
L'opinion publique croit volontiers que les États-Unis d'Amérique sont entrés dans une période d'hégémonie planétaire au cours du XXe siècle en suivant les orientations de l'école anglo-saxonne de géopolitique. Or la rapacité de ce pays à s'emparer de territoires n'est pas un accident ou une mauvaise manie prise après deux conflits gigantesques. Cette inclination à la prédation mondiale, stimulée par la « Destinée Manifeste » (1845), le mythe puritain néo-biblique d'établir une Jérusalem terrestre et la haine profonde du vieux monde européen, date des origines mêmes de l'entité yankee.
Les causes de la Guerre d'Indépendance américaine (1775-1783) sont variées. Outre le souhait des treize colonies d'Amérique du Nord d'être représentées au Parlement à Londres et le mécontentement des colons de payer de nouvelles taxes sur les journaux, les documents officiels, les almanachs, le thé, le verre, l'huile, le plomb, le papier, etc., la révolte des Insurgents s'explique aussi par le refus obstiné du roi anglais George III de les autoriser à s'emparer des immenses terres fertiles amérindiennes situées entre les monts Appalaches et le Mississippi. L'indépendance de 1783 assure de facto l'annexion des « territoires indiens » renforcée en 1803 par l'achat de la Louisiane française.
Enfin un livre qui fait un sort aux clichés sur 1940 ! Dominique Lormier fait connaître, par son travail, un épisode de cette tragique année pratiquement inconnu du grand public. Peu de Français connaissent, en effet, le nom de ce petit village des Ardennes, Stonne, qui vit en mai 1940 l'une des batailles parmi les plus acharnées de la campagne de France. Le 10 mai 1940, l'armée allemande lançait son offensive sur le front occidental, des Pays-Bas au Luxembourg. Les troupes franco-britanniques se portèrent au secours de la Belgique, tombant dans le piège tendu par les Allemands qui, profitant de l'absence du gros des troupes franco-anglaises, percèrent le front à Sedan, là où le dispositif français était faible. Les Allemands bénéficièrent d'une supériorité écrasante en infanterie, chars et avions dans ce secteur. Ils furent aidés en cela par l'aveuglement et la rigidité intellectuelle de l'état-major français qui considérait les forêts des Ardennes comme infranchissables par des divisions blindées et a persisté à considérer, contre toute évidence, que l'offensive allemande dans ce secteur n'était qu'une manœuvre de diversion.

Réplique à Houria Bouteldja par Bernard Antony




