Publié pour la première fois, le Journal de guerre de l’abbé Stock éclaire la figure et la mission hors du commun de ce prêtre allemand qui visita et accompagna prisonniers et condamnés à mort français et étrangers jusqu’à la libération de Paris.
Le 21 février 1942, les Allemands fusillent quatorze personnes au Mont Valérien. Treize victimes sont des Juifs. L’un d’eux fait cette déclaration au prêtre qui accompagne les condamnés : « Ils peuvent bien nous tuer, mais d’autres se lèveront, il est impossible d’exterminer la race juive. » Et le prêtre de regretter l’absence d’un rabbin pour assister les Juifs pieux qui, avant de mourir, récitent des psaumes.



Ancienne cheville ouvrière de la victoire majeure de l’armée d’Orient en 1918 et favori bien placé pour la succession de Gamelin au poste de généralissime, le général Charles Huntziger était en 1939 l’un des grands talents du haut commandement de l’armée française. Chef de la IIe armée lors de la percée allemande décisive des Ardennes en mai 1940, il est chargé d’assumer le rôle peu enviable de principal signataire français de l’armistice de Rethondes. Il devient ensuite un des hiérarques du régime de Vichy, d’abord à la Commission d’armistice de Wiesbaden puis en tant que Ministre de la Guerre. Il meurt dans un accident d’avion en novembre 1941, laissant pour l’Histoire le renom controversé d’un protagoniste clé des débuts de la Collaboration d’État.