brassage des populations provoqué par l’Empire. En écho, on observait une propension à rapprocher les croyances de toutes origines et à les rassembler en un corpus unique. Cette évolution serait couronnée de manière symbolique par Sévère Alexandre (222-235) : son laraire, autel traditionnellement réservé par les Romains aux dieux de leurs foyers, réunirait les grandes âmes du passé : Apollonius de Tyrane, Abraham, Orphée, Jésus-Christ, Alexandre le Grand… Dans le même temps, le christianisme faisait valoir son universalisme et contribuait ainsi au mouvement général des idées, même s’il rendait à César ce qui revenait à César.

    Ainsi se préparait la grande crise du IIIe siècle qui faillit emporter l’Empire et l’aurait emporté si Dioclétien (284-305) n’avait repoussé l’échéance, au prix d’ailleurs d’une profonde transformation.

    L’édit de Caracalla apparaît donc comme traduisant l’affaiblissement de l’esprit romain. Il n’a assurément pas provoqué la chute de l’Empire. Il a seulement été un signe annonciateur parmi d’autres de cette chute.

    Les motifs qu’avait l’empereur de prendre cet édit n’apparaissent pas clairement et sont discutés. Sur le plan pratique, il n’apportait rien de plus aux élites de l’Empire et il n’apportait pas davantage aux masses populaires, privées dans les faits de toute participation au pouvoir. Aussi bien passa-t-il inaperçu en son temps. Il n’en va plus de même aujourd’hui – tant s’en faut ! – et il suscite un intérêt inépuisable dont Internet tient compte dans un article consacré à Caracalla. J’emprunterai donc ma conclusion à cet article qui a l’avantage de nous ramener à mon introduction :

    « Il n’y a aucun fondement factuel et même anachronisme à voir dans cet édit la volonté de créer une citoyenneté universelle. L’édit reste cependant cité en exemple par les défenseurs, au XXIe siècle, d’une extension des droits politiques à tous les habitants d’un pays donné. »

    Pierre Milloz14/10/2014

    Notes :

    1. On peut s’étonner que cette référence à la « pureté du sang » n’ait pas de nos jours suscité, au nom de l’antiracisme, une pétition tendant à faire débaptiser le siècle auquel cet empereur a donné son nom.
    2. Tite-Live fait allusion à la fin de la IIIe guerre macédonienne et donc à une époque bien antérieure à l’intervention de Claude devant le Sénat (on est encore sous la République). Il a paru possible néanmoins de l’évoquer tant le problème du rôle des élites des pays vaincus est permanent.
    3.Selon l’Histoire Auguste, la sœur de Septime Sévère, lorsqu’elle venait lui faire visite à Rome, « le faisait rougir car elle savait à peine parler latin ». Curieux détail : on ne parlait donc pratiquement pas latin en famille dans cette famille profondément romanisée ? Septime Sévère passait d’ailleurs pour être meilleur orateur en punique qu’en latin.

    (*) Voir : « Le cosmopolitisme ou la France » de Pierre Milloz<

    http://www.polemia.com/droit-du-sol-droit-du-sang-lexemple-de-lempire-romain/