Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/10/2013

PHILIPPE MESNARD - Extension du domaine de la lutte

http://www.youtube.com/watch?v=gFlPe6F_8J4

Quand la droite prônait le droit du sang…

PARIS (NOVOpress) - La proposition de Jean-François Copé de réformer le droit du sol a soulevé l’indignation de la gauche et suscité de nombreuses réticences au sein même de l’UMP, parmi lesquelles Henri Guaino, l’ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui considère qu’« il ne peut être question d’abandonner le droit du sol. C’est notre culture, c’est le fondement d’une société ouverte par rapport à une société fermée ». La réforme vendue par le président de l’UMP est pourtant bien timide, réfutant vouloir remettre en cause le droit du sol mais simplement prôner la fin de l’acquisition automatique de la nationalité pour les enfants nés en France de parents étrangers. La droite dite parlementaire a pourtant été plus radicale par le passé même si, déjà, les prises de position affichées en restèrent au stade des promesses électorales…

Le ton est donné dès 1985 dans le contexte de l’émergence du Front national, sous l’influence des clubs de pensée qui veulent réarmer intellectuellement la droite. Parmi les plus actifs, le Club de l’Horloge – qui compte en son sein bon nombre de membres éminents de l’UDF et du RPR – fait paraître sous la signature de Jean-Yves Le Gallou un livre intitulée La préférence nationale. Réponse à l’immigration, où est préconisée la révision du code de la nationalité. La thèse centrale du livre, c’est qu’il faut stopper l’immigration qui met en cause l’identité française. L’auteur rejoint très peu de temps après le Front National, dont le programme électoral reprend les propositions contenues dans l’ouvrage.

À son tour, le Club 89, créé par Michel Aurillac, député RPR et futur ministre de Jacques Chirac, fait paraître en février 1985 un ouvrage intitulé Une stratégie de gouvernement. Dans son chapitre 3, “Maîtriser l’immigration“, on trouve là encore la proposition de réformer le droit de la nationalité de telle sorte que ne soient Français de naissance, outre les enfants nés de deux parents français, que les personnes nées en France d’un parent français. Quant aux immigrés de la seconde génération, ils devront “opter pour la naturalisation ou pour le retour”

Le programme commun du RPR et de l’UDF en vue des élections législatives de 1986 reprend ces différentes propositions, réclamant alors que la nationalité « devra être demandée et acceptée ; son acquisition ne saurait résulter de mécanismes purement automatiques ». Après la victoire de la droite en mars 1986, le gouvernement Chirac dépose un projet de loi renforçant les conditions d’obtention de la nationalité française par droit du sol en instituant une démarche volontaire, et subordonnant son issue à l’absence de condamnation pénale grave et à une « assimilation à la communauté française » vérifiée par un juge. Mais les manifestations étudiantes contre le projet de loi Devaquet et, plus encore, la mort de Malik Oussekine fragilise le gouvernement qui, suite à cet événement abandonne toute réforme de société en cédant au diktat moral de la gauche. La réforme du code de la nationalité est enterrée.

En 1991, Valéry Giscard d’Estaing relance le sujet par une déclaration dans les colonnes du Figaro Magazine en « recommandant de revenir à la conception traditionnelle de l’acquisition de la nationalité française: celle du droit du sang. On est français si on naît d’un père ou d’une mère française. » Deux ans plus tard, le gouvernement Balladur réforme le code de la nationalité en introduisant la nécessité que les jeunes nés en France de parents étrangers fassent une demande explicite entre 16 et 21 ans. Cette réforme est supprimée par le gouvernement Jospin en 1998, qui rétablit l’automaticité de l’obtention de la nationalité française à la majorité pour les enfants nés en France.

En 2002, puis lors des élections de 2007 et de 2012, il n’est plus question pour la droite d’une éventuelle remise en cause du droit du sang, l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy ayant affirmé son attachement à celui-ci (« le droit du sol, c’est la France »).

http://fr.novopress.info/143514/droite-pronait-droit-du-sang/#more-143514

Les tristes lendemains du mariage gay

L'Assemblée nationale a adopté, le 23 avril 2013, le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux personnes de mêmes sexes, faisant de la France le 9e pays européen à l’autoriser et le 14e dans le monde. Ce vote a été précédé de nombreux mois de contestation, réunissant plus d’un million de personnes à chaque manifestation de rue.

Quels sont les enjeux de la loi sur le « mariage pour tous » ? Peut-on dire que c’est une loi juste ? Pour répondre à ces questions fondamentales, reinformation.tv a interrogé un philosophe (Thibaud Collin), un juriste (Patrice André), un journaliste (Jacques de Guillebon), un essayiste (Philippe Arino) et un psychanalyste (Tony Anatrella). Ces intellectuels répondent à deux députés socialistes et nous éclairent sur les véritables objectifs de cette révolution sociétale sans précédent.



http://www.youtube.com/watch?v=_fb0enZeEeQ

http://www.youtube.com/watch?v=KlpD8P-9818

http://www.youtube.com/watch?v=1KFLMR68bVE

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

Mais qu'est-ce que la Gauche a de si moral ?

Comment peut-on établir les origines historiques et idéologiques du Front républicain ? Une fois de plus, il faut le dire, c'est la faute à Rousseau. Mais Jean-Jacques possède de zélés continuateurs et disciples jusqu'à nos jours, pour accorder à la Gauche (ou à la Révolution) le monopole de la Morale.
Au fond, tout commence avec Jean-Jacques Rousseau. C'est un personnage qui vit au-dessus de la morale commune, ayant laissé successivement à l'Assistance publique les cinq enfants qu'il a fait à la bonne Thérèse Le Vasseur. Mais en même temps, il donne des leçons de morale à l'univers entier et a toujours le mot « vertu » à la bouche, au grand dam, d'ailleurs, des philosophes athées qu'il fréquente, d'Holbach dont il honore l'hospitalité ou Diderot avec lequel il finira par se brouiller. C'est à Fénelon qu'il faut remonter, au début du XVIIIe siècle, pour comprendre l'exaltation de la vertu du Prince. Pour Rousseau, le pouvoir corrompt, ce n'est pas le Prince qui est vertueux, c'est le peuple, et il est d'autant plus vertueux qu'il s'est débarrassé de toute autorité personnelle, pesant sur lui, pour obéir seulement aux lois : « La pire des lois vaut mieux que le meilleur des rois » écrit-il dans la VIIIe Lettre de la Montagne. La vertu du peuple consiste selon lui à être libre de toute obéissance et capable, comme une sorte de « Moi commun » de décider de son destin. Selon quel critère ? Selon lui-même. « La volonté la plus générale est toujours la plus juste et la voix du peuple est en effet la voix de Dieu » (Article Economie politique de l'Encyclopédie 1755).
On peut dire que Robespierre, fidèle lecteur et admirateur de Rousseau, comprend la vertu comme Rousseau l'a comprise : « J'appelle peuple tous ceux qui sont vertueux. Ils valent mieux que ceux qui n 'ont que du talent » (Séance du club des jacobins, 25 avril 1792). On sait ce qu'il en coûte à l'époque de ne pas faire partie du « moi commun » révolutionnaire, de n'être pas vertueux, bref de s'exclure du peuple. Une dialectique exclusive se met immédiatement en place : « D'un côté le peuple, l'humanité, toutes les vertus. De l'autre les perfides, la trahison, la lâcheté, enfin la cour et tous ses vices » (Séance du 25 juillet). Vous le voyez, dès le début la diabolisation des adversaires politiques est en marche. Ce sont des perfides, des traîtres, des lâches. Ils ne valent rien en eux-mêmes, leurs intentions n'ont pas à être pesées. Il suffit qu'ils s'opposent à ce grand et définitif édifice de bonheur que veut construire la Révolution pour en être exclu. Pour l'instant (en 1792), Robespierre n'a pas encore le Pouvoir. Cette exclusion est donc purement verbale. Mais bientôt, prenant le contrôle du Rasoir national, l'Incorruptible pourra rendre absolument définitive (mortelle) cette exclusion qu'il faut bien appeler idéologique.
Bloc des gauches
Si l'on considère que sont à droite tous ceux qui refusent tout ou partie de la Révolution française et que sont à gauche ceux qui pensent comme Clemenceau que « la Révolution est un bloc » et que l'on ne doit pas séparer 1789 et 1793, alors on comprend que le péché originel de la Gauche française c'est de faire bloc justement et d'exclure ceux qui ne sont pas d'accord avec eux. Cette exclusion-là ennoblie celui qui la pratique, car elle s'effectue au nom de la morale justement, au nom de la liberté, au nom du peuple, et elle concerne... tous ceux qui ne sont pas d'accord avec le Bloc révolutionnaire. Et voilà né le Front républicain... En 1793, c'est un bloc sanglant, comme en 1830. Autour de 1900, c'est un bloc idéologique, qui utilise pour vérifier sa cohésion des tests de morale comme l'Affaire Dreyfus. En 1930, ce Bloc se nomme antifascisme. Il a été conçu à Moscou par les affidés d'un certain Joseph Staline, François Furet a tenté d'en écrire l'histoire dans Le passé d'une illusion. En 1945, ce Bloc républicain s'intitule Font national. Il couvre les exactions de l'Epuration et le Manteau de Noé, c'est la Révolution. L'atmosphère du Boulevard Saint-Germain dans les années 1960 se ressent du sang versé après-guerre. Jean-Paul Sartre, philosophe éminent, renommé pour la subtilité avec laquelle il analyse l'Etre pour mieux le néantir, avoue que, pour lui, la vieille Exclusion est toujours d'actualité :
« Tout anticommuniste est un chien, je ne sortirai pas de là. » Le subtile Albert Camus disparut trop vite (1961) pour remettre vraiment en cause cette dictature intellectuelle du communisme sur le Quartier latin. Il se heurta à elle et fut sur le champ diabolisé, comme n'importe quel réactionnaire, alors qu'il avait adhéré au Parti dès 1935. Si l'on déroule la pelote du temps, on retrouve ce sectarisme - cette haine du « bourgeois » - en Mai 68. Cette Révolution des jeunes n'est pas compréhensible sans le prestige de Sartre et de ses semblables, sans le droit d'exclure ceux qui n'ont pas la même foi dans la Révolution.
En tant que chrétien, on est obligé de constater que ce processus d'exclusion et de diabolisation de l'Autre, qui remonte à la Révolution française, est contraire je dirais au respect que l'on doit au prochain, et qui nous fait lui accorder non cet a priori négatif mais au contraire le préjugé favorable que l'on doit à tout humain. La publication de l'Archipel du Goulag en 1974 avait mis à mal les prétentions de l'Empire du Bien. Il se reconstitua très vite (je dirais dans les années 1980) autour de la religion cosmopolitique et de la dictature de nos Elites (que l'on appelle aussi correctness). La Guerre civile franco-française continue.
L'enjeu des années Hollande était de savoir si l'on pouvait enrôler l’État dans cette guerre d'exclusion, de mépris et d'unanimisme triomphant que l'on appelle Front républicain, quand il y a des élections en vue.
Abbé G. de Tanoùarn monde & vie 22 octobre 2013

Vers un Hollandegate ?

Dans son numéro qui paraît aujourd’hui, Valeurs Actuelles continue ses révélations sur un cabinet noir à l’Elysée qui serait chargé de faire des recherches sur les archives de l’ancien président. C’est Bernard Muenkel, chef du service transmissions et informatique de l’Elysée, qui en serait chargé. Les recherches cibleraient aussi plusieurs personnalités issues de l’entourage de Nicolas Sarkozy ainsi que plusieurs avocats. Dans son édition de ce jeudi, l’hebdomadaire apporte toutes les preuves de ce qu’il avance. La suite ici => http://medias-presse.info/vers-un-hollandegate/

Les Hommen ont désormais leur site

Les Hommen c’est ce mouvement qui entend s’opposer aux Femen avec une version masculine. Le mouvement s’est illustré lors des manifestations contre le « mariage » gay mais aussi avec des actions « coup de poing » comme lors de la finale de Roland-Garros. Jusqu’ici, ils n’étaient présents que sur les réseaux sociaux mais ils viennent de lancer leur site officiel hier soir : http://hommen-officiel.fr/.
On peut y retrouver toutes leurs actions mais il y a aussi une case recrutement…

Poutine le résistant: la réaction c’est la vie!

Selon le classement publié mercredi et comme chaque année par le magazine américain Forbes, le président russe Vladimir Poutine devance désormais Barack Obama et se hisse à la la première place « des personnes les plus puissantes au monde » en 2013. Le président du parti communiste chinois Xi Jinping arrive en troisième position (celle de M. Poutine l’année dernière) , le pape François, qui y fait son apparition pour la première fois, est quatrième, la chancelière Angela Merkel cinquième. Première personnalité non politique de ce classement, l’homme d’affaire Bill Gates est sixième, loin devant François Hollande qui passe de la 14ème à la 18 ème place, loin derrière le Premier ministre David Cameron (onzième). Autre habitant du vieux continent, le très mondialiste Mario Draghi, président de la banque centrale européenne (BCE) figure dans ce « top ten » à la neuvième place. Si ce type de classement est par définition toujours sujet à caution, difficile de ne pas approuver le jugement porté par Forbes pour expliquer la première place occupée par le président russe : « Poutine a renforcé son contrôle sur la Russie, et tous ceux qui ont observé le jeu autour de la Syrie ont saisi le glissement de pouvoir vers Poutine sur la scène internationale » Au-delà, et ce paramètre échappe certainement à un magazine américanocentré et très libertarien comme Forbes, Vladimir Poutine incarne aussi, notamment aux yeux de nombreux Français et Européens, un défenseur et un gardien des valeurs traditionnelles, de notre civilisation helléno-chrétienne qui sont bien évidemment aussi celles de la Troisième Rome. Le site Medias-presse-info le rapportait très justement, citant le journaliste Pavel Bykov, « La loi russe sur l’interdiction de la propagande homosexuelle auprès des mineurs a porté un coup au leadership moral de l’Occident. (…). La Russie est allée à contre-courant du mainstream politique occidental. Une forte opposition à un élargissement (…) des droits de l’homme existant aussi en Occident, la Russie a montré que d’autres approches étaient possibles . Et Eric Zemmour expliquait qu’il voyait Poutine « comme une espèce de résistant au nouvel ordre politiquement correct, que ça soit sur la Syrie, que ça soit sur l’homosexualité ». Et ce même site rapportait aussi un extrait du discours prononcé par le chef d’Etat russe lors de la réunion en septembre dernier du Club Valdaï dans la capitale russe. »Un autre sérieux défi pour l’identité de la Russie est lié aux événements se déroulant dans le monde » déclarait M. Poutine. « Ici, il y a un aspect de politique étrangère et un aspect moral. Nous pouvons voir comment certains pays euro-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, y compris les valeurs chrétiennes qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils nient les principes moraux et toutes les identités traditionnelles : nationale, culturelle, religieuse et aussi sexuelle. Ils mettent en œuvre des politiques qui rendent égales les familles nombreuses et les unions de même sexe, la croyance en Dieu et la croyance en Satan. » Nous sommes loin ici, des propos de Barack Obama cet été sur la chaîne de télévision NBC, où il avait expliqué que « s’opposer aux revendications du lobby homosexuel violait la morale de base qui devrait transcender chaque pays ! » Pourtant, affirmait pour sa part M. Poutine, »Les excès du politiquement correct sont tels que des gens parlent sérieusement de proposer des partis politiques qui ont pour objectif de promouvoir la pédophilie » notait encore le dirigeant russe. Était fait ici très certainement allusion à l’autorisation accordée par une Cour des Pays-Bas à la création du PNVD, Parti pour l’amour fraternel, la liberté et la diversité qui prône l’abaissement de l’âge de consentement à un acte sexuel de 16 à 12 ans, la légalisation de la pornographie infantile et celles des relations sexuelles avec les animaux. Selon un rapport des Nations Unies publié il y a quelques années il y aurait plus de « 750 000 prédateurs sexuels connectés en permanence sur internet » dans le monde En France même, constate Bruno Gollnisch, les monstrueuses déviances pédophiles ont trouvé au sein des merdias des oreilles complaisantes si ne n’est des relais prosélytes. Nous l’évoquoins déjà sur ce blog en 2010 au moment de l’affaire Polanski et des attaques menées contre Benoit XVI par le lobby progressiste. Avant que Serge July dans Libération ne fasse un tardif mea culpa en avouant que son journal a « légitimé des pratiques parfois criminelles », un cinéaste comme Romain Goupil, socialiste, ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire, déclarait : « J’ai envie de dire: oui, je suis pédophile! » Nous gardons aussi en mémoire « l’expérience » décrite par Daniel Cohn-Bendit dans son livre Le grand bazar dans lequel il évoquait explicitement les « caresses » qu’il donnait, et les attouchements qu’il recevait au milieu des années 70 dans un jardin d’enfants auto-géré de Francfort… ; les confessions de feu Michel Polac, ex chroniqueur de l’hebdomadaire scato-gauchiste Charlie-Hebdo, qui dans son récit autobiographique Journal , évoquait son expérience homosexuelle et pédophile. Nous n’oublions pas non plus qu’en 1977 le journal Le Monde publia une pétition en faveur d’inculpés maintenus en détention provisoire pendant trois années dans une affaire de pédophilie. Les signataires, icones de Saint-Germain-des-Prés, s’appellaient Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Francis Ponge, André Glucksmann, Bernard Kouchner, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Félix Guattari, Jack Lang… En avril 2010, l’écrivain et éditeur Denis Tillinac avait pris la défense de Benoit XVI, accusé par un « milieu » tentant de faire diversion, d’avoir couvert par son silence des agissements pédophiles dans l’Eglise: « je crois que l’on s’en prend à ce pape parce qu’il est un intellectuel et parce qu’il avance une analyse critique et radicale de la modernité ».« De BHL à Onfray en passant par Finkielkraut, aucun n’y résiste. Benoît XVI est le seul vrai rebelle de la modernité. C’est cela que l’on tente de lui faire payer. Et en particulier un certain système médiatique qui a trouvé toutes les indulgences à Roman Polanski, qui a été condamné pour pédophilie, ou à Frédéric Mitterrand, qui en a fait l’apologie dans un livre. Il y a enfin, et particulièrement en France, un vieil anticléricalisme qui ne demande qu’à prospérer sur de telles polémiques ». C’est bien cette offensive proprement subversive, cette promotion permanente d’un matérialisme prospérant sur l’inversion des valeurs que dénonçait le président de la fédération de Russie devant le Club Valdaï, invitant les Européens à la résistance. »Les gens, dans certains pays européens, sont embarrassés ou ont peur de parler de leur appartenance religieuse. Des congés sont abolis ou nommés différemment ; leur essence est cachée, tout comme leur fondement spirituel. Et on essaye avec agressivité d’exporter ce modèle partout dans le monde. Je suis convaincu que cela ouvre une voie directe à la dégradation et au primitivisme, résultant en une profonde crise démographique et morale. » Si François Hollande, les ministres du gouvernement Ayrault, l’UMP à Paris par la voix de NKM se sont officiellement félicités de la tenue des « Gay Games » à Paris en 2018 -voir notre article en date du 9 octobre-, les Etats -Unis apportent aussi leur pierre à cette promotion du lobby LGBT en France. Le 19e festival du film gay lesbien bi trans & +++ de Paris qui s’est tenu en octobre fut financé par la Mairie de Paris, la Région Ile-de-France et le Ministère de la Culture via la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Grande première le logo de l’Ambassade des Etats-Unis figurait comme partenaire de ce festival . « Il est devenu habituel que l’ambassade des Etats-Unis pavoise aux couleurs arc-en-ciel le jour de la gay pride locale. Et certains ambassadeurs américains vont plus loin et s’affichent ouvertement dans ces défilés du lobby homosexuel ». Pas de quoi choquer non plus les atlantistes de l’UMP, et les girouettes clientélistes comme Jean-François Copé qui après avoir défilé contre le mariage pour tous , affirme n’avoir jamais été oppsoé au mariage homo! Il est vrai que Christine Boutin affirmait déjà il y a quelques années, pour bien les connaître que « tous les leaders de l’UMP sont favorables au mariage homosexuel. » Laisser faire, laisser passer, le dogme intangible de la droite couchée… http://www.gollnisch.com/2013/10/31/poutine-resistant-reaction-cest-vie/

La Syrie et la Turquie dans la tourmente du « Printemps arabe »

« C’est un échec terrible pour les Turcs qui se trouvent désormais en conflit ouvert avec les Russes. »
La Syrie est devenue aujourd’hui la pierre angulaire des conflits du Moyen-Orient. Elle met à l’épreuve les capacités diplomatiques de l’Occident et, en la circonstance, de la France avec son Président va-t-en guerre et son ministre des affaires étrangères, commis voyageur envoyé à Moscou pour tenter d’obtenir un soutien à des frappes aériennes contre Damas. Bruce Denisse, diplomate français ayant été en poste en Turquie, donne un éclairage professionnel de la situation et surtout une explication au retrait de Barak Obama.
Polémia
Si l’on regarde la situation de la Syrie sans se soucier de polémique et avec un œil politique, celui du rapport de forces, l’observateur objectif se doit de constater que Vladimir Poutine mène le bal avec une telle maestria que les dirigeants politiques occidentaux ne sont désormais nullement en mesure de lui contester leur défaite.
Car de quoi s’agit-il, au juste ? Si nous mettons de côté les arguments insanes sur l’homme qui fait tirer sur son propre peuple, ou encore le comportement dictatorial attribué au chef d’Etat syrien, on ne replace jamais ce conflit dans son contexte historique qui est celui de la reconquête par l’islam fondamentaliste de l’ancien empire ottoman dans sa dimension spirituelle, c’est-à-dire la confusion théocratique entre la religion et l’Etat, le second étant soumis à la première en toutes circonstances.
Compétition entre l’Arabie Saoudite, la Qatar et les Emirats du Golfe persique
Depuis plus de vingt ans, le monde arabo-musulman est l’objet d’une compétition acharnée entre l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats du Golfe persique. Compétition, certes, mais objectif commun qui est d’éradiquer des Etats arabes non monarchiques le legs du ralliement de Kemal Atatürk à l’Occident via sa forme d’absence de spiritualité. En clair, si, depuis Atatürk, la gouvernance des pays issus de l’ancien Empire ottoman doit être athée, ses dirigeants laïcs et ses partenaires occidentaux, les monarchies pétrolières restées fidèles à la soumission au prophète ne l’entendent pas de cette oreille et financent largement les religieux rebelles à ce qui les scandalise le plus dans les régimes dits laïcs : ne pas se soumettre à Allah. Ils les aident sans limite de fonds, quelle que soit par ailleurs leur obédience mahométane.
Des formes prises par cet islam politique, que les chefs soient chiites, sunnites, salafistes, frères musulmans ou autres, nous n’avons pas grand-chose à en savoir sinon que leur objectif commun est la fin de cette forme de laïcité dans les cinq Etats qui subissent ces tentatives de renversement du pouvoir en place dont les écrans de télévision sont saturés.
Les pays visés par le « Printemps arabe » s’étaient écartés de l’islam et de la charia au bénéfice du kémalisme laïc.
La vérité, que les médias dissimulent vraisemblablement par ignorance, c’est que tous les pays visés par ce que l’on a appelé le « Printemps arabe » étaient, sans exception, des Etats-nations qui s’étaient écartés de la nation arabe, de l’islam et de sa forme de gouvernance juridique, la charia, par un principe de séparation de la religion et de l’Etat. En clair, les chefs d’Etat et de gouvernement de ces pays ne voulaient avoir aucun compte à rendre à des religieux souvent incultes qu’ils méprisaient. Dans tous les cas, la référence implicite était le kémalisme. Pour faire simple, l’ennemi commun est la loi française de séparation de l’Eglise et de l’Etat, dite loi de 1905, qui a servi de modèle au chef d’Etat turc et franc-maçon, Moustapha Kemal, père de la Nation turque, dont l’aura a débordé sur ses voisins immédiats (Syrie, Irak) ainsi que les anciennes provinces qui furent directement gouvernées par des beys désignés par la Sublime Porte (Egypte, Tunisie), les autres pays arabes étant des monarchies de droit divin (Maroc, Arabie Saoudite, Jordanie, Libye avant Kadhafi, principautés du Golfe persique, etc.) dont les dirigeants descendent du prophète et sont donc protégés par leur sang d’origine divine. Ces monarchies épargnées par le pseudo-« Printemps arabe » sont en réalité les vecteurs d’une reconquête, d’une anti-croisade, dont les victimes collatérales sont les Arabes chrétiens, qu’ils soient coptes, chrétiens d’Irak ou de Syrie, chrétiens orthodoxes libanais ou autres.
Le kémalisme a été la référence du Néo-Destour en Tunisie, des partis baasistes en Syrie et en Irak, du nassérisme en Egypte ou du culte de Kadhafi en Libye. Cette forme de gouvernance était exclusive de toute influence des religieux et de leurs affidés, ce qui explique largement la totale incompétence de ceux-ci lors de leur arrivée aux affaires, les responsables de ces groupes ayant été soigneusement écartés de toute responsabilité dans l’appareil d’Etat ou dans les entreprises privées ou publiques pendant tout ce temps.
Ce qui a été déterminant dans l’offensive des monarchies pétrolières pour financer ces simulacres de révolutions, c’est la victoire en 2003 du parti AKP de Recep Tayyip Erdogan aux élections législatives de Turquie. Sa nomination au poste de premier ministre, qu’il occupe toujours aujourd’hui, l’a amené à conduire une nouvelle politique étrangère qu’il qualifie lui-même de néo-ottomane, mais qui a créé l’illusion que l’islam pouvait être neutre, voire favorable au climat des affaires et à l’industrie, alors que la Turquie avait surtout bénéficié du Traité d’union douanière de 1995 avec l’Union européenne et des investissements massifs des industriels allemands, français et italiens qui surfaient alors sur la vague des délocalisations.
Le puissant fleuve théocratique souterrain qui irrigue l’ensemble du monde musulman alimente le rêve historique des maîtres autrefois de Byzance, puis de Constantinople, aujourd’hui d’Istanboul, qui est de faire tourner la planète autour d’eux. Là encore, pour simplifier, c’est l’aboutissement de la volonté de revanche, de cet objectif du monde arabo-musulman, qui remonte à 1924, d’une victoire posthume des théories d’Ibn-Séoud (le monde ottoman doit être islamique) sur celles de Kemal Atatürk (le monde ottoman doit être laïc).
Une mosquée pour cinq cents habitants
Le désastre politico-militaire qui déchire le Moyen-Orient est le fruit de ces illusions. Après avoir, dans un premier temps, étendu son influence commerciale sur la plupart de ces pays, obtenant notamment en Libye des contrats particulièrement importants dans le domaine du BTP, l’ancien maire d’Istanboul a voulu soutenir les chefs de guerre de l’islam dans une région à l’instabilité habituelle qui aurait dû le rendre prudent. Le rapprochement avec l’Arabie Saoudite, mené par le président, a accompagné le programme de construction de mosquées (une pour cinq cents habitants) pour la plupart vides, mais ce rapprochement avec les Saoudiens a créé des obligations dont l’une est l’accueil massif de réfugiés syriens, victimes de la guerre civile financée par la même Arabie Saoudite. Ces Syriens, tous « bons musulmans », déstabilisent désormais le Hatay, province autrefois sous protectorat français, de 1919 à 1940, et connue alors sous le nom de Sandjak d’Alexandrette. La France restitua cette province ottomane à la Turquie en 1940 à l’issue de négociations difficiles menées sur fond de déroute française par l’ambassadeur René Massigli, mais dont l’un des aspects positifs fut la neutralité de l’armée turque tout au long de la deuxième guerre mondiale.
Soixante-treize ans plus tard, le retour massif des Syriens réfugiés est une autre défaite pour les kémalistes. Il y a en effet tout à parier que ces Syriens ne repartiront plus, renforçant ainsi l’enclave arabe dans cette région où les Turcs sont majoritaires.
La Syrie, un enjeu pour la Russie
C’est à la lumière de cet éclairage historique qu’il faut examiner la situation en Syrie, dont personne ne semble comprendre la volonté d’acier des Russes et des Chinois de défendre Bachar el-Assad envers et contre tout, qui est pourtant, ici aussi, très simple à comprendre.
Les cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont des intérêts essentiels en Méditerranée, devenue un des axes majeurs du trafic de l’économie mondiale. Chacun y a sa base navale : les Français à Toulon, les Américains à Naples, avec la VIe flotte, les Anglais ont deux bases aériennes à Chypre avec des droits de mouillage à Larnaca. Il faut noter que les deux bases aériennes anglaises : Akrotiri (75,5 km2) et Dhekelia (81 km2), sont en relation directe avec la base aérienne OTAN d’Izmir.
Pour leur part, les Chinois ont racheté le port commercial d’Athènes : Le Pirée, ce qui leur permet d’inonder l’Europe de leurs marchandises. Mais les services spéciaux chinois y ont aussi basé leurs antennes chargées du renseignement.
C’est pourquoi la Russie ne pourra jamais accepter la perte de sa base navale en Méditerranée et sortir du jeu de la Mare Nostrum. Depuis 1971, c’est-à-dire depuis que l’Union soviétique et Hafez el-Assad ont signé un accord pour occuper une base navale dans le port de Tartous, au nord de Beyrouth, en territoire syrien, la présence russe est permanente. Dans ces conditions, les Russes ne peuvent renoncer à disposer d’unités navales pré-positionnées en Méditerranée en cas de conflit avec l’OTAN. Dans le système défensif mondial, la projection de puissance, autrefois dévolue aux croiseurs, puis aux porte-avions, est désormais relayée par le porte-hélicoptères.
C’est précisément cette option stratégique que la marine russe a privilégiée. Or, Vladimir Poutine, réélu pour quatre ans le 7 mai 2012, a eu pour première décision de transférer, le 31 août suivant, le quartier général de la marine de guerre à Saint-Pétersbourg alors que celle-ci était à Moscou sous la période soviétique. Saint-Pétersbourg est sa ville natale et celle dont il a été le maire. Ce fut aussi la volonté de Poutine de renforcer sa marine et d’accéder aux demandes de porte-hélicoptères de l’état-major. Or, c’est un bâtiment de 210 mètres de long, deux fois la taille d’un terrain de football, dont il s’agit. Officiellement prévu pour la flotte du Pacifique, tout porte à croire que les travaux de Tartous sont aussi faits pour l’accueillir.
Dès octobre 2009, la flotte maritime militaire de Russie a exprimé le besoin de navires de ce type. L’affaire a été conclue avec la France pour deux premiers exemplaires du type Mistral. Deux bâtiments sont construits aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire avec la participation des chantiers navals russes de la Baltique (OSK), qui sont précisément situés à Saint-Pétersbourg. Baptisé Vladivostok, le premier sera mis à l’eau le 15 octobre 2014 à Saint-Nazaire et remis aux autorités russes le 1er novembre suivant.
Depuis 2008, les Russes remettent consciencieusement à niveau les installations de Tartous destinées à l’usage de la marine russe pour accueillir le porte-hélicoptères. Cette base, communément appelée « point d’appui logistique naval russe en Méditerranée », est composée de deux quais flottants, d’un atelier, de plusieurs dépôts, de diverses casernes et d’autres installations de stockage d’armement. Près de 300 personnels russes, accompagnés de leurs familles, sont en charge de la maintenance et de la modernisation du site. Dans le monde, c’est la seule base navale russe extérieure à la Russie. Les investissements, si l’on ajoute le coût des deux navires, la mise à niveau de Tartous et la relance des chantiers navals militaires de la Baltique, se chiffrent au minimum à deux milliards de dollars.
Imaginer un instant que les Russes prendraient le risque de voir un autre pouvoir que celui de Bachar el-Assad s’installer à Damas, dont le premier souci serait d’expulser les Russes de Tartous, relève soit de l’incompétence, soit de la folie.
Et si une coalition occidentale, telle celle qu’a souhaitée François Hollande, « punissait » la Syrie…?
Si la coalition occidentale attaquait la Syrie, elle prendrait la décision d’installer ensuite délibérément un pouvoir hostile aux Russes, mais, de surcroît, elle prendrait le risque non négligeable de tuer des marins et des officiers mariniers de la flotte russe. Inimaginable ! Donc, mieux informé des enjeux, Barak Obama a reculé.
Cette pièce syrienne a aussi un autre rôle essentiel sur l’échiquier de Vladimir Poutine : elle légitime le maintien en l’état de la Convention de Montreux.
La Convention de Montreux, officiellement Convention concernant le régime des détroits, est un accord international multilatéral daté du 20 juillet 1936 et signé dans la ville de Montreux, sur le lac Léman. Elle est entrée en vigueur le 9 novembre 1936 et règle depuis cette date l’exercice de la libre circulation entre la mer Noire et la mer Egée par les détroits des Dardanelles et du Bosphore. Cette convention justifie le passage régulier des navires de guerre russes, basés à Odessa, qui se rendent à Tartous.
Bachar el-Assad n’est pas un vulgaire Ben Ali ou Kadhafi, et il peut dormir tranquille : son accord avec les Russes le met à l’abri de toute mauvaise surprise, car l’enjeu n’est pas syrien mais bel et bien russe.
La Turquie isolée
La vraie mauvaise surprise vient en fait de Turquie. Après avoir voulu servir de pont entre l’Orient et l’Occident, le gouvernement d’Ankara a clairement basculé dans l’islam. Ainsi, après la question arménienne, l’insoluble problème kurde et l’interminable occupation du nord de Chypre, le gouvernement turc s’est créé un souci supplémentaire avec la Syrie, après l’incroyable épisode des bateaux pour la Palestine.
En effet, le 31 mai 2010, l’expédition nautique le long des côtes israéliennes devait faire s’écrouler l’image positive de Tayyip Erdogan auprès d’Israël. Le but était humanitaire, les neufs morts étaient d’innocents militants qui n’avaient pas mesuré les risques pris en allant chatouiller Tsahal sur le bord de ses plages de sable, mais le résultat est avéré : du statut d’alliée fiable, la Turquie a basculé dans le camp des complices des terroristes. Les relations diplomatiques, qui furent provisoirement rompues, ont basculé dans la défiance.
Débordé par ses idéologues fondamentalistes qui ont désormais pris le pas sur les opportunistes et les affairistes au sein de l’AKP, le soutien aux opposants à Bachar el-Assad était devenu la session de rattrapage auprès de ses extrémistes de l’AKP. C’est un échec terrible pour les Turcs qui se trouvent désormais en conflit ouvert avec les Russes, en étant de plus prisonniers de l’aide qu’ils apportent aux opposants syriens, donc objectivement à Al-Qaïda.
Dans cette affaire, où l’intelligence politique eût été au minimum de calmer le jeu, la France s’est déshonorée. Le 17 septembre, alors que le ministre Laurent Fabius allait naïvement à Moscou demander à son homologue Sergueï Lavrov de soutenir les frappes occidentales, celui-ci s’est vraiment interrogé sur le degré d’information de son hôte. Un milliard pour Saint-Nazaire et l’industrie française de l’armement, qui bénéficie surtout à la DCNS : est-il possible que Fabius l’ignore ?
Bruce Denisse, 25/10/2013
Bruce Denisse est le pseudonyme d’un diplomate français ayant exercé d’importantes fonctions en Turquie et dans l’est de l’Europe.
http://www.polemia.com/la-syrie-et-la-turquie-dans-la-tourmente-du-printemps-arabe/

Petite histoire de la désinformation (Vladimir Volkoff)

« Les remparts culturels tombent les uns après les autres comme les murs de Jéricho à l'appel des trompettes multinationales, et l'individu, privé des défenses naturelles de la famille, de la tribu, de l'artisanat, de la nation, de la religion, de la langue, de ce que j'ai appelé le nous opposé au je, sombre dans le on informe d'une humanité non différenciée : sous prétexte d'ouverture au monde, il demeure seul et sans défense devant son poste de télévision, cet entonnoir universel de la désinformation. »

Si les techniques de désinformation n'ont de cesse de se perfectionner, le phénomène reste intemporel. Pour Volkoff, nous vivons en psychocratie, où les émotions l'emportent sur le rationnel. Rien que de très banal. Au cours des années 1990 toutefois, trois événements auraient changé la donne quant à la désinformation :

– la chute du communisme privait l'Occident du bouc émissaire auquel on pouvait jadis attribuer toutes les opérations de désinformation, du moins toutes celles réussies ;

– les techniques de la désinformation étant désormais connues, elles échappaient au contrôle des États et étaient de plus en plus pratiquées par des organismes privés ;

– la « toute-puissante » image avait définitivement triomphé du mot dans la communication de l'information, et elle ouvrait aux désinformateurs des perspectives nouvelles et apparemment illimitées.

Résumé descriptif d'un essai de cet auteur incontournable sur ce sujet.

L'information comporte trois variables qui comprennent chacune des risques de biais : l'informateur, le moyen de communication, l'informé. Des précautions préalables à la validation par l'informé doivent donc être considérées : la marge d'erreur, volontaire ou involontaire ; l'impossible objectivité, et de fait accepter prioritairement des informations affichées comme partisanes ; la divergence des impressions entre différents informateurs : la concordance est suspecte (cf. les journaux de gauche comme de droite, dixit Volkoff). L'information, note-t-il, est une « denrée frelatée ». Sa communication a un but bien précis dont il convient de ne pas être dupe. Dès lors, elle devient désinformation, « manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés. » Quelle que soit l'époque (le sous-titre du bouquin est « du cheval de Troie à Internet »), la désinformation vise l'irrationnel, elle est une action psychologique. Son efficacité est assurée grâce (à cause) de notre activité de « lemming » : sujette à l'aveuglement, la promptitude d'une collectivité à se précipiter dans un néant tenu pour salvateur relève d'une constante anthropologique. Tout comme dans la psychologie des foules et la subversion, la contagion opère par vampirisme : le désinformé devient à son tour un désinformateur zélé.

Historiquement, le processus de désinformation s'est perfectionné au travers de trois phénomènes principaux : 1) l'invention de la presse à imprimer par Gutenberg en 1434, et la possibilité de démultiplier la désinformation qui s'en suivit et entraîna 2) le lancement du premier périodique (à Cologne en 1470) rapidement suivi d'une multitude d'autres, d'où la possibilité de modifier la désinformation au jour le jour qui elle-même contribua à 3) l'importance croissante, à partir du XVIIIème siècle, de ce qu'on appelle l'opinion publique dans la vie politique de l'Occident, d'où des occasions multipliées à l'infini pour la désinformation. Désormais, la désinformation serait complète, et davantage encouragée par l'irresponsabilité physique du journaliste, qui ne se voit opposer aucun contre-pouvoir réel.

Au XXème siècle, « Progrès » oblige, les techniques de désinformation se sont perfectionnées. Notons d'ailleurs qu'elles sont nées en démocratie avec le petit ouvrage d'Edward Bernays Propaganda et son sous-titre, Comment manipuler l'opinion en démocratie et la création par ce monsieur du « conseil en relation publique », en fait la langue de bois et sa fonction double : 1) amplifier le pouvoir idéologique et 2) permettre de participer momentanément au pouvoir et montrer qu'on est digne d'y participer davantage. Volkoff le précise, « la langue de bois ne signifie rien. Pour ceux qui en comprennent le sens codé, elle signalise ; pour ceux qui essaient de la prendre à la lettre, elle mystifie. » Durant le même siècle, la doctrine du RAP (Renseignement, Action, Protection) a été élaborée. L'idée – très orwellienne – est de pénétrer la pensée de l'adversaire, de réussir à penser à la place de l'opinion publique, notamment en provoquant une psychose et ainsi favorisant l'autodésinformation. La puissance de ce procédé augmente d'autant plus qu'il se prolonge dans le temps. Une nouvelle réalité est construite par les ingénieurs sociaux et se pérennise.

Ces explications préliminaires une fois exposées par Volkoff, il reste à répondre à la question majeure : la désinformation, comment ça marche ? Petites précisions sémantiques.

Un client bénéficie de l'opération. Des agents (d'influence) assurent la campagne de publicité. L'étude de marché permet de déterminer les supports qui serviront de relais. En désinformation, le public doit gober mais aussi croire. Les supports sont de petits faits vrais ou censés être vrais, et utilisés dans un certain contexte. Les relais sont les moyens utilisés, comme par exemple « le mot et l'image transmis par la presse écrite, parlée, filmée, télévisée, informatisée. » L'action de relais multiples est conjointe. Il existe également des relais au deuxième degré (comme des acteurs de cinéma qui serviront de caution au produit (1)). Toute campagne doit en outre avoir un thème, aussi simple que possible. La désinformation peut traiter le thème de plusieurs manières : « soit en ne diffusant pas une information, soit en diffusant une information incomplète, tendancieuse ou carrément fausse, soit en saturant l'attention du public par une surinformation qui lui fait perdre tout sens de ce qui est important et de ce qui ne l'est pas, soit par des commentaires orientés. » L'expression doit se faire dans un certain code. En publicité comme en désinformation, l'absence de rationalité crée une chance croissante d'achat. En publicité, les caisses de résonance sont avant tout les media, puis le public lui-même. En désinformation, plusieurs caisses de résonance sont nécessaires pour mener à bien une opération. Le recrutement – la corruption – se fait via le MICE (« souris » au pluriel) : Money, Ideology, Sex, Ego (argent, idéologie, sexualité, amour-propre). La cible est l'opinion publique de la population visée. Les procédés sont multiples : diabolisation (qui s'appuie sur de faux renseignements, de fausses photos, de fausses déclarations), manichéisme, psychose, etc.

En pratique, un fait peut être truqué de sept manières différentes : affirmé ; nié ; passé sous silence ; grossi ; diminué ; approuvé ; désapprouvé. Un bon désinformateur, ajoute Volkoff, peut rendre les faits malléables à volonté. De manière volontairement stéréotypée, il distingue en outre douze manières professionnelles de désinformer : négation des faits ; inversion des faits ; mélange vrai-faux avec titrage divers ; modification du motif ; modification des circonstances ; estompement ; camouflage ; interprétation ; généralisation ; illustration ; parts inégales ; parts égales ; variation sur le même thème. (2)

Les accessoires peuvent être verbaux ou sensoriels. Pour le premier registre, Volkoff s'appuie sur l'exemple hérité de mai 68. L'agent est l'enseignant et son relais la grammaire. Le thème en est la destruction des valeurs traditionnelles, religion, famille, bonnes mœurs. La psychose souhaitée : le nihilisme moral dans les jeunes générations. Tout comme chez Roger Mucchielli et la subversion, le désinformateur s'appuie sur la logomachie (« bataille à coups de mots »), invectivant, diabolisant et ridiculisant ses adversaires idéologiques. Les conséquences d'un tel réductionnisme sont dramatiques. Volkoff note que les antonymes respectifs étaient autrefois l'aristocratie et la démocratie. Mais désormais dépourvue d'antonyme, toute dialectique se révèle absconse à la démocratie. Par un procédé tant fallacieux que malhonnête, son opposé est donc appelé dictature, inflation sémantique aidant. Volkoff propose quelques exemples de terrorisme sémantique. Notons-en deux : 1) extrême-droite : quiconque est plus à droite que vous ; 2) fasciste : insulte qu'il faut être le premier à prononcer, parce qu'elle peut s'appliquer à votre ennemi autant qu'à vous.

Quant au registre sensoriel, l'influence repose sur les stimuli et les messages subliminaux. Les messages clandestins auditifs constituent une technique de désinformation. Une réaction endocrinienne permet à l'auditeur de recevoir de manière bienveillante des messages de manière inconsciente. Enfin, avec les caisses de résonance, le journaliste comme le désinformateur sont amenés à créer une émotion. On cherche à programmer de façon instinctive l'information sélectionnée par le lecteur en créant des effets de choc.

L'outil privilégié est ici l'image, qui se passe de la médiation du cerveau pour opérer directement sur les tripes. Or l'image, destinée aux masses, peut être sujette à toutes les manipulations. (3) D'après Volkoff, la puissance d'impact du sensationnel vient de son manichéisme et de l'ancrage dans l'inconscient du spectateur qu'elle entraîne, amplifiée par la répétition et la quasi-impossibilité à corriger une information fausse. Il suffit qu'à la source de l'information se trouve un groupe d'influence ayant intérêt à désinformer. Nous nageons dès lors en pleine ingénierie des perceptions : « en psychocratie, la vérité ne compte pas, à la limite elle n'existe pas, n'existe que ce que l'on fait croire aux gens ou, mieux encore, ce qu'on leur fait croire qu'ils croient. »

La désinformation s'inscrit cependant dans un registre plus large, la guerre de l'information. Cette guerre comprend trois aspects : savoir soi-même ; empêcher l'autre de savoir ; lui faire tenir un savoir corrompu (désinformation et influence). A l'heure d'Internet (bouquin écrit en 1999) et de la cybernétique, Volkoff juge le potentiel technique de désinformation – en particulier par l'image – illimité. Les deux cibles privilégiées sont les jeunes et les femmes. Les moyens techniques utilisés sont donc prioritairement les magazines, débats, interviews, spots. Comme modèle anthropologique, les maîtres désinformateurs cherchent aujourd'hui à imposer l'égalitarisme sous couvert de tolérance. Pour Volkoff, le droitdelhommisme œuvre dans ce sens. Il repose sur deux notions abstraites. 1) Le droit, qui ne prend sens que dans une collectivité donnée et 2) la notion d'homme, qui implique plus des devoirs que des droits. En généralisant, le droitdelhommisme dénature. Et pour rappel, la généralisation est un procédé de désinformation. Dès lors, que faire ? Volkoff incite à la cohésion de groupe et au tri méticuleux de l'information. Ce qui reste limité... Mais comme chez Mucchielli, la lecture de Volkoff, ancien agent de renseignement, donne les clés du décodage de diverses techniques de manipulation par exposé des mécanismes de la désinformation.

Notes :

(1) Dernièrement, l’appel au désarmement par des idiots utiles de l’industrie hollywoodienne après la psy-op de Newton : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/video-newtown-des-stars-se-mobilisent-contre-les-armes_1202407.html

(2) Voir ici le chapitre XI, « Comment ça se pratique ».

(3) Volkoff en expose quelques exemples dans Désinformations par l’image. Sur les explications relatives aux processus chimiques à l’œuvre dans le cerveau, le rôle du système limbique, des neurones-miroirs, etc. afin de décrypter comment la manipulation procède sur les opérateurs cognitifs des sujets, je renvoie aux très complètes explications des Italiens Marco Della Luna et Paolo Cioni dans leur passionnant et non moins ambiguë Neuro-Esclaves.

***

Citations :

« Il faut garder bien présent à l'esprit que la désinformation ne s'adresse qu'en surface à l'intelligence du public qu'elle prétend induire en erreur ; en profondeur, elle s'adresse à sa sensibilité à tous les niveaux : au cœur, aux tripes, au bas-ventre, les passions étant toujours plus fortes en l'homme que les convictions. »

« Le cerveau se méfie par nature ; par nature, le cœur et les tripes s'émeuvent, et il est vrai que la charge émotionnelle d'une image, surtout en couleurs, surtout animée, est plus forte que l'expression verbale correspondante. [...] l'image, davantage que le mot, s'adresse aux masses : elle est facile à percevoir, facile à reproduire, et elle devient aussitôt un sujet de conversation. L'article doit être lu, ce qui va prendre au moins quelques minutes ; l'affiche ou l'image télévisuelle sont instantanées ; l'article que vous lisez n'est donc pas tout à fait celui que je lis, tandis que la même image est imposée simultanément à des téléspectateurs innombrables et contribue immédiatement à leur massification, ce qui les prive aussitôt de leurs défenses naturelles contre l'illusion. »

Annexe A : Sun Tzu et la désinformation :

D'après Volkoff, pour Sun Tzu il faut soumettre l'ennemi sans combattre, en le dépouillant soit de ses moyens, soit de son envie de combattre. Et ce, par la désinformation. De Sun Tzu, d'ailleurs, des procédés modernes ont été tirés : discréditer tout ce qu'il y a de bien dans le pays adverse (« le discrédit des valeurs traditionnelles est destructeur de l'identité d'un peuple ») ; impliquer les représentants des couches dirigeantes du pays adverse dans des entreprises illégales. Ébranler leur réputation et les livrer le moment venu au dédain de leurs concitoyens ; répandre la discorde et les querelles entre les citoyens du pays adverse ; exciter les jeunes contre les vieux. Ridiculiser les traditions des adversaires (mai 68 visait à détruire l'armature qui liait auparavant les générations entre elles). Sun Tzu préconise aussi d'encourager un « hédonisme amolissant » puis en fin de compte paralysant.

Annexe B : L'invention du « docteur Spin » :

Volkoff nous rappelle qu'Alvin et Heidi Toffer ont créé la notion de « docteur Spin » : c'est l'élément qui donne l'effet souhaité à l'information, la manière de la présenter. Selon lui, « ils trouvent six moyens de « fausser les esprits » :

Accusation d'atrocités ;
Gonflement hyperbolique des enjeux ;
Diabolisation ou déshumanisation de l'adversaire ;
Polarisation : « qui n'est pas avec nous est contre nous » ;
Invocation d'une sanction divine : « Dieu garde l'Amérique ! » ;
Métapropagande, c'est-à-dire art de discréditer la propagande adverse, de jeter la suspicion sur tout ce qui vient de lui : « la désinformation serbe », « Saddam Hussein exerce un contrôle total sur sa presse, donc tout ce qui peut être rapporté par elle est faux ». »

Tout rapport avec des faits réels etc...

http://www.scriptoblog.com

17:12 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Fin de quinquennat : Hollande a déjà achevé son action de président

Article sans concession de Jean-Marc Vittori pour les Echos qui décrète la fin du quinquennat de François Hollande provoquée par trois facteurs : le jeu politique qui impose de dérouler ses grandes réformes dans les premiers mois de son quinquennat, les institutions françaises taillées pour des hommes forts et autoritaires et la gauche enfin, confinée depuis des années dans un rôle d'opposition et incapable du moindre projet constructif. Alors, à quand la prise de conscience par l'intéressé de cet état de fait et la décision qui en découle ? http://www.lesalonbeige.blogs.com/

Une chape de plomb pour tenir le Peuple

La France est en train d'être asphyxiée. Au-delà des difficultés économiques, du vol programmé de l'épargne, de la faillite des institutions, c'est un « pays létal » qui est en train de remplacer la nation, en étouffant toute critique éthique, en interdisant toute contradiction morale.
En ce moment, les gens se font confiance, et c'est une bonne nouvelle. Jean-Marc Ayrault a confiance en Manuel Valls, qui va faire leur affaire aux Roms : « Je fais toute confiance à mon ministre de l'Intérieur. » Il a aussi confiance en Carlotti, un peu grillée à Marseille : « Elle a toute ma confiance et elle reste membre du gouvernement. » (C'est un grand confiant, Ayrault : il avait aussi « toute confiance » en Cahuzac.) Moscovici a confiance en la France, en la croissance, en la reprise : « Nous sommes une grande économie, diversifiée, et nous renforcerons au contraire la croissance par la confiance. La reprise est là, la confiance va suivre. » François Hollande exhorte à la confiance : « Mais l'Europe doit aussi avoir davantage confiance en elle. » (Nouvel Observateur, 11 octobre). Taubira fait confiance aux juges, Montebourg à Courrèges (« Avec vous, la bataille du made in France est gagnée. Vous êtes les héros de la reconquête industrielle! »), Filippetti à Sophia Aram. Bref, un torrent de confiance dévale les pentes de la société et vient irriguer une France qui souffre.
Une autre conception de la démocratie
Sauf à Brignoles. On ne peut pas faire confiance à Brignoles. Ni au Front national. Ni au Peuple. Il faut dire aussi que « Brignoles n'est pas la France », comme l'a si bien dit le premier ministre, que le Front national n'est pas un parti républicain, comme chacun sait, et que le Peuple se trompe. Les Français (64 %, sondage CSA, 14 octobre) n'ont pas confiance dans le gouvernement? Leur défiance « n'est pas fondée », selon Moscovici. Le Peuple, qui se trompe, donc, doit faire confiance aux élites, comme le rappelle Bertinotti. Le gouvernement bouleverse le Comité national d'éthique :
« Des opinions diverses, contrastées, vont pouvoir s'exprimer. Vous doutez de nos élites, nous leur faisons confiance. C'est une autre conception de la démocratie que la vôtre », explique le ministre.
Voilà, tout est là : c'est une autre conception de la démocratie. Une démocratie où le pouvoir peut ignorer le peuple, ou l'écouter, selon sa grille de lecture, assez discriminante, qui réclame la pleine et entière adhésion. Qui réclame de pouvoir décréter la confiance et s'offusquer qu'elle ne soit pas au rendez-vous. Critiquer au nom du bien commun, c'est d'abord s'exclure. Réclamer d'être entendu quand son discours n'est pas conforme à la doxa socialiste, c'est contrevenir aux règles du dialogue. Le gouvernement peut laisser des enseignes de grande distribution bafouer les décisions de justice mais éprouve le besoin de menotter les Veilleurs, le pouvoir peut interdire des manifestations LMPT pour éventuels « troubles de l'ordre public » mais laisser les Bretons bloquer l'aéroport de Brest, les politiques n'ont pas de termes assez durs pour flétrir un député qui caquette mais demeurent muets quand les Femen attaquent.
C'est une chape de plomb qui s'abat sur la France : tout est permis au nom de l'économie mais plus rien ne se débat au nom de l'éthique. La légalité est érigée en dogme, l'aveuglement en vertu, l'inflexibilité en méthode - pourvu qu'il s'agisse d'imposer un nouvel ordre moral. Toutes les désobéissances civiles et les critiques virulentes sont permises et même encouragées pourvu qu'il s'agisse de défendre l'emploi (même en dépit du bon sens) ou une bienpensance sans frein. Pour le reste, le pouvoir vit dans sa bulle et façonne lentement son totalitarisme mou, n'hésitant jamais à expliquer qu'il rassemble alors que la France est divisée comme jamais, riches contre pauvres, chômeurs contre travailleurs, militaires contre civils, administrations contre administrés, droite contre gauche, religieux contre anticléricaux, femmes contre hommes, jeunes contre vieux, toutes oppositions attisées incessamment par des ministres aux déclarations sectaires et aux expérimentations folles.

Hubert Champrun monde&vie du 22 octobre 2013

Gaz de schiste, nucléaire… Des lobbys sous haute tension

Débat sur le gaz de schiste, choix nucléaires… Depuis plus d’un an, industriels et associations environnementales s’affrontent pour tenter d’infléchir la politique du gouvernement. Coulisses d’une guerre sans merci. Avec ses stratèges, ses conseillers de l’ombre et ses victimes.

L’ambiance est studieuse, en ce 14 septembre 2012, au Palais d’Iéna, qui accueille la première conférence environnementale voulue par François Hollande. A la table ronde sur la transition énergétique, Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, mène les débats, distribuant la parole – et les bons points – aux uns et aux autres. Assis à sa droite, Arnaud Montebourg baille aux corneilles, et finit par sortir un magazine. C’est un numéro de L’Usine nouvelle, barré de ce titre : “Gaz de schiste. C’est bon pour l’industrie” ! Le patron de Solvay, Jean-Pierre Clamadieu, seul industriel présent à la table, constituée de représentants d’ONG, ne peut réprimer un sourire.

La jeune ministre, 39 ans, fraîchement nommée à la place de Nicole Bricq, ne trouve pas, elle, la scène si drôle. Elle a fait de l’interdiction du gaz de schiste son premier combat, persuadée que le président de la République la soutient. “S’il y avait encore des doutes sur le poids de l’environnement dans ce gouvernement, s’enthousiasme-t-elle au lendemain de la conférence, la page est tournée.” Peut-être aurait-elle dû se méfier. Dès le 17 septembre, le ministre du Redressement productif donne une interview tonitruante au Monde, pour défendre la recherche dans ce domaine. Un texte soigneusement relu par Matignon.

Deux mois plus tard, c’est le président lui-même qui ouvre une brèche, en se déclarant favorable à “d’autres techniques” que la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste. Pour les lobbys industriels, qui ont beaucoup oeuvré en coulisses, c’est une petite victoire.
Le prélude à des mois de combats ininterrompus avec les ONG. Jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel, ce vendredi 11 octobre, de valider la loi de juillet 2011 qui interdit toute exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels. De quoi réjouir, cette fois, le lobby écolo.

La partie, en principe, devait se jouer à visage découvert. C’est la grande idée du débat sur la transition énergétique, promis par le chef de l’Etat pendant sa campagne. Ce Grenelle à la sauce hollandaise doit mettre tous les sujets sur la table : gaz de schiste, nucléaire, réchauffement climatique… “L’idée était que, pour une fois, les discussions ne se fassent pas dans les couloirs ou les cabinets, mais en toute transparence“, commente Batho.

Voeu pieux. Avant même que le débat ne commence, les industriels ouvrent le feu : dans une lettre adressée au début d’octobre 2012 à la ministre, Jean-Pierre Clamadieu, président de la commission développement durable du Medef, se plaint que les entreprises ne puissent être représentées individuellement, ou même par branche, alors que la moindre ONG dispose de son rond de serviette à la table des discussions. “Pendant des mois, ils ont fait entendre cette petite musique auprès de Matignon et de l’Elysée“, confie aujourd’hui Delphine Batho.

Delphine Batho avait fait de l’interdiction du gaz de schiste son premier combat

L’équipe patronale est complétée par Robert Durdilly, président de l’Union française de l’électricité (UFE), un proche de Pierre Gattaz, futur patron des patrons, et Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Ils défendent une transition progressive et reprochent aux associations de vouloir jeter à la rivière, du jour au lendemain, les industries nucléaires et pétrolières. Mais le camp patronal peine à s’organiser, d’autant que les intérêts divergent entre ceux qui ont beaucoup à perdre (EDF, Areva…) et ceux qui ont misé sur l’efficacité énergétique (Saint-Gobain, Schneider Electric…).

En face, les ONG, épaulées par Europe Ecologie-les Verts (EELV), sont unies pour défendre les scénarios de l’association NégaWatt, qui promeut la sobriété énergétique et la fin du nucléaire. Unies, aussi, dans leur indignation contre l’omniprésence des lobbys : “EDF était partout, représenté au Medef, dans les syndicats, mais aussi parmi les experts de l’UFE“, dénonce Maryse Arditi, représentante de France Nature Environnement. “En plus, ils avançaient parfois masqués, ajoute le député écologiste Denis Baupin. Comme Etienne Beeker, présenté comme expert indépendant, alors qu’il est salarié d’EDF !“

Delphine Batho, qui, contre l’avis général, a voulu présider le débat, peine à orienter la discussion et à cadrer les acteurs. “A force de vouloir tout contrôler, elle s’est noyée. Lorsque l’on envoyait un e-mail à son directeur de cabinet, c’est elle qui rappelait en direct“, s’étonne encore un grand patron.

Malgré ses airs cassants, la jeune ministre, simple bachelière montée en graine au PS dans le sillage de Julien Dray, puis de Ségolène Royal, est peu sûre d’elle. Exemple, en avril, lors de l’audition sous haute tension d’Henri Proglio par le conseil national du débat sur la transition énergétique.

Les yeux bleus baissés, le stylo à la main, elle écoute religieusement, penchée sur ses notes. Et, lorsque le patron d’EDF balaie avec dédain la question d’Anne Bringault, coordinatrice du travail des associations, qui l’interroge sur le véritable prix de la sécurité nucléaire, elle ne bronche pas. Figée dans la posture de la bonne élève.

Si Proglio affiche une telle désinvolture, c’est qu’il sait que les vraies décisions se prennent non pas boulevard Saint-Germain, mais bien à l’Elysée et à Matignon. Afin de faciliter les discussions avec le Château, où il n’est guère en cour, il a d’ailleurs embauché le lobbyiste Paul Boury, un vieil ami de Hollande, qui lui conseille de faire profil bas. Du moins publiquement.
Car, en coulisses, l’industriel s’emploie, avec l’appui de la CGT, à gagner du temps. “Sur la fermeture de Fessenheim, EDF joue la montre, en espérant que, compte tenu des délais à respecter en matière de sûreté, le décret de fermeture ne puisse pas être promulgué avant l’arrivée d’une nouvelle majorité, en 2017″, décrypte la députée européenne Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement.

Laurence Parisot en première ligne

Comme lui, la plupart des patrons français s’opposent au projet de Hollande de réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025. Ils sont aussi convaincus de la nécessité de promouvoir les gaz de schiste. Le message est martelé dans la presse, mais aussi en petits comités au cours de dîners avec le président. “A table, la politique énergétique revenait en boucle“, témoigne un industriel. Les plus actifs ne sont pas forcément ceux que l’on croit.
Sur les gaz de schiste, par exemple, Total ou GDF Suez, qui craignent le retour de bâton médiatique, laissent d’autres s’emparer du sujet. Laurence Parisot, encore patronne du Medef, est en première ligne, accompagnée de Jean-Pierre Clamadieu. Le patron de Solvay, entreprise qui fabrique notamment des produits utilisés dans la fracturation hydraulique, a le profil idéal : ce X-Mines, diplomate et avenant, a le don de faire passer ses idées en douceur. De plus, il est très bien connecté : c’est un ancien du cabinet de Martine Aubry au ministère du Travail, où il a notamment côtoyé David Azéma, l’actuel patron de l’Agence des participations de l’Etat.

Le 18 décembre 2012, avenue Delcassé, dans le VIIIe arrondissement de Paris, l’Association française des entreprises privées (Afep), accueille, pour la première fois, un président de la République en fonction. Lors de ce dîner, Clamadieu fait un brillant plaidoyer en faveur des gaz de schiste.

L’exemple américain, argumente-t-il devant les 71 patrons présents, démontre qu’ils peuvent être un puissant levier au service de la réindustrialisation et de l’emploi. L’argument ne laisse pas indifférents les conseillers du président, et notamment Emmanuel Macron, grand ordonnateur de ce dîner. “A ce moment, et pendant plusieurs mois, on nous a laissé entendre qu’une ouverture sur la recherche était possible“, témoigne François Soulmagnon, directeur de l’Afep.

Les industriels peuvent compter sur l’appui du réseau des X-Mines, implanté jusqu’au sommet de l’Etat.

Arnaud Montebourg, lui aussi, veut y croire. Jusqu’au bout, le ministre, censé demeurer en retrait sur ce sujet, va poursuivre l’offensive, discrètement. Le 4 mars dernier, Colette Lewiner, directrice du département énergie de Capgemini, participe à l’émission Le Monde d’après sur France 3. Elle bataille alors, seule contre tous, pour défendre les gaz de schiste. Le lendemain, elle est en voiture lorsque son téléphone sonne. Le numéro est masqué. A l’autre bout du fil, Montebourg la félicite pour sa prestation. Lewiner, qui ne le connaît pas, explique qu’elle s’est défendue comme elle a pu. “Je vous donnerai des cours d’éloquence, si vous voulez !” plastronne le ministre.

“Avec un relais comme Montebourg, les industriels n’ont même pas besoin de faire du lobbying“, déplore Jean-Vincent Placé, le stratège politique des Verts, président du groupe EELV du Sénat.
En réalité, les industriels peuvent surtout compter sur l’appui du puissant réseau des X-Mines. Ce grand corps de l’Etat, qui rassemble la crème des polytechniciens, est bien décidé à défendre la politique énergétique volontariste à laquelle il est étroitement associé depuis soixante ans.

“Il n’existe pas un lieu de pouvoir en France lié à la politique énergétique qui ne soit entre leurs mains, que ce soit l’Autorité de sûreté nucléaire, l’Institut de radioprotection de sûreté nucléaire ou encore Areva, tous sont dirigés par l’un des leurs“, dénonce Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie pour Greenpeace, à l’origine d’une grande enquête sur le sujet.
Force est de constater que les “corpsards” savent placer leurs pions jusqu’au sommet de l’Etat. A l’Elysée, le conseiller industrie et énergie du président, Olivier Lluansi, ancien de Saint-Gobain, est un X-Mines. Le corps a aussi ses entrées au ministère de l’Ecologie – Nicolas Ott, le conseiller énergies renouvelables – et à Bercy – Blaise Rapior, conseiller chargé de l’énergie de Pierre Moscovici, et Mathias Lelièvre, qui conseille, lui, Arnaud Montebourg. Surtout, les corpsards disposent d’un porte-voix de haute volée, avec Jean-Louis Beffa, patron de leur amicale.

L’ancien patron de Saint-Gobain est un proche de Montebourg, et un des visiteurs du soir de François Hollande. C’est notamment sous l’influence de ce réseau que le président va longtemps maintenir ouverte la question des gaz de schiste. Persuadés que la position de l’Elysée est mouvante, le député PS Christian Bataille et le sénateur UMP Jean-Claude Lenoir, considérés par les ONG comme les “Dupont et Dupond de la défense du nucléaire et des gaz de schiste”, travaillent de leur côté à convaincre le Parlement. Ils ont même lancé, dès la fin de 2012, une grande enquête parlementaire sur le sujet.
Mais un événement va changer la donne : le limogeage, le 2 juillet 2013, de Delphine Batho, qui n’hésite pas à pointer du doigt les lobbys, et en particulier Philippe Crouzet, patron de Vallourec et époux de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande. “La ministre a surtout surestimé son poids politique, et commis l’erreur de ne pas défendre directement son budget auprès de Cazeneuve et d’Ayrault, qui déjà la trouvaient psychorigide et incapable de travailler en collectif”, témoigne un proche du Premier ministre.

Hollande laisse la porte ouverte à la recherche

Dès lors, le président se trouve avec une nouvelle équation politique à résoudre : ne pas apparaître comme le porte-voix des industriels ! Et ménager ses alliés écolos, auxquels il est lié par un pacte signé durant la campagne. Le 14 juillet, lors de sa conférence de presse élyséenne, il réaffirme son opposition formelle aux gaz de schiste.

Le débonnaire Philippe Martin, qui a remplacé Delphine Batho à l’Ecologie, est également mis à contribution, missionné à l’université d’été des Verts pour annoncer la création d’une taxe climat-énergie – la fameuse “taxe carbone”. Lors de la deuxième conférence environnementale, qui s’est tenue le mois dernier, Hollande multiplie les annonces – contribution climat-énergie, réduction de la TVA sur la rénovation thermique de l’habitat…

Au grand soulagement du duo de ministres Verts Pascal Canfin-Cécile Duflot, confortés au sein du gouvernement. La décision du Conseil constitutionnel validant la loi interdisant la fracturation hydraulique rassure également les écolos. “La porte [des gaz de schiste] est fermée à double tour“, se réjouit ainsi José Bové, oubliant que le président laisse toujours ouverte celle de la recherche !

Sur le fond, les objectifs les plus contraignants ont été repoussés à 2025, 2030, voire 2050, comme la division par deux de la consommation d’énergie. De quoi rasséréner les industriels, qui ont su décrypter le message présidentiel.
“En fait, les gaz de schiste ont servi de paravent, analyse une figure du patronat. Le vrai deal est ailleurs : Hollande va échanger une prolongation de la vie des centrales contre un financement de la transition énergétique par l’industrie de l’atome.” Les gardiens du temple nucléaire n’ont pas encore dit leur dernier mot…

L’Expansion

http://fortune.fdesouche.com/330857-gaz-de-schiste-nucleaire-des-lobbys-sous-haute-tension

Courrier international et Valeurs actuelles : deux choix, deux conséquences (par Joris Karl)

Ce sont deux titres emblématiques de la presse française. Leur trajectoire en 2013 emprunte un chemin radicalement différent. Il y a une leçon à en retenir…

Si ces hebdomadaires sont incontestablement de qualité, l’un est en crise, l’autre connaît une sorte d’apogée.

Courrier international (qui appartient intégralement au groupe Le Monde) vient de connaître une grève historique à la mi-octobre : le numéro du 17 octobre n’est donc pas sorti en kiosque. Ironie du sort, il était consacré à la censure de la presse dans le monde !

La grève était inévitable, parce que ce dernier va subir une véritable Bérézina : le plan de licenciements proposé par la direction prévoit « la suppression de 26 postes équivalents temps plein, soit 29 postes au total, sur un effectif total de 90 personnes. Le plan prévoit, en outre, la suppression de 25 postes de pigistes réguliers », à en croire Le Monde. De son côté, Libération nous apprend que « ce plan fait suite à la perte pour Courrier international d’un très gros contrat avec la Commission européenne, qui a décidé d’arrêter son site d’info, Presseurop.eu, réalisé principalement par l’hebdo depuis 2009. Cette perte va priver Courrier international de 2,5 millions d’euros de recettes, sur un chiffre d’affaires annuel d’environ 30 millions. » On n’est jamais trahi que par les siens.

Cela ne doit pas faire oublier une réalité plus terre à terre: la chute libre des ventes au numéro, moins 17 % sur un an !

À l’inverse, Valeurs actuelles n’en finit plus de progresser. Selon l’OJIM, les ventes au numéro pour la période février-mars 2013 ont augmenté de… 71,9 % ; les médias reprennent ses unes quasiment chaque semaine, parfois pour les traiter (évidemment) « d’extrême droite ».

Il est vrai que le contenu de cet hebdomadaire a clairement changé.

Fini le magazine coincé pour cadres UMP propres sur eux. Maintenant, Valeurs actuelles balance la sauce : on parle vrai, des Roms, de l’immigration invasion, on se « zemmourise » méchamment. Quand Courrier http://www.journaldesfemmes.com/mode/0612-benetton/images/pub-1.jpginternational maintient, coûte que coûte, sa ligne politique bobo pro-européenne, pro-immigration, pro-métissage, son challenger vire carrément « populiste », c’est à dire, en vérité, « populaire ».

Le problème, c’est que le modèle multiculturel Bisounours défendu par Courrier international s’effondre sous ses yeux comme le bloc de l’Est a fondu devant l’Humanité. Il y a quelques mois, il nous pondait un numéro spécial sur le Brésil, vantant un pays heureux, car métissé. Pas de bol, les émeutes historiques de São Paulo commençaient au lendemain ou presque de la sortie du hors-série. Le lecteur type de Courrier international, c’est le lycéen un peu naïf, qui décore sa chambre chez Maisons du monde, écoute Radio Nova et reste en extase devant l’Autre avec un grand « A ». Il a l’impression d’être plus intelligent, parce qu’il « s’ouvre » sur l’univers tout entier. Au fond de la chambre brûle un bâton d’encens…
Les lecteurs de la presse papier sont en train de préférer la presse du pays réel. Dommage pour les autres !

Source http://www.bvoltaire.fr/

Immigration : La réalité des chiffres face aux « constats » du Nouvel Obs

Tribune libre d’Anthonin

Le Nouvel Obs a repris l’intervention de Florian Philippot sur Canal+ pour tenter de démonter ses arguments en publiant un article « les 9 mensonges du FN révélés». Il est assez surprenant de lire des réponses hors sujet et mélangeant un peu tout.

Nous allons répondre aux questions avec une argumentation sourcée auprès d’intervenants (prix Nobel d’économie, directrice de recherche INED…), de sites officiels (INSEE, HCI, ministère de l’intérieur etc) et de médias reconnus.

Il est important de rappeler que c’est l’immigration massive qui est pointée et non l’individu en lui-même, simple bénéficiaire d’une politique pro-immigration.

1. Les immigrés « nous envahissent » ? Faux, ils sont nécessaires à notre démographie et juste en nombre suffisant. Ils étaient 267.000 en 2011 pour 200.000 Français qui quittent notre territoire chaque année.

La question porte sur l’invasion et non sur la nécessité. Dès lors qu’un peuple a besoin d’apport extérieur pour développer sa démographie, c’est un signe de dépérissement et d’extinction, comme l’a très bien décrit Hervé Juvin sur France culture.

L’exemple donné en réponse fait allusion aux Français quittant le territoire. Or, la définition de Français aujourd’hui ne correspond plus à des personnes de culture française. Selon le ministère de l’intérieur :

2.370.779 étrangers ont acquis la nationalité française entre 1995 et 2012. Soit une moyenne de 139.457 naturalisations/an.

En outre, le taux de fécondité atteint en 2012 le nombre de 2 enfants par femme, chiffre le plus élevé depuis 30 ans. Le taux minimum pour un maintien démographique étant de 2,1, la France aurait dû voir sa population baisser. Or, elle est passée de 55,57 millions en 1982 (date du déclin de la fécondité) à 65,58 millions en 2013 selon l’INSEE, soit une augmentation de 10 millions d’habitants.

En 2010, 18% des naissances en France étaient le fait de mères étrangères. Rien qu’en Ile-de-France, 60% des naissances auraient nécessité un dépistage à la Drépanocytose, maladie touchant principalement les personnes « originaires des Antilles, d’Afrique noire mais aussi d’Afrique du Nord.»

Même si la médecine a permis de rallonger la durée de vie, l’immigration représente donc une part considérable de la démographie française. Michèle Tribalat, spécialiste de la démographie à l’INED, rappelait que moins de 5% des jeunes sont d’origine européenne à Mantes-la-Jolie. Cette même directrice de recherche révélait devant une commission nationale sur le droit à la nationalité que 12 millions de personnes d’origines étrangères (sur deux générations) étaient présentes sur le territoire français en 2008, soit un habitant sur cinq.

Il faut donc être d’une grande vigilance sur le vocabulaire utilisé. Les chiffres démontrent que le nombre d’étrangers et le nombre de français ayant acquis la nationalité française est considérable. Les chiffres de la drépanocytose démontrent que les Franciliens « d’origine » seront minoritaires en une génération.

2. Les immigrés n’ont « jamais été aussi nombreux » ? Faux, ils étaient 7% de la population en 1981, ils ne sont plus que 6% aujourd’hui.

Là encore, les chiffres sont faussés et c’est l’étude de l’’INSEE (lien dans la question) qui démontre les confusions : des enfants nés en France de parents étrangers ont été comptés comme français, et les méthodes statistiques ont changé deux fois entre 1990 et 1999. Sachant que les définitions évoluent et que les enfants nés de parents immigrés eux-mêmes nés en France sont comptabilisés comme français.

Le Haut Conseil à l’Intégration rappelle dans son dernier rapport qu’un habitant sur cinq est immigré ou descendant d’immigré, soit 11,5 millions de personnes.

Les chiffres cités dans la première question démontrent qu’il y a bien une immigration massivement présente en France et ce depuis une période récente dans l’histoire de France. Nous avons donc, sur deux générations, trois fois plus d’immigrés par rapport aux chiffres de l’expert du Nouvel Obs.

3. Les expulsions « ont ralenti » sous François Hollande ? Faux, il y a eu 38.000 reconduites à la frontière en 2012 avec Manuel Valls et 8000 chaque année seulement sous François Mitterrand.

RESF a admis officiellement que moins de dix familles avaient été expulsées depuis l’arrivée de Hollande au pouvoir.

Les « éloignements » auraient diminué de 40% selon la direction centrale de la PAF.

Donc il est prouvé que les expulsions ont plus que ralenti sous François Hollande.

4. Les immigrés « servent le grand patronat » ? Faux, les immigrés économiques ne représentent que 10% de l’ensemble et ne pèsent pas sur les salaires.

L’unique prix Nobel économique français, Maurice Allais, tirait la sonnette d’alarme en rappelant ceci :

« il n’y a pas de travail que les Français ne veulent pas faire, il y a des travaux qu’ils ne veulent pas faire à un certain prix »

Il est donc évident que l’immigration a servi au grand patronat. Francis Bouygues a utilisé jusqu’à 80% d’immigrés dans ses chantiers. Les patrons ont eu besoin de l’immigration pour combler des emplois à bas coût que les français n’auraient pas exécutés dans de telles conditions (pénibilité, etc).

Mais il faut relever que la réponse n’a rien à voir avec la question !

Tout d’abord, l’immigration rentre sur le marché du travail et c’est le HCI qui le rappelle dans son rapport :

100.000 immigrés se présentent sur le marché de l’emploi grâce à des titres divers tandis que les étrangers « introduits » officiellement par les employeurs sont au nombre de 10.000, soit dix fois moins (Page 41)

Ensuite, 80% du social est financé par le travail. Or si Maurice Allais expliquait ceci :

Il en résulte que lorsqu’un travailleur immigré supplémentaire arrive, il faudra finalement pour réaliser les infrastructures nécessaires (logements, hôpitaux, écoles, universités, infrastructures de toutes sortes, installations industrielles, etc.…) une épargne supplémentaire égale à quatre fois le salaire annuel de ce travailleur.

Il serait logique de comprendre que l’immigration tire les salaires vers le bas de par sa présence massive (offre et demande) et par ses répercussions sur le coût des salaires via les charges sociales (CSG, RDS etc).

5. Les « salaires baissent » à cause des immigrés ? Faux, ils augmentent de +0,27% grâce à eux.

La réponse a été donnée précédemment car s’il a été démontré que les immigrés pèsent sur les salaires, ils ne peuvent pas les faire augmenter.

6. La prochaine immigration sera « asiatique » ? Faux, d’une part parce que les frontières de ces pays sont fermées au Nord et au Sud, d’autre part parce que les Asiatiques n’ont pas les moyens d’immigrer.

L’immigration asiatique a bondi de 51% entre 1999 et 2008. Le nombre de nouveaux arrivants natifs de Chine a plus que doublé depuis 1999 pour atteindre 80.000 en 2009.

7. La France « championne d’Europe » de l’immigration légale ? Faux, le Royaume-Uni a accueilli en 2011 550.000 immigrés, l’Allemagne 500.000, l’Italie 385.000 et la France, 267.000.

Ces chiffres exacts démontrent surtout que l’Europe est très loin d’être une forteresse.

8. Les immigrés « prennent le travail des Français » ? Faux, 60.000 sont des étudiants, 90.000 sont des épouses ou des enfants qui viennent dans le cadre du regroupement familial, 20.000 sont des réfugiés humanitaires et 20.000 des réfugiés économiques.

L’existence même de la discrimination positive, ou préférence étrangère, est la preuve qu’une partie de l’immigration prend le travail des Français. Les emplois aidés visant tout particulièrement les « jeunes » des zones urbaines « prioritaires » sont un exemple supplémentaire des emplois pour lesquels les immigrés et fils d’immigrés sont privilégiés, pour un coût de 3,4 milliards par les contribuables. Ces emplois aidés seront également utilisés dans la grande distribution…

Comme cité précédemment dans le rapport du HCI : 100.000 immigrés entrés/an pour d’autres motifs que professionnels rentrent sur le marché du travail.

A noter que la région Ile-de-France, dans la logique d’aider les immigrés (venus hors immigration professionnelle) à intégrer le monde du travail, finance des formations passerelles linguistiques vers l’emploi. Là encore, le contribuable finance la formation d’étrangers pour qu’ils travaillent pour des employeurs privés.

Les chiffres donnés par l’auteur sont donc un non-sens.

9. Peut-on ramener le nombre des immigrés de 200.000 à 10.000 comme le prétend le FN ? Impossible, il faudrait que la France sorte de l’Europe et rompe tous les accords internationaux. Dans ce cas, la France serait tellement isolée que les Français non plus ne pourraient plus émigrer.

Il s’agit ici aussi d’un double aveu : c’est bien la preuve que c’est l’Europe qui autorise l’immigration massive, et que la France n’est plus souveraine sur son propre territoire.
http://www.fdesouche.com/424737-la-realite-des-chiffres-face-aux-constats-du-nouvel-obs#more-424737

La rumeur infernale du 9-3

http://www.youtube.com/watch?v=I-SdkGKsBrI

Manifestation LMPT au Havre le 3 novembre

La Manif Pour Tous Le Havre donne rendez-vous à la plage, terminus du tramway (Porte Océane) dimanche 3 novembre à midi à tous ceux qui défendent la place de la famille dans la société.

A l’occasion de la Transat Jacques Vabre, La Manif Pour Tous Le Havre entend rappeler que la famille doit rester le noyau fondamental de toute société. Le projet de réforme relatif à la famille, actuellement en préparation, s’il doit tenir compte des évolutions sociales, ne peut pour autant occulter le droit pour un enfant à avoir UN père et UNE mère. Or, les déclarations du ministre chargé de la famille semblent, une fois encore, sacrifier LA famille aux profits DES familleS. La famille doit être remise à sa place naturelle et légitime : au centre de toute société. L’intérêt de l’enfant doit continuer à prévaloir, non seulement dans le choix des juges, mais également dans ceux des autorités chargées de veiller à leur éducation et leur bien-être : parents, proches, certes, mais aussi l’Etat ! L’un, comme l’autre, ne peuvent être l’objet ni de dogmatisme, ni d’arrière-pensées électorales. Car au-delà du débat sur la parentalité, c’est un débat sur l’Homme qui se profile : sa marchandisation est indéniablement en route.

La Manif Pour Tous Le Havre invite tous ceux qui s’interrogent sur les valeurs qui doivent non seulement être conservées mais aussi continuer à prévaloir sur les autres, à venir participer au rassemblement du dimanche 3 novembre 2013, à partir de midi, à la plage au terminus du Tramway.

Michel Janva

La grande peur des bien-pensants

A mesure que l’impopularité de la gauche au pouvoir atteint des sommets et qu’il est constaté que celle-ci ne profite pas à l’aile droite du Système ou à ses chiens de garde d’extrême gauche, l’hystérique machine anti-FN se remet en branle avec une énergie accrue. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est peut être la conviction inquiète des officines se partageant le pouvoir que les Français essorés, matraqués, envahis, paupérisés, sont vraiment décidés cette fois à renverser la table, à sanctionner comme jamais dans les urnes les échecs des partis euromondialistes .

Cette frousse de la Caste de perdre ses privilèges, qui nous permet en retour de craindre bien des manœuvres, des coups bas, des manipulations d’un Système qui incapable de protéger la France, sait en tout cas très bien défendre ses intérêts, était patent dans les propos d’un Jean-François Copé, interrogé mardi matin sur RTL.

Alors que l’UMP se déchire sur la stratégie à tenir pour contenir la poussée de l’opposition nationale, M. Copé expliquait à l’adresse du tout aussi calamiteux Alain Juppé que « ce qui fait monter le FN, c’est le déni de réalité. Personne ne vote FN avec plaisir. » Il est bien connu a contrario que c’est en proie à une allégresse et à un enthousiasme débordant que électeurs se précipitent avec un bulletin PS ou UMP dans l’isoloir!

A la vérité, le vote FN est tout autant, voire même plus, un vote d’adhésion à des idées que peut l’être un vote UMP, FG ou PS, comme l’ont enregistré dernièrement de récurrentes enquêtes d’opinion. Un déni de réalité peut en cacher un autre M. Copé…

Au PS, les humanistes s’inquiètent aussi de l’éventualité de la fin du jeu de balancier stérile, de la (fausse) alternance gauche-droite, de cette incapacité de l’UMP à récolter les raisins de la colère nationale. Dans Le Figaro, le président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel, en fait clairement l’aveu: »Si la gauche échoue, ce sera pour longtemps » dit-il. « Ce ne sera pas forcément au profit de la droite républicaine, pas plus que de la gauche de la gauche. Le danger du Front National est évident. On a tout à perdre« …

Conscient du danger, le Grand Orient de France (GODF) tire la sonnette d’alarme et mobilise ses réseaux, ses frangins, tandis que se multiplie les menaces de couper les vivres aux villes dont les électeurs auront démocratiquement choisi de se doter d’une municipalité FN ou RBM.

René Olmetta, 79 ans, Vice-Président PS du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, incarnation emblématique du si progressiste et honnête socialisme marseillais, Président GODF du Cercle Ramadier de PACA, a toujours le compas dans l’œil. La Fraternelle des élus de gauche se mobilise. Il organise le 5 novembre prochain, en compagnie d’un autre humaniste, Loïc Gachon , maire de Vitrolles, Conseiller Général des Bouches-du-Rhône, une réunion maçonnico-politique de mobilisation pour contrer après Brignoles « la montée du Front National »; à l’heure est-il énoncé par le grand sachem local Olmetta, ou » nos valeurs (sic) sont une nouvelle fois attaquées ».

De nouveau élu à la présidence du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ou il a succédé en mai dernier à Richard Prasquier, Roger Cukierman, 76 ans, également vice-président du Congrès Juif Mondial, y va lui aussi de son couplet grandiloquent (grand-guignolesque).

Dans une tribune publié hier dans Le Monde, il s’essaye bien lourdement et sans grand talent, dans le fond comme dans la forme, à la politique fiction: « il est 20 heures ce 14 mai 2017. Le visage de Marine Le Pen se dessine lentement sur les écrans de télévision de millions de Français, au soir du second tour de l’élection présidentielle.Elle devient le 8e président de la Ve République. C’est un séisme politique.Quelques semaines plus tard, portée par ce succès et à l’issue de tractations avec des parlementaires en dissidence de leurs propres partis, Marine Le Pen dispose de la majorité à l’Assemblée nationale ».

Un préambule réjouissant de prime abord mais « Le scénario de (son) cauchemar varie selon les nuits » poursuit M. Cukierman qui expose ensuite tous les clichés possibles et variantes de celui-ci en instrumentalisant, toujours selon le même procédé que l’on a le droit de juger intellectuellement indécent et moralement répréhensible, son passé d’ « enfant caché pendant la seconde guerre mondiale ».

« Il est des réveils brutaux, mais salutaires » conclut M Cukierman. « Nous avons la responsabilité collective de tout faire pour qu’il continue d’en être ainsi. Le Conseil représentatif des institutions juives de France, que je préside, sera de ce combat.«

« Après vous avoir livré mon cauchemar, je veux vous dire quel est mon rêve : que le FN revienne à son ancien statut de groupuscule. Je n’exonère pas pour autant ceux qui, à l’extrême gauche, à l’autre bout du spectre politique, font également preuve d’intolérance et de radicalité, et qui méritent aussi de rester des groupuscules. Attention ! Il y a péril dans la maison commune ! »

Péril qui ne sautait pas aux yeux de M. Cukierman en 2002 quand, dans un entretien accordé au quotidien israélien Haaretz au lendemain de la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, il avait affirmé avec balourdise que « Le score de Le Pen sert à réduire l’antisémitisme musulman et le comportement anti-israélien, parce que son score est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ».

Femme de gauche, Esther Benbassa, titulaire de la chaire d’histoire du judaïsme moderne à l’Ecole pratique des hautes Etudes, s’interrogeait il y a quelques années sur la légitimité de la structure que préside Roger Cukierman : « Mais que représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française ».

Ce jugement sur une structure communautariste comme le Crif peut aisément s’étendre à l’ensemble des porte-voix (porte-flingues) des différentes boutiques et écuries du Système. La réalité constate Bruno Gollnisch, c’est que les admonestations, les leçons de morale, les anathèmes anxiogènes, moralisateurs de M. Cukierman ne portent pas plus que ceux de l’UMPS.

Car ces gens là dont le discours ronronne et tourne à vide dans l’entre soi, ont perdu la connexion avec le peuple français , dans toutes ses composantes, et sont incapables de répondre à ses attentes. Alors oui, le déni de réalité est toujours tôt ou tard sanctionné.

http://www.gollnisch.com/2013/10/30/grande-peur-bien-pensants/

Les 50 villes où le FN vise la tête

Une étude de l'Ifop révèle que les candidats de Marine Le Pen pourraient sortir en tête du premier tour dans 50 villes de plus de 10.000 habitants.

C'était en 1995. Le Front national avait conquis trois villes (Orange, Marignane et Toulon), puis une quatrième en 1997, avec Vitrolles. Pour les municipales de 2014, le parti en vise entre 5 et 10. Et pourquoi pas 15 ou 20? Selon une compilation des résultats obtenus par Marine Le Pen à la présidentielle de 2012, réalisée par l'Ifop pour le JDD, ce sont plus de 50 villes dans lesquelles le Front peut être en position de force et même arriver en tête au premier tour des municipales.

Dans ces communes de plus de 10.000 habitants, la patronne du parti avait séduit plus de 28,2% des électeurs. Dans 29 d'entre elles, elle dépassait les 30%. À Sorgues (Vaucluse), dans son fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et à Saint-Gilles (Gard), son score était même supérieur à 35%. "Au-dessus de 30%, on sait que l'on peut gagner à la faveur d'une triangulaire ou d'une quadrangulaire", assure Nicolas Bay, le responsable des élections au sein du Front.

Ces scores sont-ils réplicables en mars prochain? "À la présidentielle, il y a une équation Marine Le Pen qui est très forte, explique Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d'entreprise à l'Ifop. Et le FN fait d'habitude moins bien aux élections locales que nationales", ajoute-t-il. Mais, depuis mai 2012, une forte poussée du Front a été remarquée dans les sondages, la gauche au pouvoir s'affaisse et l'UMP stagne…

La géographie électorale frontiste reste particulière. Ces 50 communes sont en effet concentrées tout à fait au nord et au sud de l'Hexagone. Avec une légère disparité : 18 villes au-dessus de la Loire, 32 au-dessous. "Ce sont deux terreaux très différents, et où le FN a des stratégies différentes. Au nord, dans des terres ouvrières en crise, le parti est en lutte avec la gauche et la droite inexistante. Au sud-est, c'est un électorat populaire chez qui la question de l'immigration est centrale", analyse Jérôme Fourquet.

A l'est et dans les petites villes, un sentiment de déclin

Aucune commune n'apparaît à l'ouest d'une ligne allant de Lens à Perpignan. Et ce ne sont pas des communes importantes à l'est. La plus grande : Marignane (Bouches-du-Rhône), avec 35.000 habitants. Suivie de Liévin (Pas-de-Calais, 32.000 habitants) et Carpentras (Vaucluse, 31.000 habitants). Comme si il y avait "deux France" : celle où le FN est fort et celle où il reste faible. "C'est une géographie qui recoupe presque la carte des perdants et des gagnants de la mondialisation. À l'est, il y a ceux qui ont depuis longtemps un sentiment de déclin. Même chose entre les petites villes et les grandes villes, où le vote FN ne prend pas", abonde le sondeur.

Le FN ne devrait donc pas récupérer un gros poisson comme Toulon (Var), prise en 1995. Sauf si le candidat à Marseille, Stéphane Ravier, parvient à conquérir la mairie du septième secteur et ses 150.000 habitants. Marine Le Pen y avait fait 25,77% des voix. Si on abaisse le seuil à 25% au premier tour de la présidentielle, ce sont 120 communes où le FN peut espérer avoir des bases très solides. Dans le lot, des noms connus : Istres (Bouches-du-Rhône), Ajaccio (Corse-du-Sud), Lens (Pas-de-Calais), Fréjus (dans le Var, une ville sur laquelle le FN fonde de grands espoirs), Saint-Dizier (Haute-Marne), Forbach (en Moselle, où Florian Philippot, le numéro 2 du parti, se présente), Calais (Pas-de-Calais), Béziers (Hérault), Florange (Moselle), Bastia (Haute-Corse), Arles (Bouches-du-Rhône)…

Un vivier de militants réduit dans les petites villes

Reste que le FN n'est pas sûr de réussir dans toutes ces villes : "Les municipales, qui sont avec la présidentielle les élections qui mobilisent le plus les Français, conservent une dimension locale qui joue très fortement", rappelle Jérôme Fourquet. "Le parti ne sera pas forcément capable de monter une liste complète dans chaque ville avec, comme la loi l'y oblige, une parité homme-femme sur toute la liste", ajoute-t-il. En effet, dans ces petites villes, le "vivier" de militants FN reste réduit.

"À l'heure actuelle, nous n'avons qu'une quarantaine de listes complètes sur les 700 que nous avons. Et la parité ne nous pose pas de problème, sauf dans ces villes de 10.000 à 20.000 habitants", rappelle le frontiste Nicolas Bay. Sur les 50 villes que l'Ifop a retenues, 26 ont déjà trouvé leur tête de liste. Et nombre d'entre elles ont leur liste entièrement bouclée ou aux deux tiers. Le FN a bon espoir : "Nous sommes encore à six mois de l'échéance. Aucun parti n'a fini ses listes."
Vivien Vergnaud http://www.voxnr.com/cc/politique/EFlFpFlAFusivkWKce.shtml

15 novembre : Réunion publique à Nantes avec Béatrice Bourges "Le Printemps des Libertés"

Rendez-vous le 15 novembre à Nantes avec Béatrice Bourges, porte-parole du Printemps Français et porte-parole du Collectif pour l’Enfance Rendez-vous à 20h15, Salle nord, 73, avenue du Bout des Landes, 44000 Nantes

Histoire : Les Turcs ottomans à l’assaut de l’Europe

Qui sont ces Turcs qui, à partir de la fin du XIe siècle, se sont attaqués d’abord aux provinces byzantines d’Asie Mineure puis, à la fin du XIIIe siècle, à la partie européenne de l’Empire byzantin avant d’entreprendre la conquête des Balkans, non sans avoir auparavant encerclé le réduit byzantin dont le point fort était la capitale de l’empire, Constantinople qui tomba finalement entre leurs mains en 1453 ? Constantinople n’était pour eux qu’une étape car, au lendemain de sa conquête, ces mêmes Turcs lancent attaques sur attaques en direction de l’Europe centro-danubienne, mettant par deux fois le siège devant Vienne, une première fois en 1529, une seconde – la dernière – en 1683. Qui sont donc vraiment ces Turcs ?
Les Turcs ne sont pas des Européens

La langue qu’ils parlent n’est pas une langue indo-européenne ; c’est une langue agglutinante qui appartient à la famille des langues altaïques. Les Turcs sont originaires de Haute Asie tout comme leurs cousins Mongols. Lorsque les Turcs ont fait leur apparition en Europe, une Europe alors totalement chrétienne et imprégnée de culture gréco-romaine, ils l’ont fait en tant que conquérants. D’autres peuples, quantitativement moins nombreux il est vrai, plus ou moins apparentés aux Turcs comme les Bulgares, ou cousins lointains comme les Magyars avaient, les premiers au VIIIe siècle, les seconds à l’extrême fin du IXe siècle, été tentés par l’aventure européenne, mais bien vite, ces Bulgares et ces Magyars (Hongrois) se sont intégrés à l’Europe, ont adopté les structures politiques et sociales de l’Europe d’alors et se sont convertis au christianisme. Les Turcs en revanche, eux, n’ont nullement cherché à s’intégrer à l’Europe ; ils ont cherché avant tout à étendre leur domination sur l’Europe et à s’emparer de ses richesses. Musulmans, ils ont cherché non pas à « islamiser » les peuples qu’ils ont soumis – certains d’entre eux se sont ralliés à un islam de surface comme les Albanais et une partie des Bosniaques, davantage par intérêt que par conviction – mais à transformer ces peuples en sujets, plus ou moins durement traités selon les lieux ou selon les époques.

De la conquête des Balkans…

La conquête de l’Europe par les Turcs a réellement commencé à la fin du XIV siècle, même si, depuis la fin du XIIIe siècle, il y avait eu des actions ponctuelles le long des côtes grecques. Profitant de l’affaiblissement de l’Empire byzantin qui constituait en Europe orientale la seule force capable de leur résister, les Turcs ottomans, à partir de l’empire que leur chef Othoman (1288-1366) avait constitué en Asie Mineure, ont entrepris dans un premier temps le « grignotage » de l’Empire byzantin. L’état de faiblesse de Byzance était tel que l’un des empereurs, l’usurpateur Jean VI Cantacuzène, n’hésita pas en 1346 à donner sa fille en mariage au sultan turc, à lui céder la base de Gallipoli rien que pour obtenir son aide contre son rival Jean V. Avec Gallipoli, les Turcs s’installaient pour la première fois sur le sol européen. À partir de ce point d’appui, ils vont rapidement s’attaquer aux provinces européennes de l’Empire byzantin et aux États balkaniques récemment constitués, la Serbie qui avait connu un essor rapide sous Étienne IX Douchan (1333-1355) – le Charlemagne serbe – et la Bulgarie qui, après des heures glorieuses à l’époque du « Second Empire bulgare » se trouvait en pleine décadence. Au nord-est de la Bulgarie, les provinces danubiennes, la Valachie fondée en 1247 et la Moldavie fondée en 1352, étaient encore fragiles et insuffisamment organisées pour faire barrage à des conquérants tels que les Turcs.

Les premières victimes de l’expansionnisme turc furent les Serbes et les Bulgares. Le sultan Murad I (1359-1389) enleva d’abord aux Bulgares une partie de la Thrace et de la Macédoine et établit en 1365 sa capitale à Andrinople. Puis en 1371, il conquiert sans coup férir la Serbie du Sud. De là, poussant plus au nord, il occupe Nich et enlève Sofia aux Bulgares. La Bulgarie se trouva pratiquement aux mains des Turcs. Seules résistaient encore les principautés rivales du nord de la Serbie. Leur destin pour plusieurs siècles allait se jouer le 15 juin 1389 – selon le calendrier orthodoxe, c’est-à-dire le 28 juin d’après le calendrier latin –, lors de la bataille des Champs des merles – Kosovo Polje – à mi-distance entre Pristina et Mitrovica. La bataille longtemps indécise se termine par la victoire des Turcs conduits par le fils de Murad, Bayazid (Bajazet). Des milliers de soldats serbes y laissèrent leur vie ; quant aux prisonniers, ils allèrent en grande partie alimenter les marchés d’esclaves. Le roi serbe Lazare et les nobles de son entourage furent conduits devant Bayazid qui les fit décapiter. Après sa victoire, Bayazid dirigea ses armées vers le nord à travers la Bulgarie déjà soumise, en direction du bas Danube. Le prince de Valachie, Mircea, malgré l’aide de l’empereur Sigismond, roi de Hongrie, ne put les arrêter ; il dut accepter de payer tribut aux Turcs, ce qui lui permit de conserver l’autonomie politique et religieuse de sa principauté.

Un peu plus tard, en 1396, inquiet de la menace ottomane, l’empereur Sigismond prit la tête d’une véritable « croisade » avec des contingents allemands, hongrois et valaques auxquels s’ajoutaient les 10.000 hommes de Jean sans Peur, le fils du duc de Bourgogne. L’objectif était de libérer les Balkans. La croisade s’acheva le 28 septembre 1396 par un échec cuisant à Nicopolis (Nikopol). L’espoir de libérer les Balkans avait vécu.

… à celle de la Grèce

Maître incontesté des Balkans, Bayazid s’attaque dès lors à la Grèce et aux établissements vénitiens de Méditerranée orientale. En 1395 déjà, il avait fait une rapide incursion dans le Péloponnèse où il s’empara de plusieurs forteresses. Deux ans plus tard, les Turcs reparaissaient en Grèce et occupaient même Athènes pendant quelques mois, tandis que Bayazid avec le gros de ses troupes tentait en vain de s’emparer de Constantinople, puis en 1446 se répandirent en Morée. En se retirant, ils emmenèrent soixante mille captifs qui furent vendus comme esclaves et obligèrent le despote – le gouverneur byzantin – de cette province à payer un tribut annuel. L’Empire byzantin dont le territoire se réduisait comme une peau de chagrin vivait ses dernières heures et se trouvait bien seul pour résister.

Le 29 mai 1453, le fils de Murad II, Mohamet II, s’empara après un long siège de Constantinople. Le dernier empereur était mort au milieu de ses soldats en défendant sa capitale. Pendant trois jours, la ville fut livrée aux soldats turcs qui pillèrent, violèrent, incendièrent et massacrèrent impunément. Les églises et les couvents furent profanés et la basilique Sainte-Sophie, après avoir été dépouillée de ses trésors, fut transformée en mosquée. Quant aux habitants grecs de la ville, ceux qui avaient échappé à la mort furent ou bien vendus comme esclaves, ou bien déportés en Asie Mineure. En quelques semaines, la ville chrétienne et grecque qu’avait été depuis plus de dix siècles Constantinople fut transformée en une ville musulmane et turque.

L’Empire romain d’Orient avait cessé d’exister ; les Turcs étaient maîtres des Balkans et contrôlaient l’Asie Mineure ainsi que les Détroits, tout comme ils étaient en train de se rendre maître de la péninsule grecque : Athènes fut occupée en 1458, Mistra en 1460 et la Morée l’année suivante. Seules quelques îles de la Méditerranée orientale restèrent aux mains des princes chrétiens, Rhodes jusqu’en 1522, Chypre jusqu’en 1571 et la Crète tenue par les Vénitiens jusqu’en 1669.

Vers la Bulgarie, la Hongrie, la Bohême et la Pologne

Non contents d’avoir soumis l’Europe balkanique et la Grèce, et de s’être assurés le contrôle de la Méditerranée orientale, les Turcs se sont lancés à partir du milieu du XVe siècle à l’assaut des pays du Moyen Danube. Face à la menace ottomane, l’Europe chrétienne a réagi modestement et tardivement. Outre la croisade malheureuse de l’empereur Sigismond et de Jean sans Peur en 1396, rares furent les autres tentatives pour contrer les Ottomans malgré les appels incessants de la Papauté. Certes en 1444, le Hongrois Janos (Jean) Hunyadi, gouverneur de Transylvanie, tenta de libérer la Bulgarie : son intervention se solda par un échec devant Varna ; le roi de Hongrie Vladislas qui avait participé à l’entreprise y trouva la mort ainsi que le légat de pape, Césarini. Hunyadi, devenu régent de Hongrie en 1446, ne renonça pas ; après avoir subi un nouvel échec en Serbie cette fois, il s’efforça de renforcer le système de défense au sud et à l’est de la Hongrie désormais directement menacée. À la demande du pape Calixte III représenté sur place par son légat Jean de Capistran, Jean Hunyade mit sur pied une nouvelle croisade mais, avant même que son armée fût prête, les Turcs qui avaient maintenant le champ libre depuis la prise de Constantinople, vinrent mettre le siège devant Belgrade en juillet 1456. Belgrade était l’une des pièces maîtresses de la défense de la Hongrie. Malgré des assauts répétés, les Turcs échouèrent. Leur dernier assaut le 6 août fut un échec total. Les Hongrois contre-attaquèrent et repoussèrent les Turcs jusqu’aux portes de la Bulgarie. Le danger ottoman était ainsi écarté mais dans les jours qui suivirent la bataille de Belgrade, Jean Hunyade et le légat Jean de Capistran succombèrent à leurs blessures. La victoire de Belgrade, le premier succès chrétien face aux Turcs depuis bien longtemps, eut un grand retentissement en Occident. Le pape décida que dorénavant, en souvenir de ce glorieux événement, on sonnerait chaque jour l’angélus à midi dans toutes les églises du monde chrétien. Le fils de Janos Hunyadi, Mathias Corvin, devenu roi de Hongrie en 1458, mena la vie dure aux Turcs. Il leur reprit la Bosnie en 1463, la Moldavie et la Valachie en 1467, la Serbie en 1482. Ces succès, hélas, furent sans lendemain. Après la mort de Mathias en 1490, la menace ottomane reparut et les territoires libérés par le roi de Hongrie furent réintégrés les uns après les autres dans l’Empire ottoman. Au début du XVIe siècle, l’avènement de Soliman le Magnifique (1520-1566) marqua la reprise des offensives turques, à la fois en Europe centrale et dans tout le Bassin méditerranéen. Les États directement menacés, la Pologne, la Hongrie et la Bohême, étaient des puissances secondaires. Les rois Jagellon de Pologne n’osaient rien faire qui puisse indisposer les Turcs ; leurs cousins Jagellon qui régnaient en Bohême et en Hongrie, Vladislas II (1490-1516) et Louis II (1516-1526), malgré leur bonne volonté, n’étaient pas de taille à lutter efficacement contre les Turcs. Deux grandes puissances en avaient les moyens, la France et la monarchie des Habsbourg sur laquelle régnait Charles Quint, sur les « Espagnes » depuis 1516 et sur le Saint Empire depuis 1519. La France en guerre contre les Habsbourg joua la carte ottomane sous François Ier et, en 1535, une alliance officielle fut même conclue avec Soliman le Magnifique. Désormais, les Habsbourg, seuls ou presque, vont se trouver à l’avant-garde de la défense de la chrétienté occidentale face aux Ottomans.

Face aux Ottomans : Charles Quint et les Habsbourg

Les choses ont commencé plutôt mal. Au début de 1526, Soliman le Magnifique lança ses armées à l’assaut de la Hongrie. Le roi Louis II, malgré les appels à l’aide, se trouve seul. La victoire des Turcs à Mohacs le 29 août 1526 au cours de laquelle le roi Louis II mourut à la tête de ses troupes, eut un retentissement considérable. D’autant plus que Soliman le Magnifique n’en resta pas là ; il se lança dans une expédition dévastatrice à travers la Hongrie, et occupa pour un temps Buda.

Non sans réticences, les Diètes de Bohême, de Croatie et de Hongrie désignèrent, pour succéder à Louis II, son beau-frère Ferdinand de Habsbourg, le frère de Charles Quint, estimant que celui-ci, grâce au potentiel de forces que représentait le Saint Empire, était le seul à pouvoir arrêter les Turcs dans l’immédiat, à les refouler par la suite. Les Turcs se montrèrent également très menaçants en Méditerranée occidentale grâce à leurs alliés barbaresques qui, depuis l’Afrique du Nord, menaçaient les côtes d’Espagne et d’Italie. Charles Quint s’efforça de les contenir et son fils Philippe II utilisa les talents de Don Juan d’Autriche pour les refouler. La victoire de Don Juan à Lépante le 7 octobre 1571 affaiblit pour un temps la puissance navale ottomane mais cette « victoire de la croix sur le croissant » n’empêcha pas les Turcs de conserver une position dominante en Méditerranée orientale jusqu’au XIXe siècle.

Depuis la plaine hongroise qui fut jusqu’en 1686 leur base avancée en Europe, les Turcs lancèrent à plusieurs reprises des attaques en direction de l’Autriche. En 1529, après avoir repris Buda que Ferdinand de Habsbourg avait libéré deux ans auparavant, ils parurent devant Vienne le 22 septembre. Les assiégés résistèrent et parvinrent le 14 octobre à repousser l’assaut donné par les Turcs à travers une brèche dans le Kärntner Tor. Le lendemain, le siège était levé. Par la suite, Ferdinand conclut une trêve avec le sultan dont il se reconnaissait vassal pour la « Hongrie royale », c’est-à-dire les régions occidentales et septentrionales du royaume, le centre du pays restant aux mains des Turcs. Quant à la Transylvanie, elle devenait une principauté indépendante de fait, dont les princes, théoriquement vassaux des Habsbourg, pratiquèrent à l’égard des Turcs une politique faite d’un savant dosage d’alliance, de neutralité et de soumission, avec le double objectif d’échapper à l’occupation ottomane et de conserver leur indépendance par rapport aux Habsbourg. La trêve fut confirmée en 1547 ; elle assura un demi-siècle de paix précaire en Hongrie. La guerre reprit en 1591 sans résultat décisif ; le traité de Zsitvatorik qui y mit fin en 1616 maintint le statu quo territorial mais libéra la « Hongrie royale » de ses liens de vassalité à l’égard du sultan.

Les relations entre les Turcs et les populations soumises

En cette fin du XVIe siècle, la puissance ottomane était à son apogée. Les Turcs, minoritaires dans la population, exerçaient leur domination sur des millions de chrétiens, orthodoxes pour la plupart, protestants et catholiques en Hongrie. Pour tenir ces populations considérées a priori comme hostiles, les autorités ottomanes ont installé dans les villes et dans les principaux points stratégiques des garnisons turques et parfois même des colons comme en Bulgarie, afin de mieux surveiller les populations soumises. La ville chrétienne occupée, ce sont d’abord une garnison, une administration et également des signes extérieurs indiquant la présence turque, la ou les mosquées avec le minaret, symbole de l’islam victorieux, les établissements de bains, les souks, notamment dans les Balkans.

Comment sont traitées les populations chrétiennes soumises et qui sont majoritaires en nombre ? En fait, la situation varie d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre. Tout dépend du bon vouloir du gouverneur local, le pacha, tout dépend de la docilité ou de l’esprit de résistance des populations. Il est évident qu’une première image vient à l’esprit, celle du sac de Constantinople et du massacre d’une partie de ses habitants dans les jours qui ont suivi la prise de la ville. Il s’agit ici bien sûr d’un cas extrême, destiné à frapper les esprits et à servir d’exemple. La réalité quotidienne est plus nuancée, heureusement ! Il y a d’abord le cas particulier des Albanais qui, malgré un sursaut de résistance au milieu du XVe siècle à l’initiative de Skanderbeg, se soumirent assez facilement : une majorité d’entre eux se convertit à l’islam, d’autres se réfugièrent en Calabre et en Sicile. Dès lors, l’Albanie fournit au sultan des fonctionnaires, des officiers et de nombreux soldats. Une partie des Bosniaques a choisi aussi de se convertir à l’islam en raison parfois des abus de l’Église orthodoxe à leur égard. Autres peuples relativement privilégiés, les Roumains des principautés danubiennes, vassaux certes du sultan mais qui conservèrent leurs princes, et qui purent pratiquer en toute liberté leur religion orthodoxe. Cette situation relativement favorable a perduré jusqu’à la fin du XVIIe siècle et a favorisé un essor artistique et culturel notable avec la construction de nombreuses églises et monastères et la création d’écoles et d’académies. La situation se détériora à partir de la fin du XVIIe siècle car l’Empire ottoman était alors sur la défensive face aux Habsbourg et aux ambitions de la Russie.

Très différente fut la situation des Bulgares, des Serbes, des Grecs et des Macédoniens, durement traités et étroitement surveillés par les colons turcs implantés sur leur territoire. La terre devint la propriété exclusive du sultan qui en laissait une jouissance toujours révocable aux paysans indigènes moyennant de lourdes redevances. À ces redevances en argent ou en valeur s’ajoutait la devchurmé, à laquelle on procédait en principe chaque année, en réalité plus rarement et en fonction des besoins ; c’était la « cueillette » des jeunes garçons destinés à entrer dans le corps des janissaires après avoir été arrachés à leur famille. Ils formèrent ainsi une troupe d’élite, la garde prétorienne du sultan, le fer de lance des nouvelles conquêtes mais aussi l’instrument de nombreux complots. La Hongrie ottomane, celle des plaines centrales, fut traitée selon ce modèle. Quant à la question religieuse, elle varie d’un pays à l’autre. Les églises orthodoxes furent souvent le bastion de la résistance notamment en Serbie et en Bulgarie.

L’État y contrôlait très sévèrement les évêques et souvent envoyait en Serbie des évêques grecs jugés plus souples. Mais c’est à l’échelon des villages que le clergé orthodoxe joua son rôle de gardien des traditions nationales, ce qui valut souvent aux popes d’être les premiers visés par les autorités au moindre signe d’agitation. Les élites grecques, parfois, n’hésitèrent pas à se mettre au service des Turcs.

Le déclin ottoman

Les premiers signes du déclin de l’Empire ottoman apparaissent en 1664 lorsque les armées de l’empereur Léopold I (1658-1705) triomphent des Turcs à la bataille de Szent-Gottard. Faute d’argent et à cause des guerres en cours contre Louis XIV, l’empereur ne put exploiter cette victoire et dut signer avec le sultan la « paix ignominieuse » de Vasvar, provoquant ainsi la protestation d’une partie de l’aristocratie hongroise et des troubles en Hongrie royale qui furent largement exploités par les agents de Louis XIV. Pour conserver leur position en Hongrie, les Turcs s’allièrent au chef des insurgés hongrois Imre (Emeric) Thököly et pour le soutenir, en mars 1683, ils lancèrent une offensive en direction de Vienne. Une nouvelle fois, Vienne, la « pomme d’or » dont les Turcs convoitaient les richesses, fut assiégée. À l’appel du pape Innocent XI, tous les princes du Saint Empire, catholiques et protestants confondus, le roi de Pologne Jean Sobieski, mirent sur pied une véritable « armée européenne » que le duc de Lorraine Charles V conduisit à la victoire, le 12 septembre 1683, sur les pentes du Kahlenberg devant Vienne. Seul, Louis XIV avait refusé de participer à cette « croisade », interdisant même aux volontaires français de s’y joindre. La victoire du Kahlenberg marque le début du reflux ottoman. Léopold I confia au duc de Lorraine et au prince Eugène de Savoie le soin de poursuivre les Turcs et de les chasser de Hongrie. Successivement, Eztergom, Vac, Visegrad furent libérées. Puis le 2 septembre 1686 ce fut au tour de Buda, le « bouclier de l’islam », après 119 ans d’occupation turque. Au cours des années suivantes les victoires du prince Eugène, notamment celle de Zenta en 1697, permirent l’expulsion définitive des Turcs du territoire hongrois, ce qui fut officialisé par les traités de Karlovitz (Karlovici) en 1699 et de Passarovitz en 1718.

Le réveil agité des Balkans

L’Empire ottoman était maintenant sur la défensive. À la fin du XVIIIe siècle et surtout au cours du XIXe siècle, on assiste à un réveil des peuples balkaniques. Les Grecs, les Serbes, les Roumains, les Bulgares et enfin les Albanais se constituent en États indépendants face à un Empire ottoman en pleine décadence. Mais le tracé des frontières entre les nouveaux États, rendu compliqué par l’enchevêtrement des populations, a suscité des tensions, des rivalités, voire des guerres souvent encouragées de l’extérieur par les grandes puissances. On parle désormais de « poudrière des Balkans ». Les Balkans en effet deviennent un enjeu majeur dans la lutte d’influence à laquelle se livrent les deux grandes puissances voisines et rivales, la Russie et l’Autriche-Hongrie, mais aussi l’Allemagne et le Royaume-Uni. Et ce n’est pas tout à fait le fruit du hasard si c’est à Sarajevo, au carrefour du monde chrétien et de l’islam, que va débuter en 1914 la « guerre civile européenne » le dernier cadeau empoisonné offert par les Turcs à l’Europe.

Henri BOGDAN

Professeur émérite d’histoire à l’Université de Marne la Vallée

http://theatrum-belli.org/histoire-les-turcs-ottomans-a-lassaut-de-leurope/

09:51 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

La priorité de François Hollande : le lobby homosexuel

François Hollande cultive un sens très particulier des priorités. Sa popularité est au plus bas. L’économie et l’emploi devraient accaparer l’essentiel des énergies de nos gouvernants. L’insécurité et l’immigration inquiètent de plus en plus de nos concitoyens pas convaincus par les gesticulations de Valls et les reculades de Hollande. L’écotaxe a été un fiasco grâce à la mobilisation déterminée des Bonnets Rouges. Les généraux dénoncent l’état catastrophique de l’armée alors qu’elle est toujours maintenue en opérations extérieures difficiles et coûteuses. Les défenseurs de la Famille continuent régulièrement à chahuter les déplacements des ministres. Sur le plan international, la réaction de Hollande aux écoutes américaines est insignifiante et ridicule. Bref, symboliquement, c’est l’incendie à tous les étages…

Et que fait Hollande, à quoi consacre-t-il du temps ? A féliciter le comité qui organisera les « Gay Games » à Paris en 2018.

Le site communautariste homosexuel Yagg annonce que Michel Geffroy, co-président, avec Chris Fanuel, de « Paris 2018 », a reçu un mot de félicitations de la part du Chef de l’Etat.

pour lire la suite ici http://medias-presse.info/la-priorite-de-francois-hollande-le-lobby-homosexuel/

Les techniques de manipulation publicitaires, comment échapper à l’ahurissement ?

Dans notre modèle démocratique, deux institutions devraient, de manière privilégiée, contribuer à la réalisation d’une vie citoyenne caractérisée par la pensée et la discussion critique : l’éducation et les médias.

Si vous êtes aussi nombreux aujourd’hui c’est que la réalité ne vous paraît probablement pas aussi idyllique.

Alors qu’elle s’adressait par le passé aux facultés conscientes de notre psyché – souvenons-nous des réclames des années 1940 énumérant les qualités du produit –, la publicité d’aujourd’hui est dans le non-dit, dans des sourires, des formes suggestives, des ambiances et des couleurs, des émotions et des excitations qui nous sont délivrés sur mesure. Parfois, le produit est à peine cité, voire pas du tout. Le message n’agit plus par le biais de l’analyse, mais par celui de la persuasion inconsciente en laissant des traces mémorielles « implicites » dans notre cerveau. C’est la raison pour laquelle nous sommes incapables de citer les 350 publicités que nous avons croisées hier, ni d’estimer l’impact des milliers de stimuli commerciaux (enseignes de magasins, logos sur les vêtements, appareils ménagers, voitures…) reçus dans la même journée.

Bruno Gabriel
6e Journée de la réinformation
26/10/2013

Lire la suite en format Pdf : cliquer ICI
http://www.polemia.com/pdf/20131026_SixiemeJournee-reinformation-BrunoGabriel.pdf

Intox à Angers : Christiane Taubira se fait passer pour une victime

Ce mercredi 30 octobre, les élus de droite comme de gauche se sont levés pour soutenir le ministre de la justice, suite à une question de Jean Glavany. Le député du Parti socialiste a interpelé le gouvernement pour manifester son soutien à Christiane Taubira suite aux différentes insultes racistes dont elle a été victime. Notamment venant d'opposants au mariage homosexuel à Angers, alors que cette affaire n'a pas été prouvée. Jean Glavany a souhaité pour l'occasion "un moment de concorde républicaine", jugeant qu'avec ce genre d'événements "c'est la République qu'on assassine". Rien que ça.

Yannick Sourisseau, le directeur d'AngersMag, qui a visiblement inventé l'insulte raciste, ancien chargé de mission pour la mairie socialiste d'Angers est aussi un militant de gauche, participant aux manifestations perturbant les veilleurs. Monsieur Sourisseau, en tant que directeur d'AngersMag, embauchait l'an dernier divers étudiants; lorsque certains, du syndicat d'extrême-gauche SUD révélèrent les opinions de deux militants frontistes, Yannick Sourisseau leur signala qu'ils ne seraient plus embauchés.

Yannick Sourisseau est un vrai professionnel de l'information :

"J’assure simultanément le fonctionnement à mon domicile d’une station PC, d’un iMac 24 pouces et d’un serveur Linux, auquel s’ajoute pour ma mobilité, un Macbook Pro, un iPad et un iPhone 4. Photographe numérique, je possède également un équipement Nikon professionnel."

Mais avec tout ce matériel, il a été incapable d'enregistrer l'insulte raciste qu'il a rapportée...

Lors de la manifestation, aucun des manifestants ne se rappelle de cette gamine insultant Taubira munie d'une banane. Il est vrai qu'il y a du monde lors de rassemblements LMPT, mais tout de même...
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2013/10/intox-%C3%A0-angers-christiane-taubira-se-fait-passer-pour-une-victime.html

Le virtualisme et l'ingénierie sociale

Cette plasticité autorise toutes les transgressions et réécritures du réel. En ingénierie politique, quand le comportement réel. En ingénierie politique, quand le comportement réel d'une population, par exemple au moment d'un vote, ne correspond pas aux prévisions du pouvoir, un lissage virtuel vient réécrire et corriger ce réel pour l'ajuster à la prévision. Ce lissage peut prendre plusieurs aspects. Le plus brutal consiste à faire comme si on n'avait rien vu et à ne pas tenir compte des résultats du scrutin. Les peuples disent "non" à un référendum, mais on fait comme s'ils avaient dit oui. Malheureusement, une distorsion des faits aussi énorme révèle la vraie nature du pouvoir en place. Un bout de réel apparaît, la virtualisation n'est pas parfaite. Il est évidemment plus subtil de noyer le trucage des résultats dans des procédures juridiques, comme ce fut le cas pour les élections présidentielles de 2000 aux Etats-Unis. A l'avenir, la dématérialisation du vote, le remplacement des urnes et des bulletins par des bits numériques et le vote électronique faciliteront considérablement le trucage systématique des scrutins et la réécriture décomplexée du réel. A titre de mise en garde, les études menées par Chantal Enguehard, chercheuse en informatique au CNRS, ont déjà mis en évidence des falsifications introduites par les machines à voter dans les scrutins présidentiels, législatifs et municipaux de 2007 et 2008 en France. La réécriture d'un réel qui ne convient pas aux prévisions s'inscrit dans ce fantasme de prédictibilité et de réduction absolue de l'incertitude, fantasme de sécurisation maximum du système qui caractérise la politique quand elle est sous influence "scientifique". Si ce fantasme sécuritaire semble légitime dans le champ scientifique, il induit dans le champ sociopolitique des effets collatéraux que l'on peut résumer ainsi : aspiration à un contrôle total du réel, donc réification générale, chosification, transformation des sujets en objets et du vivant en non-vivant. Le réel étant, selon la définition topologique et structurale de Lacan, "ce qui ne se contrôle pas", l'ingénierie sociale vise donc ni plus ni moins qu'à abolir le réel. Au profit de quoi ? Au profit d'une déréalisation parfaitement contrôlée, ce que Baudrillard appelait un "simulacre" (ou une "simulation"). En termes topologiques, le réel n'est donc pas une chose ou une substance (pas d'ontologie), mais une place, une position. N'importe quoi peut être en position de réel, dès lors que l'on bute dessus et qu'on ne le contrôle pas. A ce titre, même du virtuel peut être en position de réel, le "vrai" virtuel n'étant pas le contraire du réel, mais l'abolition de la distinction entre les deux. Le réel est ainsi l'autre nom de l'antagonisme originel qui fonde nos vies psychiques, la contradiction fondamentale des choses qui pose une limite à notre volonté de puissance. Dans le champ politique, le réel c'est donc tout ce qui est en position de contre-pouvoir. C'est donc aussi tout ce qui fait peser une menace sur la sûreté et la sécurisation de mon pouvoir, en tant que je voudrais être central et exclusif. Le corpus de recherches initié par Michel Foucault et Giorgio Agamben montre en détail comment cette mutation sécuritaire de la politique suit une logique carcérale. La réflexion du pouvoir politique se limitant aujourd'hui aux moyens de sécuriser totalement la gestion des populations, la criminologie en devient tout naturellement le nouveau paradigme théorique. Les élites dirigeantes cherchant à abolir tout contre-pouvoir et toute contradiction, il va de soi que la surveillance permanente de l'ingénierie normative des groupes priment sur le débat d'idées contradictoires. Aux Etats-Unis, la loi HR de 1955 qui criminalise les partisans d'idées non conformes sans qu'il y ait eu délit en acte, ou les lois Perben en France, illustrent cette dérive concentrationnaire de la société et du champ politique. L'annihilation de toute contradiction, ou mieux, la mise en scène de pseudo-contradictions, de pseudo-luttes de pouvoir et de pseudo-alternances qui donnent l'impression de sauver le réel politique mais en le vidant de toute sa substance, cette sécurisation du champ politique par la fiction est le but exclusif poursuivi en 2010 par nos modernes conseillers du Prince, consultants politiques, spin doctors et grands architectes du corps social qui passent leur temps à orienter la perception du réel et bâtir des structures groupales en forme de pyramide, dont il seront "l'oeil qui voit tout" au sommet. La revue d'analyse stratégique De Defensa a qualifié de "virtualisme" cet état où la perception du champ politique est volontairement déconnectée du réel. Le règne contemporain des pseudo-antagonismes, présentant les signes extérieurs de la contradiction mais dont les polarités apparemment engagées dans un rapport de force sont en réalité de connivence ou sous contrôle de l'étage au-dessus, nous fait ainsi entrer dans l'ère de la virtualisation sécuritaire et de l'abolition du réel en politique. Gouverner par le chaos http://www.oragesdacier.info/2013/10/le-virtualisme-et-lingenierie-sociale.html

Les djihadistes, bras armé de la diplomatie française ?

Lu sur Islam Confidentiel :

"À 64 ans, Alain Marsaud dispose d’une solide connaissance des réseaux terroristes. Avant de se lancer en politique, il a été juge d’instruction, spécialisé dans la lutte antiterroriste. Il a même dirigé, de 1986 à 1989, le Service central de lutte antiterroriste du parquet de Paris. Depuis juin 2012, il est député (UMP) de la 10e circonscription des Français établis hors de France, qui recouvre une grande partie de l’Afrique et une partie du Moyen-Orient, dont la Syrie.

Le 10 septembre 2013 à l’Assemblée nationale, il a posé une question écrite à Christiane Taubira, ministre de la Justice, au sujet des individus de nationalité française partis faire le djihad en Syrie. « Selon nos services de renseignement, il apparaît qu’il est impossible de mettre en oeuvre quelques mesures coercitives que ce soit ou procédures pénales [à leur égard]. En effet, lorsque ces djihadistes reviennent en France, ils ne peuvent être interpellés, mis en garde à vue, et éventuellement mis en examen car il est considéré qu’ils agissent dans le cadre d’une action certes violente, mais dans la droite ligne de celle de la diplomatie française. » Et d’enfoncer le clou : « Doit-on considérer dès lors que ces personnes seraient parties prenantes ou le bras armé de notre action diplomatique en Syrie et seraient, en quelque sorte, des collaborateurs occasionnels du service public de l’engagement de la France en Syrie ? » Si ce n’était pas le cas, il faudrait modifier la loi afin que ces individus, « qui présentent à coup sûr un danger éminent pour l’ordre public à l’occasion de leur retour en France », puissent être juridiquement neutralisés.

Un mois plus tard, Christiane Taubira n’a toujours pas répondu à Alain Marsaud…"
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/

GRAND BANQUET DES ÉTUDIANTS Parisiens d'Action Française dimanche 10 novembre

GRAND BANQUET DES ÉTUDIANTS parisiens d’Action Française dimanche 10 novembre à midi dans une ambiance élégante et chantante en plein coeur de la capitale.

- Parmis les interventions, celle d’Antoine Desonay, secrétaire général des étudiants

- Flam’s, 62 rue des Lombards, 75001 Paris, M : Chatelet les Halles.

- Participation : 20€ étudiant, jeune chomeur, seminariste / 25€ jeune actif, adulte ou soutien.

Ouvert à tous

Réservation exigée :

antoine.desonay@actionfrancaise.net

http://www.blogger.com/blogger.g?blogID=4554716995194215661#editor/target=post;postID=3599021646992309612

30/10/2013

Nouvelle loi en Grèce: les opposants à l'UE risquent désormais deux ans de prison !

Un triste sort attend désormais les citoyens grecs qui ne sont pas d'accord avec les structures, les institutions, les représentants, les mesures ou les instruments de l’Union européenne.

Depuis le jeudi 24 Octobre, le Code pénal hellène a introduit l'article 458, qui est une mesure relative à la "violation du droit communautaire", dans lequel il est prévu un emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans pour les citoyens qui agissent contre les structures européennes, mais aussi, pour ceux qui protestent ou expriment un désaccord comme l’opposition aux sanctions. Deux ans de prisons aussi pour ceux qui vont à l’encontre des gouvernements et des représentants de l'UE.

Vous l‘aurez compris, toute personne qui entrave la politique de l'UE risque la prison !

Après les 2 millions d’euros dépensés par le Parlement européen pour bloquer les blogs, sites web et autres affiches eurosceptiques, aujourd’hui, en Grèce, pour pouvoir s’exprimer librement, il faut ne pas avoir peur de passer derrière les barreaux.

La liberté d’expression est donc morte, et avec… la démocratie, puisque avec cet article, c'est l'ensemble des grecs qui est visé, et pas seulement les opposants politiques.

C’est confirmé, l’UE est une dictature…

Aux citoyens des autres pays d’Europe, préparez-vous, parce que l’Union Européenne n’existe pas pour vous, elle vous combat, dans un unique but financier.

http://www.wikistrike.com/m/article-120843003.html

Les Etats-Unis n’ont jamais cessé d’espionner la France

Paris fait de même sans qu’il y ait à s’en étonner
Les cris d’orfraie poussés par quelques dirigeants européens désignant les Américains comme de vils espions trahissant leurs alliés, interpellent. Oh, certes, c’est le moins qu’ils pouvaient faire en attendant, peut-être, une position commune de l’Europe, qui aura toutefois bien du mal à engager des mesures de rétorsion. Mais cela est une autre histoire.
Non, ce qui interpelle est la profonde stupeur de ces mêmes dirigeants. De deux choses l’une. Soit ils ne se sont pas penchés sur l’histoire des relations américano-européennes depuis 1945, soit ils se moquent des citoyens européens en affichant une indignation feinte.
Car en fait, l’espionnage américain sur l’Europe et le monde est de notoriété publique. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la presse se fait l’écho de tels agissements. Tout le monde le sait. Depuis des décennies, les Etats-Unis exercent une surveillance constante du monde et, dans certains cas, font même appel aux Européens pour cela. Le réseau mondial d’écoute Echelon en est l’exemple le plus connu. Que l’Agence centrale de renseignement (CIA) pose des micros un peu partout et recrute des agents au sein même des gouvernements européens n’est pas nouveau.
Le journaliste Vincent Nouzille a très bien raconté tout cela dans son livre Des secrets si bien gardés – Les dossiers de la Maison-Blanche et de la CIA sur la France et ses présidents 1958-1981, (Fayard, 2009). On y apprend que, dès 1945, et plus particulièrement à partir du retour du général De Gaulle aux affaires en 1958, les Etats-Unis vont se livrer à d’intenses activités d’espionnage à l’encontre de la France mais aussi de nombreux autres pays dans le monde. Sont notamment espionnés la politique étrangère française et les travaux sur la bombe atomique.
En février 1960, leurs avions décollent de Libye pour faire des prélèvements dans le nuage radioactif émis lors du premier essai nucléaire français. Dans les années 1960, un avion militaire pénètre l’espace aérien français pour prendre des photos de l’usine nucléaire de Pierrelatte, dans la vallée du Rhône, et, face à la protestation française, les Etats-Unis se contenteront d’exprimer quelques regrets.
L’avènement des satellites d’observation et d’écoute électronique à partir de 1961 a accru les capacités américaines en matière de renseignement. Des satellites comme les KH-11, au prix unitaire de 1,5 milliard de dollars, prennent des photos avec une résolution de 10 cm. Les satellites Magnum interceptent plus de 100 millions de communications par mois. La manne récupérée est même exhibée.
Tout le monde espionne tout le monde
En 1995, le président Bill Clinton donnait son autorisation à la révélation publique de centaines de photos prises par ces satellites en France ou ailleurs. Sans vergogne ni état d’âme. Avec un budget spatial militaire de 40 milliards de dollars dont plus de la moitié est consacrée au renseignement, il n’est pas étonnant que l’information récupérée déborde.
Autre exemple : un jour, alors que j’étais en réunion au Pentagone, un officier de la Navy s’est tout à coup dirigé vers moi pour me dire dans le creux de l’oreille : « L’essai que vous venez de réaliser de votre missile M4 a parfaitement marché. » Les grandes oreilles américaines avaient bien fonctionné. Mon ami Vassily Michine, qui fut le patron du programme lunaire soviétique, m’a raconté naguère que les espions américains étaient partout en URSS, même dans le bunker de lancement de la fusée lunaire soviétique à Baïkonour.
Le KGB savait que l’un des techniciens russes trahissait au profit des Américains mais n’a jamais pu le confondre. La confirmation allait arriver trente ans plus tard, la guerre froide terminée. Alors que Michine vendait aux enchères chez Sotheby’s, à New York, le journal qu’il avait tenu quotidiennement dans les années 1960, un homme lui donna une photo de lui prise dans le bunker de Baïkonour par cet agent russe au service des Etats-Unis. L’homme disparut aussi vite qu’il était entré. Trente ans après, la CIA fanfaronnait. C’était de bonne guerre.
Ne soyons pas naïfs, tout le monde espionne tout le monde. Et, soyons réalistes et honnêtes, tous les pays font de l’espionnage tout en le condamnant. Si la guerre froide est terminée, ce n’est pas pour autant que nous sommes entrés dans un monde de parfait apaisement. Hier, l’espionnage militaire et politique contre l’URSS prévalait. Aujourd’hui, il est devenu essentiellement économique et politique, avec de nombreux acteurs à surveiller. Et la France, par direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) interposée, participe à ce concert.
Aujourd’hui, les Américains dénoncent les activités d’espionnage cybernétique des Chinois et ne se privent pas de faire la même chose avec le monde entier. Pour ma part, j’ai passé trente ans de ma vie à chercher et à récupérer des informations sur les armes nucléaires américaines, ce qui ne m’empêchait pas de m’acoquiner avec les Américains pour échanger des informations sur les missiles soviétiques.
Que les politiques s’en étonnent est étonnant. Qu’ils protestent est normal. En tout cas, il y a une chose que l’on sait depuis longtemps, c’est que le monde n’est ni tout blanc ni tout noir, et qu’il est perpétuellement en guerre. Le seul problème est que l’on ne sait plus différencier nos amis de nos ennemis.
Jacques Villain, Membre de l’Académie de l’air et de l’espace.
Le Monde, 26/10/2013
Jacques Villain est aussi historien de la conquête spatiale et de la dissuasion nucléaire ainsi que colonel de la réserve citoyenne(air). Il a notamment obtenu le prix Roberval grand public en 1999 pour A la conquête de la lune : la face cachée de la compétition américano-soviétique.
http://www.polemia.com/les-etats-unis-nont-jamais-cesse-despionner-la-france/

L'Elysée vs Valeurs actuelles

Valeurs actuelles révèle dans son numéro de ce jour l'existence d'un cabinet au sein de l'Elysée, chargé de faire la peau de Nicolas Sarkozy. Peu importe que l'on aime ou pas l'ancien président, tout le monde conviendra que ce n'est pas le travail de la présidence.

Cette dernière a aussitôt réagi par un communiqué :

"L’Elysée a été saisi, au printemps dernier, de trois réquisitions judiciaires auxquelles il a été répondu dans le strict respect du droit.

Le 25 mars 2013, la Présidence a été saisie d’une réquisition judiciaire prise dans le cadre de l’instruction ouverte concernant la mise en oeuvre d’une procédure d’arbitrage entre le Consortium de Réalisation (CDR) et les liquidateurs des sociétés de M. Bernard TAPIE.

Le 2 mai 2013, elle a été saisie d’une deuxième réquisition judiciaire prise dans le cadre de l’instruction ouverte pour prise illégale d’intérêt à l’occasion de la fusion des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires.

Ces réquisitions s’inscrivaient dans le cadre des dispositions de l’article 99-3 du code de procédure pénale.

En exécution de ces réquisitions des magistrats instructeurs, qui portaient sur des informations très précisément énumérées, la Présidence a transmis aux juges celles qui se trouvaient disponibles dans les services. Les autres archives, papiers ou informatiques, qui auraient pu se rapporter aux réquisitions avaient été transférées aux Archives nationales et les juges ont été invités à s’y reporter.

Par ailleurs, le 23 avril 2013, le président du Conseil constitutionnel a demandé de fournir des éléments comptables dans le cadre du recours formé contre la décision du 19 décembre 2012 de la commission des comptes de campagne et des financements politiques rejetant le compte de campagne de M. Nicolas SARKOZY. Comme la loi le lui imposant, la Présidence a fait suite à cette demande.

Ainsi la présidence de la République n’a fait qu’exécuter les réquisitions adressées par les juges d’instruction et par le Conseil constitutionnel. En aucun cas elle n’est allée au-delà des demandes des juges."

Et Valeurs Actuelles a rétorqué :

"L’hebdomadaire Valeurs actuelles a pris acte du communiqué de la présidence de la République de ce jour qui n’apporte aucun élément nouveau concernant l’enquête publiée ce jeudi 31 octobre dans nos colonnes à propos de l’existence d’un cabinet noir, et n’apporte aucun démenti ou aucune contradiction aux révélations dont nous faisons état.

Interrogé pendant notre enquête, l’Elysée avait refusé de répondre aux questions concernant les procédés utilisés par le Colonel Bio-Farina visant à pénétrer dans les archives du précédent quinquennat en violation des règles institutionnelles. Le communiqué de la présidence de la République de ce jour n’apporte aucun élément nouveau sur ce point très grave qui constitue une entrave à la séparation des pouvoirs et aux libertés publiques.

Valeurs Actuelles attend de manière très sereine que l’Elysée fasse la transparence totale sur les méthodes qui ont été utilisées par certains membres du cabinet présidentiel."
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/

Le totalitarisme aux prises avec la praxéologie

Le 23 octobre, le professeur Jean-Jacques Rosa donnait à l'Institut d'Histoire sociale de Nanterre une conférence sur le thème du Totalitarisme du XXe siècle. Il allait concentrer son propos sur le cas du national-socialisme en Allemagne. Ce sujet, maintes fois rebattu, sous tous les angles historiques, politiques, juridiques et moraux était examiné, fait plutôt exceptionnel en France, par un économiste connu.

Son propos introductif mérite d'être souligné. Dans de nombreux pays, notamment en Autriche où elle est apparue, aux États-Unis où elle est largement partagée dans les milieux conservateurs, l'approche "praxéologique" fait référence. Le premier quart d'heure de l'exposé fut consacré à une sorte de paraphrase, ma foi brillante, de cette méthode de pensée. Le conférencier ne l'ayant pas mentionnée, disons tout de même qu'elle fait l'objet de l'énorme volume de "L'Action Humaine" de Ludwig von Mises (1881-1973). Le nom de celui-ci n'était pas prononcé, pas plus que celui de son disciple le plus connu Friedrich-August von Hayek (1889-1982).

À noter du reste que ces deux géants de la pensée auraient pu être convoqués au titre de leurs destins respectifs, comme témoins du processus que l'on souhaite décrire et, mieux encore, expliquer. L'un comme l'autre ont en effet quitté Vienne à l'époque de l'Anschluss de 1938, cas particulier d'un glissement vers les régimes que l'on cherche à englober et à amalgamer sous l'étiquette "totalitaire".

Jean-Jacques Rosa n'ignore sans doute pas, non plus, que Hayek a consacré, au sujet évoqué, un livre tout à fait essentiel, "La Route de la servitude", publié en 1944 (1)⇓ . Il n'en parlera pas.

Car, son raisonnement procède d'une toute autre logique. Auteur d'un ouvrage où il développe sa thèse historico-économique (2)⇓ il considère que l'on peut diviser la longue période, commencée à la fin du XIXe siècle, et qui se termine en l'an 2000, en deux parties.

La première époque prend son essor avec le chemin de fer, le haut-fourneau, l’industrie lourde. Elle engendre la guerre de 1914, les grandes concentrations financières, les grandes usines, etc.

Le regard de l'économiste, toujours si l'on suit notre hardi essayiste, apporterait ainsi une optique et une dimension qui peuvent échapper à l'historien traditionnel, fâcheusement englué dans l'événementiel.

En cela, quoique répertorié habituellement comme "libéral", il faut reconnaître, que manifestement il admire Marx. Il ne le dément pas lui-même quand on lui pose la question, sans d'ailleurs probablement l'avoir trop fréquenté. Il ne daigne pas non plus se référer à notre cher et vieux maître André Piettre (3)⇓ ou au stimulant Kostas Axelos. (4)⇓ On se demande même si, comme beaucoup, il ne se contente pas d'avoir lu les quelques pages du Manifeste publié en 1848 et dont l'ermite du British Museum cherchera pendant 35 ans à démontrer les fulgurantes pétitions de principes.

Jean-Jacques Rosa déclare donc adopter parmi les idées de Marx le lien bien connu qu'il fait entre les forces de production, les rapports sociaux et les "superstructures" politiques : les institutions féodales seraient ainsi liées au moulin à vent, ou au collier de cheval, comme la démocratie libérale devrait tout au moteur à vapeur, etc. Quand un de ses amis présents dans la salle lui fera observer qu'on se trouve en présence du matérialisme historique, le professeur Rosa ne le désavouera même pas.

On pourrait même dire, au rebours de l'école "praxéologique" autrichienne, de Mises ou Hayek, qu'il va plus loin encore. Selon lui, l'économie peut décrire toute l'action politique en tant que productrice de biens publics. Le gouvernement fournit de la sécurité comme l'entreprise produit des marchandises. L'État ne se comporterait donc pas autrement qu'une firme de grande taille.

Les régimes totalitaires découleraient dès lors d'un stade particulier des besoins publics qu'ils satisfont à leur manière. Seul un petit nombre de personnes peuvent détenir l'information indispensable à la prise des décisions. Le débat, la confrontation démocratique, comme la sanction du marché dans la production industrielle, correspondent à une phase que le totalitarisme considère comme périmée, inutile sinon nuisible, au plan politique comme au plan économique.

Inutile de dire que les utopies intermédiaires comme celle d'Ota Sik en Tchécoslovaquie ou d'Imre Nagy en Hongrie, "la troisième voie" de l'un, le "communisme qui n'oublie pas l'homme" de l'autre sont vouées à l'échec. Pas un mot pour déplorer, ni même pour remarquer que ces tentatives n'ont été liquidées que par les chars soviétiques et par la passivité d'un occident lui-même cantonné au "communism containment". Quand Ilios Yannakakis, témoin de chair et de sang du Printemps de Prague de 1968 intervient et pose une question, avec l'approbation de la plupart des assistants de cette conférence, le voilà renvoyé à ses chères études, déplorablement littéraires.

Le tournant du siècle, qui va se traduire par l'effondrement du bloc de l'Est, correspond seulement, à partir de 1975, coupure du siècle en deux, à l'essor des nouvelles techniques d'information et de communication. On peut et on doit dès lors, même dans les pays de l'Est, revenir au marché et à la démocratie. Paradoxalement, pas la peine, pour nous d'en savoir plus : circulez, il n'y a rien à voir.

À défaut de rendre hommage aux Polonais comme aux Russes, aux Allemands de l'est ou aux Baltes qui défièrent la répression stalinienne, le KGB ou la Stasi, on aurait pu se pencher une minute sur l'œuvre d'un des rares penseurs qui, à l'ouest, prophétisa juste à propos de l'échec de ce qu'il analyse comme "l'entreprise léniniste" : dans la préface à l'édition de 1963, il y a 50 ans, de sa "Sociologie du communisme", Jules Monnerot répond aux annonces de Khroutchev et considère que l'URSS s'effondrerait, en grande partie, du fait des télécommunications.

Après tout cela comment accueillir l'explication consternante donnée du national-socialisme. Son racisme fanatique ? tout juste une feinte pour unifier politiquement un pays en retard sur le développement des deux hyperpuissances. Pas la peine de recourir à la biographie du dictateur et à la lecture de son Coran : il suffit de savoir que la géopolitique le condamnait à s'allier avec Staline. Du reste on a aussi appris que le niveau de vie des Soviétiques avait beaucoup gagné du fait du Plan Quinquennal. La famine en Ukraine ? Le Goulag ? Broutilles. Pas la peine de prendre connaissance des modalités du fonctionnement parlementaire de l'Empire allemand avant 1914 : elles ne font, aux yeux du professeur Rosa, que préfigurer la catastrophe de 1933. Le traité de Versailles ? Un point de détail. Tout cela était donc écrit dans le ciel sinon dans "Mein Kampf", que notre économiste ne semble pas avoir beaucoup consulté.

Il manqua, parmi l'assistance, l'intervention d'un vieux maurrassien : il aurait sans doute félicité notre professeur, par ailleurs adversaire impitoyable de l'euro, de ne jamais succomber aux sortilèges de la Bonne Allemagne, ces pièges grossiers de "l'Allemagne éternelle".

De telles thèses peuvent paraître irritantes. Mais on doit leur reconnaître un mérite : elles nous stimulent en nous provoquant.

Pierre Rigoulot, toujours très courtois avec ses invités, lui a tout de même réitéré en conclusion de ce débat, le sage conseil d'Albert Einstein : "Simplifiez au maximum, mais n'allez pas au-delà".

JG Malliarakis http://www.insolent.fr/2013/10/le-totalitarisme-aux-prises-avec-la-praxeologie.html

Apostilles

disponible en collection Quadrige depuis 1993⇑
cf. Jean-Jacques Rosa "Le Second XXe siècle", 2000, chez Grasset, 437 pages ⇑
cf. André Piettre, "Marx et marxisme", PUF, 1957⇑
* cf. Kostas Axelos "Marx Penseur de la technique" de l'aliénation de l'homme à la conquête du monde, Editions de Minuit, 1961 ⇑