
Avant même le début de l'année 1992, est déjà célébré le 500e anniversaire de la « découverte » de l'Amérique par Christophe Colomb. L'ennui est que le célèbre Génois (?) ne fut pas le premier Européen à traverser l'Atlantique et à fonder au-delà de l'océan une lointaine colonie. Il a été précédé, aux alentours de l'an mil, par le Viking Leif l'Heureux, fils d'Erik le Rouge.
On ne connaît pas trop là nationalité exacte de Christophe Colomb, mais ce qui est au moins certain, c'est que le « génial découvreur » fut, sans le savoir sans doute, un véritable imposteur. Aussi tout le bruit que l'on fera l’an prochain en souvenir du voyage de ses trois caravelles sera d'abord un gigantesque bluff publicitaire, logiquement destiné à exalter à la face du monde entier la puissance et la vertu exemplaires des Américains (Le. des Etats-Uniens), lointains héritiers des pseudo-découvreurs, conquistadors, pères pèlerins du Mayflower, Insurgents de 1776 et autres pionniers du Far West, massacreurs d'Indiens et donneurs universels de leçons de morale.
Qui a découvert l'Amérique ?
« Triste et insensé personnage » pour Umberto Eco, l'auteur du célébrissime Au nom de la rose, « érudit de génie » selon Marguerite Yourcenar, « gnostique » sulfureux aux yeux de certains catholiques qui ne l'ont jamais lu, Julius Evola (1898-1974) a fait l'objet, de son vivant comme après sa mort, des jugements les plus contrastés. A l'occasion de la réédition, dans une nouvelle traduction intégrale, de son livre le plus important, Révolte contre le monde moderne (1), son traducteur retrace une partie de l'itinéraire de cet aristocrate qui a laissé une œuvre énorme, et résume l'histoire de la « réception » d'Evola en France.

