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géopolitique - Page 897

  • Belgique, plaque tournante des djihadistes tchétchènes

    La Belgique est devenue le premier pays d’accueil des Tchétchènes en Europe. Ils y sont officiellement environ 11.000, sans parler des clandestins. On les retrouve notamment à Verviers, Liège, Eupen et Arlon mais aussi dans le nord du pays.

    Or, parmi les 120 à 130 musulmans partis de Belgique rejoindre les djihadistes en Syrie, une vingtaine d’entre eux est d’origine tchétchène.

    Il faut se souvenir qu’en septembre 2010, c’est un belgo-tchétchène, Lors Doukaev, qui commet un attentat (raté) à Copenhague.

    Quatre mois plus tôt, à Prague, c’étaient déjà trois islamistes tchétchènes venus de Belgique qui avaient été neutralisés alors qu’ils se trouvaient dans l’hôtel où était descendu Dimitri Medvedev, alors président de la Russie.

    Les Tchétchènes figurent parmi les djihadistes les plus menaçants contre la Russie. En Syrie, ils constituent des troupes aguerries parmi les islamistes les plus fanatiques. Leur financement vient en partie de riches familles jouant des rôles importants dans les pays soi-disant « alliés » comme le Qatar, le Koweït et autres émirats arabes.

    http://medias-presse.info/belgique-plaque-tournante-des-djihadistes-tchetchenes/4555

  • L’armée sécurise Volgograd, les terroristes islamistes ont été identifiés

    Depuis les deux attentats commis à Volgograd, la population locale, effrayée, évite de se servir des transports en commun.

    Le régime renforcé a été introduit à Volgograd et dans plusieurs autres régions russes suite à la menace terroriste islamique, a annoncé le chef du Service fédéral de la sécurité (FSB) Alexandre Bortnikov. « Nous avons pris des mesures supplémentaire de sécurité. Il s’agit notamment des troupes intérieures qui patrouilleront à Volgograd conjointement avec la police », a expliqué M. Bortnikov. Des dizaines de camions transportant des soldats ont fait leur entrée à Volgograd.

    Toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi ayant déjà été prévues, aucune mesure supplémentaire ne sera mise en place malgré les attentats de Volgograd, a annoncé le président du Comité olympique de Russie Alexandre Joukov

    Terroristes identifiés

    L’attentat commis ce lundi matin contre un trolleybus à Volgograd, dans le sud-ouest de la Russie, est l’œuvre d’un kamikaze membre d’un groupe terroriste du Daguestan, Pavel Petchenkin. Pavel Petchenkin aurait adhéré à cette organisation islamiste en 2012 après s’être converti à l’ islam et avoir pris le nom d’Ansar Ar-russi.

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  • La Russie frappée par deux attentats meurtriers

    Deux attentats meurtriers ont frappé la Russie en moins de 24h.

    Dimanche, quinze personnes ont été tuées et 35 autres blessées dans l’explosion qui a frappé la gare de Volgograd, a déclaré sur les ondes de la chaîne « Rossiya 24″ le gouverneur de la région, Sergueï Bogenov.  

    Le délégué aux droits des enfants, Pavel Astakhov, a de son côté indiqué à la presse qu’un enfant avait trouvé la mort dans cette explosion, déjà qualifiée d’attentat par le Comité national antiterroriste.  

    Le porte-parole du Comité d’enquête de Russie, Vladimir Markine a expliqué que le système de barrière installé à la gare a empêché la femme terroriste kamikaze d’avoir accès à la salle d’attente. Sans quoi le nombre de victimes aurait été bien plus important..  

    Selon le Comité d’enquête, la puissance de l’engin explosif était d’au moins 10 kg d’équivalent TNT.

    L’explosion en question s’est produite dimanche à 12h45 (heure de Moscou) au deuxième étage d’une gare ferroviaire de Volgograd.

    Mais ce lundi matin, c’est un trolleybus qui a explosé dans un attentat commis ici encore à Volgograd (sud de la Russie). Le dernier bilan fait étai de 10 morts et 28 blessés, a annoncé le ministère russe de la Santé publique.

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  • Pour terminer l’année en souriant…

    C’est Libération dans son édition du 29 décembre 2013 qui nous l’apprend : le conflit qui ensanglante le Soudan du Sud est « plus une rivalité de mafieux qu’un conflit ethnique ». Nous voilà donc renseignés nous qui avions naïvement cru que les nilotiques Dinka massacraient les nilotiques Nuer et que tous faisaient tomber leurs machettes sur les occiputs des nilo-sahariens Murle cependant que les Nuba en voulaient aux Dinka de ne pas les avoir rattachés au Soudan du Sud …
    Nous voilà d’autant plus informés que c’est un spécialiste de la question qui l’affirme dans les colonnes d’un quotidien subventionné par nos impôts et qui aurait depuis longtemps disparu des kiosques dans une économie concurrentielle. Ce spécialiste qui a pour nom Marc Lavergne et qui est chercheur au Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient du CNRS a longtemps vécu au Soudan. Il sait donc de quoi il parle. Comme Jean-Pierre Chrétien, autre éminent membre du CNRS qui, lui, a longtemps vécu au Burundi, et pour qui Tutsi et Hutu sont des fantasmes racialisants inventés par les missionnaires et les colons.  
    En plus de sa profonde connaissance de la région, Marc Lavergne sait ne pas être prisonnier d’un paradigme. Le 16 juillet 2004, il expliquait ainsi que « le conflit du Darfour n’est pas racial ». Quant aux janjawid qui massacraient les populations, ils n’étaient rien d’autre que des victimes. En effet ces « miliciens sont tout simplement des gens prolétarisés. Ils se retrouvent sans travail, le gouvernement  les arme et leur dit vous pouvez faire ce que vous voulez, voler, piller ».

  • 4 000 à 5 000 « Européens » combattraient chez les islamistes en Syrie

    D’après une source des services belges de sécurité, à l’heure actuelle, « Al-Qaïda a sous la main quatre à cinq mille combattants djihadistes déployés en Syrie et détenteurs de passeports d’un pays de l’espace Schengen ».

    Si la menace concerne en premier lieu l’Irak et la Syrie, une autre source belge, policière, évoque la volonté des animateurs de filières syriennes d’exporter, à terme, la capacité de combat aujourd’hui réunie en Syrie vers le Maroc et la Tunisie.

    En Belgique, les services de renseignement et de police reconnaissent être « noyés » par l’importance des filières syriennes. On estime qu’environ 200 « Belges » (vraiment belges ou immigrés) sont ou ont été combattants en Syrie, dont 120 à 140 sont actuellement sur place et une vingtaine sont décédés.

    D’autres filières terroristes alourdissent également la charge. Ainsi, par exemple, la Somalie continue à attirer des combattants belges.

    Source

    http://www.contre-info.com/

  • New York – Ces juifs religieux qui manifestent contre Israël

    Mardi dernier, à New York, des centaines de juifs orthodoxes se sont rassemblés devant la mission israélienne de l’ONU afin de marquer leur opposition contre la nouvelle politique menée par Israël. En effet, d’après une nouvelle loi, les juifs orthodoxes sont désormais obligés de faire leur service militaire en Israël.
    Ceux qui refuseront de se plier à cette obligation pourraient être emprisonnés par le gouvernement. Cela a donc irrité au plus haut point les juifs orthodoxes de New York. Ainsi, le rabbin Moishe Indig a déclaré : « Notre foi ne nous autorise pas à mettre en place de nouvelles règles tous les jours. Nous sommes contre l’État d’Israël et toutes les guerres qu’il mène ».
    Pour certains manifestants, la révolte est profonde. En effet, ils se disent contre l’existence de « l’État d’Israël » car cela va à l’encontre de leur foi. C’est ainsi que Jacob Kellner, un juif orthodoxe participant à la manifestation a déclaré que « l’État et l’armée israélienne sont illégaux car les écritures saintes ne confèrent pas aux Juifs le droit d’établir un État ».
    http://medias-presse.info/new-york-ces-juifs-religieux-qui-manifestent-contre-israel/4448

  • Où sont donc passés les « révolutionnaires » syriens ?

    À la veille de la conférence de Genève 2, les organisateurs états-uniens n’ont plus aucune marionnette pour jouer le rôle des révolutionnaires syriens. La disparition soudaine de l’Armée syrienne libre montre à ceux qui y croyaient qu’elle n’était qu’une fiction. Il n’y a jamais eu de révolution populaire en Syrie, juste une agression étrangère à coup de mercenaires et de milliards de dollars.
    Le 29 novembre 2011, une délégation de l’Armée syrienne libre fait allégeance à une délégation du Conseil national syrien. En théorie, l’opposition dispose désormais d’une branche militaire et d’une branche politique. En réalité, l’Armée syrienne libre comme le Conseil national syrien sont deux fictions créées par l’Otan. Tous deux sont exclusivement composés de mercenaires et n’ont guère de réalité par eux-mêmes sur le terrain.
    Les organisateurs de la conférence de paix de Genève recherchent d’urgence un représentant pour l’opposition syrienne armée. En effet, selon les Occidentaux, le conflit oppose une abominable dictature à son propre peuple. Cependant, les groupes armés qui détruisent la Syrie —du Front islamique à Al-Qaïda— font officiellement appel à des combattants étrangers, même si le premier prétend être composé principalement de Syriens. Les inviter serait admettre qu’il n’y a jamais eu de révolution en Syrie, mais une agression étrangère.
    En effet, l’Armée syrienne libre, dont on nous disait il y a quelques semaines qu’elle comprenait 40 000 hommes, a disparu. Après que son quartier général a été attaqué par d’autres mercenaires et que ses arsenaux ont été pillés, son chef historique, le général Selim Idriss, s’est enfui par la Turquie et a trouvé refuge au Qatar, tandis que le colonel Riad el-Assad a trouvé asile aux Pays-Bas.
    Lors de sa formation, le 29 juillet 2011, l’ASL s’était fixé un unique objectif : le renversement du président Bachar el-Assad. Jamais l’ASL n’a précisé si elle se battait pour un régime laïque ou un régime islamique. Jamais, elle n’a pris de position politique en matière de Justice, d’Education, de Culture, d’Economie, de Travail, d’Environnement, etc. Jamais elle n’a formulé la moindre ébauche de programme politique.
    Elle était, nous disait-on, formée de soldats de l’Armée arabe syrienne ayant fait défection. Il y eu effectivement des défections durant le second semestre 2011, mais leur nombre total n’a jamais excédé les 4 %, ce qui est négligeable à l’échelle d’un pays.
    Non : l’ASL n’avait pas besoin de programme politique car elle avait un drapeau, celui de la colonisation française. En vigueur durant le mandat de la France sur la Syrie et maintenu durant les premières années de prétendue indépendance, il symbolisait l’Accord Sykes-Picot : la Syrie était largement amputée et divisée en États ethnico-confessionnels. Ses trois étoiles symbolisent un État druze, un État alaouite et un État chrétien. Tous les Syriens connaissent ce funeste drapeau, ne serait-ce que par sa présence dans le bureau du collaborateur syrien de l’occupant français dans un célèbre feuilleton télévisé.
    Son premier leader, le colonel Riad el-Assad, a disparu aux oubliettes de l’histoire. Il avait été sélectionné pour son nom, qui s’écrit différemment en arabe mais se prononce identiquement dans les langues européennes avec celui du président Bachar el-Assad. La seule différence entre les deux hommes, d’un point de vue des monarchies du Golfe, était que le premier était sunnite et le second alaouite.
    En réalité, l’Armée syrienne libre est une création franco-britannique comme l’étaient les « révolutionnaires de Benghazi » en Libye (lesquels avaient « choisi » comme drapeau celui du roi Idriss Ier, collaborateur des occupants anglais).
    Bras armé de l’Otan, destiné à prendre le palais présidentiel lorsque l’Alliance atlantique aurait bombardé le pays, l’ASL a été ballottée par les plans successifs et les échecs successifs des Occidentaux et du Conseil de coopération du Golfe. Présentée dans un second temps comme le bras armé d’un Conseil politique en exil, elle ne lui reconnaissait aucune autorité et n’obéissait qu’à ses employeurs, les Franco-Britanniques. Elle était en fait le bras armé de leurs services secrets dont la Coalition nationale syrienne était le bras politique. En définitive, l’ASL n’a pu accumuler de succès qu’avec l’aide directe de l’Otan, en l’occurrence de l’Armée turque qui l’hébergeait dans ses propres bases.
    Créée dans le cadre d’une guerre de 4ème génération, l’ASL n’a pas réussi à s’adapter à la seconde guerre de Syrie, celle de type nicaraguayen. La première guerre (de la réunion Otan au Caire en février 2011 à la conférence de Genève en juin 2012) était une mise en scène médiatique visant à délégitimer le pouvoir afin qu’il tombe comme un fruit mur dans les mains de l’Otan. Les actions militaires étaient perpétrées par des groupuscules distincts, recevant leurs ordres directement de l’Alliance. Il s’agissait avant tout de créditer les mensonges médiatiques et donner l’illusion d’une révolte généralisée. Conformément aux théories de William Lind et de Martin Van Creveld, l’ASL n’était qu’un label pour désigner tous ces groupes, mais ne disposait pas de structure hiérarchique propre. Au contraire, la seconde guerre (de la réunion des « Amis de la Syrie » à Paris en juillet 2012 à la Conférence de Genève 2 en janvier 2014) est une guerre d’usure visant à « saigner » le pays jusqu’à sa reddition. Pour jouer son rôle, l’ASL aurait dû se transformer en une véritable armée, avec une hiérarchie et une discipline, ce qu’elle n’a jamais été capable de faire.
    Sentant sa fin proche, depuis le rapprochement turco-iranien, l’ASL avait annoncé sa possible participation à Genève 2 en posant d’irréalistes conditions. Mais il était déjà trop tard. Les mercenaires payés par l’Arabie saoudite ont eu raison de cette fiction de l’Otan. Chacun peut désormais voir la vérité toute nue : il n’y a jamais eu de révolution en Syrie.
    Thierry Meyssan http://www.voltairenet.org/article181497.html

  • Erdogan, tête de Turc ?

    Les islamistes turcs, quelles que soient leurs sensibilités respectives, démontrent piteusement qu’ils sont aussi des hommes comme les autres.

     
     

    Istamboul, c’est pas cool. Certes, les empires byzantin et ottoman n’étaient pas forcément connus pour leur rectitude morale, mais la corruption étant un travers universel, se riant des âges et des latitudes, le régime kémaliste n’était pas toujours propre non plus. Et le nôtre guère moins. Là, en Turquie, ça sent la grande lessive. Dix ministres débarqués d’un coup, d’un seul… Et pas des moindres, puisque ceux de l’Intérieur, de l’Économie et de l’Environnement font partie de la charrette.

    Certains ne sont même pas directement coupables de malversations, sachant que ce sont leurs enfants qui ont été pris la main dans le pot de confiture, façon progéniture à la Fabius. En Turquie, ça suffit pour pousser le père à la démission ; ici, non…

    Du coup, les manifestations se multiplient pour exiger que le Premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan, prenne lui aussi la porte. Au fait, ces affaires de corruption, quelles sont-elles ? Principalement des trafics avec l’Iran consistant à contourner l’embargo international.

    Et c’est là que Recep Tayyip Erdoğan aura trébuché. Depuis plus de dix ans, sa politique intérieure lui a assuré une popularité hors du commun. Armée remise au pas et croissance économique à deux chiffres. Certes, de nombreux journalistes mis en prison, surtout dans la foulée du fameux procès Ergenekon à l’occasion duquel, de 2007 à 2009, furent condamnés de nombreux parlementaires, intellectuels et généraux, accusés d’avoir comploté contre l’État turc au sein de ce que l’on peut tenir pour équivalent local des anciens réseaux Gladio en Italie. Soit une nébuleuse d’extrême droite, inféodée aux USA, et chargée par ces derniers de servir de « cinquième colonne » en cas d’affrontement avec la défunte URSS. Il est parfois des fantômes du passé qui ressurgissent.

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  • L’Arabie saoudite ébranlée par l’accord sur le nucléaire iranien

    L’Arabie saoudite a été prise de court par cet accord sur le nucléaire, comme elle l’a été en 2011 par le Printemps arabe. Cinq mois seulement après l’élection de Hassan Rohani à Téhéran, il ouvre la voie à la fin de plus de trente ans d’endiguement de l’Iran. Ce processus, s’il est mené à son terme, est de nature à annihiler le résultat des efforts déployés par la monarchie saoudienne depuis le renversement du shah en 1979 pour acquérir une place régionale dominante. Cependant, mesurer toute l’étendue actuelle de la frustration de l’Arabie saoudite et de sa colère à l’égard du président Barack Obama nécessite un rapide retour en arrière historique.
    Après la révolution iranienne
    En 1979, la révolution islamique iranienne avait brutalement mis fin à la stratégie des États-Unis pour la défense de leurs intérêts au Proche-Orient dans le contexte de la Guerre froide. Elle reposait sur deux piliers qui lui étaient tous deux alliés : l’Arabie saoudite et l’Iran impérial. Riyad restait toutefois dominé par Téhéran — le « gendarme du Golfe » — auquel les États-Unis fournissaient même des armements qu’ils n’exportaient nulle part ailleurs. La menace que s’est mise à représenter, pour les monarchies de la péninsule Arabique et la stabilité de la région du Golfe, l’Iran de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, le déclenchement de la guerre Iran-Irak en septembre 1980 et l’invasion soviétique de l’Afghanistan, ont poussé Riyad en 1981 à former, avec les monarchies de la péninsule, le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG). Sa vocation non déclarée était avant tout de se protéger de l’Iran. Cette initiative avait les faveurs des États-Unis qui, de leur côté, créaient Central Command (Centcom)1 pour mieux assurer la sécurité de leurs intérêts régionaux, centrés sur l’Arabie saoudite. Ce dispositif prenait également en compte l’Égypte, seul allié stratégique du royaume face à l’Iran.
    Le développement politique et militaire du CCG voulu par les Al-Saoud reste cependant freiné depuis trente ans par la réaction de leurs pairs à leur hégémonisme, et ce malgré les crises graves qui ont secoué la région. Les familles régnantes des autres monarchies du CCG n’ont eu de cesse, à l’exception de Bahreïn, de préserver le plus possible leur indépendance vis-à-vis de leur homologue saoudienne, autant par souverainisme — fruit d’un atavisme socioculturel tribal partagé, que par leurs perceptions divergentes de la menace iranienne. Avatars de ce comportement, elles ont privilégié chacune séparément des achats redondants d’armements et des accords bilatéraux avec les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, préférant, pour leur défense et leur sécurité, une dépendance totale à l’égard de l’Occident à une interdépendance renforcée centrée sur Riyad.
    Aux difficultés persistantes de l’Arabie saoudite pour resserrer autour d’elle ses marches face à l’« hydre » — qualificatif employé par le roi Abdallah pour désigner la République islamique —, s’est ajoutée, à partir des années 2000 son exaspération croissante devant la politique américaine au Proche-Orient. En 2010, son résultat est l’accroissement sans précédent de l’influence régionale de l’Iran sans que ce dernier ait eu à tirer un seul coup de fusil — l’« arc chiite » continu de Téhéran à Beyrouth, en passant par Bagdad et Damas.
    Le tournant de la politique américaine à partir de 2011
    Dans ce contexte, le Printemps arabe a provoqué un double traumatisme à Riyad : l’apparition brutale d’une menace sociopolitique grave pour l’assise des monarchies, et le lâchage, en quelques jours, par les États-Unis de Hosni Moubarak qui leur était pourtant un allié très proche. Également accablante aux yeux de Riyad a été l’acceptation par l’administration Obama de l’arrivée des Frères musulmans au pouvoir au Caire. Le pacte scellé en 1945 entre le président Franklin Roosevelt et Abdelaziz Ibn-Séoud, par lequel les États-Unis s’engageaient à protéger le royaume saoudien en échange de leur accès à son pétrole, changeait de visage : dès lors que leurs intérêts fondamentaux n’étaient pas menacés, les Américains ne protégeaient pas les régimes en place. Les fortes critiques émises peu de temps après par Washington devant la répression par la monarchie bahreïnienne, appuyée par la Garde nationale saoudienne, du soulèvement de la majorité chiite marginalisée du petit royaume insulaire, n’ont fait que confirmer cette perception.
    Survient la crise syrienne. Pour le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, c’est une opportunité pour casser l’« arc chiite ». Alors qu’en Égypte il a soutenu une contre-révolution pour chasser les Frères musulmans et récupérer son arrière-cour stratégique, en Syrie il s’est rangé du côté de la rébellion contre le régime. Riyad s’est d’abord attaché à mettre un coup d’arrêt à l’activité vibrionne de l’émir du Qatar qui, allié avec le Parti pour la justice et le développement (AKP, Adalet ve Kalkınma Partisi) turc, favorisait partout les Frères musulmans pour contrer l’hégémonisme saoudien. L’Arabie saoudite a ensuite espéré que l’attaque chimique du 21 août 2013 dans un quartier de Damas allait enfin provoquer une plus forte implication de Washington en Syrie. Mais le président Obama, qui entamait des pourparlers indirects avec Hassan Rohani via le sultan d’Oman, n’a pas franchi le pas malgré les exhortations saoudiennes.
    Entre une très forte opposition, à l’intérieur des États-Unis, à tout nouvel engagement militaire au Proche-Orient, doublée de sa réticence personnelle, et la certitude, s’il bombardait la Syrie, de mettre à mal le dialogue amorcé discrètement avec Téhéran, tout poussait Barack Obama à ne pas lancer d’intervention militaire malgré sa « ligne rouge », au grand dam de Riyad. Son acceptation immédiate de la proposition russe pour démanteler les armements chimiques syriens finit de convaincre Riyad que Washington n’interviendrait jamais militairement. Se sentant lâchée en Syrie par les États-Unis qui visiblement allaient privilégier un service minimum au profit de l’Armée syrienne libre (ASL) tout en recherchant avec Moscou – et Téhéran – une solution politique à la crise, l’Arabie Saoudite décide alors de faire cavalier seul, pour tenter de parvenir à ses fins – éliminer le régime de Bachar Al-Assad — tout en maintenant une coordination de surface avec les Occidentaux et l’ASL.
    Sortir de l’isolement ?
    C’est dans ce contexte de frustrations saoudiennes cumulées qu’est intervenu l’accord intérimaire sur le nucléaire iranien. Il est ressenti par la monarchie saoudienne comme un ultime coup de poignard dans le dos. Ce coup est rendu encore plus douloureux par l’accueil conciliateur qui lui est fait par les autres capitales du CCG. Toutes — toujours à l’exception de Bahreïn — voient plutôt l’intérêt de la perspective future d’une intensification des échanges avec l’Iran, que ce soit en termes de stabilisation du Golfe, d’abaissement de l’hégémonisme de leur grand frère saoudien, ou en termes économiques. Mais les épreuves de l’Arabie saoudite ne sont pas terminées : lors de la rencontre annuelle des ministres et responsables de la sécurité des pays du Golfe à Bahreïn (appelée « Manama Dialogue ») début décembre, quelques jours avant le sommet annuel du CCG, le ministre omanais des affaires étrangères a déclaré publiquement que le sultanat rejetait catégoriquement le projet de la monarchie saoudienne de transformer le CCG en Union des États arabes du Golfe, et qu’il s’en retirerait s’il était décidé. Jamais déclaration aussi hostile à l’Arabie saoudite n’avait été publiquement prononcée par un membre du CCG. Pour sauver la face lors du sommet de l’organisation, un consensus minimum a pu être trouvé pour créer un commandement militaire conjoint dans le cadre du CCG. Mais l’histoire du Conseil montre que les déclarations ostentatoires dans le domaine souverain de la défense ne sont que peu ou mal suivies d’effets.
    En cette fin d’année 2013, l’Arabie saoudite se retrouve isolée parmi ses pairs et en divergence profonde avec les États-Unis. Dans le même temps, la monarchie ne peut se passer des Américains pour la défense du royaume et pour l’entretien de son matériel militaire. Les États-Unis le savent, qui de leur côté ont besoin de l’alliance avec Riyad pour maîtriser la région selon leurs intérêts. Cependant, l’Arabie saoudite s’est affichée très fort et très loin dans ses objectifs propres, pour lesquels elle mobilise le plus possible le bras de levier de ses ressources financières et de ses alliances tribales, notamment en Syrie. Le Printemps arabe et ses conséquences régionales ont provoqué chez elle improvisation et précipitation qui l’ont placée en avant-scène, contrairement à son habitude d’agir sans bruit dans le temps. Sauf à perdre la face aux yeux de tous, il lui faut à présent une porte de sortie. Il est à craindre qu’elle ne perturbe toute stabilisation du Proche-Orient qui ne lui offrirait pas cette opportunité.
    L’un des dix commandements régionaux américains dépendant du secrétariat à la défense et qui couvre aujourd’hui le Proche-Orient et l’Asie centrale.

    Marc Cher-Leparrain

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFlZlZVAFATImjrwZW.shtml