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actualité - Page 3463

  • Ce qu’il y a de dangereux chez Macron, par Ivan Rioufol

    Tout est bon pour sublimer Emmanuel Macron, ce nouveau Périclès nous dit-on. Les courtisans à cartes de presse se sont bousculés, dimanche, sur les plateaux des télévisions pour louanger chacun à leur manière celui que la foule a plutôt ignoré lors de la passation de pouvoir, tant le long des Champs Elysées que devant l’Hôtel de Ville. Un ébloui, subjugué par le jeune président, a pu écrire dans Le Monde : « Il y a dans le regard au profil d’aigle d’Emmanuel Macron […] la réminiscence du premier consul. » Depuis sa marche théâtrale vers la pyramide du Louvre, le soir de son élection, le souvenir de Bonaparte est dans les esprits de ses thuriféraires.

    D’ailleurs, Macron ne pince-t-il pas lui aussi l’oreille de ses vieux grognards, aux yeux humides de reconnaissance ? On l‘a vu faire, dimanche, pour Gérard Collomb en larmes, pour Jean-Yves Le Drian et pour d’autres fidèles. Certes, son “staff” a un peu cassé l’envolée historique en précisant que le costume bleu porté par le chef de l’Etat avait couté 450 euros, chez Jonas et Compagnie, tailleurs de père en fils du 19 de la rue d’Aboukir (fond du couloir, 1 er étage, entrez sans frapper), à Paris. Mais n’est pas Napoléon qui veut. Quand Laurent Fabius, président du conseil Constitutionnel, a cité Chateaubriand en complimentant le président : “Pour être l’homme de son pays il faut être l’homme de son temps”, il a oublié que ce temps se laissait aller au cheap, à la bassesse, à la médiocrité, à la lâcheté.

    Dans ce concert de louanges, François Bayrou a lancé un couac, vendredi, en dénonçant une embrouille de la République en marche !. Elle n’aurait pas respecté ses accords avec le Modem concernant les investitures aux législatives. “Je ne participerai pas à une opération de recyclage du PS”, a prévenu Bayrou. Il semble avoir obtenu gain de cause. La critique de Manuel Valls dans le JDD est plus grave. Rappelons qu’En marche lui a refusé son investiture mais que le mouvement ne présentera pas de candidat face à lui, eu égard à son passé de premier ministre. Ce qui n’empêche pas Valls de déclarer : “Je suis extrêmement lucide sur Macron et sur son équipe. Hollande est méchant, mais dans un cadre. Macron, lui, est méchant, mais il n’a pas de codes donc pas de limites (…) Je ne veux pas abandonner mon combat idéologique pour la République et la laïcité (…) Sur l’identité on a un vrai désaccord”. En clair, Macron “homme de son temps” s’apprête à suivre une politique d’apaisement vis-à-vis des cités ‘populaires’, sans exigence face à l’islam politique. C’est parce que Malek Boutih, proche de Valls, est sur une ligne de fermeté vis-à-vis du communautarisme islamique qu’il n’a pas été investi et qu’un candidat se présentera face à lui.

    Grâce à l’alerte de la Licra, le candidat En Marche Christian Gerin a été suspendu pour avoir appelé au boycott des produits israéliens (BDS), interdit en France. Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche, a financé France Palestine Solidarité en 2016, association proche du BDS. Ce qui se met en place sous les applaudissements des officiels, n’augure rien de bon pour le proche avenir de la France confrontée à l’islamisme. La vigilance est plus que jamais de mise.

    Article repris de Le blog d’Ivan Rioufol

    https://fr.novopress.info/

  • Le FN est-il réformable ? (1/3)

    Par Philippe Christèle, consultant international, essayiste… ♦ Polémia propose une étude en 3 volets, rédigée par Philippe Christèle, qui analyse le bilan de la séquence présidentielle et de la performance de la candidate du FN, et pose clairement les points de débat autour de l’annonce de « transformation » du parti annoncée par Marine Le Pen dès le soir de sa défaite.

    L’intérêt du texte est à la fois qu’il dépasse l’analyse purement politique et stratégique pour ajouter un regard technique et managérial ; mais aussi qu’il propose un fil rouge pour la grande recomposition promise.

    Nous le proposons en 3 parties :
    – La nouvelle donne idéologique, l’état des lieux des forces en présence et un bilan de la stratégie présidentielle ;
    – Une méthode pour la remise en cause ; analyse de la capacité du FN à se transformer ;
    – Une analyse de la capacité du FN à se transformer (suite) et des scénarios possibles pour l’avenir.

    Les lecteurs qui le souhaiteront pourront lire l’intégralité de l’article en PDF ICI

     Polémia

    Première partie :
    La nouvelle donne idéologique, l’état des lieux des forces en présence et un bilan de la stratégie présidentielle

    Tout a été dit sur le naufrage politique et tactique de Marine Le Pen. Les résultats sont implacables et les causes connues. Marine Le Pen a annoncé, dans son discours de défaite, des remises en cause. L’objet de cet article est d’étudier quelles sont ces remises en cause pour que le FN, et sa candidate, gardent leurs chances d’une victoire en 2022.

    La nouvelle donne idéologique

    Pour simplifier, on pourra dire que la victoire d’Emmanuel Macron est celle de tous ceux qui sont aujourd’hui gagnants – ou imaginent l’être – de la mondialisation la plus ouverte.

    Ce sentiment d’être gagnant est l’aboutissement de l’individualisme consumériste dégagé de tout enracinement collectif (qu’il soit identitaire, national, religieux, familial, …), en prolongement logique de la déconstruction de toutes ces dimensions collectives depuis un gros demi-siècle au gré des principaux jalons que sont la victoire de 1945 théorisée comme criminalisation des nationalismes, la décolonisation comme criminalisation de l’homme blanc, Mai-68, Vatican II et le mariage pour tous comme criminalisation du modèle social et familial traditionnel. Sans parler, bien sûr, de l’immigration massive qui a fait exploser l’homogénéité de la communauté nationale.

    Une partie significative de la France ne veut plus « faire société » et la kyrielle des intérêts individuels l’emporte sur la volonté de construire du collectif, lequel passe toujours par la renonciation à une partie d’égoïsme individuel.

    Cette tendance lourde est aggravée par les maux de l’égalitarisme français. Depuis les Trente Glorieuses, les efforts de quelques-uns ont systématiquement été vampirisés par un modèle social égalitariste socialiste, directement hérité du hold-up gaullo-communiste de l’après-guerre. Etat obèse, syndicats subventionnés et nuisibles, système de solidarité nationale confinant à l’assistanat, incompétence et médiocrité publiques, injustices flagrantes et répétées entre secteur public et secteur privé en matière de temps de travail, de retraites, … ont ainsi contribué à dégoûter bien des Français des notions de solidarité, de sacrifice et de collectivité nationale.

    État des lieux des forces en présence

    Heureusement, nombreux sont encore les Français qui ne se rallient pas à cette hubris de l’individualisme triomphant. L’élection présidentielle les a répartis dans deux camps, autour de blocs assez distincts avec une ligne de séparation assez nette.

    Le premier camp des opposants regroupe ceux pour lesquels l’insatisfaction tient d’abord à l’inégalité des richesses. Posture égalitariste, posture gauchiste française (malheureusement) traditionnelle, mais aussi posture universaliste. Pour ces derniers, ce qui est inacceptable c’est d’abord l’écart de revenus et de ressources et la grande pauvreté qui peut parfois l’accompagner. La dimension identitaire, ethnique et culturelle ne compte en rien dans ce raisonnement. Le nouveau prolétariat est pluriel, amalgamant le petit fonctionnaire déclassé, l’ouvrier au chômage et le sans-papiers malien exploité dans la restauration. Les cortèges de ses opposants sont bigarrés, et servent souvent de premier marchepied politique, voire électoral, aux communautarismes extra-européens. Pour tous, c’est l’égalité avant et quelle que soit l’identité. Jean-Luc Mélenchon est leur idole la plus visible.

    Le second camp fédère ceux qui, à l’inverse, veulent d’abord sauver l’identité avant tout rééquilibrage économique. Soit parce qu’ils font déjà partie de la population déclassée (la plus grande majorité), soit parce qu’ils appartiennent à une famille de conviction qui les fait lutter contre le « grand tout niveleur et éradicateur », ils refusent l’offre Macron au nom de la permanence d’un certain nombre d’idées, de culture, de civilisation, de place de la France dans le monde, y compris avec, c’est vrai aussi, la nostalgie d’un temps ancien qui ne reviendra plus mais qu’il n’est pas indigne de vouloir retrouver. Ils refusent tout bonnement d’être envahis, méprisés, rackettés, culpabilisés, et de se voir imposer des modes de vie qu’ils n’ont pas désirés et dont ils savent bien qu’ils leur sont étrangers. Jean-Marie puis Marine Le Pen ont été, jusqu’alors, leur champion électoral.

    Un troisième camp socio-idéologique est aujourd’hui en plein désarroi. Il s’agit de cette France « orléaniste » qui mêle bourgeoisie provinciale catholique et cadres supérieurs, entrepreneurs et métiers tertiaires des grandes métropoles. Ceux-là, s’ils sont l’opposé exact du camp Mélenchon qui les gratifie en retour d’une haine viscérale dont seul le gauchiste français a le secret, n’ont pas vraiment fait leur choix entre la nécessité de rallier le camp Macron ou le camp de l’identité. Au fond d’eux-mêmes, les questions régaliennes et la mémoire culturelle dont ils sont porteurs les appellent vers le camp de l’identité. Mais les positions socialistes de ce dernier les rebute, les choque et les inquiète. A l’inverse, le camp Macron, qui pourrait les attirer par son côté conformiste et par l’apparence de la réussite, leur semble un peu factice. Eux-mêmes commencent à douter de leur capacité à faire durablement partie de la France qui gagne. Malheureusement, groupe a-idéologique par excellence comme l’ont toujours été structurellement les bourgeoisies, il ne peut résister, tout diplômé qu’il soit, à la cascade du politiquement correct médiatique et le peu d’attraction émise par le camp identitaire ne parvient pas à l’arracher d’un vote moutonnier pour le camp du bien autoproclamé.

    Quel bilan de la stratégie présidentielle ?

    Si la direction du FN, et d’abord la présidente-candidate, n’est pas dans le déni, elle doit tirer de cette campagne au moins trois éléments que tout le monde a déjà vus et qui chacun s’appliquent aux trois blocs que je viens de décrire :

    • Elle n’a pas fait le plein de son camp. C’est le résultat du premier tour, observé à la fois dans le score des suffrages exprimés mais surtout dans la carte de l’abstention. Cette dernière a ses zones de force qui recoupent exactement les zones de force du FN. Cela veut dire que ce que Donald Trump avait réussi (mobiliser un électorat qui ne votait plus) n’a pas été fait. Pire encore : lorsqu’on sait que certaines catégories d’électeurs désabusés ne votent qu’à l’occasion de l’élection présidentielle, on voit bien que toute une catégorie d’électeurs n’a pas trouvé dans le discours de campagne de Marine Le Pen les raisons de se déplacer.
    • Les clins d’œil aux insoumis du premier tour, bien que très nombreux et très appuyés, n’ont pas fonctionné. Pourtant, dieu sait combien les ficelles ont été grosses et jusqu’à la caricature de soi. Pour preuve, cette réaction de Florian Philippot à la tribune de Bernard Arnaud, emblématique patron du groupe LVMH, étendard du luxe à la française (et dont les usines sont localisées en France) « Pourquoi je soutiens E. Macron ». Réponse de F. Philippot : « Parce que vous êtes très riche et que vous en voulez encore plus. » Fermez le ban. Quant à tous les autres clins d’œil de l’entre-deux-tours, le lecteur les a suffisamment vus, débat inclus, pour que je ne les rappelle pas.
    • Le ralliement de la droite bourgeoise ne va pas de soi. On a beau les insulter, leur secouer les puces à distance, leur expliquer qu’ils sont les plus bêtes du monde, ne leur témoigner comme égards ou considération que le tiers du quart de ceux accordés aux Insoumis, rien n’y fait, ces électeurs ne sont pas séduits. Alors que, sur le papier, ils représentent le corpus électoral le plus proche, idéologiquement parlant, de ce que devrait porter le camp de l’identité.

    (A suivre)

    Philippe Christèle 16/05/2017

    https://www.polemia.com/le-fn-est-il-reformable-13/

  • Accueil de migrants : l’Union européenne menace la Hongrie et la Pologne

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    Les autorités hongroises, peu impressionnées, ont déclaré que le pays conservera sa législation stricte en matière migratoire et sa clôture frontalière.

    La Hongrie et la Pologne sont, une nouvelle fois, dans le collimateur des instances de l’Union européenne pour leur refus d’accueillir des migrants.

    Alors que l’Union européenne tente d’imposer à ses États membres la prise en charge de « réfugiés » arrivés en Grèce et en Italie, des pays d’Europe de l’Est refusent depuis des mois de se soumettre à ses injonctions.

    Le commissaire européen aux Migrations Dimítris Avramópoulos a réitéré, ce mardi 16 mai 2017, les demandes de l’Union européenne en fixant, cette fois, une date butoir : si la situation perdure en juin 2017, la Commission n’hésitera pas à ouvrir des procédures d’infraction qui pourraient conduire à des sanctions financières contre les récalcitrants.

    La Pologne, dirigée par le Premier ministre conservateur madame Beata Szydło, et la Hongrie, du Premier ministre démocrate-chrétien Viktor Orbán, sont particulièrement visées car elles n’ont pas, jusqu’à présent, accepté la moindre relocalisation de migrants depuis la Grèce ou l’Italie.

    Le mercredi 17 mai 2017, le Parlement européen a accepté, à une courte majorité, une motion visant à ce que la Hongrie fasse l’objet de l’activation d’une procédure prévue au sein de l’article 7 du traité de l’Union européenne visant à vérifier le respect de l’État de droit dans ce pays et pouvant éventuellement déboucher, en fin de course, sur le fait que ce dernier soit privé de droit de vote. Bien que la probabilité de voir cette requête aboutir soit extrêmement faible, celle-ci constitue le franchissement d’un nouveau cap, car une telle demande n’a jamais été réalisée auparavant par les élus européens. Elle montre l’exaspération d’une partie d’entre eux face aux mesures mises en place en Hongrie afin de protéger la population des effets néfastes de l’immigration de masse et des attaques de l’oligarchie mondialiste : construction d’un mur sur la frontière sud, projet de loi visant à renforcer le contrôle sur les organisations non gouvernementales bénéficiant de financements étrangers, loi sur les universités étrangères visant à la fermeture de l’université du milliardaire George Soros, placement en centre fermé de demandeurs d’asile…

    Les autorités hongroises, peu impressionnées, ont déclaré, ce jeudi 18 mai 2017, que le pays conservera sa législation stricte en matière migratoire et sa clôture frontalière.

    Écrivain et journaliste belge francophone Son blog
  • Au coeur de Paris, des femmes chassées des rues

    Ce sont des centaines de mètres carrés où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. Depuis plus d’un an, le quartier Chapelle-Pajol (Xe- XVIIIe), a totalement changé de physionomie : des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes.

    Les jeunes filles ne peuvent plus sortir seules, porter une jupe ou un pantalon trop près du corps sans recevoir une bordée d’injures : l’une d’elles raconte avoir subi un jet de cigarette allumée dans les cheveux.

    Nathalie, 50 ans, trente années dans le quartier :

    « Ce sont des injures, des réflexions incessantes. L’ambiance est angoissante, au point de devoir modifier notre itinéraire, notre tenue vestimentaire. Certaines ont même renoncé à sortir de chez elles ».

    Une dame de 80 ans été agressée sexuellement alors qu’elle rentrait dans son immeuble. Elle est désormais retranchée dans son appartement. Aurélie, 38 ans, ne reconnaît pas le quartier où elle vit depuis 15 ans, rue Perdonnet (Xe) :

    « Le simple fait de circuler est devenu problématique. Le café, en bas de chez moi, un bistrot autrefois sympa, s’est transformé en repaire exclusivement masculin et en permanence bondé : j’ai droit à mon lot de remarques lorsque je passe devant, d’autant plus qu’ils boivent énormément : il y a quelques jours, le simple fait de me mettre à ma fenêtre a déclenché un flot d’injures, et j’ai dû m’enfermer dans mon appartement. Il y a quelque temps encore, j’empruntais le boulevard de la Chapelle depuis Stalingrad, même tard le soir… C’est impensable aujourd’hui ».

    Laure :

    « Ces dernières semaines, j’ai été prise au milieu d’une bagarre de vendeurs à la sauvette. Affolée, je me suis mise à crier, et deux d’entre eux ont sorti des couteaux pour me menacer. J’ai cru que ma dernière heure était arrivée. Et ça fait des mois que ma fille de 12 ans ne va plus seule au collège, ni nulle part dans le quartier, d’ailleurs ».

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/05/au-coeur-de-paris-des-femmes-chass%C3%A9es-des-rues.html

  • Entretien : Les réflexions sur la violence de Thibault Isabel

    Thibault ISABEL est né en 1978, à Roubaix. Docteur en esthétique, il s’est d’abord spécialisé dans la psychologie de l’art, avant de se consacrer à la philosophie générale, l’histoire des mentalités et l’anthropologie culturelle. Il est rédacteur en chef de Krisis et auteur du livre Pierre-Joseph Proudhon. L’Anarchie sans le désordre ( Cet entretien date du numéro 46 de la revue Rébellion de 2011) 
    R/ Dans votre nouveau livre, « Le paradoxe de la civilisation », vous essayez de montrer que le problème de la fondation de l’Etat est lié à la violence qui, selon vous, anime l’homme de toute éternité. L’homme tente de se civiliser pour mettre un terme aux conflits permanents qui l’opposent à ses semblables. Pourtant, on a le sentiment en vous lisant que le développement de la civilisation est très loin de résoudre toutes les tensions qui agitent l’humanité, et que l’état de nature n’est pas nécessairement pire que le monde civilisé… 
    La question, au fond, est en effet de savoir pourquoi les hommes ne restent pas éternellement à l’état de nature, vivant dans une sorte d’innocence sauvage, animés par une douce insouciance. Ma réponse est que l’homme, s’il restait à l’état de nature, ne pourrait pas même survivre. Vivre en société n’est pas un choix : c’est une réalité plus ou moins indépassable. Notre espèce est naturellement faite pour se civiliser, car, au contraire de bien d’autres animaux, notre bagage individuel de prédateur est beaucoup trop limité pour nous permettre d’exister par nous-mêmes. Nous avons sans cesse besoin de nous associer avec des semblables, afin que tous les individus qui composent notre communauté se soutiennent mutuellement et s’assurent une protection réciproque ; mais, plus encore, faute d’instincts suffisamment nombreux pour nous dicter spontanément notre conduite vis-à-vis des autres, nous avons besoin d’établir des règles de vie collective pour permettre à notre groupe d’évoluer au mieux, c’est-à-dire dans la concorde et l’harmonie. Nous sommes bel et bien des animaux politiques, dans le plein sens du terme, puisque nous ne pouvons assurer notre subsistance qu’en nous intégrant dans le cadre plus large d’une association de personnes, d’une cité. 
    A vrai dire, pourtant, rien n’est moins simple que d’établir un groupe soudé et pacifié. L’homme s’associe à des semblables pour mieux pouvoir résister à la violence du monde extérieur, mais, lorsqu’il est rattaché à un groupe, il doit encore souvent se défendre contre ses voisins eux-mêmes, en raison des luttes intestines qui les opposent entre eux – et que nul ne parvient en général à résorber. A une violence externe (la violence naturelle), la vie en société ne fait donc souvent que substituer une violence interne (la violence économique et sociale). 
    Le processus civilisateur n’est au final rien d’autre que la tentative perpétuellement renouvelée des hommes pour structurer leur caractère et leur conduite, de manière à ce que des règles de vie justes soient instituées, puis internalisées par chacun. La tension collective vers la justice n’a de sens, en fait, que parce qu’elle doit garantir la viabilité et la pérennité du groupe : si une trop grande injustice s’installe, la vie sociale n’est plus possible, et l’assemblée des hommes implose pour retourner au chaos. Il faut par conséquent que tout le monde accepte de renoncer à une partie de ses désirs, à court terme, dans l’espoir d’en tirer un plus grand bénéfice à long terme et de faire valoir ainsi la stabilité de l’ensemble. Mais le désir égoïste et rapace ne disparaît pas pour autant, et certain espère profiter de la stabilité de l’ensemble, grâce aux sacrifices consentis par les autres, sans avoir à se sacrifier soi-même. La société se trouve alors contrainte de mettre en place des instances répressives chargées de contraindre les comportements dans des limites acceptables : et c’est à ce moment que naît l’Etat. Toute l’histoire humaine est structurée par cette ambivalence, depuis ses origines. D’un côté, les individus sont égoïstes et veulent s’approprier pour eux la part la plus belle du gâteau ; mais, de l’autre, ils se sentent dépendants de leurs congénères, les aiment et ne veulent pas se les aliéner. Le processus de civilisation est donc fragile, en ce qu’il doit parvenir à établir l’harmonie sur la base d’une nature chaotique et violente. 
    R/ L’Etat se développerait en somme pour essayer de contraindre les penchants les plus égoïstes des individus, dans le but de favoriser l’harmonie sociale… 
    Comme je viens de le dire, le problème demeure qu’il n’est pas aisé de ménager simultanément des tendances aussi antinomiques que l’égoïsme individuel et l’amour des autres. D’abord, l’Etat a souvent été monopolisé dans l’histoire par des individus, des groupes ou des intérêts abstraits qui faisaient passer leur propre avantage avant le bien commun ; en un sens, aucune politie, à des degrés divers, ne peut même jamais échapper à cet écueil. Tout établissement d’un pouvoir, quel qu’il soit, porte au moins le risque d’une éventuelle dérive autocratique, oligarchique ou démagogique. Mais la difficulté ne s’arrête pas là. Soit l’Etat impose un carcan restrictif et régule de manière satisfaisante les actions des individus – mais, dans ce cas, il brime une part de leur liberté et de leur énergie – ; soit il relâche la pression sur eux – mais, dans ce cas, il court le risque de les plonger à nouveau dans le désordre, l’anarchie et le « laissez-faire ». En fait, à titre personnel, je ne pense pas qu’il soit bon de broyer la part d’ambition, voire même d’individualisme, qui compose la nature de l’homme. Cette ambition et cet individualisme ne doivent pas se transformer en égoïsme, bien sûr, et doivent plutôt se combiner avec un sens affirmé du bien commun ; mais, sans eux, nous n’aurions en tout cas aucun esprit d’initiative, aucune créativité, aucun goût véritable pour la vie. Or, le drame de l’Etat est que, plus il s’étend pour contraindre l’égoïsme, plus il brime aussi notre énergie vitale dans ce qu’elle a de plus noble… D’où le malaise dans la civilisation dénoncé par Freud, non parce que notre civilisation serait malade, mais parce que toute civilisation industrielle et étatisée, quelle qu’elle soit, porte en elle une frustration névrotique du désir et un frein aux libertés, si bien qu’il faut craindre que le développement des sociétés avancées aille toujours de pair avec un renoncement au bonheur, comme l’affirmait le père de la psychanalyse. 

  • Macron : une popularité toute médiatique - Journal du vendredi 19 mai 2017

  • Marion Maréchal : « La question identitaire permet de transcender les clivages »

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    Valeurs-actuelles-Marion-Maréchal-250x350.jpgMarion Maréchal-Le Pen a accordé un long entretien à Valeurs actuelles, qui doit être lu dans son intégralité. L’hebdomadaire l’appelle son « testament politique ». Il aurait pu être titré Messages d’espoir. Nous en avons extrait ces passages.

    V. A. : François Fillon s’adressait à la droite traditionnelle, Marine Le Pen a séduit les classes populaires. Tous deux ont perdu cette élection présidentielle. Est-il possible de réconcilier ces deux électorats ?

    MMLP : Je pense que la stratégie victorieuse réside dans l’alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires. C’était la synergie qu’avait réussie Nicolas Sarkozy en 2007. Indéniablement, il y a des gagnants et des perdants de la mondialisation, une fracture territoriale, une France périphérique, une fracture mondialistes-patriotes, mais je crois que la droite traditionnelle et les classes populaires ont un souci commun, c’est celui de leur identité. Pas l’identité comme un folklore artificiel ou comme un musée qu’on dépoussière, mais comme un ciment social.

    L’identité, c’est ce qui nous donne le sentiment d’être un peuple, en dépit de lieux de vie différents, de modes de vie différents. Et ce ciment social a été brisé à plusieurs égards. L’enjeu essentiel de civilisation, à mon sens, est de savoir comment conserver, protéger, transmettre et vivifier ce ciment social. C’est là qu’intervient la question de l’école, de la transmission, de la culture, de nos traditions, de notre patrimoine, d’un certain mode de vie.

    Le philosophe François-Xavier Bellamy dit que l’avantage de la culture, c’est que c’est le seul bien qui se partage indéfiniment sans jamais léser personne.Si on s’attache à la transmission et à la vivification de la France, nation littéraire, nation philosophique, nation historique, à partir de là, on peut défendre ce ciment social et sauver le pays des fractures qui l’attendent.

    V.A. : La question identitaire unifierait donc toutes les droites ?

    MMLP : La question identitaire permet de transcender les clivages. Elle comporte une dimension abstraite, c’est vrai, avec des symboles, la Marseillaise, la devise, notre patrimoine républicain, et une dimension charnelle, notre terre, notre terroir, notre gastronomie, la pierre locale avec laquelle on construit sa maison. Ces deux dimensions sont complémentaires.

    Pour parler de stratégie, le souci commun de l’électorat de la droite conservatrice et de la France périphérique, qui n’ont pas le même rapport à la mondialisation, c’est le souci de la transmission de leur patrimoine matériel et immatériel. À partir de ce constat, on peut imaginer des passerelles pour les rassembler et apporter des réponses en commun.

    V.A. : Mais le programme très libéral de Fillon était un repoussoir pour les classes populaires, et la sortie de l’euro de Marine Le Pen effraie la droite…

    MMLP : Voilà pourquoi je parle de passerelles. Quand une partie de la France conservatrice défend le mariage et la filiation, elle défend aussi une partie de l’identité française avec une certaine idée des rapports humains basée sur le bien commun et l’intérêt du plus faible plutôt que sur la jouissance et l’envie de l’individu dans une liberté sans limite.

    C’est donc un combat identitaire, qui peut rejoindre le combat identitaire des classes populaires plus axé sur les questions liées à l’immigration et au multiculturalisme. Bien sûr, il peut y avoir des divergences économiques, mais les moteurs de vote sont essentiellement spirituel, culturel et identitaire : les masses ne bougent pas autour de l’économie.

    Ce qui relie ces deux électorats, c’est donc le conservatisme. Il peut s’agir de conservation de l’identité, d’un mode de vie, mais aussi du patrimoine, des entreprises, d’un modèle économique à défendre en régulant la mondialisation.

    V.A. : Vous revendiquez-vous conservatrice ?

    MMLP : Oui, car je défends la conservation de ce qui est beau et juste dans notre histoire, je souhaite conserver les leçons de nos expériences passées ainsi qu’une certaine vision de l’homme, de sa dignité, du refus de sa marchandisation, d’ailleurs partagée par une majorité de Français.

    Extrait d’un entretien avec Marion Maréchal-Le Pen paru dans Valeurs actuelles

    https://fr.novopress.info/

  • Anne-Sophie Lapix est beaucoup plus dangereuse que n'importe quel général soviétique.

  • Edouard Philippe, impliqué dans le pillage de l’uranium du Niger par Areva et dans un conflit d’intérêt

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    L’Observatoire du nucléaire dénonce la nomination au poste de premier ministre de M. Edouard Philippe qui n’est en rien le personnage "modéré" que la communication macronienne tente de mettre en scène. Bien au contraire, M. Philippe a les mains très sales, ou plutôt… radioactives. En effet, lorsqu’il travaillait pour la multinationale atomique Areva, il a participé à de sombres manœuvres dans les coulisses uranifères de la Françafrique. 
    . En octobre 2007, Edouard Philippe est nommé directeur de la communication et directeur des affaires publiques d’Areva. Son activité principale est alors de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome. Il est ainsi en contact rapprochés avec Marc Vampa, député de l’Eure et président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée Nationale (*). 
    . C’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice, mouvement touareg en rébellion contre le pouvoir central de Niamey (**). 
    . En effet, les maigres revenus de l’uranium, largement sous payé depuis des décennies par Areva, ne bénéficient en rien à la population, et encore moins aux Touaregs, alors que les mines d’uranium sont situées dans leurs zones traditionnelles de vie. 
    . Il est donc logique de considérer que les manoeuvres en coulisse de M Philippe ne sont pas étrangères aux graves troubles qui ont eu lieu par la suite dans la zone sahélienne (Niger/Mali) et dans le fait que, poussés par la misère, des groupes Touaregs aient fini par s’allier à des mouvements djihadistes. 
    . Mais, surtout, il est légitime de se demander pour qui agit M Philippe lorsqu’il est en charge des affaires publiques, que ce soit auparavant comme maire du Havre et désormais comme premier ministre. 
    . Une première réponse est apportée par le fait que, à peine assis dans le fauteuil de maire du Havre (aimablement offert par son prédécesseur qui a démissionné en cours de mandat !), Edouard Philippe a offert un pont d’or… à son ancien employeur Areva, pour qu’il installe deux usines d’éoliennes off-shore, projet finalement abandonné piteusement en septembre 2016 : il serait intéressant d’enquêter pour voir ce que la sympathie d’Edouard Philippe pour Areva a finalement coûté aux citoyens-contribuables… 
    . On notera d’ailleurs que, de 2007 à 2010, M. Philippe a cumulé sans état d’âme son poste chez Areva et son mandat d’adjoint au maire du Havre mais, aussi, que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) lui a infligé un blâme pour avoir refusé de fournir des informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi.