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culture et histoire - Page 572

  • Les Grecs et leurs dieux 3/4

    Cette aide, voire la mise hors jeu de l’identité propre, loin de porter préjudice à l’exaltation héroïque, l’élève bien plutôt jusqu’au plus haut.

    Mais même dans des situations d’un autre genre, l’action humaine est proprement un acte divin. Là où précisément nous mettons l’accent sur la décision propre de l’homme, et où nous lui accordons la plus grande valeur, Homère voit la manifestation d’un dieu. Le récit évoqué plus haut d’Achille et d’Athéna (Iliade, I, 188 ff.) en est un exemple majeur. Le poète raconte d’abord tout comme nous le ferions : « L’outrage qu’il a subi de la part d’Agamemnon atteignit Achille d’une douleur sauvage, et son cœur balança le pour et le contre pour savoir s’il allait tirer l’épée, disperser l’assistance et tuer l’offenseur, ou bien s’il devait calmer son dépit et maîtriser sa fougue. Tandis qu’il remuait en lui ses pensées et déjà sortait son épée du fourreau, alors… »

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  • Les Grecs et leurs dieux 2/4

    Nous devons cette nouvelle au fameux hymne à Zeus de Pindare, qu’on connaît en partie bien qu’il ait été perdu. Il y était dit que Zeus, après que fut achevée la nouvelle figure du monde, interrogea les dieux qui étaient plongés dans un étonnement muet, et leur demanda s’il manquait encore quelque chose pour parvenir au plein achèvement. Et ils répondirent qu’une seule chose manquait, une voix divine, susceptible d’annoncer et de célébrer toute cette merveille. Et ils le prièrent d’engendrer les Muses.

    Nulle part au monde ailleurs que dans le mythe grec, il n’a été donné au chant et à la haute langue de signifier l’être.

    L’être du monde s’accomplit ainsi dans le chant et le dire. Il appartient à son essence qu’il doive se manifester, justement comme divin, proféré par la bouche des dieux. Dans le chant que chantent les Muses, retentit la vérité de toutes choses comme un être rempli de dieux, brillant depuis la profondeur, et manifestant la splendeur éternelle et la quiétude bienheureuse du divin, même au sein de ce qui est le plus sombre et le plus souffrant.

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  • La guerre commence à Sarajevo

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    L'assassinat de l'Archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, dont les conséquences ensanglantèrent l'Europe pendant quatre ans, faillit échouer. Le 28 juin 1914, un hasard fit basculer l'histoire.

    L'une des principales objections au sens de l'histoire tel que le conçoivent les marxistes, tient à l'importance que revêt parfois un aléa, une coïncidence, un détail qui entraîne des conséquences considérables. Ainsi, le 28 juin 1914, à Sarajevo, si l'automobile dans laquelle se trouvaient l'Archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois, et son épouse, la duchesse Sophie de Hohenberg, ne s'était pas inopinément arrêtée à l'endroit où se trouvait posté Gavrilo Princip, l'attentat qui provoqua la Première Guerre mondiale, avec pour conséquences la révolution russe, la disparition de l'empire austro-hongrois, celles de l'empire allemand et de l’empire ottoman, enfin la Deuxième Guerre mondiale, aurait échoué.

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  • Great Reset ou la grande réinitialisation - L'émancipation par la lecture

  • Les Grecs et leurs dieux 1/4

    Pourquoi fait-on si peu de cas du monde des dieux des anciens Grecs, qu’on étudie avec un zèle scientifique comme objet d’un intérêt antiquaire, sans penser qu’au-delà il possède un sens et une valeur, et que, comme tout ce qui est d’importance dans le passé, il pourrait peut-être bien nous concerner aussi ?

    La première raison tient naturellement au triomphe d’une religion qui, bien loin de la tolérance dont faisaient preuve toutes les religions antérieures, affirme sa prétention à détenir seule la vérité, de sorte que les conceptions de toutes les autres, et en particulier celles de la religion grecque et de la religion romaine qui prévalaient jusque-là en Europe, ne peuvent qu’être contraires à la vérité et condamnables.

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  • LE GRAND CONDÉ, PRINCE, CAPITAINE ET MÉCÈNE

    Etonnante et fastueuse figure, le Grand Condé servit le roi Louis XIV, le trahit, puis fut pardonné.

         C’est Bossuet, en 1687, qui prononça à Notre-Dame de Paris l’oraison funèbre du «Très Haut et Très Puissant Prince Louis de Bourbon, Prince de Condé, Premier Prince du Sang». Le plus bel hommage était venu de Louis XIV : «Je viens de perdre le plus grand homme de mon royaume.» Ils s’étaient réconciliés depuis longtemps, mais comment oublier que Condé, après avoir été le plus grand capitaine du roi de France, était resté pendant huit ans son pire ennemi ?

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  • Bien commun : un équilibre difficile

    Suivant l'enseignement de l’Église catholique, le bien commun, dont l’État doit se faire le serviteur sous peine d'illégitimité, désigne « l'ensemble des conditions sociales [permettant], tant aux groupes qu'à chacun de leurs membres, d'atteindre leur perfection [...]» (CEC, n° 1906). Nous avons demandé à un enseignant en droit de détailler cette « exigence », comme dit saint Thomas, du bien commun.

    Ce bien commun « comporte l'ensemble des conditions sociales qui permettent et favorisent dans les hommes le développement intégral de leur personnalité », enseigne Jean XXIII dans Mater et Magistra. Pour préciser cette formule, on retient habituellement trois éléments : le respect de la personne, le bien-être social et la paix civile. Trois éléments qu'eut à cœur de réaliser saint Louis tout au long de son règne, mais que notre époque semble avoir oubliés.

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  • Culture ? Forgeries et oublis... (texte 2014)

    La culture européenne existe dans le regard rétrospectif et sélectif que jettent les « élites » sur un territoire et un temps qu'elles remodèlent à leur gré, chacune se forgeant une Europe rêvée à la mesure de ses visées politiques.

    L'Europe est peut-être une réalité géographique (où s'arrête-t-elle, à l'Est ?). Elle est surtout une construction politique. La culture européenne l’exprime. C'est-à-dire qu’à chaque grand paradigme politique correspond une culture romaine, carolingienne, chrétienne, et ainsi de suite - si l'on veut se centrer sur l'aire culturelle « française ». C'est dire aussi qu'il n'y a pas de continuité culturelle en Europe, ou alors si lâche, si ténue que le mot même de culture, tel qu'il est aujourd'hui invoqué par Aurélie Filipetti avec flamme et talent « La culture est le terreau d'une citoyenneté enthousiaste, une fierté qui n’est pas nationale mais celle d'une terre d'accueil, d'échanges et de dialogue. » discours du 4 avril 2014) n’a pas grand sens.

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  • Le catholicisme de saint Augustin

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    Saint Augustin est à la mode. Tant mieux ! Encore faut-il le lire. Il n'y a pas d'introduction plus simple et plus profitable à l'œuvre du grand Docteur africain que ces Sermons, prêches pour le peuple, avec une simplicité, un feu et un goût de la vérité qui est toujours perceptible près de quinze siècles plus tard.

    « Où trouver dans l'histoire de l'Occident, un homme qui, pour l'influence, puisse être comparé à Augustin ? » demandait l'historien protestant hyper-critique Adolf von Hamack. L’évêque d'Hippone (Bône en Afrique du nord devenue Annaba) est certainement le plus important - et en même temps le plus personnel - des Pères de l’Église. Mais jusqu'à une date récente, on ne possédait de lui, on ne pouvait lire couramment que les Confessions. C'était le seul ouvrage que l'on pouvait se procurer en français. Encore fallait-il ajouter qu'il était nécessaire de bien choisir sa traduction, l'édition en livre de poche laissant à désirer. Finalement, disons-le, ceux, j'en ai fait partie, qui se hasardaient dans ce dédale, c'était le plus souvent pour s'y perdre.

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