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actualité - Page 5041

  • On commence quand, les économies véritables ?

    Coût d’un ministre en Allemagne, 3 millions d’euros par an ; coût d’un ministre en France, 17 millions d’euros.   

    Depuis très longtemps, nos hommes et femmes politiques UMP ou PS n’ont que l’Allemagne à citer en exemple. Cette Allemagne qui nous donne le chemin « à suivre » et qui est prétendument le véritable moteur de cette Europe bancale.

    Cette semaine, nos ministres vont aller défendre un budget mal ficelé, refusé par l’ensemble des Français et certainement par les technocrates européens. Alors oui, on commence quand, les économies véritables ?

    Quelques exemples donnés par l’Allemagne et que nous devrions suivre : Allemagne, un chancelier et huit ministres ; en France, un Président, un Premier ministre, 29 ministres et 9 secrétaires d’État.

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  • Les électeurs de droite sont de plus en plus à… droite

    Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion de l’Ifop, déclare àValeurs actuelles :

    "Les électeurs de droite, aujourd’hui, sont de plus en plus à… droite. 57 % des sympathisants UMP souhaitaient, avant son retour, que Sarkozy revienne sur un programme “clairement à droite”, contre 34 % qui espéraient un programme de “droite modérée”. Rappelons aussi que ces mêmes sympathisants UMP estiment à 87 % qu’“il y a trop d’immigrés en France” et se disent favorables, pour la moitié d’entre eux, à des accords locaux avec le FN, contre un tiers en 2010. En donnant des signaux à l’aile centriste, pour se prémunir contre Juppé, Sarkozy doit prendre garde à ne pas décevoir l’aile droite, nettement majoritaire, dont une partie pourra être tentée de se tourner vers le FN.

    Certains estiment que sa défaite de 2012 est liée à son discours trop droitier…

    Nos études démontrent, au contraire, que c’est sa stratégie offensive, dite “ligne Buisson”, qui a permis à Sarkozy de remonter entre les deux tours de la présidentielle : alors que seuls 42 % des électeurs de Marine Le Pen envisageaient de voter pour lui au lendemain du premier tour, ils ont été 55 % à le faire au second, soit un gain substantiel de 13 points. Et cela, sans perdre au centre, puisque les intentions de vote des électeurs de Bayrou en faveur de Sarkozy sont restées stables (autour de 35 %)."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Milan : le peuple italien dans la rue contre l’immigration clandestine

    « Assez d’immigration ! », « Nous ne voulons plus de centres d’accueil ! », « Pour chaque immigré sous-payé, c’est un italien au chômage ! », « Nous défendons la Nation, nous ne voulons plus d’immigration », tels étaient quelques-uns des slogans qui ont retenti samedi dans les rues de Milan à l’occasion de la grande manifestation nationale organisée par la Ligue du Nord pour dénoncer les ravages de l’immigration clandestine qui frappe l’Italie de plein fouet.

    Ce sont ainsi plus de 100.000 personnes, selon les médias italiens, qui ont défilé pour réclamer le contrôle des frontières nationales et exiger l’arrêt immédiat de l’opération de soutien aux clandestins « Mare Nostrum ».

    L’Italie, fortement éprouvée par la crise économique et les politiques ultra-libérales imposées par l’Union Européenne et les instances internationales, n’est plus capable de faire face au déferlement continu d’immigrés clandestins africains débarquant sur son sol, notamment via la tête de pont de Lampedusa. Face au « pathos » des médias et à la fausse charité des bien pensants, Matteo Salvini, le chef de la Lega (Ligue du Nord) en appelle au réalisme et à la responsabilité politique pour sauver ce qui peut encore l’être de la nation italienne.

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    Au sein de l’immense cortège, on notait la présence de près de 2.000 militants du mouvement Casapound Italia dont la participation à l’événement est le nouveau signe d’un rapprochement avec la Lega. Rapprochement qui fait la une de nombreux journaux transalpins et inquiète fortement l’establishement de la péninsule.

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  • Mensonges d’Etat : l’affaire du sang contaminé

    En avril 1991, la journaliste Anne-Marie Casteret publie dans l’hebdomadaire L’Événement du Jeudi un article prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, de 1984 à la fin de l’année 1985, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida. L’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius et les anciens ministres socialistes Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu du 9 février au 2 mars 1999 devant la Cour de justice de la République pour « homicide involontaire ». Cette cour a rendu son verdict par un arrêt qui les innocente.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Emmanuel Todd: les libéraux occidentaux doivent applaudir les Russes

    Ex: http://zejournal.mobi

    L'historien et sociologue français Emmanuel Todd n'a jamais été prisonnier des idéologies, bien qu'il les ait minutieusement étudiées du point de vue scientifique. Auteur de nombreux livres et monographies, il a accepté de répondre aux questions de Rossiïskaïa gazeta.

    Le monde occidental est parti en guerre contre la Russie, l'accusant de tous les péchés capitaux et de mauvaises intentions. Qu'en pensez-vous?

    Emmanuel Todd: Avant les événements ukrainiens déjà, j'avais attiré l'attention sur cette tendance antirusse, manifestement planifiée, dans les médias occidentaux. Les premières attaques régulières contre Moscou ont porté sur le "rejet" des minorités sexuelles. Ensuite, de nombreux articles ont avancé que la politique de Poutine était "impossible à comprendre" et qu'il était "imprévisible". Pour être franc, cela m'a beaucoup amusé. Car à mon avis, la ligne politique du gouvernement russe est au contraire très rationnelle et réfléchie. Les Russes sont fiers d'être Russes et s'ils disposent des moyens nécessaires, ils font tout pour éviter la cabale. Ainsi, le soutien affiché à la population russophone dans le sud-est de l'Ukraine s'inscrit parfaitement dans cette logique.

    En ce qui concerne les préoccupations des Baltes ou des Polonais, persuadés que demain Moscou compte les engloutir, elles sont complètement infondées. Cela n'a absolument aucun sens. La Russie a déjà suffisamment de soucis pour aménager son vaste territoire.

    Cela fait longtemps que vous vous intéressez à la Russie - essentiellement comme anthropologue et sociologue. En 1976 déjà, à l'âge de 25 ans, vous avez écrit un livre intitulé La Chute finale où vous évoquiez les causes susceptibles de désintégrer l'URSS. Ce livre, qui a fait beaucoup de bruit, n'a pas été pris au sérieux à l'époque. Quelle est votre vision de la Russie contemporaine?

    Emmanuel Todd: Si vous vous penchez sur l'histoire de la Russie, vous comprenez que son rôle dans les affaires mondiales - et en particulier européennes - a toujours été positif. La Russie a subi une humiliation dans les années 1990, juste après l'effondrement de l'URSS. L'attitude de l'Ouest fut alors insupportable et injuste mais en dépit de cela, la transition a pu se faire dans une certaine dignité. Aujourd'hui, ce pays a retrouvé sa place dans les affaires mondiales et a atteint un équilibre interne. Il a atteint une stabilité démographique et enregistre même une croissance de sa population plus élevée que dans le reste de l'Europe. L'espérance de vie augmente. A terme, le taux de mortalité infantile sera inférieur à celui des États-Unis selon les statistiques. Le fait que la Russie attire un flux d'immigrés en provenance des pays voisins montre qu'elle revêt pour eux un intérêt économique.

    À mon avis, la Russie joue un rôle particulier dans les affaires internationales, dont elle a hérité de la Guerre froide, qui est d'assurer l'équilibre mondial. Grâce à son arsenal nucléaire, la Russie est aujourd'hui le seul pays capable de contenir les Américains. Sans elle, le monde aurait connu un sort catastrophique. Tous les libéraux occidentaux devraient l'applaudir: contrairement aux démocraties européennes, elle a accordé l'asile à Edward Snowden. Quel symbole explicite: la Russie, bastion des libertés dont les pays européens se veulent les porte-drapeaux.

    En 2002 sortait votre livre Après l'Empire, où vous évoquez les causes de l'affaiblissement, lent mais sûr, des USA. Qu'en est-il aujourd'hui?

    Emmanuel Todd: En effet, j'ai écrit à l'époque que l'agressivité de l'Amérique n'était absolument pas une manifestation de sa puissance. Au contraire, elle cachait la faiblesse et la perte de son statut dans le monde. Ce qui s'est passé depuis a confirmé mes conclusions de l'époque. Et cela reste exact aujourd'hui également. Ne croyez pas que j'ai été motivé par un anti-américanisme quelconque. Pas du tout. Néanmoins, je constate que l'"empire" américain est en phase de déclin. Et cela peut être vu particulièrement dans la manière dont les États-Unis, à chaque fois qu'ils perdent l'un de leurs alliés, prétendent que rien de significatif ne s'est produit. Prenez l'exemple de l'évolution des relations de Washington avec l'Arabie saoudite. Les échecs permanents des Etats-Unis au Moyen-Orient sont flagrants pour tout le monde, notamment à travers les derniers conflits en Irak et en Syrie. Et Riyad, qui était autrefois leur plus proche allié dans la région, est en fait sorti du contrôle américain, même si bien sûr personne ne l'admet. Même chose pour la Corée du Sud, qui s'éloigne des États-Unis pour coopérer de plus en plus activement avec la Chine. Le seul véritable allié loyal des Américains en Asie reste le Japon. Mais à cause de sa confrontation avec Pékin, ce pays ne sait plus où se mettre.

    Et l'Europe?

    Emmanuel Todd: Le processus est similaire en Europe. La principale évolution que le Vieux continent ait connue ces dernières années est la montée en puissance de l'Allemagne. Avant, je pensais que l'Europe allait continuer à se développer, tirée par la locomotive d'intégration Berlin-Paris. Mais les choses se sont passées autrement. Tout d'abord, l'Union européenne ne s'est pas transformée en union des nations "libres et égales", comme le rêvaient ses fondateurs. Elle a pris la forme d'une structure hiérarchique sous l'égide de l'Allemagne, qui a largement dépassé sur le plan économique tous les autres pays de l'UE. Par nature, les Allemands ne peuvent pas percevoir le monde autrement qu'à travers un prisme hiérarchique. Cette ascension de Berlin s'est accélérée notamment après la crise financière de 2008. Aujourd'hui, l'Europe est contrôlée par l'Allemagne. Les premiers signes d'une perte de contrôle sur Berlin par les Américains sont apparus au début de la guerre en Irak quand Paris, Moscou et Berlin, qui marchaient jusque-là dans le sillage des USA, s'y sont opposés. Ce fut une étape fondamentale.

    Depuis, dans un domaine aussi crucial que l'économie internationale, l'Allemagne mène sa propre ligne pour défendre ses intérêts nationaux. Elle ne cède pas à la pression des Américains, qui croient que tout le monde devrait jouer selon leurs règles et insistent pour que les Allemands renoncent, par exemple, à leur politique d'austérité budgétaire. Cette ligne est imposée sous la pression de Berlin à l'ensemble de l'Union européenne, et les Etats-Unis ne peuvent rien y faire. Dans ce domaine, les Allemands n'accordent pas d'importance à l'avis des Américains. Nous pouvons aussi rappeler les récents scandales impliquant les écoutes téléphoniques, quand les Allemands – un cas sans précédent – ont expulsé le chef de la CIA à Berlin. Mais l'économie reste le plus important. Les Américains n'adoptent pas, dans ces circonstances, une attitude menaçante. Pas parce qu'ils ne veulent pas, mais parce qu'ils ne peuvent pas. En l'admettant tacitement, ils reconnaissent en quelque sorte que leur pouvoir touche à sa fin. Cela ne saute probablement pas aux yeux, mais c'est la réalité.

    Néanmoins, certains pensent que les USA restent une puissance dirigeant les affaires mondiales, notamment européennes.

    Emmanuel Todd: Il y a l'ancien monde et le nouveau monde. L'ancien monde, c'est la vision héritée de l'époque de la Guerre froide. Elle reste bien ancrée dans la conscience des faucons américains, dans les pays baltes et en Pologne. Il est clair que l'expansion de l'OTAN vers l'Est après la chute du mur de Berlin est un exemple typique de l'inertie de la pensée dans l'esprit de la Guerre froide, peu importe les termes employés. Dans l'ancien monde, l'Allemagne jouait plutôt un rôle de modérateur, d'élément rationnel préconisant une solution pacifique aux problèmes et favorable au partenariat économique. Mais un nouveau monde est apparu et il n'est plus contrôlé par les Américains.

    Après le mur de Berlin, le mur des sanctions

    L'Europe a aujourd'hui sa propre dynamique. Elle n'a pas d'armée, mais elle est dirigée par l'Allemagne. Et tout se complique, car cette dernière est forte, mais elle est instable dans ses concepts géopolitiques. A travers l'histoire, le pendule géopolitique allemand a oscillé entre une approche raisonnable et des élans mégalomanes qui ont conduit, rappelons-le, à la Première Guerre mondiale. C'est la "dualité" de l'Allemagne. Par exemple, Bismarck cherchait la paix universelle et l'harmonie avec la Russie, alors que Guillaume II, dans l'esprit "l'Allemagne est au-dessus de tous", s'est brouillé avec tout le monde, à commencer par la Russie. Je crains que nous retrouvions aujourd'hui cette dualité. D'une part, l'ancien chancelier Schröder a prôné l'expansion des relations avec Moscou et il a maintenant beaucoup de partisans. D'autre part, on constate une position étonnamment ferme de Merkel dans les affaires ukrainiennes. L'agressivité du monde occidental envers la Russie ne s'explique donc pas uniquement par la pression des Etats-Unis.

    En effet, tout le monde s'attendait à une médiation active de Berlin dans la crise ukrainienne, mais ce n'a pas été le cas.

    Emmanuel Todd: Il me semble que l'Allemagne s'engage de plus en plus dans une politique de force et d'expansion voilée. La réalité de l'Allemagne après la réunification est qu'elle a miné les structures étatiques fragiles en Europe. Rappelez-vous la défunte Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, et aujourd'hui il semble que ce soit le tour de l'Ukraine. Pour la plupart des Européens, l'Ukraine n'a aucun intérêt particulier. Pas pour les Allemands. Depuis l'époque de la réunification, l'Allemagne a mis la main sur la quasi-totalité de l'ancien espace de domination soviétique et l'utilise à ses propres fins économiques et industrielles. En c'est, je pense, l'un des secrets de la réussite de l'économie allemande. Face à un grave problème démographique et un taux de fécondité faible, elle a besoin d'une main-d'œuvre qualifiée et bon marché. Donc, si vous restez dans cette logique, obtenir par exemple les deux tiers des travailleurs ukrainiens est une opération très bénéfique pour Berlin.

    D'ailleurs, le 23 août, Angela Merkel a été la seule des chefs d'Etats de l'UE à se rendre en visite à Kiev à l'occasion de la célébration de l'indépendance de l'Ukraine.

    Emmanuel Todd: D'après moi, c'était un événement marquant. Et je pense que Moscou l'a également remarqué.

    Pourquoi, d'après vous, les États-Unis montrent-ils un tel zèle dans les affaires ukrainiennes?

    Emmanuel Todd: Parce que leur stratégie vise à affaiblir la Russie. En l'occurrence par la crise ukrainienne. Mais n'oublions pas qui l'a provoquée. Après tout, le point de départ était la proposition de l'UE de conclure un accord d'association avec Kiev. Puis l'Union européenne a soutenu le Maïdan conduisant au coup d'Etat, qui s'est déroulé avec le consentement silencieux des capitales européennes. Quand les événements en Crimée se sont produits, les Américains ne pouvaient pas rester à l'écart, au risque de "perdre la face". Les "faucons", partisans des idées de la Guerre froide, sont alors passés au premier plan pour définir la politique américaine vis-à-vis de la Russie. Je ne pense pas que les Américains souhaitent l'exacerbation de ces conflits, mais nous devons suivre de près jusqu'où pourrait aller leur désir de "sauver la face".

    - Source : Ria Novosti

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Alain Juppé crée un « Observatoire de l’égalité ». Pour quoi faire ?

    Suite à l’article de Nicolas Bonnal, désignant Alain Juppé comme le deuxième candidat du PS, la création par ce dernier, à Bordeaux, d’un Observatoire de l’égalité, hélas, le confirme. Cet observatoire, énième « comité Théodule », composé d’universitaires en sciences sociales et politiques, en droit, et d’acteurs associatifs, se donne pour mission de réaliser un diagnostic sur le territoire de Bordeaux, afin d’établir « un plan local de lutte contre les discriminations ». C’est comme les ABCD de l’égalité, mais pour adultes : du Alain Belkacem, quoi !

    Si Alain Juppé se prépare ainsi à remporter les primaires de l’UMP, il vise indubitablement la présidentielle. Et que reste-t-il à ce parti – aussi européiste et mondialiste que le PS, alors que 80 % des décisions en France sont dictées par Bruxelles et Washington – comme programme politique ? De politique, aucun. De sociétal, presque plus rien, l’UMP ayant d’ores et déjà annoncé qu’il n’était pas question de revenir sur le mariage homosexuel, qui ne ferait que diviser à nouveau les Français, disait Juppé. Quant à la PMA, on sait ce qu’il en est : la Chancellerie a accordé l’adoption de 281 enfants nés de cette dernière. Et rien ne permet de penser que la GPA n’empruntera pas le même chemin. Les mœurs évoluent, dit le PS. Le maire bordelais aussi.

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  • Comment le FN part à l’assaut des universités

    ENQUÊTE E1 - Le parti de Marine Le Pen veut creuser son sillon dans le milieu étudiant. Où il est plutôt bien reçu.

    L’INFO. Structurer son mouvement est devenu une obsession chez Marine Le Pen. Après les retraités, les jeunes actifs ou les enseignants, le Front national a décidé d’orienter ses efforts vers les étudiants. Aux dernières élections européennes, plus du tiers des moins de 35 ans ont glissé un bulletin FN dans l’urne, et le parti d’extrême-droite entend bien surfer sur cette (jeune) vague. Un collectif baptisé "Marianne" a été lancé en ce sens il y a six mois. Europe 1 a enquêté sur cette structure associative.

    Surtout ne pas parler du FN. Un constat, d’abord. Pas question de mettre en avant une quelconque proximité avec le Front national. Dans le texte fondateur, disponible sur le site Internet de "Marianne", nulle mention de Marine Le Pen, du Rassemblement Bleu Marine (RBM) et encore moins du FN. Et sur le tract distribué aux étudiants, il faut bien chercher pour trouver trace d’un (petit) logo RBM, en bas à droite. "Les étudiants n’en ont plus besoin, ils savent très bien ce qu’est Marianne", assure à Europe 1 Gaëtan Dussausaye, récemment élu président du Front national jeunesse (FNJ), mais aussi membre fondateur du Collectif Marianne.

    Joint par Europe 1, David Masson-Weyl, président du Collectif, s’amuse de la remarque, puis la repousse d’un revers de la main :"Nous sommes fiers de l’étiquette RBM, on ne la cache pas ! Aujourd’hui, c’est plus un avantage qu’un désavantage." Et ce tract minimaliste, alors ? "On va peut-être revoir son design, oui…"

    "40% des adhérents seulement sont encartés au FN ou au RBM". Sur le terrain, le discours est maîtrisé. Et "l’accueil est bon. Les étudiants sont ouverts à la discussion, il n’y a aucune agressivité", assure le président de Marianne, qui a déjà donné de sa personne devant l’université de Saint-Quentin-en-Yvelines, en début de semaine. Quand un étudiant lui pose la question de l’affiliation politique du collectif, David Masson-Weyl avance le nom du "RBM, pas du Front national, hein". Surtout ne pas effrayer.

    Dès lors, rien d’étonnant qu’il ne soit pas nécessaire d’être adhérent au Front national pour s’engager dans le collectif Marianne, qui compte aujourd’hui 250 membres. "Il y a 40% des adhérents seulement qui sont encartés au FN ou au RBM", assure Florian Philippot, vice-président du FN et "parrain" du collectif, contacté par Europe 1. "Il n’y a pas de volonté de camoufler leur appartenance. Sinon ils n’inviteraient pas Marine Le Pen à chaque lancement d’une nouvelle antenne !", renchérit la tête pensante de la présidente du FN.

    L’argent ? Pas d’accord ! Une affiliation (officiellement) assumée, donc, mais aussi nécessaire. Car c’est bien le RBM qui finance "Marianne". "On leur a juste loué une salle pour leur lancement. Mais, à terme, ils ont vocation à s’autofinancer avec leurs cotisations", d’un montant de 10 euros, minimise Florian Philippot.Le son de cloche est quelque peu différent chezDavid Masson-Weyl : "on a un budget pour notre site internet, nos tracts, l’achat de livres, louer une salle pour une conférence de presse… On va aussi confectionner une bannière pour notre stand au prochain congrès du FN. Non, le RBM ne nous a pas fixé d’objectif d’autofinancement."

    "L’ambition, c’est d’être présent partout". "Ni de gauche, ni de droite, ni d’extrême droite", voilà ce que clament les militants devant les Facs. Et histoire d’attirer un maximum de curieux, les thèmes abordés sont fédérateurs : mettre davantage de service public dans l’université ou octroyer les bourses au mérite. Difficile de s’y opposer. Pas un mot sur l’immigration. "C’est normal, ils sont là pour parler des thèmes qui touchent les étudiants au quotidien, pas pour évoquer le programme du FN", assure Florian Philippot. "On est là pour faire connaitre une autre facette du FN", abonde David Masson-Weyl. Une stratégie qui permet au collectif de voir plus grand : "la structure est en place à Strasbourg et on va lancer courant novembre plusieurs sections départementales à Lille, Nice, Aix-Marseille, Orléans, Bordeaux, Amiens, Lyon et Toulouse", énumère le président, pas peu fier. Et ce n’est pas fini. "L’ambition, c’est d’être présent partout", s’enflamme l’eurodéputé. David Masson-Weyl rit.

    Le FN accepté sur les bancs de la fac. Si le FN est si ambitieux, c’est que l’université,longtemps assimilé à "un repère de gauchistes", ouvre désormais ses portes aux idées frontistes. "Les étudiants sont décomplexés, certains défendent des positions virulentes. Cela n’existait pas il y a encore quelques années", décrypte dans Le Monde Patrick Vassort, professeur de sociologie à la fac de Caen. "Oui, le parti a changé, notamment en termes d’image, et on le sent au quotidien", plussoie David Masson-Weyl.

    Gaëtan Dussausaye, patron du FNJ, était candidat aux municipales dans le 11e arrondissement de Paris, en mars dernier. Il s’attendait à des railleries à son retour dans son amphi de philo. "J’appréhendais un peu. Je m’attendais au moins à des quolibets, si ce n’est des insultes. Et finalement non, rien, pas même une vanne…" Un phénomène nouveau qui n’est pas pour déplaire aux dirigeants du FN, qui voient là un nouvel électorat potentiel.

    Un futur vivier de cadres pour le FN. Sur l’objectif du collectif, des divergences, minimes, existent. Pour David Masson-Weyl, l’ambition est de recruter les futurs cadres du Front national, qui en manque cruellement : "nous sommes en recherche de gens compétents qui puissent assurer des fonctions administratives et politiques. Et c’est vrai que des étudiants diplômés qui voudraient participer de cette professionnalisation sont les bienvenue au RBM." Gaëtan Dussausaye est sur la même ligne. Florian Philippot un peu moins : "recruter des cadres n’est pas la priorité, mais si quelqu’un sort du lot, on ne se privera pas ! L’idée est surtout de créer des relais sur le terrain dans de nouveaux secteurs".

    "L’idée", c’est aussi d’en glaner, des idées. Le président du FNJ estime ainsi qu’il y a "énormément de talents dans notre jeunesse, avec plein de bonnes choses à prendre. On est plus rêveur, plus naïf. On a plus de culot aussi." Florian Philippot espère quant à lui "des réflexions qui viendront alimenter notre programme présidentiel en 2017. Des conventions devraient d’ailleurs être organisées."

    De futurs collectifs en gestation. Ce fonctionnement segmenté, le FN veut le développer. Le vice-président du parti annonce ainsi à Europe 1 que d’autres collectifs devraient voir le jour courant 2015, "notamment dans le domaine de la santé, sur la dépendance ou le secteur hospitalier. Une autre structure consacrée à l’écologie va également voir le jour." Un collectif pour les lycéens, intitulé "Racine lycéen" vient d'être lancé, tout comme "Audace", destinée aux jeunes actifs âgés entre 25 et 35 ans. Marine Le Pen n’a pas fini de tisser sa toile.

    Benjamin Bonneau

    http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EuEFZFZAEkcnSWRmgq.shtml