
La fierté française avait survécu à bien des vicissitudes. Des guerres perdues, on ne retenait que le sacrifice héroïque d’une poignée de combattants. Des discours sur le déclin économique de notre pays, on ne voulait entendre que la critique injuste d’un modèle social merveilleux au point d’éblouir le monde. De la confusion des moeurs et de la montée du communautarisme, on ne voulait voir que notre goût de la liberté et d’un respect de l’autre étendu à l’univers entier. Dans le fond, ce sont ces illusions réduites comme une peau de chagrin qui se blottissent dans les allocutions théâtrales du président que la France subit. Mais l’abîme qui sépare désormais la sinistre réalité de notre pays d’un décor chargé d’histoire, de mots pompeux et d’une mise en scène soignée est poignant.




