C'est un livre (La Chasse), publié en 2008 par Caria Del Monte, ex-procureur au TPIY(1) qui a incité Dick Marty membre du Conseil de l'Europe à enquêter sur le Traitement inhumain de personnes et trafic illicite d'organes humains au Kossovo. En est résulté, en décembre 2010, un rapport édifiant, qui pointe les connexions « entre criminalité, corruption et politique ».
Au Kossovo, des crimes de guerre ont été perpétrés à la fin des années 1990 sur des prisonniers serbes et albanais, sous la responsabilité de dirigeants de l'UÇK et en particulier d'un groupe auto-baptisé le « Groupe de Drenica » ayant pour « parrain » l'actuel Premier ministre, Hashim Thaçi.
L'armée de libération nationale paraît en effet avoir été étroitement liée aux réseaux criminels : « Nous avons constaté que les principales unités de l'UÇK et leurs zones de commandement opérationnel respectives étaient la copie presque conforme des structures qui contrôlaient les diverses formes de criminalité organisée dans les territoires où opérait l'UÇK », écrit Dick Marty, qui laisse entendre que la guérilla contre les Serbes n'était pas la préoccupation principale de ses dirigeants. Les membres du Groupe de Drenica auraient ainsi : « pris le contrôle des fonds substantiels mis à la disposition de l'UÇK pour financer l'effort de guerre » et « passé avec les réseaux internationaux bien établis de la criminalité organisée plusieurs accords qui lui auraient permis de s'étendre et de se diversifier dans de nouveaux domaines d'activités, tout en lui ouvrant de nouvelles voies de contrebande vers d'autres pays d'Europe. »
Selon Dick Marty, Thaçi lui-même agissait « avec le soutien et la complicité non seulement des structures de gouvernance officielles de l'Albanie, et notamment du gouvernement socialiste au pouvoir à ce moment-là, mais également des services secrets albanais et delà redoutable mafia albanaise. Les services chargés de-la lutte contre le trafic de drogue de cinq pays au moins précisent, dans des rapports confidentiels qui s'étendent sur plus de 10 ans, que le commerce de l'héroïne et d'autres narcotiques était contrôlé de façon violente par Hashim Thaçi et d'autres membres du " Groupe de Drenica " ».
Ces derniers ne s'en tenaient pas au trafic de stupéfiants. Le rapport fait également état d'« un grand nombre de femmes et de jeunes filles victimes de la traite des êtres humains » organisée par l'UÇK, et le Groupe de Drenica serait au cœur du trafic d'organes dont furent victimes des captifs serbes, conduits en Albanie pour y subir une ablation des reins.(2)
Enfin, le rapport fait état de la disparition de plusieurs centaines de prisonniers serbes et d'Albanais considérés comme des « collaborateurs » des Serbes, ces violences semblant « avoir été coordonnées et couvertes par une stratégie globale, préméditée et évolutive, décidée par les dirigeants du Groupe de Drenica ».
On comprend les réticences que montrent les autorités albanaises à collaborer aux enquêtes ouvertes par la mission EULEX de l'Union européenne : « Le manque de coopération des autorités kosovares et albanaises pour rechercher des personnes disparues serbes, et même kosovares de souche albanaise, qui pourraient s'avérer être des victimes de crimes commis par des membres de l'UÇK, suscite de sérieux doutes quant à la volonté politique des autorités actuelles défaire toute la vérité sur ces événements. »
Thaçi, partenaire favori des États-Unis
Mais les instances internationales ne se montrent pas plus pressées d'agir, en dépit des « informations accablantes » transmises sur Thaçi et ses séides par les services de renseignements.
« Il est particulièrement déconcertant, écrit Dick Marty, de constater que l'ensemble de la communauté internationale au Kosovo - depuis les gouvernements des États-Unis et des autres puissances occidentales alliées, jusqu'aux autorités judiciaires qui exercent leurs activités sous la tutelle de l'Union européenne - possèdent sans doute les mêmes informations accablantes sur toute l'étendue des crimes commis par le "Groupe de Drenica", mais qu 'aucune d'elles ne semble prête à réagir face à une telle situation et à en poursuivre les responsables. »
Le rapport du député européen apporte un début d'explication : l'UCK n'a pris l'ascendant sur les formations politiques albanaises rivales que grâce à l'appui des Américains. Et Thaçi lui-même « doit sans aucun doute son ascension personnelle au soutien politique et diplomatique des États-Unis et d'autres puissances occidentales, qui le considéraient comme le partenaire local favori de leur projet de politique étrangère pour le Kosovo. »
La politique a ses raisons, que l'éthique démocratique ne connaît pas.
Eric Letty monde & vie. 29 octobre 2011
(1) TPI Y .Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie.
(2) Le trafic d'organes se poursuivrait toujours au Kossovo, où s'est ouvert le 4 octobre un procès impliquant des médecins d'une clinique de Pristina.
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Samedi 2 février à Paris : la Nouvelle Droite Populaire et Synthèse nationale soutiennent la manifestation contre le mondialisme et l’impérialisme…
Dimanche 13 janvier, c’est près de 1 million de Français qui ont manifesté à Paris leur opposition à la loi Taubira qui prétend instaurer un « mariage » pour les homosexuels. Nous ne pouvons que nous réjouir du succès de cette mobilisation.
Mais ces manifestants savent-ils que, au-delà de cette parodie de mariage, la principale menace qui pèse sur la conception traditionnelle de la famille à laquelle ils sont attachés est la politique mondialiste voulue par l’hyper-classe apatride qui prétend diriger le monde et dont Hollande et Taubira ne sont en réalité que les petits domestiques serviles.
Pour réaliser leur projet funeste de transformer la Terre en un vaste espace économique uniformisée dans lequel les identités, nationales, ethniques et sexuelles seraient broyées, les mondialistes s’acharnent à détruire tous les repères qui font la spécificité de chaque peuple. Notre conception européenne de la famille est donc, à leurs yeux, l’une des premières cibles à abattre. L’humanoïde idéal pour ces nouveaux maîtres du monde devra être un consommateur métissé, déculturé, déraciné et asexué.
Cependant les prétentions mortifères des mondialistes se heurtent de plus en plus aux réactions populaires. Partout dans le monde les peuples prennent conscience que leur existence est menacée. La gigantesque manifestation de dimanche peut être considérée comme l’un des premiers symptômes de ce réveil salvateur dans notre pays. Mais il faut aller plus loin.
Les Français n’ont plus rien à attendre des partis politiques, de « droite » comme de gauche, qui se partagent le pouvoir depuis des décennies. Ils sont tous imprégnés par l’idéologie mondialiste. Seul l’avènement d’un ordre nouveau, nationaliste, populaire, solidariste et identitaire pourra redonner à notre peuple sa liberté et sa dignité.
Voilà pourquoi la Nouvelle Droite Populaire et Synthèse nationale apportent leur soutien à la manifestation contre le mondialisme et l’impérialisme organisée, à l’initiative du mouvement 3e voie, samedi 2 février, à 14 h 00, place St Germain des Près à Paris (VIe arrondissement – métro St Germain des Près).
La NDP et Synthèse nationale se félicitent aussi d’apprendre la participation à cette manifestation de délégations de peuples en lutte pour sauver leur identité tels que nos frères québécois ou encore les Syriens qui sont actuellement en première ligne face à une convergence d’intérêts entre les mondialistes et les islamistes.source: Synthèse nationale
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“Ils ont 5 ans pour détruire la France”
Interview de Carl Lang, Président du Parti de la France (PDF) lors de la manifestation contre le l’infâme mariage des invertis.
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Paul Déroulède (1846-1914)
Paul Déroulède, homme politique et poète sous la IIIe République, fondateur et chef de la Ligue des patriotes, est aujourd’hui oublié, y compris dans les milieux patriotes, alors qu’il fut une figure emblématique du nationalisme français jusqu’à sa mort en 1914. La mémoire a oublié ce « premier nationalisme » auquel il se rattache pour le second incarné par Charles Maurras et Maurice Barrès qui se développa dans les années 1890. Pourtant, malgré ses contradictions, son intransigeance et une obstination parfois incompréhensible dans ses erreurs, Déroulède fut un personnage hardi, sincère, opiniâtre mais sans haine. Au-delà de la thématique de la Revanche tombée en désuétude, son courage et sa ténacité qu’il a incarné dans son Quand même ! peuvent interpeller.
I. Le parcours
Paul Déroulède naît à Paris le 2 septembre 1846, fils d’un père juriste et catholique convaincu. Le cousin du futur fondateur de la Ligue des patriotes est Ludovic Trarieux, futur fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme (1898) ! Après une scolarité passable, il obtient son baccalauréat en lettres en 1863. Son père le pousse à l’inscrire à l’Ecole de Droit et il y obtient péniblement sa licence en 1868 et n’aura jamais un seul client au barreau. Il déteste l’Empire et se décrit alors comme pacifiste, antimilitariste, humanitariste voire internationaliste. La guerre de 1870 va le bouleverser.
Déroulède devient soldat quand il apprend la défaite de Reichshoffen. Le 1er septembre 1870, il reçoit son baptême du feu à la bataille de Bazeilles, avec son frère André. Ce dernier reçoit une balle prussienne et se trouve gravement blessé. En allant secourir son frère, il est fait prisonnier par les Prussiens et envoyé à Breslau. Evadé de sa prison déguisé en juif polonais, il rentre en France et repart très vite au combat en sous-lieutenant de tirailleurs algériens (les « turcos »). A leur tête, il s’illustre par un fait d’armes à Montbéliard qui lui vaudra la légion d’honneur. Quand, à Marseille, il apprend le soulèvement des Parisiens, il s’engage sans hésitation du côté des Versaillais et participe à la Semaine Sanglante pour mater la Commune, où il faillit perdre un bras sur une barricade. Ayant horreur de l’anarchie, il n’exprimera jamais le moindre regret pour cet épisode qui lui sera reproché au cours de sa carrière politique.
La guerre semble l’avoir converti au patriotisme. Dans ses souvenirs, il rapporte que le 27 ou le 28 juillet 1870, il croise, près de la Croix-de-Berny, un vieux paysan dont le fils est soldat et qui lui demande quand les troupes partiront. Déroulède répond qu’il n’en sait rien. « Le regard de mépris que me lança cet homme entra dans mes yeux comme un éclair. [...] Je sentis que je venais de manquer à la solidarité qui m’unissait, avant tout et malgré tout, aux hommes de mon pays [...] La cruauté de ma réponse se révéla à moi dans toute sa vilenie. » Après la paix, il n’a qu’une idée en tête : la Revanche. Il reste dans l’armée jusqu’à sa démission en 1874, alors handicapé par un accident de cheval.
Il publie les Chants du soldat en 1872, grand succès (plus de 100.000 exemplaires vendus) dont le Clairon reste le poème le plus connu. Les Nouveaux Chants du soldat (1875), l’Hetman (pièce de théâtre, 1877) et Marches et Sonneries (1881) et La Moabite (pièce de théâtre la même année) connaissent un certain succès mais qui s’essouffle et non comparable aux Chants. Ses pièces de théâtre sont l’occasion d’exprimer ses idées politiques. Il fonde sa Ligue des patriotes en 1882, expliquant qu’il faut agir contre « le flot montant des doctrines cosmopolites, qui désagrègent les Etats » (1885), et dont le journal Le Drapeau devient le moniteur officiel (Maurice Barrès en sera un des éphémères directeurs en 1901). Il regroupe républicains, bonapartistes et même royalistes. Sur le journal figure la devise, répétée jusqu’en 1914 :
« Républicain, bonapartiste, légitimiste, orléaniste, ce ne sont là chez nous que des prénoms. C’est Patriote qui est le nom de famille. »
Jusqu’à sa mort, il dirigera sa Ligue d’une main de fer, jaloux de son autorité et peu enclin aux concessions. Purges et démissions forcées se succéderont pour les membres s’éloignant trop de la ligne déroulédienne. Ainsi, attaché personnellement à l’amitié anglaise, il purge en 1903 la Ligue des éléments « anglophobes » à l’occasion de la venue à Paris d’Edouard VII (l’Entente cordiale devient alors un dogme officiel de la Ligue).
Déroulède voue un culte à Gambetta et se réclamera toujours d’un gambettisme idéalisé. A l’inverse, il entretient une haine féroce à l’égard de Jules Ferry qui le remplace. S’il se montre favorable aux lois scolaires, il l’attaque durement sur sa politique coloniale, l’accusant de répandre le sang français inutilement dans des expéditions lointaines alors que la priorité est la récupération de l’Alsace-Moselle. En 1882, Déroulède lui lance sa célèbre réplique :
« J’ai perdu deux enfants et vous m’offrez vingt domestiques. »
A partir de 1888, il se range clairement derrière le général Boulanger « porte-drapeau du parti national ». « Je bois à celui qui nous délivrera des chinoiseries parlementaires et des bavards impuissants [...] à celui qui nous délivrera de ceux qui se soumettent humblement aux altières exigences de l’étranger provocateur, après avoir prodigué le plus pur sang français en expéditions lointaines. » (toast du 9 février 1889). La Ligue a alors à ce moment 25.000 à 40.000 membres dont le dixième est militant (le Drapeau revendique plus de 100.000 membres, chiffre totalement bidonné). Plus grand soutien à Boulanger en terme d’effectifs, la Ligue tente de noyauter les comités boulangistes sans grand succès. Déroulède est élu député de la Charente en 1889 (jusqu’en 1893) et sera à nouveau député de 1898 à 1901. La mémoire a surtout gardé comme souvenir de son premier mandat son duel au pistolet contre Clemenceau, attaqué à la Chambre sur le scandale du Panama (six balles échangées le 22 décembre 1892 sans conséquence). Après les déconvenues de Boulanger (fuite en Belgique le 1er avril 1889, échec aux élections d’automne) et son suicide (1891), Déroulède tente en vain de rassembler l’armée battue sous sa bannière. Malgré ses échecs, il garde espoir quand même !

Déroulède et sa devise personnelle.Les années 1890 sont marquées par le retour à la poésie et aux pièces de théâtre : Les Chants du paysan en 1894, Messire Du Guesclin en 1895, La Mort de Hoche en 1897 et La Plus Belle Fille du monde en 1897. Lorsqu’éclate l’affaire Dreyfus, il se range parmi les antidreyfusards même s’il doute fortement en privé de la culpabilité de Dreyfus ; ce qu’il ne supporte pas sont les attaques contre l’armée. Déroulède n’est pas antisémite : il est l’une des rares grandes figures a avoir condamné sans ambiguïté La France juive d’Edouard Drumont lors de sa parution ; il déclare en 1890 que « L’antisémitisme est la honte de notre siècle ». De ce fait, il supporte mal la mainmise des antisémites sur le mouvement anti-dreyfusard et est décontenancé par la nouvelle génération de la Ligue qui crie « A bas les juifs ! ». S’il trouve l’influence des juifs trop forte en France (il parle plusieurs fois de les remettre à leur juste place), il comprend mal les motivations de l’antisémitisme et lorsqu’il s’exprime sur ce sujet, il n’y voit qu’une résurgence des guerres de religion.
A la fin des années 1890, constatant que toutes les voies pour imposer ses idées s’avèrent être des impasses, Déroulède songe au coup d’Etat. Lorsque, à Nice, il apprend la mort de Félix Faure (16 février 1899), il rentre immédiatement à Paris dont l’atmosphère est agitée. Pensant que le peuple de Paris est avec lui (le nouveau président Loubet est hué), il approche plusieurs généraux : beaucoup lui assurent qu’ils suivront mais aucun ne veut marcher en tête, sauf un : Pellieux. Le 23 février, selon le plan prévu, Pellieux devait passer place de la Nation avec sa troupe tandis que Déroulède devait l’attendre avec ses ligueurs puis marcher sur l’Elysée. Les événements ne se passent pas comme prévu : les ligueurs sont en trop petit nombre (environ 500) et Pellieux se défile au dernier moment. C’est le général Roget qui se présente (un des conjurés mais ne voulant pas prendre la tête du coup d’Etat), rentrant à la caserne avec ses hommes. Déroulède s’élance quand même, attrape la bride du cheval du général et lui lance :
« Mon général, sauvez la France ! Vive la République ! A l’Elysée ! A l’Elysée ! »
Roget est inflexible et rentre à la caserne… avec Déroulède. Le coup de Déroulède paraît grotesque (une « subite hallucination » pour La République française, une « rêverie de poète » pour Les Débats). Déroulède, lors de son procès, clame que s’il est acquitté il recommencera : il est acquitté et tente de recommencer. Le nouveau plan est plus élaboré mais la police découvre le coup en préparation. Cette fois, la Haute Cour le bannit du territoire pour dix ans (4 janvier 1900).

Le Petit Journal, supplément illustré
du 18/12/1904.Il s’exile en Espagne, à Saint-Sébastien, localité qui devient un lieu de pèlerinage pour les nationalistes. Depuis sa maison d’Espagne, Déroulède continue à diriger la Ligue par le biais de son lieutenant Galli. Il n’est autorisé à rentrer provisoirement en France (pour 24h) par le gouvernement que pour un duel face à Jean Jaurès qui devient la principale cible de la Ligue (l’Espagne ne voulant pas d’un tel duel sur son territoire). L’Humanité avait égratigné un hommage rendu à Jeanne d’Arc par la Ligue dans un article intitulé « La Bataille des Pyramides » (28 novembre 1904). Deux balles sont échangées à 25 pas le 6 décembre au matin, cela sans conséquence, devant une foule curieuse.
Il rentre en 1905 en France à la faveur d’une amnistie votée par l’Assemblée. Suite à son échec aux législatives de 1906 en Charente, il renonce à la carrière politique et refuse de se présenter à l’Académie française en 1908 malgré l’insistance de Maurice Barrès. Lors des dernières années, la politique intérieure est délaissée pour la politique extérieure : l’Alsace et la Moselle reviennent au premier plan. Déroulède s’en prend surtout au pacifisme, à l’antimilitarisme, à l’internationalisme portés par ceux qu’il appelle les « émigrés de l’intérieur » coupables du « crime de lèse-patrie ».
« les apostats de la France et les renégats de nos traditions ont inventé toute une série de paradoxes ayant pour but d’acheminer petit à petit la Nation vers l’indifférence pour la Patrie. [...] En voici deux des [formules les] plus répandues, des plus accréditées mais non pas des moins nuisibles : « Tous les peuples sont frères. Je suis un citoyen du monde. »
J’ai déjà dit souvent, mais le répéterai mille et mille fois s’il le faut, que la fraternité des peuples n’a rien en soi à quoi je sois formellement contraire, à la condition que notre premier frère soit le frère français. Ce n’est qu’après avoir fait pour ce frère-là tout ce qui est « humainement » possible de faire que nous aurons le droit d’examiner ce qui pourra être fait « humanitairement » pour les autres. Belle conception de vouloir former les Etats-Unis d’Europe, alors qu’après quatorze siècles d’existence commune, nous ne sommes même pas capables chez nous d’organiser les Etats-Unis de France !
L’évidente ineptie de l’idée suffit à faire douter de la bonne foi de ses prosélytes.
Il en est de même pour la pompeuse déclaration de ces soi-disant citoyens du monde. Ils seraient bien embarrassés, je suppose, s’il leur fallait désigner l’emplacement de leur cité mondiale. car enfin, c’est la cité qui fait le citoyen et qu’est-ce qu’un citoyen sans cité sinon un sauvage ? [...]
A vrai dire, l’effet de la propagande humanitaire commence à s’user. Aussi, la secte qui s’évertue à démilitariser et à décatholiciser les Français afin de les opprimer plus sûrement a eu recours à une autre maxime. Ils l’ont retrouvée toute faite dans les Rêveries d’un promeneur solitaire : « Heureux les peuples qui n’ont pas d’Histoire ! » [...] Ils savent pourtant bien, ces sophistiqueurs d’idées, ces professeurs d’oubli et d’abdication, que c’est à coups de sabre que la France s’est taillée sa place dans le monde et que c’est faute d’avoir tenu son épée assez aiguisée qu’elle a perdu deux de ses plus belles provinces et avec elles et en même temps qu’elles, une partie de cet apanage sacré sans lequel un peuple n’a plus sécurité ni fierté : l’Indépendance ! » (extrait du discours du 10 juin 1909)II. Le déroulédisme
● La république plébiscitaire
Déroulède se veut profondément républicain : il est hors de question pour lui qu’une restauration monarchique ou impériale ait lieu. En revanche, il combat pour une autre république qu’il qualifie de plébiscitaire et qu’il oppose à la république parlementaire laquelle confisque la parole du peuple et est considérée comme source des maux de la France. Sa République idéale est centralisée, dispose d’un pouvoir exécutif fort et base sa légitimité sur le recours aux consultations populaires (référendums qu’il nomme plébiscites). Son vœu le plus cher est l’élection au suffrage universel du président de la République, lequel disposerait d’un mandat de cinq ans toujours renouvelable. Le Parlement est réduit à n’être qu’un organe de contrôle et n’empiéterait pas sur l’exécutif.
L’épithète « plébiscitaire » met mal à l’aise ses propres alliés (sauf bonapartistes) qui le passent sous silence lors de leurs campagnes, y voyant un repoussoir idéologique (cela rappelle trop le Second Empire). Déroulède pourtant n’en démord pas, pensant qu’expliquer rationnellement ses idées suffira à les faire accepter. Il ne se résoudra qu’à plus ou moins abandonner la formule tardivement, après 1903, après les nombreuses pressions de ses amis.
● Questions économiques et sociales
Déroulède n’a eu aucune formation économique, ses idées restent assez vagues et sont largement inspirées par Eugène Deloncle, l’un de ses éphémères lieutenants. Au niveau industriel, sa préférence va à la petite entreprise et à l’artisanat contre les grandes usines et manufactures. Il éprouve une grande méfiance vis-à-vis du monde des affaires et de la Bourse : « les hommes d’argent n’ont, pour la plupart, d’autre patrie que leur coffre-fort » (1907). Il condamne la lutte des classes (bien qu’il dise la comprendre) et se prononce en faveur d’une redistribution des richesses. Il vote systématiquement toutes les propositions de loi visant à réduire la durée du travail et à améliorer le sort des enfants dans l’usine ; il se montre favorable à l’accroissement du poids des syndicats ouvriers et soutient les grévistes. En 1890, il dépose une proposition visant à créer une caisse nationale des retraites et appuie l’année suivante le contre-projet Constans (« le progrès social […] je suis prêt à l’accepter même de M. Constans »). Au niveau fiscal, il reste extrêmement flou, se contentant de demander une réforme en 1885 dont il se garde de préciser le contenu (sauf la suppression des octrois). Sa seule originalité en la matière a été de se prononcer en faveur de l’impôt sur le revenu, impôt qu’il juge juste (instauré en 1914).
Il se déclare protectionniste et met en avant cette thématique dans les années 1880. Il entend lutter contre la concurrence déloyale et la main d’oeuvre étrangère : « La première défense nationale à organiser est la défense du travail national contre les travailleurs étrangers ; la défense de l’industrie et du commerce français contre la concurrence et la contrefaçon étrangère, la défense des colonies françaises contre leur exploitation par des étrangers […]. L’heure est venue d’un égoïsme national. » (1883). Il vote la loi Méline en 1892, instaurant un tarif douanier protectionniste sur l’agriculture, et s’en déclarera satisfait.
● La religion et l’Etat
Déroulède se montre modéré en matière religieuse. Personnellement, il se dit catholique mais n’est en réalité pas croyant (il est plutôt déiste). Ses ennemis l’accusent tout au long de sa carrière d’être clérical, accusation dont il se défend. Il renvoie dos à dos « le gouvernement des curés » et l’anticléricalisme, « cette guerre à Dieu qui n’est qu’une autre foi » (pièce La Moabite). En 1891, quand le député Camille Dreyfus réclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat, Déroulède prend la parole : « Je suis surpris qu’un débat semblable soit précisément ouvert devant vous non pas par un des 36 millions de catholiques mis en cause, mais bien par un des 500.000 ou 600.000 israélites ». Dreyfus proteste en se qualifiant de libre-penseur et Déroulède lui répond « Je proteste quand je vois que l’on veut déchristianiser la France pour la judaïser peut-être ! ». En 1905, il condamne fermement la Séparation mais reste à l’écart des manifestations contre les inventaires.
Ses relations avec la franc-maçonnerie évoluent. Au cours des années 1880, les francs-maçons étaient nombreux à la Ligue des patriotes et le leader se montre plutôt bienveillant, les liens se distendent à partir du virage boulangiste et après 1900, Déroulède tient des propos durs vis-à-vis des loges sans afficher une hostilité de principe.
● Position par rapport à l’Allemagne
La priorité de Déroulède est la récupération des territoires perdus dans la guerre de 1870. Dans ses discours, il parle rarement de l’Allemagne mais de la Prusse ; il se dit dépourvu de toute haine à l’égard des autres provinces germaniques et affirme qu’une fois l’Alsace-Moselle récupérée, pas un centimètre carré de territoire allemand ne sera pris. Le chef de la Ligue se défend d’aimer la guerre pour la guerre : « Je ne suis pas un monomane de la guerre, je sais trop ce qu’elle coûte aux individus, aux familles et aux Etats, je ne suis même pas un ennemi acharné de notre ennemi. » (1912).
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A la fin de sa vie, Déroulède se retire à Langély où il rédige ses Feuilles de route (ses souvenirs) dont le premier volume paraît le 15 janvier 1907. Peu à peu, le chef de la Ligue se rapproche du pouvoir déporté à droite par l’accroissement du poids des socialistes : Clemenceau, ancien ennemi, finit par gagner son estime et il porte de grands espoirs en Poincaré. La Ligue des patriotes voit son poids s’affaiblir du fait de la modération de son chef, que certains de ses membres ne comprennent pas, et du fait de l’irrésistible ascension de l’Action française d’une part et de l’Action libérale d’autre part. Barrès déclare le 14 juillet 1913 que la Ligue est victorieuse puisqu’elle a « nationalisé » ses adversaires. Déroulède tombe malade en février 1913 (tachycardie, tension). A Champigny, le 7 décembre 1913, il prononce son dernier discours qui est un adieu à la Ligue et décède le 30 janvier 1914 avec la bénédiction papale. Le lendemain, lors des obsèques, les témoins parlent d’une foule extrêmement dense comparable à celle qui avait suivi les obsèques de Victor Hugo, et d’un silence total. De nombreuses personnalités suivent le cortège dont Millerand, Léon Daudet et Maurras. Six mois plus tard éclate la Revanche pour laquelle le chef de la Ligue avait tant combattu.
Archives de la parole : Déroulède, fragment du panégyrique d’Henri Regnault puis poème « En avant ! ».
Bibliographie :
DÉROULÈDE Paul, Qui vive ? France ! « Quand même ! ». Notes et discours, 1883-1910, Paris, Bloud et Cie, 1910.
JOLY Bertrand, Déroulède. L’inventeur du nationalisme, Paris, Perrin, 1998. -
Les décroissants : Être et ne plus avoir…
Fatigués de la course au “toujours plus”, ils ont choisi de vivre mieux avec moins. Une nouvelle éthique de vie qu’ils mettent en actes au quotidien. Témoignages.

Qu’on les baptise « décroissants », « créatifs culturels », « consomm’acteurs », que l’on range le mouvement dans un tiroir intitulé « simplicité volontaire » ou « downshifting », peu importe… Car la dynamique est bien là : de plus en plus de personnes, en Amérique du Nord comme en Europe, veulent cesser de se laisser déborder par une vie qui ne leur convient plus.
Pour l’instant, impossible de chiffrer avec exactitude l’ampleur de la vague, mais des instituts d’études en marketing évoquent déjà une « tendance significative et en expansion (1) ». Aux États-Unis, environ 20 % de la population serait concernée, et plus de dix millions d’Européens auraient déjà modifié profondément leur manière de vivre. « On peut parler d’un étouffement des individus dans cette société dévorée par les objets et la technologie », souligne le psychanalyste Jean-Pierre Bigeault.
Prise de conscience et passage à l’acte
Surconsommation, course à la réussite sociale, ravages de la pollution et diminution des ressources… les décroissants font le même constat que beaucoup d’entre nous : leur vie ne tourne pas rond. Mais eux passent à l’acte. Une montée de conscience qu’explique la psychanalyste Luce Janin-Devillars : « Pour endiguer les ravages de la pollution, certains comprennent qu’il y a une noblesse à réparer ce qui peut l’être, à inverser la tendance du jetable pour préserver l’avenir des générations futures. »
Une fois le processus du « désengagement » enclenché, la diminution des besoins matériels est remplacée, peu à peu, par une grande richesse intérieure. Un peu comme si l’espace « dégagé » laissait entrer une autre dimension, spirituelle, presque mystique. Il ne s’agit pas de renouer avec de vieilles traditions contemplatives religieuses, retiré du monde, à la recherche d’un dieu. Cette spiritualité-là, au contraire, va à la rencontre des humains, chacun se sentant partie intégrante d’un tout, et non plus maître arrogant de la planète.Luce Janin-Devillars en est persuadée : « L’éducation, la socialisation, le vivre avec les autres, le religieux au sens premier de religare, “relier”, sont là pour nous humaniser, nous conduire vers une créativité aussi propre que possible. » En tout cas, c’est ainsi que les décroissants que nous avons rencontrés cherchent un nouvel équilibre. Des fous ou des avant-gardistes ?
Qui sont-ils ?
Les « décroissants »
Ils contestent la société de consommation, réduisent leur pollution, mangent bio. S’y retrouvent écologistes, altermondialistes, déçus de l’action politique… et bien d’autres, d’aucun bord en particulier.
Les consom’acteurs
Des « décroissants » particulièrement impliqués dans la consommation de produits équitables.
Les downshifters (ou « désengagés »).
L’expression existe aux États-Unis depuis 1986. Ils veulent ralentir dans tous les domaines, mais surtout dans le travail.
Les slow food et les slow life
Ils participent, de près ou de loin, au mouvement international, créé en Italie, qui promeut les « vrais » produits, la « vraie » nourriture, la convivialité, en opposition à la fast food et à la fast life.
Et aussi…
Le Mouvement de la simplicité volontaire lancé par Duane Elgin, essayiste canadien ; les No Logo, qui refusent le diktat des marques et de la publicité ; les Soho-Solos, qui travaillent seuls ou en toutes petites unités.
Témoignages: “nos amis se fichaient de nous. Maintenant, ils nous envient“
Francis, 41 ans, marié, deux enfants. Lui et sa femme ont quitté Paris il y a quinze ans pour vivre en lisière de la forêt de Fontainebleau, dans une maison construite de ses mains.
« On a longtemps vécu à Paris. On y a fait nos études aux Arts déco. En 1991, je me suis installé ici quatre jours par semaine, dans une cabane construite par mon grand-père, au milieu du jardin. Mes parents venaient de mourir d’un cancer, à peine âgés de 50 ans, à quatre ans d’intervalle. Les voir mourir comme ça… On ne pouvait plus envisager notre vie de la même façon. Passer son temps à travailler, comme eux, ne pas profiter de la nature, de la vie… Charlotte est venue me rejoindre. Tous nos amis se fichaient de nous !
J’ai commencé à travailler le bois. Puis, après la naissance de nos filles, l’idée d’une maison en rondins s’est imposée : des matériaux naturels ne nécessitant aucune énergie, 100 % recyclables, une isolation naturelle parfaite. Je l’ai construite en deux ans. Ce choix correspond absolument à nos désirs de simplicité, d’harmonie, de protection de l’environnement. Nous élevons nos enfants dans cet esprit : respect de la nature, vie avec les saisons, pas de gaspillage…
Je construis une cuve et un bassin de récupération de l’eau de pluie. On pratique beaucoup le voisinage : je te donne des tomates, tu me prêtes la main. Financièrement, ce n’est pas toujours facile. Charlotte est free-lance pour des magazines, je cultive des légumes… Mais on est tellement plus heureux ! Le plus marrant, c’est que nos amis qui nous prenaient pour des dingues nous envient et nous demandent des conseils pour en faire autant ! »
Sans mes enfants, je serais prête à lâcher encore plusLaurence, 43 ans, mariée, trois enfants. Ex-architecte, elle a créé une boutique de design écologique et équitable en région parisienne.
« Je suis de nature révoltée. Enfant, je voulais être avocate, chirurgien, sauver des vies. Je suis devenue architecte, pour créer de beaux endroits pour les gens. Mais la quarantaine arrivant, rien ne me convenait plus : ni notre mode de vie, ni mon boulot. Surtout, l’environnement me posait une grande question : qu’est-ce que nous allions laisser à nos enfants ? Tout ce gaspillage, ce déséquilibre…
La mort de mes parents, à très peu de temps d’intervalle, m’a mise debout. J’ai compris qu’ils s’étaient épuisés à travailler. Il n’y avait plus de temps à perdre. Il nous a fallu deux ans pour concrétiser notre projet : vivre ailleurs, autrement, changer d’activité professionnelle.
Le premier pas a été l’achat de notre espace au sein de ce que l’on appelle “l’usine”, à Ivry-sur-Seine, en région parisienne. Aujourd’hui, elle est devenue un lieu de vie en commun, où nous habitons à une quinzaine de familles, partageant le jardin, des objets, des repas…Ensuite, j’ai arrêté l’architecture et ouvert ma boutique de design écologique. On a revu nos dépenses à la baisse, on recycle, on bricole. Sans mes enfants, je serais prête à lâcher encore plus, y compris ma maison. A vivre de très peu. A renoncer vraiment à “l’avoir” pour laisser la place à “l’être”. On me dit souvent que mon magasin, c’est un truc de bobos, de privilégiés… je m’en fiche. Les comportements, les sociétés ont toujours changé grâce aux classes les plus favorisées. Tout le monde doit s’y mettre, on n’a plus le choix… »
Nos ressources ont baissé de 25 %, et alors ?
Robert, 40 ans, marié, trois enfants. Anglais, il a quitté son entreprise d’agroalimentaire pour s’installer dans le Gers et devenir consultant indépendant en marketing.
« En 2001, nous avons décidé de quitter Bristol, en Angleterre, où je travaillais pour une entreprise d’agroalimentaire. Je voulais sortir de la vie d’entreprise dans laquelle j’évoluais depuis quinze ans, reprendre mon activité en main. Je ne supportais plus de vivre dans cet environnement de performance financière, de penser sans cesse au profit des actionnaires… Ma femme est française, nos enfants, bilingues, cela a facilité la décision.
Ma femme a pu intégrer l’Éducation nationale comme professeur d’anglais. Et nous nous sommes installés à dix kilomètres d’Auch, le Sud-Ouest. Nos ressources ont baissé d’environ 25 %, et alors ? Nous avons tellement gagné en contrepartie : du temps pour les enfants, les amis, du plaisir… Je suis plus créatif. Je travaille pour moi, et surtout je maîtrise tout ce que je fais, de A à Z… Ce qui ne veut pas dire que je vois le monde de l’entreprise comme le grand méchant loup : je n’exclus pas d’y entrer de nouveau. Mais je pense qu’il faut envisager d’autres types de relation au travail.
Les Soho-Solos (2) que je côtoie ici ont tous ce même désir de modifier les rapports avec l’entreprise. C’est un vrai mouvement qui s’amorce. »Je voulais travailler pour vivre et non l’inverse
Marc, 40 ans, marié, deux enfants. Ancien cadre supérieur chez Elf-Aquitaine, il est aujourd’hui enseignant en éthique des affaires à Barcelone.
« A ma sortie de Sup de Co, j’ai été engagé chez Elf- Aquitaine comme cadre supérieur dit “à haut potentiel”, très bien payé. Pourtant, il me manquait quelque chose…
Je voulais m’enrichir intellectuellement, travailler pour vivre et non l’inverse. J’ai démissionné. En même temps, Sybille, ma femme, quittait son travail de directrice commerciale pour commencer un DEA en économie de l’environnement.
J’ai alors repris des études à l’Institut européen des affaires. Nos ressources ont été divisées par deux mais, de nouveau, j’étais libre. A la fin de mon doctorat, j’ai choisi délibérément un poste moins prestigieux que d’autres, à l’université de Barcelone où j’enseigne l’éthique des affaires. Nous vivons très simplement, sans télévision ni radio, avec ce même désir d’être le plus possible en accord avec nous-mêmes, avec notre famille. Depuis quelque temps, j’ai entamé un nouveau processus : me détacher de “l’avoir”, de la reconnaissance sociale flatteuse, pour aller vers “l’être”.
Aujourd’hui, j’essaie même de me détacher du “faire” pour aller encore plus vers “l’être”. Je quitte peu à peu le domaine de la compréhension intellectuelle pour me diriger vers une
plus grande contemplation, une capacité à m’émerveiller de ce que je ne comprends pas, comme les émotions, ou simplement la beauté d’un paysage. Abandonner les “objectifs”, déverrouiller la porte, laisser entrer les “autres”. Auparavant, j’étais à la recherche du bonheur, maintenant, je suis davantage à la recherche de ma vie. »Notes
1- Trends Research Institute (institut américain de recherche sur les tendances).
2 – Le Soho-Solo est un programme européen destiné à faciliter l’installation des travailleurs indépendants dans les régions de l’Ouest de l’Europe. Site : www.soho-solo.com
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Théorie du genre : Au cœur des sphères politique, culturelle, scientifique et médiatique, une idéologie à combattre fermement et par tous les moyens
Comprendre la visée politique des philosophies du genre, par Alexis Aguettant*
Aujourd’hui, les philosophies du genre gagnent du terrain. Les philosophies dominantes en la matière peuvent être définies comme des idéologies en ce qu’elles posent que l’être humain doit systématiquement revendiquer le droit de construire librement son identité, cela en raison, semble-t-il, du fondement même de la démocratie moderne : l’individu roi et souverain.
Cette thèse se développe dans la recherche moderne de l’égalité et de la parité par la lutte contre toute forme d’exclusion et de discrimination, de la liberté des orientations sexuelles choisies et de la libération d’une hétérosexualité fabriquée par les hommes pour mieux exercer leur domination masculine. Tous ces concepts font partie des discours actuels sur le genre, mêlant considérations scientifiques, raisonnements philosophiques et politiques (1).
Les 4 critères de la méthodologie des études de genre
La méthodologie (2) des études de genre s’appuie sur quatre critères très orientés philosophiquement : « faire éclater les visions essentialistes », « prôner une approche relationnelle des sexes », « appréhender les relations sociales entre les sexes comme un rapport de pouvoir », « ne pas analyser les rapports de genre indépendamment des autres rapports de pouvoirs ». Ce dernier critère explique que les études de genre soient en relation avec les études sur le racisme, le colonialisme, l’antisémitisme, le sexisme, les discriminations au travail, etc.
1. Faire éclater les visions essentialistes
La première démarche des études sur le genre est donc de « faire éclater les visions essentialistes » de la différence des sexes. Une vision essentialiste consiste à attribuer aux femmes et aux hommes des caractéristiques immuables en fonction de leurs caractéristiques biologiques. Or effectivement, la psychologie, la sociologie semblent montrer qu’il n’y a pas de déterminisme à partir du biologique. Les caractéristiques homme-femme ne seraient donc pas immuables puisqu’elles peuvent changer selon les individus, les sociétés. Les sciences humaines et sociales questionnent les identités masculine et féminine, jusqu’à un certain point ce questionnement est légitime. Cependant il apparaît que nier les caractéristiques biologiques propres à chaque sexe pour asseoir une approche exclusivement culturelle de nos identités est un écueil à éviter. Écueil auquel n’échappent pas les pro-gender. [...]
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Sondage : droitisation spectaculaire de l’opinion des Français
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« Manif pour tous » : la France profonde a pris la rue
1-Un immense succès populaire
Le Monde daté du 12 janvier 2013 parlait, en une, de « quelques dizaines de milliers de manifestants » pour annoncer la manifestation du 13 janvier. La préfecture de police l’a chiffrée à 340.000 participants ; les organisateurs, eux, ont parlé de 800.000 personnes à 17h puis de un million à 19h puisque la foule continuait encore d’arriver sur le Champ-de-Mars. Le Champ-de-Mars – 243.000 mètres carrés – était plein à 17h ; il a dû se vider pour accueillir les kilomètres de cortèges dont les membres n’étaient pas parvenus à destination. C’est incontestablement la plus grande manifestation française depuis celle pour la défense de l’Ecole libre en juin 1984. Ajoutons qu’il s’agissait d’une manifestation bon enfant et bien élevée : après le passage de centaines de milliers de personnes les balayeuses de la Ville de Paris qui suivaient les cortèges n’avaient rien à… ramasser.
2-La France profonde, pas celle des plateaux télévisés
Sur les plateaux de télévision, il est mieux vu d’être célibataire que marié, homo qu’hétéro, musulman plutôt que chrétien, Noir plutôt que Blanc. Bref, il n’est de bon bec que pour les minorités. A contrario la foule du 13 janvier 2013 était franco-française, familiale, blanche, de culture ou de croyance catholique. Comme si la majorité en avait marre de subir la dictature des minorités. Comment la majorité, d’ailleurs, pourrait-elle accepter sans mot dire une loi voulue par la petite minorité d’une minorité (5% d’homosexuels favorables au mariage et à l’adoption au sein de la population homosexuelle qui ne représente que 5% de la population française, soit un Français sur 400 !) , qui plus est une « loi totalitaire » (Monseigneur Barbarin) qui « change le sens des mots ». Car le mot mariage signifie l’union d’un homme et d’une femme.
3-La reconquête de la souveraineté
Le parti socialiste qualifié de « sociétaliste » par Marine Le Pen utilise les thèmes sociétaux pour camoufler son alignement sur l’ordre économique mondial. Pour autant on aurait tort de prendre pour un simple leurre le projet de loi Taubira. Rompre avec les lois millénaires de la filiation, saper les fondements du Code civil, marchandiser la grossesse comme le propose Pierre Bergé (SOS-Racisme, Le Monde) explique l’ampleur de la mobilisation contre la loi Taubira. Ajoutons que sur beaucoup de sujets on explique aux Français qu’il n’est pas possible de changer de politique : à cause de l’euro, de l’Union européenne ou de l’OMC. Or garder ou non la signification du mariage relève encore de la souveraineté française. Les Français auraient bien tort de se priver de l’exercer.
4-L’exigence du référendum
Si la loi sur le mariage gay était adoptée par le Parlement, elle pourrait être censurée par le Conseil constitutionnel comme contraire aux conventions internationales signées par la France et affirmant « le droit de l’enfant à un père et à une mère ». Dans ce cas, il faudrait réviser la constitution pour faire passer la loi. En l’absence de majorité au congrès la seule voie alors possible serait celle du référendum. C’est en tout cas une exigence croissante des Français relayée le 13 janvier aussi bien par l’organisatrice de la manifestation, Frigide Barjot, que par Jean-François Copé et Marion Maréchal Le Pen. Une revendication qui à l’applaudimètre rencontrait un grand succès !
En tout cas, entre menace de censure constitutionnelle, annonce d’une prochaine manifestation et revendication d’un référendum, le vote de la loi Taubira s’annonce difficile. Le lobby LGBT et le gouvernement parviendront peut-être à leurs fins mais à un prix tel qu’il échaudera les socialistes. Ce qui ne devrait pas manquer de conduire François Hollande à remiser aux oubliettes le droit de vote des étrangers.
Polémia
13/1/2013

