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  • Minute à Macron : « Manu, fais gaffe au populo, il en a ras la casquette ! »

    Minute-couv-Macron-251x350.jpgLes allusions « vintage » sont à la une de la presse de ce matin. Alors que Libération titre « Eh Manu, tu redescends ? », en référence aux Inconnus, Minute s’adresse aussi à « Manu » avec cette une : « Fais gaffe au populo, il en a ras la casquette », en référence cette fois à Jean-Pax Méfret. Pour l’hebdomaire, le deuxième tour n’est pas joué si Gérard Lambert prend un coup de colère. Voici l’éditorial.

    Eh bien voilà, maintenant, tout est simple. Ils ne sont plus que deux. Deux dont on pourrait dire bien des choses, décrire les qualités ou les insuffisances, souligner les habiletés ou les erreurs. Mais à quoi bon ? Car, désormais, l’essentiel est que ces deux-là incarnent à la perfection les deux destins de la France.

    D’un côté, Emmanuel Macron, l’homme de la finance, du mondialisme. De l’autre, Marine Le Pen, la candidate du peuple. Et même des peuples, car ce qui jouera le 7 mai prochain dépasse nos frontières nationales.

    Ce ne sont pas là des figures de style, des postures intellectuelles. Ce sont des réalités. Et ce n’est pas le ralliement rapide au ministre de l’Economie de François Hollande, à son secrétaire général adjoint à la présidence de la République, comme une fuite éperdue de poussins hors du poulailler natal, d’une majorité de cadres des Républicains qui risque de démontrer le contraire.

    Le clivage gauche-droite n’a de sens que si les chefs de la droite y croient. Il semble bien que non. C’est dommage. C’est dramatique. Mais c’est un fait.

    Il n’y aura pas de révolte sans colère

    Le clivage est donc bien celui du peuple contre les élites, celui de la France perdante de la ruralité et de la périphérie contre la France gagnante de la mondialisation, celui du « Non » au référendum de 2005 – près de 55 % ! – contre ceux que Marine Le Pen appelle les « européistes » ou les « euro-mondialistes ».

    Ce clivage traverse tous les électorats. Y compris celui de Macron. Parmi ceux qui ont voté pour lui dimanche, combien de dupes, combien de naïfs, qui voient en lui un « renouveau », un « hors système » ? Peut-être une majorité. Homme de droite pour la gauche radicale, homme de gauche pour la droite nationale, Macron est une synthèse. Celle du système. Elu, il sera pire que Hollande qui était pire que Sarkozy.

    Cette victoire lui semble promise. Les sondages l’annoncent inéluctable. Disons-le tout net : sur le papier, c’est gagné pour lui, c’est perdu pour le peuple. Sur le papier. Car tout dépend des dix jours qui viennent. Tout dépend du peuple. Du populo, comme on disait naguère encore, du populo qui « en a ras le casquette » comme le chantait Jean-Pax Méfret dans Solidarité, en 1982. Tout dépend des Français qui travaillent ou qui voudraient travailler. Des Français qui ont peur et qui voudraient ne plus avoir peur. Encore convient-il de leur parler un langage clair, net, fort. Un second tour d’élection présidentielle, c’est de la castagne. De l’argumentation, oui, mais au service de l’émotion. Avant d’apaiser, il faut indigner. Il n’y a pas de révolte sans colère.

    Macron n’est pas un nom, c’est une épitaphe

    Aux électeurs de Mélenchon, pour ceux qui ne sont ni des « cités » ni étudiants à Sciences Po, il faut dire et répéter que Macron, c’est l’homme qui vend la France, l’homme qui a bradé Alstom aux Américains. A ceux de Fillon, il faut parler d’Emmanuel Hollande.

    A tous ceux qui n’ont pas voté ou qui ne se sentent tenus par aucun parti, il faut rappeler et rappeler encore que Macron veut instaurer « une autoroute migratoire entre l’Algérie et la France » (1), qu’il affirme qu’« il n’y a pas de culture française », qu’il accuse la France d’être responsables de « crimes contre l’humanité », qu’il veut faire travailler plus pour gagner moins.

    Il faut cogner Macron. Il faut faire pleurer le mari de Brigitte. Il faut frapper là où ça fait mal. Ennemi du peuple. Ennemi de la droite. Ennemi de la gauche. Ennemi de la France. Macron n’est pas un nom, c’est une épitaphe. Sa défaite est possible. Malgré les sondages. Malgré la fatale fatalité.

    Mais ne nous cachons pas une vérité : tout dépend de Marine Le Pen. La présidente du Front national a dix jours pour être à la hauteur de son destin. Durant dix jours, il est lié à celui de la France. Sa responsabilité est immense.

    A « Minute », nous la soutiendrons totalement. « Le Pen, le peuple ! », disaient déjà voici trente ans les affiches du Front national. C’était un autre Le Pen et presque une autre France. Cette fois, nous n’avons plus trente ans devant nous. Ni peut-être même dix. « Avant qu’il ne soit trop tard », c’est maintenant.

    Editorial du n° 2819 de Minute daté du 26 avril 2017

    https://fr.novopress.info/

  • Michel Geoffroy décrypte la soirée électorale du 23 avril 2017 sur les télévisions

    Des journalistes en phase avec les thèmes de Macron pour le second tour, bien avant la diffusion des estimations de résultats. Une présentation systématiquement et visuellement favorable de la dynamique Macron, ce dernier établi comme le seul véritable agent de la recomposition et du renouvellement politique français, alors même que les écarts entre les 4 différents candidats principaux sont faibles. Une présentation en tout cas opposée à celle, terne, voire ridicule, des soutiens de Marine Le Pen et de François Fillon.

    Des médias qui ont d’ores et déjà installé Macron comme le futur président, le duel Macron/Le Pen étant présenté comme un choix de société au second tour et comme un risque : le risque évidemment de l‘extrême droite. Bref, bienvenue dans le monde hors sol et orwellien d’Emmanuel Macron !
    Polémia

    Analyse de la soirée électorale du 23 avril 2017

    L’analyse porte sur les émissions politiques suivies de 18h37 à 23h37, diffusées sur TF1, France 2, France 3 Ile-de-France, LCP Public Sénat (chaîne 13), BFMTV (15) et CNews (16).

    La soirée médiatique s’est déroulée en 4 temps principaux :

    1/ De 18h30 à 20h : la mise en condition = le changement c’est Macron et Mélenchon

    L’accent a été mis sur :

    -les difficultés de la campagne de F. Fillon ;
    -JL Mélenchon a plutôt la vedette durant cette séquence ;
    -sur les perspectives de recomposition politique : ce dernier thème se développant au fur et à mesure que l’on se rapproche de 20h ;
    -un scrutin serré ;
    -un taux de participation tantôt présenté comme élevé (« les Français ont dit oui à la démocratie », Rachid Arhab sur CNews à 19h18), tantôt comme normal.

    Durant cette période on a assez peu parlé d’E. Macron ; par contre, on a présenté la « soirée des soutiens d’E. Macron » Porte de Versailles et insisté sur le fait que l’ambiance était celle des grandes soirées de campagne américaines (BFMTV 18h45).

    Le bandeau apparaissant sous les images de BFMTV porte « la France à l’heure du choix » (18h45).

    A partir de 19h05 :

    BFMTV fait un zoom au QG de F. Fillon et insiste sur sa campagne marquée par les « révélations » (sic) le concernant, et s’interroge sur le destin politique de l’intéressé en cas d’échec (R. Elkrief à 19h10 : il peut sortir de la politique pour toujours). F. Fillon serait « la grande question de ce scrutin ». On insiste sur le caractère « malsain » de la campagne pour cette raison (H. Gattegno).

    CNews 19h17 : Audrey Pulvar se demande si la façon dont la campagne s’est déroulée ne montre pas que le système politique de la Ve République est à bout de souffle.

    CNews 19h22 : On commence à lancer l’idée que le scrutin va marquer une recomposition politique dans la mesure où deux candidats nouveaux apparaîtraient : E.Macron et JL Mélenchon. « Il y aura une grosse recomposition politique à gauche et à droite ».

    France 2 19h25 : Zoom sur les Français de l’étranger ; un électeur en Allemagne interrogé déclare « c’est serré » ; France 2 passe ensuite sur le QG de JL Mélenchon, présenté comme « très entouré ».

    TF1 19h28 : « Les électeurs feront-ils le choix du changement ? ». On évoque la perspective « des nouveaux rapports de force politiques ».

    LCP 19h30 : On explique que Macron et Mélenchon ont organisé leur campagne autour de leurs personnes afin de « contourner les partis ».

    TF1 présente à 19h45 le QG de F. Fillon : en fait un zoom extérieur sur un public clairsemé.

    France 3 Ile-de-France présente à 19h46 les dernières estimations de l’abstention (23%) et indique que le scrutin exprime une forte « envie de renouvellement ».

    CNews à 19h48 : Un zoom sur Hénin-Beaumont  : un public assez amorphe. La chaîne passe ensuite au QG de F. Fillon pour indiquer que ce dernier a rejoint son bureau « par une porte dérobée ».

    BFMTV évoque à 19h54 « la percée de JL Mélenchon dans les sondages ».

    Conclusion au terme de cette première période :

    -il va y avoir une recomposition politique ;
    -le renouveau est incarné par les deux candidats « nouveaux » : Mélenchon et Macron ;
    -F. Fillon est présenté en situation d’échec ;
    -Marine Le Pen n’est quasiment pas évoquée.

    2/ De 20h à 20h35 = à partir des estimations de résultats  : Macron vainqueur tourne une page de la vie politique française

    Nota : A partir de 20h, de nombreuses chaînes présenteront en boucle et en fond l’image des soutiens de Macron à la Porte de Versailles agitant des drapeaux bleu-blanc-rouge. A contrario, les images des réunions de Marine Le Pen seront ternes, avec peu de drapeaux (sauf lors de son discours).

    BFMTV présente à 20h son estimation : Macron : 23,7, Le Pen : 22, Mélenchon : 19,5, Fillon : 19,5.

    A 20h03 image des soutiens de Macron en liesse.

    CNews à 20h07 commente un « résultat historique », avec « l’élimination » des partis traditionnels. On indique que la recomposition politique sera plus difficile à droite qu’à gauche.

    A noter qu’A. Pulvar indique que Marine Le Pen « se réclame » des patriotes : cette expression n’est pas neutre puisque plus tard dans son discours Macron opposera les patriotes (terme qu’il reprend à son compte) aux nationalistes.

    Sur France 2 à 20h15 Pujadas souligne « le très haut score de JL Mélenchon » et L. Salamé insiste sur le fait qu’on « tourne une page de la vie politique française ».

    BFMTV à 20h23 nous explique qu’on chante la Marseillaise au QG d’E. Macron. Th. Arnaud « chef du service politique de BFMTV », indique que Macron a « su incarner le renouvellement qu’attendent les Français ».

    A 20h25 nouvelles estimations sur BFMTV : Macron à 24, Le Pen à 21,8, Fillon à 19,9 et Mélenchon à 19,3.

    CNews à 20h28 explique que les attentats n’ont pas boosté le vote en faveur de Marine Le Pen. Marine Le Pen accède ainsi au second tour « comme son père en 2002 ». A 20h35 CNews présente la « déception » dans le camp de Marine Le Pen : on explique son échec relatif par une campagne trop radicalisée vers la fin… (en fond image des drapeaux tricolores chez les soutiens de Macron).

    20h36 : on explique que ce résultat est « un coup très dur pour la droite ».

    France 2 à 20h37 zoome « On est très déçu » au QG d’Hénin-Beaumont…

    Conclusion au terme de cette période :

    -le renouveau politique c’est Macron ;
    -les commentateurs soulignent que Macron n’était donc pas une bulle médiatique et que les sondages ne trompaient pas ;
    -on insiste sur la crise de la droite, mais on évoque très peu celle de la gauche, que l’on masque en commentant la dynamique Mélenchon ;
    -le résultat de Marine Le Pen est présenté comme un échec relatif et un remake de 2002 (avec toujours des images médiocres de son QG) ;
    -on commence à évoquer les extrêmes mais en distinguant bien l’extrême droite de la « gauche radicale ».

    3/ De 20h40 à 10h15 : A partir du discours de F. Fillon, la mise en place du Front républicain pour la campagne du second tour

    Nota : A partir de cette période défileront en boucle sur les écrans les prises de position contre Marine Le Pen ou « l’extrême droite » et les appels à voter Macron au second tour. Avec toujours en incrustation les drapeaux tricolores des soutiens de Macron (opposés aux images ternes des QG de Marine Le Pen).

    TF1 à 20h40 : Zoom sur les militants de Macron Porte de Versailles : « On va passer à l’offensive contre les populistes » et « rassembler les progressistes ». A 20h42 retour au « fief électoral » (sic) de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont : « Est-ce qu’on y croit encore malgré le Front républicain » ?

    Après le discours de F. Fillon BFMTV fait apparaître périodiquement un bandeau « Fillon votera Macron » (20h47). Interview de G. Collard à 20h49 avec cette question : « Le Front républicain contre le FN va vous gêner ? », « La  partie s’annonce rude pour Marine Le Pen ».

    20h53 à BFMTV : « Ce soir il y a un favori et il s’appelle E. Macron ».

    CNews à 20h58 : « Le Front républicain se met en place ».

    LCP présente en bandeau défilant les appels à voter pour Macron au second tour (avec en incrustation les drapeaux tricolores des soutiens de Macron).

    Après le discours de Marine Le Pen, sur BFMTV on indique à 21h11 que la configuration sera quand même différente de 2002 et que « la recomposition politique est en marche ! ». Mais Marine le Pen n’est pas en première place et « n’est pas la favorite de cette élection ».

    21h15 : Nouveau bandeau « Fillon appelle à voter Macron ».

    Sur LCP à 21h30 on indique que si Hamon et Mélenchon s’étaient alliés la gauche serait majoritaire (mais on ne dit pas la même chose pour la droite).

    TF1 à 21h35 indique qu’il s’agit d’un « 21 avril de la droite », formule que reprendra ensuite JF Coppé.

    A nouveau zoom à Hénin-Beaumont pour dire que les militants sont partagés entre pessimisme et volonté de battre l’UMPS.

    France 2 interview un militant cool de Macron à 21h40 : on prend la peine de préciser qu’il fait des études commerciales. Le contraste avec le militant FN interviewé est frappant.

    BFMTV titre en bandeau à 21h44 « Quel avenir pour les Républicains ? » : un avenir sombre évidemment…

    A partir de 21h50 on commence à suivre en direct le voyage de Macron vers ses soutiens Porte de Versailles ; à 21h51 BFM titre en bandeau « Macron rejoint ses militants ».

    CNews titre à 21h55 « E. Macron le favori ? » et présente un graphique des résultats des scores de Macron et Le Pen : Macron sur fond lilas clair et Marine sur fond bleu très foncé… A 21h58 retour à Hénin-Beaumont où les militants seraient désabusés par le Front républicain (on filme toujours peu de militants et peu de drapeaux).

    LCP à 22h05 : la Porte de Versailles est transformée en boîte de nuit pour l’arrivée de Macron.

    Conclusion de cette période :

    -la campagne du second tour est d’ores et déjà lancée. Les journalistes s’efforcent d’ailleurs de distinguer les futurs thèmes de campagne : notamment la mondialisation et l’Europe, l’opposition entre patriotes et nationalistes (comme dit Macron dans son discours) ;
    -on assure la promotion du Front républicain ; on va d’ailleurs passer en boucle le passage du discours de Fillon où il fustige « l’extrême droite » ;
    -on infléchit quelque peu l’image positive de Mélenchon dans la mesure où celui-ci semble contester la présentation faite des résultats (ex. : BFMTV titre « Mélenchon ne reconnaît pas sa défaite » à 21h24 et « JL Mélenchon éliminé » à 21h58) et surtout ne donne pas de consigne de vote explicite pour le second tour.
    -lors des débats les journalistes ne cesseront d’ailleurs de poser la question aux porte-parole de Mélenchon : allez-vous voter Macron au second tour ? (notamment Pujadas sur France 2). Un processus de mise en cause s’amorce contre ceux qui n’appellent pas à voter pour Macron (ex. : CNews demande à un soutien de Mélenchon lors d’un débat : « Est-ce que vous ne prenez pas un risque en n’appelant pas à voter contre Marine Le Pen ? ») ;
    -on présente Marine Le Pen en situation d’échec, et ses soutiens désabusés.

    4/ A partir de 22h15 et après le discours de Macron : la promotion de l’image du futur président Macron

    France 2 présente à partir de 22h10 une estimation des résultats du second tour : 62% pour Macron et 38% pour Marine Le Pen avec 2% de marge d’erreur. Donc Macron est d’ores et déjà vainqueur !

    Le sondage donne aussi des hypothèses de report des voix, évidemment défavorables à Marine Le Pen, ce qui permet de mettre en porte-à-faux ses représentants lors des débats qui tentent d’expliquer que les électeurs ne se conformeront pas nécessairement à ce que demandent les états-majors. On évoque notamment le faible report des voix de Mélenchon sur Le Pen (LCP à 22h55).

    BFMTV présente à 23h10 une autre estimation (Harris) avec Macron à 64% et Marine Le Pen à 36%.

    On commente aussi en termes dithyrambiques la soirée des soutiens (« 3000 partisans ») de Macron Porte de Versailles. A 22h17 Pujadas commente l’arrivée de Macron flanqué de son épouse Brigitte : « Images d’un vainqueur », « images d’un couple » « le pari gagné d’un couple », « on a le sentiment de voir un président élu », etc.

    France 2 montre des photos des soutiens, avant tout des jeunes (ce qui est rarement le cas pour ceux de Marine).

    LCP interroge aussi à 22h36 son représentant à la Porte de Versailles : Quelle est l’ambiance ? Réponse : « Entrée grandiose d’E. Macron ». On nous dit aussi que dans son discours Macron a parlé d’une voix « grave et lucide » (sic).

    En contrepoint on fait des zooms sur les soutiens de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont en train de danser de façon assez ridicule (« la fête au QG de Marine Le Pen », titre CNews à 22h40).

    Après le discours de Macron passent en boucle sur BFMTV les sous-titres « Appels à battre Marine le Pen » et « Rassembler tous les Français » (22h37), « François Fillon éliminé » (22h45).

    CNews titre à 22h48 que le QG de F. Fillon est déserté (avec séquence à l’appui) et évoque une « crise grave à droite » (22h50). Le message « Fillon appelle à voter Macron » passe en boucle.

    Fr3 Ile-de-France présente un reportage sur les militants FN de Nice à 23h10 : foule clairsemée et militants d’un pittoresque ridicule. Le reportage évoque aussi l’ambiance morose au QG de Fillon à Nice.

    On va ensuite scénariser le départ de Macron pour aller dîner avec ses proches, comme si l’on était au soir d’un second tour d’élection présidentielle. Ex. : CNews « la seconde traversée de Paris du gagnant pour aller à la Rotonde » (23h11), BFMTV « Macron va rejoindre ses proches » (23h19), « E. Macron dans une brasserie à Montparnasse » (23h25). France 2 fait un arrêt sur image de deux soutiens de Macron s’embrassant tendrement dans la brasserie…

    23h27 : France 2 donne la parole à un « historien de l’extrême droite » (Nicolas Lebourg) qui explique que le score de Marine Le Pen est inférieur à ce qui était attendu. Conclusion de Pujadas : « la vague Marine Le Pen a été contenue »… (23h30).

    BFMTV présente à 23h37 les prévisions du second tour : 64% pour Macron et 36% pour Le Pen.

    Conclusion de cette période :

    -la victoire de Macron est présentée comme acquise pour le second tour ;
    -Macron est déjà scénarisé comme président putatif ;
    -l’échec de la droite est total (voir notamment le zoom sur le QG de F. Fillon déserté présenté par CNews à 22h48, genre La Dernière Scéance…).

     

    Conclusion générale de cette soirée télévisée

    -Il semble évident que les journalistes étaient en phase avec les thèmes de Macron pour le second tour bien avant la diffusion des estimations de résultats (voir notamment l’inflexion sur le thème du patriotisme et le thème du renouvellement politique).

    -Une présentation systématiquement et visuellement favorable de la dynamique Macron, ce dernier établi comme le seul véritable agent de la recomposition et du renouvellement politique français, alors même que les écarts entre les 4 différents candidats principaux ne sont pas aussi énormes que cela. Une présentation en tout cas opposée à celle, terne, voire ridicule, des soutiens de Marine Le Pen et de F. Fillon.

    -Des résultats peu éloignés des sondages d’opinion, qui avaient un peu surcoté Marine Le Pen (comme c’est le cas pour les populistes en Europe, pour pouvoir ensuite capitaliser sur leur échec relatif : cf. Autriche et Pays-Bas). Les commentateurs n’ont cessé de le souligner pour contester l’image de la bulle médiatique Macron.

    -Les médias ont d’ores et déjà installé Macron comme le futur président.

    -L’échec de la gauche a été beaucoup moins scénarisé que celui de la droite. Aucun débat, en outre, sur le bilan de la présidence Hollande ni sur le contenu des programmes (sauf pour critiquer celui du FN dans la foulée du discours de F. Fillon).

    -Le duel Macron/Le Pen est effectivement présenté comme un choix de société au second tour et comme un risque : le risque évidemment de l‘extrême droite, alors que JL Mélenchon n’a pas été présenté comme extrémiste, bien sûr.

    Michel Geoffroy
    24/04/2017

    https://www.polemia.com/michel-geoffroy-decrypte-la-soiree-electorale-du-23-avril-2017-sur-les-televisions/

  • Décoder contre les dangereux déconneurs

    Marine Le Pen s’est livrée à une solide et intelligente explication de l‘enjeu de civilisation que constituait cette présidentielle, de  son programme, de sa vision du monde, hier soir sur TF1 dans l’émission « Elysée 2017 ». On est jamais mieux servi que par soi même Le  Monde, un des quotidiens les  plus subventionnés avec notre argent  par l’oligarchie au pouvoir,  journal détenu par le trio Bergé-Pigasse-Niel, trois soutiens enthousiastes de la candidature Macron, tire ce matin à boulets rouges sur la prestation de la candidate national via son blogue  Les décodeurs. Les journalistes-militants (déconneurs) de gauche, Adrien Sénécat et Samuel Laurent, expliquent sans rire que que sur les thèmes de l’Europe liberticide de Bruxelles, Macron, l’emploi, le pouvoir d’achat, les conséquences du passage à l’euro, « (Marine)  a multiplié les fausses affirmations et les allusions douteuses» (sic). Les décodeurs rappelons-le, c’est la mise en place du Decodex financé par le « Fonds Google » à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros comme l’a avoué M. Laurent. Un outil qui distribue bons et mauvais points aux sites d’informations,  selon des  critères souvent extrêmement partiaux et biaisés, faisant la part belle au respect ou non, du catéchisme progressiste, de la doxa officielle et de sa propagande. Comme  le soulignait  notamment avec justesse Laurent Berruyer sur son blogue Les Crises, le « service de vérification des faits (du Monde) ne pouvait qu’aboutir à sa transformation insidieuse en une sorte de Ministère de la Vérité qui prétend dire le Vrai.». Dans les faits «une Police de la pensée, car toute autorité prétendant dire le Vrai ne peut accepter de voir son autorité remise en question, dans le cas où des personnes persistent volontairement dans l’erreur. Un tel Pouvoir constitué est donc toujours tenté d’abuser de ses prérogatives.» Un constat que l’on peut bien évidemment étendre à la quasi totalité des médias Français aux mains d’une poignée  milliardaires acquis  à l’idéologie du   sans-frontièrisme, du laisser-faire laisser-passer dans tous  les domaines, 

    Cela en dit long sur  la neutralité, l’objectivité  et la rigueur intellectuelle du  personnage, c’est ce même Samuel Laurent, aujourd’hui en service commandé pour faire élire l’héritier de François Hollande à l’Elysée le 7 mai, qui affirmait  sans rire en août 2014, toujours dans Le Monde,   que la pression migratoire en France est peu ou prou la même depuis des décennies, que l’immigration de peuplement n’est qu’un mauvais fantasme de souchiens abrutis, frileux et animés de mauvaises pulsions.

    La question migratoire est bien en effet un marqueur fort dans cette présidentielle, une ligne de démarcation essentielle.  Nous l’avons dit, c’est l’immigrationnisme de Jean-Luc Mélenchon qui le prive du soutien d’une très grande majorité des suffrages populaires.  Et c’est ce même immigrationnisme, qu’il  partage avec Emmanuel Macron et  l’oligarchie libérale qu’il prétend combattre, qui explique sa détestation de l’opposition nationale, populaire et sociale.

    Une préoccupation qui est pourtant aussi prégnante  pour une partie de l’électorat  protestataire qui  a décidé de voter pour le  candidat de la France Insoumise pour faire entendre son ras-le-bol des élites bruxelloises,  du conglomérat LR-PS-UDI-EELV. Les derniers sondages indiquent ainsi que d’ores et déjà  17% à 19% des électeurs  mélenchonistes  du premier tour  pourraient voter  Marine Le Pen au second. C’est là la  plus grande frousse de  M. Mélenchon qui, blessé dans son orgueil - il a beaucoup de mal  depuis dimanche sur le plan personnel à encaisser son échec à accéder à  la finale – n’a pas  donné de consigne de vote,  expliquant qu’il ne communiquerait pas le sien… Pouvait-il faire autrement pour sauver les apparences ? 

    Bien  sûr, l’eurodéputé socialo-lambertiste  du Grand Orient   a décidé de consulter ses militants sur cette question mais  sans leur proposer  l’option du vote Marine.  Car la France Insoumise, forgerie  socialo-trotskiste complétée des débris du parti  communiste,   ne tient que par le talent de son candidat  et  reste avant tout  une machine de guerre contre l’identité nationale,  désireuse de faire table rase d’une France enracinée et  charnelle. C’est pourquoi un Emmanuel Macron, décrit pourtant  comme l’adversaire principal par M. Mélenchon  depuis un an,   qui entend matraquer les Français d’en bas et  liquider la France,  par le haut dans le magma eurofédéraste sous tutelle mondialiste, par le bas dans le communautarisme et la poursuite de immigration dite légale, aura toujours in fine les faveurs de l’extrême-gauche.   Sur LCI, Alexis Corbière, porte-parole de la France Insoumise,  en a fait une nouvelle fois l’aveu.  Le 7 mai a-t-il dit, « certains (des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, NDLR) utiliseront le bulletin de vote blanc, d’autres Macron, en se bouchant le nez. Les deux attitudes sont dignes, sont nobles. Mais pas une voix pour Le Pen. Jamais cela! ».

    A l’autre bout de l’échiquier (ou du damier maçonnique au choix), les caciques de LR entendent aussi finir le boulot de destruction de notre pays, en finir avec 15 siècles d’identité française. Le 23 avril au soir, c’est l’emblématique François Baroin, le sénateur-maire de Troyes, ex ministre sarkozyste,  à qui M. Fillon avait promis Matignon en cas de victoire, qui indiquait qu’« à titre personnel, (il voterait) naturellement Emmanuel Macron ». Un  choix confirmé par l’ensemble du bureau politique de LR, malgré des résistances à la marge (les partisans du ni-ni –Éric Ciotti, Henri Guaino, Nadine Morano,  Jean-Frédéric Poisson, Laurent Wauqiez. C’est ce même M. Baroin, qui déclarait cinq jours auparavant, élément de langage  repris peu ou prou dans les mêmes termes  par certains soutiens du candidat de LR, que  « Emmanuel Macron est le porte-parole du communautarisme, et le communautarisme c’est l’ennemi de la République. » Un ennemi de la République pour lequel une officine proche de LR, la  Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) appelle également à voter, face  au  «danger bien réel »  du Front National a  affirmé son président, Alain Jakubowicz,

    Alors oui, Marine Le Pen et le FN sont bien une alternative franche à ce chaos programmé affirme Bruno Gollnisch. C’est un indicateur qui ne trompe pas,  en Seine-Saint-Denis,  les deux gros candidats les plus favorables à l’immigration ont raflé à eux deux  près de  60% des suffrages ( 34% pour Mélenchon, 24% pour Macron). Plus globalement, la politique Terra Nova initiée par le  gouvernement,  a eu  également comme résultat  une fabrication à la chaîne de Français de papier qui a débouché notamment sur l’inscription de 800 000 nouveaux électeurs entre 2012 et 2017.  Les Français doivent écouter leur instinct pour décoder ce qui se cache derrière la petite musique malsaine des prophètes de malheur(s) de l’établissement, ouvrir les yeux, rapidement, maintenant. Avant qu’il ne soit trop tard. 

    https://gollnisch.com/2017/04/26/decoder-contre-dangereux-deconneurs/

  • Nicolas Dupont-Aignan choisit Marine Le Pen!

    Proche des 5% lors du premier tour des élections présidentielles de ce dimanche, Nicolas Dupont Aignan représente une dynamique non négligeable.

    Après avoir déclaré qu'il verrait bien Marine Le Pen être 1er Ministre si il était élu, le leader de Debout La République, crée la surprise pour certains.

    Programme et vision proche, il devrait annoncer son ralliement sous peu.

    Dans le même temps, on note une division des Républicains qui veulent tenter un "front républicains" et ceux qui privilégient un rapprochement avec le Front National et sa candidate.

    A suivre donc...

    http://franzpfifferling.over-blog.com/2017/04/nicolas-dupont-aignan-choisit-marine-le-pen.html

  • Coup de tonnerre à l'usine Whirlpool : "Là où Marine Le Pen prend un bain de foule, Emmanuel Macron se noie"

    Marine Le Pen a fait le choix d'une campagne offensive. Le FN a subi durant des années ce qu'on a appelé le "harcèlement démocratique" et Marine Le Pen a décidé aujourd'hui d'appliquer ce traitement à Emmanuel Macron, qui a eu beaucoup plus de mal à faire bonne figure à Amiens sur le terrain de la vraie vie que dans ses meetings factices où l'ambiance est fabriquée de toutes pièces.

    Marine Le Pen s'est donc rendue de manière impromptue auprès des salariés de Whirlpool au même moment où Emmanuel Macron se trouvait dans un restaurant d'Amiens. Voici ce qu'a déclaré Marine Le Pen :

    "Quand j’ai appris qu’Emmanuel Macron venait ici et qu’il n’entendait pas rencontrer les salariés, qu’il n’entendait pas venir sur ce piquet de grève, mais qu’il allait à l’abri dans je ne sais quelle salle de la chambre de commerce pour rencontrer deux-trois personnes triées sur le volet, j’ai trouvé que c’était une preuve tellement de mépris à l’égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool que j’ai décidé de sortir de mon comité stratégique et de venir vous voir (...)

    Je suis ici à ma place, exactement là où je dois être, au milieu des salariés de Whirlpool qui résistent à cette mondialisation sauvage, à ce modèle économique honteux. Je ne suis pas en train de manger des petits fours avec quelques représentants qui en réalité ne représentent qu’eux-mêmes"

    Les images parlent d'elles mêmes.

  • 2017, LE COUP D’ÉTAT (ou hollande et Valls envoient leur marionnette Macron à l'élection présidentielle)

    (L'auteur n'est pas de notre bord, mais l'article va dans notre sens)

    « Une étude un peu approfondie de l’Histoire nous laisse deviner qu’en toute occasion les vraies forces dirigeantes ont à se tenir dans l’ombre des représentants qu’elles se sont choisies, ne pouvant se risquer à s’exposer aux fluctuations événementielles, sous peine de se voir un jour dépossédées de leur puissance ».                                                            Louis Calaferte.

    AVERTISSEMENT :

    Les informations qui ont été utilisées pour cette analyse ont été recoupées et vérifiées conformément aux principes de la charte journalistique de Munich. Elles ont pour origine des articles de presse, interviews télé, images et ouvrages dont les auteurs sont connus et reconnus pour la fiabilité de leurs recherches. Il serait trop long de les énumérer ici. Loin de tout name-droping, vous trouverez en fin de publication les références. Mais tout est vérifiable. Attention, cependant aux sites complotistes, confusionnistes où d’extrême droite. Assurez vous que les sites que vous consultez soient reconnus pour le sérieux de leurs publications. Préférez les sites de recherches universitaires. A ceux qui disent que cet article est complotiste, il s’agit, tout simplement, d’un propos irresponsable qui a pour objectif de discréditer toutes critiques à l’égard de pratiques qui mettent en danger la démocratie. Mais plus grave encore cela permet de les avaliser. Il est urgent de cesser ce genre d’accusation un peu simpliste et de poser les vraies questions. En l’occurence a-t-on oui ou non utilisé l’appareil d’État à des fins de stratégies politiques? Les relais d’influence sont -ils réels ? Les media et les instituts de sondage sont ils indépendants? etc. Ce sont les questions centrales du débat.

    Propos liminaires.

    Une fois de plus, cet article est long. Il est l’avant première d’un livre qui sera publié prochainement. Prenez le temps de le lire tranquillement, mais lisez le. Il révèle comment certains acteurs ont préparé minutieusement ce qu’il faut bien appeler un coup d’État. Il s’agit pour eux de pérenniser, coûte que coûte, la politique engagée par François Hollande. Alors qu’ils se persuadent de servir les desseins heureux de la France, ces putschistes sont en passe de réussir leur ultime objectif, celui de faire perdre à notre pays son libre arbitre, en soumettant son peuple et en violant la démocratie

    L’heure est grave.

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  • Mathieu Slama : « La France d'en haut s'apprête à confisquer aux classes populaires l'élection présidentielle »

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    ANALYSE - « Mathieu Slama voit dans le résultat du premier tour du scrutin présidentiel la preuve que la politique ne peut pas exister en dehors de la lutte des classes ». Il ne peut s'agir de lutte des classes au sens ancien. L'analyse qui suit [Figarovox, 24.04] met toutefois légitimement en lumière les deux France que le Système a dressées l'une face à l'autre, la France d'en-haut - minoritaire - et celle d'en-bas. La dialectique qui oppose ces deux catégories au détriment de l'unité et de l'intérêt du Pays, est familière aux royalistes, plus particulièrement aux maurrassiens. Or la France d'en-haut, en un sens le Pays légal a perdu le sens du Bien Commun. Ce dernier doit être refondé et rétabli.  LFAR    

    On croyait le concept de lutte des classes dépassé. Les intellectuels de gauche Chantal Mouffe et Jean-Claude Michéa, pourtant nourris à la pensée marxienne, déclaraient récemment qu'il devait être repensé. Aucun candidat de gauche, à l'exception de Nathalie Arthaud, n'ont évoqué le concept lors de la campagne.

    Or il n'en est rien. La lutte des classes ressurgit politiquement à la faveur d'un duel de second tour qui va opposer le libéral Emmanuel Macron à la souverainiste Marine Le Pen.

    L'électorat de Macron réunit la France qui va bien, la France optimiste, la France qui gagne bien sa vie, la France qui n'a besoin ni de frontières ni de patrie, ces vieilles lunes de l'ancien monde: cette France «ouverte», généreuse parce qu'elle en a les moyens. La France de Marine Le Pen est la France qui souffre, celle qui s'inquiète. Elle s'inquiète de son avenir, de ses fins de mois, elle souffre de voir les patrons gagner autant d'argent, elle gronde face à l'incroyable arrogance de cette bourgeoisie qui lui donne des leçons d'humanisme et de progressisme du haut de ses 5000 euros par mois.

    La France de Le Pen perdra sans doute face au «front républicain» qui se prépare. Quoiqu'on pense de la candidate du Front national, il y a là une forme d'injustice qui interroge: la France d'en haut s'apprête à confisquer aux classes populaires l'élection présidentielle, la seule élection qui engage véritablement leur destin.

    Il suffisait de constater, hier soir, la différence entre les militants de Macron - des consultants branchés, des étudiants en écoles de commerce, sûrs de leur supériorité de classe -, et les soutiens de Le Pen, des gens simples, timides, ne maîtrisant pas les codes sociaux et médiatiques. Quel contraste, également, entre l'ambiance vulgaire de boîte de nuit chez Macron et le bal improvisé chez Le Pen.

    Derrière cette lutte des classes se cache un affrontement entre deux visions du monde. La vision libérale et universaliste, qui ne croit ni en l'État, ni en la nation ; et la vision que l'on nomme aujourd'hui populiste ou encore souverainiste, qui veut restaurer l'État, les frontières et le sens de la communauté face aux ravages de la mondialisation. C'est le grand combat qui, au final, n'aura jamais cessé depuis 1789.

    Malgré son talent indéniable, l'ancien banquier Emmanuel Macron ne révolutionne rien. Karl Marx le décrivait déjà dans le Manifeste du Parti communiste: la bourgeoisie, écrivait-il, a brisé sans pitié les liens complexes entre les hommes «pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant» ; «elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange» ; elle a «dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages.». Elle a donné «un caractère cosmopolite à la production et à la consommation» et a «soumis la campagne à la ville». Avec son concept d'homme-entreprise, Macron poursuit la logique implacable du capitalisme qui réifie l'Homme et relègue la politique à un simple instrument de soutien aux intérêts privés. La manière dont il a utilisé tous les codes de l'entreprise et du management durant sa campagne présidentielle n'est pas anodine et mériterait une analyse approfondie.

    L'erreur de Mélenchon est d'avoir cru qu'il était possible de jouer sur tous les tableaux. Il a eu, incontestablement, une intuition géniale en s'adressant non plus à la gauche mais au peuple dans son ensemble, celui qui est victime de la mondialisation sauvage. Mais il a échoué parce qu'il a refusé d'aller jusqu'au bout de cette logique et d'embrasser la cause populiste et souverainiste. Il a aussi échoué parce qu'on ne peut pas défendre le peuple avec un régime parlementaire, régime de tous les compromis qui profitent toujours aux lobbies et aux intérêts privés. La justice sociale n'est possible qu'avec un État fort et un président qui décide souverainement, exerçant le mandat que lui a confié le peuple.

    L'erreur de la droite dans cette campagne a été symétrique de celle du Parti socialiste: celle de croire que la politique pouvait s'extraire des enjeux de classe. La recomposition politique dont on parle tant se fera en partie autour de cet enjeu parce qu'il sous-tend tous les autres: le rapport à la mondialisation, à l'État et à la nation. Et peut-être assistera-t-on, dans un avenir lointain, à une réunion de la France de Le Pen et celle de Mélenchon contre la France des libéraux. 

    Mathieu Slama         

    Consultant et analyste politique, Mathieu Slama collabore à plusieurs médias, notamment Le Figaro et Le Huffington Post, où il intervient particulièrement sur les questions de politique internationale. Il est l'auteur de La guerre des mondes, réflexions sur la croisade de Poutine contre l'Occident, (Ed. de Fallois, 2016).   

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Zoom - Paul Bernard : L’ancien préfet de Corse dénonce la France trahie