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actualité - Page 4724

  • Le jour où les multinationales feront les lois par Roberto FIORINI

    La doctrine libérale n’aime pas les lois, règlements et autres textes ou organisations qui l’empêchent de mener à bien son œuvre de prédation. Rien ne doit entraver le libre fonctionnement du marché, leur refrain est bien connu. Avec le marché transatlantique qui se construit une nouvelle étape de la dictature économique va se mettre en place. (Voir plus en détail dans le numéro 57 de la revue de Terre et Peuple l’article sur ce sujet, intitulé « Le marché transatlantique qui va soumettre l’Union Européenne aux U.S.A. »)

    Une phrase anodine donne pourtant le vertige dans cet accord transatlantique, car elle rappelle les mesures similaires que les marchands ont déjà tenté de faire passer avec l’A.M.I. (Accord multilatéral sur l’investissement) fin des années 90 pour régler les litiges entre les États et les multinationales : « l’accord devrait viser à inclure un mécanisme de règlement des différends investisseur – État efficace et à la pointe, assurant la transparence, l’indépendance des arbitres (1) ».

    Vous lisez bien, avec cet accord, les multinationales pourraient remettre en cause les lois du pays qui les accueillent ! Potentiellement de nombreux champs d’intervention de l’État et de sa législation seraient touchés.

    Un tribunal arbitral, indépendant de toute souveraineté populaire

    Ce nouveau tribunal arbitral « indépendant », qui devra naître, permettrait, par exemple, à une multinationale de traîner un État en justice dès lors que des réglementations de cet État créent des différences de traitement entre les investisseurs nationaux et étrangers, ou encore si ils créent des conditions de concurrence déloyale.

    Pour citer un exemple, les lois en matière de protection des salariés pourraient être annulées si elles sont plus sévères que dans d’autres pays où l’investisseur est établi. Là bas il n’y a pas de S.M.I.C., alors je ne vois pas pourquoi je devrais payer des salaires plus élevés ici que là bas.

    Aux U.S.A. on peut licencier sans préavis, alors pourquoi tolérer qu’en France on ne puisse pas en faire autant. Aux U.S.A. on peut mettre sur le marché des produits tels les O.G.M., dont les européennes ne veulent pas, et demain qu’est ce qui empêcherait Monsanto, de porter l’affaire devant les tribunaux, et en plus d’avoir gain de cause, d’empocher des millions d’indemnités, payées par les contribuables, pour avoir fait entrave au sacro-saint commerce !

    Ainsi les « investisseurs » pourraient exiger l’annulation des lois nationales, et obtenir des États une indemnisation financière du préjudice subi. C’est déjà le cas entre le Canada, le Mexique et les U.S.A., où ce genre de tribunal arbitral existe.

    Concrètement, ce tribunal indépendant signifie l’abdication des États en faveur des multinationales, et la fin de tout pouvoir réel des gouvernements élus. Le pouvoir économique des États sera démantelé petit à petit et l’ensemble des réglementations sociales et environnementales auront vocation à être remises en cause par les entreprises. La loi pourra changer en fonction des intérêts des entreprises et de leurs actionnaires. Exit le bien-être des peuples : retour au début de l’ère industrielle !

    Le pouvoir ne sera plus du tout politique mais exclusivement économique

    La dictature de l’économique sur le politique sera alors totale. Cela veut dire très concrètement que le bien-être sera sacrifié à tous les facteurs économiques, et que ceux-ci prévaudront dans l’avenir pour structurer notre monde. Et l’individualisme régnera en maître absolu face aux solidarités nécessaires pour combattre cette « machine à tuer les peuples ».

    L’État serait alors réduit à un gardien de la propriété privée; une structure qui défendra les richesses des nantis. Mais n’est-ce pas déjà le cas ?

    Cela vous semble incroyable, mais cela se joue en ce moment, et on pourrait se demander comment nous sommes en arrivés là ?

    Le traité de Lisbonne permet à l’U.E. de ne plus consulter les peuples

    En Europe cela a été rendu possible par le traité de Lisbonne, qui a donné à l’U.E. la possibilité de signer des accords commerciaux au nom des États membres.

    Et on doit alors se souvenir que c’est Sarkozy qui a permis de valider le traité constitutionnel européen, traité que le peuple sondé par référendum en 2005 avait refusé. À peine élu en 2007, il réunissait le congrès dès février 2008 (Parlement et Sénat, autant de traîtres), faisait modifier la constitution et ratifiait le traité. Il fallait que le traité constitutionnel soit validé par chaque État pour que le traité de Lisbonne puisse entrer en vigueur.

    Michel Sapin a précisé qu’il n’y aurait donc pas de référendum populaire sur le marché transatlantique; désormais les peuples n’ont plus à être consultés, et la dictature démocratique se poursuit. L’accord sera simplement validé au niveau européen par les ministres collabos des 28 pays de l’U.E.

    Aux U.S.A. où le traité n’est pas très populaire non plus, Obama envisage lui aussi de passer en force : face à la grogne des parlementaires hostiles au tribunal arbitral et aux répercutions locales de cet accord, Barack Obama tente d’utiliser une procédure accélérée, pour éviter tout débat. « Le Président Obama voudrait en effet que le Congrès lui abandonne l’autorité de négocier des accords internationaux de commerce et celui-ci ne pourrait plus ensuite qu’approuver ou désapprouver, sans aucun pouvoir de les modifier (2). »

    Le socle du gouvernement mondial, organisé autour de l’O.T.A.N.

    Voilà ce que précise le mandat des eurocrates au point 1, intitulé « Nature et la portée de l’Accord » :

    « 1. L’accord contiendra exclusivement des dispositions sur les zones commerciales et liées au commerce applicables entre les Parties. L’accord devrait confirmer que le traité transatlantique de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement est basé sur des valeurs communes, notamment la protection et la promotion des droits de l’homme et de la sécurité internationale. »

    Que vient faire la sécurité internationale dans un traité de commerce ???

    Le point 7, lié aux objectifs du traité va même jusqu’à évoquer la définition de normes mondiales : « 7. L’objectif de l’accord est de réaliser le potentiel inexploité d’un véritable marché transatlantique, générant de nouvelles opportunités économiques pour la création d’emplois et la croissance grâce à un accès accru aux marchés, une plus grande compatibilité de la réglementation et la définition de normes mondiales (3). »

    Rien ne prouve que le libre-échange généralisé soit un facteur de croissance; on est ici dans l’invocation quasi mystique et religieuse. Or, le libre-échange n’est pas neutre : c’est une doctrine économique, parmi d’autres possibles, dont les avantages et désavantages doivent faire l’objet de débats et ne peuvent être imposés sans autre forme de procès, au moins en démocratie, puisqu’on nous dit que nous y sommes. En tout cas on nous dit que ce qui sortira d’ici servira de normes mondiales, et pourrait avoir vocation à s’imposer à tous… la gouvernance mondiale est toute proche !

    Le projet initial voté par le parlement européen en mai 2008 dit aussi que le projet est aussi politique qu’économique : « souligne qu’un partenariat transatlantique étroit est l’instrument clé pour façonner la mondialisation dans l’intérêt de nos valeurs communes et dans la perspective d’un ordre mondial équitable en matière politique et économique (4) ».

    Bref c’est un projet économique qui induit un projet politique, et aboutira à la perte d’indépendance de l’Europe vis-à-vis du monde de l’argent.

    Il est important d’informer autour de vous en citant vos sources.

    Roberto Fiorini, secrétaire général de Terre et Peuple et militant syndicaliste

     1 : cf. Mandat de négociation des commissaires européens, cf. http://www.contrelacour.fr/marche-transatlantique-le-mandat-definitif-de-negociation-de-la-commission-europeenne-traduit-en-francais/

     2 : cf. http://www.sudouest.fr/2014/05/06/le-tafta-ce-traite-qui-fait-polemique-est-il-un-deni-de-democratie-total-1545708-705.php

    3 : cf. http://www.reporterre.net/spip.php?article5446

     4 : cf. Résolution R.C. B6-0209/2008

    • D’abord mis en ligne sur Terre et Peuple, le 28 février 2014.

    http://www.europemaxima.com/?p=4250

  • Complotisme, conspirationnisme ? Enquête de la télé russe

    Qui s’écarte de la vérité officielle imposée par la pensée unique est catalogué complotiste, conspirationniste,… La télévision russe analyse le phénomène.


    Le conspirationnisme vu de Russie – Alain Soral… par ERTV

    http://www.medias-presse.info/complotisme-conspirationnisme-enquete-de-la-tele-russe/28582

  • [Aix] café d’actualités du 07 avril 2015

     

    Le prochain café d’actualités d’Aix-en-Provence se tiendra le mardi 7 avril au café « Le Festival » cours Mirabeau sur le thème suivant traité par Antoine de Crémiers, conférencier, directeur éditorial de la Nouvelle revue universelle :

    " DE QUOI TAFTA EST-IL LE NOM ? "

    Le très opaque et secret Transatlantic Free Trade Agreement est la plus grande négociation commerciale bilatérale de l’histoire, et s’inscrit dans une stratégie américaine qui entend entraîner l’Europe dans un bloc soustrait à l’influence de la Russie et de la Chine. Présenté comme un magnifique relais de croissance, ce traité, véritable « OTAN » économique mérite qu’on en scrute les éléments essentiels qui apparaissent comme autant d’écueils et de catastrophes futures.

    18:45 : accueil. 19 h : début de la séance. 20:30 : fin de la réunion. Renseignements : 06.16.69.74.85. Entrée libre. Participation sous la forme d’une consommation. Merci de commander et de régler vos consommations à la caisse en arrivant.

     

  • L’invraisemblable culot de notre Premier ministre !

    J'ai réécouté quelques-unes des interventions "vallsiennes"...
    Après dix jours passés en Chine, je retrouve, sans surprise, une France en bleu clair, une France si peu démocratique qu’elle n’a accordé que des broutilles à près de 40 % d’électeurs qui avaient choisi un bleu un peu plus foncé. Une France si peu républicaine que le binôme Hollande-Valls a décidé de se maintenir au pouvoir pour encore deux ans, bien qu’ils aient été massivement désavoués par un vote sanction.


    J’évoque la Chine car, dans le monde évolué où j’ai séjourné, le nom de Hollande est à peine connu, celui de Valls totalement ignoré. Ah si : deux ou trois personnes se souviennent de Hollande comme le Président qui a débarqué de l’avion en ayant oublié de fermer sa braguette ! La Chine, encore, où la France ne brille que par ses enseignes de magasins de luxe. J’étais, par exemple, à Chengdu (« petite » ville de 15 millions d’habitants), le pays des pandas : trois énormes magasins Hermès, un Cartier dont rêverait Paris, mais bien peu de voitures françaises… Quelques Peugeot, quelques Citroën, notamment taxis, une seule Renault en 10 jours de séjour… mais des millions de japonaises et d’allemandes !
     

  • La vie politique est entièrement focalisée sur le Front national

    Extrait de l'éditorial du dernier numéro de Politique Magazine :

    P"[...] Politique magazinel’a dit et redit : la vie politique française est désormais entièrement focalisée sur le Front national. Et pour longtemps. La bouffonne et consternante alternative laissée aux électeurs entre « front républicain » et « ni-ni » – une question de « morale » paraît-il –, contribue évidemment à nourrir le vote FN et à détourner un peu plus les citoyens des partis institutionnels. Comme si ces derniers n’avaient pas d’autre programme que celui de l’empêcher d’accéder au pouvoir. Comme si cette obsession – non dénuée, comme on le sait, de cyniques calculs politiciens – cachait le vide de leurs propres idées.

    A les entendre, ce n’est pas compliqué : il s’agit de sauver la République. Ce qui est aussi, exactement, le programme de Marine Le Pen ! Cherchez l’erreur.

    La vérité, c’est que le décalage entre les préoccupations du pays réel et celles de la classe politique, déconnectées des réalités concrètes, est de plus en plus flagrant. Comme l’explique Eric Zemmour dans le grand entretien qu’il nous a accordé (p. 10), nos « élites » se caractérisent par leur souci d’évacuer, ou de transformer, la réalité. Ainsi, pérorent-elles sur des avatars et taisent-elles ce qui fâche. Ainsi camouflent-elles les chiffres. Or, le succès du FN vient précisément du fait que ses propositions – quoi qu’on en pense par ailleurs, en gros ou dans le détail – sont étayées par une réalité qu’il n’hésite pas à nommer. Pour lui, un chat est un chat.

    Nos hommes politiques seraient bien inspirés de revenir au réel.En commençant par parler un peu plus de la France et un peu moins de la « République ». Une République qui exhale, comme pourrait le dire le pape François, de très mauvaises odeurs d’arrière-cuisine électorale."

    Michel Janva

  • Le Maire UMP d’Étampes, Franck Marlin, se lance dans l’islamisation massive

    [Mise à jour au 03/04/2015] Samedi 4 avril 2015 à 10h00 aura lieu la cérémonie de pose de la première pierre de cette mosquée par Franck Marlin, député Maire UMP d’Étampes, en présence de Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman, et d’un représentant de la Préfecture.

    À la veille de Pâques, c’est une véritable provocation pour les chrétiens, et une semaine après les élections départementales, élément que Franck Marlin a bien caché aux électeurs du binôme UMP qu’il soutenait en étant suppléant. Selon les informations dont nous disposons, la presse locale n’aurait pas été conviée à cette cérémonie. Communautarisme et volonté de bafouer la laïcité non assumés ? Il est à noter que des logements sociaux sont prévus juste en face de la nouvelle mosquée.

    Étampes comptera désormais 2 mosquées et également une école coranique. D’où viennent les financements ?

    29/11/2014 – ÉTAMPES (NOVOpress)
    Au moment où une grande partie de la classe politique s’inquiète de la montée de l’islamisme radical, au moment où des milliers de “Français” partent faire le Djihad en Irak et en Syrie, après avoir été radicalisés en France, dans les prisons, dans les mosquées, au moment où Nicolas Sarkozy durcit son discours sur l’immigration (au moins dans les mots, jamais dans les actes), le Maire UMP de la ville d’Étampes semble vouloir développer le communautarisme dans sa ville, une ville déjà illustrée dans l’observatoire du Grand Remplacement, une ville ou récemment, une maire-adjointe a encouragé la bi-nationalité.

    En effet, le permis de construire pour une mosquée de 400 m² au sol et de 8 mètres de haut vient d’être signé et accordé par le maire.

    Elle a été demandée par une association musulmane et sera implantée au cœur d’un quartier où de nombreux logements sociaux sont en construction. Que deviendra “Etampes – Ville Royale” dans 5 ou 10 ans ? Un Sarcelles-bis ? Une nouvelle ville de non-droit ? Une ville ou l’identité aura encore été piétinée par un élu…

    http://fr.novopress.info/179091/maire-ump-detampes-franck-marlin-se-lance-lislamisation-massive/

  • Sondage Ifop : les électeurs UMP et FN se retrouvent sur les questions identitaires, pas sur l’économie

    Source : LE Figaro.fr – Les électeurs UMP et FN se retrouvent sur les questions identitaires, pas sur l’économie
    SONDAGE – Selon l’étude réalisée par l’Ifop pour le Figaro Magazine, des propositions comme l’interdiction du port du voile à l’université convainquent les électeurs de l’UMP comme ceux du FN. Mais les divergences restent nombreuses.

    Les électeurs UMP et FN se retrouvent sur les questions identitaires, pas sur l'économie

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    Si l’UMP se focalise sur un programme économique libéral (suppression de l’ISF et des 35 heures…), il ne lui sera pas facile de convaincre les électeurs du FN.

    Et, sur l’opportunité de sortir de l’euro, le fossé est profond entre les sympathisants des deux partis. En revanche, ils se retrouvent sur les thèmes liés à l’immigration ou la laïcité, par exemple sur la proposition du FN de diviser par vingt le nombre d’immigrés qui entrent chaque année en France. C’est le principal enseignement de l’étude réalisée par l’Ifop pour Le Figaro Magazine.

    http://fr.novopress.info/

  • La lutte contre le racisme et l’antisémitisme, arme de destruction massive des libertés publiques par Nicolas BOURGOIN

    Droite du travail, gauche des valeurs. La politique du gouvernement Hollande semble se résumer à deux axes en apparence opposés mais en réalité convergents : mise aux normes mondialistes de l’économie française, pénalisation toujours plus forte du « racisme et de l’antisémitisme » sous couvert de lutte contre le djihadisme.  Pendant que le gouvernement Hollande s’active à dépouiller les travailleurs français de leurs dernières protections face à la violence de l’économie de marché, il fait mine de protéger les personnes supposées vulnérables à la discrimination ethnique ou religieuse par une législation toujours plus stricte. Dans les deux cas, la méthode est similaire : passage en force et autoritarisme. Le but également : cette compassion victimaire (d’ailleurs à géométrie variable) sert le projet mondialiste en disqualifiant les oppositions à sa politique.

     

    Il y a des hasards de calendrier qui en disent long. Cette semaine a vu le passage en force de la loi Macron, sans doute la réforme la plus libérale votée sous la Ve République, ainsi que l’annonce par la garde des Sceaux d’un énième projet de loi contre le racisme et l’antisémitisme.

     

    La mécanique est bien rodée : surfer sur l’émotion collective provoquée par un événement dramatique pour faire passer une nouvelle loi liberticide. La dernière en date ne fait pas exception. La profanation d’un cimetière juif de Sarre-Union par cinq mineurs qui ont saccagé 250 tombes ainsi que les agissements de certains supporters de Chelsea qui ont empêché un homme noir de monter dans le métro ont servi de prétexte à un énième durcissement pénal. Le nouveau projet de loi de Christiane Taubira fait des actes racistes et antisémites des circonstances aggravantes dans de multiples infractions. Il crée en outre une plate-forme dédiée aux personnes victimes de ces actes et donne la possibilité à celles-ci de se regrouper et d’agir ensemble. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme, décrétée par François Hollande « grande cause nationale » après les attentats du mois de janvier, faisait déjà l’objet d’une priorité expresse : par sa circulaire du 12 janvier 2015, Christiane Taubira avait demandé aux procureurs de la République de « faire preuve d’une extrême réactivité dans la conduite de l’action publique envers les auteurs d’infractions racistes ou antisémites » en insistant pour qu’une réponse pénale « systématique, adaptée et individualisée » soit apportée à chacun de ces actes. En clair : tolérance zéro pour ce type d’infraction, attitude qui contraste singulièrement avec le traitement réservé à la délinquance classique, un champ largement délaissé par le gouvernement.

     

    Si l’intention est louable, on peut s’interroger sur sa finalité. Et sur cette question, les dérives de la lutte anti-djihadiste sont riches d’enseignement : pour simplement avoir refusé la minute de silence après les attentats de Charlie Hebdo ou avoir posté un message provocateur sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes – parfois des collégiens – ont été inculpées d’« apologie du terrorisme », innovation juridique de la loi Cazeneuve votée en novembre dernier, passible de 7 années d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Ces excès ont suscité l’inquiétude des associations de défense des Droits de l’Homme. Et pour cause : nul futur terroriste derrière les barreaux mais de simples citoyens déclarés coupables d’avoir déserté la mobilisation générale pour la « guerre contre le terrorisme ». De façon similaire, l’accusation d’antisémitisme sert surtout à disqualifier, et parfois même à criminaliser, les oppositions à la politique israélienne ou à la soumission de la France au lobby pro-israélien. Sous les tirs croisés de ces deux armes juridiques Yvan Benedetti, ancien dirigeant de L’Œuvre française, se voit poursuivi pour « apologie du terrorisme » et « antisémitisme » à cause de simples messages postés sur le réseau social Twitter. Il faisait déjà l’objet d’une mise en examen depuis novembre dernier pour reconstitution d’une organisation dissoute.

     

    L’antisémitisme deviendrait-il synonyme de contestation de l’ordre dominant ? Il est en tout cas assimilable à la critique d’Israël selon Manuel Valls pour qui la « haine du juif » se nourrit de l’anti-sionisme. Dominique Reynié, politologue assermenté au micro de France-Inter identifiait même le Front de Gauche à un « foyer d’expression de l’antisémitisme ». Les électeurs de Marine Le Pen et les Français musulmans, victimes de la politique mondialiste du gouvernement socialiste, étaient pour l’occasion mis dans le même sac. Et sans surprise, la réponse consistant une fois de plus à museler Internet, en particulier les réseaux sociaux et les plates-formes de partage de vidéos où « se retrouvent ces publics-là ».

     

    Outre une réduction drastique de la liberté d’expression publique, cette chasse aux sorcières aura pour conséquence de banaliser l’antisémitisme en l’assimilant de facto à une simple critique du système dominant. Dénoncer la mainmise de la finance internationale sur l’économie française, contester le pouvoir des banques, ou encore défendre la cause des peuples opprimés par l’impérialisme sioniste ou étasunien vaut excommunication. Le vrai antisémitisme est très minoritaire en France comme le montrent les études d’opinion mais il pourrait bien se développer à la faveur de ces campagnes à répétition qui visent à criminaliser l’expression d’opinions ou d’analyse dissidentes et qui finiront à force de durcissements par ne laisser au citoyen que deux options : se soumettre ou devenir un délinquant d’opinion.

     

    Nicolas Bourgoin

     

    • D’abord mis en ligne sur le blogue de Nicolas Bourgoin, le 20 février 2015.

    http://www.europemaxima.com/?p=4256

  • Face à la majorité, Valls arrive les mots vides

    Les députés socialistes ne sont pas sortis rassurés, mardi, de leur entrevue avec un Premier ministre sans répondant et résolu à ne rien changer malgré la défaite de son parti aux élections départementales.
    La formule date d’il y a un an. Juste après sa nomination à Matignon, Manuel Valls déplorait que la parole publique soit devenue une «langue morte». En creux, les socialistes comprenaient que le tout nouveau Premier ministre se fixait pour mission d’y remédier. Repolitiser, redonner foi dans l’action publique, réformer le pays, remobiliser la gauche et les Français, c’était son objectif.
    Mais, mardi, les mots pour y croire encore ont manqué au chef du gouvernement face à des députés déprimés, venus lui parler d’un pays malade qu’ils ont ausculté au plus près pendant la campagne des départementales. «Il y a une forme d’épuisement général, explique un parlementaire à l’issue de cette séance de psychanalyse de groupe qui a duré deux bonnes heures à l’Assemblée. En l’état, personne ne croit aujourd’hui à une victoire en 2017… Il y a un sentiment terrible qu’on est dans une impasse.»
    A la tribune, avant le discours du chef du gouvernement, une vingtaine de députés ont pris la parole. D’ordinaire abonnés au micro dans et hors de la salle, les frondeurs se sont faits discrets et le désarroi face à une politique qui ne porte toujours pas ses fruits s’est exprimé jusque dans la voix de députés classés parmi les «lignards», voire les hollandais. Ce «marais» socialiste jusqu’alors docile et taiseux.
    Bouffées. Beaucoup reviennent d’une épouvantable campagne, nombreux ont été battus. Personne ne demande de tout changer - le cap, la réduction des déficits, la politique de l’offre, le pacte de responsabilité - mais tout le monde réclame, au minimum, des signaux avant de repartir sur le terrain. «Je voudrais qu’on me dise ce qu’on fait les deux prochaines années», a résumé Sylviane Bulteau, députée de Vendée, dont le binôme a été le seul de gauche élu dans son département dimanche. «Nous sommes des fantômes, il y a une grave crise de la représentation», a renchéri le député de Gironde Gilles Savary, pourtant élu «d’un territoire gâté». Pour lui, la fracture territoriale n’explique pas le vote Front national qui repose sur trois piliers : l’exode urbain d’une population paupérisée qui ne peut plus vivre en ville, la dévalorisation du travail - «c’est le peuple qui travaille qui nous a lâchés» - et la peur irrationnelle de l’islamisation, même dans des campagnes qui n’ont jamais croisé un visage «coloré». Même avec des équipements flambant neufs, la ruralité vote FN en masse, s’est alarmé Savary. Des bouffées racistes racontées par tous, comme Erwann Binet, qui l’a emporté au deuxième tour dans l’Isère face au Front national, désemparé face à une islamophobie de plus en plus décomplexée.
    En faisant campagne, «je n’ai pas su convaincre que la gauche, c’est mieux que la droite face au sentiment d’abandon», a balancé Michel Vergnier, député de la Creuse, l’un des bastions historiques de la gauche qui a basculé à droite dimanche. Face aux électeurs, ce proche d’Henri Emmanuelli s’est dit «incapable d’expliquer les zigzags sur la réforme territoriale et la valeur ajoutée de notre politique». «On n’a pas fait la réforme fiscale et on a raté la réforme territoriale», a renchéri la députée de Loire-Atlantique Monique Rabin qui ne se «fiche de ne pas être réélue» mais veut «dire la vérité»
    Relais. Catalogué parmi les frondeurs, Michel Pouzol a raconté sa campagne dans un canton ayant votant à gauche toute lors de la présidentielle - «et là, on a été balayés, pas battus : balayés !» - et relayé la détresse des retraités «qui n’ont jamais été autant maltraités». «Si on ne change rien je ne sais pas comment on va s’en sortir, a prévenu le député de l’Essonne. Nous n’avons plus nos relais dans les mairies et les départements pour relayer notre politique nationale».
    Si beaucoup reviennent sur cette «gauche fragmentée», selon l’expression de Manuel Valls, qui leur a fait perdre plusieurs départements, Karine Berger estime que la division de la gauche n’est «pas le sujet de ces élections». «Le vrai sujet c’est que les Français donnent l’impression de se dépolitiser totalement, analyse la députée des Hautes-Alpes, battue dans son canton dimanche. Dans les porte-à-porte, personne ne nous parle de Manuel Valls, mais d’un François Hollande qui concentre toutes les critiques». L’esprit, et l’effet, du 11 janvier n’est plus qu’un lointain souvenir. A la tête de l’Etat, face à la déroute, «on atteint un degré assez élevé d’improvisation, se désole un ancien ministre. Tout le monde subit, tout le monde suit, personne ne donne le la.»
    Coincé entre sa promesse de ne pas changer de ligne et la nécessité de donner à ses troupes des raisons de repartir au combat, Manuel Valls a tenté les formules équilibristes et la méthode calme, loin des passages de savon et des éclats de voix dont il a le secret devant les députés depuis un an. Dans son allocution, il prend soin de citer tous les ténors de la majorité pour ne froisser personne et embarquer tout le monde dans le rassemblement des socialistes. Le choix de la compétitivité, «on ne reviendra pas dessus» et «nous respecterons nos engagements sur le déficit», a-t-il expliqué mais «nous ne ferons rien qui mette à mal la croissance».
    Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, promet une nouvelle loi sur l’investissement, inquiétant la majorité ? «C’est moi qui fait les annonces. Nous verrons», a éludé le Premier ministre. Sur la réforme du marché du travail, il a promis tout et son contraire. Ne pas remettre en cause le CDI. «Nous ferons très attention que tout assouplissement ne se fasse pas au détriment du droit du travail», a-t-il dit, avant d’ajouter qu’il faut «simplifier, accompagner, renforcer» les possibilités d’embauche dans les PME. «Il faut lever les freins à la peur de l’embauche», avait-il même osé un peu plus tôt sur RMC. Mais c’était avant de retrouver les socialistes.

    Laure Bretton Libération :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EukZlAVuyFGEpYUwBf.shtml