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L'enfumage médiatique sur l'attentat en Isère
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L’art de la guerre au nouveau Moyen Age
La mondialisation comme nouveau Moyen Age :- L’allégeance stato-nationale unique fait place à une pluralité d’allégeances tribales (mafias, diasporas, gangs, etc.).
- Il y a dissociation des rapports de droit et des rapports de fait : des institutions ayant pignon sur rue se vident de leur substance, des organisations informelles montent en puissance.
- On assiste à un retour d’une forme de darwinisme politique (en raison de la diversité et de la pluralité des formes d’organisation qui émergent) : ceux qui survivent ne sont pas les plus forts, mais ceux qui s’adaptent.
Conséquence : on ne se bat plus pour défendre des institutions (État, armée),mais une civilisation (Kultur), une communauté, des valeurs – la substance remplace l’instance.On se bat comme on produit les richesses :- Non plus de manière industrielle, massive et centralisée mais, selon les nouveaux paradigmes de la société de l’information, de façon décentralisée, en réseaux.
- La loi des petits nombres remplace la loi des grands nombres : c’est le retour de l’initiative individuelle.
Conséquence : du point de vue de la conduite de la guerre, le système d’arme dominant n’est plus lié à la haute technologie ou à la puissance de feu : ce sont les idées qui dominent d’après le leitmotiv – créer la culture, donner les moyens, laisser faire le travail.La théorie du chaos :- La vue globale n’est pas donnée a priori.
- Avec la complexité du monde actuel, le schéma d’ensemble découle a posteriori de l’accumulation de phénomènes apparemment sans lien avec les autres.
- Dans ces circonstances, le seuil critique une fois atteint, une simple perturbation – à première vue anodine – peut provoquer un véritable « raz de marée » (effet papillon) : fragilité des sociétés (pauvreté, no future) + fragilité des infrastructures (panne générale, catastrophe naturelle) + fragilité de l’Etat (dette publique, déficit budgétaire) = rupture de l’ordre social (Katrina, émeutes diverses).
Conséquence : une réponse étatique et centralisée est contre-productive, seul un système décentralisé, bottom-up, redondant et autonome peut faire face.L’affrontement des volontés :- Aujourd’hui, cet équilibre change d’échelle : l’affrontement dialectique des volontés (cœur de la stratégie) n’a plus lieu entre États ni entre armées, mais entre les individus eux-mêmes (terroristes, gangs, bandes criminelles).
Conséquence : l’individu remplace l’État en matière de défense et de sécurité(d’où l’importance de ce qu’on appelle les forces morales : motivation, fraternité d’armes, slogan).La destruction de l’intérieur :- A la menace d’un anéantissement de l’extérieur (invasion, occupation militaire étrangère, etc.) succède dorénavant celle d’une destruction de l’intérieur (prise en main des populations par le crime organisé ou les narco-trafiquants, insécurité et émeutes dégénérant en une situation de chaos généralisé).
Conséquence : du point de vue tactique, le schéma de raisonnement n’est plus celui de la concentration – fixation – anéantissement (schéma classique de la bataille réglée), mais bel et bien celui de dilution – imbrication – destruction.- Objectif (Zweck politique) : c’est la civilisation qui est visée plutôt que l’État (choc des cultures, djihad)
- But (Ziel militaire) : vider l’État de sa substance (clans, gangs et bandes remplacent le peuple et la nation)
- Ennemi : ce n’est plus un autre État, mais un adversaire structuré en groupes et réseaux open source
- L’individu remplace l’État en matière de défense et de sécurité
- Les forces morales dominent
Bernard Wicht, Europe Mad Max demain ? Retour à la defense citoyenne
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Yanis Varoufakis accuse les créanciers de la Grèce de « terrorisme »
Le ministre grec des Finances reproche, dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo, aux créanciers d’avoir forcé la Grèce à fermer les banques, qui rouvriront mardi, « quelque soit le résultat du référendum ».
« Ce qu’ils font avec la Grèce a un nom : terrorisme », accuse Yanis Varoufakis dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo, samedi 4 juillet. Le ministre grec des Finances reproche également aux créanciers de la Grèce de vouloir « humilier les Grecs », qui se prononceront lors du référendum de dimanche sur leurs dernières propositions de réformes.
« Pourquoi est-ce qu’ils nous ont forcés à fermer les banques ? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s’agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme », développe le ministre en parlant de la politique menée par les créanciers d’Athènes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l’Union européenne. Il a d’ailleurs affirmé que, quelque soit le résultat du référendum, les banques grecques rouvriront mardi.
Faute d’être parvenu à un accord avec les créanciers sur une prolongation d’un programme d’aide financière au-delà du 30 juin, le gouvernement de gauche radicale grec a annoncé la fermeture des banques et le contrôle des capitaux jusqu’au 6 juillet.
Quel que soit le résultat du référendum de dimanche - le Premier ministre Alexis Tsipras appelle à voter non, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, oui - les banques du pays rouvriront et « il y aura un accord avec les créanciers, j’en suis complètement et absolument convaincu. L’Europe a besoin d’un accord, la Grèce a besoin d’un accord, de sorte que nous arriverons à un accord », assure Yanis Varoufakis. Si le oui l’emporte, le ministre affirme qu’Alexis Tsipras se rendra à Bruxelles et trouvera un accord. Même si cette réponse du peuple grec menacera la démocratie car elle signifiera que la peur l’a emporté, dit Yanis Varoufakis dans El Mundo. [....]
La suite sur Le Figaro.fr
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Yanis-Varoufakis-accuse-les
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Les USA sur le point d’entreprendre l’invasion de la Syrie.
À l’insu du grand public, ce ne sont pas les politiciens élus qui sont à l’origine des politiques qui lient leur destinée à celui de la nation ou à la sphère géopolitique. Ce sont plutôt les groupes de réflexion financés par la grande entreprise et les grands financiers – des équipes de décideurs non élus qui transcendent les élections et qui produisent des documents servant ensuite de fondement aux dispositions législatives qui reçoivent l’aval des « législateurs » et qui sont aussi repris et répétés ad nauseam par les grands médias.
Un document de politique de ce genre a été récemment produit par le tristement célèbre groupe de réflexion US Brookings Institution, document intitulé Deconstructing Syria: Towards a regionalized strategy for a confederal country [Déconstruction de la Syrie : vers une stratégie régionale pour la création d’un pays confédéré].
Cette conspiration à découvert, signée et datée, visant à diviser, à détruire, puis à occuper progressivement une nation souveraine située à des milliers de kilomètres des rives de l’Amérique illustre de manière peu rassurante à quel point l’impérialisme moderne demeure dangereux et tenace, même en ce 21e siècle.
Le groupe armé État islamique (EI) comme prétexte : les USA ont versé des milliards de dollars à des « modérés » qui n’existent pas
Les auteurs de ce document admettent ouvertement que les USA ont fourni des milliards de dollars pour armer et entraîner des militants qui ont servi à alimenter un conflit dévastateur aux proportions de plus en plus régionales. Ils admettent que les USA maintiennent des opérations en Jordanie et en Turquie, membre de l’OTAN, afin d’injecter encore plus d’armes, d’argent liquide et de combattants dans ce conflit déjà catastrophique, et qu’ils devraient même élargir leurs opérations.
Ils relatent ensuite l’ascension du prétendu « État islamique » (EI), sans toutefois expliquer la provenance de son financement et de ses armes. Le lecteur comprendra sans peine que si les États‑Unis ont engagé des milliards de dollars en argent comptant, en armement et en entraînement pour soutenir sur de multiples fronts de prétendus «modérés» qui, en somme, n’existent pas sur le champ de bataille, un soutien étatique plus grand encore serait requis pour la création et le maintien de l’EI et du Front al‑Nosra d’Al-Qaïda qui, de l’aveu même de la Brookings Institution, dominent sans conteste l’« opposition ».
En réalité, les lignes d’approvisionnement de l’EI conduisent tout droit aux zones opérationnelles US en Turquie et en Jordanie, car c’est bien l’EI et Al-Qaïda que l’Occident prévoyait utiliser avant même que le conflit n’éclate en 2011, et sur lesquels il a depuis fondé sa stratégie – y compris la plus récente étape de la campagne.
L’invasion US de la Syrie
Après avoir armé et financé une armée de terroristes d’Al-Qaïda occupant littéralement la superficie d’une région entière, les États‑Unis prévoient maintenant profiter du chaos qui en résulte pour justifier ce qu’ils recherchent depuis le début du conflit, alors qu’il était devenu évident que le gouvernement syrien n’allait ni capituler ni s’effondrer – soit l’établissement de zones tampons aujourd’hui qualifiées par la Brookings Institution de « zones sécuritaires».
Une fois créées, ces zones accueilleront des forces armées US, qui occuperont littéralement des territoires syriens saisis, nettoyés par des alliés interposés, dont des groupes kurdes et des bandes de combattants d’Al-Qaïda dans le Nord, et des milices terroristes étrangères opérant le long de la frontière jordano‑syrienne dans le Sud. La Brookings Institution va même jusqu’à admettre que plusieurs de ces zones seraient créées par des extrémistes, mais que les critères de « pureté idéologique » seraient en quelque sorte «abaissés».
Les États‑Unis supposent que lorsqu’ils se seront approprié ce territoire et que des troupes US y seront stationnées, l’Armée arabe syrienne n’osera pas attaquer de crainte de provoquer une réaction militaire US directe contre Damas. Dans son document, la Brookings Institution affirme ce qui suit (c’est nous qui soulignons) :
L’idée serait d’aider les éléments modérés à établir des zones sécuritaires fiables à l’intérieur de la Syrie lorsqu’ils seraient en mesure de le faire. Les forces étasuniennes, de même que les forces saoudiennes, turques, britanniques, jordaniennes et autres forces arabes, agiraient comme soutiens, non seulement à partir des airs, mais par la suite au sol, et ce, par l’intermédiaire des forces spéciales. La stratégie mettrait à profit le terrain désertique ouvert de la Syrie, qui permettrait la création de zones tampons où serait surveillé tout signe d’attaque ennemie au moyen d’outils technologiques, de patrouilles et autres méthodes pour la mise en place desquelles les forces spéciales externes pourraient venir en aide aux combattants syriens locaux.
Si Assad était assez bête pour menacer ces zones, et même s’il parvenait en quelque sorte à forcer le retrait des forces spéciales externes, il perdrait sans doute sa puissance aérienne au cours des frappes de représailles qui s’ensuivraient, menées par ces mêmes forces, ce qui priverait ses militaires de l’un des seuls avantages dont ils bénéficient par rapport à l’EI. Il serait donc peu probable qu’il le fasse.
En un seul énoncé, la Brookings Institution admet que le gouvernement syrien n’est pas engagé dans une guerre contre son peuple, mais contre l’« Etat islamique » (EI). Il est évident que la Brookings Institution, les politiciens et autres stratèges partout en Occident se servent de la menace que représente l’EI combinée à celle d’une intervention militaire directe comme levier devant finalement leur permettre d’envahir le territoire syrien pour se l’approprier entièrement.
L’invasion pourrait réussir, mais pas au profit des alliés interposés des USA
Le plan tout entier suppose de la part des États‑Unis d’abord la capacité de s’approprier ces « zones » et de s’y maintenir et, ensuite, celle de les articuler en régions autonomes fonctionnelles. Des tentatives similaires de « construction de nations » par les USA sont aujourd’hui visibles en Afrique du Nord dans l’État en déroute qu’est devenue la Libye, voisine sud‑est de la Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Somalie… la liste est longue.
La folie de ce plan, tant par les tentatives de recourir pour le mettre en œuvre à une crédibilité non existante et à la force militaire, que du fait de ceux qui sont suffisamment bêtes pour faire confiance à un pays qui a laissé dans son sillage à l’échelle de la planète une bande de destruction et d’États en déroute allant du Vietnam du Sud à la Libye, aller-retour, ne peut être qualifiée que de monumentale.
Il est presque certain que cette stratégie peut servir à achever la destruction de la Syrie. Elle ne peut toutefois pas servir à réaliser l’une ou l’autre des promesses que feront les États‑Unis, quelles qu’elles soient, pour obtenir la coopération des divers acteurs nécessaires à sa réussite.
Il existe assurément des mesures que la Syrie, ses alliés l’Iran et le Hezbollah, de même que la Russie, la Chine et d’autres nations qui subissent les menaces hégémoniques occidentales peuvent prendre pour empêcher les forces US de s’approprier et de conserver des parties du territoire syrien et de réaliser ce qui constitue essentiellement une lente invasion. Déjà, les USA ont utilisé comme prétexte la présence de leurs propres hordes d’ISIS pour se livrer à des opérations militaires sur le territoire syrien, ce qui, comme prévu, a conduit à l’étape suivante d’invasion progressive.
Une augmentation des forces de maintien de la paix non otanaises en Syrie pourrait en définitive faire échec aux plans de l’Occident. La présence d’Iraniens, de Libanais, de Yéménites, d’Afghans ou d’autres forces partout en Syrie, particulièrement en bordure de la « zone » que les USA s’efforcent de créer, pourrait placer ces derniers devant l’éventualité d’une confrontation multinationale pour laquelle ils n’ont ni la volonté politique ni les ressources nécessaires.
En dernière analyse, la capacité de la Syrie et de ses alliés à opposer une force de dissuasion suffisante à l’agression US en Syrie, et ce, tout en coupant les lignes logistiques utilisées par les USA pour approvisionner ISIS et d’autres groupes terroristes actifs en Syrie et en Irak, sera déterminante pour la survie de la Syrie.Tony Cartalucci
Notes :
Tony Cartalucci : rédacteur et analyste en géopolitique basé à Bangkok. Il écrit surtout pour le magazine Web New Eastern Outlook
Sources : New Eastern Outlook, traduit par Mondialisation.caAl manar :: lien
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Politique éco n°50 : La désinformation économique
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Quelle suite donner à la Manif pour tous ?
Dans le Monde & Vie, l'abbé de Tanouarn a longuement interrogé Guillaume de Prémare, premier président de la Manif pour tous. Extrait :
"Est-ce qu’aujourd’hui le fait de vous être spécialisé contre la loi Taubira sur le mariage homosexuel ne vous ferme pas un certain nombre de portes ?
Si le mouvement social issu de LMPT s’en tient là, oui en effet cela lui ferme les portes de l’histoire. La mondialisation et la postmodernité font naître aujourd’hui une nouvelle question sociale qui dépasse largement les conditions d’une classe sociale, comme ce fut le cas au XIXe siècle avec la classe ouvrière. Il s’agit de la nature et de la qualité du lien social pour toute une population. Il faut se saisir de ces questions et retrouver notre vocation de catholiques sociaux. Le grand Mouvement social né le 17 novembre 2012 dépasse les frontières de la structure qui l’a fait naître. LMPT est comme le navire-amiral d’une extraordinaire force de mobilisation ; mais la vocation politique des catholiques ne se réduit pas à LMPT. Chez Ichtus, nous réfléchissons et travaillons actuellement à toutes ces questions.
A Ichtus, vous faites office de formateur pour l’action politique. Mais ne croyez-vous pas que l’action politique devient aujourd’hui presque impossible ?
Il y a une faillite politique en haut et il faut reconstruire la chose publique échelon par échelon, en commençant par le bas. Il y en a au moins pour vingt ou trente ans de travail ! Au fond, il s’agit avant tout de retrouver ce que Gustave Thibon appelait des communautés de destin. Il y a, disait Thibon, des communautés de ressemblance, dont on fait partie justement dans la mesure où l’on se ressemble ; et il y a les communautés de destin, auxquelles se rattachent des personnes qui ne se ressemblent pas mais poursuivent un bien qui leur est commun. Il nous faut retrouver le bien commun à telle ou telle communauté de destin ; et pour cela, que chaque terroir s’assigne un objectif de définition et de poursuite d’un bien commun : il y a un bien du Pays de Caux ou du Pays de Rouergue. Revenir à nos pays de France et y construire des communautés de destin représente à mon avis une piste d’alternative réellement politique, le lieu d’amitiés culturelles, sociales et politiques qui refont un peuple et in fine une nation.
Vous ne croyez pas que nous sommes au contraire condamnés au multiculturalisme et d’abord au communautarisme ?
Nous sommes en ce moment dans un processus de confiscation des libertés et responsabilités locales. Les pays n’ont plus le droit d’exercer leur responsabilité sur eux-mêmes. La mondialisation est une sorte de monstre qui absorbe tout au nom du Marché. Le communautarisme ethnique ou religieux n’est pas la bonne solution pour résister à cette pompe aspirante. Pour reconstruire les communautés de destin, le monde catholique lui-même doit se dé-communautariser. Il doit être capable de passer de la communauté de ressemblance à la communauté de destin. En sortant dans la rue avec LMPT, c’est ce mouvement qu’il a initié, il faut le poursuivre et franchir de nouvelles étapes. C’est une révolution copernicienne qu’il s’agit d’entreprendre pour faire émerger un nouveau catholicisme social plutôt qu’un catholicisme communautarisé ou accroché à une forme de conservatisme patrimonial. La Manif pour tous et le mouvement social qui en est né, nous montre ce chemin. Il faut s’y engager résolument. On est sorti du ghetto en novembre 2012. Par pitié, n’y retournons pas !"
Vous trouverez ici de plus amples explications sur les communautés de destin, que Gustave Thibon voulait renforcer pour contrecarrer l'émergence d'un Etat totalitaire.
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JT du Lundi 06 Juillet 2015
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L'idéologie migratoire
Dans le nouveau numéro du Monde & Vie :
"Le mot « migration » était rarement employé à propos d’êtres humains, sinon de manière très technique ou scientifique. Aujourd’hui, ce terme avec toute sa déclinaison (migrants, migrer) tend à remplacer les mots formés autour de l’immigration (immigrant, immigré). On n’immigre plus. On n’émigre pas davantage d’ailleurs. On migre. Le mot est neutre, sans indication ni d’une provenance ni d’une destination, comme s’il désignait un statut de l’homme moderne. L’homme moderne est forcément un migrant. Les migrants ce ne sont pas seulement ces gens qui arrivent dans des barques de bois et sont secourus par la marine italienne. Ce sont aussi tous ces jeunes ouverts au monde et qui, parce que la France est décidément trop petite vont migrer, c’est-à-dire s’installer à l’étranger. Reviendront-ils ? Ne reviendront-ils pas ? Ils n’en savent rien. Mais de plus en plus, la France ne compte pas pour eux, pas plus que ne comptent l’Erythrée ou la Syrie pour ceux qui fuient leurs pays livrés aux guerres de clans et aux guerres religieuses. La terre n’est plus « le sol natal ». Elle appartient – Marché oblige ! – à celui qui sait la mettre en valeurs. Ainsi en Afrique des milliers de kilomètres carrés ont-ils été vendus aux Chinois. De la même façon, Jean-Pierre Raffarin proposait récemment de mettre à la disposition des migrants des villages français inoccupés ou peu occupés, estimant sans doute que des populations jeunes sauraient mieux mettre en valeur le territoire. On instrumentalise les drames que vivent les migrants sur leur terre et on oublie qu’ils ont, eux aussi, droit à leur terre et que nous avons le devoir de les aider à y rester au lieu de bombarder et d’encourager la Guerre civile. Mais peu nous chaut ces drames-là où ils arrivent. Et au fond, pensons-nous, tant mieux s’ils favorisent la disparition de nations entières (Irak, Syrie Erythrée etc.). Migrer devient un état d’esprit, hautement positif et à encourager, une expression de l’idéologie nihiliste en vogue. Puisqu’il importe de donner un nom aux réalités nouvelles pour mieux les désigner, pourquoi ne pas parler à ce sujet d’une nouvelle idéologie : l’idéologie migratoire ?"
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Piero San Giorgio - Conférence a Tunis
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Les associations immigrationnistes : les Thénardiers de « Big Other » (3/3) – (DAL)
L’association Droit au logement (DAL) – L’aide au squat.
L’association « Droit au logement » a été pendant 15 ans (1987-2001) à la fois le tenant et l’aboutissant de la plupart des opérations de squat à Paris. Le sigle DAL s’entremêla jusqu’à l’amalgame à l’histoire du squat pendant toute cette période.
Le squatt collectif fut, et reste (plus sporadiquement), d’abord une opération de communication politique à grand spectacle dont l’objectif n’était pas, contrairement à ce qu’on faisait croire aux squatteurs, de reloger des familles misérables, mais d’attirer l’attention du public, par presse interposée, sur les intolérables carences des pouvoirs publics en matière de logement social. Curieusement, les municipalités visées par ces opérations de com’ étaient à peu près toujours de droite. Et particulièrement celle de Paris.
Jusqu’à peu près en 1986, les squats parisiens existaient, certes, mais à l’état sporadique, et surtout sous un statut de totale marginalité : ils étaient peu connus du grand public et considérés comme un phénomène pathologique, réprouvé et combattu comme tel.
Le regard porté sur les squats changea radicalement à partir de 1987. C’est à cette date que se constitue et que se médiatise immédiatement l’association « comité des mal logés » qui, trois ans plus tard, deviendra « DAL ». C’est dès cette époque qu’apparaît sur les écrans des « 13 heures » celui qui devait rester pendant 20 ans le grand ordonnateur des squats parisiens : Jean-Baptiste Eyraud.
Impliqué très jeune dans l’extrême gauche maoïste, militant du groupe « Gauche prolétarienne », il est structuré par une idéologie où l’on reconnaît le point le plus achevé du collectivisme marxiste, celui où l’Etat ne règne pas seulement sur les moyens de production, mais englobe et régente la personne humaine dans sa totalité en la tenant sous perfusion.
Sa tactique : le squat. Récusant toute légitimité au droit bourgeois et particulièrement à la propriété, tenant pour acquise sa propre légitimité (le bon vieux « A chacun selon ses besoins »), il se donne pour mission de prendre la tête d’une armée de familles mal logées pour les emmener à la conquête des logements vides dont ils avaient besoin, et, au-delà, du pouvoir à Paris.
Ses troupes : un peu « attrape-tout » au début, les tacticiens de DAL comprirent rapidement le parti qu’ils pouvaient tirer des « demandeurs de logements d’origine africaine ». Cette catégorie présentait en effet un faisceau de qualités propices à son combat :
– d’abord un profil objectivement défavorisé au regard du logement : minorité visible, généralement dotée de revenus faibles, souvent sans emploi, voire dépourvue de titre de séjour ;
– en second lieu, une réactivité aisément mobilisable sur le thème du pays de cocagne (2), par ailleurs facile à convaincre que l’absence de suite réservée à ses demandes de logement procédait de motivations racistes. La troupe africaine se révéla donc à la fois docile, enthousiaste et très collective.
Dans le décor ainsi planté se déroula, entre 1987 et 2001, une vaste guerre de positions. DAL et ses troupes occupaient de vive force les locaux vides qui étaient propriété de la Ville.
La guerre qui s’ouvrit fut également celle des communiqués. Dûment formé aux techniques de l’agit-prop, Eyraud se révéla en outre un redoutable communicant. Chaque action de squat était accompagnée – et souvent précédée – de contacts avec la presse et la télévision. Il arriva (au 61 rue d’Avron, par exemple) que les caméras fussent en batterie avant même que les squatteurs – tous africains – n’arrivent. A l’arrivée, l’association poussait son avantage : elle feignait de « découvrir » que les appartements squattés étaient insalubres et périlleux, et de plus recouverts de peinture au plomb : ils présentaient donc un risque majeur pour les enfants ! Suite à quoi, DAL organisait des manifestations devant l’Hôtel de Ville ou des occupations du service du logement pour exiger le relogement des squatters. L’exigence de relogement était relayée au Conseil de Paris par toute l’opposition et soutenue par une presse quasi unanime.
La presse parisienne, c’est-à-dire Le Monde, Libération et Le Parisien, entonna, unanime, deux refrains :
– le premier : « Dans la froide nuit d’hiver, des familles entières dorment sous les bâches » ;
– le second : « La population du quartier, unanime, apporte son soutien aux squatters. Des mères de famille offrent des pâtisseries, préparent des thermos de café et distribuent du chocolat aux enfants. »
Ce fut l’époque des pages de reportages mettant en scène (au sens propre) des enfants souriants et des mères de famille – presque toujours africaines – extasiées devant « leur nouveau logement ». Citation : « Ici, on a de l’espace, et une cuisine ! » ou « Maintenant j’ai même une chambre pour moi toute seule ! ».
Les « vrais voisins » ne tardaient pas à faire l’opération vérité sur leur nouveau voisinage. Le squat, en effet, connaissait l’évolution naturelle des occupations illégales : il donnait asile aux activités « marginales » et aux comportements de toute sorte : cuisines collectives, activités de coiffure ethnique, puis trafics en tout genre, vacarme, mendicité agressive dans le voisinage, spectacle de délires alcooliques, bagarres. Les riverains de la rue du Dragon se souviennent encore de tout cela, comme ils se souviennent de la rixe mortelle ayant opposé deux SDF sur la voie publique contiguë. De même pour les riverains du squat de la rue du Rhin (XIXe) qui se constituèrent en association pour se plaindre de l’insécurité créée par les trafics dont le squat était l’épicentre.
Encore un mot sur une des obsessions idéologiques portées par DAL, remise sur le tapis encore aujourd’hui par une gauche engluée dans son déni de la réalité : j’ai nommé la réquisition.
Pris en tenaille entre le politiquement correct et l’électoralisme, les politiques décidèrent en 1994 de céder à la pression de DAL. Cela donna les résultats prévus : une catastrophe – catastrophe économique, sous la forme d’un effroyable, d’un honteux gâchis de fonds publics ; et catastrophe sociale, avec des relogements provisoires qu’il fallut recommencer 5 ans plus tard. Avant de loger qui que ce soit, il fallut réhabiliter les immeubles (impropres à l’habitation), tout en sachant que les travaux seraient en pure perte : les immeubles devaient être restitués au bout de cinq ans.
Pour masquer le caractère de gabegie de cette opération, les pouvoirs publics inventèrent la notion de « mise en état d’habitabilité », pour faire croire que les travaux seraient peu coûteux. Bien sûr, il n’en fut rien. Les travaux furent réalisés dans des conditions expéditives. Mais avec quels résultats ! Lorsqu’on envisagea cinq ans plus tard la restitution des immeubles, les travaux étaient intégralement à recommencer.
Mais dans ce royaume d’Ubu, les pouvoirs publics allèrent jusqu’au bout de leur logique : il fallait restituer les immeubles ; il fallut donc reloger les « bénéficiaires » dans le parc HLM.
Cinq ans de provisoire, de logements précaires, de conflits, de dépenses « d’accompagnement social », des fortunes gaspillées pour faire deux fois des travaux inutiles. Tout ça pour remettre finalement les familles dans les logements sociaux « de droit commun » ; tout ça pour rien.
Mentionnons que la presque totalité des familles bénéficiaires de ces réquisitions étaient issues de l’immigration.
Les pouvoirs publics et les associations feignent aujourd’hui d’avoir oublié ces circonstances et on entend à nouveau les formations de gauche chanter les louanges de la réquisition.
Autistes ? Pas seulement.
S’ils feignent d’ignorer l’absurdité kafkaïenne du processus de réquisition tel que le prévoit la loi de la République, c’est surtout parce que ce n’est pas de la même réquisition qu’ils parlent : ce qu’ils appellent de leurs vœux, c’est purement et simplement la confiscation, dans laquelle l’Etat dépossède un propriétaire sans indemnité.
Dans ces conditions, effectivement, la réquisition peut être un moyen de reloger à bon compte. Le seul inconvénient de ce processus commode, c’est que, quand on est arrivé là, on est déjà jusqu’au cou dans le totalitaire !
Le triomphe de l’association DAL fut consommé quand la municipalité Delanoë arriva au pouvoir : ordre fut donné aux services de reloger par priorité les protégés de l’association.
C’est ainsi que, de 2002 à 2006, les relogements réalisés par les services administratifs de la Ville de Paris (dits « relogements urgents ») bénéficièrent, à près de 90% (chiffre vérifiable) à des squatteurs, majoritairement originaires de l’Afrique subsaharienne.
Julius Muzart, 3/07/2015
Notes :
(1) Le « Camp des Saints » (de Jean Raspail) plus que jamais assiégé
(2) Thème facile à faire prospérer dans la mesure où il est la plupart du temps à la base de la décision de migrer. Ce thème a reçu, dans les mêmes années, le soutien de la thèse de « la dette imprescriptible » des pays colonisateurs à l’égard des ex-colonisés.http://www.polemia.com/les-associations-immigrationnistes-les-thenardiers-de-big-other-33-dal/