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  • Marché transatlantique : la « théorie du complot » devient réalité

     

    Par Adrien Abauzit

    Il y a encore un an de cela, le simple fait d’évoquer la mise en place d’un marché transatlantique valait à n’importe quel auteur les douces et grotesques accusations de complotisme. Et pour cause : tout ce qui est étranger à la vision du monde délivrée par les grands médias est l’objet d’accusation de complotisme. Officiellement, l’UE est faite pour faire contrepoids aux Etats-Unis. Il était donc malséant de constater, textes officiels à l’appui, que bien au contraire, la « construction européenne » aboutissait à la fusion de l’Europe et des Etats-Unis.

    Un projet qui vient de loin

    Si l’on s’en réfère aux textes officiels, la première étape de la mise en place du marché transatlantique est la Déclaration transatlantique du 22 novembre 1990, faite par ce qu’on appelait à l’époque la Communauté économique européenne et les Etats-Unis. Un dialogue institutionnel est créé. Dorénavant, sera organisé chaque année un sommet UE-Etats-Unis, auquel on ajoutera des réunions ministérielles bisannuelles.

    En 1995, est adopté le Nouvel Agenda transatlantique. Ce partenariat prescrit un plan d’action et des objectifs communs, comme la promotion de la paix ou l’extension du commerce mondial.

    Le 18 mai 1998, lors d’un sommet UE-Etats-Unis, il est décidé d’intensifier la coopération entre les deux zones par le Partenariat économique transatlantique. Son objet est clair : accroitre le libre-échange.

    Lors du sommet UE-Etats-Unis, à Washington, le 30 avril 2007, les deux parties se mettent d’accord sur un nouveau partenariat économique, dont le but est d’harmoniser les normes entre le droit européen et le droit américain. Cette mission sera confiée au Conseil économique transatlantique (CET), créé pour l’occasion.

    Enfin, le 9 mars 2009, le Parlement européen vote une résolution visant à la création pure et simple d’un marché transatlantique pour 2015. Ainsi, dans le point 45 de la résolution, le Parlement européen « invite instamment les partenaires à mettre à profit tout le potentiel du Conseil économique transatlantique pour surmonter les obstacles actuels à l’intégration économique et pour réaliser un marché transatlantique unifié d’ici à 2015 ».

    Dernièrement, le commissaire européen au Commerce, le belge Karel de Gucht, ne cachait pas son enthousiasme et espérait l’achèvement du marché transatlantique dès la mi-2014*.

    Petite touche par petite touche, très intelligemment, sans faire de bruit, sans brusquer les peuples réfractaires et sans même les alerter, on est arrivé à bâtir une institution gigantesque aux conséquences immenses. Mis devant le fait accompli, les peuples, comme à chaque fois lorsqu’il s’agit de la mise en place de la gouvernance mondiale, n’auront pas leur mot à dire. L’oligarchie mondialiste a décidé à leur place.

    Le silence des médias, des experts et des partis politiques

    En 2004, sortait dans le plus grand silence le livre de Pierre Hillard, La décomposition des nations européennes, dont le sous-titre était : De l’union euro-Atlantique à l’État mondial. Géopolitique cachée de la constitution européenne. C’est, à notre connaissance, en France, le premier ouvrage dans lequel était traitée la question de ce nouvel atlantisme. Avec cinq ans plus tard Jean-Luc Mélenchon, ces deux personnalités publiques sont les seules à avoir dénoncé le marché transatlantique.

    Les années passant, aucun journaliste, aucun expert officiel ou homme politique de premier plan, y compris parmi ceux qui sont officiellement hostiles à l’OTAN et à l’UE, n’ont ajouté leur voix à la divulgation du marché transatlantique. A considérer le niveau historiquement inégalé de nullité et de félonie des élites françaises depuis au moins Pompidou, il n’y a ici nulle surprise. Ce silence, donc, ne pouvait avoir que deux causes : l’ignorance ou le mot d’ordre. Le lecteur tranchera, mais dans les deux cas, presstituées et politiques sont coupables.

    Depuis quelques semaines cependant, le feu vert semble avoir été donné, quelques médias du Système ont commencé à parler du marché transatlantique. Chose logique, puisqu’il est trop tard : la mécanique arrive à son terme et l’on ne peut plus s’y opposer. Saluons l’artiste pour le tour de passe-passe.

    La fin du mythe de l’Europe-contrepoids

    Depuis maintenant trop d’années, presstituées et collabos nous vendent l’Union européenne comme seul moyen de faire contrepoids à la toute-puissance américaine. Argument bien curieux. Car enfin, sur quoi se fondait-il ? Qu’est-ce qui pouvait bien donner l’illusion d’une UE rivale des Etats-Unis ? L’américanisation des cultures européennes, des produits de consommation, des mœurs, des émissions de télévision, du cinéma ? L’occupation militaire de la quasi-totalité de l’Europe par les troupes américaines ? La relation privilégiée des Etats-Unis avec la Grande-Bretagne et l’Europe de l’Est ? La colonisation financière de l’Europe, via la liberté de circulation des capitaux, imposée par les traités européens, qui s’est traduit notamment par l’acquisition de plus de la moitié du CAC 40 par les fonds de pension et hedge funds anglo-saxons ? Le suivisme militaire au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Lybie et en Syrie ?

    Nous le voyons, loin d’être un vecteur d’opposition aux Etats-Unis, le droit européen a permis aux Etats-Unis, via la liberté de circulation des capitaux, le libre-échange, l’interdiction de la monétisation de la dette et plus généralement, par la neutralisation des souverainetés européennes, d’accroître comme jamais dans l’histoire leur mainmise sur l’Europe.

    Il fallait vraiment être un imbécile de première catégorie pour croire une demi-seconde que l’Union européenne puisse chercher à faire contrepoids à l’Oncle Sam. C’est pourtant la pilule que notre classe politique traitre a essayé de nous faire avaler. Et de fait, des millions de français ont mordu à l’hameçon.

    Le marché transatlantique dissipera-t-il les illusions des plus naïfs ? Nous aimerions le croire…

    Le peuple HS, la France à genou, le CDI au dépotoir

    Et la France dans tout ça, quelle est sa position ? A votre avis cher lecteur, quelle est-elle ? Avons-nous vu les deux têtes de l’exécutif s’opposer au TSCG, au MES, à la guerre en Syrie ? N’avons-nous pas vu le béat Jean-Marc Ayraut faire au Maroc l’éloge des délocalisations, stupidement rebaptisées par lui « colocalisations » ? Ne voyons-nous pas notre couple d’homme invisible faire courbette devant les banques avec un faux Glass-Steagal Act à la française ?

    François Hollande est le président de la République le plus soumis de l’histoire de France. Il était couru d’avance qu’il se rallierait au marché transatlantique. Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, à défaut d’organiser un véritable référendum, a lancé une vaste consultation…des entreprises !** On remplace la démocratie comme on peut.

    Le 11 janvier 2013, a été conclu un Accord national interprofessionnel (ANI) entre le MEDEF et plusieurs syndicats jaunes. Si cet accord, qui sera transposé au printemps en projet de loi, offre de nouveaux micros droits aux salariés, il n’en est pas moins le plus grand recul en matière de droit du travail depuis l’existence de cette matière.

    En effet, l’ANI prévoit la création d’un nouveau type d’accord d’entreprise, les « accords pour l’emploi ». Lorsque ce type d’accord est conclu, un salarié qui refuse une diminution de son salaire ou une augmentation de son temps de travail pourra être licencié pour motif économique sans même avoir le droit de contester son licenciement devant les Prud’hommes (ce qui est inconstitutionnel).

    Rappelons que la jurisprudence actuelle n’autorise pas l’employeur à modifier unilatéralement la rémunération ou le temps de travail des salariés. Pour cela, l’accord du salarié est obligatoire. En clair, les « accords sur l’emploi » annulent purement et simplement les garanties juridiques des CDI. Une fois l’ « accord sur l’emploi » conclu, le CDI n’existe plus, il est vidé de sa substance, de sa réalité. La « gauche », qui ne cessait de donner des leçons de « social » à Nicolas Sarkozy, a fait ce que ce dernier n’aurait jamais osé. Elle a même fait pire que le fameux CPE de Dominique de Villepin. A cet égard, il sera intéressant de voir si les syndicats non signataires de l’ANI seront autant motivés pour faire capoter la machine, qu’ils ne l’ont été pour le CPE. Nous les attendons au tournant.

    Où voulons-nous en venir ? Souvenons-nous des textes. Le marché transatlantique ne peut se faire que si les législations européennes et américaines sont harmonisées. Bien évidemment, pour le peuple, comme dans toute « harmonisation », cette harmonisation se fera à la baisse. Il n’est pas incohérent de considérer que ce recul du droit du travail français ait été opéré dans une logique d’harmonisation avec le droit du travail américain.

    Nous prions à genou le lecteur de bien croire que ce marché transatlantique est un piège à loup. Un piège à loup sur lequel les collabos du gouvernement nous forceront à mettre le pied.

    A.A http://www.scriptoblog.com

    *http://www.challenges.fr/economie/20120611.CHA7352/europe-usa-la-zone-de-libre-echange-dont-reve-bruxelles.html

    **http://www.challenges.fr/economie/20130129.CHA5653/la-france-se-rallie-a-l-idee-d-une-zone-de-libre-echange-transatlantique.html

  • Marché : Les agences de notation rattrapées par les subprimes

    Les problèmes juridiques des agences de notations ne font que commencer: le gouvernement fédéral américain a lancé cette semaine une offensive contre Standard and Poor’s et l’Etat de New York étudie de possibles poursuites contre ses concurrentes Moody’s et Fitch.

    L’action de McGraw-Hill, la maison mère de Standard and Poor’s (S&P), a plongé de 27% cette semaine et celle de Moody’s de 22%. Fitch, coentreprise du fonds français Fimalac et du groupe de médias américain Hearst, n’est pas cotée.

    “Les investisseurs ont vendu agressivement les actions (des agences de notation) de peur que le problème avec le département de la Justice (DoJ) s’aggrave”, a commenté Michael James, stratège boursier de Jedbush Securities.

    Ils anticipent d’autres mauvaises nouvelles et leur réaction c’est de vendre l’action d’abord et de réfléchir après”, a-t-il ajouté.

    Mardi, le gouvernement américain a porté plainte contre S&P pour tenter de recouvrer quelque 5 milliards de dollars de pertes subies par des investisseurs qui auraient acheté des produits dérivés de crédits hypothécaires très risqués (subprime) sur la foi de notes de S&P excessivement optimistes.

    Le département américain de la Justice (DoJ) accuse S&P d’avoir en toute connaissance de cause accordé des notes complaisantes pour préserver sa part de marché dans les produits dérivés.

    Treize Etats américains ont emboîté le pas au DoJ, dont l’Iowa et la Californie. Cette dernière réclame des milliards de dollars pour indemniser les investisseurs, notamment deux très gros fonds de retraite locaux (CalPers et CalStrs), de leurs pertes liées aux subprimes.

    Ces montants colossaux ont de quoi inquiéter les investisseurs alors que McGraw-Hill ne génère que 1 milliard de dollars de bénéfices annuels.

    Face à ces sérieuses complications juridiques pour S&P, l’agence Fitch a abaissé jeudi la note de sa rivale d’un cran, à BBB+, même si elle juge que S&P dispose d’une “souplesse financière importante pour absorber” des dommages et intérêts substantiels.

    Fitch et Moody’s ont toutes deux indiqué ne pas être impliquées dans la plainte du DoJ contre S&P et ne pas avoir d’informations laissant penser qu’elles pourraient faire l’objet de procédures similaires.

    Pour Jacob Frenzel, avocat spécialisé dans les litiges boursiers et gouvernementaux, le DoJ va cependant probablement attaquer Moody’s et Fitch, même s’il a commencé par S&P car “le dossier le plus solide vient en premier”.

    Selon lui, il faut s’attendre à des règlements à l’amiable de “plusieurs centaines de millions de dollars”.

    Parallèlement, une source proche du dossier a indiqué vendredi à l’AFP que S&P était visée par une assignation à comparaître du ministre de la Justice de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, dans le cadre d’une enquête sur le rôle des agences de notation dans la crise financière de 2008. Moody’s et Fitch ont quant à elles reçu des demandes d’informations formelles.

    Les trois grandes agences avaient passé un accord à l’amiable en juin 2008 avec l’Etat de New York et s’étaient engagées à mener certaines réformes. M. Schneiderman cherche à savoir si S&P, Moody’s et Fitch ont manqué à leurs engagements, auquel cas il pourrait engager de nouvelles poursuites.

    Les agences de notation ont été fortement critiquées pour avoir contribué à la crise financière la plus grave depuis celle de 1929 en surévaluant la qualité des produits dérivés adossés aux subprimes, achetés par de nombreuses banques et fonds dans le monde.

    Quand la bulle immobilière américaine s’est dégonflée à l’été 2007, cela s’est traduit par des défauts de paiements par centaines de milliers, qui ont à leur tour entraîné de très lourdes pertes pour de nombreuses banques ayant acheté des dérivés de ces crédits risqués. Beaucoup ont fait faillite, notamment Lehman Brothers.

    news-banques.com

    http://fortune.fdesouche.com

  • Olivier Delamarche : « Si les Etats-Unis arrêtent les injections massives de billets, ils tombent en récession »

    Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 12 février 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

    « L’Etat américain a remplacé les ménages. Les ménages se sont endettés de 1000 milliards par an de 2000 à 2008, aujourd’hui c’est l’Etat qui fait la même chose. On distribue du fric qu’on n’a pas en essayant de tenir le plus longtemps possible. Pour le moment, ce ne sont pas les Chinois ni les Japonais qui rachètent la dette américaine, c’est la FED. »

    « J’espère que le pape va faire des émules chez nos politiciens et nos autorités économiques. »

  • LE RÊVE AMÉRICAIN : LE GOUVERNEMENT MONDIAL AU MOYEN DE L'ONU (arch 1991)

    Depuis que l'URSS est à la remorque des Etats-Unis, plus rien ne s'oppose à la création d'un gouvernement mondial.
    Le vieux rêve américain d'une humanité vertueuse devient réalité. Mais pourquoi faudrait·il se soumettre aux injonctions d'une instance internationale - l'ONU - contrôlée par les vainqueurs de 1945 et composée d'Etats qui, pour la plupart, n'ont cessé de bafouer la démocratie ?
    L'idée d'un État universel tire sa force, de nos jours, de la présence, sur l'ensemble de la Terre, de deux produits occidentaux la démocratie, et les machines. On pourrait en ajouter un troisième : l'anglais, comme langue véhiculaire.
    L'anglais n'est pas obligatoire, la démocratie est loin d'être aussi répandue qu'on le prétend, mais la technique, elle, triomphe partout, sans rivale. Et cette technique, c'est aussi des armes capables de détruire la vie sur la planète : argument supplémentaire en faveur de l'unité.
    Les États-Unis incarnent cette utopie. Ils sont l'exemple, pensent-ils, de ce qui deviendra universel. Les nations s'effaceront. Le président Adams disait : « Notre république, pure et vertueuse, a pour destin de gouverner le globe et d'y introduire la perfection de l'homme ». Wilson en 1918 avec la SDN, Roosevelt en 1944, avec l'ONU, ont pris la suite, Thomas Molnar le rappelle souvent. Les Américains, dit-il, visitent l'ONU avec la même piété que le monument « qui incarne la fin de l'histoire ». (Voir Le Modèle défiguré, éd. PUF).
    L'histoire finie, voilà les peuples heureux, selon le proverbe. Le communisme aussi y rêvait. Mais deux rêves, c'était trop. Or voilà, quelle chance, que la banquise de l'Est se met à fondre. On déclare aussitôt que rien ne s'oppose plus à l'État mondial. Il sera incarné par l'ONU, selon le désir exprimé dès 1947 par l'historien Arnold Toynbee : « Si l'organisation des Nations-Unies pouvait se développer au point de devenir un système effectif de gouvernement mondial, ce serait de beaucoup la meilleure solution. »
    Et dans l'ONU, il y aura un organe du pouvoir, plus exactement une Cour suprême, pour condamner et châtier. Ce sera le Conseil de sécurité. Quand l'Irak envahit le Koweït, ce Conseil condamne, et ordonne l'évacuation. Grande émotion : l'URSS a voté avec les États-Unis. Nous y sommes. Le mondialisme triomphe. L'État-planète, qu'on voyait dans les romans de science-fiction, prend forme. Depuis six mois, on y croit, ou feint d'y croire, et surtout, il est inconvenant de s'en moquer (l'opinion aujourd'hui marche à coup de il faut penser que ou il est interdit de penser que). Un journaliste écrit : « ... dès lors que l'ONU retrouve sa vocation de conscience planétaire ... » Un autre : « Le désarmement du Vieux Continent est souhaitable. Tout comme l'est cette sorte de gouvernement mondial qui s'esquisse avec la montée en puissance de l'ONU ». On pourrait en citer d'autres : c'est le bon ton du moment.
    Mais rien n'est simple. Un gouvernement mondial suppose une unité de l'humanité, et par exemple qu'il n'y ait pas d'hostilité entre peuples riches et peuples pauvres, pas de différences de pressions démographiques créant des afflux de gens vers certaines zones (ou que ces afflux ne créent aucune difficulté), aucune opposition non plus entre Blancs et « colorés ». Toutes ces tensions, l'idéologie les nie, fait comme si elles n'existaient pas. Elles sont cependant croissantes. L'Indien reparaît sous le latino-américain et le Mexicain. L'islam redevient rigide et conquérant. Le Chinois se sent plus Chinois que son père, etc. Le modèle occidental pâlit. Pour ne pas chercher trop loin, la propagande de Saddam Hussein a immédiatement joué, avec profit, de telles oppositions.
    UNE ILLUSION PROPRE A L'OCCIDENT
    On se réjouissait de la fin du conflit Est-Ouest. Bon. Mais on a eu tort de conclure à la fin de l'histoire. Le conflit Nord-Sud, qui couvait, apparaît au grand jour. N'est-ce pas d'ailleurs un premier brasillement, les remous des républiques musulmanes de l'URSS, qui a fait comprendre à Moscou qu'il était temps de mettre les pouces ?
    Le Conseil de sécurité, du coup, est encore moins représentatif. Pendant plus de quarante ans, la Chine et l'URSS y ont joué le rôle de tribuns défendant le tiers monde, où ils excitaient d'ailleurs la révolte. Si l'URSS se met dans le même plateau que les États-Unis, ne reste, comme porte-parole des peuples pauvres (qui sont en même temps des peuples de couleur), que la Chine. Cela lui donnera sans doute un grand rôle, mais elle a trop besoin de crédits, de machines, de techniciens pour se couper des pays riches. Elle sera donc prudente. Elle s'abstient le 29 novembre. Elle n'use pas de son droit de veto.
    À bien y regarder, c'est une rêverie qui arrange bien les Occidentaux de concevoir le Conseil de sécurité comme l'arbitre démocratique d'une planète démocratique.
    1. Les cinq milliards de vivants sont-ils persuadés qu'ils doivent confier leur destin à une assemblée démocratique plutôt qu'au Pape, ou au dalaï-lama ou à Kadhafi ? On ne leur a pas demandé.
    2. Le système de représentation de l'humanité qu'est l'ONU n'émane pas du suffrage universel. Il faut une forte dose de naïveté pour penser qu'il s'agit d'un suffrage à deux degrés et que l'ONU serait composée d'États, dont les dirigeants sont élus par le peuple.
    3. En admettant que les États incarnent les peuples, en donnent une image présentable, ce n'est en général pas une image démocratique. Il n'y a pas eu vote, ou le vote a été truqué. De plus, les représentants députés à l'ONU ne sont pas des élus, mais des fonctionnaires ou des notables.
    Voilà déjà des objections assez défrisantes. Comment à partir de ces données voir dans l'ONU « la conscience planétaire » ? Il y a plus grave.
    4. Si l'ONU est un Parlement, sa Haute Cour ne fonctionne pas démocratiquement; on n'y décide pas selon la majorité des voix (heureusement pour nous, et pour la paix, soit dit au passage) puisque cinq des membres du Conseil de sécurité sont permanents, et ont droit de veto. C'est-à-dire qu'ils peuvent bloquer toute action.
    5. Il est remarquable que ce droit de veto est fondé sur une légitimité historique, et né d'une victoire militaire (la victoire de 1945) selon les règles les plus traditionnelles de la puissance - et les moins démocratiques.
    BONNE CONSCIENCE
    Et non seulement, ce droit de l'épée n'est pas démocratique, même si l'on affirme qu'il s'agit de l'épée du Bien et de sa victoire sur le Mal, mais ce droit non démocratique est un droit périmé. Il s'est passé beaucoup de choses depuis 1945, et en particulier une immense remise en ordre des puissances avec la destruction des empires anglais et français, entraînant l'émergence de forces nouvelles : l'Inde, un monde islamique terriblement divisé et terriblement turbulent, sans parler du Japon, puissance économique n° 2.
    Le Conseil de sécurité, et d'abord son noyau, les membres permanents, n'est pas un reflet fiable de la réalité. La Chine ne peut y rester seule représentante des pays marginaux, en voie de développement (et encore plus en voie de turbulence). Et dans un monde où les blocs raciaux semblent plus disposés à s'affronter qu'à se fondre - malgré les espoirs mis par les mondialistes dans le métissage - il n'est pas bon que quatre sur les cinq membres soient blancs; d'autant que le cinquième, qui est jaune, est surtout un cas à part. La Chine est mal placée pour bien défendre l'Inde, sa rivale, l'islam qui lui cherche querelle chez elle, au Yunnan et au Sin-Kiang, pas plus que les Africains qu'elle méprise (on se rappelle peut-être l'expulsion de tous les étudiants noirs de Chine, au début de 89).
    L'ONU existe. On ne peut l'empêcher de servir d'exutoire aux querelles et aux passions. Ce rôle peut même être utile. Mais lui attribuer la direction morale de l'humanité, quelle erreur ! Car c'est cela :  il n'est pas seulement question d'assurer un minimum d'ordre, de police, sur la planète. Il s'agit d'établir le règne du Bien. Une ONU ne fera jamais que représenter, coûteusement (parce que publiquement) le jeu et la situation des forces. On vient de le voir : l'occupation du Koweït est un crime inexpiable, celle du Liban est légitime. Morale très souple, très moliniste. Sans parler de la partie la plus intéressante du spectacle, celle que l'on cache au public : le jeu des intérêts et des lobbies. Là, il ne s'agit plus de la conscience de l'humanité, mais de son inconscient. Ce n'est pas montrable.
    • Georges Laffly  Le Choc du Mois. Janvier 1991

  • Philippe de Villiers demande à Hollande un référendum sur le départ de l’UE

     Talentueux avertissement de Philippe de Villiers au Président de la République Française .

    Une vidéo à ne pas manquer !

    http://www.actionfrancaise.net

  • Vous avez dit « société marchande » ?

    La vidéo qui suit a été filmée en Chine. Mais les images que vous allez voir pourront bientôt être filmées en Europe. Car la logique du marché domine aujourd’hui la politique européenne qui, en abaissant les frontières, a érigé le dogme de la libre circulation des capitaux et des marchandises, soumettant à la concurrence déloyale des pays à bas taux de production l’ensemble des nations européennes. L’économie commande donc le politique : dans une Europe-supermarché où tout se vend et tout s’achète, où la concurrence est rude, les dynamiques d’intérêts, qui sont naturellement sécrétées, déshumanisent profondément l’homme, réduit à n’être qu’un producteur ou un consommateur :

  • Benoît XVI démissionne et quittera ses fonctions le 28 février

    Il s’agit officiellement de raisons de santé. Il a annoncé sa démission en latin, ce matin, lors d’un consistoire au Vatican, selon Radio Vatican qui retranscrit ses paroles en français :

    «Frères très chers,

    Je vous ai convoqués à ce Consistoire, non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les oeuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière.

    Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de Saint-Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié.

    C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’évêque de Rome, successeur de Saint-Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire.

    Frères très chers, du fond du coeur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Eglise de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères Cardinaux dans l’élection du Souverain Pontife.

    Quant à moi, puissé-je servir de tout coeur, aussi dans l’avenir, la Sainte Eglise de Dieu par une vie consacrée à la prière.»

    La démission d’un pape est envisagée par le Code de droit canonique (moderne et traditionnel). La dernière démission d’un pape remonte à Grégoire XII, en 1415.

    http://www.contre-info.com/

  • Journal hebdomadaire de Voix de la Russie – 11 février 2013

    Au sommaire de cette édition :
    Ø  Crise sociale en France : le pire est à venir
    Ø  Parole d'élus : rencontre avec le Sénateur UDI Yves Pozzo di Borgo
    Ø  Explication de la politique russe par le président de la Douma, Sergueï Narychkine, devant les élus français à l'Assemblée nationale
    Ø  Moscou capitale européenne du XXIème siècle : entretien avec AndreÏ Sharonov
    Ø  Rencontre entre la Russophonie et la Francophonie au cœur du Quartier Latin
    En bref et en détail :
    Ø  Les « Pussy Riot » adulées au Conseil de Paris pendant que leurs soutiens vandalisent un mémorial
    Ø  Les Russes ne confieront pas leurs enfants aux couples homosexuels français

    Ø  Sotchi 2014 : Le compte à rebours a commencé

  • Mali et Tunisie : la guerre mené par le wahhabisme ne fait que commencer

    Le 10 février, les observateurs internationaux ou français de la guerre au Mali sont rès pessimistes... ou si l'on préfère très réalistes. La France est au Mali pour longtemps.

    Non seulement ce pays est durablement divisé en « factions » qui ne s’entendront jamais. Mais aussi les combattants dits djihadistes, ou aussi wahabittes, se répandent partout, y compris à Bamako, et pas seulement au nord Mali. Ils ont commencé à mener une guerre d’attentats contre laquelle il est difficile de lutter. Ce ne sera pas la base de drones que l’Africom américain projette d’implanter au Niger ou au Burkina qui changera grand chose au rapport de force.

    Les wahabittes débordent évidemment aussi dans les pays voisins, notamment au Niger. Ils sont bien accueillis par la population. Celle-ci reste profondément musulmane et donc sensible aux discours religieux extrémistes. Par ailleurs et surtout, les espoirs d’activité économique pouvant stabiliser la jeunesse s’éloignent de plus en plus. Qui veut investir aujourd’hui en Afrique compte tenu des risques croissants? Les seules industries affrontant ces risques sont de type colonial, chinoises dans les infrastructures, les mines et l’agriculture, anglo-saxonne ou européennes dans le pétrole. Elles ne contribueront en rien à la paix sociale.

    La Tunisie est désormais elle-aussi en crise profonde. Les militants islamistes prospérant sous la couverture du parti dit musulman modéré Ennahda ne se cachent plus. En Tunisie comme ailleurs l’offensive djihaddiste est financée et organisée par le Qatar et l’Arabie saoudite, comme le constataient hier des démocrates tunisiens manifestant contre l’emprise d’Ennahda. Ils dénoncent la présence dans tout le pays d’écoles religieuses financées par le Qatar qui tente d’élargir par ce moyen son contrôle sur la population. Il en résulte une véritable haine contre la démocratie, le féminisme et la France. Ce pays pacifique, situé à nos portes, est en train de se transformer en région à éviter par les Européens.

    Le Qatar et l’Arabie Saoudite jouent leur survie en se retranchant derrière les combattants wahabbites. Ils savent bien que sans cela ils ne sauveront pas leurs régimes corrompus par le pétrole et d’immenses richesses illégitimes. Mais les pays occidentaux, eux-aussi corrompus par le pétrole, font semblant de ne rien voir. Leurs dirigeants se disputent l’honneur d’embrasser l’émir sur la bouche. Décidément, si la France, seule de toute l’Europe, persistait à vouloir résister, comme son honneur l’exige, elle devrait se préparer à une mobilisation générale.

    Jean Paul Baquiast Pour une Europe intelligente  10/02/2013 http://www.polemia.com

  • Le Merlion parle de la Chine

    Nous entrons ce soir dans l'Année du Serpent d'Eau. Depuis sa retraite éveillée, Mr Lee Kuan Yew nous livre une vision des évolutions et perspectives du monde qui compte. Fondateur de Singapour, despote éclairé, Chinois de tradition, Mr Lee a relevé un défi surhumain qui l'autorise au soir de sa vie à dire les vraies choses. Ce défi fut le largage de l'île de Singapour par la Malaisie qui n'y voyait qu'un marécage d'emmerdements infesté de serpents, moustiques et chinetoques en marcel et sueur. Le dos au mur, il en fit ce que l'on connaît aujourd'hui et plus fort peut-être, il finit par créer une "nation" à partir de rien ou de trop. J'ai des amis fiers d'être singapouriens. Le RP Campos (des Missions étrangères de Paris) qui finit ses jours dans la paroisse Saint-Alphonse (Novena) m'avait dit sa joie immense d'avoir été naturalisé singapourien à la fin de sa vie. Et Dieu m'est témoin qu'il en avait connu des pays dans sa vie de missionnaire.

    L'université de Harvard a réuni dans un bouquin plusieurs entretiens qu'ils ont eus avec Lee Kuan Yew : The Grand Master's Insights on China, the United States and the World¹. Singapour est une charnière des mondes occidental et asiatique qui permet à son patron d'avoir un avis autorisé sur tout. C'est la Chine qui nous intéresse à cause du péché d'orgueil que le Piéton du roi va commettre sous vos yeux, avant de changer de guêtres : Royal-Artillerie dit tout cela depuis cinq ans. Lee Kuan Yew nous permet de n'en plus varier ! La collection des avis de Mister Lee a été publiée par Time Magazine daté du 4 février ; l'article est réservé aux abonnés, nous ne le traduirons pas mais nous nous en servirons comme guide-âne.

    Les dirigeants chinois sont sur un vecteur hégémonique parce qu'ils ont réussi le miracle économique, qu'ils s'appuient sur une culture quadrimillénaire et que du vivier d'un milliard trois cent millions de gens on tire beaucoup de talents. Le peuple suit, qui veut une Chine riche et puissante, et une nation (ndlr: han) aussi prospère et technologiquement avancée que l'Amérique, le Japon ou l'Europe. Le réveil de ce destin leur promet la parité dès ce siècle avec les Etats-Unis.

    La diplomatie de ses marches est impériale parce que la référence historique des Chinois est la période antérieure à la colonisation et aux humiliations qu'ils ont subies. C'était «L'Empire du Milieu» auquel les voisins déclarés vassaux payaient tribut chaque année à l'empereur. La Chine contemporaine à parité avec les Etats-Unis ne sera pas aussi bienveillante que le furent ceux-ci pendant les 70 ans de l'après-guerre. Personne ne le croit, ni Singapour, ni le sultanat de Bruneï, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande ni le Vietnam. Le pronostic est l'arrogance, surtout quand la Chine dit que tout pays, grand ou petit, est égal, mais que dans le même temps, lorsqu'on fait quelque chose qui lui déplaît, elle ne manque pas d'envoyer son ambassadeur dire que nous avons déplu à un milliard trois cent millions de gens, une façon de remettre chacun à sa place.

    La stratégie chinoise est celle du dépassement en tout. Mais pendant les 40 ou 50 ans dont ils ont besoin pour capitaliser sur une main d'oeuvre excellente et formée, ils ne doivent pas tomber dans le panneau allemand ou japonais (ndlr: relire Luttwak) qui voulurent tout accaparer jusqu'à déclencher deux guerres terribles, pas plus que succomber à la faute mortelle de l'URSS qui s'est jetée dans une compétition militaire qu'ils ont perdue deux fois, en termes d'armement et en crevant leur économie civile. Ainsi la Chine sait jusqu'où ne pas aller trop loin dans le domaine militaire. Du moins le pense-t-on !

    Les obstacles à franchir sont plus hauts qu'on ne l'imagine généralement. Outre des infrastructures de mauvaise qualité et un système économique hybride très corrupteur, le développement bute sur la paradoxale faiblesse des institutions et l'absence de force de la loi. Mais le pire est que la Chine est gouvernée par un foisonnement de petits empereurs locaux qui ont la main sur tout. Le conformisme est la règle, il est d'ailleurs récompensé, l'imagination, la créativité ne font pas partie du substrat culturel. Si en termes de PIB la Chine rattrape un jour les Etats-Unis, elle n'en sera pas moins en retard en termes d'invention parce qu'elle freine la contestation positive des idées. Sinon comment expliquer que quatre fois plus de talents ici qu'ailleurs ne parviennent toujours pas à faire le break ! Le système de gouvernement va être ringardisé par les technologies du futur [ndlr: et s'il faut déjà 2,6 millions de fonctionnaires de surveillance des réseaux sociaux au début de leur popularité combien en faudra-t-il en 2030 ?] Ils ne sont pas préparés.

    La Chine ne sera jamais une démocratie sous peine de s'effondrer. Les intellectuels chinois sont de cet avis. Le peuple redoute plus que tout le chaos - il y a une histoire du Chaos en Chine qu'on partage à la veillée - et s'il y a des consultations utiles dans les villes et villages, la politique globale de la nation ne sera pas discutée jusqu'à l'échelon citoyen. Toutefois, les Chinois voyagent de plus en plus et se frottent à des cultures différentes de la leur, aussi verra-t-on des modifications de la gouvernance pour s'y adapter, mais croire en la démocratie est une gageure, cinq mille ans d'histoire nous disent qu'on n'a jamais compté les têtes pour réagir à une situation, on les coupait !
    Xi Jinping, le nouvel empereur est à la fois aimable et impressionnant. Les tribulations de sa vie (cf. wikipedia) lui ont forgé une âme de fer qui ne se départira pas de ses convictions. Ce n'est pas l'apparatchik gris sans saveur comme Hu Jintao. Il a une stabilité émotive qui lui permet de surmonter des problèmes personnels sans obscurcir son jugement.

    Nous reprenons la main.
    Le nouveau président chinois va être testé par le Japon dans la dispute des îles de Mer de Chine orientale et par les Etats-Unis dans le monitoring du jeune Kim de Corée du nord. Ses administrations militaires, jalouses de leurs privilèges budgétaires, poussent à la confrontation sino-nippone en violant les eaux territoriales des Senkaku qu'Hillary Clinton a déclaré vouloir défendre ; le nouveau Japon de Shinzo Abe réarme, cette fois sérieusement. Onze institutions gouvernementales chinoises sont impliquées dans cette dispute, avides d'en tirer chacune une gloire plus grande que celle du département voisin. Le peuple convenablement travaillé par une propagande habile est instrumentalisé comme organe de pression sur les modérateurs. L'affaire est idéalement placée comme un couvercle sur les problèmes de fond du régime. Xi Jinping, qui vient d'attaquer le train de vie somptuaire des petits caciques en rognant sur les "cadeaux" de nouvel an, devra montrer qu'il a une stratégie de long terme, et qui "commande" au sein du Poliburo Standing Comitee. Mais de cela nous ne saurons rien !

    (1) Chez The MIT Press, février 2013 ©Belfer Center for Science & International Affairs

    http://royalartillerie.blogspot.fr