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géopolitique - Page 659

  • Hillary Clinton accusée de commanditer des meurtres – Wikileaks offre une récompense pour en savoir plus

    La campagne électorale américaine est de plus en plus mouvementée. Nous avions déjà signalé que plusieurs personnes potentiellement embarrassantes pour Hillary Clinton ont étrangement trouvé la mort en quatre semaines. Bien sûr, les médias européens font silence sur le sujet. Mais pourront-ils se taire encore longtemps ? WikiLeaks a offert une récompense de 25.000 dollars pour toute information permettant de retrouver l’assassin de Seth Rich, un employé du Parti démocrate.

    L’annonce de Wikileaks fait suite à la déclaration de Roger Stone, ancien conseiller de Donald Trump, affirmant sur Twitter qu’Hillary Clinton était responsable de la mort de Seth Rich.

    Seth Rich, 27 ans, originaire du Nebraska, travaillait au sein du Comité national démocrate sur une base de données pour accroître l’inscription des électeurs. Selon la version officielle de la police de Washington, il aurait été tué au cours d’une tentative de vol dans sa maison le 10 juillet.

    Au cours d’une interview à la télévision néerlandaise, Julian Assange a suggéré que Seth Rich était un informateur de Wikileaks. « Nous enquêtons sur ce qui est arrivé à Seth Rich. Nous pensons que c’est une situation préoccupante, » a déclaré Assange, ajoutant que des sources indiquaient que Seth Rich avait été assassiné.

    WikiLeaks a publié le mois dernier des e-mails du Comité national démocrate qui révélaient comment tout avait été organisé en interne pour que Bernie Sanders ne puisse avoir la moindre chance d’emporter la primaire démocrate.

    Ces révélations de Wikileaks ont conduit à la démission des principaux membres du personnel du Comité national démocrate.

    De son côté, Roger Stone a également accusé Hillary Clinton d’avoir commandité la mort le 1er août de Victor Thorn, un écrivain classé « complotiste » qui, travaillait sur les Clinton. 

    http://www.medias-presse.info/hillary-clinton-accusee-de-commanditer-des-meurtres-wikileaks-offre-une-recompense-pour-en-savoir-plus/59544

  • Géopolitique sur France Inter: « Oui, les monarchies font encore sens. »

    « Ça va peut-être vous étonner de la part de quelqu’un qui est, comme moi, résolument républicain mais… Oui, les monarchies font encore sens. Prenez le Proche-Orient par exemple : tous les régimes républicains, dictatoriaux, militaires de la région ont connu des guerres civiles, des soulèvements printaniers ou des troubles plus ou moins graves.

    Tous…sauf les monarchies, et pas seulement parce qu’elles sont gorgées de pétrodollars : la Jordanie n’a pas cette chance et pourtant, elle est d’une rare stabilité dans ce monde troublé. Idem pour le Maroc qui tangue et ploie mais ne rompt pas.

    Cette stabilité dont on parle souvent pour caractériser les monarchies, n’est pas qu’un lieu commun. C’est si vrai qu’en Afrique, les États issus de la décolonisation ont souvent tenu à conserver les monarchies traditionnelles en leur sein.  »

    Journaliste et chroniqueur éditorialiste international dans l’émission Géopolitique de la matinale de France Inter

    Mardi 9 août 2016 sur France Inter

    Source : La Couronne

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/

  • Coup de tabac sur l’Europe, « La Paix Froide »

    Moscou a décidé en réaction à l'installation par l'OTAN d'une base de défense antimissile à Deveselu en Roumanie, de moderniser sa station-radar antimissiles de Dniepr en Crimée. Après l'implosion de l'URSS en 1989, cette station fut récupérée par l’Ukraine qui la loua à la Russie jusqu'en 2008, année de la déclaration des autorités de Kiev de leur souhait a rejoindre le NATO, La station va être reconfigurée pour détecter et intercepter les missiles hypersoniques (Match 6) et balistiques (Match 20) lancés depuis la mer Noire où de Méditerranée. On peut cependant émettre quelques doutes.

    Durant l'immédiate après guerre, les États-Unis traumatisés par l'attaque surprise de Pearl Harbor vivaient dans la crainte permanente d'être la victime d'une attaque surprise en provenance des pays de l'Est. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'invention des « cavités » et « guides ondes » avait permis la construction d'un véritable RADAR (Radio Détection and Ranging) embarqué à usage air-sol permettant à la Royal Air Force des vols tous temps et de nuit. Les États-Unis ne tardèrent pas, à l’instar de l’Angleterre, à installer sur leur sol un réseau de radars DEW (Distance Early Warning) capable de les avertir d'une attaque de bombardiers soviétiques en provenance du détroit de Béring. En 1954, la mise en service des bombardiers soviétiques M-4 ne laissait aux USA que deux heures pour préparer leur défense, aussi créèrent-ils la même année, le Technical Capababilities Panel(TCP). Le rapport Killiam de février 1955 préconisait la dispersion et la mise en alerte des bombardiers stratégiques 24h/24 et l'accélération de la construction d'une chaîne de radars d'alerte avancée.

    Les techniciens du North Air Defense Command abrité dans les monts Cheyenne à Colorado Spring reçurent pour mission de transmettre toute attaque : au Haut commandement national - au Président - au Pentagone - au MoD - à l'État major - et au Strategic Air Command (Le système du NORAD suit quotidiennement et en permanence plus de 20 000 objets, avions civils et militaires, satellites, débris spatiaux). A cette époque, les bases américaines en Turquie interceptaient des signaux en provenance des missiles soviétiques leur révélant que le développement de ceux-ci était plus rapide qu'escompté, et le risque d'autant plus craint que les charges des missiles dans les années cinquante étaient sur-proportionnées afin d'en compenser leur manque de précision et ainsi accroître la certitude d'atteindre leur objectif ! Avec l'apparition des missiles ICBM (Intercontinental Ballistic Missile), le DEW était devenu complètement obsolète, il fallait installer d'urgence de nouvelles stations en Alaska et au Groenland. Ainsi naquit le BMEWS (Ballistic Missile Early Warning System) capable de confirmer une attaque par missiles et ménageant un délai de 30 minutes. Le développement de systèmes d’armes de plus en plus performants et rapides rendait une réactivité encore plus élevée indispensable (mise sur orbite des satellites MIDAS).

    Dans les années 60, les missiles intercontinentaux n'emportaient qu'une charge unitaire et une attaque n'aurait comporté qu'une vingtaine de missiles. Les années soixante-dix virent l'apparition de missiles à têtes multiples accompagnés de leurres capables de « noyer » les charges dans un important bruit de fond ! Les radars du BMEW confrontés à une telle attaque auraient à faire face à 100 000 échos ! Il devint impératif de procéder au renforcement total de tout le système de détection et d’alerte. La réponse fut apportée avec le radar à balayage électronique géré par ordinateurs, le SPADOC. Dans ce système, seuls les objets se déplaçant à l'intérieur d'un étroit faisceau radar sont détectables, comme le radar n'opère que dans un secteur très fin, il doit pour explorer une grande étendue, balayer la zone surveillée en commutant séquentiellement les réseaux d'émetteurs et d'antennes associés.

    Le Perimetric Acquisition Vehicle Enter - Phase Alerte Weapon Sweeping (PAVE PAWS) qui a une portée de 5 000 kilomètres est en mesure de détecter et de suivre une cible de la taille d'un ballon de football ! Pour réaliser cette prouesse, il est composé de 2 000 émetteurs régulièrement espacés de façon à constituer un « filet » tapissant les 2 faces de la station radar haute de 32 mètres. Le PAVE PAWS peut balayer un secteur de 120° en quelques millièmes de seconde, ce qui lui permet de suivre plusieurs cibles simultanément. Comme le rafraîchissement des informations est extrêmement rapproché, il est en mesure de déterminer le déplacement et la vitesse de chaque cible. Inconvénient, le PAVE PAWS n'est pas transhorizon, c'est à dire qu'il ne peut détecter un objet situé au-delà de sa ligne d'horizon. Il est donc complété d'un réseau de radars HF, ondes seules capables de venir se réfléchir sur la couche ionosphérique située à environ 300 kilomètres d'altitude avant et revenir vers le sol. Ce réseau est capable de détecter tout objet à base altitude situé derrière l'horizon mais il ne peut par contre déterminer leur altitude. Il calcule uniquement la trajectoire suivie et la vitesse du mobile.

    Le principe de base du radar repose sur la loi de Descart relative à la réflexion, la réfraction et la diffusion de la lumière. La délivrance d'une onde radioélectrique pendant un temps très court (cycle) ou en continu se réfléchit sur l'obstacle, renvoyant en retour un écho. Connaissant le temps écoulé entre l'émission et la réception de l'écho et sachant que les ondes radio-électromagnétiques se propagent à la vitesse de la lumière (300 000 km/sec), la distance séparant l'objet est égale à d = t. c /2. Chaque fois que le rayon émis rencontre un obstacle sur lequel il peut se réfléchir, l'écho en retour donne par : son intensité, sa durée, sa direction, sa phase, sa fréquence et sa récurrence, des indications sur la distance, l'élévation et la nature de l'objet réfléchissant. Pour comprendre ce qu'est l'effet Doppler, prenons l'analogie du piéton qui entend une ambulance s'approcher. Au passage de celle-ci, il a l'impression que le son passe d'une tonalité aiguë à une plus grave.

    Nous avons considéré le mobile comme un réflecteur, mais en présence d'une longueur d'onde supérieure à une dizaine de mètres (30 MHz), un mobile s'apparente plus à un diffuseur d'ondes qu'à un réflecteur. Si le mobile à identifier est trop petit par rapport à la longueur d'onde, l'onde au lieu de venir s'y réfléchir peut le contourner ! Plus la longueur d'onde sera petite par rapport à la taille de la cible, mieux elle se réfléchira et l'écho en retour pourra même en donner une image détaillée. L'écho reste cependant sensible aux perturbations atmosphériques, il faut donc choisir une fréquence optimale entre portée et précision tout en tenant compte des dimensions de la cible à détecter. Pour s'affranchir de ce problème, les radars modernes opèrent sur plusieurs fréquences, et c'est cette technologie qui va équiper la station de Dniepr. Un deuxième site devrait entrer en activité en Pologne, et la Lituanie a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait procéder au remplacement de ses anciens radars de surveillance datant de l'ère soviétique par de nouveaux systèmes déployés près de la frontière avec la Biélorussie. Cette évolution s'imposait, car les pays anciens membres des Armées de l'ex Pacte ayant rejoint l'OTAN étaient dotés de radars qui ne couvraient pas l'URSS... La Russie a de son côté installé dans les environs de Kaliningrad en 2011, une station d’alerte avancée d'une portée de 6 000 kilomètres et pouvant contrôler simultanément plusieurs centaines de « targets ».

    Avant 2005, les Américains et les Russes étaient les seuls à disposer d'un système de veille spatiale. La France figure dorénavant sur la troisième marche du podium avecNostradamus, son radar transhorizon d'une portée de 2 000 kilomètres assurant une veille à 360°, et le « Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale » livré en 2005 à l'Armée de l'air et conçu par l'Office national d'études et recherches aérospatiales pour surveiller les satellites en orbite « basse » (inférieure à 1000 km). Le renseignement aérien a ainsi pu répertorier plusieurs dizaines de satellites américains qui ne figuraient pas sur la liste établie par le Pentagone..., très probablement des satellites « espions ».

    Si nombre de pays européens sont à la remorque des États-Unis en matière de renseignement militaire, cela semble être moins le cas pour la France. Le patron de la DRM (Direction du renseignement militaire), le général Gomart, a déclaré lors de son audition devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale le 25 mars 2015 : « La vraie difficulté avec l’OTAN, c’est que le renseignement américain y est prépondérant... L’OTAN avait annoncé que les Russes allaient envahir l’Ukraine alors que, selon les renseignements de la DRM, rien ne venait étayer cette hypothèse – nous avions en effet constaté que les Russes n’avaient pas déployé de commandement ni de moyens logistiques, notamment d’hôpitaux de campagne, permettant d’envisager une invasion militaire et les unités de deuxième échelon n’avaient effectué aucun mouvement. La suite a montré que nous avions raison...  »

    Bouclier contre bouclier ou contre-mesures contre d'autres contre-mesures..., restons sérieux, il y a un fossé entre la détection et l'interception d'un bombardier stratégique et un missile balistique. Les missiles balistiques intercontinentaux (IBM) se déplacent à près de Match 20 soit près de 23 760 km/heure (un Match correspond à la vitesse du son, 330 m/sec ou 1180 km/h). La fenêtre d'interception est de quelques minutes (phase d'approche) seulement avant le largage des têtes nucléaires... Quant à l'interception pendant la phase propulsion, elle relève du rêve. Imaginez l'accélération, le MB français développe une poussée de 180 tonnes, c'est comme d'atteindre une formule 1 avec un lance-pierre ! S'il est possible de le détecter, peut-il être rattrapé ? Cela dépend de sa trajectoire : tendue, en cloche, ou semi-balistique, s'il s'agit d'un missile manœuvrant (déploiement de gouvernes), prédire sa trajectoire reste un véritable défi. Quand bien même, un autre obstacle surgit, à une telle vitesse il est quasiment impossible de guider un missile afin de le diriger sur sa cible. La seule possibilité en l'état actuel de la technologie de missile antimissile est d'exploser à proximité et libérer des pièces métalliques... Autre alternative, le recours à un antimissile à tête nucléaire (le Galosh russe). L'explosion nucléaire est capable de mettre hors service de nombreux appareils électroniques dont les radars. Une impulsion électromagnétique dure moins du milliardième de seconde (10^-9), par comparaison, un éclair met 1 000 fois plus de temps à atteindre sa puissance maximale. On a observé pour la première fois les effets des EMP le 9 juillet 1962, quand les États-Unis firent exploser une bombe « H » de 1.4 mégatonnes à 400 kilomètres au-dessus des îles Johnson situées dans le Pacifique. L'impulsion électromagnétique déclencha les alarmes de la ville d'Honolulu pourtant située à 1 200 kilomètres du lieu de l'explosion !

    Si l'option d'une riposte graduée n'est pas écartée définitivement, la possibilité d'un conflit plus traditionnel semble se profiler avec le déploiement de quatre bataillons en Estonie, Lettonie, Lituanie, et Pologne où d'importantes manœuvres (Anakonda) avaient mobilisé 30 000 hommes afin de rassurer ces anciennes républiques soviétiques. Un retour en arrière nous fait-il courir le risque d'un « dérapage » ?

    par Desmaretz Gérard (son site)

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coup-de-tabac-sur-l-europe-la-paix-183651

  • Le Japon après Fukushima (Laurent James, Jean-Michel Vernochet)

  • Qui a créé l’Etat Islamique ? Donald Trump accuse Hillary Clinton et Barack Obama !

    Au cours d’un meeting à Fort Lauderdale, en Floride, Donald Trump est revenu sur les véritables responsables du développement du terrorisme djihadiste. Trump a accusé Barack Obama d’avoir semé le «chaos» au Proche-Orient, ajoutant que l’Etat Islamique fait «honneur au président Obama».

    Ensuite, Donald Trump a affirmé qu’Hillary Clinton a «co-fondé» l’Etat Islamique.

    «Il (Obama) est le fondateur de l’Etat Islamique »

    «Il est le fondateur de l’Etat Islamique, d’accord? C’est lui le fondateur! Il a créé l’Etat Islamique»

    «Je dirais que la co-fondatrice est cette tordue d’Hillary Clinton»

     

    http://www.medias-presse.info/qui-a-cree-letat-islamique-donald-trump-accuse-hillary-clinton-et-barack-obama/59506

  • Déjà 30.000 attentats au nom de l’islam depuis septembre 2001 !

    Cette guerre est maintenant en voie d’implantation sur le sol français. 

    Pouvait-il en être autrement d’un journal comme Libération(Observatoire des actes islamophobes), qui nous libère essentiellement de notre bonne humeur, pour dresser un tableau des « actes islamophobes en France depuis le 14 juillet » (au moins 20, rendez-vous compte !) sous l’intitulé « Racisme » ? Nous compatissons donc avec les musulmans, et espérons que les catholiques, protestants, bouddhistes ou autres manifesteront la même solidarité à l’égard de la religion musulmane que celle-ci n’en manifesta à leur égard lors des divers massacres commis à Nice ou au Bataclan au nom de cette théologie. Notons, sur ces 20 « actes », une seule agression physique, à laquelle survécut sans trop de problèmes l’infortuné représentant de la communauté musulmane, contrairement aux 32 morts des attentats de Bruxelles (mars 2016), des 130 morts des attentats de Paris (novembre 2015) ou encore des 85 morts de Nice (juillet 2016).

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  • Slobodan Milosevic a été disculpé de toute accusation de crimes de guerre

    L'ancien président yougoslave était accusé de génocide, de crimes contre l'humanité, d'infractions graves aux conventions de Genève et de violations des lois ou coutumes de guerre. Son procès avait été entaché d'irrégularités, de faux témoignages achetés ou obtenus sous la contrainte. C'est dans la page 2590 du verdict rendu en mars 2016 contre son compatriote Radovan Karadzic, que le Tribunal spécial pour la Yougoslavie déclare innocent des accusations de crime de guerre l'ancien président de la Serbie :

    "(...) La fable officielle, tout comme celle qu'on nous a vendue en 2003 sur les Armes de Destruction Massive de l'Irak (...) était une pure invention chargée de justifier une opération de changement de régime forcé que souhaitaient depuis longtemps les factions dominantes occidentales.

    La conclusion du TPIY qu'une des personnalités les plus démonisées des temps modernes était innocente des crimes atroces dont elle avait été accusée aurait dû faire la une et les gros titres de tous les médias dans le monde. Il n'en a rien été. Le TPIY lui-même a bien pris soin d'enfouir la nouvelle aussi profondément que possible dans son verdict de 2.590 pages du procès du leader serbe bosniaque Radovan Karadzic, condamné en mars dernier pour génocide (à Srébrénica), crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

    Pas la moindre annonce officielle ni la plus infime conférence de presse concernant la disculpation de Milosevic. Sans le journaliste et chercheur Andy Wilcoxon qui l'a déterrée pour nous, on n'en aurait rien su (...)

    La vérité, c'est que Milosevic n'a jamais été un nationaliste serbe mais - pendant toute sa vie - un socialiste qui s'est toujours efforcé de maintenir une Yougoslavie multi-raciale, multi-ethnique, stable.

    Son but, tout au long de ses années de pouvoir, n'a jamais été de bâtir une « Grande Serbie » mais d'essayer de maintenir entière et cohérente une Yougoslavie fédérale, ainsi que le reconnaît aujourd'hui, mais un peu tard, le TPIY.

    Non seulement Milosevic n'a rien eu à voir avec le nettoyage ethnique de Bosnie, mais il l'a au contraire condamné. Le jugement du TPIY not e« les critiques et la désapprobation répétées [de Milosevic, NdT] de la politique suivie par l'accusé (Karadzic) et les dirigeants serbes de Bosnie. »(...)

    Quand Milosevic est mort, ses accusateurs ont clamé qu'il « flouait la justice ». Mais, dans la réalité, ainsi que le TPIY lui-même vient de le reconnaître, c'est « la Justice » qui a floué Milosévic.

    Pendant qu'il était occupé à se défendre à La Haye contre des accusations fallacieuses à motivation politique, les USA et leurs alliés déclenchaient leur attaque aussi brutale qu'illégale contre l'Irak, dans une guerre qui devait causer la mort d'un million de gens. L'an dernier, un rapport de Body Count (« Décompte de cadavres ») révélait qu'au moins 1.3 millions de personnes auraient péri, du fait de la « guerre au terrorisme » des USA en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

    Des chiffres de ce genre nous aident à remettre le Kosovo en perspective. Même si on considérait Milosevic et le gouvernement de l'époque responsables d'une partie des morts survenues dans le pays en 1999 (en combattant dans une guerre que l'Occident avait incontestablement voulue et provoquée) un nombre infiniment plus grand - et de très loin - de morts et de destructions a été le fait des pays qui se sont montrés les plus anxieux de flanquer l'ex-président de Yougoslavie au trou (...)"

    Slobodan Milosevic est mort sans avoir été condamné, dans sa geôle de La Haye le 11 mars 2006...

    Philippe Carhon

  • POUTINE ET ERDOGAN A SAINT-PETERSBOURG ou la revanche de Carl Schmitt

    Vladimir Poutine et Recep Erdogan viennent de confirmer avec éclat le rapprochement de leurs deux pays. Mathieu Slama, explique ici en lisant Carl Schmitt comment ces deux figures autoritaires sont une réponse à la dépolitisation du monde libéral [Figarovox, 9.08]. Qu'on veuille bien lire cet entretien et l'on comprendra pourquoi nous avons écrit le 27 mai dernier, à propos de son premier livre : « Nous prévenons les lecteurs de Lafautearousseau ; ces réflexions sont importantes. Il faudra être attentifs désormais aux publications de Mathieu Slama ! ». Nous confirmons. LFAR 

    Il y a quelque chose de très peu surprenant, finalement, dans le rapprochement à l'œuvre entre le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Erdogan. A y regarder de plus près, et en mettant de côté la relation historique entre la Turquie et les Etats-Unis, la Turquie d'Erdogan a infiniment plus de points communs avec la Russie de Poutine qu'avec l'Occident. Le rapport au sacré et à la tradition religieuse de leurs pays (orthodoxie pour Poutine, islam pour Erdogan), la dimension verticale (voire autoritaire) de l'exercice du pouvoir, le soutien massif (et visible) d'une population mobilisée: ces éléments rapprochent les deux hommes beaucoup plus qu'ils ne les séparent.

    On le sait, Poutine a engagé depuis plusieurs années un combat quasi-métaphysique contre la vision du monde occidentale libérale et universaliste. Il estime, non sans quelques arguments valables, que cette vision du monde méconnaît voire méprise ce qui constitue le cœur du politique, c'est-à-dire l'existence de communautés particulières inscrites dans des trajectoires historiques qui leur sont propres.

    Il y a dans ce discours, mais aussi plus généralement dans les attitudes de Poutine et Erdogan, des éléments qui font fortement écho aux thèses du grand juriste allemand Carl Schmitt (1888 - 1985), auteur d'un des livres de théorie politique les plus décisifs du XXème siècle, La notion de politique (1932 pour sa dernière version). Précisons, avant de poursuivre, que Schmitt s'est compromis de façon dramatique avec le nazisme, après avoir pourtant défendu la République de Weimar contre Hitler, et ce de façon incontestable au moins jusqu'en 1936.

    Que dit Schmitt ? Que le monde libéral méconnaît ce qui est au cœur de l'existence politique : la distinction ami - ennemi, c'est-à-dire la potentialité d'un conflit qui met en jeu l'existence même d'un peuple et d'une communauté. Pour Schmitt, l'individualisme libéral tel qu'il s'est développé en Occident est une négation de la politique car il introduit une « praxis politique de défiance à l'égard de toutes les puissances politiques et tous les régimes imaginables », « une opposition polémique visant les restrictions de la liberté individuelle par l'Etat ». Schmitt en conclut qu'il n'y a pas de politique libérale, seulement une « critique libérale de la politique ». Le système libéral, poursuit Schmitt, exige « que l'individu demeure terminus a quo et terminus ad quem » ; « toute menace envers la liberté individuelle en principe illimitée, envers la propriété privée et la libre concurrence se nomme violence et est de ce fait un mal ». « Le peuple », dans la conception libérale, « sera d'une part un public avec ses besoins culturels et d'autre part tantôt un ensemble de travailleurs et d'employés, tantôt une masse de consommateurs ». Dans cette perspective, « la souveraineté et la puissance publique deviendront propagande et suggestion des foules », c'est-à-dire qu'elles seront décrédibilisées. Avec le libéralisme démarre ce que Schmitt appelle « l'ère des neutralisations et des dépolitisations ». Il n'est pas non plus inutile de rappeler la première phrase célèbre d'un autre ouvrage de Schmitt,Théologie politique (1922) : « Est souverain celui qui décide de la situation d'exception ». Une conception de la décision politique fort éloignée, il va sans dire, de la conception de l'Etat de droit issue des théories libérales européennes.

    On comprend bien, à la lecture de cette critique très puissante du libéralisme, combien ces thèses résonnent fortement aujourd'hui. Le monde occidental s'est lentement mais sûrement dépolitisé, refusant de se confronter aux décisions fondamentales par peur de remettre en cause les libertés individuelles (il y a certes des raisons très profondes à cela, notamment les traumatismes liés aux expériences totalitaires du XXème siècle). La souveraineté politique, c'est-à-dire la capacité d'un peuple de décider de son destin historique et de s'opposer le cas échéant à d'autres peuples, a disparu pour laisser place à une conception universaliste du monde dans laquelle chaque individu appartient au genre humain avant d'appartenir à des communautés particulières. Mais, prévient Schmitt, « qui dit Humanité veut tromper ». « Le monde politique », ajoute-t-il, « n'est pas un universum mais un pluriversum » ; le cas contraire signifierait la disparition de l'Etat et du politique - et la domination d'une puissance sur toutes les autres. C'est là tout le cœur du problème de l'universalisme : l'Occident se prétend seul juge de ce qu'il faut faire et de ce qu'il ne faut pas faire, selon ses propres critères. Il suffit de constater la manière dont les Occidentaux réagissent à l'attitude d'Erdogan après le putsch raté - et la manière dont ils jugent, avec une constance métronomique, les penchants autoritaires de Poutine.

    Notre propos ici n'est pas de défendre Poutine et Erdogan. Néanmoins, chacun à leur manière (et avec des excès évidents qu'il ne s'agit pas de nier), ils incarnent une vision encore politique de l'histoire humaine. Ils refusent le modèle libéral occidental et assument un certain décisionnisme qui peut entrer en contradiction avec la protection de certaines libertés individuelles. Ils défendent la souveraineté nationale face aux ambitions universalistes occidentales. Erdogan a eu ce mot très symbolique après le putsch raté qui le visait : « La souveraineté appartient à la nation ». Et Poutine avait rappelé il y a quelques années que la souveraineté nationale était une condition de vie ou de mort pour les Russes. Les deux hommes d'Etat construisent une mythologie nationale fondée sur la potentialité du conflit et sur l'irréductibilité des communautés humaines (même si Erdogan, notons-le, retourne habilement contre l'Occident ses propres valeurs démocratiques, comme cette semaine dans un entretien étonnant dans le journalLe Monde).

    Schmitt avait cette formule frappante qu'il empruntait à un poète allemand : «L'ennemi est la figure de notre propre question ». Il n'est pas interdit, en effet, d'apercevoir dans Poutine ou Erdogan deux figures-miroirs qui nous confrontent à un immense et terrible renoncement : celui de la politique. 

    Mathieu Slama

    Essayiste
    Né en 1986, Mathieu Slama intervient de façon régulière dans les médias, notamment dans le FigaroVox sur les questions de politique internationale. Un des premiers en France à avoir décrypté la propagande de l'Etat islamique, il a publié plusieurs articles sur la stratégie de Poutine vis-à-vis de l'Europe et de l'Occident. Son premier livre, La guerre des mondes, réflexion sur la croisade de Poutine contre l'Ocident vient de sortir aux éditions de Fallois.
    Lire aussi dans Lafautearousseau ...
  • Attaques et pilonnages ukrainiens en Crimée: 2 soldats russes tués – Vladimir Poutine réagit

    « La Russie a subi des pertes, deux militaires ont été tués. Nous n’allons pas rester de marbre face à cette action », a prévenu le président Poutine qui annule le G20 sur la paix en Ukraine suite à cette attaque. Dans la nuit de dimanche à lundi, des unités spéciales du ministère ukrainien de la Défense ont tenté une percée en Crimée qui a avorté, alors qu’un important pilonnage à partir du territoire ukrainien soutenait l’attaque qui a causé la mort de deux militaires russes.

    Selon Vladimir Poutine cette attaque « dangereuse » n’est qu’un acte de diversion de la part du pouvoir ukrainien pour détourner l’attention des citoyens de la situation économique catastrophique dans laquelle il les a plongé.

    « Ce sont des informations très inquiétantes. C’est vrai, nos services spéciaux ont déjoué l’infiltration d’un groupe de saboteurs du ministère ukrainien de la Défense sur le territoire de la Crimée. Et bien sûr, une rencontre au format Normandie dans cette ambiance, surtout en Chine, est dénuée de tout sens »,  « Selon toute apparence, ceux qui ont pris le pouvoir à Kiev et le détiennent toujours, continuent de semer la terreur au lieu de chercher des compromis et une solution pacifique ». « Il s’agit d’un acte stupide et criminel: stupide car il est impossible d’influencer les Criméens de cette façon et criminel puisque des gens auraient pu périr — ce qui est de fait advenu. » « Pourtant, la situation est plus inquiétante qu’on ne le croit, parce qu’il n’y a aucun autre sens dans l’attaque que de distraire l’attention du public ukrainien de son économie en crise, de multiples citoyens étant en situation précaire, a-t-il poursuivi.

    Quant aux alliés occidentaux de l’Ukraine, ils doivent définir leur position et décider s’ils souhaitent un règlement pacifique ou bien faire de nouvelles provocations. Dans le premier cas, l’Occident doit faire pression en conséquence sur l’État ukrainien.

    « Grâce aux mesures prises sur le territoire criméen, un réseau du Bureau général de renseignement du ministère de la Défense des forces armées ukrainiennes a été éliminé », a annoncé pour sa part le FSB (service Fédéral de Sécurité russe). Ce réseau mis en œuvre par le ministère ukrainien de la Défense, était impliqué dans des préparatifs d’attentats, à cet effet des ressortissants d’Ukraine et de Russie, ont été interpellés. 

    Le FSB russe précise que« des infrastructures vitales pour la péninsule » étaient visées, dont l’objectif est de « déstabiliser le climat sociopolitique ».

    Dans la nuit du 7 au 8 août, les réseaux sociaux régionaux étaient déjà en ébullition, diffusant des informations parcellaires sur une attaque subie par un poste militaire russe frontalier au Nord de la Crimée. Le 8 août au matin une première information structurée apparaissait sur la toile à ce sujet, mais ce n’est que le lendemain que le FSB dénonçait les attaques, et aujourd’hui, 10 août, alors que les coupables ont été arrêtés, le président Poutine est intervenu officiellement pour dénoncer un réseau d’attentats organisé par le gouvernement ukrainien visant la Crimée, dont le bilan est de deux morts parmi les militaires russes.

    L‘État islamique est-il impliqué ?

    Il y a quelques jours Le vice-premier ministre de Crimée, Rousslan Baalbek, avait affirmé à l’occasion de la visite de la délégation française en Crimée« Nous disposons d’informations fiables concernant des camps d’entraînement situés dans l’Oblast de Kherson où le groupe terroriste de l’Etat islamique forme ses combattants. Nous sommes très préoccupés par le fait que nos homologues ukrainiens ferment les yeux sur leur activité illicite et leur permettent de former des structures parallèles au sein de l’Ukraine en échange d’actions antirusses« .

    Le Président Poutine n’a fait aucun lien pour le moment entre ces camps d’entrainement de l’État islamique en Ukraine qui seraient destinés à des « actions antirusses« , et cet attentat du 8 août contre la souveraineté de la Russie en Crimée.  Il n’est pas exclu qu’il y en ait un cependant puisque la police russe précise que des dispositifs de sécurité spéciaux sont disposés dans les lieux publics et de loisirs, les infrastructures critiques et de subsistance, ainsi que les pouvoirs le font généralement face à la menace islamiste. Cela au moment où l’aviation russe est particulièrement active en Syrie contre ses infrastructures. Les suites de l’enquête le révéleront.

    Le groupe de saboteurs a été appréhendé dans les parages de la ville d’Armiansk. L’un des organisateurs des attentats déjoués est Evgueni Panov, employé du Bureau général de renseignement du ministère ukrainien de la Défense, qui est actuellement interrogé par la police russe.

    La sécurité à été renforcée sur tout le territoire de Crimée et notamment à la frontière ukrainienne. Les accès à la péninsule sont fermés.

    Réactions en Ukraine

    L’Ukraine dément avoir mené quelque action que ce soit sur le territoire de la Crimée. Les forces de sécurité ukrainiennes (SBU) expliquaient mercredi : « L’Ukraine n’a aucunement l’ambition de récupérer par la force les territoires qui lui ont été pris. » La Crimée a demandé son rattachement à la Russie suite à un référendum en 2014.

    Selon le Monde, « le député Anton Gerachtchenko, par ailleurs fonctionnaire du ministère de l’intérieur [ukrainien ndlr], a donné sa propre explication de la fermeture des accès à la péninsule. Selon M. Gerachtchenko, connu pour ses déclarations à l’emporte-pièce, les forces russes chercheraient à empêcher la fuite de déserteurs désireux de rejoindre l’Ukraine. Ce sont ces déserteurs qui auraient provoqué des échanges de tirs avec des soldats russes. »

    Si la version de ce fonctionnaire du ministère de l’Intérieur ukrainien est effectivement très fantaisiste, elle a au moins l’avantage de reconnaître qu’il y a eu un problème grave à la frontière criméo-ukrainienne.

    « Si Kiev accuse régulièrement – et sans preuve – la Russie de chercher à« déstabiliser » la situation en Ukraine par des actes terroristes, ces accusations sont inédites venant de Moscou. De même, la tension qui règne autour de la Crimée est une donnée nouvelle », poursuit le journal qui ajoute que « Cette activité militaire et la fermeture inexpliquée des points de passage ont alimenté les craintes de la partie ukrainienne de voir un embrasement dans le sud de son territoire. »

    Ces « craintes » du pouvoir ukrainien pourraient en réalité, en plus de distraire les Ukrainiens de leur crise économique, cacher une volonté de rompre les pourparlers de paix dans le Donbass alors que Porochenko continue de faire pilonner régulièrement les républiques de Donetsk et de Lougansk, en dépit des accords de Minsk et tandis qu’il refuse de mettre en application ses propres engagements. Cette attaque ainsi que la présence d’un camp del’Etat islamique en Ukraine ne peuvent que susciter des inquiétudes pour la paix en Europe, déjà fort compromise, alors que les mouvements islamistes servent les intérêts inavoués des USA qui chapeautent l’Ukraine depuis le coup d’Etat du Maïdan. Les guerres sous faux drapeau pourraient bien encore s’étendre et risquent même de se transformer en conflit généralisé.

    emiliedefresne@medias-presse.info

    http://www.medias-presse.info/attaques-et-pilonnages-ukrainiens-en-crimee-2-soldats-russes-tues-vladimir-poutine-reagit/59483