
Entretien avec Jacques-Régis du Cray
Jacques-Régis du Cray est historien du mouvement traditionaliste, réalisateur d'un film remarqué sur la vie de Mgr Marcel Lefebvre. Il a bien voulu répondre à nos questions alors que l’on fête le 40e anniversaire de la « prise » de Saint-Nicolas du Chardonnet.
Qu'est-ce qu'évoque pour vous la « prise » de Saint-Nicolas du Chardonnet ?
En 1977, je n’étais pas encore né. Par conséquent, même si j'ai grandi à l'ombre du clocher de Saint-Nicolas du Chardonnet, je n'ai connu ce qu'il est convenu d'appeler la « prise » que par les récits de ceux qui l'ont vécue. D'après ces témoignages et, au-delà du caractère mouvementé de ce qui peut sembler constituer une occupation, je parlerais davantage de restauration car, avant le 27 février 1977 l'église avait perdu son statut de paroisse et demeurait fermée une bonne partie de la semaine. Depuis ce jour-là, sa nef et ses confessionnaux ne désemplissent plus. Pour ses affectataires de fortune, cet événement a sans aucun doute marqué le début d'une espérance cruciale et la fin d'une errance à travers la capitale. La messe traditionnelle était littéralement interdite et les séminaristes qui souhaitaient être ordonnés pour la célébrer systématiquement condamnés. Ce jour d'hiver 1977 les défenseurs du culte traditionnel ont à nouveau espéré.
Parmi les anniversaires qui marquent l'année 2017, il y a le troisième centenaire de la Maçonnerie Nous avons demandé au Père Michel Viot d'évoquer pour nous les origines de cette institution condamnée par l'Église.
Lorsque Paul Sérant publie Les dissidents de l'Action française (1978), le terme « dissident » est loin d'être neutre. Cela fait alors moins de 6 ans que Soljénitsyne a publié L’Archipel du goulag. La dissidence est alors indissociable de l'expérience totalitaire soviétique. Sérant ne peut l'ignorer, et lève le voile dès l'introduction son propos sera d'analyser, dans le cadre bien précis de l’AF, le rejet de certaines doctrines par « des esprits qui leur avaient donné leur adhésion ». 

