
Reynald Sécher est historien, spécialiste des génocide et mémoricide vendéens, qu’il a pour la première fois « décortiqués » dans ses deux ouvrages majeurs : La Vendée-Vengé (Perrin) et Vendée, du génocide au mémoricide (Cerf). Il dirige aujourd'hui sa propre maison d'édition avec notamment pour ambition de contrer la désinformation historique.
Propos recueillis par Franck Deletraz
Pensez-vous que la Révolution française soit la période de noue histoire la plus « trafiquée » par les manuels scolaires ?
Non. Toute l'histoire en France est « trafiquée », aussi bien au niveau horizontal que vertical, puisque l'on a imposé aux Français une histoire commune qui est exclusivement parisienne et liée à la monarchie française. Prenons l'exemple des Bretons : ils vont devenir Français le 4 août 1789 et n'apprendront à aucun moment l'histoire de leur pays. Ils apprendront, par exemple, qu'un de leurs grands empereurs a été Charlemagne, alors que celui-ci n’a jamais mis les pieds en Bretagne et s'est même « fracassé » sur les frontières de celle-ci. Ils apprendront toute l'histoire de la monarchie française, alors même qu'en Bretagne existait une monarchie absolument indépendante, autonome, et qui constituait un pays à part entière. Or, ce qui est vrai pour la Bretagne l'est aussi pour un certain nombre de provinces de France. Par exemple, les Corses, qui sont devenus français en 1768, ou les Savoyards, qui le sont devenus sous Napoléon III, n'apprendront pas du tout leur histoire. Donc, cela veut dire qu'il y a une manipulation totale de celle-ci.

Et leur BD Fils de pute de la mode (textes de Papacito, dessins de Marsault) s'est vendue à 25 000 exemplaires. Il m'est arrivé souvent de voir, dans un bar ou un restaurant toulousains, des jeunes de moins de trente ans venir vers Papacito pour le féliciter ou lui demander un selfie. C'est très impressionnant. Je n'avais jamais vu ça, ou alors quand j'ai interviouvé des gens comme Brigitte Bardot ou Eric Zemmour. J'ai connu Papacito par mon ami Eric. Tous trois avons, à des époques différentes, lustré le ring d'un même vénérable club de boxe toulousain. J'ai découvert d'emblée un garçon de 32 ans, attachant, courageux, drôle, au parcours atypique. Un bon mec comme on dit. Alors, bien sûr, on n'est pas d'accord sur tout (et cet entretien se propose à la fois de mieux faire connaître Papacito à nos lecteurs mais aussi de parler - comme des amis - de nos désaccords). Mais dans un pays où on adule David Guetta, Calogero ou Gad Elmaleh, un garçon dont le film préféré est Nous avons gagné ce soir de Robert Wise ne peut pas être mauvais.