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| Elle pleure SA France perdue : "Dis Papy, pourquoi t'as laissé faire ça ?" |
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Il y a des calculs qui devraient faire réfléchir.
- En 1968 la population française était de 49.700.000 habitants. Les musulmans en France étaient 610.000 soit 1,23% de la population.- En 1988 la population française était de 56.000.000 habitants. Les musulmans en France étaient 2.000.000 soit 3,6% de la population.- En 2009 la population française était de 67.000.000 habitants. Les musulmans en France étaient 8.000.000 soit 11,94% de la population ! (chiffres officiels, mais nous les savons tous en réalité bien plus important)Puisque tous les 20 ans la population musulmane est multipliée par 3.5, si cette progression n’est pas stoppée et même inversée, il est probable qu'en 2030 la population française sera de 70.000.000 d'habitants. Et que les musulmans en France seront 28.000.000 soit... 40 % de la population française.Donc, à ce rythme de vagues migratoires, dans 17 ans seulement, près d'un habitant sur deux serait musulman. Consternant pour un pays qui n'a aucune tradition musulmane, pas plus qu’il ne comptait de population arabe en 1930 ? Alors à quoi ressemblera la France dans bientôt 20 ans, puisque l'Islam est une religion conquérante qui refuse toute cohabitation avec d'autres religions ?- Des églises seront-elles incendiées comme on peut le voir dans certaines parties du monde ?... ça commence !- Verrons-nous des formations politiques de type HAMAS ou HEZBOLLAH s'implanter en France ?... ça commence !- La laïcité de l'État sera-t-elle remise en question ?... ça commence !- L'égalité des droits homme-femme existera-elle toujours, puisqu'elle n'existe pas dans les pays musulmans et qu'elle est déjà remise en cause aujourd'hui même en France dans les banlieues ?... ça commence !- La viande halal sera-t-elle obligatoire, avec toutes les souffrances que cela représente pour les animaux, égorgés vivants ?... ça commence !Une chose est absolument certaine : à ce train-là, la France de 2030 ne ressemblera pas à la France de 2010... CE NE SERA DÉJÀ PLUS LA FRANCE !MIEUX QUE STOPPER CETTE IMMIGRATION,IL FAUT L’INVERSER AU PLUS VITE !Regardez seulement autour de vous...Écoutez les propos de certaines personnes (hommes, femmes et enfants) dans les rues, les transports en commun...Regardez et écoutez attentivement les bulletins d'informations (Télévisions et Radios)...Lisez la Presse, les pages "faits divers" et les autres...Maintenant, réfléchissez sereinement en ayant pleinement conscience de ce que sera alors la vie de nos enfants, de nos petits-enfants... quand nous ne serons plus là !Et si vous pensez que c'est utile, alors transférez cet article à un maximum de personnes autour de vous.Plus tard, personne ne pourra dire : « Je ne savais pas !... »http://www.francepresseinfos.com/ -
PLUS DE 800 MILITANTS NATIONALISTES DANS LES RUES DE PARIS POUR DIRE NON AU MONDIALISME ET A L’IMPERIALISME
Très belle réussite pour la manifestation nationaliste unitaire, organisée à l’initiative de 3e Voie, qui s’est déroulée samedi après-midi dans le Quartier Latin. Plus de 800 personnes ont ainsi défilé sans incident du Carrefour Odéon jusqu’à la Place du Panthéon. Impécablement encadrée par le Service d’ordre des JNR (Jeunesses nationalistes révolutionnaires), cette manifestation avait reçu le soutien des associations nationalistes syriennes, des indépendantistes québécois, des militants wallons du mouvement Nation, ainsi que d’autres organisations européennes. Nous reviendrons très prochainement sur cet événement considérable pour le mouvement nationaliste dans son ensemble. Félicitons-nous de la réussite et de l’entente harmonieuse qui s’est instaurée pendant l’organisation de ce rassemblement entre la Nouvelle Droite Populaire, Synthèse nationale, le GUD et 3e Voie.
Voici l’intervention de Roland Hélie, directeur de la revue Synthèse nationale et membre du Bureau de la NDP, prononcée face au Panthéon avant la dispersion de la manifestation :
Amis et camarades nationaux et nationalistes,Dimanche 13 janvier dernier, c’est plus de 1 million de Français qui ont manifesté à Paris leur opposition à la loi Taubira qui prétend instaurer un « mariage pour tous ». Nous ne pouvons que nous réjouir du succès de cette manifestation.
Mais ces manifestants savent-ils qu’au-delà de cette parodie de mariage la principale menace qui pèse sur la conception traditionnelle de la famille à laquelle ils sont attachés est la politique mondialiste voulue par l’hyper-classe apatride qui prétend diriger le monde et dont Hollande et Taubira ne sont en réalité que les petits domestiques serviles.
Pour réaliser leur projet funeste de transformer la Terre en un vaste espace économique uniformisé dans lequel les identités, nationales, ethniques et sexuelles seraient broyées, les mondialistes s’acharnent à détruire tous les repères qui font la spécificité de chaque peuple. Notre conception européenne de la famille est donc, à leurs yeux, l’une des premières cibles à abattre. L’humanoïde idéal pour ces nouveaux maîtres du monde devra être un consommateur métissé, déculturé, déraciné et asexué. La promotion de la fumeuse théorie dite du « gender » allant dans ce sens.
Cependant les prétentions mortifères des mondialistes se heurtent de plus en plus aux réactions populaires. Partout dans le monde les peuples prennent conscience que leur existence est menacée. La gigantesque manifestation du 13 janvier peut être considérée comme l’un des premiers symptômes de ce réveil salvateur dans notre pays. Mais il faut aller plus loin.
Les Français n’ont plus rien à attendre des partis politiques de la pseudo droite ou de la gauche dogmatique qui se partagent le pouvoir depuis des décennies. Ils sont tous imprégnés par l’idéologie mondialiste. Ils portent tous une accablante part de responsabilité dans le désastre actuel.
Voilà pourquoi la Nouvelle Droite Populaire et Synthèse nationale ont répondus avec enthousiasme à l’appel à cette manifestation contre le mondialisme et l’impérialisme organisée, à l’initiative du mouvement 3e voie.
La NDP et Synthèse nationale se félicitent aussi de la participation à nos côtés de délégations de peuples en lutte pour sauver leur identité tels que nos frères québécois et wallons ou encore les Serbes et bien sûr les Syriens qui sont actuellement en première ligne face à une convergence d’intérêts entre les mondialistes et les islamistes.
Depuis des décennies on cherche à nous faire avaler, au nom de l’ultra-libéralisme, que l’avenir de l’humanité passe par la globalisation de l’économie et par la destruction des différences qui, jusqu’à présent, faisaient la richesse de la planète…
L’hyper-classe apatride qui a progressivement prit le pouvoir, au dépend de la souveraineté des peuples et des nations, veut créer un monde uniformisé dans lequel les humains ne seraient plus que des consommateurs dociles privés de toutes références identitaires. Cela pour le plus grand profit des multinationales et des financiers tels la Goldman & Sachs et autres riverains de Wall street…
Partout où le mondialisme triomphe, partout les peuples subissent !
Toute la classe politique française porte une accablante part de responsabilité dans cette situation. Ils ont tous contribué, d’une manière ou d’une autre, au bradage de notre indépendance nationale, de notre économie industrielle et à l’anéantissement de notre civilisation européenne…
IL FAUT QUE CELA CHANGE !
A la domination mondiale de l’hyper-classe cosmopolite, nous opposons le réveil des peuples et des nations. Nous ne voulons plus que notre avenir soit dirigé par ceux qui ont conduit nos compatriotes à se retrouver de plus en plus nombreux au seuil de la misère.
La France et l’Europe sont fières de leur Histoire et de leur Civilisation. Elles en ont assez de la repentance permanente imposée par les pseudo-pouvoirs successifs et de l’humiliation qui en découle.
De plus, dès les années 70, au nom du profit immédiat, le patronat sans scrupule, soutenu par les syndicats marxistes à la recherche alors d’une « clientèle » qu’ils imaginaient facile à manipuler, nous a imposé sur notre sol une immigration incontrôlée qui engendre l’islamisation progressive de notre société.
Face au grand brassage des peuples, face à la destruction des nations, face aux prétentions criminelles des mondialistes nous répondons simplement en reprenant l’expression si chère à notre camarade Pierre Vial : UNE TERRE, UN PEUPLE !
Nous voulons une France française, dans une Europe européenne…
Nous voulons instaurer un Ordre nouveau, nationaliste, populaire, solidariste et identitaire, seul capable de redonner au peuple français et aux peuples d’Europe leur liberté, leur prospérité et leur dignité.
Voilà pourquoi nous appelons au réveil des identités et à la constitution d’un vaste front nationaliste et populaire antimondialiste capable d’incarner l’opposition réelle de nos peuples à la volonté hégémonique de l’hyper-classe apatride !
Voilà pourquoi, dès maintenant nous devons nous mobiliser en vue de la préparation et de la réussite de la grande manifestation nationaliste du dimanche 12 mai prochain, jour de Ste Jeanne d’Arc, à Paris pour leur montrer de la manière la plus massive et la plus resplendissante qui soit que le peuple français et les peuples d’Europe sont à nouveau debout.
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[Vidéo] Taubira s'attaque maintenant au nom de famille pour plaire aux LGBT ! Ça suffit !
On marche sur la tête ! Avec l’adoption du mariage homo, ce sont désormais les "couples" homo, stériles par définition, qui vont imposer leur loi en matière de transmission du patronyme ! Voilà où on en arrive avec la filiation fiction. Et un nouveau mensonge de Taubira sur le caractère indolore du projet de loi pour les couples hétérosexuels (excusez le pléonasme) !
Transmission du patronyme : ce que la loi sur le mariage pour tous changerait
Le député UMP Hervé Mariton, fer de lance de l’opposition au mariage pour tous, est revenu, lundi 4 février, sur l’une des dispositions de la loi concernant le nom patronymique des enfants. Cette disposition, inscrite dans l’article 2 du projet, concerne la dévolution du nom de famille : en cas de désaccord ou d’absence de choix des parents, les noms de chacun d’eux, accolés dans l’ordre alphabétique, seront donnés à l’enfant, alors qu’actuellement c’est le nom du père qui est attribué.
Pour M. Mariton, il s’agit d’une "révolution" qui "avance masquée". "Là où aujourd’hui un enfant s’appelle Durand, il s’appellera demain Durand-Martin, sauf si les parents demandent explicitement qu’il s’appelle Durand", a-t-il expliqué, précisant que cet accolement automatique des deux noms des parents concernera tous les couples, homosexuels comme hétérosexuels. [...]
La suite sur Le Monde
Lire également : Attention, les noms de famille de nos enfants vont changer !
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L'élaboration historique des techniques de la subversion, par Roger MUCCHIELLI (1976)
I — LES PAMPHLETS POLITIQUES
Depuis qu'il y a des hommes et qui pensent (comme disait La Bruyère), l'idée de réduire l'adversaire à merci en organisant autour de lui le mépris ou en décourageant les gens de combattre pour son service est venue spontanément à beaucoup d'esprits et a inspiré beaucoup d'entreprises. De façon tout à fait empirique, des génies malveillants ou poussés par la foi en leur propre cause, ont perfectionné très tôt et érigé en système le commérage, le racontar, la calomnie, (et autres perfides exploitations des petits faits de la vie quotidienne contre le voisin) qui, eux, ont dû se développer dans l'espèce humaine en même temps que le langage.L'avènement des empires et les buts de conquête territoriale à grande échelle permirent quelques perfectionnements de la méthode de pourrissement des États à conquérir. Selon Mégret, Philippe de Macédoine, le père d'Alexandre le Grand, mérite de rester dans l'Histoire pour la qualité de sa tactique psychologique au service de son ambition de conquête de la Grèce antique. Son premier geste fut de soudoyer discrètement des groupes politiques qui, en Grèce, étaient par principe contre la guerre ; les « pacifistes » athéniens, groupés autour de Eubule, proclamaient que le temps des aventures était passé et que la Cité devait se consacrer aux seules œuvres de paix. Ces honnêtes intentions faisaient l'affaire de Philippe, et ses agents « noyautèrent » le parti des pacifistes. Par ailleurs, le roi de Macédoine entreprit de renforcer et d'accélérer cette action en organisant la démoralisation du peuple athénien : rumeurs, campagnes de calomnies contre les chefs qui voulaient résister à l'influence macédonienne, corruption des petits chefs, pénétration de tous les partis politiques par ses agents, complétèrent la propagande des pacifistes subventionnés, et submergèrent l'opinion publique. « Ébranlement, désintégration, dissolution », tels furent les effets progressifs de son action psychologique sur l'État athénien. On sait que Philippe y ajouta la séduction des intellectuels de l'époque en mettant au concours parmi eux le poste de précepteur de son fils Alexandre. Parmi les Athéniens, Démosthène comprit ces manœuvres. Son intelligence de la situation, aiguisée par son patriotisme et son idéal de liberté, nous valut les célèbres discours contre, Philippe, connus sous le nom de Philippiques et d'Olynthiennes (351-349 av. J. C.).
Sur le plan militaire, on eut, dès les temps les plus reculés, l'idée d'envoyer sur le territoire de l'adversaire des individus capables de bien s'intégrer à la population, et chargés, en dehors de la mission d'espionnage, de répandre quelques informations démoralisantes ou quelques calomnies sur les chefs locaux. Cela faisait partie de ce qui s'appelait « les ruses de guerre », lesquelles comprenaient aussi — et surtout — les stratagèmes sur le champ de bataille.
En termes modernes, on peut dire qu'il tenta d'opposer une contre-subversion à l'entreprise subversive de Philippe. Dans ces discours, Démosthène dévoile les intentions réelles de Philippe et analyse sa tactique psychologique. Puis il secoue l'inertie des Athéniens et vilipende ceux qui, séduits, ont l'intention de « collaborer » avec le Macédonien. Il attaque de ses sarcasmes les généraux, les magistrats, les patriciens, et, dans certains passages, ses discours ont le ton de la propagande d'agitation et de mobilisation.
Ainsi, quatre siècles avant J. C., un homme courageux et lucide essayait de lutter contre l'impérialisme dévorant et rusé d'un voisin dangereux. Il est intéressant de noter que, en 1938, juste avant Munich, à l'heure où Hitler misait sur le pacifisme et la décomposition des républiques pour réaliser sans coup férir l'invasion de la Tchécoslovaquie, une revue anti-hitlérienne de Paris put faire, sans qu'on s'en aperçoive, un montage des Philippiques de Démosthène qui paraissaient, sous cet habillage, de la plus dramatique actualité.
Les Discours de Cicéron contre Marc-Antoine, que l'on compara aux Philippiques, ont aussi leur place dans un survol historique des modèles de subversion. Le célèbre orateur romain décida, vers 44 av. J. C., de « démolir » Marc-Antoine, général brutal et débauché qui, après l'assassinat de César, avait pris le pouvoir à Rome. Cicéron essaya de soulever l'indignation populaire et dévoila les traîtrises, les sacrilèges et les turpitudes de Marc-Antoine. Il est probable que si Antoine fut déclaré « ennemi public » par Octave quelques années plus tard, ce fut par l'effet des discours de Cicéron (le 13e discours présente Antoine comme « ennemi de la patrie »). La fin de l'orateur fut tragique comme on le sait, puisqu'Antoine, revenu au pouvoir par alliance avec Octave et Lépide, obtint la tête (1) de son accusateur. Il est vrai, ceci pour consoler les bonnes âmes, que la fin d'Antoine ne fut pas moins atroce quelques années plus tard.
Cicéron avait développé là un genre nouveau : le pamphlet (2) politique, dont le but est de déconsidérer le pouvoir et de le faire s'éc rouler par la seule puissance du Verbe agissant sur l'opinion.
Ne citons que pour mémoire la fameuse Apocoloquintose du divin Claude de Sénèque (qui circula anonyme vers 54 ou 55 ap. J. C. à l'occasion de la mort de l'empereur Claude) qui est plutôt une satire bouffonne et macabre contre l'empereur défunt. Dans la ligne du pamphlet authentiquement subversif, d'autres maîtres du genre nous ont légué des chefs-d’œuvre. Il serait hors de propos d'en faire ici la généalogie.
Signalons au passage Luther dans ses écrits plus séditieux que subversifs, ceux qui appellent à l'insurrection contre l'oppression romaine, contre « les véritables Turcs qui sucent la moelle de la généreuse Allemagne », spécialement les écrits de 1520 : Appel à la nation allemande, La captivité babylonienne de l'Église, La liberté chrétienne, et le pamphlet A la noblesse allemande dans lequel il ressuscite, pour les utiliser, les vieilles aspirations gibelines dans le but de s'attirer la sympathie des princes indépendants, et lance l'appel général à la révolte contre les catholiques et la papauté. « Et pourquoi ne nous laverions-nous pas les mains dans leur sang ? » avait-il déjà répondu à Prieras. On connaît le résultat de la Révolte : un tiers de l'Allemagne ravagé, plus de mille couvents ou châteaux rasés, plus de 100.000 morts,... après quoi Luther repart.
Mais c'est au XVIIIe siècle que le pamphlet devient une arme de guerre purement psychologique. Dans l'ouvrage Karl Marx et sa doctrine, traduit en français en 1937, Lénine conseillait aux jeunes militants de retrouver l'esprit subversif des grands encyclopédistes français : « Les écrits ardents, vifs, ingénieux, spirituels, des vieux athées du XVIIIe siècle qui attaquaient ouvertement la prêtraille régnante, s'avèrent bien souvent mille fois plus aptes à tirer les gens de leur sommeil religieux que les fastidieuses et arides redites du marxisme. »
La « propagande philosophique » du XVIIIe siècle, alimentée matériellement par les imprimeries hollandaises qui organisent la contrebande des libelles, est une vaste campagne subversive contre les bases de la société politique et religieuse en place. Selon D. Mornet, les Encyclopédistes ont, par leurs écrits, préparé la Révolution française. Ils ont d'ailleurs décrit eux-mêmes leur tactique : d'Alembert a parlé de « sortes de demi-attaques, espèce de guerre sourde, qui sont les plus sages lorsqu'on habite les vastes contrées où l'erreur domine »; Naigeon et Condorcet ont expliqué comment « des articles détournés permettent de fouler aux pieds les préjugés religieux » : « Les erreurs respectées sont exposées avec des preuves faibles ou ébranlées par le seul voisinage des vérités qui en sapent les fondements. » Après avoir exposé le problème avec une apparente bonne foi, il y a « les symboles transparents, les parenthèses, les insinuations, les ironies, et enfin les embuscades ». On croirait lire d'avance la tactique de certains journaux français d'aujourd'hui et de certaines émissions de télévision.
Joseph de Maistre, l'émigré, a considéré la « philosophie » et les « philosophes » du XVIIIe siècle (nous dirions aujourd'hui les intellectuels « engagés ») comme « une puissance essentiellement désorganisatrice » et, théoricien réactionnaire de la Restauration, il a rêvé d'un ange exterminateur qui écraserait tous les disciples des Encyclopédistes.
C'est sans conteste Voltaire qui est, au XVIIIe siècle, le champion du pamphlet subversif. Le ton général, comme le dit G. Lanson, est l'irrespect. Rien n'échappe ni ne résiste à l'irrespect, ni la royauté avec sa majesté, ni l'Église avec sa sainteté. La duchesse de Choiseul qui s'en irrite écrit : « L'emploi de l'esprit aux dépens de l'ordre public est une des plus grandes scélératesses parce que, de sa nature, elle est la plus impunissable ou la plus impunie. » Lefèvre de Beauvray, en 1770, dans son Dictionnaire social et patriotique, à l'article « Liberté », blâme aussi « cet esprit d'indépendance et de liberté qui mène à la subversion de tout ordre social. »
D. Mornet caractérise ainsi la guerre psychologique menée par Voltaire : « La bataille a donc été en grande partie une bataille cachée... A l'abri de l'anonymat, il multiplie les attaques; il y a plus de 200 de ces petits ouvrages, opuscules, feuilles volantes. Il y pousse à fond. L'ironie voltairienne se fait âpre, brutale, insolente. L'influence fut immense... Voltaire saisit les vices du système sans jamais construire une certitude. » Le travail fut tout entier de destruction.
Le résultat fut rapide, Dès les années 1758-1763 en France, dit Mornet, « le pouvoir royal hésite à décider la répression. Les évêques l'y poussent, car ils constatent que dès qu'on laisse faire, l'audace des attaquants s'accroît. Mais quant à revenir à la rigueur des lois, on ne tarda pas à reconnaître qu'il n'y fallait pas songer : les directives ne trouvaient plus de fonctionnaires résignés et dociles. Un vent d'indiscipline soufflait sur les bureaux de l'Administration, qui faisait craquer l'édifice entier... Les affaires Calas et Sirven avaient soulevé l'indignation. Des intendants, des gouverneurs,... à Grenoble, Poitiers, Bordeaux, Montauban, en Languedoc, etc., adjurent le ministre de permettre l'apaisement. Le Parlement de Toulouse lui-même (3) fait si bien amende honorable que, dès 1766, ses excès de tolérance inquiètent l'autorité royale... La police, les autorités, ont contre elles de plus en plus toutes sortes de complaisances et de complicités soutenues par l'opinion toute entière. Des plus grands aux plus petits, on donne d'une main ce que l'on retire de l'autre... Malgré les saisies et les perquisitions de la Prévôté,... on vend les livres prohibés sous les galeries du château de Versailles; on les vend sous les yeux de Leurs Majestés avec la complicité même des Grands, du prince de Lambesc par exemple, qui s'oppose bruyamment aux recherches de la police... La police, sans cesse tiraillée entre des ordres sévères et des prières de fermer les yeux, n'agit plus qu'avec incohérence, se discrédite et se démoralise ».
La mode est aux propos séditieux; il est de bon ton de fronder les actes du gouvernement, « de se déclarer partisan et protecteur du peuple, dont on proclame et provoque l'émancipation. La jeune noblesse, la première envahie par la contagion de l'esprit philosophique, se montrait disposée à faire bon marché du préjugé de la naissance et de ses autres privilèges ». L'agitation gagne l'enseignement : les écoles sont touchées par l'irréligion : les maîtres, du moins certains, favorisent cette agitation. Mornet ajoute « Il est impossible de savoir dans quelle mesure les hardiesses de pensée des élèves sont le reflet de la pensée des professeurs. Il est fort probable que, le plus souvent, les élèves ne les consultaient pas pour lire Le système de la nature (4) ou se moquer des sermons de l'abbé Faucher. La curiosité, la discussion, le scepticisme venaient de partout et pas seulement des bergers chargés de conduire le troupeau. Mais il est pourtant certain que beaucoup de maîtres pensaient comme les élèves, ne faisaient rien pour les retenir, et même parfois les conduisaient délibérément sur les terres de la philosophie », c'est-à-dire de la nouvelle idéologie subversive.
La mode lancée avec tant d'audace et d'esprit par Voltaire et les Encyclopédistes, se répand comme une épidémie. Les escarmouches usent les autorités, et les frondeurs sont prompts à s'emparer des affaires judiciaires qu'ils transforment en scandales. Sur le modèle des procès de Calas, Sirven, Montbailly pour la condamnation d'innocents, du procès Goëzman pour la vénalité des juges, des douzaines et des douzaines d'« affaires » sont montées en épingle, donnant lieu à des libelles, pamphlets, mémoires pleins d'éloquence et d'insolence. Tout est bon pour attaquer le pouvoir, et la violence des grossièretés vise le roi, la reine, et « les principes du gouvernement ». Les circonstances les plus imprécises sont exploitées, le chantage est devenu une arme publique; les titres des gazettes sont édifiants : La gazette noire, L'espion des boulevards, L'observateur, etc. Tous sont « étrangement déchaînés » comme disait Bayle.
Puisque nous survolons la lignée des pamphlétaires subversifs, n'omettons pas de nommer, au XIXe siècle, Paul-Louis Courier qui codifia un certain nombre de procédés. Dans Le pamphlet des pamphlets (1824), dernier opuscule avant sa mort mystérieuse, Courier revendique, pour le genre qu'il perfectionna, les droits les plus étendus dans la littérature. Il déclare que le pamphlet a remplacé dorénavant les anciens discours sur la place publique contre les lois et décrets du pouvoir établi. Il s'agit, écrit-il, de prendre le sujet du pamphlet dans un menu fait de la vie quotidienne, souvent même un commérage de la vie locale, puis, en considérant intentionnellement ce fait divers comme hautement significatif, il faut s'élever insensiblement jusqu'aux considérations politiques d'ordre général. Naturellement, à l'arrière-plan de cette transformation tendancieuse d'un fait divers en « affaire scandaleuse », il faut maintenir en permanence trois principes de base : premièrement paraître de bonne foi, ne pas laisser apercevoir le procédé, deuxièmement parler au nom du bon sens, « chose du monde la mieux partagée », de façon à être lu et approuvé par la masse des lecteurs, troisièmement en appeler toujours à la justice et à la liberté, de façon à provoquer l'indignation du bon public contre l'autorité, ses ministres et ses fonctionnaires.
Là encore le parallèle avec certains journaux actuels est frappant.
Appliquant lui-même avec génie les procédés qu'il a formulés, Paul-Louis Courier écrit de très nombreux pamphlets, surtout entre 1820 et 1824, contre la cour et contre le pouvoir, qui s'appuie essentiellement sur la police. Le but est de déconsidérer devant l'opinion le système politique en place (en l'occurence la Restauration). En 1821, il utilise même son procès en cour d'assises (qui lui valut deux mois de prison et 200 Francs d'amende pour un précédent pamphlet contre une souscription ordonnée par le ministre de l'Intérieur) pour transformer son banc d'accusé en tribune (procédé que nous retrouverons dans les temps actuels), puis pour écrire un nouveau pamphlet Procès de Paul- Louis Courier.
Les procédés de Voltaire et de Courier allaient trouver avec l'avènement de la presse à grand tirage et des moyens de communication de masse une portée et une efficacité multipliées et restent un des moyens de la subversion moderne; nous aurons à en reparler. Mais d'autres dimensions se développent par ailleurs : par la voie de la propagande politique et par la voie des méthodes de guerre.
II — LES PROPAGANDES
Sur un autre axe, en effet, les techniques de la propagande politique croissent et se diversifient. La chose n'a pas attendu son nom pour exister (5). On retrouve les principes de la propagande de recrutement et d'expansion dans le prosélytisme de toutes les sectes religieuses et de toutes les écoles philosophiques dès qu'il y en eut. L'orateur politique haranguant le peuple sur l'Agora de l'antique Grèce, tout comme aujourd'hui le tribun en période électorale..., le moine illuminé prêchant la Croisade, tout comme aujourd'hui le dictateur arabe appelant à la guerre sainte..., le missionnaire qui fonde école et hôpital pour créer un foyer de conversion, tout comme aujourd'hui le délégué à la propagande qui fonde un centre culturel ou un foyer des jeunes... cherchent à induire des opinions et des conduites par des méthodes diverses de pression au changement, de persuasion et de conversion des esprits.
Le maniement du sophisme (ou art du raisonnement logiquement faux mais ayant toutes les apparences de la raison), la connaissance des besoins, passions et croyances du groupe d'auditeurs pour utiliser et canaliser les motivations, l'utilisation de la peur et de l'angoisse, l'exploitation des valeurs humaines universelles habilement associées à la cause que l'on défend..., sont des procédés employés depuis toujours.
La propagande de recrutement et d'expansion se double tout naturellement d'une propagande d'endoctrinement ou d'intégration pour « mettre au moule » (selon la belle expression moderne de Mao Tsé-toung) les groupes conquis, unifier les opinions, créer une parfaite conformité d'attitudes et d'action. Intuitivement et empiriquement presque tous les procédés modernes ont été mis en œuvre dès que les détenteurs du pouvoir voulurent façonner les esprits dans une uniformisation idéologique : c'est ainsi que la chasse aux opposants et la récompense des « bons esprits » ont fait partie des plus anciennes traditions de l'autorité politique, de même que la censure des informations non officielles associée à la large diffusion des informations et des « explications » conformes à l'idéologie régnante, l'organisation d'un « environnement suggestif », la célébration collective de la foi officielle (cortèges, manifestations collectives, chœurs, hymnes), le remplacement des groupes naturels par des groupes d'exaltation idéologique, la création de signes, insignes, symboles, rites collectifs, récitation du credo, etc., et enfin la mainmise sur l'éducation dans le but d'endoctriner dès l'âge le plus tendre.
Tous les États autoritaires et toutes les religions ont employé d'instinct ces méthodes.
Mais c'est surtout une troisième forme de propagande, développée dans les temps modernes : la propagande d'agitation, qui apportera à la subversion de nouvelles occasions de progrès. La propagande d'agitation est historiquement liée à l'idée de la révolution comme soulèvement populaire contre le pouvoir oppressif, idée qui entraîne le désir d'attiser et de canaliser les mécontentements, de transformer ces mécontentements en indignation et en colère, sentiments qui débouchent rapidement sur l'agressivité pour peu qu'on sache désigner les responsables de la situation intolérable, les « grands frustrants », les fauteurs de misère, de souffrance, d'injustice et de spoliation.
Certes, les appels au tyrannicide ne sont pas rares dans l'histoire des idées politiques (6), mais d'une part leur écho se limitait à la catégorie peu nombreuse des gens sachant lire, et d'autre part il fallait attendre l'émergence d'une théorie nouvelle de la souveraineté attribuant celle-ci au peuple, ce qui n'advint historiquement de manière vraiment systématique qu'avec les philosophies politiques du XVIe siècle. L'imprimerie et l'utilisation de la langue nationale allaient, dans ce même XVIe siècle, donner à la propagande d'agitation un essor nouveau. Nous avons vu ci-dessus, par exemple, comment, chez Luther, la rédaction des pamphlets politiques allait de pair avec la construction d'un système révolutionnaire et avec l'action de propagande d'agitation qui aboutit à la guerre des paysans et à la révolte des nobles contre l'Église romaine.
La propagande d'agitation suppose l'existence d'un « parti », avec son chef et une doctrine, et également les techniques d'exploitation des mécontentements que nous avons esquissées ci-dessus. Elle est liée, nous l'avons dit, une certaine idée de la révolution. C'est cet ensemble qui prend corps à la veille de la Révolution française ; par rapport à cet ensemble (un parti, un chef ou des chefs, une doctrine. une conception de la révolution, des techniques d'agitation pour mobiliser les masses), la subversion apparaît comme une pré-propagande ou une sub-propagande si l'on convient d'appeler ainsi l'action préparatoire ou concomitante destinée uniquement à déconsidérer le pouvoir et à détacher de lui ceux qui auraient eu l'intention de le défendre en cas de péril.
Cette fonction auxiliaire de la subversion par rapport au grand complexe : idéologie — soulèvement populaire — agitation politique, caractérise ce que j'appellerais la conception archaïque de l'agitation et de la révolution. Il en fut ainsi sous la Révolution française, il en fut encore ainsi au moment de la grande Révolution russe.
Nous verrons que cette conception caractérise aussi l'action subversive dans la guerre, où, là encore et pendant longtemps, la subversion fut utilisée comme auxiliaire des armes classiques.
Dans la grisaille de cette conception, une lueur cependant annonce la conception moderne : l'idée de Babeuf entre 1793 et 1797 (date de sa mort sur l'échafaud). Quoi que l'on ait dit de lui, il ne fut pas un agitateur au sens où il s'agit d'ameuter et de mobiliser les masses, et les préparer à l'endoctrinement. Il eut au contraire l'idée, très moderne, du coup d'État perpétré en sidérant d'avance l'opinion publique. L'action subversive, pour lui, consistait d'une part à faire mépriser les tenants du pouvoir, accusés de traîtrise et de toutes les infamies (Babeuf disposait de son journal Le tribun du peuple), d'autre part à frapper l'opinion en « créant l'épouvante », selon la formule de son adjoint Buonarotti. Dans ce climat psychologique, fait de détachement de l'opinion à l'égard des autorités et de terreur muette, la prise du pouvoir devait se faire techniquement, et c'était là le but du complot proprement dit. La conception léniniste est, en comparaison, un retour à l'idée de l'agitation comme auxiliaire de la propagande d'expansion, et donc de la subversion comme pré-propagande ou sub-propagande (7).
Par contre, les méthodes de Hitler avant la prise du pouvoir représentent le premier système cohérent de subversion méthodique, au service d'une conception volontariste de la révolution (ce qui est radicalement différent de la conception marxiste et léniniste). Et ce n'est pas par hasard que la théorie et la pratique de la subversion se développent justement dans le cadre d'une conception volontariste de la révolution (8).
Tchakhotine, témoin oculaire et informé de cette période, écrit : « Que faisait donc Hitler ? Par des discours enflammés, dégagés de toute entrave, il attirait sur lui l'attention; il attaquait violemment le gouvernement républicain, le critiquait, l'injuriait, et proférait des menaces inouïes : les têtes vont tomber, la nuit des longs couteaux (9), le document de Boxheim,... telles étaient les menaces de la propagande nazie qui avaient et qui devaient avoir une énorme influence sur les masses; cela pour deux raisons : en premier lieu ces masses... prêtaient volontiers l'oreille à toutes les critiques; en second lieu le fait que cette propagande se faisait impunément éveillait la conviction que les pouvoirs répressifs et les moyens de défense de l'Etat étaient entièrement paralysés, et qu'on ne pouvait plus rien espérer de ce côté-là. »
Il s'agissait donc, pour Hitler, d'obtenir simultanément deux résultats psychologiques : d'une part se faire connaître et se présenter comme le champion d'un ordre nouveau, d'autre part déconsidérer le gouvernement légitime, le discréditer par la « démonstration » de son indignité autant que par celle de son impuissance.
La tactique est simple :
- primo se présenter comme le champion d'une cause juste ;
- secundo, attaquer violemment, critiquer, injurier, menacer le gouvernement et ses représentants collectivement ou individuellement, ce qui répand la certitude de la pourriture du gouvernement et le disqualifie comme gouvernement ;
- tertio, démontrer que les violences précédentes se font impunément, ce qui répand la conviction de l'impuissance de l'État.
Utiliser à fond la moindre occasion politique ou le moindre fait divers, sauter sur les erreurs de l'adversaire, transformer tout en scandale public avec le langage de l'indignation et de la vertu outragée... étaient des procédés repris des pamphlétaires mais érigés en système électoral par la grâce des moyens de communication de masse et par la connaissance intuitive des ressorts des foules. Après la prise du pouvoir, dans l'indifférence générale envers l'État républicain qui s'écroule, la propagande subversive se mue brutalement en propagande d'intégration à l'intérieur des frontières, avec le génie de la propagande que fut Goebbels, et la subversion est mise au service des projets militaires, c'est-à-dire qu'elle est utilisée pour pourrir les États convoités.
Nous sommes ainsi renvoyés à une autre ligne de développement de la subversion, qui elle aussi a son histoire : la guerre psychologique.
III — LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE
La guerre psychologique, notion qui englobe celle de guerre subversive, est, aux débuts de sa conceptualisation, considérée comme auxiliaire de la guerre traditionnelle.
C'est toujours à von Clausewitz que l'on doit remonter pour trouver la première théorie de cette nouvelle forme de guerre. Général prussien, contemporain des guerres de la Révolution française et de l'Empire, l'auteur du traité De la guerre, paru en 1833, tire la leçon de ce qu'il a vu à son époque et formule les conclusions qui s'imposent lorsqu'on a observé, comme lui, les phénomènes militaires de cette période (10) :
— La guerre est d'essence politique et non pas seulement militaire, c'est-à-dire qu'il est absurde de la confier à des militaires apolitiques et à des soldats de métier; elle est une volonté politique mettant en œuvre les moyens militaires, et les peuples impliqués dans le conflit jouent dans celui-ci un rôle spécifique.
— Il faut en conséquence lier l'armée au milieu social dont elle émane ; l'environnement psychosocial des soldats-militants a une importance capitale. Une armée porteuse de l'espérance et de l'enthousiasme populaires aura un moral au plus haut degré. Ce moral sera au plus bas si elle est entourée de la méfiance, du mépris et de la déconsidération publique.
— La guerre doit être totale, c'est-à-dire que la propagande, l'action sur les populations. la contagion idéologique, y jouent leur rôle. Les armes psychologiques sont supérieures à l'armement militaire.
Selon Clausewitz, l'ère des mercenaires est close; les guerres de l'avenir seront des guerres populaires et nationales où les soldats seront politiquement formés et politiquement encadrés. L'action psychologique devenait ainsi essentielle à l'art de la guerre : action psychologique de renforcement du moral des nationaux, action subversive de démoralisation sur la population à conquérir.
L'entrée dans les faits se fit attendre, non pas tant à cause de la classique résistance aux théories nouvelles (surtout chez les militaires), mais parce que manquait la science psychologique et psychosociale seule capable de fournir les moyens pratiques.
L'introduction de l'action psychologique comme appoint dans la guerre traditionnelle commença avant la Première Guerre mondiale par l'inauguration, à l'École de guerre de Paris, d'un cours sur la psychologie des foules, d'après l'œuvre de Gustave Le Bon (11).
Pendant la Première Guerre mondiale, le recours à l'action psychologique et à la subversion ne fut pas négligé. Avant même la création tardive du ministère de la Propagande de guerre, que devait diriger lord Northcliffe en février 1918 (12), quelques actions psychologiques avaient été mises sur pied : gramophones installés entre les tranchées, dans le no man's land, diffusant des allocutions en allemand pour inviter à la reddition, ou des chansons populaires de leurs pays à l'intention des troupes tchèques et hongroises de l'armée ennemie.
On jeta des milliers de tracts, par avions et ballons, pour faire connaître la situation militaire réelle et susciter chez l'ennemi la certitude que la guerre était perdue.
Cette propagande ne fut pas vaine, puisque Hindenburg, dans ses Mémoires, admet que de telles actions ont intensifié au plus haut degré la démoralisation de la force allemande, mais c'était une propagande blanche (c'est-à-dire que les sources étaient ouvertement anglaises) (13) appliquant des principes de fair-play très britanniques (pas de mensonge, pas d'équivoque, des chiffres et des preuves).
On conviendra qu'il s'agissait bien d'une action psychologique, mais on doit aussi constater d'une part la liaison avec les moyens traditionnels de la guerre, d'autre part la naïveté des méthodes de la propagande de ralliement ou de désertion, fondée sur « une savante combinaison du raisonnement et de la menace » ; ce n'était pas de la subversion.
Nettement améliorée sur le plan technique fut la subversion organisée par les spécialistes hitlériens entre 1933 et 1939 (infiltration d'agents subversifs recrutant des bonnes âmes par persuation au nom des intérêts supérieurs de la patrie, s'insinuant tôt dans les groupes au point d'en paraître de vieux participants ou des porte-parole autorisés) et pendant la « drôle de guerre » de 1939 à mai 1940. « Pendant cette période, dit Mégret, la radio allemande avait mis au point un procédé d'intoxication par indiscrétions savamment dosées pour insinuer peu à peu chez les auditeurs français le complexe de la trahison et accréditer la réputation d'infaillibilité de l'adversaire. Sur la ligne de front, l'usage des haut-parleurs servit à entretenir l'irréalité de la guerre et à souligner l'absurdité d'un conflit sans fondement et sans action. » Sur le front intérieur, Radio-Stuttgart renforçait aussi la certitude démoralisante des scélératesses des gouvernants, de la connaissance par l'ennemi de tous les faits et gestes des Français, et de l'inanité de tout combat pour une cause perdue d'avance. Les buts de l'action psychologique nazie sur les territoires à conquérir sont faciles à reconstituer aujourd'hui : miner la capacité de résistance de l'adversaire, saboter les décisions gouvernementales grâce à une infiltration méthodique dans les rouages administratifs, utiliser à leur insu les intellectuels toujours enclins à se poser des cas de conscience et à nourrir des scrupules, répandre la peur de la trahison dans le public et dans les corps de troupe. « Cinq années de guerre psychologique sans relâche, cinq semaines de guerre conventionnelle ensuite » conclut Mégret. Goebbels avait assimilé et largement dépassé les thèses du colonel Blau dans Propaganda als Waffe (la propagande comme arme de guerre) publié en 1935. Il avait étudié en détail le point psychologique essentiel de l'activité subversive, à savoir les conditions de crédibilité des personnages travaillant pour lui en France, et les conditions de crédibilité des informations tendancieuses.
Sur ce dernier point, cependant, Sefton Delmer, le créateur de la radio noire, fut au moins aussi fort que Goebbels. Son entreprise surclassa les opérations en cours déjà imaginées par les Anglais ou les Américains, et il inventa, grâce à son génie. de très nombreux procédés aujourd'hui codifiés.
Certes, l'objectif général de la subversion dans la guerre psychologique stratégique était assez bien défini : il devait être l'incitation de la population ennemie (ou de l'une de ses fractions) à agir contre son propre gouvernement, mais les moyens restaient étrangement rétrogrades et archaïques : 32 millions de tracts, le parachutage de laissez passer pour être accueillis par les Alliés, les exhortations directes à la révolte..., le montage sonore d'une révolte d'une ville de Rhénanie contre Hitler et les SS..., le défunt (14) prenant la parole au micro... telles étaient les idées de l'OSS (15). En dehors de ces émissions de propagande blanche ou grise, il y avait aussi le bon vieux truc du « comité de l'Allemagne libre ». Les Russes avaient aussi le leur. On faisait parler à la radio les responsables de ce qu'on appellerait aujourd'hui le « Front de libération nationale », et cette propagande (qui n'est plus ni noire, ni blanche, ni grise) est elle-même subversive selon des lois propres dont nous reparlerons.
Sefton Delmer voulut instituer quelque chose de tout à fait nouveau. « La BBC, écrit-il faisait des causeries contenant des informations et un journal parlé bien écrit et clair, à destination des auditeurs allemands, en langue allemande naturellement. Au cours de ces causeries et du journal parlé, on multipliait les discussions de l'idéologie nazie, on contestait les informations qu'ils donnaient, on affirmait par contre les valeurs des alliés ». L'analyse des émissions de la BBC faite par l'auteur entre octobre et décembre 1941 lui montra que les orientations principales étaient : l'exhortation humanitaire et idéologique, la discussion des thèses nazies, l'encouragement à une opposition active à l'intérieur de l'Allemagne. Ces aspects de la propagande blanche lui apparurent comme « des conversations d'émigrés », sans aucun impact réel.
Exposant son plan aux autorités, il écrit : « Je crois que nous devons expérimenter un nouveau type de radio noire sur les Allemands..., une radio qui saperait Hitler non en s'opposant à lui, mais en faisant semblant, au contraire, d'être tout à fait d'accord avec lui et avec sa guerre... Avec une plate-forme d'hyperpatriotisme, notre radio réussirait à faire avaler toutes sortes de rumeurs sous le couvert de clichés nationalistes et patriotiques... Parlons aux Allemands de leur Führer et de leur patrie et ainsi de suite, et en même temps injectons-leur dans l'esprit des nouvelles qui les fassent si possible réagir de façon préjudiciable à la bonne conduite de la guerre par Hitler... Autre nouveauté : les émissions ne doivent pas donner l'impression qu'elles s'adressent au public... Je voulais faire croire aux auditeurs qu'ils surprenaient des émissions qui ne leur étaient pas destinées (16). En tournant les boutons de leur appareil, ils se trouvaient soudain mêlés à des signaux d'une organisation clandestine... Ces voix diffuseraient un tas d'informations confidentielles de la part d'un fidèle et loyal partisan de Hitler, méprisant la canaille qui gouvernait la patrie au nom du Führer... »
Nous verrons à l'occasion de la revue des techniques de la subversion, le détail des trouvailles intuitives de Delmer, qui sont devenues des techniques scientifiquement justifiées et qui sont utilisées aujourd'hui encore par la subversion mondiale. Disons seulement ici que l'efficacité de la propagande noire (17) de Delmer fut telle qu'il se trouva dans l'obligation, après la fin de la guerre, d'écrire son livre pour lutter contre les clichés qu'il avait lui-même inventés et injectés. La croyance générale, par exemple, qu'il y avait eu dans l'armée allemande une opposition interne active à Hitler était le résultat d'une rumeur implantée au début par la radio noire. C'est en entendant ses propres bobards affirmés comme des vérités au procès de Nuremberg, que Delmer se décida à publier son récit.
La postérité de l'opération radio noire de Delmer n'est pas à chercher dans les très nombreuses radios clandestines qui fonctionnent aujourd'hui de par le monde (18) car elles n'utilisent guère ses procédés et font, en fait, de la propagande blanche. Même les émissions-pirates (19), dont nous verrrons le rôle spécifique dans la subversion, n'utilisent pas la propagande noire. Aujourd'hui, les techniques de Delmer, perfectionnées par le développement même de la psychologie sociale et des recherches sur la formation des opinions (20) sont utilisées à l'intérieur des États libéraux occidentaux par les agents subversifs qui se sont infiltrés dans la presse et les radios de ces États.
Ce qui importe ici, à l'occasion de l'histoire de la subi version dans la guerre, c'est de souligner que, jusqu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, la subversion a été utilisée comme auxiliaire de la guerre classique, celle qui se déroule et se conclut sur le terrain et par les armes.
Un changement radical semble s'être opéré depuis une vingtaine d'années : une nouvelle conception de la guerre étrangère estompe peu à peu la conception traditionnelle, et dans cette nouvelle forme de guerre, la subversion est devenue l'arme principale. En effet, la stratégie de la guerre totale d'aujourd'hui exclut le recours à l'intervention étrangère armée : au lieu d'engager des troupes sur les frontières de la nation à conquérir, on suscitera, à l'intérieur de ce État, et par l'action d'agents subversifs entraînés, un processus de pourrissement de l'autorité pendant que de petits groupes de partisans, présentés comme « émanant du peuple même » et constitués « spontanément », engageront un nouveau type de lutte sur place avec l'intention affichée de commencer une « guerre révolutionnaire de libération » et avec, en fait, l'intention d'accélérer le processus de pourrissement de l'État dans le pays visé, puis de prendre le pouvoir.
La conception classique faisait de la subversion et de la guerre psychologique une machine de guerre parmi les autres pendant le temps des hostilités, et elles s'arrêtaient à leur fin. Les États d'aujourd'hui, coincés par cette distinction archaïque, n'ont pas compris que la guerre psychologique fait éclater la distinction classique entre guerre et paix. C'est une guerre non-conventionnelle, étrangère aux normes du droit international et des lois connues de la guerre, c'est une guerre totale qui déconcerte les juristes et qui poursuit ses objectifs à l'abri de leur code. Comme le dit Mégret : « La distinction classique entre la paix et la guerre sera, dès lors, mise en échec par la guerre psychologique (...), affranchie des barrières des temps, des lieux et des conventions, force immatérielle et, de ce fait, insaisissable, susceptible de toutes les incarnations et de toutes les métamorphoses. »
Le but de la guerre reste le même : expansion territoriale et occupation d'un autre pays ou installation, dans ce pays, d'un gouvernement allié ou soumis,... mais les moyens ont changé.
Héritière de von Clausewitz et de Hitler, mise au point par Mao Tsé-toung, la guerre moderne est psychologique d'abord, et le rapport avec les armes classiques est inversé. Aujourd'hui, c'est le combat sur le terrain (la guérilla) qui est devenu l'auxiliaire de la subversion.
Roger MUCHIELLI (1976) http://www.theatrum-belli.com
NOTES :
(1) Au sens propre, puisqu'Antoine exposa la tête de Cicéron sur la Tribune aux harangues.
(2) On sait que ce mot anglais vient lui-même du français paume-feuillet, petite feuille de papier que l'on peut tenir dans la main. Lucien et Ménippe avaient déjà illustre le genre dans la Grèce antique.
(3) C'est-à-dire le tribunal qui avait jugé l'affaire et condamné au supplice, en mars 1762, le père Calas, accusé d'avoir assassiné son fils de 30 ans (qui en fait s'était suicidé pour d'autres raisons) pour l'empêcher de se convertir au catholicisme.
(4) Il s'agit du livre a ntireligieux de l'encyclopédiste d'Holbach.
(5) Le mot même de propagande vient du vocabulaire religieux : De propaganda fide (De la propagation de la Foi), congrégation fondée en 1597 par le pape Clément VII et organisée effectivement comme action par le pape Grégoire XV en 1622.
(6) Cf. R. Mucchielli, in Histoire de la philosophie et des sciences humaines (Bordas éd.): l'histoire des idées politiques.
(7) Cf. R. Mucchielli, Psychologie de la publicité et de la propagande, op. cit. ch. 1 et 5, les propagandes.
(8) Ce point sera clairement démontré ci-dessous ; cf pp. 67 et suiv.
(9) Cette expression, qui est devenue tristement célèbre par la suite, était au début une des images des campagnes de propagande subversive de Hitler.
(10) Dès 1791, l'idéologie s'allie aux armes dans la conduite de la guerre, note Domenach (op. cit. p. 17) : « La propagande devient l'auxiliaire de la stratégie. Il s'agit de créer chez soi l'enthousiasme et la cohésion, chez l'ennemi le désordre et la peur. En abolissant toujours davantage la distinction du « front » et de « l'arrière », la guerre totale offre pour champ d'action à la propagande non seulement les armées, mais les populations civiles... puisqu'on arrive à soulever ces populations et à faire surgir sur les arrières de l'ennemi de nouveaux types de combattants, hommes, femmes, enfants : espions, saboteurs, partisans. »
Par un décret de 1792, « la Convention déclare, au nom de la Nation française, qu'elle apportera secours et fraternité à tous les peuples qui voudront recouvrer leur liberté ». En 1793, en Alsace, une association se forme, sous la dénomination de « Propagande » pour répandre les idées révolutionnaires. Les « commissaires aux armées » furent également chargés de la double mission de propagande : surveillance politique des armées, et organisation de la guerre de propagande.
(11) Citons pour mémoire l'opuscule que fit paraître en 1927 chez Payot le maréchal Foch (Essai de psychologie militaire) et qui reste cantonné aux conditions du moral et de la démoralisation du soldat des deux camps. Kurt Hesse qui, en 1922, publie en Allemagne Feldherr Psychologos (le Seigneur Psychologos) analyse les conditions psychologiques de la défaite allemande et, admirateur de von Clausewitz, appelle de ses vœux un « Sauveur », qui rendra la foi patriotique et le moral à une armée populaire nouvelle, en rendant à l'Allemagne sa grandeur éternelle.
(12) W. Steed, Seton-Watson et le célèbre H. G. Wells organisèrent le travail sous la direction lointaine de lord Northcliffe.
(13) Ainsi le bulletin qui, au cours de la Seconde Guerre mondiale, commençait par « Ici Londres »... à l'intention des auditeurs continentaux. La propagande blanche n'a d'impact que sur ses amis et les hésitants.
(14) Il s'agissait de H. Becker jouant le rôle du colonel Beck tué de la propre main d'Hitler le 20 juillet 1944 après l'échec du putsch des militaires.
(15) Office of Strategic Services (américain).
(16) On sait, depuis, par les expériences de laboratoire de psychologie sociale, que la crédibilité d'une information est accrue lorsque l'auditeur croit qu'elle ne lui est pas destinée et qu'il surprend des confidences entre tiers.
(17) On appelle donc propagande « noire » celle qui cherche à tromper l'adversaire sur l'origine ou l'appartenance de l'action de propagande (exemple : la station de Soldatensender Calais de Sefton Delmer commençait par « Ici Radio Calais. Armée allemande. Émettant sur 360 m, relayée sur ondes courtes par Radio Atlantik. Nous transmettons de la musique et des bulletins d'informations destinés à nos camarades de la Wehrmacht dans les secteurs Ouest et Nord... »). La propagande « grise » se contente d'interposer un voile d'indétermination, c'est-à-dire qu'on ne sait pas quelles sont l'origine et l'appartenance de l'action de propagande.
On conçoit que la création de la propagande « noire » soit le résultat de l'analyse psychosociale des conditions de crédibilité des informations. On a remarqué, des que l'on eut étudié du point de vue psychologique l'influence sur les opinions, que la propagande blanche n'était pas crédible dans la mesure où les auditeurs, prévenus, mobilisaient des défenses contre les informations ou ne s'exposaient pas à leur influence. La propagande « noire » a pour support psychosocial l'étude des conditions dans lesquelles les défenses précédentes n'existent pas.
(18) On a dressé en 1970 une liste provisoire de 16 émetteurs clandestins sur ondes courtes et moyennes diffusant vers l'Europe et le Moyen- Orient : 3 de ces émetteurs sont situés hors du continent européen : « La voix de la résistance basque n émettant en basque et en espagnol, est située en Argentine, « Radio Portugal libre » est installé en Algérie, « La voix de la Serbie libre » n'a pu être localisée; sa boite aux lettres est à Chicago. 7 émetteurs sont en Irlande, dont 5 appartiennent à l’I.R.A. (Armée républicaine irlandaise) et 2 aux catholiques de l'Irlande du Nord. « Radio Espagne libre » fonctionne depuis 1938 et est quelque part en Tchécoslovaquie ou en Russie méridionale. « Russie libre », antisoviétique, émet à partir de camions circulant en Europe occidentale et a une boite aux lettres à Rotterdam. « Bizin radio », émetteur du Parti communiste turc, est en Allemagne de l'Est, l'émetteur du Parti communiste grec est en Bulgarie. « Radio Tyrol libre » vise les Tyroliens du Sud, séparatistes contre l'Italie. L'émetteur du Parti communiste iranien (émettant en arabe, en kurde, en iranien, en azerbaïdjanais) est en Allemagne de l'Est. Radio Tirana, en Albanie, a un rôle clandestin dans la mesure où sont diffusées sur ses ondes les instructions des responsables chinois aux groupes maoïstes d'Europe occidentale.
(19) On appelle « émission-pirate », une émission radio ou télévisée se mêlant par surprise à une émission radio ou télévisée officielle, et « occupant » un court instant la longueur d'onde du poste officiel grâce à une surpuissance. Sefton Delmer prit ainsi pendant des heures le relais de Radio Cologne sans que l’on s’en aperçût mais le contenu de l’émission était aussi de la propagande noire.
(20) Cf. R. Mucchielli, Opinions et changement d'opinion, E.S.F., 1970. -
PMA-GPA : L’affaire dans l’affaire
Le loi sur le « mariage pour tous » n’est pas encore votée, à peine les débats à l’Assemblée nationale ont-ils commencé, que la polémique qu’elle a suscité ne semble plus intéresser qu’une poignée d’opposants et guère plus de partisans.
Pour tous, l’affaire semble entendue… « Dans le sac » ou « Dans l’c… », selon affinités. Les messieurs qui aiment les messieurs et les dames qui aiment les dames pourront convoler en justes noces devant Madame ou Monsieur le Maire. Du moins, pour celles ou ceux de ces élu(e)s qui le voudront bien. Sinon, ce sera leurs adjoints respectifs qui seront à la manœuvre… Et si personne ne veut s’y coller, la loi sera enfreint, mais en France, quelle importance ? Entre les milliers de lois votées dont on attend ad vitam aeternam les décrets d’application et les lois qui sont quotidiennement violées, un peu ou beaucoup, les scandales à venir des Premiers élus communaux réfractaires n’empêcheront certes pas la « société unisexe pour tous » de tourner…
Non, le « Mariage pour tous » dont les débats vont sans doute s’éterniser quelques mois dans l’indifférence de plus en plus générale, est incontestablement une « affaire pliée »…
La nouvelle affaire qui défraie la chronique, désormais, est celle de la PMA (procréation médicalement assistée) et de la GPA (gestation pour autrui)… À l’origine, l’une et l’autre devaient être votées dans la foulée du « Mariage pour tous », mais la levée de boucliers fut telle – un million de personnes dans la rue en janvier dernier, tout de même ! – que le gouvernement socialiste a jugé plus prudent de dissocier « l’affaire » de « l’affaire ».
Chaque chose en son temps : la bague au doigt pour commencer, le « droit à l’enfant pour tous » pour après. Un peu comme pour le Pacte civil de solidarité (PACS), voté la dernière année du siècle dernier : pour le faire digérer, tout le monde jura, la main droite sur le cœur et l’autre où l’on pense, qu’il ne serait jamais question de mariage. Pensez donc ! Juré, craché, foi de politiciens !
Jamais avant que la loi ne soit votée, en tout cas ! À peine celle-ci obtenue, le mot d’ordre fut lancé à gorge déployée : « Et maintenant, le mariage ! »
Une douzaine d’année plus tard, on y est !
La nouveauté, c’est le changement. Le fameux changement qu’un candidat élu nous a tant promis durant sa campagne présidentielle. Aujourd’hui, plus le temps de la « jouer fine »…
Les plus virulents partisans de la PMA et de la GPA ne cachent même pas leur impatience… À quoi bon ! C’est l’époque qui veut ça ! On veut tout, tout de suite ! Pourquoi attendre ? Pourquoi épargner les susceptibilités de la France rétrograde qui n’a rien compris – le comprendra-t-elle un jour, d’ailleurs ? – au sens de l’Histoire des thuriféraires des droits-de-l’homme-moderne ?
Quoique le terme « droits-de-l’homme » fleure de façon terriblement nauséabonde le totalitarisme machiste. Vivement que les « droits-de-l’unisexe » soient imposés ! Cela ne tardera plus guère, heureusement car aux âmes bien rouées, la cause n'a plus le temps d'attendre le nombre des années.Philippe Randa http://www.voxnr.com -
VOTE DES ÉTRANGERS L'autre alibi du mondialisme
L'accession des étrangers non européens au droit de vote aux élections locales bouleverserait les rapports entre nationalité, citoyenneté et souveraineté. Aperçu des enjeux juridiques du débat.
Au-delà du serpent de mer qu'elle constitue, la question du droit de vote des étrangers non européens aux élections locales françaises n'en revêt pas moins un intérêt certain, notamment pour les problèmes concrets qu'elle pose au regard des principes de nationalité, de citoyenneté et, pourquoi pas, de souveraineté, voire d'identité. Cette question connaît même un regain d'intérêt à chaque échéance présidentielle, celle à venir ne faisant pas exception, le candidat du PS ayant même promis de la régler définitivement en accordant ledit droit de vote à tous les étrangers réguliers vivant sur notre sol (tandis que son principal adversaire, le président sortant, s'y oppose symétriquement, alors qu'il y fut favorable en d'autres temps).
Principe et exceptions
Mais par-delà les antagonismes de façade, eu égard au tropisme xénophile de nos élites qui, en première comme en dernière instance, pratiquent depuis plus de trente ans la préférence étrangère, une constante demeure, d'ordre politique et juridique celle-là, qui est la conditionnalité juridique des étrangers. Celle-ci s'étend de leur entrée à leur sortie éventuelle, en passant par leur séjour plus ou moins durable sur le territoire national. Ainsi, les droits revendiqués par les étrangers et leurs défenseurs se heurtent aux prérogatives de l'État, dont la théorie classique objecte les arguments de souveraineté que sont la nationalité et la citoyenneté. En France, le principe est bien celui de l'ouverture des étrangers aux fonctions publiques dont fait évidemment partie la fonction "politique" (droit d'élire et d'être élu). Mais on remarque aussi que les exceptions peuvent neutraliser le principe. Ainsi, l'exception de souveraineté reste, en France, symboliquement forte pour empêcher actuellement toute accession des étrangers au droit de suffrage.
Que dit le droit ?
Il existe à la fois une souveraineté dans l'État et une souveraineté de l'État, l'une comme l'autre étant en réalité indissociables car participant de la liberté de l'État de se donner ses propres lois. Partant, la liberté de l'État de fixer ses propres règles d'accueil et d'hospitalité des étrangers est une expression naturelle de sa souveraineté. L'article 3 de la constitution du 4 octobre 1958 dispose, par exemple, que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. [...] Sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. » Et l'article L. 2 du Code électoral de reprendre en écho cet impératif constitutionnel : « Sont électeurs les Françaises et Français âgés de dix-huit ans accomplis, jouissant de leurs droits civils et politiques et n'étant dans aucun cas d'incapacité prévu par la loi. »
Le triptyque "souveraineté-nationalité-citoyenneté" présenté nécessairement dans cet ordre, car chacun des éléments est la conséquence du précédent, s'applique d'autant plus aux élections locales que le Conseil constitutionnel n'a pas hésité à les qualifier d'« élections politiques », dans la mesure où elles servent « à désigner des électeurs qui à leur tour désignent les sénateurs, qui sont eux-mêmes des représentants car ils expriment la souveraineté nationale. En conséquence, seuls les nationaux français [peuvent] participer à la désignation des conseils municipaux. » Certes, le juge constitutionnel peut revenir sur ce qu'il a dit, le retournement de veste étant devenu sa principale spécialité depuis 2004. Il n'empêche, qu'en saine logique, l'exception de souveraineté subordonne donc le droit de vote à la possession de la nationalité française, celle-ci conditionnant l'accès à la citoyenneté.
Le cas particulier des étrangers européens
Une exception à cette exception de souveraineté réside, cependant, au sein de l'article 88-3 de la constitution de 1958 qui ouvre ainsi, « sous réserve de réciprocité [...], le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales [...] aux seuls citoyens de l'Union résidant en France », à la condition qu'ils ne puissent « exercer les fonctions de maire ou d'adjoint ni participer à la désignation des électeurs sénatoriaux et à l'élection des sénateurs ». Néanmoins, cette citoyenneté européenne sans nationalité n'est pas absolue. D'abord, elle reste subordonnée à la réciprocité, ensuite elle est contingente au traité sur l'Union européenne dans la mesure où si ce traité venait à n'être plus appliqué, la citoyenneté cesserait d'être octroyée.
Dès lors, sauf à pratiquer la double pensée orwellienne et à inverser le sens des mots, la citoyenneté, quel que soit son mode d'acquisition (par naissance ou par naturalisation), suppose le préalable de la souveraineté, laquelle fait office d'instance refoulante de l'extranéité. Et le principe de souveraineté étant lui-même un principe constitutionnel, l'exclusion des étrangers du droit de suffrage est également, ipso jure, de nature constitutionnelle. On peut certes changer la Constitution, mais on ne peut modifier la souveraineté, sauf à l'aliéner totalement. Mais dans ce cas, nous ne pouvons plus parler d'État et les étrangers, les naturalisés et les natifs sont interchangeables et indifférenciés. Le patronat et l'UMPS poussent évidemment à cette indifférenciation dans une visée mercantile pour le plus grand profit de leur funeste idéologie mondialiste.
Aristide Leucate L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 mars 2012 -
L’Occident n’accorde aucune importance aux Chrétiens de Syrie
L'évêque chaldéen d'Alep, Mgr Antoine Audo, dénonce l'attitude de la communauté internationale vis-à-vis de la communauté chrétienne de Syrie. Il accuse les puissances occidentales d’être plus préoccupées par leurs intérêts économiques que par la présence chrétienne au Moyen-Orient.En Syrie, les chrétiens représentent 10% de la population du pays. Une minorité dont le sort n’a « aucune importance » aux yeux de l’Occident, a accusé l’évêque chaldéen d’Alep, Mgr Antoine Audo, qui est aussi le président de Caritas Syrie.Au début de la crise syrienne, des voix au sein de la hiérarchie chrétienne de Syrie ont défendu le régime de Bachar el-Assad. Mais l'évêque chaldéen d'Alep assure que les chrétiens ne sont pas la cible particulière des enlèvements ou des exécutions sommaires. Il dénonce par contre l’angoisse et la paupérisation à l’œuvre dans l’ensemble de la société syrienne.« Cet appel vient de quelqu’un qui exprime très bien la complexité de la situation, qui ne désigne pas un adversaire particulier, et qui dénonce les violences dans les deux camps, l’extrême souffrance du peuple syrien. C’est l’appel d’un homme pacifique », juge Jean-Claude Petit, président du réseau « Chrétiens de Méditerranée ».Monseigneur Antoine Audo n’en dénonce toutefois pas moins avec force la position de l’Occident vis-à-vis des chrétiens du Moyen-Orient. « L’Occident ne donne aucune importance à ces communautés chrétiennes. […] La priorité de l'Occident est la puissance économique, la société de consommation. Il ne voit pas l'importance historique de notre présence », a-t-il ainsi déclaré.Avec RFI http://www.francepresseinfos.com/Lien permanent Catégories : actualité, anti-national, géopolitique, international, lobby, religion 0 commentaire -
pour faire plaisir aux Américains, on ferme des usines Le cas Pétroplus
Selon la société de veille économique Trendeo, quelques 266 usines ont mis la clé sous la porte en France en 2012, pour seulement 166 créations. Seules la construction aéronautique et l’industrie du luxe tirent leur épingle du jeu, avec plus de 2.400 créations de postes. Le mois de janvier 2013 est considéré comme « le plus mauvais » par ce cabinet depuis qu’il collecte des données. Le rythme de fermeture progresserait de 42% et près de 1.087 usines ont disparu depuis 2009. Sans surprise, en l’absence d’un mécanisme de protectionnisme intelligent et de barrières douanières modulables, ce sont l’industrie manufacturière française et l’industrie automobile qui sont les plus touchées, alors que les délocalisations se poursuivent à vitesse grand V (41.994 emplois de moins depuis 2009), suivie de l’industrie pharmaceutique (-8.648 emplois). Viennent ensuite les secteurs des Transports et de la logistique et celui de l’Administration publique avec respectivement 60.854 et 57.790 emplois supprimés depuis quatre ans.
Au total 23.897 emplois industriels ont été supprimés en 2012, 121.946 depuis 2009. Un bilan effroyable qui pourrait s’alourdir du nombre des 470 salariés de la raffinerie Pétroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) qui n’ont guère d’espoir de voir leur entreprise survivre. Le délai pour les offres de reprise expire ce mardi à 17 heures. Pétroplus a déposé son bilan le 24 janvier 2012, mais a été autorisée plusieurs fois à poursuivre son activité par le tribunal de commerce de Rouen.
« C’est un dossier difficile sur lequel l’Etat s’est beaucoup mobilisé mais les chances de succès sont limitées » a prévenu le cabinet de Jean-Marc Ayrault pour préparer les esprits au pire. Même dramatique aveu d’impuissance du chef de l’Etat, en janvier, qui écartait toute nationalisation comme à Florange, tout en précisant lui aussi qu’il était « difficile de trouver un repreneur. »
Il convient de noter que l’intersyndicale de Pétroplus, par la voix de son porte-parole, le cégétiste Yvon Scornet, accuse le gouvernement socialiste d’avoir « tout fait pour écarter l’iranien Tadbir Energy Development Group » qui était un très sérieux repreneur potentiel.
« Je suis en colère a déclaré M Scornet, dans le sens où ce n’est pas seulement le fait qu’on refuse le dossier iranien, qui était très solide, mais on demande des comptes, par exemple sur Total, qui dit je me fous de ce que dit le gouvernement, en gros, c’est ça. Total n’a pas le droit d’acheter du pétrole iranien mais en achète par sa filiale coréenne. Le boycott de l’Iran affaiblit l’industrie française, pas iranienne : PSA est très affaibli. Doux vendait deux millions de poulets à l’Iran : ils sont où, Doux, maintenant ? On peut nous offrir le meilleur plan social, ça voudra dire qu’on aura perdu. Les gens vont partir avec de l’argent alors qu’il n’y en avait pas il y a un an. Et on s’est battus pour ça ? »
« Le gouvernement poursuit Yvon Scornet, a tout fait pour écarter toute offre de la part d’une société iranienne, alors que cette offre non seulement n’était pas contraire à l’embargo mais était une réponse aussi à d’autres sociétés françaises mises en difficulté actuellement. Il faudra que l’on nous explique pourquoi des sociétés américaines trouvent le moyen de contourner l’embargo, que des pays comme la Corée du Sud ont une dérogation, ce qui permet d’ailleurs à la filiale coréenne de Total d’acheter du pétrole iranien, et que nous, nous devrions accepter de fermer nos usines pour faire plaisir aux américains !»
Rappelons que l’embargo sur le pétrole iranien, qui se voulait un moyen de pression sur Téhéran dans le dossier du nucléaire, et décrété il y a un an par l’UE – environ 18% de ses exportations de brut- est sans grande conséquence pour un pays qui ne manque pas de clients asiatiques en forte croissance économique et gourmands en or noir.
Il est vrai aussi que François Hollande met ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy également dans le domaine de la politique étrangère. Nous l’avons constaté lors du passage lundi du vice-président américain Joe Biden à Paris. Celui-ci a félicité le locataire de l’Elysée pour une intervention militaire au Mali qui défend aussi les « intérêts américains ». Il s’est réjoui de la complète identité de vue entre le président français, Barack Obama et lui-même…ce qui n’est pas forcement rassurant. Rappelons que M. Biden prône clairement le renversement de Bachar el Assad en Syrie et a averti solennellement l’Iran que « la fenêtre diplomatique se referme »…
Enfin, soulignons pour conclure, à l’adresse de M. Scornet et de tous les éternels cocus de la gauche au pouvoir, que ce n’est pas en votant pour les partis du Système que le sort des salariés français ira en s‘arrangeant.
A cette aune, rappelle Bruno Gollnisch, nous n’oublions pas le rôle délétère qui est souvent joué par les petits marquis et autres chefs féodaux du syndicalisme français. Dans le cadre de la dernière campagne présidentielle, l’intersyndicale (CGT-CFDT-CFE/CGC) de Pétroplus avait ainsi invité tous les candidats pour débattre de leur sort…mais avait interdit à Marine Le Pen de venir…laquelle arriva en tête des votes ouvriers quatre mois plus tard ! Ceci explique certainement cela…
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Vers la fin du nouvel ordre mondial -2010
Pour la première fois depuis la chute de l'URSS et l'avènement du nouvel ordre mondial, la Russie mène une opération militaire hors de ses frontières, dans un pays voisin et souverain et ce afin de défendre des citoyens Russes. Le jeudi 7 aout 2008 restera dans les annale car l'opération militaire Russe actuellement en cours va modifier a "jamais" les relations internationales.
Comment en est on arrivé la et pourquoi cette petite bande de territoire semble avoir tellement d'importance pour Moscou, Tbilissi, Whashington ou encore l'UE ? Et quelles sont les perspectives ?
La Georgie est un vieux pays du Caucase occupé par les Arabes (7ième au 11ième siècle), puis par les Mongols et la horde d'or (12ième au 15ieme) puis partagé entre Ottomans et Perses (16ieme) avant de recevoir la protection de la Russie en 1783. La libération des terres Georgiennes se fera au long du 19ième siècle et sera achevée en 1864. La Georgie déclara son indépendance en 1918, avant d'être occupée par l'armée rouge en 1921 et de devenir la République socialiste soviétique de Géorgie en 1936. A la chute du l'URSS, la Georgie se retouve face a sa destinée, et a ses régions russophiles d'Ossétie et d'Abkhazie, une région de l'empire Bysantin incorporée de force à la Georgie au 16ième siècle. Le nouveau gouvernement Georgien fait face à un conflit avec ces provinces et notamment l'Ossétie du sud dès 1991. Celle ci déclarera son indépendance en 1994 et en 2006, par référendum. Néanmoins la communauté internationale ne daignera jamais reconnaitre cette indépendance, sauf la Russie de Vladimir Poutine et la situation restera très tendue entre la province et l'état Georgien, ce jusqu'en 2003 ou le gouvernement de Edouard Chevardnadze tombe remplacé par celui de Mikheil Saakachvili.
La Georgie, pion du grand échiquier
En novembre 2003, la Georgie a été victime d'un « coup d'état démocratique » : la révolution des roses, une des révolutions colorées organisées par la CIA et des officines « proches » afin de renverser des régimes des états jugés trop proches politiquement de Moscou ou ceux sur des emplacements stratégiques. Ont principalement été visées des états comme la Serbie, l'Ukraine ou encore la Georgie (lire à ce sujet mon article).
La Serbie parce que allié de la Russie dans les Balkans, l'Ukraine et la Georgie parce que stratégiques dans la volonté d'encerclement (containment) de la Russie, ces deux états étant membres actifs du GUUAM.
Depuis la prise de pouvoir de Mikhail Saakachvili la Georgie est devenue un allié indéfectible de Whashington, le président a lui même été formé par Georges Soros, l'homme derrière les révolutions colorées d'europe centrale, l'investisseur du Groupe Carlyle ... Des ministres de l'actuel gouvernement sont des anciens collaborateurs du financier américain au sein de sa fondation. Un certain nombre de jeunes conseillers de Saakachvili ont également été formés aux Etats-Unis dans le cadre des échanges universitaires mis en place et gérés par la Fondation privée de Soros. Le gouvernement américain, quant à lui, a doublé son aide économique bilatérale à la Géorgie qui atteint aujourd'hui 185 millions de dollars. De plus, la Maison-Blanche est engagée dans un programme de formation des forces spéciales de l'armée géorgienne dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste dans la région avec l'aide d'Israël, lire à ce sujet cet article extrêmement bien documenté. À la mi-juillet, les troupes étasuniennes et géorgiennes ont tenu un exercice militaire commun dénommé « réponse immédiate » impliquant respectivement 1.200 Étasuniens et 800 Géorgiens.
J'ai déjà également traité de l'importance de la guerre énergétique en cours et notamment du pipeline BTC. Ce pipeline devant permettre de passer outre la Russie, et de desservir l'Europe du sud via la Georgie, la Turquie et Israel, qui souhaite par ce biais jouer un rôle essentiel dans la région bien sur, en contournant la Russie mais surtout dans la ré-exportation du pétrole vers l'Asie ! La revue Russe Kommersant ne titrait elle pas le 14 juillet 2006 que : « Le pipeline BTC a considérablement change le statut des pays de la région et cimenté une nouvelle alliance pro-occidentale. Ayant influé pour la construction de l'oléoduc vers la Méditerranée, Washington a pratiquement mis en place un nouveau bloc avec l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et Israël. »
Ces coups d'états fomentés par la CIA aux frontières de la Russie, l'extension à l'est de l'OTAN, l'installation du système de radars américains en europe centrale, les négociations d'entrée de l'Ukraine et la Georgie dans l'OTAN (bloquées fort heureusement par l'Allemagne) mais surtout l'extension de l'UE (désormais sur la mer noire) et la terrible affaire du Kosovo ont été considéré par la Russie comme autant d'agressions indirectes et de viol du droit international qu'on lui prétend lui «opposer» pourtant officiellement partout.
Juillet / Aout 2008
Le 12 juillet 2008, une annonce du Ministère géorgien de la Défense déclarait que les troupes étasuniennes et géorgiennes « s'entraînent durant trois semaines sur la base militaire de Vaziani » près de la capitale géorgienne, Tbilissi. (AP, 15 juillet 2008). Ces exercices, qui se sont achevés à peine une semaine avant l'attaque du 7 août, étaient la répétition générale évidente d'une opération militaire qui, selon toute probabilité, avaient été planifiée en étroite coopération avec le Pentagone.
Dans un premier temps la Géorgie, puissamment armée et entraînée par l'Amérique et israël a contesté l'organe chargé de régler le conflit - la Commission mixte de contrôle – qui est coprésidé par la Russie, la Géorgie, l'Ossétie du Nord et l'Ossétie du Sud.
Le 7 août, coïncidant avec la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Beijing, le Président de Géorgie ordonne d'attaquer militairement tous azimuts la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali. Une attaque militaire d'assez haute intensité pour «rétablir l'ordre constitutionnel». La Russie a alors réagi comme se doit de réagir un état souverain chatouillé sur sa frontière et dont les citoyens sont menacés militairement. Elle a répliquée afin de chasser les soldats géorgiens et de protéger ses citoyens. l'attaque contre l'Ossetie a abouti a l'affrontement direct avec les forces russes.
Ces cinq derniers jours, les combats ont été extrêmement violents, ce soir, mardi, l'armée Georgienne a été repoussée hors d'Ossétie et les combats entre troupes Russes et Georgiennes se seraient rapprochés de l'est du pays, vers la capitale Tbilissi. Comme l'affirme Alexandre Lomaia, le chef du Conseil national de sécurité Georgien «Nous n'avons pas capitulé, notre armée reste en bon ordre malgré les pertes ... Je peux vous assurer que nous recevons une aide militaire de l'étranger… Et nous la recevrons jusqu'à ce que nous ayons chassé les Russes du pays. » Le kremlin a ouvertement accusé l'Amérique de « favoriser » la Georgie. Comme le premier ministre, Vladimir Poutine l'a dit lui même : « Ce n'est pas le cynisme des politiques (américains) qui étonne (...) mais c'est le niveau de ce cynisme, la capacité à présenter ce qui est blanc en noir, ce qui est noir en blanc, la capacité à présenter l'agresseur en victime de l'agression " .... " Saddam Hussein devait être pendu parce qu'il a détruit quelques villages chiites, mais les autorités géorgiennes actuelles doivent être défendues alors qu'elles ont rayé de la terre en une heure des dizaines de villages ossètes, qu'elles ont écrasé vieillards et enfants avec leurs chars et qu'elles ont brûlé vif les gens dans leurs maisons ». Pourtant malgré l'aide internationale l'armée Russe est en train de "très sérieusement" affaiblir la force militaire Georgienne, afin de simplement éviter qu'une opération de telle ampleur ne puisse se reproduire. «Qu'est-ce qui peut empêcher les Russes d'aller jusqu'à Tbilissi ? .... Saakachvili a pensé qu'il allait pouvoir regagner du terrain par la force. Imaginer que cette petite avancée tactique serait acceptée par la Russie est le calcul de quelqu'un de stupide» reconnaissait hier un diplomate européen plein d'amertume. Effectivement, si l'on regarde les forces en présence, on ne peut comprendre le geste de folie de Mikheil Saakachvili, sauf ci ce dernier a naïvement cru que le fait d'etre dans les bonnes graces des Occidentaux lui donnait tous les droits. ...
Jugez vous même :
RUSSIE : 1.000.000 d'hommes / 23.000 tanks / 26.000 pièces d'artillerie / 1.802 avion de combats / 1932 hélicoptères.
GEORGIE : 32.000 hommes / 128 tanks / 109 pièces d'artillerie / 8 avions d'attaques / 37 hélicoptères.
Comment dans ces conditions et sans l'aval de certains le petit poucet Georgien pouvait il penser faire tomber l'ogre Russe, ce dernier bénéficiant en plus de l'appui des milices Ossetes et des volontaires cosaques ! Les vrais responsables des tragiques évènements ne sont pas la Russie, qui ne fait que défendre des citoyens Russes victimes d'une agression militaire de l'armée Georgienne mais bel et bien la politique de fou de l'Amerique dans cette partie du monde, Amérique qui a fait miroiter a Saakachvili tout et n'importe quoi, de l'Union Européenne a l'OTAN, celui ci n'ayant en fait servi que de marionnette pour permettre la création du pipeline BTC sus cité, et servir de fusible pour chatouiller l'ours sur sa frontière ...
Comme tout fusible, ce dernier va finir par brûler et ce sont les civils Georgiens et Ossétes qui vont et ont déjà commencé a en faire les frais. Parallèlement, un second front s'est ouvert en Abkazie.
La Georgie vient tout simplement de disparaître en tant qu'état souverain.
De l'Ossetie au Kosovo, l'echec de l'OTAN
Derrière le conflit qui aboutira sans doute a la partition territoriale de l'ossetie et de l'abkazie, comment ne pas voir un des ricochets de la politique irrationnelle de Washington dans les Balkans et notamment la sombre affaire du Kosovo ? Certes les cas de figures sont différentes, certes les ossètes n'ont pas envahi l'Ossètie comme les Albanais le Kosovo, mais puisque les Américains ont prouve que l'on pouvait modifier les frontières des états sans aucune raison au mépris des peuples et de toutes les règles de droit international, pourquoi ce qui serait valable pour les Kosovars ne le serait pas pour les Ossètes ou les Abkazes ? Vladimir Poutine avait parlé de l'Amérique dans des termes « post guerre froide », comparant ce pays à : « un loup affamé qui mange et n'écoute personne » ... Au début de cette année, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov avait prévenu son homologue américain que : « la reconnaissance du Kosovo constituerait un précédent pour l'Abkhazie et l'Ossétie du sud ». Mais celui ci n'a pas été écouté.
Naïvement, Saakashvili a pensé que d'être dans les bonnes grâces du pentagone lui conférait un blang seing et le droit de recourir a la force sans aucune raison. En ce sens, un parallèle est faisable entre le viol de la souveraineté territoriale de la Serbie (a savoir la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo, alors que la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU (qui réaffirmait sans ambiguïté la souveraineté de la Serbie sur ce territoire) et l'agression militaire contre l'Ossétie de jeudi dernier.
Néanmoins, s'il est facile d'agresser un voisin faible, il l'est beaucoup moins contre un voisin fort, a savoir la Russie. Cette derniere affirme en outre que près de 2.000 civils auraient péris dans les combats, que 30.000 réfugiés auraient fui en Ossétie du nord et parle Habilement et ouvertement de génocide à l'encontre du peuple Ossète, des termes qui rappellent ceux utilisés par l'OTAN pour justifier sa campagne de bombardements en Serbie en 1999.
En ce sens, la réaction Russe de ces derniers jours est non seulement parfaitement justifiée mais elle est saine pour l'Europe et l'humanité toute entière : elle prouve que l'OTAN ne peut inpunément violer les règles de droit international sans que personne ne s'y oppose. Si l'implication de Washington semble évidente pour les Russes, il semble certain que les premiers qui le nient ont lourdement sous estimés la capacité de réaction Russe.
Vers la fin du nouvel ordre mondial
L'opération militaire en cours a un sens bien plus important que le seul affrontement Russo-Georgien. En effet pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, la confrontation Russie-Amérique vient de tourner a l'avantage des Russes. Pour la première fois un coup d'arrêt clair et net est imposé a l'aigle, par un ours réveillé et en colère. Pour la première fois surtout la Russie vient de s'opposer militairement et de façon «indirecte» a l'Amérique en dehors de ses frontières. Il ne faut pas se tromper sur le sens réel des évènements et essayer de comprendre la démonstration de forces des Russes. Le trio « Medvedev-Poutine-Lavrov » vient simplement de mettre fin au système unilatéral agence par l'OTAN pendant la guerre du golfe de 1991.
Après la décennie de l'effondrement (1990 a 1999), la décennie de l'extension a l'est de l'OTAN et parrallèlement du réveil Russe (1999 a 2008) il est fort plausible que nous entrions dans la décennie du reflus a l'ouest et du regain d'influence Russe sur les anciennes marches de l'empire.
Elstine n'avait rien pu faire face à l'endormissement de l'ours, Poutine l'a réveillé, celui ci est désormais éveillé et attentif. Alors que se tendent les relations Russo-Américaines via l'Europe de l'est et le Caucase, se dessinent sensiblement de nouvelles frontières du monde de demain.
Plus qu'un message a l'humanité, la Russie a montrée sa détermination et sa capacité a répondre désormais a toute agression injustifiée. Pour les Européens qui se cherchent toujours une réelle politique militaire, l'heure approche ou il faudra prendre position pour ou contre la Russie et par conséquent devoir imaginer a très court terme de se séparer de l'OTAN pour former la grande alliance continentale pré-esquissée par le général de Gaulle et souhaitée par Vladimir Poutine aujourd'hui : l'alliance continentale Euro-Russe, seule garante de la paix sur notre continent.
Dans le cas contraire, l'Europe se coupant de la Russie et de ses voisins se suiciderait littéralement, condamnée à ne rester que la vassale de l'Amérique, en froid avec son principal fournisseur énergétique.
Alexandre Latsa => http://www.esprit-europeen.fr -
La TVA va faire exploser le prix de l’eau
Alors que le débat public sur le « prix de l’eau » est dévoyé depuis des années par les assauts (intéressés) des différents lobbies qui prétendent apporter des réponses (ubuesques) au problème politique majeur du poids croissant des dépenses incompressibles de l’eau et de l’énergie qui accablent les foyers les plus modestes – lesdits lobbies construisant des usines à gaz ineptes aux fins de mettre en œuvre des tarifications « sociale », « progressive », « environnementale », et autres billevesées -, deux faits majeurs sont totalement passés sous silence.
La Loi de Finances 2013 (déjà effective), qui a modifié les taux de TVA s’appliquant à la tarification de l’eau et de l’assainissement, et une Consultation de la Commission européenne relative à la suppression des taux réduits de TVA, vont littéralement faire exploser le prix de l’eau à l’horizon des toutes prochaines années…
Avis aux légions de thuriféraires des tarifications « sociale », « progressive », et plus si affinités : « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt… »
Démonstration
La France compte près de 38 000 services d’eau et d’assainissement.
Rapporté au nombre d’usagers desservis, les entreprises privées desservent en eau potable 80% des Français, mais seulement un peu moins de 50% pour l’assainissement.
Le montant de la facture d’eau varie de 1 à 7 d’une commune à l’autre en France.
La facture d’eau, pour les usagers titulaires d’un abonnement individuel à un service (public ou délégué au privé), ce qui exclut les résidents en habitat social ou en copropriété, dont les charges d’eau sont acquittées via les charges locatives, se décompose en plusieurs postes :
- « l’abonnement », ou le coût d’accès au service, dit « part fixe », qui varie dans des proportions considérables d’un service à l’autre, facteur totalement inéquitable, car avant même d’avoir ouvert le robinet on paiera à ce titre quinze euros ou deux cent euros par an…
- la « surtaxe communale », qui sert à alimenter la collectivité et à lui permettre de réaliser des investissements, elle aussi très variable ;
- la « part fermière », qui revient à l’entreprise privée quand le service lui a été délégué par la collectivité ;
- la « consommation », soit le nombre de m3 consommés par l’usager et donc facturés par le service, public ou délégué au privé ;
- les « redevances et taxes », soit plusieurs redevances perçues par les Agences de l’eau, et une taxe distincte perçue par Voies Navigables de France (VNF).
En moyenne nationale l’eau potable représente un peu moins de 40% du montant de la facture, l’assainissement un peu moins de 45%, et les taxes et redevances un peu moins de 20%.
Pour l’assainissement, la redevance assainissement collectif, qui représente le coût du traitement des eaux usées rejetées à l’égout par l’usager domestique, est calculée sur la base du volume d’eau potable consommé par le même usager.
Dans le cas où l’usager n’est pas relié à l’égout, il relève d’une autre législation, celle de l’assainissement non collectif (ANC), dont nous avons longuement narré les déboires auxquels elle expose 5 millions de foyers français…
Un système inéquitable
Si les usagers domestiques français consomment environ 150m3 d’eau potable par an pour l’ensemble de leurs besoins, dont à peine 1% pour leurs besoins en eau potable, les prélèvements de l’industrie et de l’agriculture représentent 5 à 7 fois plus que l’ensemble des consommations domestiques.
Les industriels et les agriculteurs paient l’eau qu’ils prélèvent de 5 à 50 fois moins cher que les usagers domestiques, et déduisent en outre la TVA qu’ils acquittent sur ces factures de leurs frais.
Le scandale de la TVA sur la facture d’eau
En revanche les usagers domestiques voient leurs factures d’eau assujetties, pour certains de ses postes, à la TVA.
Ainsi, depuis le 1er janvier 2012, le poste « Eau potable » de la facture d’eau de l’usager domestique est assujetti à un taux de TVA, dit « réduit », de 5,5%.
Le poste « Assainissement » du même usager est, lui, assujetti aux taux, dit « intermédiaire », de 7%.
Le troisième grand poste de taxes et redevances enregistre lui aussi une ventilation : les redevances Agence de l’eau sont taxées à 5,5% de TVA pour les redevances pollution, mais à 7% de TVA pour la redevance dite « Réseau de collecte ». Enfin la taxe prélevée au bénéfice de Voies Navigables de France continue, elle, à être assujettie au taux de TVA « réduit » de 5,5%…
(On imagine déjà aisément les cabrioles comptables induites par le nouveau taux de 7% hérité de la dernière année Fillon-Sarkozy…)
Mais ce n’était qu’un début !
Le coup de bambou de la Loi de Finances 2013
Le vote à l’Assemblée nationale le 20 décembre 2012 de la Loi de Finances 2013 a modifié l’ensemble de ces taux de TVA, en anticipant allégrement sur des évolutions actuellement discutées par la Commission européenne, sur lesquelles nous reviendrons ci-après.
Les taux de TVA ont à nouveau « évolué » depuis 1er janvier 2013 :
- 5% pour l’eau potable ;
- 10% pour l’assainissement ;
- 5% pour les redevances pollution reversées aux Agences de l’eau ;
- 10% pour la redevance « Réseau de collecte » reversées aux Agences de l’eau ;
- 5% pour la taxe reversée à Voies Navigables de France.
(Le nouveau taux « réduit » de 5% correspond au taux minimal prévu par le projet de réforme communautaire des taux de TVA, actuellement en discussion, à Bruxelles).
Résultat, alors que l’augmentation du prix de l’eau était de l’ordre de + 3,3%, selon les statistiques (bidon) de l’ONEMA, entre 2004 et 2008, l’augmentation du prix de l’eau va désormais s’emballer de plus de 1% par an, sous le seul effet des nouveaux taux de TVA !
Ceci sans même parler de l’augmentation mécanique induite par la diminution constante des volumes d’eau consommés, et donc facturés (moins 1% à 2% par an), qui, par effet ciseau, provoque une augmentation inévitable du prix du m3.
Ajouter enfin que le poids des investissement requis pour respecter les normes relatives à la production et à la distribution d’eau potable, à l’épuration des eaux usées, et, de plus en plus, on le verra avec l’Acte III de la décentralisation, à la gestion des milieux aquatiques, que d’aucuns veulent refourguer aux collectivités locales, va provoquer une augmentation substantielle de l’ensemble des redevances liées au service, pour un montant évalué à +2% à + 6% par service…
Et ce n’est qu’un début…
Le coup de Jarnac de la Commission européenne
La commission européenne a en effet engagé, très discrètement, à la fin 2012, une consultation sur la suppression des taux réduits de TVA, ou en tout cas, la restriction des activités pouvant bénéficier des taux réduits de TVA., consultation qui s’achevait le 4 janvier 2013…
Le document de consultation atteste que les objectifs affichés sont, outre l’élargissement de l’assiette de la TVA et donc l’augmentation de leur recette fiscale auprès des ménages et des collectivités (cf. § 4) :
- d’éviter les distorsions de concurrence liées à la différence de taux pratiqués entre certains pays (§ 5) ;
- de renchérir le coût des produits et services dont la consommation « doit » être réduite en application des différentes politiques sectorielles de l’UE, essentiellement au plan environnemental (§ 6) :
- et enfin d’uniformiser les taux de TVA applicables à des produits ou services différents mais remplissant la même fonction (§7).
Les secteurs eau (§6.1), énergie (§6.2) et déchets (§6.3) (et les travaux dans le secteur habitat, §6.4) sont particulièrement visés par le second volet, la Commission renvoyant à ce propos la question sociale (accès à l’eau et à l’énergie pour les plus pauvres) aux politiques nationales. Les communications électroniques sont quant à elles concernées par le troisième volet (notamment en raison du non assujettissement de certains services « en ligne »).
Notons que ces variations de taux de TVA n’impacteront quasiment que les consommateurs domestiques (et les gestionnaires de services non assujettis : collectivités, certaines associations,..) qui verront, en France, le prix de ces produits et services augmenter de 12,6 à 14,1% selon le taux réduit actuellement applicable.
Or, dans le domaine de l’eau, les consommations des ménages français représentent moins de 24% des consommations totales d’eau. Et encore, il s’agit là de la consommation sur le réseau public d’AEP, dont une partie est en fait consommée par des abonnés professionnels – industrie et tertiaire…
Mais cette augmentation de TVA sera neutre pour les personnes assujetties (industriels, commerçants, agriculteurs,…) puisqu’elles peuvent déduire la TVA grevant leurs achats !
Il est donc impossible de suivre la Commission européenne quand elle soutient que cette augmentation de TVA produira un effet « écologique » positif en réduisant significativement les consommations d’eau, puisque plus des ¾ des volumes actuellement consommés le sont par des usagers professionnels assujettis à la TVA, pour qui l’augmentation du taux de TVA n’aura aucun impact et donc aucun caractère incitatif…
En revanche, il est incontestable que l’augmentation des taux de TVA envisagée, même si elle n’empêche pas de mettre en place des « tarifications » sociales et plus généralement de favoriser un accès des plus pauvres à l’eau potable et à l’assainissement à un coût abordable, ne crée pas un contexte favorable, et ne facilite pas le financement des mesures nécessaires.
Le renvoi aux politiques nationales en matière de solidarité est une échappatoire facile…
Pour la Commission, elle semble avoir choisi son camp : l’eau est une marchandise !
Nous attendons avec un vif intérêt de voir comment Bercy, la DEB, le CNE, l’ONEMA (tirons sur l’ambulance !), l’Académie de l’eau, le CGDD, on en passe et des pires, vont faire des pieds et des mains pour nous convaincre que la « tarification sociale » va terrasser l’ogre de la TVA.
Confidence, désabusée, d’un hiérarque (de droite), très au fait de toutes ces billevesées prétendument « sociales » : « S’ils avaient consacré le centième de l’énergie gaspillée à toutes ces conneries à se battre pour un taux de TVA à 2,1%, la question serait réglée… »
Si même l’UMP ne croit plus à la loi Cambon, la révolution est en marche…




