
Ce LMB Aerospace, installé en Corrèze acteur majeur de la défense française, est spécialisé dans la fabrication de moteurs et de ventilateurs électriques, équipe notamment l’avion Rafale de Dassault, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de Naval Group, le char Leclerc et le porte-avions Charles-de-Gaulle, autant dire que c’est la clé générale de notre industrie de défense. Et donc, quand le mercredi 28 janvier, on apprend que LMB Aerospace va passer sous le pavillon américain Loar Group, avec la validation par le ministre de l’Économie Roland Lescure, donc de Macron, cela provoque un certain émoi. D’autant que cette décision a été prise contre l’avis de la Direction générale de l’armement. Ce service du ministère français des Armées proposait en juillet de conditionner ce rachat « à l’entrée de Bpifrance à son capital comme actionnaire minoritaire », avec un siège au conseil d’administration. Un accord de ce type aurait permis à la France de garder la main sur une partie des activités de LMB Aerospace. Loar Group a acquis « 100 % des actions et des droits de vote » de l’entreprise française.
Cela ressemble fort à un sabotage. Il faut le savoir, nos armes tournent en grande partie sous logiciels américains, tout comme une bonne partie des administrations françaises. Et avec cet achat, les Américains coupent l’approvisionnement de notre industrie militaire quand ils le veulent. Au moment où, avec les tensions avec les Etats-Unis, on parle de retrouver nos autonomies, cela est du plus mauvais effet. En réalité, comme pour l’affaire Alstom, on se prive, au bénéfice des Américains, d’une entreprise qui nous assure une indépendance stratégique. Et donc, la présidence joue un double jeu, autorisant cette cession tout en discourant sur la nécessité d’un réarmement européen et national. La volonté de liquider au profit des Américains est manifeste, on en est à plusieurs dizaines de nos PME de pointe qui sont passées de l’autre côté de l’Atlantique. Le gouvernement a beau se fendre d’avoir installé « un suivi rapproché » afin de « protéger les intérêts nationaux », c’est du pipeau, le nouveau propriétaire ne pourra bien faire que ce qu’il veut et la trahison est totale.
L’autre volet, dont on parle moins est cette impossibilité qu’on les Français de garder une entreprise de pointe quand elle est à vendre : pas de fonds, pas d’investisseur, pas de réserve, nous sommes pauvres et continuons vers la paupérisation, avec cette impossibilité de se positionner avec des acteurs financiers français, pour racheter les entreprises françaises à vendre. Et quand bien même nous aurions des investisseurs, pourquoi se fatigueraient-ils à acquérir en France, pour payer les taxes à rallonge, se farcir les tracasseries administratives sans fin et payer des impôts comme nulle par ailleurs ? Nous plongeons donc sur plusieurs fronts, à cause de nos dirigeants qui sont des traîtres à la nation que personne n’arrête et surtout pas les députés qui vitupèrent en permanence mais qui prennent bien soin de maintenir tout ce petit monde, nos institutions financières qui n’ont pas de reins et encore moins de reins solides et notre bureaucratie kafkaïenne propre à décourager même les plus patriotes des investisseurs. Pendant ce temps là, on aurait la prétention de se mêler de la marche du monde et d’aller faire le pingouin au Groenland. La trahison est régulière et savamment organisée.