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culture et histoire - Page 1259

  • Conférence Dextra 8 janvier 2016 : Qui contrôle notre monnaie ? Par Ludovic Greiling

    Pour la première conférence de l'année 2016, Dextra a la joie et l'honneur de recevoir Ludovic Greiling, journaliste et écrivain, qui traitera du sujet "Qui contrôle notre monnaie ?
    Nous vous attendons nombreux pour cette conférence au 19 rue Pascal, 5ème arrondissement, à partir de 19 h.
    Pour vous inscrire, cliquez ici

  • Livre : Le Paganisme. Recours spirituel et identitaire de l’Europe

    « Le Paganisme est une Vue du monde

    basée sur un sens du sacré, qui rejette le fatalisme.

    Il est fondé sur le sens de l’honneur

    et de la responsabilité de l’Homme,

    face aux évènements de la vie »


    Paganisme-2-e.jpgEntretien avec Gilbert Sincyr, auteur du livre Le Paganisme. Recours spirituel et identitaire de l’Europe (préface d’Alain de Benoist) par Fabrice Dutilleul

    Votre livre Le Paganisme. Recours spirituel et identitaire de l’Europe est un succès. Pourtant ce thème peut paraître quelque peu « décalé » à notre époque.

    Bien au contraire : si les églises se vident, ce n’est pas parce que l’homme a perdu le sens du sacré, c’est parce que l’Européen se sent mal à l’aise vis-à-vis d’une religion qui ne répond pas à sa sensibilité. L’Européen est un être qui aspire à la liberté et à la responsabilité. Or, lui répéter que son destin dépend du bon vouloir d’un Dieu étranger, que dès sa naissance il est marqué par le péché, et qu’il devra passer sa vie à demander le pardon de ses soi-disant fautes, n’est pas ce que l’on peut appeler être un adulte maître de son destin. Plus les populations sont évoluées, plus on constate leur rejet de l’approche monothéiste avec un Dieu responsable de tout ce qui est bon, mais jamais du mal ou de la souffrance, et devant qui il convient de se prosterner. Maintenant que l’Église n’a plus son pouvoir dominateur sur le peuple, on constate une évolution vers une aspiration à la liberté de l’esprit. C’est un chemin à rebours de la condamnation évangélique, originelle et perpétuelle.

    Alors, qu’est-ce que le Paganisme ?

    C’est d’abord un qualificatif choisi par l’Église pour désigner d’un mot l’ensemble des religions européennes, puisqu’à l’évidence elles reposaient sur des valeurs communes. C’est donc le terme qui englobe l’héritage spirituel et culturel des Indo-européens. Le Paganisme est une Vue du monde basée sur un sens du sacré, qui rejette le fatalisme. Il est fondé sur le sens de l’honneur et de la responsabilité de l’Homme, face aux évènements de la vie. Ce mental de combat s’est élaboré depuis le néolithique au fil de milliers d’années nous donnant une façon de penser, une attitude face au monde. Il est à l’opposé de l’assujettissement traditionnel moyen-oriental devant une force extérieure, la volonté divine, qui contrôle le destin de chacun. Ainsi donc, le Paganisme contient et exprime l’identité que se sont forgés les Européens, du néolithique à la révolution chrétienne.

    Vous voulez donc remplacer un Dieu par plusieurs ?

    Pas du tout. Les temps ne sont plus à l’adoration. Les Hommes ont acquit des connaissances qui les éloignent des peurs ancestrales. Personne n’a encore apporté la preuve incontestable qu’il existe, ou qu’il n’existe pas, une force « spirituelle » universelle. Des hommes à l’intelligence exceptionnelle, continuent à s’affronter sur ce sujet, et je crois que personne ne mettrait sa tête à couper, pour l’un ou l’autre de ces choix. Ce n’est donc pas ainsi que nous posons le problème.

    Le Paganisme, qui est l’expression européenne d’une vue unitaire du monde, à l’opposé de la conception dualiste des monothéismes, est la réponse spécifique d’autres peuples aux mêmes questionnements. D’où les différences entre civilisations.

    Quand il y a invasion et submersion d’une civilisation par une autre, on appelle cela une colonisation. C’est ce qui s’est passé en Europe, contrainte souvent par la terreur, à changer de religion (souvenons-nous de la chasse aux idoles et aux sorcières, des destructions des temples anciens, des tortures et bûchers, tout cela bien sûr au nom de l’amour). Quand il y a rejet de cette colonisation, dans un but de recherche identitaire, on appelle cela une libération, ou une « Reconquista », comme on l’a dit de l’Espagne lors du reflux des Arabes. Et nous en sommes là, sauf qu’il ne s’agit pas de reflux, mais d’abandon de valeurs étrangères au profit d’un retour de notre identité spirituelle.

    Convertis par la force, les Européens se libèrent. « Chassez le naturel et il revient au galop », dit-on, et voilà que notre identité refoulée nous revient à nouveau. Non pas par un retour des anciens Dieux, forme d’expression d’une époque lointaine, mais comme un recours aux valeurs de liberté et de responsabilité qui étaient les nôtres, et que le Paganisme contient et exprime.

    Débarrassés des miasmes du monothéisme totalitaire, les Européens retrouvent leur contact privilégié avec la nature. On reparle d’altérité plutôt que d’égalité, d’honneur plutôt que d’humilité, de responsabilité, de volonté, de défi, de diversité, d’identité, enfin de ce qui constitue notre héritage culturel, pourchassé, rejeté et condamné depuis deux mille ans.

    S’agit-il alors d’une nouvelle guerre de religion ?

    Pas du tout, évidemment. Les Européens doivent dépasser ce qui leur a été imposé et qui leur est étranger. Nous devons réunifier sacré et profane, c’est-à-dire réaffirmer que l’homme est un tout, que, de ce fait, il est le maître de son destin car il n’y a pas dichotomie entre corps et esprit. Les Européens ne doivent plus s’agenouiller pour implorer le pardon de fautes définies par une idéologie dictatoriale moyen-orientale. Ce n’est pas vers un retour du passé qu’il nous faut nous tourner, gardons-nous surtout d’une attitude passéiste, elle ne serait que folklore et compromission. Au contraire des religions monothéistes, sclérosées dans leurs livres intouchables, le Paganisme, comme une source jaillissante, doit se trouver de nouveaux chemins, de nouvelles expressions. À l’inverse des religions du livre, bloquées, incapables d’évoluer, dépassées et vieillissantes, le Paganisme est l’expression de la liberté de l’homme européen, dans son environnement naturel qu’il respecte. C’est une source de vie qui jaillit de nouveau en Europe, affirmant notre identité, et notre sens du sacré, pour un avenir de fierté, de liberté et de volonté, dans la modernité.

    Lorsque Benoît XVI déclare solennellement que « spirituellement, les chrétiens sont des sémites », cela signifie-t-il pour l’Église que la spiritualité authentiquement européenne n’existe plus ? Ou est-ce que le Vatican estime nécessaire, pour ses relations avec Israël, de rappeler que les racines du christianisme ne se trouvent pas en Europe ?
    Quoiqu’il en soit, Gilbert Sincyr s’est senti « interpellé » par cette déclaration.
    D’où ce livre en réponse, pour démontrer ce qui oppose sémites et européens, dans leurs spiritualités comparées.
    De Stonehenge au Parthénon en passant par Lascaux. D’Odinn à Homère et Athéna, l’auteur nous explique ce qui est spécifique du Paganisme européen, comparé aux valeurs bibliques du Judéo-christianisme.
    Plus généralement il oppose l’esprit du Paganisme européen à celui du monothéisme moyen-oriental.
    La première partie du livre, est destinée aux enfants. Au fil de l’histoire d’Iris, fille de Zeus, nous parcourrons l’Europe païenne pour y découvrir sa spiritualité, alors que Rome entre en décadence.
    La seconde partie est destinée aux adultes. C’est une confrontation entre les conceptions bibliques et païennes, de l’homme et du monde.
    C’est en fait une rébellion contre le totalitarisme, et un appel à la liberté de l’âme.
    Gilbert Sincyr nous invite à retrouver nos valeurs ancestrales, non pas par un retour formel aux Dieux de la mythologie, forme d’expression spirituelle d’une époque passée, mais comme recours à l’esprit qui les a fait naître, et qui nous identifie en tant qu’européens.
    Non, définitivement, selon lui, les Ruropéens ne sont pas spirituellement des sémites. Ils n’ont pas les mêmes valeurs.
    Gilbert Sincyr, ingénieur spécialiste du traitement de l’eau, est diplômé de la faculté des Sciences Sociales de Toulouse. Écologiste convaincu, membre de la SEPANSO (Société pour la protection de la Nature dans le Sud-ouest), il a rejoint le Groupe Paul-Émile Victor avec Haroun Tazieff, Alain Bombard, Louis Leprince-Ringuet, Jacqueline Auriol… et la Fondation Cousteau en 1984. Parallèlement, il a participé au combat des idées pour une Renaissance culturelle et spirituelle de l’Europe, aux côtés des animateurs du GRECE (Groupement de Recherches et d’Études pour la Civilisation Européenne), dont il été Secrétaire Général. Il a fondé le mouvement Synergies européennes et a été Président européen de la Fédération des Activités Culturelles Européennes.
    Pour lui, l’avenir des Européens se trouve dans un recours à leurs valeurs fondatrices, identitaires, non cosmopolites et non libérales.

    Acheter le livre ici

    http://www.voxnr.com/cc/di_varia/EuVEAZukVlcMJnSnNI.shtml

  • Michel Delpech, quand il était chanteur…

    C’est dans la lecture, le recueillement et la prière que Michel Delpech trouva enfin la paix de l’esprit.

    Après Lemmy Kilmister (voir nos éditions précédentes), un autre grand artiste, même si n’officiant pas exactement dans la même registre, vient de nous quitter à son tour : Michel Delpech.

    Pour ceux qui ont passé la cinquantaine, il incarna mieux que quiconque la bande son de la France gaullo-pompidolo-giscardienne ; bref, celle d’avant le 10 mai 1981. Avec un indéniable instinct, il sut en accompagner, voire en précéder les mutations sociologiques. Avec « Inventaire 66 », c’était la lassitude de la présidence gaullienne, d’une société en noir et gris, alors qu’une autre jeunesse rêvait d’un monde en couleurs : Mai 68 n’était pas loin, Wooodstock non plus. D’ailleurs, quelques mois plus tard, il interprète encore « Wight is Wight », hommage au festival éponyme, réplique anglaise du Woodstock américain.

    Autre chanson symbolique, « Les Divorcés », à laquelle Éric Zemmour consacre de longs paragraphes dans son Suicide français. En effet, c’est la première fois qu’un artiste de variétés évoque un sujet encore tabou, alors exception qui n’allait pas tarder à devenir norme quasi dominante. Le texte est sublimement écrit mais, note Zemmour, donne cette vision singulièrement irénique de la chose, ambiance, le divorce, finalement, n’est pas si grave. Et les familles recomposées, ça peut être tellement cool…

    La vérité, c’est que Michel Delpech venait alors de se séparer de la mère de ses enfants, et que ce divorce avait été pour lui des plus douloureux.[...]

    Nicolas Gauthier

    La suite sur Boulevard Voltaire

     

  • Bernard Lugan sur les crises saharo-sahéliennes

    Conférence de Bernard Lugan sur les crises saharo-sahéliennes

    Conférence donnée le 19 janvier 2015 au Centre Les diguières par le professeur Bernard Lugan sur les crises saharo-sahéliennes.

    Africaniste, Bernard LUGAN est expert devant le TPIR (Tribunal
    pénal international pour le Rwanda), professeur à l'Ecole de Guerre
    et aux Ecoles supérieures militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.
    Il dirige la revue par internet « l'Afrique Réelle».

    De la Libye au Nigeria et du Mali à la Somalie, l'arc de crise saharo-sahélien fait peser de très graves menaces sur toute l'Afrique de l'Ouest et sur l'Afrique du Nord. Ces crises sont d'abord des résurgences de conflits anciens aggravés par la modernité. Dans cette situation quelle pourrait être la stratégie de la France ?

    http://bernardlugan.blogspot.fr/

    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Retour sur "Le dernier Gaulois"

    France 2 nous proposait, en première partie de soirée et pendant la période des fêtes, un docu-fiction franco-belge intitulé « Le dernier Gaulois ». Nous ne pouvons que saluer l'initiative, d'autant plus que ce reportage ne fut pas le prétexte à un intense moment de propagande dont la télévision est pourtant un vecteur majeur. C'est déjà un point positif.

    Réalisé essentiellement en « motion capture » et donc en 3D, il nous faisait vivre la fin d'une civilisation, celle des Gaulois, à travers un personnage, Apator, vieux chef Eduen. Je regrette pour ma part qu'une plus large place n'ait pas été réservée à l'archéologie expérimentale et à la reconstitution historique, où vêtements et objets sont reproduits fidèlement. Cela permet une plus grande authenticité et une meilleure immersion.

    Le reportage passe en revue un grand nombre d'aspects de la civilisation gauloise : habitat, artisanat, activité guerrière, rôle de la femme ou encore assemblées politiques et divisions. Il s'inscrit dans un mouvement de revalorisation des Gaulois qui ont oscillé entre les caricatures du roman national et celles de tous ceux qui à l'inverse méprisent notre histoire. A l'instar des populations du Haut Moyen-Âge, en en particulier des Francs et des « Vikings », les études archéologiques et historiques nous permettent de porter un regard bien plus favorable sur ces peuples gaulois qui pratiquaient peu l'écrit. On y découvre alors un véritable artisanat de qualité et une organisation sociale complexe qui n'a rien à envier – ou presque – à ses voisins romains. Ils leur sont proches au moins par la géographie et une origine commune, indo-européenne. Le commerce est florissant entre Romains et Gaulois, en particulier dans la vallée du Rhône, de la Saône, et les Romains introduisent la vigne. De leur côté les Gaulois inventent le tonneau, ce qui est un véritable progrès par rapport aux amphores grecques et romaines, très fragiles. On notera que le reportage fait l'impasse sur les contacts encore plus anciens des Gaulois avec le monde grec. La cité de Phocée ayant par exemple fondée des colonies aux VIIeme et VIeme siècles av. JC comme Nikaia (Nice), Massalia (Marseille) ou encore Agathé Tychè (Agde). On prête également des contacts entre druides et savants grecs. Du côté des Romains, c'est vers Cicéron qu'il faudrait chercher pour trouver des éloges envers les druides.

    Le reportage se focalise sur la période de la guerre des Gaules (entre 58 et 52 av. JC), dont la principale source écrite est l’œuvre éponyme rédigée par Caius Julius Caesar. Ce dernier est alors pro-consul en Gaule narbonnaise, territoire contrôlé par Rome depuis la fin des guerres puniques contre Carthage. Un proconsul est un ancien consul (le plus haut magistrat romain) qui est amené à gérer un province à la fin de sa magistrature. On parlerait actuellement de gouverneur. Au-delà du « Dernier Gaulois », ce reportage est aussi l'occasion de s'apercevoir du génie politique et surtout militaire de Jules César, presque inégalé jusqu’à Napoléon. Certes, César valorise ses adversaires pour augmenter son prestige, mais il est toutefois attesté que les différents peuples gaulois furent des adversaires redoutables pour les Romains. Le souvenir de la victoire de Brennus est resté douloureux dans les mémoires romaines. Malheureusement pour eux, les Gaulois sont à l'époque de la guerre des Gaules rongés par les luttes intestines et Rome exerce une véritable fascination pour une partie de leurs élites. Ils ne purent pendant ces six années offrir une opposition solide, ce qui ne les empêche pas de vaincre les Romains à Gergovie avant d'échouer à Alésia. Nous apprécions que le reportage mentionne que Vercingétorix a servi au côté de César, nous regretterons cependant que cet aspect n'ait pas été plus expliqué. César apparaît dans le reportage comme froid et cynique, n'hésitant pas à massacrer vieillards, femmes et enfants et à humilier les aristocrates gaulois. C'est un homme avide de pouvoir dans sa lutte contre Crassus et Pompée qui va parvenir à dominer toute la Gaule (oui toute, même les villages d'Armorique !) et pénétrer en Bretagne.

    Sur ce point, on pourra toujours s'interroger. Le caractère des personnages participe plus de la narration que de la réalité. Ce n'est pas le seul élément discutable du reportage. Outre l'absence d'explication sur le « retournement » de Vercingétorix, le reportage ne fait que peu de cas de la cavalerie gauloise, la meilleure de son temps. Il est peut-être un peu caricatural sur le rôle de la femme. Certes, il était nécessaire, et nous ne nous en plaindrons pas, de rappeler que la femme gauloise avait un rôle sociale plutôt favorable, surtout si on la compare à d'autres cultures, y compris de nos jours. Mais cela manque peut-être un peu de nuance. Quant au passage sur le gaulois étreignant une femme avec un mot grivois, il était totalement dispensable... La diversité des peuples n'est pas non plus très marquée. A diverses reprises le narrateur, Clovis Cornillac, nous parle de diversité dans les panthéons, mais les dieux ne sont presque jamais mentionnés, sauf dans le cadre des batailles avec Taranis et Teutates. L'Aquitaine est par ailleurs complètement oubliée, quid des Vascons de Novempopulanie qui occupent une partie non négligeable de la Gaule ?

    Au terme de ce reportage, nous pouvons toutefois tirer quelques leçons d'histoire. La liberté défendue par Vercingétorix ou Apator - celle de rester un ensemble de peuples distincts pouvant vivre en bonne intelligence avec l'empire romain - est très noble, mais elle montre la difficulté de résister face à une puissance organisée, déterminée et qui parvient à séduire une partie des élites adverses. Il apparaît assez clairement qu'une partie des élites gauloises se laisse séduire par le commerce et qu'elle voit surtout ses intérêts immédiats dans ce domaine. Cela nous rappellerait presque nos élites actuelles… Presque... Nous savons désormais de façon certaine que la romanisation fut avant tout un processus de séduction, contrairement à l'idée jadis en vogue selon laquelle Rome aurait imposé son mode de vie. C'est un long processus d'acculturation et d'adoption des mœurs romaines (comme les tria nomina ou la toge) qui fera des Gaulois des Romains à part entière. Paradoxe lorsqu'on étudie dans le même temps l'hellénisation des élites romaines.

    A l'heure de la faillite de notre système d’assimilation (qu'on s'en réjouisse ou qu'on le regrette n'est pas le sujet ici), ces questions identitaires et culturelles ne sont pas négligeables. Le reportage conclut en disant que les Gaulois deviennent des « gallo-romains », mais cette expression est aujourd'hui contestée et traduit l’ambiguïté de la dimension identitaire à cette époque. En effet, être Romain, ce n'est plus simplement être issu de la ville de Rome, mais être un citoyen de l'ensemble politique dirigé par Rome. Ce n'est plus l'ethnie qui définit seule l'identité, mais l'appartenance à un ensemble culturel et politique. Au final, le titre est bien choisi, car sans que les contemporains en aient conscience, Alesia a scellé le sort d'une civilisation mais peut-être aussi d'une conception de l'identité et de la citoyenneté.

    Jean/C.N.C.

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/le-cercle-non-conforme/

     

  • Nous avons laissé détruire l'humus économique de nos nations en échange de produits bon marché

    Plus de 50 % des produits manufacturés achetés par les Américains et les Européens sont importés. Pour la première fois depuis deux siècles, l'Occident n'est plus maître du jeu. Trois mots expliquent cet échec : aveuglement, cupidité, arrogance. Les dirigeants politiques et économiques portent une responsabilité écrasante dans l'explication de ce déclin. Pendant des années, nous avons observé, fascinés, la montée en puissance de l'Asie pour découvrir tardivement qu'elle était due à notre aide et à notre financement. En exportant notre travail et notre savoir-faire, nous avons créé les conditions de notre nouvelle dépendance. 
         Partout en Occident, l'ascenseur social semble définitivement bloqué. Les Américains eux-mêmes doutent de l'American dream. En Europe et aux États-Unis, en exportant les emplois à travers les délocalisations, les dirigeants d'entreprises et les responsables politiques ont implicitement trahi la confiance de leurs employés et de leurs administrés et piétiné le contrat social qui cimente un pays. Pour que le système économique actuel fonctionne à son paroxysme, pour maximiser le présent au détriment du futur et les profits d'un tout petit nombre de privilégiés au détriment du reste de l'humanité, il fallait que toutes les barrières logistiques, politiques, morales et culturelles sautent. Ce fut chose faite avec la fin de l'URSS. C'est là que les mentalités en Chine et en Inde ont changé, rendant accessible au capital occidental une source de travail peu coûteuse. Un processus s'est ensuite vite mis en place pour transférer les emplois et les industries occidentales vers les pays émergents. C'est cette globalisation qui a provoqué l'accélération du démantèlement des bases industrielles qui avaient porté l'Europe, puis les États-Unis, à dominer le monde.
         Ce n'est même pas de l'ultra-libéralisme, c'est du totalitarisme, du socialisme pour les très riches, déguisés sous des oripeaux de marché et de libéralisme. La globalisation est un moyen idéal de privatiser les profits des grandes entreprises (par délocalisation des productions), de socialiser les pertes (faire porter le coût social du chômage ainsi créé par les collectivités locales) puis, comble du toupet, de faire aider ces grandes entreprises par l’État - et donc par le contribuable - lorsqu'elles sont en situation de perte. Jamais l'investissement dans les lobbies n'avait été aussi rentable.
         La globalisation a en plus permis à de grands distributeurs de massacrer les petits vendeurs et les artisans à coup de prix très bas, rendus possibles par les économies d'échelle et une production qui se fait sous des cieux moins regardants quant aux coûts et aux conditions de travail. Ces petites entreprises et ces artisans étaient pourtant au cœur du tissu social par leur travail, utile en soi, mais aussi parce que leur activité cimentait des liens de proximité entre la communauté du quartier, de la ville ou de la région. Nous avons d'abord délocalisé à 5 euros par jour en Europe de l'Est, puis à 99 centimes par jour en Asie. Nous avons laissé détruire l'humus économique de nos nations en échange de produits bon marché. 
         Hélas, les multinationales ne sont liées à aucun pays. Nomades et apatrides, elles sont quasiment toutes installées dans des paradis fiscaux. Elles ne payent que très peu d'impôts grâce à des jeux de comptes opaques, des coûts et des revenus savamment croisés entre filiales à l'organigramme complexe. Souvent, ces grands groupes bénéficient même de subventions généreuses alors que leur contribution locale est insignifiante. Dans les régions à forte délocalisation, c'est la désolation : la fermeture d'une usine, souvent seule source d'emploi, peut ruiner une agglomération tout entière après avoir provoqué la mort professionnelle et sociale de ses habitants. 
         Le libéralisme, qui à l'origine était uniquement synonyme de libre concurrence, de libre-échange, de droit d'entreprendre sans barrières bureaucratiques, de libre accès aux capitaux et de transparence, s'est transformé en ultra-libéralisme ou, selon la formule heureuse de l'historien Edward Luttwak, en turbo-capitalisme. Il n'existe pas, dans toute l'histoire mondiale, d'exemples d'une telle démarche : des chefs d'entreprises commencent par tuer l'emploi chez eux pour le transférer dans un pays dont ils apprécient le faible niveau de salaires et l'absence de droits sociaux. Puis, devant les exigences croissantes du pays hôte dont le rôle se renforce sur la scène mondiale, ils vont accepter de tuer l'innovation en le laissant s'en emparer. C'est ce que décrit le journaliste Éric Laurent dans son livre Le scandale des délocalisations : "L'essor de la Chine et de l'Inde s'est bâti sur le futur cadavre de l'Occident"
         Le coût humain de ces tribulations est considérable, tant en Chine, en Inde, qu'en Occident. La violence réelle faite aux ouvriers des pays émergents, ainsi que celle infligée aux travailleurs occidentaux dont les emplois ont été délocalisés, est terrible. Les travailleurs qui ne sont pas encore délocalisés,  n'ayant plus l'assurance d'un employeur loyal et prévisible, sont de plus en plus soumis à une concurrence darwinienne entre eux. Les fournisseurs sont obligés de se battre férocement les uns contre les autres pour survivre. Tout cela, en théorie, à l'avantage du consommateur qui, bientôt sans emploi ou en situation précaire, n'aura de toute façon plus les moyens de consommer ! Afin d'obtenir un gain immédiat, les entreprises occidentales ont ruiné les citoyens et les travailleurs de leur pays, et fourni à de futurs adversaires les moyens de les dominer. Seulement un salarié sur trois ayant perdu son emploi en Europe et aux États-Unis en retrouvera un, et toujours avec une rémunération inférieure. La baisse des revenus et du pouvoir d'achat des ménages et des salariés en Occident s'accélère. Cela est surtout vrai pour la classe moyenne, qui devient une classe de working poors, devant faire appel au crédit de manière exagérée afin de maintenir son train de vie. 
    Piero San Giorgio, Survivre à l'effondrement économique

  • Au rallye et vite !

    A la fin de la deuxième décennie du siècle, nous aborderons au rivage des Désordres, en conséquence de la politique de masse qui a prévalu en France depuis 1962 annihilant progressivement toute stratégie nationale et laissant le pays en proie aux opinions éphémères, à l'émotion, au sentimentalisme et à ce redoutable poison socialiste qu'est l'envie. Cette date est arbitraire mais confirmait le peuple dans son rôle escroqué de souverain maître en dernier ressort, ce qui est la falsification morale la plus dangereuse de l'époque moderne car le peuple est inconséquent, surtout quand ça va mal. Ainsi lui a-t-on confié l'élection directe du chef de l'Etat faisant ainsi le lit de la démagogie la plus éhontée. Bien sûr les défauts de cette architecture n'apparurent que peu à peu, masqués par deux présidents hors du commun que furent Charles De Gaulle et Georges Pompidou. Après eux on s'est vautré ! Le Pharaon, le Florentin, Pinarque, Zébulon et Flanby ! Le régime sélectionne aujourd'hui rusés ou malins portés par des écuries gouvernées par l'avidité et la prébende juteuse, mais jamais des hommes d'Etat ; à croire que les gens de haute éducation et compétences fuient la sphère politique qu'ils méprisent. Entendre Yves Rocard parler de son fils Michel, Pal Sarkozy de son fils Nicolas ou Georges Hollande parler de François ne laisse aucun doute : ce choix de vie n'était pas vraiment digne. Or nous avons maintenant plus que jamais besoin d'hommes d'Etat. Nous avons besoin d'une stratégie nationale ancrée dans les réalités mondiales, et nous allons devoir tous faire bloc en agrégeant en France la plus forte masse critique qui pèsera le plus lourd possible sur les attentes (exprimées ou non) du camp retranché intérieur et celles de nos partenaires extérieurs. Car nous ne serons plus jamais seuls à décider. Si 74% des électeurs veulent vraiment passer le balai* dans la classe politique, c'est un bon début. Pourvu que ça dure !
    Chacun s'aperçoit que notre société est cul par dessus tête, le bon sens est même combattu pour ce qu'il est, sans arguments sérieux, comme on le voit pour la déchéance de nationalité française des assassins semi-étrangers. Mais il y a plus grave, surtout le délaissement des pauvres et des vieux, l'insécurité grandissante de l'espace commun, et ce n'est pas du "ressenti", la punition systématique des citoyens qui se défendent en lieu et place d'un police débordée, l'inversion des valeurs naturelles pour privilégier des minorités bruyantes, nourries de provocations grotesques, la confiscation massive des revenus par l'impôt ou les taxes directes et indirectes asséchant les capacités d'initiatives, la corruption gazeuse qui pourrit tout, enfin, la perversion du vivre ensemble transformé en intégration forcée de populations factieuses, dans le mépris des aborigènes - fameux souchiens - qui sont les premiers soutenus partout ailleurs dans le monde mais pas ici. Le délire immigrationiste des élites auto-proclamées est à son comble des deux bords, pro- et anti-, jusqu'à passer à côté des vrais problèmes, tant ceux des nouveaux arrivants que ceux des résidents déjà installés. Rassurez-vous, on ne fera pas dix pages sur la jongle calaisienne.

    (*) Sondage Odoxa pour Le Parisien - 2.01.2015
    Alors, que font les royalistes dans ce champ de ruines ?
    (1) A l'échelle de la planète, un pays très moyen en déclin pour l'instant, dernier avatar du modèle marxiste effondré. Le pays est captif de corporations privilégiées indéboulonnables sauf dynamitage des socles. Le bétonnage de socles si résilients date du Conseil National de la Résistance (1945).Rien ou presque rien. Comme le disait Gérard de Villèle dans le dernier Lien légitimiste : beaucoup d'entre nous sont des "royalistes de posture et nostalgiques de ce qu'ils n'ont jamais connu mais toujours rêvé". Une définition de l'idiotie qui en vaut d'autres ! Laissons aux gérontes de la Cause les béquilles du compassionnel et du commémoratif - bientôt la galette des rois puis la messe en grand noir - et attelons-nous à la promotion sérieuse de la monarchie qui ne peut se suffire de prières et de l'histoire du vieux royaume disparu, histoire passablement enjolivée, parfois ! Nous affrontons aujourd'hui un défi purement technique d'élaboration d'un régime politique crédible, insérable, pérenne. Qui s'y colle ? Vox clamans in deserto, je ne vois pas beaucoup de doigts levés. Et pourtant cette construction intellectuelle sera décisive si elle est bien fondée. A défaut, rentrer chez soi et cesser d'appeler les cotisations !
    La première mise à jour concerne l'évaluation du "pays réel" qui est carrément nié par les royalistes qui préfèrent organiser un pays rêvé, comme le faisait les Emigrés de Coblence. Or nous devons aux gens à qui nous parlons un langage de vérité au milieu de la pourriture politique ambiante.
    Alors c'est quoi la France de 2016 qui sera transformée en royaume avant qu'elle ne soit brisée en plusieurs morceaux ?

    (2) Un pays majoritairement irreligieux, voire athée où cohabitent sur tout l'espace deux monothéismes de la même force, l'islam et le christianisme, le premier taillant des croupières au second qui ne se défend pas ou ne se défend plus depuis l'abdication de Benoît XVI.
    (3) Quelque soit le domaine d'intégration internationale, ce pays a dû rendre ses attributs de souveraineté de par son incapacité à les porter. Sans être gouverné depuis l'étranger - mais le champ d'autonomie est réduit dès lors qu'une majorité de lois naissent à Bruxelles - toutes les décisions sont insérées dans un schéma exécutif multinational : énergie, monnaie, commerce, droits et devoirs, tout vient d'ailleurs même les munitions de guerre ! A ce titre, le souverainisme est un tunnel ! L'art politique nécessaire sera d'optimiser nos dépendances et oublier notre impossible indépendance sauf à disparaître de l'histoire.
    (4) Les finances publiques sont en grand désordre et l'Administration pléthorique du pays emprunte à l'étranger pour se payer ses propres salaires sur nos comptes de contribuables. Notons qu'elle en demande chaque année la permission à nos représentants élus, qui la lui donnent. La classe politique est complètement mouillée dans cette faillite publique et elle devra rendre des comptes complets et dégorger pour l'exemple.
    (5) Le pays perd de sa substance en qualité par l'émigration des cerveaux et l'immigration des bras. Une frange conséquente de la population éduquée a fait une croix sur son avenir dans un pays aussi coincé économiquement et politiquement. Elle y revient en touriste mais éduque ses enfants au coeur battant de la mondialisation gagnante, pas ici. Ce qui est nouveau c'est que désormais nous connaissions tous au moins un expatrié heureux. Faire revenir de la substance de qualité passe par une réforme complète du système économique afin de le rendre attractif. Ce sera très dur.
    (6) Le complotisme est répandu dans les segments perdants du pays où disparaît beaucoup d'énergie civique. Les quatre Etats confédérés de Charles Maurras n'existent plus en puissance ; il s'en est créé d'autres, organisés autour des nouvelles technologies de l'information et de la science. On en est aux ordinateurs quantiques ! Les Juifs, quand ils se prévalent de cette origine, ont fait leur deuil de la Terre Promise abandonnée à la gouvernance des boutiquiers du Sentier - Israël est un Etat avorté. L'incinération de la moitié de la nation juive, si elle a donné du grain à moudre à certains survivants, a surtout encouragé une grande majorité d'entre eux à se fondre dans la masse. Les Francs maçons, parlons-en ! Les loges sont autant de clubs de ratés venus compenser une position sociale précaire ou dégradée ; il est amusant de n'y jamais croiser des entrepreneurs à succès. Certes ils pèsent encore sur la politique française mais dans les seuls domaines sociétal et éducatif d'où ils seront expulsés par le coefficient naturel d'attrition. L'influence des Protestants, quant à eux, a suivi la déchristianisation générale d'un côté, la négrification de la liturgie de l'autre, on approche irrésistiblement du hip hop. Restent les Métèques ! Nous serions tous le métèque de quelqu'un si le brassage de la globalisation n'était passé par là. Les entreprises d'une certaine taille sont toutes des United Colors of Benetton. La racialisation des élites techniques d'aujourd'hui a disparu. Elle demeure dans les couches populaires comme les scories du temps jadis sauf quand la race s'associe au risque de mort comme maintenant et met tout le pays en résonance. Soutenir le complotisme fait perdre du temps et décrédibilise le travail de propagande royaliste. Il faut se couper des relents fuligineux de la Révolution vichyste, c'était un mauvais choix, moralement explicable mais politiquement dévastateur. Il faut savoir ce qu'on veut.
    (6) La Cinquième République, avachie depuis que la tête de pyramide tourne fou, est parvenue à fracturer la société en tous sens. A la fameuse fracture sociale d'origine économique, fracture réparable dans un paradigme libéral bien conduit, elle a ajouté les fractures communautaires qui la croisent en tous sens, essentiellement au bénéfice de l'islam d'importation récente, puis a rajouté aujourd'hui des fractures ethniques, ce qui est un comble en France, pays d'origine composite de par sa position en panier de basket à l'extrême occident de l'Eurasie. Après nous, l'océan immense, on ramasse tout. Le pays est "faïencé" et pas loin de tomber en miettes au premier choc sérieux, ce qui déclenche de grandes envolées lyriques d'un pouvoir totalement dépassé par les enjeux. Il ne faut donc pas compter sur une cohésion nationale au son du canon ! Elle devra être refaite comme un jeu de patience.
    Le seconde mise à jour est celle du "programme" :
    Facile ! Il n'existe pas. Sont-ce les princes ? Ils n'existent pas. Le programme politique royaliste est à écrire en se fondant sur les avantages indéniables de la monarchie cantonnée au domaine régalien** ; faudra-t-il encore savoir expliquer à l'Opinion qu'un mécanisme complet et qui marche est prêt à s'appliquer. Personne, et moi moins qu'un autre, ne fera confiance aux qualités intrinsèques du plus aimable des messies sans connaître d'avance le déroulement du programme. Nous avons trop souvent donné, les cornes sont lourdes à porter.
    Le Désordre est annoncé. Il est plus que temps que les Royalistes se fondent en un parti structuré, capable d'élaborer une politique appliquée - en science politique fondamentale, nous sommes champions du monde mais pas en pratique - et capable surtout de se donner les moyens de sa propagande. Je pense pour cent raisons que l'Action française devrait être le pivot de ce rassemblement général des royalistes, chaque chapelle s'attachant à couper les épines les plus acérées qui blessent les autres et à laisser de côté les cours princières qui ne seront d'aucun renfort si l'on se fie à l'expérience que nous en avons. Si le mouvement dans sa diversité ne précipite pas en force politique organisée, il se ment à lui-même. Nous y reviendrons... évidemment !

    (**) Il est important de limiter la monarchie au domaine régalien car il faudra laisser le pays se reconstruire à partir de ses bases territoriales dans un cadre décentralisé : plus d'Etat en haut, moins d'Etat en bas.

    http://royalartillerie.blogspot.fr/