« Jadis l’idée de patrie, fortement sentie, était très peu souvent définie », a écrit l’historienne Marie-Madeleine Martinaujourd’hui, les notions de nation et d’identité, devenues folles, doivent être précisée. Mais France républicaine est-elle simplement amnésique ou schizophrène ?
En janvier 2010, à La Courneuve, s’exprimant devant un auditoire principalement issu de l'immigration, Eric Besson, ministre de l'immigration et de l'identité nationale de Nicolas Sarkozy avait défini la France comme « un conglomérat de peuples qui ont décidé de travailler ensemble, de vivre ensemble, et qui se sont donné des valeurs, une nation qui s'est donné un État - c'est pour ça qu'on a un État plus fort que dans la plupart des pays du monde et plus centralisateur(…) Il n'y a pas de Français de souche, il n'y a qu'une France de métissage. » Cette déclaration s'inspirait à la fois d'une célèbre citation d'Ernest Renan, souvent tronquée, et d'un argument jadis utilisé par Mirabeau pour critiquer la société d'Ancien Régime.

Lorsque Paul Sérant publie Les dissidents de l'Action française (1978), le terme « dissident » est loin d'être neutre. Cela fait alors moins de 6 ans que Soljénitsyne a publié L’Archipel du goulag. La dissidence est alors indissociable de l'expérience totalitaire soviétique. Sérant ne peut l'ignorer, et lève le voile dès l'introduction son propos sera d'analyser, dans le cadre bien précis de l’AF, le rejet de certaines doctrines par « des esprits qui leur avaient donné leur adhésion ». 



